« Entre 900 et 2300 armes en 2030 ? » : essai de prospective à dix ans autour de l’arsenal nucléaire chinois


Avertissement méthodologique : l’article qui suit est un travail de recherche qui se base sur l’analyse de sources ouvertes. Il ne s’agit pas cependant d’un projet à prétention « académique », dans la mesure où je n’ai pas procédé à une revue de bibliographie systématique ni souhaité « laisser en blanc » les variables dépourvues d’informations vérifiables par plusieurs sources de haute fiabilité. Souhaitant avoir une approche analytique et prospective, je me suis attaché à « boucher les trous » dans les sources avec des hypothèses et des conjectures qui reposent sur mes connaissances générales du sujet et sur des analogies avec les composantes, systèmes et doctrines des autres États dotés de l’arme nucléaire. Mon approche théorique est centrée sur le fait qu’il est possible de prévoir le format de l’arsenal chinois à dix ans en posant des hypothèses crédibles d’emport de têtes et de nombres de vecteurs pour des programmes déjà autorisés et qui auront sans doute des formats proches de ceux des autres puissances nucléaires. Un rapide passage sur les matières fissiles, là encore sans prétention d’exhaustivité, me permet de montrer qu’il ne s’agit nullement d’un sujet bloquant pour Pékin et que son évaluation précise ne se situe donc pas sur le chemin critique de la prospective.

Je crois qu’une telle démarche a son utilité pour poser des hypothèses, sans doute provocatrices au regard des publications actuelles, mais qui accompagneraient la réflexion générale, aux côtés de travaux plus classiques qui, soit se limitent à l’analyse des parties connues avec certitude d’une dissuasion chinoise bien peu transparente, soit reposent sur l’exégèse déclaratoire d’un régime chinois qui parvient « en même temps » à moderniser à grands pas son arsenal tout en tentant – de plus en plus difficilement – de maintenir une posture de « petite puissance pacifique » comme l’a encore montré son soutien (un peu ubuesque) au Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) lors du dépôt de la 50e ratification [1].

Stéphane AUDRAND


La Chine est peu transparente quant à la taille et à l’évolution de son arsenal nucléaire et les chiffres évalués par les centres de recherche universitaires reposent sur peu de données factuelles et en conséquence aboutissent à des hypothèses souvent assez prudentes. Par exemple, malgré la confirmation publique de la mise en service de missiles à têtes multiples dès 2014, le comptage des armes chinoises est souvent réalisé sur la base « un missile = une arme » [2]. Ainsi, le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) évaluait l’arsenal chinois à 250 armes nucléaires en 2013 et 290 en 2019, ce qui fait néanmoins de la Chine la seule puissance dotée au titre du Traité de Non-Prolifération (TNP) à accroitre le volume de son arsenal en nombre de têtes [3].

Comme l’attestent les parades annuelles, les progrès sont rapides dans tous les domaines et dans toutes les composantes, montrant un accroissement qualitatif qui est aussi forcément quantitatif [4] : ajouter une nouvelle composante implique, mécaniquement, la fabrication de nouvelles têtes, tout comme le passage aux têtes multiples, « mirvées » [5]. La mise en service de nouveaux systèmes promet donc, dans les années qui viennent, une augmentation très sensible du nombre de têtes nucléaires chinoises, peu compatible avec la posture minimaliste que Pékin a adopté depuis le début de son accession au rang de puissance nucléaire et qui se fondait sur une capacité de représailles « minimale » pour décourager une agression américaine ou soviétique (après la crise de 1969) [6]. Cette vision de la dissuasion limitée s’inscrit dans un continuum entre dissuasion conventionnelle et nucléaire [7]. Elle est régulièrement réaffirmée, de même que la politique de non-emploi en premier [8].

L’objet de cet article est de proposer une approche prospective, qui s’appuie sur des sources ouvertes, pour évaluer l’accroissement de l’arsenal chinois dans les dix ans qui viennent. Cette période ne doit rien au hasard : alors que la Chine est pressée par les États-Unis de rejoindre les négociations de désarmement, il y a fort à parier que Pékin souhaite mener à bien les programmes déjà lancés dans ce domaine avant d’accepter toute réduction de son arsenal. Lorsqu’elle a rejoint le TNP en 1992, la Chine était objectivement bien moins avancée que les autres États dotés en termes quantitatifs comme qualitatifs et la modernisation de l’arsenal n’était pas une priorité. Depuis le retrait américain du traité ABM en 2001 et le « pivot » vers l’Asie décidé par Barack Obama en 2010, les choses ont changé. La modernisation de l’arsenal nucléaire est devenue une impérieuse nécessité pour le pouvoir chinois s’il souhaite maintenir la crédibilité de sa dissuasion, c’est-à-dire sa capacité à la fois à survivre à une première frappe et à parvenir en retour à infliger avec certitude des dommages inacceptables à un adversaire malgré ses défenses.

Les hypothèses d’évaluation qui vont suivre reposent sur deux postulats : d’une part Pékin va conserver cette posture de « stricte suffisance » (pas de course quantitative) et d’autre part la modernisation de son arsenal se fera de façon à maintenir une capacité de frappe crédible contre chaque adversaire, qui soit cohérente avec la posture de non-emploi en premier et de « représailles garanties » [9].

Cette « stricte suffisance » doit d’une part s’adapter à l’extension déclarée des intérêts vitaux, qui s’étendent maintenant à la Mer de Chine méridionale, et d’autre part demeurer crédible au regard de la modernisation capacitaire, conventionnelle et nucléaire, des autres puissances. Il est ainsi vital pour Pékin de disposer de missiles à têtes multiples pour saturer les défenses antimissiles adverses, mais aussi de plusieurs composantes pour ne pas risquer d’être neutralisé par une frappe surprise. Pour chaque composante, aérienne, terrestre ou navale, il est indispensable de disposer de systèmes opérationnels en permanence, face à chaque adversaire, ce qui implique des redondances.

