29 août 1350 : bataille de L’Espagnols sur Mer.
La guerre franco-anglaise, ouverte en 1337, connaît une accalmie depuis la peste de 1348-1349. Les Anglais ont accumulé les succès : L’Écluse en 1340, Crécy en 1346, la prise de Calais en 1347. La flotte française ayant été détruite à L’Écluse, Philippe VI s’en remet sur mer à ses alliés génois et castillans.
Charles de La Cerda, descendant par les hommes du roi de Castille Alphonse X et par les femmes de Saint Louis, né en France où sa branche s’était réfugiée après avoir été écartée du trône castillan, s’est fait une spécialité de la course contre le commerce anglais dans la Manche et en mer du Nord. Son oncle Louis de La Cerda avait été amiral de France.
Philippe VI meurt le 22 août 1350. Sept jours plus tard, Jean II le Bon n’a pas encore été sacré. Il ne le sera qu’à Reims, le 26 septembre. Certains historiens estiment que l’expédition anglaise visait aussi à peser sur cette transition dynastique.
Début août, La Cerda est signalé à L’Écluse, port de Bruges, à la tête d’un convoi marchand qui charge avant de repartir vers la côte basque. Édouard III décide de l’intercepter au retour. Le 28 août, il embarque à Winchelsea avec son fils Édouard de Woodstock, le futur Prince Noir, sur une cinquantaine de bâtiments. Il prend lui-même le commandement depuis le cogue Thomas. Avant l’appareillage, il a fait ordonner des prières publiques par les archevêques de Cantorbéry et d’York : l’adversaire est jugé dangereux.
Le dimanche 29 août dans l’après-midi, les 40 navires castillans sont signalés, poussés vers Winchelsea par une brise de sud-ouest. La Cerda aurait pu éviter le contact ; sa route, l’embarquement de mercenaires dans les ports flamands et sa conduite au moment de la rencontre indiquent qu’il l’a recherché.
Le choc est brutal. Le Thomas est éperonné lors d’une tentative d’abordage ; le castillan y perd son mât, l’anglais une voie d’eau qui le condamne. Édouard III enlève un autre bâtiment à l’abordage et s’y transporte tandis que son navire coule. Les navires castillans, plus hauts sur l’eau, accablent de projectiles les ponts anglais. Le navire du Prince Noir est réduit à l’état d’épave ; l’héritier doit son salut à l’intervention du comte de Lancastre, qui aborde le castillan par l’autre bord. Le grand navire du comte de Namur, qui transporte la maison du roi, est sur le point d’être entraîné à l’écart lorsqu’un valet parvient à passer à bord de l’adversaire et à couper la drisse de grand-voile, le rendant ingouvernable.
Les chiffres des chroniqueurs divergent : Froissart avance 14 navires castillans pris, d’autres 24 ou 26 ; soit, selon les versions, du tiers à près des deux tiers de la flotte de La Cerda. Les pertes anglaises sont mal connues : au minimum deux bâtiments, dont le navire amiral, et de nombreux morts. La Cerda s’échappe avec le reste de ses navires.
L’affaire n’a aucune conséquence stratégique, contrairement à L’Écluse. Sur le plan tactique non plus : le combat s’est réglé à l’abordage et à l’arme blanche, alors que l’artillerie à poudre était employée en mer depuis Arnemuiden, en 1338, et L’Écluse, en 1340.
Édouard III y gagne les surnoms de « vengeur des marchands » et de « roi de la mer ». Charles de La Cerda, fait connétable de France en 1351, est assassiné en janvier 1354 sur ordre de Charles II de Navarre.

29 août 1475 : traité de Picquigny, dernier épisode de la guerre de Cent Ans.
Édouard IV a débarqué à Calais en juillet 1475 avec une armée considérable, la plus forte qu’un roi d’Angleterre ait conduite en France, sur la promesse d’un appui de Charles le Téméraire. L’appui ne vient pas : le Bourguignon s’est épuisé devant Neuss et ne peut fournir ni troupes ni approvisionnements. L’armée anglaise s’immobilise en Picardie sans base ni ravitaillement.
Louis XI, qui préfère depuis toujours l’argent aux batailles, exploite la situation. La rencontre a lieu le 29 août à Picquigny, sur un pont aménagé en travers du fleuve et coupé en son milieu par une grille de bois ; précaution que les deux souverains jugent utile, l’assassinat de Jean sans Peur sur le pont de Montereau, en 1419, étant dans toutes les mémoires.
Les termes :
- Édouard IV rembarque son armée et renonce à son alliance bourguignonne ;
- Louis XI verse immédiatement 75 000 écus d’or, puis une pension annuelle de 50 000 écus ;
- le dauphin Charles doit épouser Élisabeth, fille aînée d’Édouard (mariage qui n’aura pas lieu, la princesse épousant finalement Henri VII) ;
- Louis XI acquitte les 50 000 écus de rançon de sa cousine Marguerite d’Anjou, veuve d’Henri VI, prisonnière à la Tour de Londres depuis 1471. René d’Anjou n’ayant pas les moyens de payer, Louis XI obtient en contrepartie la cession de l’Anjou à la couronne en l’absence d’héritier mâle. Libérée le 29 janvier 1476, Marguerite se retire à Aix, où elle meurt en 1482.
Chacun sauve la face : Édouard IV présente les versements comme un tribut, Louis XI comme une pension accordée à un vassal.
Picquigny est une trêve de 7 ans, non un traité de paix perpétuelle, et les rois d’Angleterre continueront de porter le titre de roi de France jusqu’en 1801. La fin militaire du conflit est plus généralement fixée à la bataille de Castillon, le 17 juillet 1453, qui achève la reconquête de la Guyenne. Picquigny en est la liquidation diplomatique et le dernier épisode.
Les Anglais rembarquent définitivement. Ils ne conservent en France que Calais, reprise par François de Guise en janvier 1558, sous Henri II, pendant la dernière des guerres d’Italie.
29 août 1526 : première bataille de Mohács, victoire des Ottomans.
Soliman quitte Constantinople en avril 1526 avec le grand vizir Pargalı Ibrahim Pacha, à la tête d’une armée dont les estimations varient de 60 000 à 100 000 hommes, dotée d’une artillerie de campagne nombreuse et de plusieurs milliers de janissaires équipés d’armes à feu. Les Ottomans enlèvent Pétervárad en juillet ; ils tenaient déjà Šabac et Belgrade depuis 1521.
Louis II de Hongrie, 20 ans, réunit avec difficulté une armée dont les évaluations sérieuses situent l’effectif entre 25 000 et 30 000 hommes (les chiffres de 40 000 à 50 000 parfois avancés paraissent excessifs). Ces troupes, essentiellement une cavalerie lourde de bannerets et de comitats, sont placées sous le commandement de l’archevêque de Kalocsa, Pál Tomori. Les renforts de Transylvanie, conduits par Jean Szapolyai, et ceux de Croatie n’arriveront pas à temps.
Le commandement hongrois, conscient de son infériorité, avait retenu le principe d’attaquer l’adversaire au fur et à mesure de son arrivée sur le terrain, avant qu’il ne soit rassemblé. La cavalerie lourde parvient effectivement à enfoncer l’aile gauche ottomane, tenue par les timariotes de Roumélie. Mais au lieu d’exploiter la percée, les cavaliers s’arrêtent pour piller le camp. Ils se retrouvent alors face au centre ottoman, où l’artillerie de campagne est enchaînée en batterie et les janissaires établis derrière. Le feu combiné des canons et des arquebuses les anéantit.
L’affaire est réglée en moins de deux heures. Les pertes hongroises sont évaluées à 14 000 ou 16 000 hommes, dont sept évêques, l’archevêque Tomori et une grande partie de la noblesse du royaume. Environ 2 000 prisonniers sont exécutés le lendemain sur ordre du sultan.
Louis II périt dans la retraite, désarçonné et noyé dans le ruisseau du Csele, près de Mohács, alors qu’il tentait d’échapper à la poursuite. Il n’avait pas d’héritier.
Buda est occupée les 10 et 12 septembre ; Soliman reprend ensuite le chemin de Constantinople, sans occuper durablement le pays.
La succession ouvre une guerre civile. Jean Szapolyai, voïvode de Transylvanie, soutenu par Soliman, est élu roi à la diète de Székesfehérvár le 10 novembre 1526 ; Marie de Habsbourg, veuve de Louis II, fait proclamer son frère Ferdinand à Presbourg le 17 décembre. Le royaume se scinde en trois : Hongrie royale à l’ouest et au nord sous les Habsbourg, Hongrie ottomane au centre, principauté de Transylvanie vassale de la Porte à l’est. Cette partition durera jusqu’à la fin du XVIIe siècle.
Mohács est la plus lourde défaite hongroise depuis Mohi, en 1241, face aux Mongols. Elle reste dans la mémoire nationale magyare le symbole de la catastrophe ; l’expression « plus de mal qu’à Mohács » est passée dans la langue.

29 août 1622 : bataille de Fleurus.
