19 septembre 1356 : bataille de Poitiers.
19 septembre 1356, près de Poitiers, le roi de France est fait prisonnier sur un champ de bataille.
Tout d’abord, commençons par rétablir le rapport de forces. Les chroniqueurs de l’éqpoque ont donné à l’armée française des effectifs considérables, parfois jusqu’à 48 000 hommes. Les historiens d’aujourd’hui retiennent des chiffres nettement inférieurs. Du côté français, entre 14 000 et 16 000 combattants. Du côté anglo-gascon, environ 6 000. La supériorité française, de l’ordre de deux contre un, est réelle mais pas écrasante.
Depuis le mois d’août, Édouard de Woodstock, que l’histoire appellera le Prince Noir, conduit à travers le Berry et la Touraine une chevauchée de destruction. C’est une opération de ravage, pas de conquête : on brûle, on pille, on ruine les ressources du roi de France, et l’on rentre. Sa colonne, lourde de butin et inférieure en nombre, cherche à regagner la Gascogne.
Jean le Bon la rattrape à Nouaillé-Maupertuis, au sud de Poitiers.
Le Prince Noir, qui mesure sa situation, propose une composition. Il rendrait les places prises et le butin, et s’engagerait à une trêve de sept ans. Jean le Bon refuse. Il veut la bataille, et il la croit gagnée d’avance.
Les Anglais s’installent derrière une haie, percée de deux brèches, sur un terrain morcelé de vignes et de fossés où la cavalerie ne peut pas se déployer. Les archers sont placés de manière à battre les brèches en enfilade.
La première charge française est menée par les deux maréchaux, Clermont et Audrehem. Elle s’engouffre dans les brèches, et elle y est détruite. Ce n’est pas seulement une avant-garde perdue : c’est la cohésion de toute l’armée qui part avec elle.
Jean le Bon avait pourtant tiré une leçon de Crécy, 10 ans plus tôt. Il avait décidé que ses hommes d’armes combattraient à pied, pour ne pas offrir aux archers la cible des chevaux. La décision était juste. Elle produit l’effet inverse de celui qu’il espérait : des hommes d’armes en armure de plates, à pied, franchissant sous les flèches un terrain de haies et de vignes, avancent lentement, s’essoufflent et se disloquent. Le duc d’Orléans, voyant cela, se retire avec toute sa bataille sans avoir combattu.
La décision vient d’une manœuvre. Jean de Grailly, captal de Buch, avec environ 160 hommes, contourne largement la position française et surgit sur ses arrières sans avoir été repéré. La panique fait le reste.
Le roi combat à la hache jusqu’à l’épuisement, et se rend à un chevalier artésien passé au service anglais, Denis de Morbecque. Son plus jeune fils, Philippe, 14 ans, est capturé avec lui.
On dit souvent que le dauphin Charles, le futur Charles V, s’est enfui. C’est inexact. Son père l’avait fait éloigner du champ de bataille avant l’assaut final, avec ses frères, précisément pour préserver la succession. Il gagne Chauvigny sur ordre.
Le soir même, le roi de France et son fils soupent au premier étage du donjon du château de Chambonneau, à deux lieues du champ de bataille. Ils seront conduits à Bordeaux, puis en Angleterre.
Quel fut le bilan de cette journée ? La dépêche anglaise, celle qui a circulé dans toute l’Europe, annonce 17 comtes, 1 archevêque, 66 barons et bannerets, et 8 000 hommes d’armes tués du côté français ; contre 190 hommes d’armes et 150 archers du côté anglais. Ces chiffres « gonflés » sont une forme de propagande au XIVe siècle ; nous parlerions aujourd’hui de « guerre de l’information ». Les évaluations modernes retiennent, du côté français, environ 2 500 hommes d’armes tués et 2 à 3 000 faits prisonniers ; du côté anglo-gascon, de l’ordre de 40 hommes d’armes tués, et un nombre indéterminé mais nettement supérieur d’archers et de fantassins.
