26 juillet 1757 : victoire française à Hastenbeck qui ouvre le Hanovre.

Le 26 juillet 1757, près du village de Hastenbeck, au sud-est de la ville d’Hamelin (Hameln) sur la Weser, l’armée française du maréchal Louis Charles César Le Tellier, comte d’Estrées, bat l’armée d’observation composée de troupes hanovriennes, hessoises et brunswickoises que commande Guillaume-Auguste, duc de Cumberland, troisième fils du roi George II de Grande-Bretagne. L’affrontement, qui se solde par une victoire française, ouvre l’occupation du Hanovre et débouche, quelques semaines plus tard, sur la convention de Klosterzeven. La bataille est restée célèbre pour un épisode singulier : à un moment de l’action, les deux commandants en chef se crurent battus et donnèrent l’un et l’autre des ordres de repli. C’est finalement Cumberland qui abandonna le terrain, en bon ordre. Fait paradoxal, d’Estrées fut relevé de son commandement au lendemain même de son succès, au profit du maréchal de Richelieu.

La guerre de Sept Ans et l’invasion du Hanovre

La bataille s’inscrit dans la première année de la guerre de Sept Ans (1756-1763). Le renversement des alliances de 1756 a rapproché la France de l’Autriche, de la Russie, de la Suède et de la Saxe, tandis que la Prusse de Frédéric II s’est liée à la Grande-Bretagne. Le Hanovre, principauté du nord-ouest de l’Allemagne, occupe une position particulière : son électeur n’est autre que George II, roi de Grande-Bretagne. Défendre le Hanovre revient donc, pour Londres, à défendre un patrimoine dynastique autant qu’un point d’appui continental.

Au printemps 1757, la France engage sur le théâtre allemand deux armées totalisant environ 100 000 hommes qui franchissent le Rhin en avril. L’objectif stratégique est double : conquérir les États du roi d’Angleterre en Allemagne du Nord et, en menaçant le flanc occidental de la Prusse, contraindre Frédéric II à dégarnir le théâtre de Bohême, où Prussiens et Autrichiens s’affrontent alors dans une série d’engagements (Lobositz en 1756, Prague et Kolin en 1757).

La première de ces armées, forte d’une trentaine de milliers d’hommes et commandée par Charles de Rohan, prince de Soubise, marche à travers l’Allemagne centrale et rejoint l’armée du Saint-Empire (la Reichsarmee) du prince de Saxe-Hildburghausen. Cette coalition sera écrasée par Frédéric II à Rossbach le 5 novembre 1757. La seconde armée, dite armée du Bas-Rhin, est confiée au maréchal d’Estrées et progresse vers l’électorat de Hanovre. C’est cette dernière qui livre la bataille de Hastenbeck.

Face à l’invasion, la défense du Hanovre est organisée autour d’une « armée d’observation » rassemblant des contingents allemands soldés par la Grande-Bretagne. Frédéric II, trop pressé sur ses propres frontières après sa défaite de Kolin le 18 juin 1757, n’est pas en mesure d’apporter un soutien substantiel ; il ne laisse d’abord que six bataillons prussiens, qu’il rappellera avant la bataille.

 

Les forces en présence

L’armée française du Bas-Rhin

L’armée du Bas-Rhin (Armée du Bas-Rhin) est placée sous le commandement du maréchal Louis Charles César Le Tellier, comte d’Estrées, arrière-petit-neveu de Louvois. Les effectifs communément retenus sont d’environ 50 000 fantassins et 10 000 cavaliers, soit près de 60 000 combattants, appuyés par 68 pièces d’artillerie lourde. Les états de bataille détaillés recensent en outre les canons de bataillon attachés à l’infanterie et quelques obusiers : selon la reconstitution du Project Seven Years War, l’armée alignait environ 84 bataillons et 83 escadrons, servis par 68 bouches à feu lourdes, 84 canons de bataillon et 8 obusiers.