Après la défaite de Frédéric V à la Montagne Blanche en 1620 et la reconquête du Palatinat, les deux principaux chefs de mercenaires protestants (Ernst von Mansfeld et Christian de Brunswick, dit « l’évêque fou de Halberstadt ») se retrouvent sans employeur en Empire. Les Provinces-Unies, dont la trêve de Douze Ans avec l’Espagne a expiré en 1621, les prennent à leur solde : la place de Berg-op-Zoom, assiégée par Spinola, doit être dégagée.
Les deux hommes traversent les Ardennes avec une force estimée à 12 000 ou 14 000 hommes, essentiellement de la cavalerie. Córdoba les attend à Fleurus avec environ 8 000 hommes, dont des tercios d’infanterie espagnole solidement établis.
Le combat, engagé dans l’après-midi du 29 août, dure plusieurs heures. Les charges successives de la cavalerie protestante se brisent sur les carrés espagnols. Christian de Brunswick est atteint au bras gauche, qu’il faudra amputer ; il s’en fera poser une prothèse d’argent et fera frapper une médaille portant la devise Altera restat (« il m’en reste un autre »).
Tactiquement, les Espagnols ont l’avantage : l’infanterie protestante est détruite ou dispersée, l’artillerie et les bagages perdus. Stratégiquement, ils échouent. Environ 6 000 cavaliers percent et rejoignent Berg-op-Zoom, dont l’arrivée contribue à faire lever le siège le 2 octobre.
29 août 1755 : naissance du général Jean-Henri Dombrowski.
Jean-Henri Dombrowski (en polonais : Jan Henryk Dąbrowski), né le à Pierzchów, près de Cracovie, mort le à Winna Góra, est un général polonais qui s’illustra dans l’armée française à l’époque de la Révolution et de l’Empire.

Après avoir combattu pour l’indépendance de la Pologne aux côtés de Poniatowski et de Kościuszko, Dombrowski passe en France pour continuer la lutte aux côtés des Français contre les ennemis communs de la Pologne. Il organise une légion polonaise, à la tête de laquelle il participe aux campagnes d’Italie (1797-1801) et à la campagne de Pologne (1806-1807). Après la création du Grand-duché de Varsovie, Dombrowski reste en Pologne à la tête d’un corps d’armée nationale. À la reprise des hostilités, il participe à la campagne de Russie de 1812 et se distingue lors du passage de la Bérézina et à Leipzig (1813). Après la chute de Napoléon, Dombrowski se retire de l’armée et devient sénateur dans le nouveau Royaume de Pologne, en 1815.
Son nom est immortalisé dans le chant des légions composé en 1797 par Józef Wybicki : « …Marche, marche, Dombrowski, de la terre italienne jusqu’en Pologne » devenu avec le temps l’hymne national polonais connu sous le nom de Mazurek Dąbrowskiego. C’est le seul hymne national européen qui invoque nommément un général de l’armée française.
29 août 1756 : Frédéric II envahit la Saxe.
Sans déclaration de guerre, 70 000 Prussiens franchissent la frontière saxonne. La date est traditionnellement retenue comme celle du début de la guerre de Sept Ans en Europe ; le premier conflit qui puisse être qualifié de mondial.
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Le renversement des alliances de mai 1756 a rapproché la France et l’Autriche après deux siècles et demi d’hostilité, et laissé la Prusse face à une coalition potentielle réunissant Vienne, Saint-Pétersbourg, Versailles et Dresde. Frédéric II sait que les coalisés préparent une offensive pour le printemps 1757 en vue de reprendre la Silésie, conquise par lui en 1742.
Il choisit de frapper le premier. L’électorat de Saxe, riche mais militairement faible, dont le souverain Auguste III est aussi roi élu de Pologne, est la cible désignée : il offre une base de départ, des ressources et la maîtrise de l’Elbe.
L’invasion du 29 août est une agression préventive sans déclaration préalable, ce qui choque les cours européennes et fournit à Marie-Thérèse l’argument juridique dont elle avait besoin pour activer ses alliances défensives. Dresde tombe le 9 septembre. L’armée saxonne, 18 000 hommes, se replie dans le camp retranché de Pirna, où elle est bloquée. Frédéric bat le 1er octobre à Lobositz l’armée autrichienne venue la secourir ; Pirna capitule le 14 octobre et ses soldats sont incorporés de force dans les régiments prussiens ; la plupart déserteront.
Le conflit qui s’ouvre se déroulera sur cinq continents : Europe centrale, Amérique du Nord, Inde, Caraïbes, côtes africaines. Il coûtera à la France le Canada et l’essentiel de ses établissements indiens, et fondera la prépondérance maritime britannique pour un siècle et demi. Les affrontements avaient d’ailleurs commencé plus tôt en Amérique du Nord, dès 1754 ; ce que la datation traditionnelle du 29 août 1756 tend à masquer.
29 août 1773 : création de l’École royale de la Marine du Havre.
Louis XV signe à Compiègne l’ordonnance instituant au Havre une école unique destinée à former tous les officiers de vaisseau du royaume. Le texte supprime les compagnies de gardes de la marine et, surtout, entrouvre le recrutement à des candidats non nobles. L’établissement ne survivra pas dix-huit mois à l’hostilité du corps des officiers.
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Depuis Colbert, la formation des officiers de vaisseau relève des compagnies des gardes de la marine, établies à Brest, Rochefort et Toulon, complétées par la compagnie d’élite des gardes du pavillon amiral. On y entre par la naissance : la qualité de gentilhomme est la condition d’admission, et l’agrément relève des commandants de compagnie, tous issus des mêmes familles.
Le système a produit d’excellents marins mais s’est refermé sur lui-même. Il est coûteux, mal contrôlé, et l’instruction scientifique y est inégale d’un port à l’autre. L’ordonnance de 1765 avait déjà tenté d’y remédier sans résultat durable. Surtout, la marine sort humiliée de la guerre de Sept Ans, qui lui a coûté le Canada, l’essentiel de l’Inde et une part considérable de sa flotte.
Pierre Étienne Bourgeois de Boynes, secrétaire d’État à la Marine de 1771 à 1774, est un magistrat, ancien premier président du parlement de Besançon, sans passé maritime ni parenté dans la noblesse d’épée navale. Cette extériorité, qui lui vaut une réputation exécrable dans le corps, lui donne aussi une liberté d’action que ses prédécesseurs n’avaient pas.
Son ordonnance générale de 1772 avait déjà entrepris de calquer l’organisation de la marine sur celle de l’armée de terre — réforme largement jugée inadaptée. La création du Havre relève d’une logique différente et plus solide : concentrer en un seul lieu, sous un contrôle direct, une formation jusque-là dispersée et captée par les intérêts locaux.
Le 29 août 1773, à Compiègne, Louis XV signe deux ordonnances préparées par Boynes. La première institue l’École royale de marine au Havre, chargée d’instruire les jeunes gens destinés au service, tant dans la théorie que dans la pratique. La seconde en tire les conséquences sur les compagnies existantes.
Le choix du Havre
L’implantation n’est pas neutre. Le Havre est un port de commerce, non un port militaire. Établir l’école à Brest ou à Toulon aurait revenu à la placer sous l’influence directe des états-majors et des réseaux familiaux que la réforme visait précisément à contourner.
La direction est confiée à des officiers provençaux, tous anciens gardes de la marine de Toulon : Saint-Cézaire, assisté du marquis de l’Aubespin, avec Jean-Louis-Roch Mistral, commissaire général et ordonnateur du port du Havre, pour l’administration. Là encore, le choix paraît délibéré : Boynes prend des hommes dont les réseaux sont géographiquement éloignés de l’école, donc moins exposés aux pressions.
L’organisation pédagogique est supervisée par Étienne Bézout, examinateur des gardes de la marine et auteur du cours de mathématiques qui sera enseigné dans les écoles navales françaises jusqu’au Second Empire. Il se rend au Havre en novembre 1773 pour la mettre en place. Parmi les enseignants figurent le professeur Rollin et le peintre de marine Nicolas Ozanne, chargé du dessin technique — discipline essentielle pour des officiers appelés à relever des côtes et à reconnaître des bâtiments.
L’article 4
La disposition la plus significative est l’article 4. Il abandonne le recrutement exclusif de gentilshommes et ouvre l’admission aux jeunes gens de « bonne famille » ainsi qu’aux fils des officiers d’administration des ports ; c’est-à-dire, pour l’essentiel, à des roturiers. Le ministre se réserve par ailleurs la décision d’admission, jusqu’alors prise par les commandants de compagnie.
Bézout, consulté, approuve : la nouvelle constitution, écrit-il en substance, lève l’exclusion frappant une catégorie d’hommes dont les talents pourraient être utiles au service, tout en conservant à la noblesse pauvre les secours que lui offrait l’ancien système, et en soumettant celle-ci à une concurrence dont l’État ne peut que profiter.
C’est, quinze ans avant la Révolution et huit ans avant l’ordonnance de Ségur qui durcira au contraire les exigences de noblesse pour l’armée de terre, une tentative explicite de fonder le recrutement des officiers sur la compétence plutôt que sur la naissance.
La réaction du corps est immédiate et violente. Commandants et gardes protestent contre la suppression de leurs compagnies et contre l’ouverture du recrutement. Boynes tient bon tant qu’il est en fonction.
