19 septembre 1980 : explosion d’un missile Titan à Damascus, dans l’Arkansas (États-Unis)
Le complexe de lancement 374-7, près de Damascus, dans le comté de Van Buren en Arkansas, abrite un Titan II, le plus gros missile balistique intercontinental jamais mis en service par les États-Unis, propulsé par des ergols hypergoliques : un carburant et un comburant qui s’enflamment spontanément au contact l’un de l’autre, stockés en permanence dans le missile en alerte.
Il porte une ogive thermonucléaire W-53, la plus puissante jamais déployée par les États-Unis sur un missile.
Le 18 septembre 1980, au cours d’une opération de maintenance de routine, un technicien laisse tomber une douille. L’outil chute d’environ 25 m, rebondit sur un support et perce le réservoir de carburant du premier étage.
Le carburant se répand dans le silo. Le personnel est évacué en début de soirée. Pendant plusieurs heures, les équipes de sécurité et le commandement du Strategic Air Command débattent de la conduite à tenir, sans procédure adaptée à ce cas de figure.
Le 19 septembre 1980, vers 03 h 00 du matin, le missile explose. La porte de fermeture du silo de 740 tonnes est projetée à une cinquantaine de mètres de hauteur et retombe à près de 200 m.
L’aviateur de première classe David Livingston est tué. Le sergent Jeff Kennedy a une jambe brisée. 21 personnes au total sont blessées par l’explosion ou au cours des opérations de secours.
L’ogive W-53 est éjectée du silo et retrouvée intacte à une trentaine de mètres de la clôture d’entrée. Ses dispositifs de sécurité ont fonctionné : il n’y a eu ni déclenchement nucléaire, ni dispersion de matière radioactive.
Le coût de remplacement du missile est évalué à plus de 225 millions de dollars, celui de la dépollution et de la démolition du site à 20 millions.
Une commission d’enquête du Congrès a conclu que le programme Titan II restait globalement fiable. La conclusion a été contestée, et le dossier a nourri deux critiques durables :
- Sur les ergols. Les Titan II fonctionnaient à l’aérozine et au peroxyde d’azote, stockables mais extrêmement toxiques et corrosifs, et dont plusieurs fuites mortelles avaient déjà eu lieu. La génération suivante (les Minuteman) utilisait des propergols solides, sans ce risque.
- Sur le secret. L’armée de l’air a longtemps refusé de confirmer la présence même d’une ogive sur le site, y compris devant les élus locaux et les secours civils qui intervenaient. La controverse a contribué à faire évoluer les règles américaines d’information en cas d’accident impliquant des armes nucléaires.
Le retrait des Titan II a été décidé peu après et achevé en 1987.

19 septembre 1356 : bataille de Poitiers.
19 septembre 1356, près de Poitiers, le roi de France est fait prisonnier sur un champ de bataille.
Tout d’abord, commençons par rétablir le rapport de forces. Les chroniqueurs de l’éqpoque ont donné à l’armée française des effectifs considérables, parfois jusqu’à 48 000 hommes. Les historiens d’aujourd’hui retiennent des chiffres nettement inférieurs. Du côté français, entre 14 000 et 16 000 combattants. Du côté anglo-gascon, environ 6 000. La supériorité française, de l’ordre de deux contre un, est réelle mais pas écrasante.
Depuis le mois d’août, Édouard de Woodstock, que l’histoire appellera le Prince Noir, conduit à travers le Berry et la Touraine une chevauchée de destruction. C’est une opération de ravage, pas de conquête : on brûle, on pille, on ruine les ressources du roi de France, et l’on rentre. Sa colonne, lourde de butin et inférieure en nombre, cherche à regagner la Gascogne.
Jean le Bon la rattrape à Nouaillé-Maupertuis, au sud de Poitiers.
Le Prince Noir, qui mesure sa situation, propose une composition. Il rendrait les places prises et le butin, et s’engagerait à une trêve de sept ans. Jean le Bon refuse. Il veut la bataille, et il la croit gagnée d’avance.
Les Anglais s’installent derrière une haie, percée de deux brèches, sur un terrain morcelé de vignes et de fossés où la cavalerie ne peut pas se déployer. Les archers sont placés de manière à battre les brèches en enfilade.
La première charge française est menée par les deux maréchaux, Clermont et Audrehem. Elle s’engouffre dans les brèches, et elle y est détruite. Ce n’est pas seulement une avant-garde perdue : c’est la cohésion de toute l’armée qui part avec elle.
Jean le Bon avait pourtant tiré une leçon de Crécy, 10 ans plus tôt. Il avait décidé que ses hommes d’armes combattraient à pied, pour ne pas offrir aux archers la cible des chevaux. La décision était juste. Elle produit l’effet inverse de celui qu’il espérait : des hommes d’armes en armure de plates, à pied, franchissant sous les flèches un terrain de haies et de vignes, avancent lentement, s’essoufflent et se disloquent. Le duc d’Orléans, voyant cela, se retire avec toute sa bataille sans avoir combattu.
La décision vient d’une manœuvre. Jean de Grailly, captal de Buch, avec environ 160 hommes, contourne largement la position française et surgit sur ses arrières sans avoir été repéré. La panique fait le reste.
Le roi combat à la hache jusqu’à l’épuisement, et se rend à un chevalier artésien passé au service anglais, Denis de Morbecque. Son plus jeune fils, Philippe, 14 ans, est capturé avec lui.
On dit souvent que le dauphin Charles, le futur Charles V, s’est enfui. C’est inexact. Son père l’avait fait éloigner du champ de bataille avant l’assaut final, avec ses frères, précisément pour préserver la succession. Il gagne Chauvigny sur ordre.
Le soir même, le roi de France et son fils soupent au premier étage du donjon du château de Chambonneau, à deux lieues du champ de bataille. Ils seront conduits à Bordeaux, puis en Angleterre.