Le rachat du roi fut l’affaire de tout un règne. Les Anglais réclamèrent d’abord 4 millions d’écus d’or ; somme que les États généraux refusèrent. Le traité de Brétigny, en 1360, ramena la rançon à trois millions d’écus. Un tiers seulement fut versé du vivant de Jean le Bon. Et quand son fils Louis d’Anjou, laissé en otage, faussa sa parole et s’échappa, le roi retourna volontairement se constituer prisonnier à Londres. Il y mourut en 1364.
C’est la deuxième fois en 10 ans, après Crécy, qu’une armée française supérieure en nombre est détruite par le même dispositif. Ce sera la troisième à Azincourt, en 1415. L’explication n’est pas que les Français manquaient d’archers car ils en avaient. C’est que le tir de masse suppose une infanterie nombreuse, entraînée collectivement, et socialement valorisée. La société militaire française, organisée tout entière autour de l’homme d’armes noble, ne la produisait pas. Il faudra attendre un demi-siècle et Du Guesclin pour contourner cet écueil en refusant la bataille rangée.

19 septembre 1777 : Freeman’s Farm, première bataille de Saratoga.
Le 19 septembre 1777, dans l’État de New York, les Britanniques remportent une bataille. Et c’est cette victoire qui leur fait perdre la guerre d’Amérique.
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Le général John Burgoyne est descendu du Canada par le lac Champlain, puis par la vallée de l’Hudson. Son plan est bon sur la carte : couper la Nouvelle-Angleterre du reste des colonies insurgées, et détruire la rébellion en deux morceaux. Mais le plan suppose une jonction avec une colonne venue de New York. Cette colonne ne viendra pas. Le général Howe a choisi de marcher sur Philadelphie.
Burgoyne s’enfonce donc seul, avec une ligne de communication qui s’allonge à chaque étape, dans un pays hostile où les milices se lèvent par milliers.
Le 19 septembre, à Freeman’s Farm, près de Stillwater, il tente de tourner l’aile gauche américaine, retranchée sur les hauteurs de Bemis. Il aligne environ 6 000 hommes, britanniques et allemands. En face, Horatio Gates en a environ 7 000.
Le combat s’engage dans une clairière, et il est décidé pour une bonne part par un détail d’armement. En effet, les tirailleurs de Daniel Morgan sont équipés du fusil rayé de Pennsylvanie. Une arme lente à recharger, mais précise à bien plus grande distance que le mousquet lisse. Et ces tirailleurs font une chose que les usages européens de la guerre réprouvaient alors : ils visent délibérément les officiers et les servants de pièce. L’effet est dévastateur. Le 72e régiment britannique perd 210 hommes.
Benedict Arnold, dont le nom deviendra plus tard synonyme de trahison, mais qui est ce jour-là le meilleur officier de l’armée américaine, alimente le combat avec une liberté que son chef ne lui avait pas accordée, et tient la ligne jusqu’à la nuit. Ce qui sauve la position britannique, c’est l’arrivée tardive des troupes allemandes du baron de Riedesel sur le flanc américain.
Au soir, les Britanniques sont maîtres du terrain. Ils ont perdu environ 600 hommes, les Américains environ 300. Formellement, c’est une victoire britannique mais en réalité, c’est une catastrophe. Burgoyne a perdu le dixième de son effectif pour gagner un champ. Il ne peut pas remplacer ses pertes. Il ne peut pas se ravitailler. Et il ne peut plus se retirer sans avouer l’échec de toute la campagne. L’armée américaine, elle, grossit chaque jour des milices qui affluent.

Les deux armées restent face à face trois semaines. Le 7 octobre, Burgoyne attaque de nouveau, à Bemis Heights, et il est battu. Le 17 octobre 1777, il capitule à Saratoga avec toute son armée.