Il ne l’est plus longtemps. Le 18 juillet 1774, quelques semaines après son avènement, Louis XVI le renvoie. Turgot occupe le portefeuille de la Marine un mois avant de passer aux Finances. Son successeur, Antoine de Sartine, ancien lieutenant général de police, cède à la pression : l’école du Havre est supprimée et l’ordonnance du 2 mars 1775 rétablit les trois compagnies de gardes de la marine à Brest, Rochefort et Toulon.
L’établissement aura fonctionné moins de deux ans.
L’École royale de la Marine du Havre est généralement considérée comme la première école navale française au sens moderne : un établissement unique, à vocation exclusivement maritime, doté d’un programme structuré et d’un corps enseignant permanent. Elle préfigure les collèges maritimes créés sous Louis XVI par le maréchal de Castries et, par certains traits, le lycée napoléonien.
Le principe qu’elle portait finira par l’emporter. Le 1er janvier 1786, Castries supprime définitivement les gardes de la marine et institue le corps des « élèves de la Marine », avec des classes et des examens. Le vocabulaire même de la réforme de 1773 (remplacer la « compagnie » par l’« école » et le « garde » par l’« élève ») devient la norme.
L’échec du Havre illustre une constante des réformes militaires d’Ancien Régime : une administration centrale peut décréter la fin d’un privilège de recrutement, elle ne peut pas l’imposer contre le corps qui en bénéficie tant que ce corps reste seul à fournir l’encadrement.
29 août 1805 : naissance de la Grande Armée napoléonienne.
Dans une lettre au maréchal Berthier datée du 11 fructidor an XIII, Napoléon désigne pour la première fois du nom de « Grande Armée » les forces qu’il vient de mettre en mouvement depuis le littoral de la Manche vers le Rhin. L’appellation recouvre une organisation nouvelle (le corps d’armée autonome) qui restera le modèle des armées européennes pendant un siècle.
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Après la rupture de la paix d’Amiens, en mai 1803, Bonaparte rassemble sur le littoral entre le Texel et Brest une armée destinée à débarquer en Angleterre. L’essentiel se concentre autour de Boulogne, où campent de 150 000 à 200 000 hommes, appuyés par une flottille de plus de deux mille bâtiments de débarquement.
L’invasion n’aura pas lieu, mais les deux années passées à l’attendre auront produit l’instrument des victoires suivantes. Le camp de Boulogne est un laboratoire. On y instruit une armée de conscrits encadrée par des vétérans de la Révolution ; on y rode les procédures de marche, de bivouac et de ravitaillement ; on y met surtout au point la structure du corps d’armée : une formation permanente réunissant infanterie, cavalerie légère, artillerie, génie et train, commandée par un maréchal, capable de combattre seule pendant une journée entière contre un adversaire supérieur en attendant l’arrivée des autres.
C’est cette autonomie qui autorise la manœuvre napoléonienne caractéristique : disperser les corps sur des axes séparés pour marcher vite et vivre sur le pays, puis les concentrer sur le champ de bataille au moment choisi.
Le basculement d’août 1805
Voir la notice du 27 août consacrée à la levée du camp de Boulogne.
Le 22 août, Napoléon apprend que l’amiral Villeneuve, au lieu de remonter vers la Manche, a relâché à Cadix. La combinaison navale qui devait assurer la maîtrise temporaire du détroit s’effondre. Au même moment, la troisième coalition se forme : l’Autriche mobilise, la Russie se met en marche, l’armée de Mack franchit l’Inn et entre en Bavière.
Les ordres de mouvement partent à la fin du mois ; les premiers corps quittent le littoral à partir du 27 août et marchent vers l’est en éventail, chacun sur son axe.
C’est dans une lettre adressée au maréchal Berthier, major général, le 11 fructidor an XIII (29 août 1805), que l’appellation « Grande Armée » apparaît pour la première fois sous la plume de l’Empereur. Le texte figure dans la Correspondance militaire de Napoléon Ier publiée par le ministère de la Guerre.
L’expression se fixe ensuite par la propagande. Les comptes rendus de campagne rédigés ou dictés par Napoléon et diffusés dans toute la France sous le titre de Bulletin de la Grande Armée (64 pour la seule campagne de 1806-1807) popularisent le terme au point qu’il devient le nom propre d’une armée et non plus la désignation administrative d’un rassemblement de troupes.
La postérité de ces bulletins est double. Ils forgent une identité collective dont les régiments se réclameront pendant des décennies. Ils accréditent aussi une version officielle des événements que Napoléon lui-même entendait retoucher : en novembre 1811, il recommande à Berthier de faire réimprimer la collection en corrigeant les choses reconnues fausses. L’expression populaire « mentir comme un bulletin » n’est pas née de rien.
La Grande Armée de 1805 aligne 7 corps d’armée, parfois désignés par les auteurs sous le surnom des « sept torrents » :
| Corps | Commandant |
|---|---|
| I | Maréchal Bernadotte |
| II | Général Marmont |
| III | Maréchal Davout |
| IV | Maréchal Soult |
| V | Maréchal Lannes |
| VI | Maréchal Ney |
| VII | Maréchal Augereau |
S’y ajoutent la Garde impériale, réserve d’élite sous les ordres de Bessières, et la réserve de cavalerie confiée à Murat ; masse de manœuvre montée d’environ 22 000 sabres, dont les divisions de cuirassiers, instrument nouveau dont l’emploi groupé constitue l’autre innovation majeure du système.
L’ordre de bataille s’étoffe ensuite : le VIII corps sous Mortier et le IX, composé des contingents bavarois, badois et wurtembergeois, sous Jérôme Bonaparte, le 1er octobre 1806 ; le X sous Lefebvre en 1807.
Ulm, Austerlitz, Iéna, Eylau, Friedland
La démonstration est immédiate. Certains corps couvrent plus de 600 km en 5 semaines. Mack capitule à Ulm le 20 octobre 1805 sans avoir livré de bataille rangée ; Austerlitz suit le 2 décembre. La Prusse est éliminée en un mois à l’automne 1806, à Iéna et à Auerstaedt.
La campagne de Pologne, en revanche, use l’instrument. Eylau, le 8 février 1807, livrée dans la neige contre les Russes de Bennigsen, est la première bataille que Napoléon ne gagne pas. Les Français restent maîtres du terrain au prix de pertes considérables : les évaluations françaises varient de 15 000 à 25 000 tués et blessés sur environ 75 000 engagés, soit de 20 à 30 % des effectifs présents ce jour-là. Rapporté à l’ensemble de la Grande Armée, dont les effectifs approchaient alors 300 000 hommes, le même chiffre représente de l’ordre de 8 % (c’est cette proportion, souvent citée, qui explique la formule d’usage sur la saignée d’Eylau).
Ce sont les cadres et les vétérans de Boulogne qui tombent, et ils sont irremplaçables. Napoléon doit dès lors faire appel de manière croissante aux contingents alliés allemands, polonais et italiens. La victoire de Friedland, le 14 juin 1807, est encore emportée par les vétérans français, mais la Grande Armée de 1805 n’existera plus longtemps sous cette forme.
La dissolution d’Erfurt
L’entrevue d’Erfurt entre Napoléon et Alexandre Ier, du 27 septembre au 12 octobre 1808, en scelle la fin administrative.
Les revers d’Espagne (la capitulation de Baylen en juillet, la convention de Cintra et l’évacuation du Portugal en août) obligent l’Empereur à prélever des troupes en Europe centrale pour l’offensive qu’il conduira en personne à partir de novembre. Il en profite pour donner des gages au tsar, inquiet du maintien de garnisons françaises en Prusse et à Dantzig.
Le décret du 12 octobre 1808 prévoit que le corps de troupes restant en Allemagne prendra le nom d’armée du Rhin, sous le commandement de Davout, et que celui laissé sous les ordres du prince de Ponte-Corvo (Bernadotte) dans les villes hanséatiques deviendra le corps de troupes du gouvernement des villes hanséatiques. Le choix du nom est politique : l’armée du Rhin suggère une posture défensive sur la frontière de l’Empire, non une position offensive en Allemagne ou en Pologne. Il s’agit d’un changement d’appellation autant que d’une dissolution ; la Correspondance intitule d’ailleurs le texte « décret portant organisation de l’armée du Rhin ».
Beaucoup des hommes de la Grande Armée de 1805-1808 mourront en Espagne au cours des 7 années suivantes.
Au printemps 1809, la menace autrichienne en Bavière et en Italie conduit Napoléon à un nouveau redéploiement. Il écrit à Berthier, le 8 avril, qu’à dater du 1er avril toutes les troupes dont il dispose en Allemagne seront connues sous le titre d’armée d’Allemagne, dont il se réserve le commandement en chef. Composée pour l’essentiel de conscrits levés en quelques mois, les unités aguerries restant engagées en Espagne, cette armée subira de durs combats face à l’archiduc Charles avant d’emporter la décision à Wagram, en juillet.