Le commandement de d’Estrées s’appuie sur plusieurs lieutenants-généraux dont les noms reviennent dans le déroulé de la journée :

  • François de Chevert, chargé de l’aile droite et du mouvement tournant décisif, à la tête des brigades de Picardie, de Navarre, de La Marine et d’Eu (les sources associent aussi le régiment d’Enghien à ce groupe), renforcées de douze compagnies de grenadiers et d’un rideau de troupes légères ;
  • le marquis d’Armentières, qui conduit l’attaque contre Voremberg avec plusieurs brigades d’infanterie, la brigade suisse de Reding et quatre régiments de dragons combattant à pied ;
  • le lieutenant-général de Contades, au centre, avec les brigades d’Orléans, de Vaubécourt, du Lyonnais et de Mailly ;
  • le duc de Broglie, à l’aile gauche, dont les troupes achèvent encore de franchir la Weser près d’Hamelin la veille de la bataille ;
  • Guerchy et Saint-Pern, qui mènent la première ligne de l’aile gauche contre le village de Hastenbeck ;
  • le marquis de Poyanne (Pyanne), à la tête de la réserve de cavalerie, laquelle comprend notamment la brigade de Royal-Carabiniers.

L’armée d’observation alliée

L’armée d’observation est commandée par Guillaume-Auguste, duc de Cumberland, troisième fils de George II, déjà connu comme le vainqueur de Culloden (1746). Sa composition est majoritairement allemande : environ 60 % de troupes hanovriennes, 25 % de troupes hessoises (Hesse-Cassel), le reste fourni par le Brunswick, avec quelques éléments prussiens. Les six bataillons prussiens initialement présents sont rappelés par Frédéric II après Kolin, ce qui prive Cumberland d’une partie de son infanterie juste avant l’affrontement.

Les effectifs varient sensiblement selon les sources et selon que l’on compte ou non les garnisons et les services : entre 30 et 40 000 fantassins (voire 48 000 en incluant l’ensemble des troupes), 5 000 cavaliers et 28 canons lourds. Les ordres de bataille de terrain retiennent environ 48 bataillons d’infanterie, 45 escadrons de cavalerie, 5 compagnies de chasseurs (Jäger), une trentaine de pièces lourdes, quelques pièces légères et 6 obusiers. Parmi les subordonnés de Cumberland figurent le prince héréditaire de Brunswick-Wolfenbüttel, Charles-Guillaume-Ferdinand, et les colonels von Dachenhausen et von Breidenbach, qui joueront un rôle dans la contre-attaque de fin de journée.

L’écart d’effectifs et surtout de puissance de feu (l’artillerie française lourde étant plus du double de l’artillerie alliée) place Cumberland en position d’infériorité numérique et matérielle. Il compte pour compenser sur le terrain, qu’il choisit défensif et cloisonné.

La marche vers la Weser

Cumberland renonce d’emblée à défendre la ligne du Rhin, à l’ouest, pour se replier derrière la Weser. Ce choix contraint les Prussiens à évacuer leur place forte de Wesel et à abandonner la ligne de la Lippe dès le mois d’avril. Le duc concentre d’abord ses forces à Bielefeld, marque un temps d’arrêt à Brackwede, puis franchit la Weser au sud de Minden. Son idée directrice est d’utiliser la rivière et le chapelet de places fortes qui la jalonnent (Hamelin, Minden, Nienbourg, Brême) comme une barrière naturelle interdisant le passage aux Français.

Cette barrière présente toutefois une faille saisonnière décisive. Entre Münden et Hamelin, le niveau de la Weser peut descendre en été jusqu’à environ 80 centimètres, ce qui la rend guéable pour l’infanterie et la cavalerie, l’artillerie devant en revanche être passée par bacs. D’Estrées exploite précisément cette faiblesse.

Pendant la nuit du 7 juillet, une forte avant-garde française traverse la Weser aux abords de Beverungen, du côté de Blankenau, puis remonte la rive orientale et établit une tête de pont à Höxter. Le gros de l’armée franchit la rivière le 16 juillet. L’aile gauche du duc de Broglie demeure d’abord sur la rive occidentale pour couvrir les communications. Parallèlement, des détachements français élargissent la conquête : Emden, point d’accès britannique important sur la mer du Nord, est pris le 3 juillet ; Cassel tombe le 15 juillet.