C’est cette capitulation qui décide Versailles. Jusque-là, la France armait les insurgés en sous-main, sans s’engager, parce qu’elle doutait qu’ils pussent l’emporter. Saratoga prouve que des Américains sont capables de détruire une armée britannique régulière. C’est-à-dire qu’ils constituent un allié utile, et non une aventure risquée. Le traité d’alliance franco-américain est signé le 6 février 1778. Avec lui, la guerre d’indépendance cesse d’être une insurrection coloniale et devient une guerre « mondiale ».
19 septembre 1796 : adresse d’adieu de George Washington.
Le 19 septembre 1796, un journal de Philadelphie publie une lettre qui deviendra le texte le plus cité de toute l’histoire de la politique étrangère américaine.
Ce jour-là, dans l’American Daily Advertiser de David Claypoole, paraît la lettre par laquelle George Washington annonce au peuple des États-Unis qu’il ne briguera pas un troisième mandat. Toute la presse américaine la reprend dans les jours qui suivent.
Il faut insister sur ce point, parce que l’expression « adresse d’adieu » induit en erreur. Washington n’a pas lu ce texte devant le Congrès. Il ne l’a lu devant aucune assemblée. C’est une lettre ouverte, publiée dans un journal. Une première version en avait été rédigée par James Madison en 1792, quand Washington envisageait déjà de se retirer. La rédaction finale doit beaucoup à Alexander Hamilton, travaillant sur les notes et les instructions du président.
Le texte porte trois avertissements :
- Le premier vise l’esprit de parti, que Washington tient pour le principal facteur de dissolution d’une république.
- Le deuxième vise ce qu’il appelle le sectionnalisme — l’opposition d’intérêts entre le Nord, le Sud et l’Ouest.
- Le troisième concerne directement la politique de défense, et c’est celui qui a survécu aux deux autres. Washington ne prêche pas l’isolement. Il recommande au contraire les relations commerciales les plus larges possible avec le monde entier. Ce qu’il vise, ce sont les engagements militaires automatiques. Il faut, écrit-il, se tenir à l’écart des alliances permanentes avec quelque partie que ce soit du monde étranger, et n’y recourir qu’en cas d’urgence extraordinaire, et à titre temporaire.
Une précision, au passage, parce que la confusion est constante. La formule la plus célèbre sur ce sujet (« des alliances enchevêtrées avec aucun ») n’est pas de Washington. Elle est de Jefferson, dans son discours inaugural de 1801.
Pourquoi Washington écrit-il cela en 1796 ? Parce que le problème est brûlant. L’alliance franco-américaine de 1778 est encore juridiquement en vigueur. La France révolutionnaire est en guerre contre l’Angleterre. Et une partie considérable de l’opinion américaine réclame que l’on honore le traité, c’est-à-dire que l’on entre en guerre aux côtés de l’allié de la guerre d’indépendance. Washington écrit pour justifier la neutralité qu’il avait proclamée trois ans plus tôt, contre ceux qui y voyaient une trahison.
Le texte a eu une postérité qu’il n’imaginait pas. Il est lu chaque année, depuis 1896, au Sénat des États-Unis, le jour anniversaire de la naissance de Washington, par un sénateur désigné en alternance dans chacun des deux partis. Il a servi d’argument aux opposants à l’entrée en guerre de 1917. Il a servi de fondement aux lois de neutralité des années trente. Il a servi d’arme aux adversaires de l’adhésion américaine à la Société des Nations.
C’est là le destin paradoxal de ce document, et c’est ce qui lui donne sa place dans une chronique militaire. Rédigé pour affranchir les États-Unis d’une alliance qui les entraînait dans les guerres européennes, il a servi, cent cinquante ans plus tard, à retarder leur entrée dans celles qui les concernaient.
19-20 septembre 1863 : Chickamauga.
Les 19 et 20 septembre 1863, en Géorgie du Nord, se livre la bataille la plus meurtrière de tout le théâtre occidental de la guerre de Sécession. Elle se solde par une victoire confédérée. Et cette victoire coûtera aux Confédérés le théâtre entier en deux mois.