Les Grandes Armées suivantes
Une deuxième Grande Armée est constituée à partir de 1811 en prévision de la campagne de Russie. Elle est sans commune mesure avec la première : environ 650 000 hommes, dont moins de la moitié de Français, réunissant Polonais, Allemands de la Confédération du Rhin, Italiens, Autrichiens et Prussiens fournis par traité. Berthier reste major général, Caulaincourt grand écuyer. Cette armée est détruite entre juin et décembre 1812 ; de l’ordre de 100 000 hommes en reviendront.
Une troisième est reconstituée au printemps 1813 avec les classes anticipées de conscription (les « Marie-Louise ») et les cadres rappelés d’Espagne. Elle remporte Lützen, Bautzen et Dresde avant d’être défaite à Leipzig en octobre 1813, et disparaît avec la campagne de France.

29 août 1831 : Faraday découvre l’induction électromagnétique.
Dans le sous-sol de la Royal Institution, à Londres, Michael Faraday établit qu’un champ magnétique variable engendre un courant électrique. De cette expérience procèdent la dynamo, l’alternateur, le transformateur et, par extension, la totalité de l’équipement électrique des armées modernes.
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Faraday, fils de forgeron devenu assistant de Humphry Davy sans formation universitaire, cherche depuis 1821 à démontrer la réciproque de l’expérience d’Ørsted : si un courant produit un champ magnétique, un champ magnétique doit pouvoir produire un courant.
Le 29 août 1831, il enroule deux bobines de fil isolé sur un anneau de fer doux, l’une reliée à une pile, l’autre à un galvanomètre. Il constate que l’aiguille dévie non pas tant que le courant circule, mais au moment où on l’établit et au moment où on l’interrompt. C’est le champ variable, non le champ lui-même, qui induit le courant. L’anneau d’induction de Faraday est le premier transformateur.
Les conséquences militaires sont considérables et rapides : Le télégraphe électrique, opérationnel dès les années 1840, transforme le commandement à distance : c’est la guerre de Crimée puis la guerre de Sécession qui en font pour la première fois un usage stratégique, et l’un des objectifs de guerre de 1914 sera le sectionnement des câbles sous-marins allemands. La dynamo permet l’éclairage des navires, les projecteurs de côte, l’allumage électrique, puis la production embarquée d’énergie. Les travaux de Maxwell, formalisant les intuitions de Faraday, ouvriront la voie à la télégraphie sans fil puis au radar.
Faraday refusa par ailleurs, en 1853, une demande du gouvernement britannique de travailler à la mise au point d’armes chimiques pour la guerre de Crimée, estimant le procédé contraire à sa conscience.

29 août 1842 : traité de Nankin (guerre économique).
Signé à bord du HMS Cornwallis, le traité met fin à la première guerre de l’Opium. Il ouvre 5 ports au commerce britannique, cède Hong Kong et impose une indemnité de 21 millions de dollars d’argent. L’historiographie chinoise en fait le point de départ du « siècle d’humiliation ».
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Le déséquilibre commercial est à l’origine du conflit. La Grande-Bretagne importe massivement du thé, de la soie et des porcelaines, et n’a rien à vendre en retour que la Chine accepte : le solde se règle en argent métal, ce qui vide les réserves britanniques. La Compagnie des Indes orientales trouve la solution dans l’opium du Bengale, dont l’importation est pourtant prohibée par l’empire Qing depuis 1729.
Le trafic croît jusqu’à inverser le flux monétaire. En 1839, le commissaire impérial Lin Zexu fait saisir et détruire à Humen plus de mille tonnes d’opium appartenant à des marchands britanniques. Londres envoie une escadre.
La disproportion technique est écrasante. Les vapeurs à coque de fer, dont le Nemesis, remontent les fleuves à contre-courant et détruisent les jonques de guerre chinoises ; l’artillerie navale surclasse les batteries côtières. En 1842, la flotte britannique remonte le Yangtsé, coupe le Grand Canal (donc l’approvisionnement de Pékin) et se présente devant Nankin.
Les clauses
- ouverture de cinq ports au commerce et à la résidence britanniques : Canton, Amoy, Foutcheou, Ningbo et Shanghai ;
- cession à perpétuité de l’île de Hong Kong ;
- indemnité de 21 millions de dollars d’argent, dont 6 millions pour l’opium détruit et 12 millions au titre des frais de guerre ;
- abolition du monopole du Cohong, corporation de marchands par laquelle transitait obligatoirement tout le commerce étranger ;
- tarif douanier fixe, que la Chine ne pourra plus modifier unilatéralement.
Le traité ne mentionne pas l’opium, ni sa légalisation, ni son interdiction : Londres a jugé plus prudent de laisser la question hors du texte. Le trafic se poursuivra et augmentera.
Les compléments sont plus lourds encore que le traité lui-même. La convention de Bogue, en 1843, ajoute l’extraterritorialité (les ressortissants britanniques relèvent de leurs propres tribunaux en Chine) et la clause de la nation la plus favorisée, qui fait automatiquement bénéficier Londres de toute concession arrachée par un autre État. Les États-Unis et la France obtiennent des traités équivalents en 1844.
Nankin est le premier des « traités inégaux ». Il inaugure un dispositif juridique qui restera en vigueur jusqu’en 1943 et qui fonde, dans la lecture officielle chinoise contemporaine, la période dite du siècle d’humiliation — grille de lecture toujours active dans le discours diplomatique de Pékin.
Hong Kong sera rétrocédé le 1er juillet 1997.
29 août 1906 : naissance de Roger Birot, Compagnon de la Libération.
Roger Richard Louis Birot naît le au Mans dans le département de la Sarthe. Il est le fils de Jean-Pierre Birot, capitaine d’infanterie, futur général, et de Juliette Millot.
Roger Louis effectue sa scolarité au prytanée militaire, à La Flèche. Il entre à l’École navale en . À sa sortie en octobre 1926, il est enseigne de vaisseau de 2e classe.
Affecté d’abord sur le torpilleur Sénégalais, il navigue sur le Ville d’Ys, un aviso, à la station de Terre-Neuve et d’Islande. Promu enseigne de vaisseau de 1re classe en , il embarque sur le transport pétrolier Mékong basé à Cherbourg.
Il est officier élève de l’École des officiers de transmissions en 1931. Promu lieutenant de vaisseau, il est le chef du service transmissions à bord de plusieurs bâtiments successifs : en 1934 et 1935, sur les contre-torpilleurs Guépard puis Jaguar ; en 1936, sur le croiseur-école Jeanne-d’Arc, en 1937 à bord du cuirassé Paris, enfin en 1939, sur le contre-torpilleur Lion.
Lieutenant de vaisseau à la déclaration de la Seconde Guerre mondiale le 3 septembre 1939, Roger Birot commande le patrouilleur La Cancalaise et la 3e escadrille de patrouilleurs auxiliaires avec laquelle il participe activement à la lutte anti-sous-marine et remporte deux victoires. Son navire saute sur une mine le 1er . Blessé, il est recueilli avec son équipage par un vapeur hollandais.
Lorsqu’il est de retour à Dunkerque, il est chargé de la sécurité et de la logistique du port. Il s’illustre de nouveau, lors de l’évacuation de Dunkerque, et le vice-amiral Abrial lui décerne une citation à l’ordre de l’armée de mer, le . Après l’évacuation de Dunkerque, il prend le commandement à Cherbourg, le , du patrouilleur La Nantaise. Il entend le l’appel du général de Gaulle. Replié à Southampton le , il voit son bâtiment saisi comme les autres par la Royal Navy. Il est promu capitaine de corvette en .
Après quelques mois dans la Navy, Roger Birot rejoint le les Forces navales françaises libres (FNFL). Il entraîne beaucoup de marins à suivre son exemple.
D’abord nommé commandant en second du cuirassé Courbet, il est nommé en janvier 1941 commandant du torpilleur Bouclier ; mais celui-ci n’est pas opérationnel et est endommagé par les bombardements allemands sur Plymouth.
Il est désigné pour commander la corvette Mimosa le . C’est la première corvette des Forces navales françaises libres, elle leur est remise en mai 1941 ; il en dirige l’armement. Trois mois après, il prend le commandement de la 1re division de corvettes, comprenant le Mimosa, l’Alysse et l’Aconit.
Il est chargé avec sa division d’escorter des convois alliés entre l’Amérique du Nord et l’Islande. C’est la première formation des FNFL à participer à la bataille de l’Atlantique. Il remplit cette mission d’escorte dans des « conditions particulièrement difficiles ».
Il est promu capitaine de frégate en octobre 1941. Avec le vice-amiral Muselier, à la tête de ses trois corvettes et du sous-marin Surcouf, il participe en décembre 1941 aux opérations pour rallier Saint-Pierre-et-Miquelon à la France libre, et il y joue un rôle prépondérant. Nommé le 1er commandant provisoire de la marine de Saint-Pierre-et-Miquelon, il y reste jusqu’à l’arrivée du titulaire du poste. Il repart en mars 1942 pour continuer ses missions dans l’Atlantique, escortant les convois avec le Mimosa.