L’environnement géostratégique de Pékin induit maintenant la nécessité d’être en capacité d’affronter simultanément trois puissances nucléaires : la Russie, les États-Unis et l’Inde. Si l’opposition à Washington devient un sujet récurrent, celle à l’Inde ne s’est jamais démentie, comme l’attestent les incidents récents [10]. La dimension nucléaire de l’opposition sino-indienne est plutôt mineure dans la rhétorique, mais elle va croissant [11]. En outre, l’alliance actuelle avec la Russie est largement dictée par les circonstances. L’évolution climatique, alimentaire et énergétique du XXIe siècle pourrait bien cristalliser des tensions extrêmes en Sibérie qui justifient, à minima, le maintien d’une posture prudente face à l’allié russe [12].

Sur la base de ces hypothèses de modernisation « a minima » sans course quantitative, l’évaluation de ce que pourrait être l’arsenal chinois en 2030 suppose, dans le détail, l’examen des différences composantes, en prenant en compte les programmes qui ont atteint un stade suffisant pour être considérés comme allant entrer en service dans le courant de la décennie :

Composante aérienne

La composante aérienne chinoise a repose toujours principalement sur les vénérables bombardiers H-6. Compte tenu de leur portée et de leurs faibles capacités de pénétration des espaces aériens, ils ne peuvent guère menacer que des cibles en Sibérie ou en Inde. Ils ont néanmoins une utilité complémentaire pour le bombardement atomique à haute altitude de flottes de guerre, en particulier de forces amphibies peu mobiles. Cette priorité actuelle assez basse donnée à la composante aérienne se reflète dans les estimations courantes de l’arsenal disponible, qui oscillent entre 20 et 40 têtes, contre plus de 150 en 2005 [13]. Actuellement, le destin de la flotte de bombardiers H-6 est plutôt de devenir des plateformes d’engagement naval conventionnel à distance au moyen de missiles de croisière, comme leurs « cousins » TU-16 soviétiques à la fin de la Guerre froide.

Les capacités chinoises néanmoins sont en passe de faire un grand « bond en avant » avec l’entrée en service du bombardier furtif H-20 autour de 2025. De conception nationale et à l’allure probablement proche de celle du B-2 américain, cet appareil devrait être capable d’emporter « au moins 10 tonnes de charge utile » à plus de 8 000 kilomètres, sans ravitaillement en vol [14]. Cela le mettrait en capacité de frapper toute l’Asie et le Pacifique jusqu’à Hawaï, mais aussi une bonne partie de l’Afrique et la totalité de l’Europe [15]… Il semble inconcevable que la Chine choisisse d’utiliser ses « anciennes » bombes nucléaires pour les armer et il est plus que vraisemblable que leurs capacités nucléaires reposeront soit sur des missiles de croisière, soit sur des bombes planantes qui permettraient un tir à distance de sécurité. La tendance n’étant plus à la frappe au moyen d’ogives de forte puissance mais à la répartition des tirs de puissance plus modeste, il est également probable que les soutes du H-20 emporteront plusieurs armes. L’appareil pourrait, le cas échéant, procéder grâce à sa furtivité à une frappe « surprise » sur un adversaire potentiel, à mer ou sur terre, ce qui renforce de beaucoup la crédibilité de la dissuasion chinoise [16]. On pourrait objecter que la doctrine de « non emploi en premier » rend ce scénario improbable, mais les choix doctrinaux sont toujours plus rapides à réviser que les programmes d’armement à développer. A minima, les planificateurs chinois sont sans doute prêts à envisager une frappe « préemptive » pour bloquer une attaque nucléaire hostile imminente, par exemple venant de l’Inde et qui serait considérée comme de la « légitime défense » [17]. Une telle action offrirait en outre l’avantage de ne pas tirer de missile balistique, ce qui éviterait les risques d’escalade par inadvertance avec les États-Unis.

Combien de bombardiers H-20 seront mis en service ? Il est peu probable que le nombre soit inférieur à 20, soit le nombre de bombardiers H-6 actuellement consacrés aux missions nucléaires et également le nombre d’équivalents américains B-2 en service. La nécessité pour la Chine de maintenir des forces en alerte face à plusieurs puissances nucléaires plaide cependant pour un format plus proche de trente à quarante appareils « dédiés » à la dissuasion. Ils devraient emporter une dizaine d’armes chacun au moins, missiles de croisière ou bombes (contre 16 pour les B-2 américains). Compte tenu de la nécessité de disposer, a minima, d’un « tireur » et de son « plastron » face à chaque adversaire ainsi que d’un tandem de sécurité, cela implique un minimum de huit charges utiles disponibles. Avec 10% de marge pour maintien en condition opérationnelle, cela génère un total de 88 têtes nucléaires (hypothèse basse) à 176 (hypothèse haute) en cas de choix d’un format « à 40 appareils ».

Encore ne s’agit-il là que d’une composante « stratégique à longue portée ». Les forces aériennes chinoises disposent sans doute aussi d’armes nucléaires de faible puissance, pouvant être mise en œuvre par des chasseurs conventionnels, basés au sol ou sur les futurs porte-aéronefs. Toutefois, il n’y a pas de consensus clair quant à l’existence de telles armes et la tendance tactique étant plutôt à l’emploi d’armes conventionnelles de précision, nous n’inclurons pas d’estimation des « petites ogives » de l’aviation d’assaut (bombes, missiles guidés) et de la lutte anti-sous-marine (grenades et torpilles nucléaires) [18].