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La situation est la suivante. Le général fédéral William Rosecrans a manœuvré l’armée confédérée hors du Tennessee sans livrer bataille, et il a pris Chattanooga. C’est un objectif majeur : un nœud ferroviaire au cœur des Appalaches, et la porte de la Géorgie. Il poursuit son avance, mais son armée est dispersée en trois colonnes dans des vallées séparées par des montagnes.
En face, Braxton Bragg vient de recevoir un renfort décisif. Deux divisions du corps de James Longstreet ont été transférées de Virginie par chemin de fer, sur près de 1 000 km. C’est l’un des premiers grands mouvements stratégiques par voie ferrée de l’histoire militaire, et il donne aux Confédérés la supériorité numérique : environ 65 000 hommes contre 60 000.
La première journée, le 19 septembre, se passe en forêt dense, le long du ruisseau Chickamauga. C’est un terrain où l’artillerie ne porte pas, où l’on ne voit pas à cent mètres, et où les unités se perdent. Les attaques confédérées se succèdent toute la journée sans percer. La ligne fédérale plie et tient. Le gros des troupes de Longstreet n’arrive qu’à 23 h 00.
La décision, le lendemain, vient d’une erreur d’état-major consécutive d’un rapport inexact.
On signale à Rosecrans qu’il existe un vide dans sa ligne mais ce vide n’existe pas. Rosecrans ordonne néanmoins au général Thomas Wood de déplacer sa division pour le combler ; et ce déplacement crée un vide réel, exactement là où il n’y en avait pas. Au même instant, Longstreet lance son assaut précisément à cet endroit.
Le dispositif fédéral est coupé en deux. Un tiers de l’armée, et Rosecrans lui-même, sont emportés dans la déroute vers Chattanooga.
Ce qui sauve l’armée du Cumberland tient à un homme. Le général George Thomas rallie les débris sur deux hauteurs, Horseshoe Ridge et Snodgrass Hill, et il y tient jusqu’à la nuit ; assez longtemps pour permettre au reste de l’armée de se retirer en ordre. Ses hommes lui donneront le surnom qu’il gardera dans l’histoire : le Roc de Chickamauga.
Le bilan est effroyable. Du côté de l’Union : 16 170 hommes hors de combat, dont 1 657 tués. Du côté confédéré : 18 454, dont 2 310 tués. Soit, pour les deux camps réunis, plus de 34 000 hommes en deux jours. C’est le bilan le plus lourd de tout le théâtre occidental, et le deuxième de la guerre après Gettysburg.
Et pourtant, Bragg perd la campagne. Il ne poursuit pas et se contente d’assiéger Rosecrans dans Chattanooga. Il laisse ainsi à Washington le temps de réagir. Grant reçoit le commandement de l’ensemble du théâtre et remplace Rosecrans par Thomas. Il rouvre une ligne de ravitaillement. Et en novembre, il chasse les Confédérés des hauteurs de Missionary Ridge.
Chattanooga ouvert, la route de la Géorgie l’est aussi favorisant la marche de Sherman sur Atlanta.
Chickamauga est une victoire tactique sans exploitation, qui coûte au vainqueur plus cher qu’au vaincu, et qui lui fait perdre le théâtre en deux mois.
19 septembre 1870 : Chatillon.
Le 19 septembre 1870, une bataille se perd au sud-ouest de Paris avant même d’avoir été livrée. Et le soir de cette journée, Paris est encerclé.
Les armées allemandes achèvent de contourner la capitale par le sud pour refermer l’investissement. Le gouvernement de la Défense nationale veut les en empêcher en tenant le plateau de Châtillon, qui domine tout le sud de la ville.
L’opération est confiée au 14e corps du général Ducrot, engagé sur trois colonnes : des régiments de marche d’infanterie, des zouaves, de la cavalerie, et une artillerie nombreuse.