Le Mimosa appareille de Greenock (Écosse) le , pour escorter à partir du 1er le convoi « ONS 100 » vers l’Amérique du Nord. Mais la corvette est torpillée dans la nuit du 8 au par le sous-marin allemand U 124. C’est à 4 h 10 le qu’une torpille a atteint le bâtiment par 52° 12 nord et 32° 37 ouest, touchant le compartiment machine et faisant exploser les munitions. Le Mimosa coule en trois minutes. Le capitaine de frégate Roger Birot ainsi que presque tout son équipage de 65 marins disparaissent, il n’y a que 4 survivants.
La croix de l’ordre de la Libération est décernée à titre posthume à Roger Birot, ce qui le fait compagnon de la Libération, par décret du .
L’aviso « Commandant Birot » , lancé le 22 mai 1982, porte son nom.
• Officier de la Légion d’Honneur
• Compagnon de la Libération – décret du 7 août 1945
• Croix de Guerre 39/45 (2 citations)
• Médaille de la Résistance
• Officier de l’Empire Britannique
29 août 1914 : naissance de Lucien Bernier, Compagnon de la Libération.
Lucien Bernier naît le à Rennes d’un père cheminot. Il s’engage dans la marine nationale en 1934.
Lorsque débute la Seconde Guerre mondiale, il est en poste comme mécanicien à la 4e escadre de sous-marins à Brest avec le grade de quartier-maître de 2e classe. Refusant l’armistice du 22 juin 1940, il quitte la France pour l’Angleterre et s’engage immédiatement dans les forces françaises libres. En juillet, il est intégré au 1er Bataillon de fusiliers marins qui vient d’être créé. Il participe alors à l’expédition de Dakar puis à la campagne du Gabon avant d’être projeté au Levant où il prend part à la campagne de Syrie. À la fin de l’année 1941, Bernier et son bataillon, intégrés à la 1re brigade française libre, sont engagés dans la guerre du désert. Promu second-maître en , il s’illustre comme chef de pièce de DCA lors de la bataille de Bir-Hakeim de mai à juin 1942 puis au cours de la seconde bataille d’El Alamein en octobre. Il participe ensuite à la campagne de Tunisie.
En 1944, avec la 1re division française libre, le 1er BFM devenu 1er régiment de fusiliers marins prend part à la campagne d’Italie. Lucien Bernier combat dans la vallée du Liri où il se distingue comme chef de patrouille et est blessé à Pontecorvo le . Il participe au débarquement de Provence en et s’illustre particulièrement dans des opérations de déminage à Pierrefeu-du-Var puis, après avoir été promu maître le 1er septembre, dans la libération d’Autun. Le , lors d’une offensive vers Belfort, Lucien Bernier est tué d’une balle en pleine poitrine dans la forêt de Chérimont, près du village de Champagney. Il est inhumé dans la nécropole nationale de Rougement dans le Doubs.
• Compagnon de la Libération – décret du 26 septembre 1945
• Médaille Militaire
• Croix de Guerre 1939-45 (3 citations)
• Médaille de la Résistance française
29 août 1914 : bataille de Guise – Saint-Quentin.
Alors que la retraite se poursuit depuis Charleroi, la Ve armée française de Lanrezac fait volte-face et contre-attaque la IIe armée allemande de Bülow. Le succès est local, mais il conduit von Kluck à renoncer à envelopper Paris ; première inflexion du plan Schlieffen.
Depuis le 23 août, les armées françaises reculent sur tout le front. Joffre, qui a décidé le repli général jusqu’à la Seine, exige néanmoins de Lanrezac une contre-attaque en direction de Saint-Quentin pour dégager l’armée britannique de French, très éprouvée au Cateau le 26 et dont il redoute le décrochage complet vers les ports.
L’ordre est mal accueilli. Lanrezac, qui a déjà sauvé son armée à Charleroi contre les intentions du grand quartier général, juge la manœuvre dangereuse : elle l’oblige à faire pivoter la Ve armée face au nord-ouest alors qu’elle est menacée du nord-est. Joffre se déplace en personne à Marle pour lui imposer l’exécution.
L’attaque est lancée le 29 août au matin. Le 18e corps et la division de réserve progressent vers Saint-Quentin, mais butent sur la IIe armée de Bülow. Le 10e corps, sur l’Oise, est refoulé et les Allemands tiennent les ponts dès 10 h 00. Lanrezac réoriente alors son effort vers Guise, à l’est : le 1er corps du général Franchet d’Espèrey, appuyé par une préparation d’artillerie soignée, y enfonce la garde prussienne en fin de journée et repousse Bülow au-delà de l’Oise.
Les pertes sont lourdes des deux côtés. Le 30 au matin, Lanrezac est autorisé à reprendre son mouvement de retraite vers Laon.
L’effet est ailleurs. Bülow, ébranlé, demande à von Kluck de se rabattre vers l’intérieur pour le soutenir. La Ire armée allemande, qui devait envelopper Paris par l’ouest conformément au plan Schlieffen, infléchit sa marche vers le sud-est dès le 31 août et passe à l’est de la capitale. C’est ce mouvement, détecté par l’aviation et la cavalerie françaises, qui offrira au camp retranché de Paris le flanc découvert que Gallieni et Maunoury exploiteront le 6 septembre sur l’Ourcq.
Lanrezac sera relevé de son commandement le 3 septembre et remplacé par Franchet d’Espèrey.
29 août 1918 : reprise de Bapaume.
La division néo-zélandaise entre dans Bapaume, évacuée par les Allemands. La ville, enjeu de la Somme en 1916 et abandonnée volontairement en 1917, tombe cette fois définitivement.
***
L’offensive des Cent-Jours, engagée le 8 août à Amiens, s’est déplacée vers le nord. Pendant que le Corps canadien progresse le long de la route d’Arras à Cambrai depuis le 26 août, la IIIe armée britannique de Byng pousse vers Bapaume, nœud routier au cœur de l’ancien champ de bataille de la Somme.
La division néo-zélandaise attaque la ville à partir du 24 août. Les Allemands, solidement établis dans les ruines et les caves, résistent quatre jours, puis décrochent dans la nuit du 28 au 29 pour éviter l’encerclement. Les Néo-Zélandais entrent dans une ville vide, minée et piégée ; l’expérience de mars 1917, lorsque le retrait allemand sur la ligne Hindenburg avait laissé Bapaume truffée d’engins à retardement, ayant rendu les Alliés prudents.
La chute de Bapaume conjuguée à la percée canadienne rend intenable la position allemande entre Arras et la Somme. Le repli général derrière le canal du Nord s’amorce le 2 septembre.
29 août 1919 : naissance de Martin Touzeau, Compagnon de la Libération.
Martin Touzeau est né le 29 août 1919 à Toulouse en Haute-Garonne, d’un père cantonnier et d’une mère monteuse en chaussures.
Engagé en octobre 1937 au 3e Régiment de spahis marocains (3e RSM) comme spahi de 2e classe, il est tout de suite envoyé à Meknès au Maroc.
En mai 1940, il part en renfort au 1er RSM à Alep, en Syrie.
Rallié aux Forces françaises libres en août 1941, à Qastina en Palestine, après la campagne de Syrie, il est naturellement affecté aux Spahis qui prennent le nom de Groupe de reconnaissance de corps d’armée (GRCA). Le GRCA est affecté à la Brigade du général Cazaud en avril 1942 et regroupé en Libye le mois suivant.
Martin Touzeau participe à la campagne de Libye en qualité de chef de char. En septembre 1942, avec son unité devenue le 1er Régiment de marche de spahis marocains (1er RMSM), il s’illustre en Egypte où, le 24 octobre 1942 à El Alamein, lors de l’assaut de l’Himeimat, il met hors de combat un char ennemi et met en fuite son équipage.
Il prend part ensuite à la campagne de Tunisie puis reste stationné à Temara au Maroc avec son unité qui devient le régiment de reconnaissance de la 2e DB du général Leclerc. En octobre 1943, il est nommé maréchal des logis.
En avril 1944, il part pour l’Angleterre avec la Division avant de débarquer, le 1er août 1944, sur les côtes du Cotentin. Chef de char léger, le maréchal des logis Touzeau se distingue alors en Normandie à Franceville le 14 août, à Doncières dans les Vosges en septembre ainsi qu’en Lorraine où, le 16 novembre 1944, devant le Bois de Parux, il fait à nouveau la preuve de son sang-froid et de son « mépris absolu du danger« .
Envoyé ensuite sur le front de l’Atlantique au début de l’année 1945, il termine la guerre en Allemagne, à Berchtesgaden, avec la 2e DB.
Démobilisé en août 1945 avec le grade de maréchal des logis chef, titulaire de quatre citations, il devient ensuite chauffeur dans une entreprise de travaux publics à Saint-Jean d’Angely, de 1946 à 1948.
En novembre 1948 Martin Touzeau se rengage au titre de l’armée de l’Air avec le grade de sergent. Breveté chef de section en 1949, il est admis dans le corps des sous-officiers de carrière et promu sergent-chef en 1950.
Il sert deux ans en Indochine où il est promu adjudant en 1953.
Adjudant-chef en 1956, il est adjoint au chef de l’atelier « essais parachutistes » au Centre d’essais en vol à Brétigny.
En 1961, il fait valoir ses droits à la retraite Il est ensuite employé comme technicien au Centre d’essais en vol de Brétigny-sur-Orge jusqu’en 1975.