Quel fut le bilan de cette journée ? La dépêche anglaise, celle qui a circulé dans toute l’Europe, annonce 17 comtes, 1 archevêque, 66 barons et bannerets, et 8 000 hommes d’armes tués du côté français ; contre 190 hommes d’armes et 150 archers du côté anglais. Ces chiffres « gonflés » sont une forme de propagande au XIVe siècle ; nous parlerions aujourd’hui de « guerre de l’information ». Les évaluations modernes retiennent, du côté français, environ 2 500 hommes d’armes tués et 2 à 3 000 faits prisonniers ; du côté anglo-gascon, de l’ordre de 40 hommes d’armes tués, et un nombre indéterminé mais nettement supérieur d’archers et de fantassins.
Le rachat du roi fut l’affaire de tout un règne. Les Anglais réclamèrent d’abord 4 millions d’écus d’or ; somme que les États généraux refusèrent. Le traité de Brétigny, en 1360, ramena la rançon à trois millions d’écus. Un tiers seulement fut versé du vivant de Jean le Bon. Et quand son fils Louis d’Anjou, laissé en otage, faussa sa parole et s’échappa, le roi retourna volontairement se constituer prisonnier à Londres. Il y mourut en 1364.
C’est la deuxième fois en 10 ans, après Crécy, qu’une armée française supérieure en nombre est détruite par le même dispositif. Ce sera la troisième à Azincourt, en 1415. L’explication n’est pas que les Français manquaient d’archers car ils en avaient. C’est que le tir de masse suppose une infanterie nombreuse, entraînée collectivement, et socialement valorisée. La société militaire française, organisée tout entière autour de l’homme d’armes noble, ne la produisait pas. Il faudra attendre un demi-siècle et Du Guesclin pour contourner cet écueil en refusant la bataille rangée.

19 septembre 1777 : Freeman’s Farm, première bataille de Saratoga.
Le 19 septembre 1777, dans l’État de New York, les Britanniques remportent une bataille. Et c’est cette victoire qui leur fait perdre la guerre d’Amérique.
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Le général John Burgoyne est descendu du Canada par le lac Champlain, puis par la vallée de l’Hudson. Son plan est bon sur la carte : couper la Nouvelle-Angleterre du reste des colonies insurgées, et détruire la rébellion en deux morceaux. Mais le plan suppose une jonction avec une colonne venue de New York. Cette colonne ne viendra pas. Le général Howe a choisi de marcher sur Philadelphie.
Burgoyne s’enfonce donc seul, avec une ligne de communication qui s’allonge à chaque étape, dans un pays hostile où les milices se lèvent par milliers.
Le 19 septembre, à Freeman’s Farm, près de Stillwater, il tente de tourner l’aile gauche américaine, retranchée sur les hauteurs de Bemis. Il aligne environ 6 000 hommes, britanniques et allemands. En face, Horatio Gates en a environ 7 000.
Le combat s’engage dans une clairière, et il est décidé pour une bonne part par un détail d’armement. En effet, les tirailleurs de Daniel Morgan sont équipés du fusil rayé de Pennsylvanie. Une arme lente à recharger, mais précise à bien plus grande distance que le mousquet lisse. Et ces tirailleurs font une chose que les usages européens de la guerre réprouvaient alors : ils visent délibérément les officiers et les servants de pièce. L’effet est dévastateur. Le 72e régiment britannique perd 210 hommes.
Benedict Arnold, dont le nom deviendra plus tard synonyme de trahison, mais qui est ce jour-là le meilleur officier de l’armée américaine, alimente le combat avec une liberté que son chef ne lui avait pas accordée, et tient la ligne jusqu’à la nuit. Ce qui sauve la position britannique, c’est l’arrivée tardive des troupes allemandes du baron de Riedesel sur le flanc américain.
Au soir, les Britanniques sont maîtres du terrain. Ils ont perdu environ 600 hommes, les Américains environ 300. Formellement, c’est une victoire britannique mais en réalité, c’est une catastrophe. Burgoyne a perdu le dixième de son effectif pour gagner un champ. Il ne peut pas remplacer ses pertes. Il ne peut pas se ravitailler. Et il ne peut plus se retirer sans avouer l’échec de toute la campagne. L’armée américaine, elle, grossit chaque jour des milices qui affluent.

Les deux armées restent face à face trois semaines. Le 7 octobre, Burgoyne attaque de nouveau, à Bemis Heights, et il est battu. Le 17 octobre 1777, il capitule à Saratoga avec toute son armée.
C’est cette capitulation qui décide Versailles. Jusque-là, la France armait les insurgés en sous-main, sans s’engager, parce qu’elle doutait qu’ils pussent l’emporter. Saratoga prouve que des Américains sont capables de détruire une armée britannique régulière. C’est-à-dire qu’ils constituent un allié utile, et non une aventure risquée. Le traité d’alliance franco-américain est signé le 6 février 1778. Avec lui, la guerre d’indépendance cesse d’être une insurrection coloniale et devient une guerre « mondiale ».
19 septembre 1796 : adresse d’adieu de George Washington.
Le 19 septembre 1796, un journal de Philadelphie publie une lettre qui deviendra le texte le plus cité de toute l’histoire de la politique étrangère américaine.
Ce jour-là, dans l’American Daily Advertiser de David Claypoole, paraît la lettre par laquelle George Washington annonce au peuple des États-Unis qu’il ne briguera pas un troisième mandat. Toute la presse américaine la reprend dans les jours qui suivent.
Il faut insister sur ce point, parce que l’expression « adresse d’adieu » induit en erreur. Washington n’a pas lu ce texte devant le Congrès. Il ne l’a lu devant aucune assemblée. C’est une lettre ouverte, publiée dans un journal. Une première version en avait été rédigée par James Madison en 1792, quand Washington envisageait déjà de se retirer. La rédaction finale doit beaucoup à Alexander Hamilton, travaillant sur les notes et les instructions du président.
Le texte porte 3 avertissements :
- Le premier vise l’esprit de parti, que Washington tient pour le principal facteur de dissolution d’une république.
- Le deuxième vise ce qu’il appelle le sectionnalisme — l’opposition d’intérêts entre le Nord, le Sud et l’Ouest.
