lundi 24 juin 2024

CHRONICORUM BELLI du 11 juin

11 juin – 323 : Mort d’Alexandre le Grand.

Il devient l’un des plus grands conquérants de l’histoire en prenant possession de l’immense Empire perse et en s’avançant jusqu’aux rives de l’Indus. Roi-bâtisseur, il a fondé une vingtaine de cités.


11-12 juin 1429 : bataille de Jargeau (province de l’Orléanais), entre les armées française et anglaise

La bataille a inspiré Alexandre Dumas qui dans son œuvre « Jehanne la Pucelle » (1842). Le comte de Suffolk est fait prisonnier par un simple écuyer du nom de Guillaume Renault. Il sera fait chevalier par ce dernier.

L’armée française voit à sa tête le duc Jean d’Alençon, fidèle compagnon de Jeanne d’Arc. Alors que celui-ci tablait sur la présence de près de 2 000 hommes pour la bataille, il est bientôt rejoint par les compagnies de Jean de Dunois et Florent d’Illiers, alors capitaine de Châteaudun. Il se retrouve ainsi doté d’une force militaire deux fois plus importante qu’à son origine.

Jeanne d’Arc pousse les capitaines à la marche sur Jargeau, voyant leur hésitation face à la probable présence de nombreux Anglais réfugiés à cet endroit. L’armée royale, se met alors en route vers la petite cité, dans l’idée de s’arrêter pour la nuit aux portes de la ville. Cependant, l’armée anglaise vint à la rencontre des troupes françaises les contraignant au combat. Le duc d’Alençon relate ainsi cet instant : « Ce que voyant, Jeanne, prenant son étendard, alla à l’attaque, exhortant les soldats qu’ils eussent bon courage et ils firent tant que, cette nuit-là, les soldats du roi furent logés dans les faubourgs de Jargeau. Je crois que Dieu conduisait cette affaire, car cette nuit, il n’y eut pour ainsi dire pas de garde, de sorte que si les Anglais étaient sortis de la ville, les soldats du roi eussent été en grand péril. »

Le lendemain 12 juin, la bataille s’engage de nouveau, et Jeanne d’Arc insuffle la volonté de Dieu aux troupes françaises, leur assurant la victoire : « Agissez et Dieu agira ». Peu après le début de la bataille, Jeanne d’Arc monte aux remparts en brandissant son étendard. Cependant, une pierre vient la frapper à la tête et provoque sa chute, mais portée par sa détermination elle se relève et exhorte ses compagnons. En plein combat, le comte de Suffolk demande à être entendu afin d’obtenir une trêve, mais l’heure des demandes est trop tardive et dans un irrésistible élan, les Français s’emparent de Jargeau puis se lancent à la poursuite des Anglais. Alors que le comte de Suffolk est fait prisonnier, ses troupes se replient en désordre sur Meung-sur-Loire et Beaugency. Ces dernières places tomberont quelques jours après.

Le , au cœur de la plaine de Beauce, Jeanne d’Arc disposera ses troupes en ordre de bataille et remportera une nouvelle victoire à Patay.

Statue de Jeanne d’Arc, blessée, sur la place du Martroi à Jargeau.

11 juin 1430 : bataille d’Anthon.

Les Bourguignons (4 000 soldats) alliés au duc de Savoie Amédée VIII s’infiltrent en Dauphiné pour l’arracher au royaume de France. Le gouverneur Raoul de Gaucourt, renseigné sur la progression et le nombre de l’ennemi sait qu’il permettra la survie de ses 1600 hommes s’il attaque par surprise et de manière non conventionnelle. Les Bourguignons marchant sur le château de Colombier doivent traverser le Bois des Franchises sur un axe étroit ne permettant aucun déploiement de leurs cavaliers : c’est là que Gaucourt dispose en embuscade ses archers et bombardes (venues de Crémieux). Insuffisamment renseignés et trop sûr de leurs forces, les Bourguignons négligent de reconnaître l’axe de progression. Ils tombent dans une série d’embuscades tout le long du chemin et se font décimer. Les troupes dauphinoises accentuent la panique des Bourguignons en faisant croire à une supériorité numérique écrasante (hurlements dans les bois). Le Dauphiné reste au Royaume de France.


11 juin 1837 : inauguration de la galerie des batailles (Château de Versailles).

Le roi Louis-Philippe inaugure la galerie qui regroupe parmi les plus belles toiles représentant les grandes batailles françaises, de Tolbiac (496) à Wagram (1809).

Cette galerie mesure 120 mètres de long sur treize de large et occupe la longueur du premier étage de l’aile du midi : il s’agit de la plus grande pièce du château.

La galerie contient de vastes tableaux représentant les grands événements militaires de l’histoire de France. Quelques-uns qui existaient déjà mais la plupart ont été exécutés sur commande expresse. Les architectes Pierre-François-Léonard Fontaine et Frédéric Nepveu ont créé le décor solennel. Une large corniche soutient une voûte à caissons peints et des entablements supportés par des colonnes corinthiennes scandent la longueur de la galerie. Sur seize tables de bronze sont inscrits les noms des princes, amiraux, connétables, maréchaux, grands guerriers tués ou blessés à mort en combattant pour la France.

Les bustes sont placés sur des gaines entre les tableaux et contre les colonnes.