L’attaque part à 05 h 00 du matin. À 07 h 00, 72 canons français ouvrent le feu sur les bois tenus par les Bavarois. Ils tireront dans la journée quelque 11 000 coups. La progression est réelle jusqu’à 07 h 30, où l’artillerie allemande riposte.
Et c’est alors que tout s’effondre… sans combat.
Aux premiers obus, les mobiles de la Seine, qui composent la division de droite, sont pris de panique. La division se débande. Dès 09 h 00 du matin, les troupes refluent en désordre sous la protection des forts de Montrouge et de Vanves. Le plateau est abandonné.
Les Allemands s’installent sur Châtillon, d’où leur artillerie pourra battre le sud de Paris. Et ils achèvent le jour même l’investissement de la capitale. Le siège commence. Il durera jusqu’au 28 janvier 1871.
Deux enseignements, qui vaudront pour toute la campagne :
- Le premier : la France de septembre 1870 dispose encore d’une artillerie nombreuse et de troupes de marche solides. Mais elle les mélange, dans les mêmes divisions, avec des formations improvisées dont la cohésion cède au premier feu. Or c’est la cohésion, et non le matériel, qui décide. 11 000 coups de canon n’ont servi à rien parce qu’une division a paniqué.
- Le second est plus grave. Châtillon est perdu le jour même où il aurait fallu le tenir. Après le 19 septembre, Paris ne peut plus être secouru de l’extérieur que par une armée qui n’existe pas encore — et qu’il faudra lever en province, à partir de rien, en plein hiver.
19 septembre 1914 : bombardement de la cathédrale de Reims.
L’incendie de la cathédrale de Reims par les Allemands, le 19 septembre 1914, est un évènement d’une portée considérable, à la fois par ses conséquences matérielles mais aussi par son retentissement international.
Pourtant, les premiers dégâts subis par la cathédrale sont antérieurs au 19 septembre. En effet, lors du bombardement d’intimidation que Reims connaît le 4 septembre 1914 au matin, 4 obus tombent dans les environs de la cathédrale. Leurs éclats abiment des verrières côté nord et la statuaire du portail. Un cinquième obus, lui, touche directement l’édifice au croisillon nord du transept. Mais l’intérieur de l’édifice n’est pas atteint et les dégâts extérieurs sont minimes. A partir du 14 septembre, les Allemands qui viennent d’évacuer Reims mais occupent toujours les forts qui dominent la ville, soumettent celle-ci au feu de leurs canons. Du 14 au 18 septembre, ces bombardements causent la mort d’environ 140 personnes. La cathédrale est atteinte à plusieurs reprises. Le 17 septembre, 3 obus percent la toiture aux environs de la tourelle du carillon. Le 18 septembre de nouveaux obus frappent l’édifice, tuant un gendarme français et deux des nombreux blessés allemands installés dans la cathédrale.
Le 19 septembre, le bombardement commence vers 7h30 du matin. Les obus proviennent des batteries allemandes installées au fort de Berru et visent particulièrement le centre de Reims. Après une courte accalmie en fin de matinée, le bombardement reprend à midi, tuant un des adjoints, le docteur Jacquin, qui sortait de l’Hôtel de Ville.
A 15 heures, un obus touche l’échafaudage en bois de pin qui depuis mai 1913 ceinturait la tour nord de la cathédrale et l’enflamme. Vers 15h30, la toiture prend feu rendant l’incendie visible de loin ce qui amène les Allemands à cesser leur tir. Mais la chaleur de l’incendie met en ébullition les 400 tonnes de feuilles de plomb qui recouvrent la toiture. Le plomb fondu se répand alors sur les voûtes et coule par les gargouilles, provoquant une spectaculaire fumée couleur jaune d’or. A 15h50 l’échafaudage s’effondre sur le parvis, remplissant celui-ci de fumée. Quant à l’incendie de la charpente, il se poursuit jusque vers 20 heures.