- Le troisième concerne directement la politique de défense, et c’est celui qui a survécu aux deux autres. Washington ne prêche pas l’isolement. Il recommande au contraire les relations commerciales les plus larges possible avec le monde entier. Ce qu’il vise, ce sont les engagements militaires automatiques. Il faut, écrit-il, se tenir à l’écart des alliances permanentes avec quelque partie que ce soit du monde étranger, et n’y recourir qu’en cas d’urgence extraordinaire, et à titre temporaire.
Une précision : la formule la plus célèbre sur ce sujet (« des alliances enchevêtrées avec aucun ») n’est pas de Washington mais de Jefferson, dans son discours inaugural de 1801.
Pourquoi Washington écrit-il cela en 1796 ? Parce que le problème est brûlant : L’alliance franco-américaine de 1778 est encore juridiquement en vigueur. La France révolutionnaire est en guerre contre l’Angleterre. Et une partie considérable de l’opinion américaine réclame que l’on honore le traité, c’est-à-dire que l’on entre en guerre aux côtés de l’allié de la guerre d’indépendance. Washington écrit pour justifier la neutralité qu’il avait proclamée trois ans plus tôt, contre ceux qui y voyaient une trahison.
Le texte a eu une postérité qu’il n’imaginait pas. Il est lu chaque année, depuis 1896, au Sénat des États-Unis, le jour anniversaire de la naissance de Washington, par un sénateur désigné en alternance dans chacun des deux partis. Il a servi d’argument aux opposants à l’entrée en guerre de 1917. Il a servi de fondement aux lois de neutralité des années 30. Il a servi d’arme aux adversaires de l’adhésion américaine à la Société des Nations.
NOTA : Rédigé pour affranchir les États-Unis d’une alliance qui les entraînait dans les guerres européennes, il a servi, 150 ans plus tard, à retarder leur entrée dans celles qui les concernaient.
19-20 septembre 1863 : Chickamauga.
Les 19 et 20 septembre 1863, en Géorgie du Nord, se livre la bataille la plus meurtrière de tout le théâtre occidental de la guerre de Sécession. Elle se solde par une victoire confédérée. Et cette victoire coûtera aux Confédérés le théâtre entier en deux mois.
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La situation est la suivante. Le général fédéral William Rosecrans a manœuvré l’armée confédérée hors du Tennessee sans livrer bataille, et il a pris Chattanooga. C’est un objectif majeur : un nœud ferroviaire au cœur des Appalaches, et la porte de la Géorgie. Il poursuit son avance, mais son armée est dispersée en trois colonnes dans des vallées séparées par des montagnes.
En face, Braxton Bragg vient de recevoir un renfort décisif. Deux divisions du corps de James Longstreet ont été transférées de Virginie par chemin de fer, sur près de 1 000 km. C’est l’un des premiers grands mouvements stratégiques par voie ferrée de l’histoire militaire, et il donne aux Confédérés la supériorité numérique : environ 65 000 hommes contre 60 000.
La première journée, le 19 septembre, se passe en forêt dense, le long du ruisseau Chickamauga. C’est un terrain où l’artillerie ne porte pas, où l’on ne voit pas à cent mètres, et où les unités se perdent. Les attaques confédérées se succèdent toute la journée sans percer. La ligne fédérale plie et tient. Le gros des troupes de Longstreet n’arrive qu’à 23 h 00.
La décision, le lendemain, vient d’une erreur d’état-major consécutive d’un rapport inexact.
On signale à Rosecrans qu’il existe un vide dans sa ligne mais ce vide n’existe pas. Rosecrans ordonne néanmoins au général Thomas Wood de déplacer sa division pour le combler ; et ce déplacement crée un vide réel, exactement là où il n’y en avait pas. Au même instant, Longstreet lance son assaut précisément à cet endroit.
Le dispositif fédéral est coupé en deux. Un tiers de l’armée, et Rosecrans lui-même, sont emportés dans la déroute vers Chattanooga.
Ce qui sauve l’armée du Cumberland tient à un homme. Le général George Thomas rallie les débris sur deux hauteurs, Horseshoe Ridge et Snodgrass Hill, et il y tient jusqu’à la nuit ; assez longtemps pour permettre au reste de l’armée de se retirer en ordre. Ses hommes lui donneront le surnom qu’il gardera dans l’histoire : le Roc de Chickamauga.
Le bilan est effroyable. Du côté de l’Union : 16 170 hommes hors de combat, dont 1 657 tués. Du côté confédéré : 18 454, dont 2 310 tués. Soit, pour les deux camps réunis, plus de 34 000 hommes en deux jours. C’est le bilan le plus lourd de tout le théâtre occidental, et le deuxième de la guerre après Gettysburg.
Et pourtant, Bragg perd la campagne. Il ne poursuit pas et se contente d’assiéger Rosecrans dans Chattanooga. Il laisse ainsi à Washington le temps de réagir. Grant reçoit le commandement de l’ensemble du théâtre et remplace Rosecrans par Thomas. Il rouvre une ligne de ravitaillement. Et en novembre, il chasse les Confédérés des hauteurs de Missionary Ridge.
Chattanooga ouvert, la route de la Géorgie l’est aussi favorisant la marche de Sherman sur Atlanta.
Chickamauga est une victoire tactique sans exploitation, qui coûte au vainqueur plus cher qu’au vaincu, et qui lui fait perdre le théâtre en deux mois.
19 septembre 1870 : Chatillon.
Le 19 septembre 1870, une bataille se perd au sud-ouest de Paris avant même d’avoir été livrée. Et le soir de cette journée, Paris est encerclé.
Les armées allemandes achèvent de contourner la capitale par le sud pour refermer l’investissement. Le gouvernement de la Défense nationale veut les en empêcher en tenant le plateau de Châtillon, qui domine tout le sud de la ville.
L’opération est confiée au 14e corps du général Ducrot, engagé sur trois colonnes : des régiments de marche d’infanterie, des zouaves, de la cavalerie, et une artillerie nombreuse.
L’attaque part à 05 h 00 du matin. À 07 h 00, 72 canons français ouvrent le feu sur les bois tenus par les Bavarois. Ils tireront dans la journée quelque 11 000 coups. La progression est réelle jusqu’à 07 h 30, où l’artillerie allemande riposte.
