lundi 16 mai 2022

L’interruption des fournitures de gaz algérien à l’Europe

Fin août 2021, l’Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc, puis en septembre le survol de l’espace aérien algérien a été interdit aux avions marocains, le non-renouvellement du contrat aux termes duquel l’Algérie alimentait en gaz l’Espagne et le Portugal par un gazoduc passant par le Royaume du Maroc décidé par le régime algérien le 31 octobre est un nouveau pas dans une escalade qui ne s’explique que par la situation désastreuse du régime algérien face à une opinion publique de plus en plus hostile. Tout le reste, notamment les prétendus griefs d’Alger contre Rabat, n’est que faribole ; il ne s’agit que de balivernes sans intérêt.

Bien entendu, la crise économique et sociale que connait l’Algérie sera accentuée par la décision irrationnelle du régime, laquelle favorisera encore l’immigration vers l’Europe, notamment vers l’Espagne ou l’Italie. En effet, le peuple algérien voit s’envoler une manne de 13 millions de mètres cubes vers l’Europe alors qu’il vit des jours de plus en plus difficiles,

Outre la population algérienne, c’est bien une bonne partie des nations européennes qui paiera le prix de la décision d’Alger. Croyant viser le Maroc, la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe constitue une menace grave pour l’approvisionnement énergétique de la partie occidentale du continent européen et pour les citoyens des divers pays européens à l’heure où les prix sont en hausse. Mais le régime algérien tout à sa haine de son voisin marocain se soucie comme d’une guigne des Européens.

Le professeur de droit international Rachid Lazrak note que « C’était attendu de la part des autorités algériennes, qui continuent de prendre des décisions irréfléchies ». Dans un communiqué publié le 31 octobre, l’Office marocain des hydrocarbures et des mines (ONHYM) et l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) ont immédiatement affirmé que la décision algérienne n’aura « qu’un impact insignifiant sur la performance du système électrique national ». Les conséquences pour la consommation locale sont « marginales dans la mesure où le Maroc a une capacité de production électrique qui couvre largement ses besoins ». Selon le quotidien marocain Le Matin, « le tronçon du Gazoduc Maghreb-Europe qui traverse le territoire du Maroc est devenue la propriété du Royaume le premier novembre 2021, après l’expiration du contrat Maroc-Algérie pour le transit du gaz algérien vers l’Espagne via cette infrastructure. Ce GME, aux côtés du futur Gazoduc Nigeria-Sénégal-Mauritanie-Maroc, sera l’épine dorsale pour le déploiement d’un nouveau réseau de transport afin de relier l’ensemble des composantes du plan gazier, selon la nouvelle feuille de route nationale pour le développement du gaz naturel 2021-2050 ». On parle aussi d’une collaboration en matière d’importation de gaz entre le Qatar, l’Espagne et le Maroc.

En réalité, le régime algérien est comme un poulet dont on a coupé la tête : il court dans toutes les directions sans savoir où il va. Il déteste le Royaume du Maroc et la France parce que ce sont des nations plus que millénaires alors que l’Algérie est née en 1962 et, après une atroce guerre civile, le régime a fondé une pâle légitimité sur une position anti-marocaine qui faisait le jeu de ses amis du bloc communiste qui rêvaient, selon le mot de Lénine, de tourner l’Europe par l’Afrique.

C’est ainsi que l’Algérie et le bloc de l’Est ont créé artificiellement, en 1975, le conflit sur le Sahara marocaine en alimentant la fiction du séparatisme. La crise a rebondi après la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté marocaine sur le Sahara marocain, les multiples revers diplomatiques algériens en Afrique et une panoplie de résolutions des Nations unies défavorables à Alger et à séides séparatistes.

Charles Saint-Prot

Directeur général de l’Observatoire d’études géopolitiques

Observatoire d'études géopolitiques
Observatoire d'études géopolitiqueshttp://www.etudes-geopolitiques.com/
L'Observatoire d’études géopolitiques (OEG) est un institut français ayant pour objet de contribuer à la promotion et au rayonnement de la recherche scientifique dans les différents domaines de la géopolitique et des relations internationales. Cette contribution, tant au plan national qu'international, s'appuie notamment sur l'organisation de colloques, de conférences, de tables rondes, de prestations intellectuelles en association avec la Faculté de droit de l’Université Paris Descartes, et divers instituts étrangers (Remald de Rabat, UOC de Barcelone, ECSSR d’Abou Dhabi) et organisations internationales (ISESCO, OIF…). Le siège de l’OEG est à Paris. L’institut a également un bureau pour le Proche-Orient à Beyrouth et des représentants ou des correspondants dans divers pays (Bruxelles, Djibouti, Egypte, Emirats arabes unis, Maroc, Roumanie…) L’Observatoire d’études géopolitiques est dirigé par Charles Saint-Prot et Zeina el Tibi en est la présidente déléguée. Les travaux sont supervisés par un Conseil scientifique.
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