Composante balistique terrestre « stratégique »

Cœur actuel de la dissuasion chinoise, la composante balistique terrestre est en pleine révolution, avec l’entrée en service de nouveaux missiles de portée intercontinentale, mais aussi « intermédiaire », dont le rôle stratégique ne fait aucun doute en Asie [19]. La plus importante évolution concerne la multiplication des têtes « mirvées » des missiles. Si les dirigeants chinois furent longs à admettre leur caractère indispensable, les programmes vont bon train depuis la fin des années 1990 et commencent à porter leurs fruits [20].

Les nouveaux missiles DF-41 seront opérationnels pendant la période considérée. Dévoilés officiellement lors de la parade de 2019, ils pourraient emporter jusqu’à dix têtes chacun, et auraient une portée de plus de 14 000 kilomètres. Ils avaient été identifiés bien plus tôt, étant même testés en 2015 depuis un wagon de chemin de fer [21]. L’emport de 10 têtes multiples a d’ailleurs été confirmé à l’occasion d’une fuite d’information apparemment accidentelle d’une branche locale du PCC [22]. Bien que le nombre cible de vecteurs soit impossible à estimer de manière fiable, il sera probablement plus élevé que les 16 engins déjà été identifiés à la parade du 70e anniversaire de la RPC [23] ou les 18 vus en 2019 par imagerie satellite vers le polygone de Jilantai [24]. En retenant deux à trois unités de 12 missiles, avec un nombre de têtes compris entre 5 et 10 par vecteur, l’évaluation donnerait en 2030 une capacité de frappe de 120 à 360 têtes portées par les DF-41.

Portée des différents missiles balistiques chinois (illustration Domaine public).

La modernisation des missiles DF-21 (2 150 km de portée) et DF-31 (7 000 km de portée) se poursuivra dans la décennie pour les doter, très probablement, de têtes multiples, afin de contrer le développement de la défense antibalistique des États-Unis et de leurs alliés Japonais et Sud-coréens. Les 80 missiles DF-21 consacrés à l’arme nucléaire et la trentaine de DF-31 pourraient ainsi représenter un total de 330 armes nucléaires, si on retient une hypothèse modeste allant de trois à cinq têtes pour les DF-31 (soit moitié moins que les DF-41) et de une à  trois pour les DF-21 (à l’instar du SS-20 soviétique, dans la gamme duquel se situe le DF-21).

Missile Nombre (hyp. basse) Nombre (hyp. haute) Têtes (hyp. basse) Têtes (hyp. haute)
DF-3 0 15 0 15×1 = 15
DF-4 0 15 0 15×1 = 15
DF-5 0 20 0 20
DF-21 80 80 80×1 = 80 80×3 = 240
DF-31 30 30 30×3 = 90 30×5 = 150
DF-41 24 36 24×5 = 2120 36×10 = 360
 
  290 800

Composition possible de l’arsenal balistique chinois en 2030.

Il est possible que, à l’horizon 2030, la Chine retire ses premières générations de missiles balistiques. Leur âge, leur plus grande difficulté de maintenance, la présence de carburants liquides, la durée de mise en alerte plus longue et les coûts de personnel plaident pour un retrait, même si celui-ci sera sans doute tenu secret assez longtemps. On peut envisager que la totalité des missiles des générations DF-3, DF-4 et DF-5 serait retirée en 2030, « libérant » ainsi une cinquantaine de têtes. Cette hypothèse doit cependant être nuancée : alors que Pékin pourrait subir une pression croissante pour engager des négociations de limitation voire de réduction de son arsenal dans les prochains années, le pays a intérêt à conserver un maximum d’armes afin de faire de leur retrait un levier dans une future négociation.

Les forces balistiques stratégiques terrestres pourraient ainsi aligner de 290 à 785 têtes en 2030, dont les deux tiers seraient en capacité de frapper la totalité du territoire américain.

Composante terrestre « non stratégique »

Il s’agit là des missiles ayant une portée plus réduite, tels que les DF-11, DF-15 (400-600km) ou les missiles de croisière CJ-10 (2 500km) [24]. Ce parc est essentiellement conventionnel et tourné vers un usage régional (Taiwan, Inde, Sibérie). Environ 350 DF-15 et 750 DF-11 sont actuellement en service [25]. Il est peu probable que le pays dispose d’un nombre équivalent d’armes nucléaires : l’effort récent a surtout porté sur le développement de capacités balistiques conventionnelles dans le cadre de la « bulle de défense » contre les États-Unis [26] et pour neutraliser Taiwan et les alliés américains en cas de conflit [27]. L’existence d’une centaine de têtes pour un millier de missiles ne peut cependant être écartée, la plupart des analystes notant la « capacité nucléaire » de ces missiles, largement copiés par le Pakistan pour son programme nucléaire [28]. L’estimation se situera donc entre le « 0 » donné par certains en l’absence de preuves [29] et les 189 armes évoquées par le CSIS, en considérant que d’ici 2030 il n’y aura pas d’expansion significative de ce côté-là [30].

Dans le domaine des missiles de croisière basés au sol, il est difficile de penser que la Chine a intérêt à une expansion de la partie nucléaire du parc déjà existant, évalué autour de 54 têtes pour les missiles CJ-20 [31], on peut envisager « de 50 à 100 têtes » pour 2030 (pour mémoire les missiles de croisière américains BGM-109G GLCM déployés en Europe pendant la Guerre froide disposaient de 304 têtes W88 [32]).