Et c’est alors que tout s’effondre… sans combat. Aux premiers obus, les mobiles de la Seine, qui composent la division de droite, sont pris de panique. La division se débande. Dès 09 h 00 du matin, les troupes refluent en désordre sous la protection des forts de Montrouge et de Vanves. Le plateau est abandonné.
Les Allemands s’installent sur Châtillon, d’où leur artillerie pourra battre le sud de Paris. Et ils achèvent le jour même l’investissement de la capitale. Le siège commence. Il durera jusqu’au 28 janvier 1871.
Deux enseignements, qui vaudront pour toute la campagne :
- Le premier : la France de septembre 1870 dispose encore d’une artillerie nombreuse et de troupes de marche solides. Mais elle les mélange, dans les mêmes divisions, avec des formations improvisées dont la cohésion cède au premier feu. Or c’est la cohésion, et non le matériel, qui décide. 11 000 coups de canon n’ont servi à rien parce qu’une division a paniqué.
- Le second est plus grave. Châtillon est perdu le jour même où il aurait fallu le tenir. Après le 19 septembre, Paris ne peut plus être secouru de l’extérieur que par une armée qui n’existe pas encore — et qu’il faudra lever en province, à partir de rien, en plein hiver.
19 septembre 1914 : bombardement de la cathédrale de Reims.
L’incendie de la cathédrale de Reims par les Allemands, le 19 septembre 1914, est un évènement d’une portée considérable, à la fois par ses conséquences matérielles mais aussi par son retentissement international.
Pourtant, les premiers dégâts subis par la cathédrale sont antérieurs au 19 septembre. En effet, lors du bombardement d’intimidation que Reims connaît le 4 septembre 1914 au matin, 4 obus tombent dans les environs de la cathédrale. Leurs éclats abiment des verrières côté nord et la statuaire du portail. Un cinquième obus, lui, touche directement l’édifice au croisillon nord du transept. Mais l’intérieur de l’édifice n’est pas atteint et les dégâts extérieurs sont minimes. A partir du 14 septembre, les Allemands qui viennent d’évacuer Reims mais occupent toujours les forts qui dominent la ville, soumettent celle-ci au feu de leurs canons. Du 14 au 18 septembre, ces bombardements causent la mort d’environ 140 personnes. La cathédrale est atteinte à plusieurs reprises. Le 17 septembre, 3 obus percent la toiture aux environs de la tourelle du carillon. Le 18 septembre de nouveaux obus frappent l’édifice, tuant un gendarme français et deux des nombreux blessés allemands installés dans la cathédrale.
Le 19 septembre, le bombardement commence vers 07 h 30 du matin. Les obus proviennent des batteries allemandes installées au fort de Berru et visent particulièrement le centre de Reims. Après une courte accalmie en fin de matinée, le bombardement reprend à midi, tuant un des adjoints, le docteur Jacquin, qui sortait de l’Hôtel de Ville.
A 15 h 00, un obus touche l’échafaudage en bois de pin qui depuis mai 1913 ceinturait la tour nord de la cathédrale et l’enflamme. Vers 15 h 30, la toiture prend feu rendant l’incendie visible de loin ce qui amène les Allemands à cesser leur tir. Mais la chaleur de l’incendie met en ébullition les 400 tonnes de feuilles de plomb qui recouvrent la toiture. Le plomb fondu se répand alors sur les voûtes et coule par les gargouilles, provoquant une spectaculaire fumée couleur jaune d’or. A 15 h 50 l’échafaudage s’effondre sur le parvis, remplissant celui-ci de fumée. Quant à l’incendie de la charpente, il se poursuit jusque vers 20 h 00.
Le drame touche aussi l’intérieur de la cathédrale où sont rassemblés de nombreux blessés allemands. Cette transformation de la cathédrale en hôpital militaire remonte à une décision prise par les autorités militaires allemandes lors de la courte occupation de Reims. Le 11 septembre 15 000 bottes de paille sont amenées pour servir de couchage tandis que les chaises sont empilées dans le chœur. En même temps, un drapeau de la Croix Rouge remplace, au sommet de la tour nord, le drapeau blanc installé le 4 septembre. A la reprise de la ville, le projet allemand est repris à son compte par l’Etat-major français qui, le 16 septembre, fait regrouper dans la cathédrale les 131 blessés allemands soignés dans les hôpitaux de Reims.
Or, le 19 septembre, très vite, des flammèches venant de l’incendie de l’échafaudage communiquent le feu aux bottes de paille. Affolés, les blessés allemands tentent de sortir mais sont bloqués par quelques soldats territoriaux et une foule de quelques 300 Rémois déchaînés contre eux. Il faut l’insistance du clergé de la cathédrale et d’un capitaine de dragons français pour que les blessés allemands soient finalement évacués. Mais 14 Allemands sont morts, dont 10 qui ont tenté de fuir par la cour de l’archevêché. Au total, les bombardements du 19 septembre 1914 causent la mort de 32 personnes.
En ce qui concerne le bilan matériel, il ne reste rien de la toiture sur la nef, les transepts, le chœur, l’abside et les bas-côtés. Le clocher de l’Ange a totalement disparu. Cependant, les voûtes ont tenu même si elles ont souffert du feu. A l’intérieur, l’incendie a dégradé la pierre, en particulier les sculptures du revers du portail sud. Une grande partie du mobilier est en cendres : les tambours et les stalles du XVIIIe siècle, le tapis du sacre de Charles X, le trône archiépiscopal. Le clergé a pu cependant évacuer les objets liturgiques et le Trésor de la cathédrale au début de l’incendie. Au total, si les superstructures de la cathédrale ont résisté, l’incendie a entraîné des dommages importants et le bâtiment se trouve désormais exposé sans toiture aux intempéries.