Une fois l’armée française passée sur la rive gauche de la Weser, Cumberland n’a plus d’autre choix que de déployer ses troupes au sud d’Hamelin et d’accepter le combat, sans pouvoir compter sur le renfort prussien.

Le terrain

Le champ de bataille s’étend au sud-est d’Hamelin, autour du village de Hastenbeck, sur la rive gauche de la Weser. C’est un espace cloisonné, encadré au sud par les hauteurs boisées du Hellberg, à l’est par le massif du Schecken, à l’ouest par la Weser, et au nord par la rivière Hamel et son affluent la Remte. Les vues et récits d’époque décrivent un terrain difficile, coupé de ravins, de ruisseaux marécageux et de bois, peu propice aux grandes charges de cavalerie.

Cumberland articule sa position d’ouest en est. Son aile droite s’appuie sur la Hamel et se protège derrière le cours marécageux du ruisseau de Hastenbach. Le centre se déploie au nord du village de Hastenbeck, avec une batterie installée sur une hauteur dominant la localité. L’aile gauche comprend deux batteries retranchées, l’une au nord de la butte du Schmiedebrink, l’autre au nord-ouest de Voremberg, chacune protégée par des bataillons de grenadiers. Le flanc gauche extrême s’ancre sur l’Obensburg, colline boisée que le duc juge infranchissable par des troupes en ordre serré. En conséquence, il ne la défend que faiblement, avec trois compagnies de chasseurs déployées au sommet. Cette appréciation du terrain constituera son erreur majeure : le flanc gauche allié se trouve, de fait, en l’air.

De son côté, d’Estrées observe l’ensemble du dispositif depuis la hauteur du Bückeberg. Il constate que le ruisseau de Hastenbach gêne sérieusement toute progression contre l’aile droite adverse, et qu’une attaque frontale au centre, entre Hastenbeck et les pentes boisées de l’Obensburg, serait très coûteuse tant que la puissante batterie du secteur (le Kässiegsgrund) n’aurait pas été réduite au silence.

Le premier contact : la journée du 25 juillet

Les deux armées entrent en contact au matin du 25 juillet devant Hastenbeck. D’Estrées ordonne aussitôt à Chevert, qui commande l’aile droite, d’engager les troupes hanovriennes et de s’emparer du village de Voremberg. L’assaut échoue : Chevert ne parvient pas à déloger l’adversaire. Comme l’aile gauche du duc de Broglie achève encore de franchir la Weser près d’Hamelin, d’Estrées renonce à livrer bataille ce jour-là et reporte l’attaque au lendemain, le temps de rassembler l’ensemble de ses forces.

Cet échec du 25 juillet n’est toutefois pas stérile pour les Français. Il révèle un point faible dans le dispositif de Cumberland : il est possible de manœuvrer dans le dos de l’aile gauche alliée en empruntant une croupe située à l’est de Voremberg, qui conduit au Butebrink, et de là au sommet de l’Obensburg. Cette observation fonde le plan du lendemain.

Dans la soirée du 25 juillet, d’Estrées arrête son dispositif d’attaque. L’effort principal reposera sur un mouvement tournant contre l’aile gauche alliée, combiné à une pression générale sur le centre et le village de Hastenbeck.

Chevert reçoit la mission de s’emparer de l’Obensburg. Il dispose pour cela des brigades de Picardie, de Navarre et de La Marine (les sources ajoutent la brigade d’Eu à cette colonne de flanquement[1]), de 12 compagnies de grenadiers et d’un écran de troupes légères. Son attaque doit se déclencher à 09 h 00. L’aile droite, elle, doit s’ébranler dès 08 h 30 en direction de Voremberg, puis longer la lisière du bois vers les positions alliées. Pendant que l’aile droite assaille ces positions, le centre et l’aile gauche doivent progresser contre Hastenbeck.

L’artillerie, qui a déjà établi sa supériorité sur les pièces alliées, ouvrira le feu dès le point du jour pour réduire au silence les batteries adverses. Le terrain accidenté choisi par Cumberland interdisant les charges, toute la cavalerie est maintenue en réserve à l’extrême gauche et derrière le centre avec pour consigne d’appuyer l’infanterie et de déboucher dans la plaine une fois l’attaque principale portée.