Le drame touche aussi l’intérieur de la cathédrale où sont rassemblés de nombreux blessés allemands. Cette transformation de la cathédrale en hôpital militaire remonte à une décision prise par les autorités militaires allemandes lors de la courte occupation de Reims. Le 11 septembre 15 000 bottes de paille sont amenées pour servir de couchage tandis que les chaises sont empilées dans le chœur. En même temps, un drapeau de la Croix Rouge remplace, au sommet de la tour nord, le drapeau blanc installé le 4 septembre. A la reprise de la ville, le projet allemand est repris à son compte par l’Etat-major français qui, le 16 septembre, fait regrouper dans la cathédrale les 131 blessés allemands soignés dans les hôpitaux de Reims.
Or, le 19 septembre, très vite, des flammèches venant de l’incendie de l’échafaudage communiquent le feu aux bottes de paille. Affolés, les blessés allemands tentent de sortir mais sont bloqués par quelques soldats territoriaux et une foule de quelques 300 Rémois déchaînés contre eux. Il faut l’insistance du clergé de la cathédrale et d’un capitaine de dragons français pour que les blessés allemands soient finalement évacués. Mais 14 Allemands sont morts, dont 10 qui ont tenté de fuir par la cour de l’archevêché. Au total, les bombardements du 19 septembre 1914 causent la mort de 32 personnes.
En ce qui concerne le bilan matériel, il ne reste rien de la toiture sur la nef, les transepts, le chœur, l’abside et les bas-côtés. Le clocher de l’Ange a totalement disparu. Cependant, les voûtes ont tenu même si elles ont souffert du feu. A l’intérieur, l’incendie a dégradé la pierre, en particulier les sculptures du revers du portail sud. Une grande partie du mobilier est en cendres : les tambours et les stalles du XVIIIe siècle, le tapis du sacre de Charles X, le trône archiépiscopal. Le clergé a pu cependant évacuer les objets liturgiques et le Trésor de la cathédrale au début de l’incendie. Au total, si les superstructures de la cathédrale ont résisté, l’incendie a entraîné des dommages importants et le bâtiment se trouve désormais exposé sans toiture aux intempéries.
Cet incendie, survenu au tout début de la guerre crée un choc considérable. Très vite des polémiques se développent, sur le côté intentionnel du bombardement d’une part et sur l’ampleur des dégâts d’autre part. Dès le 20 septembre 1914 le gouvernement français émet une protestation qui a un grand impact auprès des pays neutres. Du point de vue français le bombardement a été effectué en toute connaissance de cause et porte la marque de la barbarie et du vandalisme allemands. De leur côté, les Allemands tentent d’établir des contre-feux en accusant les militaires français d’avoir utilisé les tours de la cathédrale comme observatoire, ce qui justifierait leur bombardement. De même ils minimisent largement les dégâts alors que la presse française, elle, a tendance à les exagérer en écrivant que le monument n’est plus qu’un tas de ruines.
Mais l’essentiel de l’évènement est ailleurs. Il constitue un fait nouveau que rien ne raccroche à une expérience passée. Il fixe l’image de « la cathédrale martyre » et du « crime de Reims » qui bénéficieront, pendant toute la durée de la guerre, d’une médiatisation sans égal.
Source : REIMS.FR
19 septembre 1931 : début de la conquête de la Mandchourie par le Japon.
L’invasion japonaise de la Mandchourie commence le , lorsque la Mandchourie est envahie par l’Armée japonaise du Guandong, immédiatement après l’incident de Moukden. Les Japonais y forment, le , un État fantoche, appelé Mandchoukouo, qui leur est entièrement assujetti et qui perdure jusqu’en , date de l’invasion soviétique de la Mandchourie.