Cet incendie, survenu au tout début de la guerre crée un choc considérable. Très vite des polémiques se développent, sur le côté intentionnel du bombardement d’une part et sur l’ampleur des dégâts d’autre part. Dès le 20 septembre 1914 le gouvernement français émet une protestation qui a un grand impact auprès des pays neutres. Du point de vue français le bombardement a été effectué en toute connaissance de cause et porte la marque de la barbarie et du vandalisme allemands. De leur côté, les Allemands tentent d’établir des contre-feux en accusant les militaires français d’avoir utilisé les tours de la cathédrale comme observatoire, ce qui justifierait leur bombardement. De même ils minimisent largement les dégâts alors que la presse française, elle, a tendance à les exagérer en écrivant que le monument n’est plus qu’un tas de ruines.
Mais l’essentiel de l’évènement est ailleurs. Il constitue un fait nouveau que rien ne raccroche à une expérience passée. Il fixe l’image de « la cathédrale martyre » et du « crime de Reims » qui bénéficieront, pendant toute la durée de la guerre, d’une médiatisation sans égal.
Source : REIMS.FR
19 septembre 1931 : début de la conquête de la Mandchourie par le Japon.
L’invasion japonaise de la Mandchourie commence le , lorsque la Mandchourie est envahie par l’Armée japonaise du Guandong, immédiatement après l’incident de Moukden. Les Japonais y forment, le , un État fantoche, appelé Mandchoukouo, qui leur est entièrement assujetti et qui perdure jusqu’en , date de l’invasion soviétique de la Mandchourie.
Immédiatement après l’explosion à l’origine de l’incident de Moukden, les Japonais cernèrent la garnison chinoise toute proche et attaquèrent les troupes qui y étaient cantonnées, sous prétexte que toute propriété du Japon devaient être protégée des assauts des troupes chinoises. Cinq cents soldats japonais s’en prirent donc à une garnison chinoise forte de quelque sept mille soldats à Beidaying. Zhang Xueliang, avec l’approbation implicite du gouvernement de Chiang Kaï-shek, avait déjà prévenu ses hommes de ne prendre part à aucun combat et de mettre les armes hors de portée des Japonais dans l’éventualité d’une invasion. Du coup, les Japonais ne rencontrèrent aucune résistance à Beidaying, et procédèrent le à l’occupation complète de la garnison et des villes principales de Moukden (Shenyang en chinois), Changchun (Tchang-Tchouen en français de l’époque), Antung (aujourd’hui Dandong), et des environs directs. Lorsque des combats eurent lieu, ce fut en général dû à des malentendus entre le gouvernement central chinois et ses troupes, qui étaient supposées avoir reçu l’ordre de ne pas résister. En quelques jours, les trois provinces du Heilongjiang, du Jilin et du Liaoning (où se situait Moukden) furent prises par les Japonais.
« Il est hors de doute que le gouvernement japonais, mis devant le fait accompli, était impuissant […]. Le Premier ministre expliqua au souverain qu’il avait ordonné à l’armée du Guandong de regagner ses bases ». De son côté, le ministre de la Guerre, Minami, envoya « un télégramme à Moukden dans lequel il approuvait l’action […] mais souhaitait aussi que l’affaire ne prît pas d’autre ampleur ». « Les activistes de l’armée du Guandong décidèrent de passer outre, et ce fut de leur propre initiative qu’ils lancèrent l’offensive contre Changchun le 20 » du mois, déclenchant l’invasion de la Mandchourie. Les militaires l’avaient emporté sur le pouvoir civil, une situation qui annonçait la pression grandissante des militaires sur les civils au cours des années trente (assassinat du Premier ministre en 1932, tentative de coup d’État du 26 février 1936), jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.
En quelques jours, les trois provinces du Heilongjiang, du Jilin et du Liaoning (où se situe Moukden) sont prises par les Japonais. Le , une conférence du gouvernement chinois se met en place. La faction de Canton du Kuomintang y insiste pour que Chiang Kaï-shek démissionne, vu la débâcle en Mandchourie et le manque de résistance sérieuse des troupes chinoises. Chiang démissionne le . Sun Ke, le fils de Sun Yat-sen, prend le poste de président de la république de Chine, et fait le vœu de défendre Jinzhou, une autre ville du Liaoning, rapidement perdue en .
« S’il ne fait aucun doute que les conspirateurs lancèrent l’incident de leur propre initiative, le gouvernement nippon, et l’empereur en personne, ne devaient pas tarder à considérer la nouvelle situation en Mandchourie avec sérénité », et à reprendre à leur compte les conséquences de l’invasion de la Mandchourie. Le , l’État du Mandchoukouo est proclamé sur le territoire de la Mandchourie. Formellement indépendant, il n’est en fait qu’un protectorat japonais. Les acteurs de l’opération furent promus, démontrant que si les conspirateurs militaires avaient agi de leur propre initiative, ils l’avaient fait dans un contexte japonais plus vaste, favorable à une politique de puissance sur le continent asiatique.
Le est finalement signé la trêve de Tanggu créant notamment une zone démilitarisée étendue jusqu’à cent kilomètres au sud de la Grande Muraille, de Pékin à Tianjin.
L’empire du Japon poursuivit sa politique expansionniste en Chine, déclenchant en 1937 la seconde guerre sino-japonaise puis en 1939 une attaque ratée contre la Mongolie pro-soviétique lors de la bataille de Khalkhin-Gol.
Le gouvernement du Mandchoukouo demeurera en place, sous contrôle japonais jusqu’en août 1945, date de l’invasion soviétique de la Mandchourie.
19 septembre 1941 : chute de Kiev.
En août 1941, la Wehrmacht est à moins de 300 km de Moscou. Hitler interrompt l’offensive centrale et détourne vers le sud le 2e groupe blindé de Guderian, contre l’avis de l’état-major, pour anéantir les armées soviétiques massées autour de Kiev et s’emparer des ressources d’Ukraine.
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La décision est l’une des plus discutées de la guerre car elle produit la plus grande victoire d’encerclement jamais obtenue mais elle coûte à l’Allemagne les semaines qui lui manqueront devant Moscou.
Guderian descend du nord, Kleist remonte du sud avec le 1er groupe blindé. Le 16 septembre 1941, leurs pointes se rejoignent près de Lokhvitsa, à environ 200 km à l’est de Kiev. 4 armées soviétiques du front du Sud-Ouest sont enfermées.