Le parc terrestre « non stratégique » pourrait donc se situer en 2030 entre 50 et 289 têtes. Il s’agit sans doute de l’estimation la moins fiable compte tenu des incertitudes liées à ces systèmes non spécifiques aux forces nucléaires et pour lesquels Pékin est très discret.

Composante navale

Il s’agit de la composante cruciale pour assurer la pérennité de la dissuasion : en cas de frappe surprise détruisant une quantité critique de missiles balistiques au sol, la Chine se doit de disposer d’une capacité fiable de frappe « en second », sous la forme de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), sanctuarisés par la haute mer. Toutefois, Pékin ne peut pas abandonner, comme la France, sa composante au sol pour se concentrer sur les forces navales. La puissance des forces sous-marines américaines et japonaises et le caractère encore fragile des capacités navales chinoises rendent vulnérables les eaux côtières chinoises et les approches des ports pour ses SNLE. Longtemps, les patrouilles des SNLE chinois ont été limitées en durée et en capacité. Des fuites suggéraient qu’ils partaient à la mer sans armes nucléaires et la permanence n’était pas assurée [33].

Mais les temps ont changé. Depuis quinze ans, la Chine a lancé 12 sous-marins nucléaires et la cadence des chantiers accélère. La force de dissuasion repose maintenant sur six SNLE de la classe 094, armés de douze missiles JL-2. Au moins un lot complet de missiles semble d’ailleurs disponible [34]. Là encore, la présence d’une nouvelle composante, déjà actée, rend l’augmentation aussi importante qu’inéluctable : Pékin a décidé de se doter d’un nombre de SNLE cohérent avec des patrouilles permanentes, qui implique la production de plusieurs lots de missiles.

L’hypothèse que nous retenons pour 2030 est celle de la présence simultanée de deux à trois sous-marins à la mer, assurant là encore une disponibilité permanente d’un navire à opposer à chaque adversaire potentiel. Même en considérant que la Chine se limite à la « juste suffisance », Pékin armerait donc un total incompressible de quatre à  six lots de missiles (pour tenir compte des rotations et de la maintenance), pour un total de 6 à 8 SNLE [35].

On peut penser qu’en 2030, compte tenu de la cadence des chantiers chinois, la composante sous-marine sera pleinement opérationnelle autour des sous-marins « 094 » et « 096 », emportant 20 missiles JL-3 à têtes multiples. Le JL-3 étant dérivé du DF-41, un maximum de 10 têtes par missile serait envisageable. Il est toutefois possible, en raison de la complexité de ces systèmes, qu’un panachage de « type 094 » et « type 096 » soit encore de mise, comme c’était le cas pour la France avant le retrait de la classe Redoutable.

  Nbre de SNLE Nbre de lots de missiles Nbre de missiles par lot Nbre de têtes de missile
Hypothèse basse
Type 094 3 2 12 3
Type 096 3 2 20 10
Total 6 4 64 272
Hypothèse haute
Type 094 4 3 12 3
Type 096 4 3 20 10
Total 8 6 80 708

Composition possible de la composante sous-marine chinoise – 2030.

La composante sous-marine disposerait donc en 2030, de 272 à 708 têtes nucléaires pour armer ses missiles balistiques.

S’agissant des autres forces navales, la mise en œuvre de missiles de croisière CJ-20 à capacité nucléaire est très probable, sur des unités de premier rang au moins (destroyers 055, sous-marins 095). Ils pourraient servir à attaquer des groupes de porte-avions américains ou indiens ou à saturer des défenses adverses partout en Asie en cas de conflit majeur. On peut envisager de 4 à 6 missiles par unité de premier rang et une vingtaine d’unités équipées. De 80 à 120 ogives seraient alors requises pour les forces navales. Il faut souligner que cette hypothèse ne tient pas compte de la possibilité de déploiement de missiles balistiques (DF-21 modifiés ?) sur des unités de surface, comme le suggèrent les tests accomplis cette année [36]. 

2030 : entre 900 et 2300 armes ?

En additionnant les composantes aériennes, balistique, sous-marine et de croisière, on arrive donc à un total allant de 892 à 2317 armes en 2030. Les missiles intercontinentaux (DF-31, DF-41, JL-2 et JL-3), qui constituent traditionnellement le cœur de la dissuasion, représenteraient de 482 à 1218 armes.

Légende : SSBS – Missile sol-sol balistique stratégique ; SSBI – Missile sol-sol de portée intermédiaire ; SSBC – Missile sol-sol balistique de courte portée ; MDC(N) – Missile de croisière nucléaire ; SSBN – Missile sol-sol balistique naval ; MDCN(N) – Missile de croisière naval nucléaire.

Cette évaluation prospective, nous en avons conscience, repose sur beaucoup d’hypothèses et d’extrapolations et elle peut sembler très large au regard des estimations actuelles de l’arsenal chinois (dont nous avons vu qu’elles sont probablement trop prudentes). Cependant, elle repose sur l’idée assez probable que seront menés à terme les programmes déjà lancés et sur le constat la Chine a décidé d’abandonner les missiles à tête unique pour passer aux têtes multiples. Elle implique néanmoins la production annuelle d’environ 60 à 200 armes [37]. On peut dès lors s’interroger sur la capacité effective de la Chine à mener à bien ce programme, et notamment sous l’angle des matières fissiles. 

Facteurs limitants : la question des matières fissiles de nouveau centrale ?