La bataille du 26 juillet

L’ouverture : le feu d’artillerie et l’incendie de Hastenbeck

À l’aube, l’artillerie française ouvre le feu conformément au plan. Sa supériorité numérique et de calibre s’affirme rapidement : les batteries alliées sont contrebattues. Le petit détachement allié tenant Hastenbeck évacue le village, que l’artillerie française embrase peu après. La localité sera presque entièrement détruite au cours de la journée ; seuls l’église, le presbytère et une ferme échapperont aux flammes.

Le mouvement tournant de Chevert sur l’Obensburg

Chevert entame sa marche de flanc à l’aube avec ses quatre brigades. Vers 9 heures, sa colonne aborde l’Obensburg en trois colonnes de bataillons, la colonne de droite pointée sur le sommet. Le mouvement réussit : les trois compagnies de chasseurs qui gardent la hauteur sont vite accrochées dans un combat de tir puis au corps à corps, et débordées.

Lorsque Cumberland comprend que sa position est menacée à revers, il ne peut plus qu’ordonner à ses réserves stationnées à Diedersen de tenter de reprendre l’Obensburg. Il fait porter l’ordre par le capitaine du Plat aux colonels von Dachenhausen et von Breidenbach, postés au défilé au nord du Schecken, pour qu’ils avancent par Diedersen et attaquent les Français sur les hauteurs de Voremberg. Surtout, plusieurs bataillons de grenadiers qui protégeaient les batteries de Voremberg et du Schmiedebrink sont attirés dans le combat de l’Obensburg. Ils ne seront plus disponibles pour couvrir le centre au moment où s’y portent les attaques françaises principales . conséquence en chaîne qui pèsera lourd dans la suite de l’action.

Les attaques contre Voremberg et le centre

Une fois Chevert engagé sur l’Obensburg, le marquis d’Armentières lance son attaque contre Voremberg avec quatre brigades d’infanterie, renforcées de la brigade suisse de Reding et de quatre régiments de dragons mis à pied. Au centre, Contades franchit la butte du Schmiedebrink avec les brigades d’Orléans, de Vaubécourt, du Lyonnais et de Mailly, progressant vers les ravins situés entre l’Obensburg et Hastenbeck, et donne l’assaut à la batterie établie immédiatement au nord de la hauteur. La première ligne de l’aile gauche, conduite par Guerchy et Saint-Pern, avance de son côté en trois colonnes contre le village de Hastenbeck. D’épais nuages de poussière masquent une partie de ces mouvements tout en révélant l’avance générale de la ligne française.

La grande batterie alliée oppose une résistance sérieuse. Elle repousse plusieurs assauts par un feu nourri, mais, privée d’une partie de ses grenadiers de couverture, elle finit par être submergée : les deux batteries du secteur sont enlevées, l’une après l’autre, faute de défenseurs en nombre suffisant.

Le double malentendu et la retraite

C’est alors que se produit l’épisode le plus singulier de la journée. L’infanterie de réserve hanovrienne conduite par Dachenhausen et Breidenbach parvient enfin sur l’Obensburg et en reprend possession. Ce retour offensif provoque un flottement dans les rangs français, au point que, dans la confusion des mouvements et de la poussière, les deux commandements se croient l’un et l’autre en train de perdre la bataille. Des ordres de repli sont amorcés dans les deux camps.

Mais Cumberland, jugeant sa position d’ensemble compromise (son flanc gauche enfoncé, son centre entamé, ses réserves consommées), a déjà entamé le retrait de son armée. La reprise ponctuelle de l’Obensburg ne peut être exploitée : isolés, Dachenhausen et Breidenbach ne peuvent s’y maintenir. Le mouvement de repli allié, entamé avant que les Français ne se ressaisissent pleinement, permet néanmoins au duc de décrocher en bon ordre, sans être sérieusement inquiété dans sa retraite.

La bataille est une victoire française, mais une victoire étroite, obtenue davantage par la manœuvre de flanc et la supériorité d’artillerie que par une rupture nette du front. Le fait que Cumberland ait pu retirer son armée à peu près intacte pèsera sur l’appréciation que l’on portera, côté français, sur la conduite de la journée.

