mercredi 26 janvier 2022

L’aide européenne aux séquestrés des camps de Tindouf détournée par le régime algérien et ses séides

Depuis le milieu des années 1970, quelques milliers de personnes vivent dans des camps au fin fond du désert algérien dans la région de Tindouf. Ces personnes qualifiées de réfugiés, mais qui ne sont que des séquestrés, sont les otages du conflit créé par le régime algérien sur le Sahara marocain. Ce sont des otages qui servent à accréditer l’idée que le groupe séparatiste du Polisario gouvernerait une population d’originaires du Sahara marocain. En  droit  international, les États sont responsables de tout ce qui se passe sur leur territoire, l’Algérie est donc juridiquement responsable de la situation de ces  personnes. Or cette situation est lamentable.

En effet, aux violations graves des droits de l’homme s’ajoutent d’autres interdictions faites aux organismes onusiens à commencer par le HCR. Ainsi, le HCR ne peut procéder au recensement des populations. Cette interdiction s’explique pour deux raisons majeures : d’abord, l’Algérie veut gonfler les chiffres des camps de Tindouf afin d’appuyer la fiction séparatiste du Polisario. Ensuite il s’agit de priver ces personnes de papiers d’identité de façon à les conserver sous contrôle. Le régime algérien trafique les chiffres pour recevoir un important surplus d’aide humanitaire qui est détournée par les caciques du régime.

L’Algérie a imposé sans aucune justification un chiffre de 165 000. Ce chiffre a été contesté par les ONG et les pays donateurs au point de conduire l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) de l’Union européenne (qui est l’un des principaux donateurs) à faire une enquête entre 2003 et 2007. Le rapport, publié en 2007, a été étouffé jusqu’en 2014, date à laquelle la population des camps de Tindouf a été ramenée à 90 000 ; l’Algérie refusant toujours toute opération de recensement. En réalité, la population des camps de Tindouf concernée par le conflit ne devrait pas dépasser 30 000 personnes.

L’absence de recensement dans les camps de Tindouf remonte à 1975, date de l’ouverture du conflit par Alger. Cela est dû au refus obstiné de l’Algérie, malgré les sollicitations répétées du Conseil de Sécurité. On peut se demander, dans ces conditions, sur quelles bases le HCR et les autres organisations concernées  ̶  dont l’union européenne  ̶  ont pu durant les dernières décennies établir leurs plans d’assistance. 

De fait, le système au profit du régime algérien mafieux de peut perdurer qu’en profitant du laxisme – voire pour certains de la complicité avec le régime algérien  ̶  dont font preuve plusieurs États membres de l’Union européenne et de l’ambiguïté de la Commission de Bruxelles. Il serait donc temps de diligenter une enquête pour faire la lumière sur le détournement des aides destinées aux camps situés dans la localité de Tindouf, en Algérie, sachant que les contribuables des nations membres de l’Union européenne n’ont pas à entretenir plus longtemps la corruption du régime algérien et de ses  séides. Par ailleurs, le Forum de soutien des autonomistes de Tindouf (Forsatin) a révélé, fin mai 2020, que Brahim Ghali, chef du Polisario, contre lequel un mandat d’arrêt a été émis en novembre 2016 par la justice espagnole pour génocide, torture et viol, est impliqué dans le détournement de dons humanitaires espagnols destinés à la population séquestrée dans les camps de Tindouf.

Dans ces conditions, il faut se réjouir que, dans une proposition de résolution déposée début juillet 2020, des députés du parlement européen rappellent qu’un rapport de l’Office européen de lutte antifraude rendu public en 2014 a constaté de nombreux détournements de l’aide humanitaire octroyée par l’Union européenne au mouvement séparatiste Polisario qui est une émanation du régime algérien contre le Maroc. Ils soulignent que cette aide fait l’objet de nombreux trafics et que le régime algérien prélève une taxe tout en s’obstinant à refuser  les demandes de recensement des réfugiés formulées par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Les parlementaires européens demandent à l’Union européenne d’œuvrer conjointement avec l’Organisation des Nations unies pour superviser un recensement des réfugiés des camps de Tindouf. Ils demandent également à l’Union européenne d’auditer l’utilisation de l’aide humanitaire européenne au Polisario depuis 2015.

Charles SAINT-PROT

Directeur de l’Observatoire d’études géopolitiques

Observatoire d'études géopolitiqueshttp://www.etudes-geopolitiques.com/
L'Observatoire d’études géopolitiques (OEG) est un institut français ayant pour objet de contribuer à la promotion et au rayonnement de la recherche scientifique dans les différents domaines de la géopolitique et des relations internationales. Cette contribution, tant au plan national qu'international, s'appuie notamment sur l'organisation de colloques, de conférences, de tables rondes, de prestations intellectuelles en association avec la Faculté de droit de l’Université Paris Descartes, et divers instituts étrangers (Remald de Rabat, UOC de Barcelone, ECSSR d’Abou Dhabi) et organisations internationales (ISESCO, OIF…). Le siège de l’OEG est à Paris. L’institut a également un bureau pour le Proche-Orient à Beyrouth et des représentants ou des correspondants dans divers pays (Bruxelles, Djibouti, Egypte, Emirats arabes unis, Maroc, Roumanie…) L’Observatoire d’études géopolitiques est dirigé par Charles Saint-Prot et Zeina el Tibi en est la présidente déléguée. Les travaux sont supervisés par un Conseil scientifique.
ARTICLES CONNEXES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

BOUTIQUE TB

Les plus lus

COMMENTAIRES RÉCENTS

ARCHIVES TB