lundi 17 mai 2021
spot_img
HomeACTUS - NEWSL’ouverture du consulat émirien au Sahara marocain est un acte diplomatique majeur

L’ouverture du consulat émirien au Sahara marocain est un acte diplomatique majeur

Le mercredi 4 novembre 2020 est un jour important pour les relations entre le Maroc et les Émirats arabes unis avec l’ouverture du consulat général émirien dans le Sahara marocain, plus précisément dans la ville de Laâyoune, que d’aucuns qualifient de perle du sud du Maroc.

Ainsi, est illustrée cette terre marocaine qui fait partie intégrante du Royaume depuis le VIIIe siècle, ce qui a été reconnu, si besoin était, par les accords d’Algésiras en avril 1906 et sanctifié par La Marche verte (al Massira al Khadra) du 6 novembre 1975. En ce jour, de novembre aussi, plus de 350 000 marocains, armés de leur seule foi dans leur drapeau et du Coran ont pénétré au Sahara marocain sans y rencontrer la moindre résistance, démontrant, si besoin était, que la réalité juridique était en parfaite adéquation avec le sentiment national, à savoir la conscience naturelle du peuple du Royaume que cette terre était sienne. Aussi, les quelques visées séparatistes instrumentalisées depuis l’étranger n’arriveront pas à séparer cette portion de terre marocaine de la mère patrie.

La représentation diplomatique des Émirats à Laâyoune a été inaugurée par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourrita, et l’ambassadeur des Émirats arabes unis au Maroc, Al Asri Saeed Ahmed Aldhaheri, ce qui illustre l’intérêt pour le Royaume de cette présence consulaire et, au-delà, les liens forts avec les Émirats arabes unis. Cet acte diplomatique majeur s’inscrit dans la continuité des relations diplomatiques intenses entre les deux pays, nouées par le fondateur des Émirats arabes unis, Cheikh Zayed ben Sultan Al Nahyane et le Roi Hassan II, poursuivies aujourd’hui par Cheikh Khalifa Ben Zayed Al-Nahyane, président des Émirats Arabes Unis, et le Roi Mohammed VI. C’est d’ailleurs par un échange téléphonique entre le Roi Mohammed VI et le Prince héritier d’Abou Dhabi, Mohamed Ben Zayed, le 27 octobre, que l’annonce de l’installation du consulat a été faite par les Émirats arabes unis.

La diplomatie marocaine démontre de nouveau, après son implication dans la réconciliation libyenne, par les  accords de Bouznika en septembre 2020, qu’elle est un acteur essentiel des relations internationales et un repère dans un monde d’instabilité. L’ouverture de ce consulat général illustre également le fait que depuis toujours le Maroc est considéré comme un partenaire stratégique et historique par Abou Dhabi et concrétise la volonté commune de Rabat et Abou Dhabi de renforcer leur coopération. Au sein de la communauté internationale la « marocanité » de cette partie du Sahara fait de moins en moins de doute, comme la preuve en est donnée par l’implantation de représentations consulaires dans les villes du Sahara marocain de Laâyoune ou de Dakhla de 15 États africains. Le consulat émirien porte  le nombre de représentations diplomatiques au Sahara marocain à seize au total. Les Émirats arabes unis sont le premier pays arabe à agir en ce sens, ce qui est de bonne augure et devrait inciter beaucoup d’autres capitales arabes à suivre cet exemple.

En effet, Abou Dhabi donne un signal fort aux autres pays arabes, en mettant en évidence les droits historiques du Royaume et  la réalité du rôle et de la place essentiels du Maroc, comme acteur de stabilité et de gestion sereine des conflits latents, comme dans celui de prévention des risques de déstabilisation de l’ensemble de la zone par des éléments mus par une seule logique de désordre. On le sait, on le voit tous les jours, aucun pays ne peut se considérer à l’abri d’évènements qui se passent loin de chez lui. Le maintien de zones de conflits et/ ou d’instabilité contribue à rendre l’ensemble du monde moins sûr. Dès lors, les pays à l’histoire longue, comme le Royaume du Maroc, ne peuvent qu’être des acteurs clé de la stabilité générale. L’état actuel des relations internationales impose l’union de tous, et particulièrement celle des pays arabes, dont le Maroc est un membre éminent. Cette union est d’autant plus nécessaire que tous doivent faire face aux assauts d’une mondialisation qui veut nous faire accroire que les peuples et les nations n’existent plus et qu’il n’y aurait plus qu’un seul monde, en réalité celui des imbéciles heureux.

Cet homme nouveau que promeuvent les tenants de la désintégration des nations, pour mieux soumettre les hommes aux seules logiques mercantiles, ne peut qu’être utilement combattu par des unions d’États souverains qui, défendant les mêmes objectifs, sont seuls en mesure de lutter contre l’hydre nihiliste. Le Maroc a un rôle essentiel à jouer, avec d’autres, dans le concert des nations, ce qu’ont compris les Émirats arabes unis en poursuivant une relation privilégiée avec le Royaume, dont la vitalité est démontrée aujourd’hui par l’ouverture de ce consulat général au cœur du Sahara marocain. Loin d’être anecdotique cette action est un message donné au monde, et au monde arabe en particulier, sur l’importance de cultiver des liens fort pour le bien commun, mais également une reconnaissance de la réalité des frontières historiques du Royaume et de son droit inaliénable à la protection et à la défense de son intégrité territoriale.

Doyen Jean-François Poli

Membre du conseil scientifique de l’Observatoire d’études géopolitiques de Paris

Observatoire d'études géopolitiqueshttp://www.etudes-geopolitiques.com/
L'Observatoire d’études géopolitiques (OEG) est un institut français ayant pour objet de contribuer à la promotion et au rayonnement de la recherche scientifique dans les différents domaines de la géopolitique et des relations internationales. Cette contribution, tant au plan national qu'international, s'appuie notamment sur l'organisation de colloques, de conférences, de tables rondes, de prestations intellectuelles en association avec la Faculté de droit de l’Université Paris Descartes, et divers instituts étrangers (Remald de Rabat, UOC de Barcelone, ECSSR d’Abou Dhabi) et organisations internationales (ISESCO, OIF…). Le siège de l’OEG est à Paris. L’institut a également un bureau pour le Proche-Orient à Beyrouth et des représentants ou des correspondants dans divers pays (Bruxelles, Djibouti, Egypte, Emirats arabes unis, Maroc, Roumanie…) L’Observatoire d’études géopolitiques est dirigé par Charles Saint-Prot et Zeina el Tibi en est la présidente déléguée. Les travaux sont supervisés par un Conseil scientifique.
RELATED ARTICLES

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

ARTICLES POPULAIRES

COMMENTAIRES RÉCENTS