Martin Touzeau est décédé le 11 octobre 2006 à Nachamps en Charente-Maritime où il est inhumé.
• Commandeur de la Légion d’Honneur
• Compagnon de la Libération – décret du 17 novembre 1945
• Médaille Militaire
• Officier de l’Ordre National du Mérite
• Croix de Guerre 39/45 (4 citations)
• Croix du Combattant 39/45
• Croix du Combattant Volontaire 39/45
• Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
• Médaille Coloniale avec agrafes « Libye », « Tunisie », « E-O »
• Médaille des Services Volontaires dans la France Libre
• Médaille Commémorative 39/45
• Médaille Commémorative d’Indochine
• Presidential Unit Citation (USA)
29 août 1929 : le Graf Zeppelin achève le premier tour du monde aérien.
Commandé par Hugo Eckener, le LZ 127 Graf Zeppelin mesure 236 m, emporte une vingtaine de passagers et une quarantaine d’hommes d’équipage, et vole à environ 115 km/h grâce à 5 moteurs Maybach. Le voyage est financé pour partie par le magnat de presse américain William Randolph Hearst, qui exige que le départ officiel soit donné de Lakehurst pour des raisons commerciales.
L’itinéraire comporte 4 étapes :
- Lakehurst-Friedrichshafen,
- puis la traversée de la Sibérie jusqu’à Kasumigaura, au Japon, en 101 heures et près de 11 000 km sans escale au-dessus de territoires largement non cartographiés ;
- puis la traversée du Pacifique jusqu’à Los Angeles, où l’appareil se pose le 26 août ;
- enfin la traversée du continent américain. Il touche Lakehurst le 29 août, après 21 jours, 5 heures et 31 minutes et environ 49 600 km.
Le traité de Versailles avait interdit à l’Allemagne l’aviation militaire ; le dirigeable civil, non couvert par les mêmes restrictions, permet de maintenir une compétence industrielle, une école de navigation à très longue distance et un instrument de prestige national. Le Graf Zeppelin effectuera par la suite des vols de reconnaissance électronique le long des côtes britanniques en 1939, sous couvert de mission scientifique, pour tenter d’identifier les émissions du réseau radar Chain Home.
La destruction du Hindenburg à Lakehurst, le 6 mai 1937, mettra fin à la filière.

29 août 1941 : exécution d’Honoré d’Estienne d’Orves, Compagnon de la Libération.
Sorti de l’École polytechnique en 1923, Honoré d’Estienne d’Orves s’engage dans la Marine nationale, élève officier à l’École navale. Il participe à la campagne d’application à bord du croiseur école Jeanne d’Arc.
En 1929, il épouse Éliane de Lorgeril, descendante de Louis de Lorgeril, maire de Rennes, avec qui il aura cinq enfants : Marguerite, Monique, Rose, Marc (1937-2016), comte d’Estienne d’Orves, capitaine de corvette honoraire, Philippe, comte d’Estienne d’Orves.
Il est promu Lieutenant de vaisseau en 1930. En il est embarqué à bord du croiseur lourd Duquesne, comme aide de camp de l’amiral Godfroy, commandant la Force X. Cette escadre se trouvant internée à Alexandrie lors de l’opération Catapult le 3 juillet 1940, d’Estienne d’Orves ne se satisfait pas de l’inaction à laquelle il est contraint.
En , avec plusieurs de ses camarades, il tente de rejoindre le général Legentilhomme, commandant supérieur des troupes de la Côte française des Somalis, qui a annoncé son intention de refuser l’armistice. La colonie s’étant finalement ralliée au gouvernement de Vichy en évinçant le général Legentilhomme, d’Estienne d’Orves décide, en , de rejoindre l’Angleterre.
Il parvient à Londres à la fin de septembre après un long périple autour de l’Afrique, il prend le nom de « Chateauvieux » et se présente au quartier-général du général de Gaulle. Il est affecté au 2e bureau des Forces navales françaises libres.
Le , il est envoyé en mission en France : il traverse la Manche à bord d’un petit chalutier, accompagné du quartier-maître radiotélégraphiste « Georges Marty » (un Alsacien dont le vrai nom est Alfred Gaessler). Ils débarquent à Plogoff (Pors Loubous). Installé à Nantes dans le quartier de Chantenay, il organise un réseau de renseignement en France, le réseau Nemrod. Il établit la première liaison radio entre la France occupée et Londres. Du 6 au , il est à Paris, où il séjourne entre autres chez Max André, une connaissance d’avant-guerre, qui accepte, à sa demande, de monter un réseau de renseignement dans la capitale.
À son retour à Nantes, il est trahi par Alfred Gaessler qui est en réalité un agent du contre-espionnage allemand. Il est arrêté le , ainsi que les époux Clément, chez qui il se trouvait, et, par la suite, les 23 autres membres du réseau. Les accusés sont transférés à Berlin puis à Paris où, le , la cour martiale allemande condamne Estienne d’Orves à mort ainsi que huit de ses camarades qui sont transférés à Fresnes.
Les condamnés ne sont pas immédiatement exécutés. Ce sursis peut s’expliquer par la volonté du général von Stülpnagel, commandant des forces d’occupation en France, de garder des otages pour une occasion spectaculaire. Il est aussi possible qu’il ait été tenu compte de la forte émotion provoquée par la condamnation d’un officier de marine, au point de susciter l’intervention du gouvernement de Vichy auprès des autorités allemandes. L’amiral Darlan, vice-président du Conseil, intervient, le , dans le cadre de ses tractations avec les Allemands concernant les Protocoles de Paris, pour demander la grâce d’Estienne d’Orves à l’amiral Canaris, en proposant en échange la fourniture de renseignements provenant du centre d’écoutes secret des Oudaïas (Rabat), afin que les Allemands soient informés sur les mouvements de la Marine britannique et le des militaires français, proches de la Résistance, sont arrêtés, dont André Beaufre, semble-t-il (selon Loustaunau-Lacau) sur instructions de Darlan.
Le , c’est l’entrée en guerre de l’URSS et, le , le résistant communiste Pierre Georges (le futur colonel Fabien) abat de deux balles dans le dos l’aspirant d’intendance de la Kriegsmarine Alfons Moser au métro Barbès. Le lendemain, les Allemands promulguent une ordonnance transformant les prisonniers français en otages et le général von Stülpnagel profite de l’occasion pour faire un exemple. En représailles, le 29 août 1941 au Mont-Valérien, trois hommes sont fusillés : Honoré d’Estienne d’Orves, Maurice Barlier et Jan Doornik.
Aller au contenu PDF29 août 1936 : naissance de John McCain, pilote de l’US Navy, homme politique américain.
John Sidney McCain III, né le sur la base militaire américaine de Coco Solo (zone du canal de Panama) et mort le à Cornville (Arizona), est un vétéran de la guerre du Viêt Nam et homme politique américain. Il est sénateur de l’Arizona au Congrès des États-Unis de 1987 à sa mort et candidat républicain à l’élection présidentielle de 2008.

Fils et petit-fils d’amiral, il devient à son tour officier de marine en 1958. Pilote dans l’aéronavale, il est abattu au-dessus d’Hanoï en 1967. Capturé, il est torturé et mis à l’isolement, mais refuse une libération anticipée par solidarité avec ses camarades et pour ne pas servir la propagande du Viêt Nam du Nord. Libéré en 1973, il garde des séquelles physiques de la période. Il reprend ensuite le cours de sa carrière navale, mais démissionne en 1981 pour se lancer en politique. Membre du Parti républicain, il est élu et siège pour l’Arizona à la Chambre des représentants, de 1983 à 1987, puis au Sénat, de 1987 à son décès en 2018. Il est un spécialiste reconnu des questions de défense et de politique étrangère.
Bien qu’il partage plusieurs idées avec la base de son parti — notamment sur les questions sociétales et fiscales —, il affiche une certaine indépendance, par sa sensibilité écologique, sa volonté d’assainir le financement des campagnes politiques, sa condamnation de la torture en Irak et au camp de Guantánamo, ainsi que son soutien à un projet de légalisation des immigrés clandestins. Cette indépendance, son passé de héros de guerre ainsi que son image d’intégrité et de décence lui valent un respect quasi unanime au sein de la classe politique américaine.
Après une tentative infructueuse en 2000, il représente le Parti républicain à l’élection présidentielle de 2008. Candidat respecté, il ne peut toutefois pas contrer l’enthousiasme portant la campagne du démocrate Barack Obama et perd le scrutin avec 45,7 % des voix et 173 grands électeurs. Il poursuit sa carrière au Sénat jusqu’à la fin de sa vie dix ans plus tard, entretenant des relations courtoises avec le président Obama et le vice-président Joe Biden, puis prenant position contre plusieurs projets de l’administration de Donald Trump.
Atteint d’un glioblastome, une tumeur au cerveau, il meurt à quelques jours de ses 82 ans. Son cercueil est disposé sous la rotonde du Capitole des États-Unis, avant un enterrement au cimetière de l’Académie navale d’Annapolis au Maryland.
29 août 1941 : exécution de Jan Doornik, Compagnon de la Libération.
De nationalité hollandaise, Jan Doornik est né le 26 juin 1905 à Paris.