Staline avait refusé pendant des semaines l’évacuation de Kiev que réclamaient Joukov (relevé pour l’avoir proposée) et Boudienny. L’autorisation de repli n’arrive que le 17 septembre, quand la poche est déjà fermée.
Les Allemands entrent dans Kiev le 19 septembre 1941, les combats se poursuivant dans la poche jusqu’au 26.
- Sources allemandes : environ 452 700 prisonniers, 15 000 hommes seulement ayant réussi à s’échapper.
- Relevés russes : environ 700 500 pertes pour l’opération défensive de Kiev, dont plus de 616 000 tués, prisonniers ou disparus.
- Le chiffre de 665 000 prisonniers, couramment cité, provient des communiqués allemands de l’époque.
Le général Kirponos, commandant le front du Sud-Ouest, est tué le 20 septembre en tentant de percer.
Dans les jours qui suivent l’occupation, plusieurs charges placées par les Soviétiques avant leur retraite explosent dans le centre de Kiev, détruisant des bâtiments réquisitionnés par les Allemands et tuant des soldats. Les autorités d’occupation s’en servent de prétexte.
Les 29 et 30 septembre 1941, dans le ravin de Babi Yar, à la périphérie de Kiev, le Sonderkommando 4a de l’Einsatzgruppe C, commandé par Paul Blobel, appuyé par des unités SS, de police et des auxiliaires locaux, fusille 33 771 Juifs en deux jours ; chiffre donné par le rapport allemand lui-même. C’est l’un des plus grands massacres commis en un seul lieu pendant la Seconde Guerre mondiale, et l’une des plus grandes tueries par fusillade de la Shoah.
L’offensive sur Moscou (opération Typhon) ne reprend que le 2 octobre 1941. Elle s’enlise devant la capitale six semaines plus tard, arrêtée par la boue, le gel et les réserves sibériennes.
NOTA : Le débat est ouvert depuis 1945. Guderian et une grande partie des mémorialistes allemands ont soutenu que le détour de Kiev avait coûté la guerre ; d’autres ont fait valoir qu’attaquer Moscou en laissant un million d’hommes intacts sur le flanc sud eût été une faute plus grave.

19 septembre 1943 : création du régiment blindé de fusiliers-marins (RBFM).

Après le débarquement allié en Afrique du Nord en novembre 1942, la flotte française d’Afrique se trouve pour une large part immobilisée, désarmée ou sans emploi ; et Toulon s’est sabordé le 27 novembre. Des marins sans bâtiment demandent à combattre à terre.
Un bataillon de fusiliers marins est constitué à Bizerte. Le 19 septembre 1943, il est transformé en Régiment blindé de fusiliers marins et transféré à Casablanca pour y être réorganisé et équipé par les Américains.
Le noyau initial est formé de 45 fusiliers marins et de 333 officiers mariniers, quartiers-maîtres et matelots, bientôt renforcés par d’autres volontaires. Le commandement est confié au capitaine de vaisseau Maggiar, assisté du capitaine de corvette Martinet.
Le RBFM est affecté à la 2e division blindée du général Leclerc comme régiment de chasseurs de chars. Il aligne 36 tank destroyers M10, 25 automitrailleuses M3 et des semi-chenillés, répartis en quatre escadrons, avec un peloton d’ambulancières.
Les engins portent des noms de bâtiments de la Marine et de batailles navales ; usage conservé de l’origine, et l’un des traits par lesquels l’unité a marqué la 2e DB.
Débarqué en Normandie avec la 2e DB, le régiment se distingue dans la campagne de Normandie, où il détruit une soixantaine de chars allemands. Il entre dans Paris en août 1944 par plusieurs axes, participe aux combats de Dompaire en Lorraine, à Baccarat, à Phalsbourg, puis à la libération de Strasbourg et à l’enlèvement du pont de Kehl.
Le régiment est dissous après la campagne d’Allemagne, mais sa filiation continue. Ses cadres alimentent la brigade marine d’Extrême-Orient constituée en 1945, puis les divisions navales d’assaut (les dinassauts) d’Indochine entre 1947 et 1954, et les unités de fusiliers marins engagées en Algérie à partir de 1956.

19 septembre 1944 : armistice de Moscou (avec la Finlande).

Le 19 septembre 1944, la Finlande signe à Moscou l’armistice qui met fin à 3 ans de guerre contre l’Union soviétique. Les conditions sont très dures.
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La guerre dite de Continuation avait été engagée par la Finlande en juin 1941, aux côtés de l’Allemagne, pour reprendre ce que le traité de Moscou de 1940 lui avait enlevé. L’offensive soviétique de Carélie, à l’été 1944, y met fin. L’armée finlandaise a réussi à la contenir mais au prix de ses dernières réserves.
L’armistice n’est pas signé avec la seule Union soviétique. Il l’est avec l’Union soviétique et le Royaume-Uni, ce dernier étant en guerre avec la Finlande depuis décembre 1941. Andreï Jdanov signe pour les deux Alliés. Pour la Finlande signent Carl Enckell, Rudolf Walden, Erik Heinrichs et Oscar Enckell.
Sur les territoires, la Finlande confirme les cessions de 1940 : l’isthme de Carélie, la Carélie du Ladoga, la région de Salla, des îles du golfe de Finlande. Et elle cède en outre Petsamo, c’est-à-dire sa fenêtre sur l’océan Arctique, et les mines de nickel qui s’y trouvent. Au total, environ 11,5 % du territoire d’avant-guerre, soit quelque 44 000 km2.
Sur les bases : Hanko avait été louée à l’Union soviétique par le traité de 1940, et évacuée par les Soviétiques en décembre 1941, pendant la guerre. L’armistice de 1944 annule ce bail (Hanko est donc rendue) mais il lui substitue celui de Porkkala. Et l’échange est défavorable. Porkkala se trouve à une vingtaine de kilomètres d’Helsinki. Assez près pour que l’artillerie soviétique puisse battre la capitale finlandaise. Le bail est de 50 ans. L’Union soviétique y renoncera unilatéralement et rendra la zone le 26 janvier 1956.