Immédiatement après l’explosion à l’origine de l’incident de Moukden, les Japonais cernèrent la garnison chinoise toute proche et attaquèrent les troupes qui y étaient cantonnées, sous prétexte que toute propriété du Japon devaient être protégée des assauts des troupes chinoises. Cinq cents soldats japonais s’en prirent donc à une garnison chinoise forte de quelque sept mille soldats à Beidaying. Zhang Xueliang, avec l’approbation implicite du gouvernement de Chiang Kaï-shek, avait déjà prévenu ses hommes de ne prendre part à aucun combat et de mettre les armes hors de portée des Japonais dans l’éventualité d’une invasion. Du coup, les Japonais ne rencontrèrent aucune résistance à Beidaying, et procédèrent le à l’occupation complète de la garnison et des villes principales de Moukden (Shenyang en chinois), Changchun (Tchang-Tchouen en français de l’époque), Antung (aujourd’hui Dandong), et des environs directs. Lorsque des combats eurent lieu, ce fut en général dû à des malentendus entre le gouvernement central chinois et ses troupes, qui étaient supposées avoir reçu l’ordre de ne pas résister. En quelques jours, les trois provinces du Heilongjiang, du Jilin et du Liaoning (où se situait Moukden) furent prises par les Japonais.
« Il est hors de doute que le gouvernement japonais, mis devant le fait accompli, était impuissant […]. Le Premier ministre expliqua au souverain qu’il avait ordonné à l’armée du Guandong de regagner ses bases ». De son côté, le ministre de la Guerre, Minami, envoya « un télégramme à Moukden dans lequel il approuvait l’action […] mais souhaitait aussi que l’affaire ne prît pas d’autre ampleur ». « Les activistes de l’armée du Guandong décidèrent de passer outre, et ce fut de leur propre initiative qu’ils lancèrent l’offensive contre Changchun le 20 » du mois, déclenchant l’invasion de la Mandchourie. Les militaires l’avaient emporté sur le pouvoir civil, une situation qui annonçait la pression grandissante des militaires sur les civils au cours des années trente (assassinat du Premier ministre en 1932, tentative de coup d’État du 26 février 1936), jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.
En quelques jours, les trois provinces du Heilongjiang, du Jilin et du Liaoning (où se situe Moukden) sont prises par les Japonais. Le , une conférence du gouvernement chinois se met en place. La faction de Canton du Kuomintang y insiste pour que Chiang Kaï-shek démissionne, vu la débâcle en Mandchourie et le manque de résistance sérieuse des troupes chinoises. Chiang démissionne le . Sun Ke, le fils de Sun Yat-sen, prend le poste de président de la république de Chine, et fait le vœu de défendre Jinzhou, une autre ville du Liaoning, rapidement perdue en .
« S’il ne fait aucun doute que les conspirateurs lancèrent l’incident de leur propre initiative, le gouvernement nippon, et l’empereur en personne, ne devaient pas tarder à considérer la nouvelle situation en Mandchourie avec sérénité », et à reprendre à leur compte les conséquences de l’invasion de la Mandchourie. Le , l’État du Mandchoukouo est proclamé sur le territoire de la Mandchourie. Formellement indépendant, il n’est en fait qu’un protectorat japonais. Les acteurs de l’opération furent promus, démontrant que si les conspirateurs militaires avaient agi de leur propre initiative, ils l’avaient fait dans un contexte japonais plus vaste, favorable à une politique de puissance sur le continent asiatique.
Le est finalement signé la trêve de Tanggu créant notamment une zone démilitarisée étendue jusqu’à cent kilomètres au sud de la Grande Muraille, de Pékin à Tianjin.
L’empire du Japon poursuivit sa politique expansionniste en Chine, déclenchant en 1937 la seconde guerre sino-japonaise puis en 1939 une attaque ratée contre la Mongolie pro-soviétique lors de la bataille de Khalkhin-Gol.
Le gouvernement du Mandchoukouo demeurera en place, sous contrôle japonais jusqu’en août 1945, date de l’invasion soviétique de la Mandchourie.
19 septembre 1943 : création du régiment blindé de fusiliers-marins (RBFM).