Il commence ses études en France avant de les poursuivre en Suisse.
Les événements de mai 1940 le surprennent en Belgique où il se trouve pour affaires. Devant l’impossibilité de rejoindre La Haye, il décide de gagner la France.
Fermement résolu à s’engager pour combattre les Allemands, il arrive à Paris vers le 20 mai, les pieds en sang, et se présente à l’attaché militaire néerlandais qui lui conseille d’attendre une convocation.
Mais Jan Doornik ne veut pas attendre et, le 18 juin, il s’embarque à Bordeaux pour Cardiff où il rejoint un corps hollandais dans lequel il s’engage immédiatement comme volontaire dans une formation de choc.
Avec son unité il prend part à différentes expéditions de reconnaissance sur les côtes françaises. Au cours de l’une d’entre elles, alors que tous les officiers ont été tués, il prend le commandement du détachement et parvient à ramener ses camarades à la base. Cette action lui vaut une nomination d’officier.
Entre-temps, s’étant mis en rapport avec des officiers des Forces Françaises Libres, il obtient, avec le soutien du général de Gaulle, de la reine Wilhelmine l’autorisation de s’engager dans les Forces Françaises Libres dans lesquelles il est intégré avec le grade de lieutenant.
Jan Doornik est immédiatement volontaire pour une mission en France occupée. Chargé par le SR de la France Libre de reconnaître les installations de la Kriegsmarine sur la côte française, il débarque à Plogoff à la fin du mois de septembre 1940 sous le pseudonyme de Marcel Millot. Il se rend ensuite à Paris où il retrouve son frère Yves en même temps qu’il s’attache la collaboration enthousiaste de deux volontaires : Dobiès et Jean Auzias de Turenne. C’est dans la villa de ce dernier, à Saint-Cloud, qu’il décide d’installer le poste émetteur qui doit lui parvenir. Il confie à Turenne la direction de la filiale parisienne du réseau Nemrod.
Le 10 octobre, il repart pour Nantes et attend vainement à Plogoff le bateau qui doit le ramener en Angleterre. De guerre lasse il revient à Paris et s’efforce sans y parvenir d’envoyer à Londres, par l’Espagne, les informations qu’il a pu recueillir. A la fin du mois d’octobre, son frère le fait passer en Zone Non Occupée ; il crée une nouvelle filiale à Vichy, son frère l’y rejoint, et, ensemble, ils commencent à planter des jalons sur la côte méditerranéenne, de Nice à Perpignan. Jan Doornik tente de franchir la frontière espagnole pour rallier Gibraltar mais il échoue ; il essaie alors de passer par la Suisse où, parvenu jusqu’à Genève, il rencontre le Consul de Grande-Bretagne qui le prie d’attendre en Haute-Savoie les instructions de Londres. Deux jours plus tard il se voit confier la mission de retourner à Vichy pour accueillir le lieutenant Barlier envoyé d’Angleterre pour le seconder.
Le 25 décembre 1940 la première liaison radio avec la France Libre est établie à Nantes, par les membres du réseau Nemrod.
Fin décembre 1940, le lieutenant de vaisseau d’Estienne d’Orves rejoint à son tour la France et prend la direction des opérations. Jan Doornik, par l’intermédiaire de son frère Yves, rencontre pour la première fois Honoré d’Estienne d’Orves dans un café de Montparnasse, le 4 janvier 1941. D’Estienne d’Orves le félicite de l’action accomplie et lui propose de repartir avec lui pour Londres à la fin du mois. Mais de cette expédition qui comprend près de 30 hommes, peu nombreux sont ceux qui échappent aux arrestations, à la suite de la trahison du radio télégraphiste du réseau, entre le 20 et le 24 janvier 1941, à la veille de l’embarquement.
Le 3 février, Jan Doornik arrive à Nantes ; informé du désastre, il se rend à Plogoff dans une ferme où il est à son tour surpris par un détachement de cent hommes qui cernent la chaumière et se saisissent de lui. Emprisonné à Angers dans un premier temps, il est ensuite transféré à Berlin où il retrouve ses compagnons Barlier et d’Estienne d’Orves. Tous trois sont ramenés à Paris à la fin du mois de février pour être emprisonnés à la prison du Cherche-Midi.
Le procès de Jan Doornik et de ses camarades s’ouvre le 13 mai 1941. Douze jours plus tard, Barlier, Doornik et d’Estienne d’Orves sont condamnés à mort. La Cour Martiale qui les a jugés signe pourtant spontanément leur recours en grâce. De même, le conseiller allemand Keyser, ému par la droiture et le courage des condamnés soumet à Hitler un recours en grâce à leur endroit. En vain.
Le 28 août 1941, les trois hommes obtiennent de passer leur dernière nuit dans la même cellule. Ayant obtenu également que leurs yeux ne soient pas bandés au moment du supplice, ils sont fusillés le lendemain, 29 août 1941, à l’aube, au Mont Valérien.
Jan Doornik est exécuté en dernier. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise à Paris.
• Compagnon de la Libération – décret du 7 mars 1945
• Croix de la Résistance 1940-1945 (Pays-Bas)
29 août 1941 : chute de Tallinn et évacuation navale soviétique.
La Wehrmacht entre dans la capitale estonienne. La flotte soviétique de la Baltique, prise au piège, s’est repliée vers Kronstadt à travers un champ de mines : plus de 20 bâtiments perdus et environ 12 000 morts en 48 heures. C’est l’une des plus lourdes catastrophes navales de la guerre.
***
Encerclée depuis la mi-août, Tallinn est le dernier point d’appui soviétique dans les pays baltes. La flotte de la Baltique y a concentré l’essentiel de ses bâtiments, désormais menacés d’être détruits ou capturés à quai.
L’ordre d’évacuation est donné le 27 août. Quelque 190 navires (bâtiments de guerre, transports, remorqueurs, chalutiers réquisitionnés) appareillent vers Kronstadt, à 300 km à l’est, chargés d’environ 28 000 hommes, militaires et civils. La route passe par le golfe de Finlande, étroit, encadré par les côtes finlandaise au nord et estonienne au sud, et massivement miné par les Allemands et les Finlandais.
Le convoi est attaqué sans discontinuer par l’aviation, l’artillerie côtière et les vedettes rapides, tout en traversant les barrages de mines. Une vingtaine de bâtiments de guerre et une trentaine de transports sont perdus. Les estimations de pertes humaines varient de 10 000 à 15 000 morts, la plupart noyés.
Le cœur de la flotte parvient toutefois à Kronstadt et à Leningrad, où ses canons lourds appuieront la défense de la ville pendant le siège. C’est la justification a posteriori d’une opération dont la conduite a été sévèrement jugée.
L’épisode est peu connu en Occident. Il est parfois désigné dans l’historiographie russe comme la « traversée de Tallinn » et comparé, pour l’ampleur des pertes, à un Dunkerque manqué.
29 août 1943 : loi martiale au Danemark et sabordage de la flotte danoise.
Le Danemark, occupé le 9 avril 1940 après deux heures de combats, avait obtenu un régime sans équivalent en Europe : gouvernement et Parlement maintenus, souveraineté formelle préservée, police nationale conservée. Berlin y voyait la vitrine d’un « protectorat modèle ».
Le compromis se dégrade à partir de 1942, sous l’effet des sabotages, des grèves et surtout du refus danois de livrer sa population juive. À l’été 1943, l’Allemagne exige l’instauration de la peine de mort pour sabotage et l’interdiction des grèves. Le gouvernement refuse.
Le 29 août, l’occupant déclenche l’Unternehmen Safari : dissolution du gouvernement, loi martiale décrétée par le général von Hanneken, désarmement de l’armée danoise, internement de ses cadres. Les combats font 23 morts et 43 blessés côté danois.
Prévenue, la marine agit dans la matinée. Sur les 52 bâtiments principaux, 32 sont sabordés dans le port de Copenhague ; 13 parviennent à gagner les eaux suédoises, dont 4 unités importantes ; 2 se trouvaient déjà en sûreté au Groenland. Le garde-côtes Niels Juel tente de forcer la sortie de l’Isefjord, est attaqué par des Stuka et doit s’échouer. Les Allemands s’emparent de 14 grands navires et d’une cinquantaine de patrouilleurs, et renfloueront 15 des unités coulées.
Le geste est militairement mineur (la flotte danoise, non modernisée, avait une faible valeur de combat) mais s’avère décisif d’un point de vue politique car il met fin à la fiction de la coopération et fait basculer l’opinion. Un mois plus tard, prévenus par le diplomate allemand Georg Ferdinand Duckwitz, les Danois évacuent vers la Suède la quasi-totalité des 8 000 Juifs du pays : 7 900 sauvés, environ 450 déportés à Theresienstadt, 51 morts en déportation. C’est le taux de survie le plus élevé d’Europe occupée.
Les navires réfugiés en Suède formeront à l’automne 1944 une flottille danoise en exil.
29 août 1944 : soulèvement national slovaque.
