Dassault Aviation a signé mercredi 23 septembre, à l’ambassade de France à Lisbonne, un protocole d’accord avec l’AED Cluster Portugal, l’association qui regroupe les industries aéronautiques, spatiales et de défense du pays. L’avionneur français agissait au nom des partenaires du programme Rafale, Thales et Safran. Le texte vise à identifier des domaines de coopération possibles entre ces industriels et le tissu industriel portugais, dans la perspective du renouvellement de la flotte de F-16 de l’armée de l’air portugaise.
La cérémonie s’est tenue en présence de l’ambassadeur de France au Portugal, M. Asvazadourian. Selon Dassault Aviation, elle fait suite à la remise officielle d’une offre Rafale au gouvernement portugais et à l’armée de l’air en juillet 2026. Avec cette signature, Dassault rejoint ses rivaux : Saab (Gripen), Lockheed Martin (F-35) et Airbus (Eurofighter Typhoon) avaient déjà conclu des protocoles similaires avec l’AED Cluster Portugal. Celui d’Airbus remonte à octobre 2025.
Les F-16 portugais, en service depuis plus de 30 ans, arrivent en fin de vie, et le remplacement représente un investissement estimé entre 2,5 et 3,5 milliards d’euros, l’une des plus importantes décisions de défense de l’histoire du pays. La taille exacte de la flotte varie selon les sources : 28 appareils d’après le Jornal de Notícias, 24 F-16A/B modernisés.
Le choix de l’appareil a connu plusieurs revirements. Jusqu’au début de 2025, l’armée de l’air portugaise penchait pour le F-35, avant qu’en mars de la même année le gouvernement annonce renoncer à l’avion américain en raison de réserves sur la politique étrangère de l’administration Trump. Lisbonne a depuis assoupli sa position.
Côté calendrier, le chef d’état-major général des forces armées, le général João Cartaxo Alves, a confirmé à l’agence Lusa que le programme de remplacement sera inscrit dans la nouvelle loi de programmation militaire, dont la présentation au Parlement est prévue avant la fin de 2026. Il a souligné que l’interopérabilité au sein de l’OTAN pèsera lourd dans la décision. Le ministre de la Défense, Nuno Melo, a pour sa part promis un remplacement « prochainement ».
Fondée sur plus de 180 membres (entreprises, universités, instituts de recherche), l’AED Cluster Portugal est officiellement reconnue par le gouvernement portugais. Dassault Aviation, qui emploie environ 15 000 salariés, a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires de 7,4 milliards d’euros.
Les derniers déboires du F-35
Le rapport de la Cour des comptes américaine (GAO) de septembre 2025 indiquait que le Block 4, revu à la baisse, ne devrait être achevé qu’en 2031, soit environ cinq ans plus tard qu’initialement annoncé, et que le logiciel du TR-3 souffrait de problèmes de stabilité, au sol comme en vol, touchant notamment le radar et les écrans du cockpit. En mars 2026, une évaluation du Pentagone relayée par la presse spécialisée jugeait que le TR-3 avait été « essentiellement inutilisable » tout au long de 2024, sans apporter de nouvelle capacité de combat, les F-35 engagés au-dessus de l’Iran volant avec l’ancienne version TR-2. Les premiers appareils TR-3 aptes au combat n’ont commencé à rejoindre les escadrons qu’en 2026.
En 2024, les 110 avions livrés par Lockheed l’ont tous été en retard, de 238 jours en moyenne, et les 123 moteurs de Pratt & Whitney également. Selon le GAO, le moteur devra davantage forcer pour fournir l’énergie et le refroidissement exigés par le Block 4, ce qui représente 38 milliards de dollars de hausse du coût sur le cycle de vie.
En février 2026, des informations de presse ont fait état de F-35 récemment livrés qui entreraient en service sans radar pleinement installé, en lien avec les retards du nouveau radar APG-85. Le programme ne confirme ni ne dément, invoquant la sécurité ; un élu de la commission des forces armées de la Chambre a dit être informé mais que le sujet était classifié.
Selon l’association Citizens Against Government Waste (critique de la dépense publique), le Pentagone a lancé en 2025 un plan de 13,7 milliards de dollars jusqu’en 2031 contre la pénurie de pièces et les difficultés de maintenance, sans effet visible jusqu’ici, les taux de disponibilité ayant continué de baisser. Côté commandes américaines, le Pentagone a ramené ses achats de l’exercice 2026 à 47 appareils, soit 45 % de moins qu’en 2024.
Les taux de disponibilité de la flotte américaine a fortement chuté selon le rapport du GAO du 11 juin 2026 :
- Disponibilité pour au moins une mission (« mission capable ») : elle est passée de 67 % en 2021 à 44 % en 2025.
- Disponibilité pour toutes les missions (« full mission capable ») : elle est passée de 38 % à 25 % sur la même période. Autrement dit, environ un F-35 sur quatre peut remplir l’ensemble des missions qui lui sont assignées.
En Suisse, la tentative de négocier un prix fixe avec Lockheed Martin a échoué, et le ministre de la Défense Martin Pfister a évoqué une possible réduction de la commande de 36 appareils. L’Espagne, elle, a annoncé en août 2025 renoncer au F-35 au profit d’appareils européens, une décision présentée comme définitive
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