Sur les réparations : Environ 300 millions de dollars, payables en nature sur 6 ans, et en produits industriels que la Finlande devra pour partie apprendre à fabriquer. La charge représentera une part considérable de ses exportations d’après-guerre.
Sur l’armée : démobilisation et retour au pied de paix en deux mois et demi.
Sur la politique intérieure : dissolution des organisations jugées fascistes ou pro-hitlériennes, légalisation du parti communiste, et procès des responsables de l’entrée en guerre.
Et enfin, la clause la plus lourde militairement : l’obligation d’expulser par la force les troupes allemandes stationnées dans le nord du pays.
Car cela signifie que la Finlande, qui vient tout juste de cesser le combat, doit immédiatement en ouvrir un autre ; contre son cobelligérant de la veille.
C’est la guerre de Laponie. Elle dure de septembre 1944 à avril 1945. La 20e armée de montagne allemande se replie vers la Norvège en pratiquant la terre brûlée. Rovaniemi est détruite. Les ponts sautent. Les villages brûlent. Une grande partie de la Laponie finlandaise est ruinée, et sa population évacuée.
NOTA : La Finlande est le seul cobelligérant européen de l’Allemagne qui n’ait été ni occupé, ni intégré au bloc soviétique, ni privé de ses institutions. Elle a payé pour cela un territoire, une base à portée de canon de sa capitale, des réparations écrasantes et une guerre supplémentaire. Mais elle a conservé son armée, son régime et son indépendance. L’armistice du 19 septembre 1944 est le moment où cette trajectoire se fixe. Le traité de paix définitif sera signé à Paris le 10 février 1947.
19 septembre 1958 : proclamation du GPRA.
Le FLN se dote d’un gouvernement. La France affirmait n’avoir pas d’interlocuteur : elle en a un, reconnu le jour même par 4 États.
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De Gaulle est au pouvoir depuis juin 1958. Il prépare le référendum constitutionnel du 28 septembre, auquel l’Algérie est associée, et il a lancé le 3 octobre le plan de Constantine. Sa stratégie est de traiter la question algérienne comme une affaire intérieure française, sans adversaire constitué.
Le Conseil national de la révolution algérienne décide de lui opposer un État.
Le 19 septembre 1958, au Caire, la création du Gouvernement provisoire de la République algérienne est annoncée simultanément dans plusieurs capitales.
Ferhat Abbas en est le président : pharmacien, ancien élu, modéré rallié tardivement au FLN, il est le visage le plus présentable à l’étranger.
Le gouvernement associe les principaux chefs politico-militaires :
| Fonction | Titulaire |
|---|---|
| Président du Conseil | Ferhat Abbas |
| Vice-président, Forces armées | Krim Belkacem |
| Affaires étrangères | Mohamed Lamine Debaghine |
| Intérieur | Lakhdar Bentobbal |
| Information | M’Hamed Yazid |
Cinq ministres d’État sont nommés alors qu’ils sont emprisonnés en France : Ahmed Ben Bella, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf, Mohamed Khider et Rabah Bitat ; capturés dans le détournement de leur avion en octobre 1956. Ces nominations transforment des détenus de droit commun aux yeux de Paris en membres d’un gouvernement aux yeux du monde, et elles rendent leur statut négociable.
Le jour même, le GPRA est reconnu par l’Irak, la Libye, le Maroc et la Tunisie. Suivront rapidement une vingtaine d’États d’Asie et d’Afrique, puis la Chine et plusieurs pays de l’Est. L’effet est double, militaire et diplomatique. Il donne à l’ALN un statut : ses combattants peuvent revendiquer la qualité de soldats d’un État en guerre et non de rebelles. Et il crée un interlocuteur : les négociations de Melun en 1960, puis celles d’Évian, se feront avec le GPRA.
Le GPRA connaît trois formations successives. En août 1961, Benyoucef Ben Khedda remplace Ferhat Abbas à la présidence. C’est ce troisième GPRA qui signe les accords d’Évian le 18 mars 1962.
Il sera écarté dans les mois qui suivent l’indépendance par l’état-major de l’ALN et le groupe de Tlemcen ; préfiguration d’une constante de l’Algérie indépendante : la prééminence de l’appareil militaire sur l’appareil politique issu de la guerre. Le GPRA a gagné la reconnaissance internationale et perdu le pouvoir intérieur.
19 septembre 1960 : premier appontage d’un Étendard IV M sur le porte-avions Clemenceau.
Le Clemenceau est le premier porte-avions conçu, dessiné et construit en France ; les précédents étaient des bâtiments britanniques ou américains prêtés ou rachetés. Mis sur cale à l’arsenal de Brest en novembre 1955, lancé le 21 décembre 1957, il enchaîne à partir de 1959 les essais à la mer. Son pont d’envol de 259 m comporte une piste oblique inclinée à 8 degrés, deux catapultes à vapeur Mitchell-Brown de 50 mètres capables de lancer des appareils de 12 à 15 tonnes, et 4 brins d’arrêt. Ces dispositifs, apparus dans la Royal Navy au début des années 1950, permettent à un avion qui manque les brins de remettre les gaz et de repartir sans risquer les appareils parqués à l’avant.
Les essais aviation commencent au début de 1960 avec des appareils déjà en service : les Alizé de lutte anti-sous-marine et les Aquilon, version construite sous licence du de Havilland Sea Venom britannique. Suivent des Fouga d’entraînement. Il reste à qualifier l’appareil de combat qui doit constituer l’ossature du groupe aérien.
En avril 1954, l’OTAN lance une compétition pour un chasseur tactique léger. Dassault y présente deux appareils, l’Étendard VI à moteur Bristol Orpheus et l’Étendard IV à Snecma Atar, le second financé sur fonds propres. Le prototype de l’Étendard IV vole le 24 juillet 1956. L’armée de l’Air se détourne du projet ; la Marine, elle, y voit le successeur possible de ses Aquilon et demande une version embarquée. Cinq appareils de présérie sont commandés en mai 1957 et le prototype de l’Étendard IV M vole le 21 mai 1958.