Les tableaux couvrent quatorze siècles de l’histoire de France, depuis la bataille de Tolbiac, livrée par Clovis en 496, jusqu’à celle de Wagram, remportée par Napoléon 1er en 1809.


11 juin 1885 : mort de l’amiral Courbet (à bord du Bayard au large de l’actuelle Taiwan).

Polytechnicien et amiral commandant l’escadre d’Extrême-Orient. L’amiral Courbet est l’avant-dernier Français à avoir remporté une bataille navale, en février 1885 (combat de Shipu).

Il se distingue particulièrement durant l’expédition du Tonkin au commandement de la « Division navale des côtes du Tonkin » (1883), puis au corps expéditionnaire du Tonkin (1883-1884) et enfin comme commandant en chef de l’escadre d’Extrême-Orient (1884-1885) durant la guerre franco-chinoise.


11 juin 1893 : Naissance de Jules-André Peugeot,

militaire français (44e RI). Il est le premier mort militaire français de la Grande Guerre. Tué à 21 ans le 2 août 1914 à Joncherey.

Face à la menace de guerre, le gouvernement français mobilise ses troupes mais pour éviter toute provocation, leur enjoint de rester à 10 km de la frontière. Le  au matin, le caporal Peugeot et quatre de ses hommes sont en mission de surveillance et arrivent à la maison de Monsieur et Madame Docourt. Le couple vit ici avec ses deux fils, leur fille Adrienne Nicolet et sa petite Fernande sont aussi présentes.

Ils prennent une collation quand la fille du propriétaire, partie chercher de l’eau, revient effrayée en criant « Les Prussiens ! Voilà les Prussiens ! »

Il s’agit d’un détachement de reconnaissance allemand de huit hommes du 5e régiment de chasseurs à cheval de Mulhouse, commandé par le lieutenant Albert Mayer, 22 ans, qui progresse vers Joncherey en venant de Faverois après avoir violé la frontière française.

Commandant une escouade de la 6e compagnie du 2e bataillon du 44e régiment d’infanterie de Lons-le-Saunier, la mission du caporal Peugeot est de faire barrage et d’empêcher la progression du détachement allemand.

Après avoir sabré, sans la tuer, la sentinelle française postée en avant de l’escouade, Mayer tire trois fois en direction de Peugeot. Bien que blessé par la deuxième balle, le caporal français riposte et atteint le cavalier d’une balle dans le ventre. Revenant sur ses pas, le caporal Peugeot s’affaisse devant la maison des Docourt et meurt à 10 h 07. Quant à l’officier allemand, il est entre-temps atteint d’une seconde balle française qui le frappe mortellement à la tête.

Les deux soldats sont le premier mort militaire français et le premier mort militaire allemand d’une guerre qui ne commença officiellement que le lendemain , jour de la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France.


11 juin 1917 : Naissance de Jean Sassi, officier des renseignements français.

Le colonel Jean Sassi, commandeur de la Légion d’honneur, fut décoré de treize titres de guerre, dont cinq étrangers. En 2008, quelques mois avant sa mort, il s’était confié au journaliste Jean-Louis Tremblais pour dévoiler dans l’ouvrage Opérations spéciales, 20 ans de guerres secrètes son extraordinaire parcours au sein des Jedburghs, de la Force 136, ou encore comme chef de maquis autochtones en Indochine. Spécialiste incontesté de la guerre contre-révolutionnaire et non orthodoxe, le colonel Sassi était ancien président d’honneur de l’Association nationale des anciens du 11e Choc. Il est décédé le 9 janvier 2009.

« Le colonel Sassi, une haute et noble figure de notre génération de Soldats, sait mieux que quiconque ce que furent nos aventures et nos drames. » (Hélie de Saint Marc).


11 juin 1942 : sortie de vive force de Bir Hakeim (Libye).

Du 27 mai au 10 juin, la brigade du général Koenig (3 600 hommes) résiste aux assauts et aux bombardements de Rommel et permet ainsi aux Britanniques de la 8e armée d’achever leur repli et de se reconditionner en Egypte. En s’obstinant à prendre Bir Hakeim qui n’a pourtant pas de caractère stratégique particulier, Rommel perd un temps précieux et surtout commet l’erreur de mettre en évidence la valeur au combat des Français libres. Dans la nuit du 10 au 11 juin, la brigade française démine un couloir de 40 mètres de large dans le périmètre défensif et commence son évacuation du camp retranché. Les Allemands détectent très vite la sortie et déclenchent un déluge de feu qui ne parvient cependant pas à arrêter la sortie. La bataille donne lieu à d’innombrables actes de courage. 2100 soldats gagnent les lignes britanniques distantes de 7 km. Le retentissement de ce fait d’armes est international et salué par toutes les radios alliées qui focalisent depuis deux semaines sur la résistance française inattendue à Bir Hakeim. Le général de Gaulle envoie immédiatement un message de félicitations à Koenig.


11 juin 1948 : résolution Vandenberg (États-Unis – Washington).

Le Sénat américain en votant cette résolution permet aux États-Unis d’intégrer l’alliance des États signataires du Traité de Bruxelles et donne un coup d’accélérateur décisif à la future OTAN. Le traité de l’Atlantique Nord sera signé moins d’un an plus tard (4 avril 1949).

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