Jusqu’à une époque récente, les facteurs limitants les possibilités de développement de l’arsenal nucléaire chinois étaient d’ordre économique et technologique. Après la rupture définitive avec l’URSS en 1969, la Chine se retrouva seule pour développer son arsenal. Accusant un retard technologique et industriel important et disposant d’une assise économique plus fragile, l’arsenal chinois était limité à l’usage de bombes gravitaires et de missiles balistiques dotés d’ogives de très forte puissance, qui compensaient leur médiocre précision par leur puissance destructrice. Si l’arme nucléaire était un investissement plus efficace en termes économiques qu’un accroissement des forces conventionnelles, elle n’en demeurait pas moins couteuse pour le pays. La méfiance initiale des théoriciens maoïstes envers la dissuasion nucléaire (et l’accumulation d’armes) se trouvait ainsi renforcée par l’impossibilité technologique et économique de se lancer dans une course au niveau des États-Unis ou de l’URSS. Cette volonté de conserver un arsenal réduit à sa capacité minimale de dissuasion a perduré jusqu’à la fin de la période de pouvoir de Deng Xiaoping qui jugeait qu’il fallait juste « faire peur » [38].

Dans ce contexte, les matières fissiles n’étaient pas un élément limitant. Ayant maitrisé l’enrichissement de l’uranium U235 et la séparation du plutonium  Pu239, la Chine produisit un stock apparemment amplement suffisant pour ses besoins. Après 1978 et le virage de « l’ouverture », la Chine réduisit peu à peu sa production de matières fissiles pour arriver à un arrêt apparent dans les années 1980, sans toutefois l’acter publiquement.

Le recours à des ogives thermonucléaires unitaires de forte puissance dans les vecteurs réduisait encore le recours à la matière la plus critique, le plutonium. En effet, par ses caractéristiques inhérentes (faible nombre de fissions spontanées, masse critique plus faible), le plutonium est la matière fissile préférée pour la création du dispositif d’amorce des ogives thermonucléaires. On estime qu’environ 4 kg de plutonium suffisent pour fabriquer le cœur primaire d’une arme, ce qui simplifie la miniaturisation et l’emport dans des vecteurs délicats comme les missiles balistiques mirvés. Une arme à base d’uranium hautement enrichi (UHE – 90% d’uranium U235) aura besoin de 9 à 12 kilos de matière fissile pour arriver au même effet. Si l’écart n’est pas insurmontable dans le cas d’une ogive unique, il peut représenter plus de 80 kg de charge supplémentaire pour les seules matières fissiles dans le cas d’un missile balistique à têtes multiples [39].

Avec le spectaculaire décollage technologique et industriel de la Chine depuis 2000, la capacité du pays à développer et produire rapidement des vecteurs crédibles et efficaces pour chaque composante n’est plus le facteur limitant. Les efforts consentis dans le domaine balistique donnent au pays une capacité de production très satisfaisante [40]. À nouveau, c’est la question des matières fissiles qui redevient le point possiblement bloquant pour une expansion rapide de l’arsenal. Cette question est d’autant plus saillante que le « mirvage » des missiles, si elle n’accroit pas forcément la puissance totale délivrée, multiplie les têtes et donc les cœurs d’amorçage au plutonium ou à l’UHE.

La production chinoise totale de matières fissiles n’est pas connue de manière officielle. Les estimations par les différents experts peuvent varier, mais on estime aujourd’hui que le pays en aurait produit environ de 2,6 à 3,8 tonnes de plutonium Pu239 jusqu’en 1986-87.

En réduisant ce stock de la quantité probablement utilisée  pour les essais nucléaires et des pertes liées aux cycles de recyclage, la Chine disposerait de 2,3 à 3,5 tonnes de plutonium. En retenant l’hypothèse d’usage de 4kg par arme, le pays serait en capacité de produire de 575 à 875 armes au plutonium [41]. Cela amènerait le pays entre 64% et 98% de notre hypothèse basse sur le nombre de têtes, uniquement en utilisant les stocks militaires nationaux. En tout état de cause, cela rend cohérent le programme actuel d’expansion du nombre de composantes, le mirvage des têtes, mais aussi la préservation de la posture de « stricte suffisance » : Pékin ne dispose pas de stocks de matières fissiles permettant immédiatement de lancer un programme de « rattrapage » des arsenaux soviétiques et américains, même si la technologie et les moyens économiques sont disponibles. Mais la Chine peut, sur la base de ces stocks, mettre en service toutes les composantes que nous avons évoquées, en réduisant de manière plus ou moins homothétique les têtes disponibles pour chacune de celles-ci le temps de l’assemblage. Cela n’entrave pas les activités les plus prioritaires, et notamment l’entrainement des composantes et la mise à jour des doctrines et autres schémas d’engagement.

On l’a dit, Pékin a tout intérêt à conserver un maximum d’armes anciennes pour les négociations de désarmement. Or, l’usage d’UHE dans une partie des armes nouvelles reste possible, notamment pour celles où la contrainte de miniaturisation est la moins forte (bombes guidées de la composante aérienne par exemple, mais aussi missiles balistiques mono-tête à courte portée et missiles de croisière). Il faut noter que la Chine a fait, pour ses réacteurs navals de sous-marins, le choix de l’uranium faiblement enrichi (UFE). Ce choix présente l’avantage notable de ne pas introduire de « concurrence » pour l’UHE entre l’usage propulsif et la fabrication d’armes. Par ailleurs, la filière nucléaire militaire Pakistanaise est historiquement concentrée sur l’usage de l’UHE pour la production d’armes, avec l’appui notoire de Pékin [42].

