vendredi 3 février 2023

Alger : Un sommet pour rien

C’est un « sommet » arabe  réduit à la portion congrue qui s’ouvre à Alger le 1er novembre et devrait durer deux jours. En effet, li le Prince héritier d’Arabie saoudite, ni le Roi Abdallah II de Jordanie, ni l’émir de Koweït, ni le Sultan d’Oman, ni le président des Émirats arabes unis, ni le roi de Bahreïn n’y participeront. Le Liban non plus (pour cause de crise  institutionnelle). Quant au Maroc, il a également déclaré forfait.

Selon Rabat, la partie algérienne qui nourrit un véritable complexe à l’égard du Maroc qui est une vieille nation millénaire, a confirmé son intention de pérenniser les tensions avec son voisin marocain, notamment en soutenant le rêve séparatiste au Sahara marocain, et son manque de volonté de trouver une issue aux différends qui opposent les deux pays, et ce malgré la multiplication des initiatives marocaines visant l’apaisement de la situation.

De fait, les différentes garanties présentées à la Ligue Arabe, concernant son engagement à traiter les délégations participantes sur le même pied d’égalité, les autorités algériennes ne se sont pas empêchées de dévoiler leur animosité à l’égard du Maroc, à travers une multitude de provocations dont a fait l’objet la délégation marocaine lors des travaux préparatoires du Sommet.

L’objectif principal du régime algérien est d’éviter que le Maroc n’explique de nouveau son projet de règlement de la crise du Sahara marocain. En outre, le différend porte également sur l’Iran que la Ligue Arabe coutume de condamner dans ses résolutions en raison de l’ingérence iranienne dans les affaires des pays arabes, y compris le Maroc. Enfin concernant la Palestine, le  Royaume avait bien l’intention de mettre en accusation ceux qui ne font que parler plutôt qu’agir.

Dans ces conditions, il est clair que la rencontre d’Alger ne peut avoir aucun résultat important. Qu’on le veuille ou non le régime algérien, qui comptait bien redorer son blason, a pris une gifle.

Alors un sommet pour rien ? Sans doute.

Dr Charles Saint-Prot

Directeur général de l’Observatoire d’études géopolitiques

 

Observatoire d'études géopolitiques
Observatoire d'études géopolitiqueshttp://www.etudes-geopolitiques.com/
L'Observatoire d’études géopolitiques (OEG) est un institut français ayant pour objet de contribuer à la promotion et au rayonnement de la recherche scientifique dans les différents domaines de la géopolitique et des relations internationales. Cette contribution, tant au plan national qu'international, s'appuie notamment sur l'organisation de colloques, de conférences, de tables rondes, de prestations intellectuelles en association avec la Faculté de droit de l’Université Paris Descartes, et divers instituts étrangers (Remald de Rabat, UOC de Barcelone, ECSSR d’Abou Dhabi) et organisations internationales (ISESCO, OIF…). Le siège de l’OEG est à Paris. L’institut a également un bureau pour le Proche-Orient à Beyrouth et des représentants ou des correspondants dans divers pays (Bruxelles, Djibouti, Egypte, Emirats arabes unis, Maroc, Roumanie…) L’Observatoire d’études géopolitiques est dirigé par Charles Saint-Prot et Zeina el Tibi en est la présidente déléguée. Les travaux sont supervisés par un Conseil scientifique.
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