Les pertes

Les bilans divergent selon les sources, dans des fourchettes toutefois proches. Du côté français, on retient généralement de l’ordre de 600 tués et 700 blessés, soit environ 1 300 hommes hors de combat ; certains récits parlent, en chiffres ronds, d’un millier de tués et d’autant de blessés. Du côté allié, les pertes sont estimées autour de 1 400 tués, blessés et disparus. Au total, près de 3 000 hommes seraient restés sur le terrain. Ces ordres de grandeur situent Hastenbeck parmi les batailles de la guerre de Sept Ans aux pertes relativement contenues au regard des effectifs engagés ; reflet d’un affrontement décidé par la manœuvre plus que par une longue attrition frontale.

Les conséquences

Le remplacement paradoxal de d’Estrées

Le sort de d’Estrées constitue l’un des faits les plus commentés de l’épisode. Au lendemain même de sa victoire, le maréchal est relevé de son commandement au profit du maréchal de Richelieu, vainqueur de Minorque en 1756. La décision, prise à Versailles avant la bataille dans un contexte d’intrigues de cour, arrive après le succès, donnant à ce remplacement une allure d’ironie. Richelieu reprend la stratégie initiale : achever la prise de contrôle du Hanovre, puis se tourner vers l’ouest pour prêter la main aux Autrichiens engagés contre la Prusse.

La retraite de Cumberland et la convention de Klosterzeven

Après Hastenbeck, l’armée d’observation se replie vers le nord. À mesure qu’elle recule entre la Weser et l’Elbe, jusqu’à Stade, son moral se dégrade et sa cohésion se relâche. Acculé, Cumberland demande un armistice à Richelieu, qui le lui accorde.

La convention de Klosterzeven (également écrite Kloster Zeven) est signée dans les premiers jours de septembre 1757 — les sources divergent sur la date exacte, généralement située entre le 8 et le 10 septembre, l’acte étant conclu du côté de Bremervörde. Réduite à quelques articles, elle prévoit un armistice sous vingt-quatre heures, le renvoi des troupes auxiliaires de Hesse, de Brunswick, de Saxe-Gotha et de Lippe dans leurs foyers, le retrait de l’armée hanovrienne au-delà de l’Elbe, une garnison pouvant être maintenue à titre exceptionnel dans la place de Stade, et le repli des unités détachées. Elle consacre l’occupation du Hanovre par les Français.

La répudiation britannique et le retournement de 1758

La convention est de courte portée politique. Cumberland avait agi sur des instructions privées de son père George II, mais le gouvernement britannique désavoue l’accord et refuse de le ratifier. Le duc est rappelé et se retire des affaires militaires. Le commandement de l’armée alliée, reconstituée, passe alors à Ferdinand de Brunswick, qui reprend l’offensive et renverse la situation en 1758, chassant les Français d’une partie de leurs conquêtes. Hastenbeck n’aura donc pas eu les effets durables que la victoire française semblait promettre à l’été 1757.

L’affaire d’Hastenbeck

La bataille laisse enfin une trace singulière dans l’histoire militaire et politique française à travers ce que l’on a appelé « l’affaire d’Hastenbeck ». En mai 1758, le tribunal des maréchaux de France est saisi d’un litige opposant d’Estrées à son ancien maréchal-général des logis, le comte de Maillebois, auteur d’un mémoire mettant systématiquement en cause la conduite de son supérieur durant la campagne de 1757. Fort du soutien de l’opinion depuis sa victoire et son remplacement, d’Estrées démontre que ce mémoire s’inscrit dans une campagne de dénigrement et souligne la part de responsabilité de Maillebois dans les fautes tactiques qui permirent à l’armée hanovrienne défaite de se replier en sûreté. Maillebois est déclaré calomniateur et suspendu de ses charges. Au-delà de la querelle d’honneurs, l’épisode est parfois lu comme l’un des premiers symptômes des tensions et des faiblesses de commandement qui affecteront l’armée française durant la guerre de Sept Ans.

NOTES

Armement utilisé : côté français

Armement utilisé : côté alliés (Hanovre, Hesse, Brunswick)

Louis Charles César Le Tellier, comte puis duc d’Estrées (1695-1771)

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