En tenant compte des stocks d’UHE produits, des pertes liées aux essais nucléaires, à l’usinage et à la possible fourniture de 50kg au Pakistan, le pays disposerait selon les sources d’un stock compris entre 11 et 17 tonnes d’UHE [43]. Ce stock serait suffisant pour la fabrication d’un total de 916 à 1416 armes, selon que l’on considère que 11 tonnes seraient disponibles pour des armes à 12 kg d’UHE ou que 17 tonnes seraient réparties en ogives de 9kg. Une partie de cette matière a sans doute été utilisée dans la production d’armes anciennes, notamment pour la composante aérienne, Néanmoins, le recours éventuel à l’UHE, même s’il est devenu rare dans les armes modernes, laisse au pays une large marge de production, à même d’atteindre facilement l’hypothèse basse de notre évaluation.

  Potentiel de production d’armes à 4 kg de Pu Potentiel de production d’armes à 9 kg de UHE Potentiel de production d’armes à 12 kg de UHE Potentiel de production total
Plutonium disponible – hyp. basse (2,3 t) 575     1 491 à 1 797 armes
UHE disponible – hyp. basse (11 t)   1 222 916
Plutonium disponible – hyp. haute (3,5 t) 875     2 291 à 2 763 armes
UHE disponible – hyp. haute (17 t)   1 888 1 416

On le voit, la Chine dispose, avec ses seuls stocks nationaux de matière fissile, d’un potentiel de production qui va de 1 491 à 2 763 armes, soit un stock suffisant pour atteindre au moins l’hypothèse basse de notre évaluation et peut-être l’hypothèse haute, sans relancer de production de matières fissiles.

L’atteinte de l’hypothèse haute de notre évaluation avec un arsenal moderne « tout plutonium » implique cependant la mise en œuvre de 9,3 tonnes de plutonium, et donc la production de 5,8 à 7 tonnes supplémentaires, soit le double ou le triple de ce qui a été produit par le pays. Cela peut sembler totalement incongrue et hors de portée. Toutefois, Pékin n’a jamais fait de déclaration indiquant l’arrêt de la production et sa transparence en la matière est très limitée. Même si l’ampleur du stock à rassembler est de nature à tempérer sinon le chiffre à atteindre, au moins sa date de concrétisation, de sérieuses pistes existent qui suggèrent que le pays se met en capacité de produire rapidement toute la matière nécessaire, et ce, assez discrètement.

La Chine a fait le choix d’une expansion importante de son parc électronucléaire civil, avec une volonté de « boucler » le cycle du combustible, ce qui implique une production substantielle de plutonium par retraitement du combustible irradié. En outre, le pays a fait le choix de développer la filière des surgénérateurs, ce qui justifie pleinement de disposer de larges stocks de plutonium d’usage civil. Le projet d’usine de Jiuquan, lancé en 2010, devait permettre de traiter 50 tonnes de combustible irradié issu des filières civiles par an, avec la production d’environ 500 kg de plutonium par an. Il n’a toutefois pas été mené à terme et semble n’en avoir séparé qu’un peu plus de 25 kg.

Plusieurs projets de centrales de traitement du combustible existent en 2020, allant de capacités de 200 à 800 tonnes de combustible par an (dont des projets avec Orano-ex Areva) [44], ce qui permettrait en cas de succès la séparation de 2 à 8 tonnes de plutonium par an. Compte tenu des délais de mise en service des composantes, des temps d’usinage et de fabrication, un succès avant 2025 serait de nature à aider le pays à atteindre l’hypothèse haute entre 2030 et 2035.

Il faut souligner que de 2010 à 2016, les stocks de plutonium civil déclarés étaient passés de 13,8 kg à 40,9 kg et depuis cette date ne pays n’a pas soumis de déclaration INFCIRC/549 à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique dans le cadre de son accord de soumission volontaire, ce qui alimente les craintes sinon d’un détournement immédiat, au moins d’une volonté d’opacité à même de dissimuler des détournements ultérieurs [45].

Quelle que soit l’évolution du stock de matières fissiles chinois, il apparait donc que l’atteinte de l’hypothèse basse de 875 armes semble d’ores et déjà à portée sur la base des stocks disponibles de matières fissiles. Le recours à l’UHE devra être plus ou moins important, en fonction des succès dans la production de plutonium via les filières civiles. Il est de nature ralentir à l’évolution vers le mirvage de l’arsenal. L’atteinte de l’hypothèse haute, en revanche, impliquerait un ample succès dans le développement de capacités de recyclage du combustible civil, tout en assumant une opacité accrue des stocks nationaux. Cette opacité sera certainement d’autant plus facilement défendue que l’accroissement des tensions avec Washington justifieront de « plus grandes mesures de sûreté » pour protéger le pays des « malveillances étrangères », avec la mise en avant par exemple de l’épisode Stuxnet. Au final, disposer d’un arsenal de plus de 2 300 armes pourrait prendre quelques années de plus, dépassant la limite de 2030. Mais ce n’est nullement un objectif impossible, surtout considérant l’horizon stratégique de « pleine puissance » fixé en 2017 à 2049 [46].

En résumé, l’analyse des facteurs limitants que peuvent constituer stock et production de matières fissiles montre que l’hypothèse basse d’évolution de l’arsenal nucléaire chinois est à la portée de Pékin sans difficulté. Elle conforte le constat basé sur la mise en service de nouvelles composantes et sur le mirvage des têtes : l’arsenal nucléaire chinois est bien sur la trajectoire d’un format à « environ 900 armes » à relativement brève échéance. D’un autre côté, l’hypothèse haute n’est sans doute pas la plus crédible, à condition que l’environnement géostratégique actuel ne se dégrade pas « plus vite qu’il ne le fait déjà », ce qui est toujours possible par la survenance de crises imprévisibles dont la pandémie actuelle nous a rappelé qu’elle est la règle en histoire. Si d’aventure la Chine percevait le besoin d’un arsenal à 2000 têtes de manière urgente, le pays serait sans doute en capacité de mener l’effort substantiel que représente sa concrétisation, même si l’horizon de 2035-2040 apparait plus probable.

