Des chercheurs chinois publient un algorithme revendiquant un taux d’élimination de 100 % pour les essaims de drones autonomes.

Les performances annoncées proviennent des auteurs eux-mêmes et n’ont pas été validées de manière indépendante. Le caractère spectaculaire de l’annonce du « taux d’élimination de 100 % » peut aussi relever d’un effet d’affichage, ce qui invite à interpréter ce type de publication avec un certain recul.

Une équipe de chercheurs du nord-ouest de la Chine a présenté un nouvel algorithme susceptible de modifier la manière dont les essaims de drones repèrent et frappent leurs cibles, selon un article du South China Morning Post.

L’algorithme, baptisé HG-STR (pour Heterogeneous Graph Spatio-Temporal Reasoning, soit « raisonnement spatio-temporel par graphe hétérogène »), est conçu pour permettre à une flotte de drones à voilure fixe de balayer de manière autonome un vaste champ de bataille et d’éliminer chaque adversaire, y compris lorsque leurs communications sont brouillées et leur capacité de détection visuelle dégradée. Les algorithmes traditionnels traitent toutes les informations (qu’il s’agisse d’unités amies, ennemies ou du terrain) comme un seul et même type de données, ce que cette approche cherche à dépasser en distinguant ces différentes catégories. 

D’après le quotidien hongkongais, il s’agit du premier algorithme connu capable d’atteindre un taux d’élimination de 100 %, tout en fonctionnant à une vitesse suffisante pour suivre le rythme de la guerre moderne, selon un article évalué par des pairs publié le 19 mai dans la principale revue aéronautique chinoise, Acta Aeronautica et Astronautica Sinica. 

Ces travaux interviennent dans un contexte où l’essentiel des opérations de drones reste, à ce jour, piloté à distance par des opérateurs humains. C’est ce que rappelle un expert de défense basé à Pékin et non associé à l’étude. Selon cette même source, qui s’est exprimée sous couvert d’anonymat n’étant pas autorisée à parler aux médias, la technologie ouvre la perspective d’un avenir où des essaims de drones pourraient être envoyés dans un environnement à haut risque et brouillé, coupés de tout commandement humain, avec un unique ordre final : trouver et tuer tout le monde. 

Cet algorithme s’inscrit dans une série de démonstrations conduites par l’Armée populaire de libération (APL) autour d’essaims pilotés par intelligence artificielle. La Chine a notamment présenté ces derniers mois des systèmes capables de coordonner de manière autonome plusieurs dizaines, voire centaines de drones, ces appareils pouvant communiquer entre eux, partager des informations et se répartir des tâches de reconnaissance et de frappe sans intervention continue d’un opérateur.

La publication de ces recherches alimente les interrogations sur le développement d’opérations létales entièrement autonomes, dépourvues de supervision humaine directe au moment de la décision de frappe. La perspective de systèmes d’armes capables d’identifier et d’engager des cibles sans validation humaine soulève des débats récurrents au sein de la communauté internationale, qui portent à la fois sur les implications éthiques, juridiques et stratégiques de telles capacités.

À ce stade, les performances revendiquées par l’algorithme HG-STR reposent sur les résultats présentés par ses concepteurs dans la publication scientifique et n’ont pas fait l’objet d’une vérification indépendante au-delà du processus d’évaluation par les pairs de la revue.

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