Le régiment blindé de fusiliers-marins (ou RBFM) est une ancienne unité de la 2e division blindée française. Il appartient aux unités de fusiliers marins qui sont des unités de marine militaire française. Le RBFM fut composé à partir de marins français, dont les navires avaient été immobilisés ou détruits, et équipé de matériel américain. Il participe à la libération de la France en 1944-1945, à la campagne d’Allemagne en 1945 puis aux premières phases de la guerre d’Indochine en 1946.

19 septembre 1944 : armistice de Moscou (avec la Finlande).
La Finlande et l’Union soviétique signèrent l’armistice de Moscou le 19 septembre 1944, mettant fin à la guerre de Continuation. Cet armistice ne doit pas être confondu avec le traité de paix de Moscou de 1940 mettant fin à la guerre d’Hiver entre les deux pays. Le traité de paix final fut signé entre la Finlande et l’URSS à Paris en 1947.
Initialement, les conditions furent à peu près similaires à ce qui avait été conclu lors du traité de paix de Moscou de 1940.
En conséquence, les conditions proposées par Moscou se révélèrent plus dures que ne l’attendaient les Finlandais :
- le versement de l’équivalent à l’URSS de 300 millions de dollars au titre des réparations de guerre (celles-ci représentent, en 1945, 61 % des exportations du pays), ainsi que la légalisation des organisations communistes finlandaises et l’interdiction des organisations que l’URSS considérait comme fascistes.
- l’obligation d’expulser les troupes allemandes hors de son territoire, ce qui conduira à la guerre de Laponie entre la Finlande et l’Allemagne nazie, de septembre 1944 à avril 1945.
- la réduction de l’armée de Finlande en deux mois et demi.
- le désarmement des troupes allemandes sur le territoire finlandais, la remise des prisonniers de guerre allemands à l’URSS et l’internement des citoyens allemands et hongrois, la rupture des relations diplomatiques avec l’Allemagne et ses alliés.
- le retour en Union soviétique de la région de Petsamo (Pechenga en russe), « volontairement cédée à la Finlande par l’État soviétique en vertu des traités de paix du 14 octobre 1920 et du 12 mars 1940 ».
- la dissolution de toutes les organisations politiques, militaires et paramilitaires pro-hitlériennes, ainsi que des autres organisations menant une propagande hostile aux Nations unies, en particulier envers l’Union soviétique.
- la levée de l’interdiction des activités des organisations communistes.
- le renvoi en URSS de tous ses citoyens (y compris les Estoniens et 60 000 habitants de l’île).
- l’identification et le jugement des criminels de guerre.
- la cession du cap Hanko, de la péninsule de Porkkala et de ses environs pendant 50 ans, pour y construire une base militaire. Cette exigence était la plus inattendue. L’URSS cherchait à contrôler le golfe ainsi que la capitale de la Finlande, située à 17 km de Porkkala. Le Premier ministre Antti Hackzell, chef de la délégation finlandaise, qui l’avait appris de Molotov quelques heures à peine avant le début des négociations, ne supporta pas cette nouvelle et fit un accident vasculaire cérébral. Hackzell fut remplacé par le ministre des Affaires étrangères Enkel.
En outre, une partie de la Carélie avait déjà été cédée à l’URSS par le traité de paix de 1940, comme la région de Salla et un certain nombre d’îles du golfe de Finlande.
La convention d’armistice fut signée le sous l’autorité des gouvernements de l’URSS et du Royaume-Uni, représentées par Andreï Jdanov, ainsi que sous l’autorité du gouvernement finlandais, représenté par Karl Enkel, Rudolf Walden, Eric Heinrichs et Oscar Enkel.
19 septembre 1980 : explosion d’un missile Titan à Damascus, dans l’Arkansas (États-Unis)
19 septembre 2014 : première frappe aérienne française effectuée contre Daech (Irak).
Deux Rafale de la BA 104 (forces françaises aux EAU) délivrent 4 GBU 12 sur un bâtiment tenu par Daech dans la région de Mossoul. Cette première frappe marque le début de l’engagement français contre Daech au Levant.