En 2030, l’arsenal chinois de 900 têtes sera mis en œuvre par des forces dont l’existence est déjà actée, et que la Chine est en capacité de mettre en service, en réponse à un besoin identifié dès la fin des années 1990 : moderniser et étoffer une dissuasion nucléaire qui doit rester crédible dans un contexte de montée des tensions avec les États-Unis et l’Inde, de développement de défense antimissiles à la périphérie du pays et d’obsolescence des composantes issues des années 1970.

C’est à l’aulne de cette logique qu’il faut analyser les réticences chinoises en matière de dialogue sur le désarmement nucléaire autour du TNP, dont l’Inde n’est pas membre et qu’elle ne pourra jamais rejoindre faute d’avoir procédé à un essai nucléaire avant 1967. Tant que la Chine ne disposera pas d’au moins un millier d’armes nucléaires modernes, les dirigeants chinois ne seront pas assurés de disposer pour le siècle qui vient de capacités de frappe pouvant infliger en tout temps des dommages inacceptables à tout adversaire, quel que soit son niveau de défenses, ce qui est le propre d’une dissuasion crédible. Compte tenu de l’historique des négociations de contrôle des arsenaux nucléaires, il y a en fait fort à parier que Pékin se hissera bien au-dessus de ce chiffre avant de consentir à toute mesure de limitation de son arsenal ou de désarmement, ceci afin de n’accepter de désarmer que le « surplus ». Encore faudrait-il que la Chine joue le jeu de la vérification, sujet clef en matière de contrôle des arsenaux, ce qui est loin d’être la tendance actuelle comme le montre son opacité sur l’arsenal ou les matières fissiles et, d’une manière générale sur tous les sujets qu’elle considère comme « vitaux ».


NOTES : 

[1] Mission de la Chine à l’ONU (@Chinamission2un – compte gouvernemental vérifié) : “China has always been advocating complete prohibition and thorough destruction of nuclear weapons, which is fundamentally in line with purposes of #TPNW. China will continuously make relentless efforts towards a nuclear-weapon-free world.” Tweet du 25 octobre 2020, 02h39.

[1] Par exemple, Hans Kristensen, dont les liens avec les ONG de désarmement sont bien connus et qui prépare les évaluations pour le SIPRI, continue de compter les missiles DF-31 comme portant une seule tête et les DF-41 comme portant « 6 têtes », alors que des totaux bien supérieurs ont déjà été rendus publics par inadvertance par le parti communiste chinois. Voir  Hans Kristensen : DIA Estimates For Chinese Nuclear Warheads ; Federation of American Scientists , 31 mai 2019. https://fas.org/

[1] Les évaluations, d’année en année, reposent en grande partie sur les travaux de Shannon Kile, Kans Kristensen et Phillip Schell. Les « Yearbooks » du SIPRI sont disponibles sur https://www.sipri.org/

[1] Ainsi, Antoine  Bondaz et Stéphane Delory : Le défilé militaire du 70eanniversaire de la République populaire: un révélateur de la puissance stratégique chinoise ; Fondation pour la Recherche Stratégique, Paris, 24 septembre 2019. https://www.frstrategie.org/

[1] De MIRV, “Multiple Independent Reentry Vehicule”. Voir Eric Croddy et James Wirtz (eds) : Weapons of Mass Destruction ; Volume 2 – Nuclear Weapons, Santa Barbara, 2005, 602p. pp 225-226.

[1] Avery Goldstein, Deterrence and Security in the 21st Century : China, Britain, France and the Enduring Legacy of the Nuclear Revolution, Stanford, 2000, Stanford UP, 356 pages, pp 99-103.

[1]中国人民解放军第二炮兵[Science of Second Artillery Campaigns], Traduction anglaise, Pékin, PLA Press, 2004, p. 13.

[1] Voir Information Office of the State Council : China’s National Defense in 2010, Pékin, 2011, 43 pages, p 7.

[1] Avery Goldstein, op. cit., pp 129-131.

[1] Henry Boyd : Understanding the military build-up on the China-India border ; IISS, 24 juin 2020, https://www.iiss.org/

[1] Toby Dalton et Tong Zhao : At the Crossroads? China-India Nuclear relations After the Border Clash ; Carnegie Endowment for International Peace, 19 août 2020. https://carnegieendowment.org/

[1] Voir sur la relation Denis Lambert: Géopolitique de la Chine, du bronze antique au plutonium ;  Paris, 2009, Ellipses, 550 pages, p. 346-347. Et pour des elements de contexte actuels Ivan Tselichtchev : Chinese in the Russian Far East: a geopolitical time bomb? ; South China Morning Post, 28 février 2018. https://www.scmp.com/

[1] Sans qu’il soit d’ailleurs certain que les armes aient effectivement été démantelées… Voir le SIPRI Yearbook 2005, “Nuclear Arms Control and Non Proliferation”, p 593. https://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/0096340213508632

[1] Sans qu’il soit d’ailleurs certain que les armes aient effectivement été démantelées… Voir le SIPRI Yearbook 2005, “Nuclear Arms Control and Non Proliferation”, p 593. https://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/0096340213508632

[1] Certaines estimations placent le H-20 dans la gamme des « 20 tonnes de capacité avec une portée de 12 000 kilomètres ». Voir Defense World : « China may have developed a long rang bomber” ; mai 2018. https://www.defenseworld.net

[1] Defense Intelligence Agency : China Military Power 2019, Modernizing a force to Fight and Win ; Washington, 2019, DIA, 140 pages, p. 37.

