18 juin : Vive la France ! Vive de Gaulle !


Qu’est-ce que le gaullisme quatre-vingts ans après l’Appel du 18 juin ? C’est tout simplement la volonté de continuer de s’inscrire dans le cours de l’Histoire et le refus pour la France de toutes les soumissions. De Gaulle fut véritablement celui qui a su dire non au renoncement : d’abord à la défaite face à l’Allemagne et c’est le sens de l’Appel du 18 juin ; ensuite, non à la démission nationale incarnée par le régime des partis de la IVe république ; enfin non à l’abandon de la nation face à une Europe fédérale dominée par l’Allemagne revancharde et la commission apatride de Bruxelles.

Le gaullisme c’est la France libre, c’est le refus de toute soumission. C’est Vercingétorix tentant d’organiser la résistance nationale face à l’envahisseur ; c’est Philippe le Bel refusant les diktats du Pape ; c’est Jeanne d’Arc accrochée à une certaine idée de la France et le triomphe nécessaire de la monarchie nationale ; ce sont les rois qui ont fait la France ; c’est l’héroïsme des poilus de 14-18…

Il faut donc être clair, on ne peut se prétendre gaulliste si l’on est européiste. La trahison est de la même nature que ceux qui ont choisi Pétain – voire l’Allemagne -, puis de se soumettre aux États-Unis, avant de devenir européistes. C’est pourquoi, l’anti-gaullisme présente la particularité véritablement malsaine de rassembler ceux qui, à un moment ou un autre – parfois à tous les moments -, ont désespéré de l’avenir de la France. L’anti-gaullisme c’est aujourd’hui l’intention perverse de place sur la porte de la Maison France un écriteau portant pour inscription « En liquidation pour cause de rupture avec l’Histoire. S’adresser à la maison Europe allemande ».

La France donc. Dans toute grande politique, il y a une philosophie de la vie. Le socle du gaullisme est le lien entre l’indépendance de la nation et la souveraineté de l’État, d’une part, et la dignité de l’homme, d’autre part. Renouant avec la politique capétienne, le gaullisme c’est le sens du bien commun national. Une société qui perd le sens de ce bien commun est une société condamnée. Dans son Histoire de la guerre du Péloponnèse, Thucydide explique le déclin d’Athènes et ses revers après la mort de Périclès par l’abandon de l’idée de bien commun et l’excès des calculs particuliers. Défendre le bien commun, c’est d’abord prendre la mesure du danger de l’individualisme et du communautarisme pour se référer à une conception du lien social, qui privilégie les valeurs d’unité et d’égalité face à l’exaltation de prétendus droits de prétendues communautés. Le bien commun s’oppose donc à cette sorte d’idéal postmoderne qui consiste à retrancher les individus dans de pseudos identités ethniques, religieuses, sexuelles, socioculturelles ou locales. À bien y regarder tout cela conduit au retour au tribalisme.

Depuis quelques décennies, la mode est de répéter que l’État-nation serait dépassé. Les adeptes du déterminisme économique et technique font chorus en prétendant que la mondialisation conduirait au déclin de l’État national alors qu’ils ne font que se couler dans une certaine interprétation globalisante du phénomène de la mondialisation dont l’ultime fin est un gouvernement mondial. Les éternels factieux et frondeurs manifestent leur haine de l’État. Unis dans une même aversion, les libertaires le contestent au nom du communautarisme le plus débridé, tandis que les ultralibéraux supranationaux redoublent d’efforts pour faire sauter le verrou de l’État, afin de mieux faire sauter celui de la nation et installer des institutions supranationales.

C’est ici qu’il faut souligne le rôle irremplaçable de l’État. Si l’État devait abandonner ses responsabilités à la « société civile », à d’incertains « corps intermédiaires » correspondant souvent à des syndicats d’intérêts de prétendues « élites », et aux mystérieux réseaux supranationaux, plus personne ne défendrait les principes essentiels qui donnent la volonté de faire de grandes choses ensemble. L’État est également le garant des libertés. En France, les libertés des citoyens n’ont pu progresser contre les féodalités qu’avec l’autorité et la suprématie de la loi de l’État. À l’opposé, l’abandon de la pleine souveraineté de l’État, de son autorité protectrice, a constamment conduit à la résurgence des immuables forces de dissolution, à l’abaissement des libertés, à l’insolente arrogance des groupes d’intérêts particuliers. Une société féodale naît précisément lorsque les petites gens ne sont plus protégées par l’État. C’est l’État – l’État seul ! – qui défend le faible, garantit la sécurité, rend la justice, redistribue les richesses, préserve les solidarités essentielles, prend en charge les services publics. C’est la loi de l’État qui fait passer de l’équité dans la vie des hommes, ce qui est, en fin de compte, le but ultime de la politique.

C’est dire combien est actuel le message de Charles de Gaulle qui fut, avec Churchill, l’un des grands du vingtième siècle. De Gaulle, Churchill… Deux nationalistes.

Charles SAINT-PROT

Directeur général de l’OEG

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