L’adaptation à l’embarquement change l’appareil en profondeur : train d’atterrissage renforcé pour encaisser des taux de chute que ne connaît aucun avion terrestre, crosse d’appontage, points d’accrochage de catapultage, voilure repliable, protection contre la corrosion. Les premiers essais de catapultage et d’appontage se déroulent en 1960 sur les installations à terre d’un centre d’essais britannique, qui reproduisent une catapulte et des brins d’arrêt sur une piste en dur. Ce que ces bancs ne reproduisent pas, c’est un pont qui roule, tangue et se dérobe, avec une piste oblique qui défile latéralement.
C’est cette épreuve que l’appareil passe en septembre 1960 au large de Brest, quelques jours après la visite du général de Gaulle à bord. Le pilote, officier de l’aéronautique navale, réussit dans la même séquence l’appontage et le catapultage, les deux manœuvres dont dépend l’emploi de l’avion. La qualification n’est pas acquise pour autant : une campagne complète est conduite en janvier 1961 sur le même bâtiment avec le deuxième prototype.
Le premier appareil de série vole le 26 juillet 1961. Les livraisons à la Marine nationale s’échelonnent du 9 décembre 1961 au 26 mai 1965 : 69 Étendard IV M d’attaque et 21 Étendard IV P de reconnaissance et de ravitaillement, sans compter les prototypes. La flottille 15F, à Hyères, reçoit ses premiers appareils le 1er juin 1962. Le Clemenceau est pour sa part admis au service actif le 22 novembre 1961 et rejoint Toulon ; son sister-ship, le Foch, mis à flot à Brest en juillet 1960, le suivra en 1963.
L’Étendard IV M sert jusqu’en 1991, remplacé par le Super-Étendard, lui-même dérivé de la cellule d’origine. La version de reconnaissance Étendard IV P reste en ligne jusqu’en 2000 et effectue les dernières missions de guerre du type au-dessus du Liban en 1983-1984, de l’ex-Yougoslavie à partir de 1993, puis du Kosovo en 1999. Quarante ans séparent le premier
19 septembre 2002 : la Côte d’Ivoire bascule…
Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, des assauts simultanés sont lancés contre des installations militaires à Abidjan, Bouaké et Korhogo. À Abidjan, les tirs d’armes automatiques éclatent devant une base de gendarmerie ; des centaines d’hommes attaquent l’état-major, la gendarmerie et les domiciles de plusieurs ministres.
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Les assaillants sont d’anciens militaires, pour beaucoup originaires du Nord, écartés de l’armée après le coup d’État de 1999 et la démobilisation qui a suivi. Ils formeront le Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire, puis les Forces nouvelles.
Pendant plusieurs heures, la nature de l’événement reste indéterminée ; mutinerie de soldes impayées, coup d’État, ou opération montée de l’extérieur.
Le général Robert Guéï est tué à Cocody, avec son épouse Rose Doudou Guéï et plusieurs membres de sa famille. Ancien chef d’état-major limogé en 1995, revenu au pouvoir à la tête de la junte après le coup d’État du 24 décembre 1999, battu par Laurent Gbagbo à la présidentielle d’octobre 2000 dont il avait contesté le résultat, il était soupçonné par le pouvoir de préparer un nouveau putsch.
Les circonstances de sa mort n’ont jamais été établies. La version officielle initiale (tué au combat à la tête des assaillants) a été abandonnée. Les enquêtes ultérieures ont mis en cause des éléments des forces de sécurité loyalistes. Son corps est resté à la morgue jusqu’à ses obsèques en août 2006.
Le ministre d’État à l’Intérieur, Émile Boga Doudou, est tué à son domicile à Abidjan. Professeur de droit public, il était en fonction depuis 2000.
Le domicile d’Alassane Ouattara est attaqué. L’ancien Premier ministre, écarté des scrutins de 2000 sur une contestation de sa nationalité, échappe aux assaillants et se réfugie à la résidence de l’ambassadeur de France, puis à l’ambassade d’Allemagne.
À Abidjan, la tentative échoue : les forces loyales reprennent le contrôle de la capitale économique au terme de combats qui font, selon les premiers bilans, au moins 80 morts parmi les militaires fidèles au gouvernement.
Mais Bouaké et Korhogo tombent, et ne seront pas reprises. Le pays se coupe en deux : le gouvernement conserve le sud et environ 60 % du territoire, les Forces nouvelles tiennent le nord.
La France déclenche l’opération Licorne dans les jours qui suivent, sur la base de l’accord de défense franco-ivoirien du 24 août 1961. La mission initiale est la protection des ressortissants étrangers ; elle devient rapidement une mission d’interposition le long d’une ligne de cessez-le-feu, puis d’appui à la force des Nations unies.
Jusqu’à 4 000 militaires français y sont engagés. L’opération durera jusqu’au 21 janvier 2015, où elle cède la place aux Forces françaises en Côte d’Ivoire.
Elle connaîtra le 6 novembre 2004 son épisode le plus grave : le bombardement par l’aviation ivoirienne de la position française de Bouaké, le 6 novembre 2004 à 13 h 15, par deux Soukhoï Su-25 de l’armée de l’air ivoirienne pilotés par des mercenaires biélorusses. 9 militaires français et un civil américain, l’agronome Robert Carsky, sont tués ; 38 militaires français sont blessés.
Sur ordre du président Jacques Chirac donné vers 14 h 15, les forces françaises détruisent au sol les moyens aériens ivoiriens, à Yamoussoukro puis à Abidjan. Les pilotes biélorusses n’ont jamais été appréhendés : jugés par contumace à Paris, ils ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité le 15 avril 2021, et de nombreuses zones d’ombre subsistent sur cette affaire.
Les accords de Linas-Marcoussis du 24 janvier 2003 organisent un gouvernement de réconciliation qui ne réunifie pas le pays. La partition dure jusqu’en 2011 et la seconde guerre civile, née de la présidentielle contestée de 2010.
19 septembre 2014 : première frappe aérienne française effectuée contre Daech (Irak).
Deux Rafale de la BA 104 (forces françaises aux EAU) délivrent 4 GBU 12 sur un bâtiment tenu par Daech dans la région de Mossoul. Cette première frappe marque le début de l’engagement français contre Daech au Levant.