[1] Denis Lambert : op. cit. ; p. 527-528.

[1] [1] Sur la question des armes nucléaires « tactiques», voir Hans M. Kristensen, Robert S. Norris et Matthew G. McKinzie : Chinese Nuclear Forces and U.S. Nuclear War Planning ; Washington, 2006, The Federation of American Scientists, 261 pages, pp. 98-101.

[1] Pour une vision détaillée de la modernisation balistique chinoise, voir Anthony H. Cordesman, The PLA Rocket Force: Evolving Beyond the Second Artillery Corps (SAC) and Nuclear Dimension ; Washington, 2016, CSIS, 57 pages.

[1] Anthony H. Cordesman, Joseph Kendall et Steven Colley, China’s Nuclear forces and Weapons of Mass Destruction ; Washington, 2016, CSIS, 55 pages, pp. 9-10.

[1] “China tests DF-41 ICBM from rail car mobile launcher” ; Alert 5 Military aviation news, 22 décembre 2015. http://alert5.com/

[1] Bill Gertz : “Chinese Government Website Confirms New Multi-Warhead ICBM” ; The Washington Free Beacon, 1e  août 2014, https://freebeacon.com/

[1] Antoine  Bondaz et Stéphane Delory : op. cit. ; p. 4.

[1] Hans M. Kristensen : New Missile Silo And DF-41 Launchers Seen In Chinese Nuclear Missile Training Area ; FAS, 3 septembre 2019. https://fas.org/

[1] Ou CJ-20 pour la version armée d’une ogive nucléaire. Voir Hans M. Kristensen : Air Force Briefing Shows Nuclear Modernizations But Ignores US and UK Programs ; Federation of American Scientists, 29 mai 2013. https://fas.org/

[1] Anthony H. Cordesman : op. cit. ; p. 12.

[1] Pour une analyse récente du sujet, voir Mike Yeo : “China’s missile and space tech is creating a bubble difficult to penetrate” ; Defense News, 1e juin 2020, https://www.defensenews.com/

[1] Voir Stéphane Audrand : La fin du traité FNI, une question essentiellement asiatique ? ; Paris, Revue de la Défense Nationale, 2019/5 (n°820), pp. 181-186.

[1] Norbert Brugge : The striking similarity of some Chinese and Pakistani solid fuel missiles ; « Space Launch Vehicles», 26 juin 2020,  http://www.b14643.de/Spacerockets/

[1] Hans. M. Kristensen et Matt Korda, « Chinese Nuclear forces 2019 », Washington, 2019, Bulletin of the Atomic Scientists, pp. 171-178.

[1] Anthony H. Cordesman, Joseph Kendall et Steven Colley, op. cit. p. 14.

[1] Ibid.

[1] Eric Croddy et James Wirtz (eds) : op. cit. , pp. 149-150.

[1] Hans M. Kristensen : Chinese Submarines Patrols Doubled in 2008, Federation of American Scientists, 3 février 2009. https://fas.org/

[1] Office of the Secretary of Defense : Military and Security Developments involving the People’s Republic of China 2020, Annual report to Congress, Septembre 2020, 200 pages, p. 45.

[1] Gregory Kulacki : China’s Nuclear Force: Modernizing from Behind ; Union of Concerned Scientists, Janvier 2018, page 4. https://www.ucsusa.org/

[1] Malcolm Davis et Charlie Lyons Jones : “ Chinese test show potential for ballistic missiles on merchant ships” ; Maritime Executive, 04 octobre 2020. https://www.maritime-executive.com/

[1] A comparer à la production, avec des capacités industrielles moins modernes, de plusieurs milliers d’armes par an par les Etats-Unis entre 1955 et 1963. Voir Robbert S. Norris et Hans M. Kristensen : “Global nuclear weapons inventories, 1945–2010”, Bulletin of the Atomic Scientists ; FAS, 2010, pp.77-83, page 81.

[1] Sur les doutes de Mao à propos de la dissuasion, voir par exemple Pierre Grosser : L’histoire du monde se fait en Asie ; Paris, 2017, Odile Jacob, 656 pages, pp. 360-365.

[1] Les premières armes thermonucléaires chinoises, destinées aux missiles DF-3, semblent avoir été assemblées autour d’une arme à l’UHE. Voir Center for nonproliferation Studies : China’s nuclear tests : dates, yields, types, methods, and comments ; Monterey, Middlebury Institute of International Studies, 1998.

[1] L’expansion de l’industrie aérospatiale est un des symboles politiques, économiques et scientifiques de la transformation moderne de la Chine et la rhétorique a été forte autour de l’initiative « Made in China 2025 ». “Military and security developments involving the People’s Republic of China – annual report ”, DoD report, 2020, 200 pages, p. 120.

[1] Voir par exemple Hui Zhang : China’s Fissile Material Production and Stockpile ; Report of the International Panel on Fissile Material, 2018, 57 pages.

[1] Mark Fitzpatrick : Overcoming Pakistan’s Nuclear Dangers ; IISS, Londres, Routledge, 2014, 172 pages, pp. 17-18.

[1] Hui Zhang : op. cit. page 2.

[1] Matthew Bunn, Hui Zhang et Li Kang : The Cost of Reprocessing in China ; Harvard Kennedy School – Belfer Center, 2016, 97 pages.

[1] International Panel on Fissile Material : China – may 2020, http://fissilematerials.org/countries/china.html.

[1] Graham Allison : What Xi Jinping Wants ; The Atlantic, 31 mai 2017. https://www.theatlantic.com/

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