Lutte anti-drone : CERBAIR annoncera un changement capitalistique majeur à Eurosatory 2026.

La société CERBAIR, spécialiste de la lutte anti-drone (LAD), profitera du salon Eurosatory, qui se tiendra du 15 au 19 juin 2026 au Parc des Expositions de Paris Nord Villepinte, pour annoncer une évolution majeure de son capital. L’entreprise affiche une ambition claire : faire émerger un champion européen du secteur d’ici cinq ans.

Le contexte de cette annonce n’a rien d’anodin. En l’espace de quatre ans, le drone s’est imposé comme la variable tactique la plus déstabilisante des conflits contemporains. Selon les chiffres avancés par l’entreprise, les drones seraient responsables de jusqu’à environ 80 % des pertes enregistrées sur le théâtre ukrainien.

Face à cette évolution, les besoins en systèmes de lutte anti-drone explosent, et ne concernent plus uniquement le domaine militaire. La sécurisation d’infrastructures critiques, de bases fixes ou mobiles, de convois, d’aéronefs ou de navires figure désormais parmi les priorités des États. Le champ civil est lui aussi directement concerné : aéroports, sites nucléaires et Opérateurs d’Importance Vitale (OIV) — pour lesquels une évolution de la réglementation est actuellement en cours en France et dans l’Union européenne — constituent autant de segments d’application en pleine structuration.

10 ans d’expertise dans la détection et la neutralisation

Fondée en 2015 par Lucas Le Bell et le studio français Technofounders, CERBAIR s’est imposée en une décennie comme l’expert français de la lutte anti-drone. Sa démarche repose sur une chaîne fonctionnelle en trois temps : détecter le drone, caractériser la menace, puis la neutraliser. L’entreprise s’appuie sur une double expertise en guerre électronique et en gestion algorithmique du drone, désormais enrichie d’un traitement des signaux par intelligence artificielle.

Ses solutions sont aujourd’hui déployées dans 28 pays répartis sur quatre continents. Elles équipent des forces armées, des forces de police, des établissements pénitentiaires — plus de 40 prisons françaises en sont dotées — ainsi que de nombreux opérateurs de sites critiques.

L’offre de CERBAIR s’articule autour de trois familles de systèmes, toutes pilotées par une brique logicielle commune fruit de dix années de développement continu.

HYDRA assure la détection radiofréquence et la radiogoniométrie à 360°. La gamme s’étend du capteur omnidirectionnel compact, conçu comme première ligne de défense rapidement déployable, jusqu’au radiogoniomètre de capacité militaire destiné aux environnements les plus exigeants, avec une déclinaison maritime et navale. Déjà installée sur certains des sites les plus sensibles de France et de pays membres de l’OTAN, cette technologie est devenue le senseur de référence de grands industriels européens de la défense tels que MBDA, Naval Group, Thales ou Terma.

MEDUSA prend en charge la neutralisation. Cette gamme de brouilleurs, pilotée par le logiciel maison, génère un brouillage ciblé et adapté au drone détecté, sous forme de bulles d’interdiction automatiques ou programmables. Plusieurs formats existent, dont des versions sur mâts rotatifs et directionnels pour les déploiements les plus contraignants.

CHIMERA 200, dernier-né de l’entreprise, réunit dans un même boîtier détection et neutralisation par radiofréquence. Pensé pour la mobilité et la projection, ce système 2-en-1 offre une bulle de protection en mouvement, adaptée à la sécurisation de convois ou de zones temporaires, et s’adresse aux forces opérant sous menace de drones.

Un acteur ancré dans la base industrielle de défense française

Membre de la base industrielle et technologique de défense (BITD) française, CERBAIR participe aux principaux programmes étatiques comportant une composante de lutte anti-drone, dont MILAD et PARADE. Ses produits sont employés soit directement par les opérateurs, soit intégrés au sein de solutions multicouches plus complètes, faisant de l’entreprise un fournisseur de référence pour les grands industriels européens du secteur, parmi lesquels figure également Arquus.

C’est dans ce contexte que s’inscrit l’annonce capitalistique attendue à Eurosatory. Elle vise, selon l’entreprise, à accélérer son développement sur les marchés français et internationaux, avec l’objectif affiché de devenir le champion mondial de la lutte anti-drone à un horizon de cinq ans. D’autres annonces sont attendues durant le salon, d’ordre technologique (des avancées qualifiées de majeures) et partenarial, avec la conclusion d’un accord avec un autre acteur de la BITD française.

Stéphane GAUDIN
Stéphane GAUDINhttp://www.theatrum-belli.com/
Créateur et directeur du site THEATRUM BELLI depuis 2006. Officier de réserve citoyenne Terre depuis 2018, rattaché au 35e régiment d'artillerie parachutiste de Tarbes. Officier de réserve citoyenne Marine de 2012 à 2018, rattaché au CESM puis au SIRPA. Membre du conseil d'administration de l'Amicale du 35e RAP. Membre associé de l'AA-IHEDN AR7 (région Centre Val-de-Loire). Chevalier de l'Ordre National du Mérite.
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