13 août 1961 : début de la construction du Mur de Berlin

Dans la nuit du 12 au 13 août 1961, la République démocratique allemande (RDA) lance, la construction du mur de Berlin. Au petit matin, des policiers, soldats et miliciens est-allemands installent des barrages provisoires en barbelés et coupent toutes les routes d’accès entre Berlin-Est et Berlin-Ouest, bloquant ainsi les rues, les voies ferrées et les points de passage. Cette opération d’ampleur mobilise environ 14 000 à 15 000 membres des forces de l’ordre et militaires, sous la surveillance des Soviétiques qui se tiennent prêts à intervenir en cas de réaction des Alliés occidentaux.

Le choix de la date — un dimanche en plein été — vise à surprendre et à limiter la résistance de la population. Les Berlinois découvrent au réveil une ville coupée en deux, tandis que des familles et des amis se trouvent soudainement séparés, parfois seulement par quelques mètres de distance. Dans les jours et semaines qui suivent, les premières clôtures en fil de fer sont rapidement remplacées par un mur en béton et en briques. Les bâtiments en bordure de la ligne de démarcation, notamment dans la Bernauer Straße, voient leurs entrées et fenêtres murées. Certains habitants sont chassés de force de leur logement, et les quartiers voisins sont divisés du jour au lendemain.

La circulation des métros et des trains de banlieue (S-Bahn) est perturbée, plusieurs stations deviennent des « stations fantômes », uniquement traversées sans arrêt. La construction du mur vise officiellement à empêcher « l’infiltration fasciste » selon la propagande est-allemande, mais son véritable objectif est d’arrêter l’exode massif d’Allemands de l’Est vers l’Ouest : près de 3 millions d’Est-Allemands avaient déjà fui depuis la fin de la guerre.

Le mur de Berlin devient alors le symbole le plus fort de la Guerre froide et de la division de l’Allemagne et de l’Europe, isolant physiquement Berlin-Ouest comme une enclave au cœur de la RDA et bouleversant durablement la vie des Berlinois des deux côtés.

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