À 20 heures, le lieutenant-colonel Ján Golian fait diffuser le mot d’ordre convenu et déclenche l’insurrection depuis Banská Bystrica. Pendant deux mois, une armée régulière retournée contre son propre gouvernement et des unités de partisans tiennent le centre de la Slovaquie face à la Wehrmacht et aux Waffen-SS. C’est l’un des soulèvements armés les plus importants de l’Europe occupée ; et l’un des rares auxquels des combattants français aient participé en nombre.
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La Slovaquie a proclamé son indépendance le 14 mars 1939, la veille de l’entrée allemande à Prague, sous la présidence du prélat Jozef Tiso. Le régime est autoritaire, confessionnel et satellite : il fournit des troupes à l’invasion de la Pologne puis à celle de l’URSS, et il livre à partir de mars 1942 près de 58 000 Juifs aux Allemands (presque les deux tiers de la communauté) avant de suspendre les convois en octobre 1942 sous la pression du Vatican et de sa propre opinion.
La défaite de Stalingrad, puis l’avance soviétique vers les Carpates en 1944, retournent une partie des élites. Les évasions de soldats slovaques du front de l’Est se multiplient : environ 3 200 hommes rejoignent la résistance ou l’Armée rouge. En avril 1944, le rapport que Rudolf Vrba et Alfréd Wetzler rapportent d’Auschwitz, où ils viennent de s’évader, circule dans le pays et contribue à délégitimer le régime.
L’accord dit de Noël, en décembre 1943, réunit communistes et démocrates au sein d’un Conseil national slovaque clandestin. Sur le plan militaire, la préparation est confiée à partir de mars 1944 au lieutenant-colonel Ján Golian, chef d’état-major du commandement terrestre de Banská Bystrica.
Une conspiration d’état-major
Le plan repose sur un pari : que l’armée slovaque bascule en bloc au moment choisi, en coordination avec l’Armée rouge.
Deux divisions, envoyées en Slovaquie orientale à partir de mai 1944, doivent ouvrir aux Soviétiques les cols des Carpates, à commencer par celui de Dukla. À défaut, elles tiendront les passes jusqu’à l’arrivée du 1er front ukrainien de Koniev. En Slovaquie centrale, un triangle défensif Banská Bystrica–Brezno–Zvolen doit être organisé.
La préparation logistique est méthodique et comporte un volet financier remarquable. Le gouverneur de la Banque nationale slovaque, Imrich Karvaš, et le conseiller économique Peter Zaťko obtiennent, sous le prétexte du risque de bombardement de Bratislava, le transfert de trois milliards de couronnes vers Banská Bystrica et Kremnica. L’insurrection disposera ainsi de sa propre trésorerie. Karvaš, arrêté, survivra de justesse aux camps.
Le déclenchement forcé
L’activité croissante des partisans, encadrés depuis juillet par des instructeurs soviétiques parachutés, provoque la réaction allemande avant que le dispositif ne soit prêt.
Le 27 août, des partisans arrêtent à Martin une mission militaire allemande revenant de Roumanie et exécutent ses membres. Berlin décide l’occupation. Le 29 août, les colonnes allemandes franchissent la frontière ; le ministre de la Défense Ferdinand Čatloš annonce à la radio que le gouvernement les a appelées.
Golian n’a plus le choix. À 20 heures, il diffuse le mot d’ordre convenu et donne l’ordre de combattre. Banská Bystrica est aux mains des insurgés le lendemain.
Le pari de l’armée est aussitôt perdu. Le 31 août, les Allemands désarment sans grande difficulté les deux divisions de Slovaquie orientale, soit quelque 24 000 hommes qui devaient ouvrir le passage à Koniev. Le verrou des Carpates reste fermé.
Deux mois de combats
L’insurrection contrôle environ 20 000 kilomètres carrés du centre du pays. La 1re armée tchécoslovaque en Slovaquie, forte de 18 000 hommes au départ et de 45 000 à 60 000 au plus fort, est complétée par une quinzaine de milliers de partisans. Le général Rudolf Viest, envoyé de Londres, prend le commandement en octobre, Golian devenant son adjoint.
Le soutien extérieur reste limité. Les Soviétiques acheminent par l’aérodrome de Tri Duby la 2e brigade parachutiste tchécoslovaque et le 1er régiment de chasse tchécoslovaque sur La-5. Les Américains y font atterrir des B-17 dans le cadre de missions de l’OSS. Aucun de ces apports ne compense l’absence d’armes lourdes.
Les Allemands engagent d’abord l’Einsatzgruppe H sous Gottlob Berger, puis, à partir du 20 septembre, un dispositif renforcé sous les ordres du SS-Obergruppenführer Hermann Höfle : une quarantaine de milliers d’hommes, dont la division SS Horst Wessel et la division blindée improvisée Tatra.
La pression devient irrésistible fin octobre. Le front insurrectionnel cède le 25 ; Banská Bystrica tombe le 27 octobre. Le 28, Viest signale à Londres que la résistance organisée a cessé. Le 30, Höfle et Tiso célèbrent ensemble la fin du soulèvement dans la ville reprise et décorent les soldats allemands.
Les unités survivantes gagnent les Basses Tatras et poursuivent la lutte en partisans jusqu’à la libération, au printemps 1945. Golian et Viest sont capturés le 3 novembre, interrogés, puis exécutés en Allemagne.
Dukla : le secours qui n’arrive pas
L’Armée rouge n’est pas restée inerte, contrairement à ce qui s’est passé au même moment devant Varsovie. Staline ordonne le 2 septembre le déclenchement d’une offensive vers les Carpates ; l’opération des Carpates-Dukla est lancée le 8 septembre par le 1er front ukrainien, avec le 1er corps d’armée tchécoslovaque de Ludvík Svoboda.
Montée en six jours, sans reconnaissance suffisante, sur un terrain montagneux idéal pour la défense, elle échoue à percer dans les délais. Le col de Dukla n’est atteint que le 6 octobre (date devenue en Tchécoslovaquie celle de la fête de l’armée) et la jonction avec les insurgés n’aura jamais lieu. Les pertes soviétiques dépassent 20 000 tués et 80 000 hommes hors de combat ; le corps tchécoslovaque perd environ 6 500 hommes.
Le débat historiographique porte moins sur une éventuelle mauvaise volonté soviétique — l’engagement fut réel et coûteux — que sur l’improvisation d’une opération lancée dans l’urgence politique, sans rapport avec les capacités du terrain.
La répression
Les représailles sont systématiques. Les commandos de l’Einsatzgruppe H exécutent les combattants capturés, les Juifs réfugiés dans la zone insurgée et les Roms. Le bilan établi après-guerre s’élève à environ 5 300 personnes exécutées et 211 charniers découverts. Quatre-vingt-treize villages sont détruits, dont Kalište, Ostrý Grúň et Kľak.
Les deux principaux sites sont Kremnička, où 747 personnes sont fusillées au bord d’un fossé antichar, en majorité juives, et Nemecká, où les corps furent brûlés dans un four à chaux, ce qui interdit tout décompte exact ; les historiens avancent environ 900 victimes.
La chute du soulèvement entraîne la reprise des déportations, suspendues depuis 1942 : quelque 13 500 Juifs slovaques sont envoyés à Auschwitz et à Sachsenhausen au cours de l’automne et de l’hiver.
La participation française (lire la note dédiée)
Environ 250 Français ont combattu dans le soulèvement, essentiellement des prisonniers de guerre et des travailleurs du STO évadés d’Allemagne, de Pologne ou de Hongrie, rejoints par des Belges. Ils forment sous le commandement du capitaine Georges Barazer de Lannurien la « Légion française des combattants en Slovaquie », qui libère le village de Sklabiňa le 28 août 1944, la veille du déclenchement officiel, et cantonne à Sklabinský Podzámok.
L’unité participe aux combats jusqu’à la chute de Banská Bystrica, puis à la guérilla dans les montagnes durant l’hiver. Les dépouilles de 24 d’entre eux reposent dans une crypte proche du mémorial du soulèvement. L’ambassade de France en Slovaquie entretient cette mémoire, qui constitue l’un des rares cas de participation française organisée à une insurrection nationale d’Europe centrale.
Des combattants d’une trentaine de nationalités ont pris part au soulèvement.
29 août 1949 : premier essai de la bombe A soviétique.
À 07 h 00 du matin, heure locale, l’URSS fait exploser sa première bombe atomique sur le polygone de Semipalatinsk, au Kazakhstan. Le monopole nucléaire américain aura duré 4 ans.
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Le RDS-1, nom de code Pervaïa Molnia (« premier éclair »), désigné Joe 1 par les Américains, est une bombe à implosion au plutonium. Sa conception reproduit très étroitement celle de Fat Man, larguée sur Nagasaki : sphère de plutonium comprimée par des lentilles explosives à base de TNT et d’hexogène.
Cette similitude n’est pas fortuite. Le renseignement soviétique disposait, par Klaus Fuchs, physicien allemand travaillant à Los Alamos, et par Theodore Hall, des plans détaillés de l’engin américain. Igor Kourtchatov, directeur scientifique du programme, et Lavrenti Beria, qui en assurait la tutelle politique, choisirent délibérément de copier un modèle éprouvé plutôt que de risquer un échec avec une conception soviétique ; laquelle existait et sera essayée en 1951.
La puissance dégagée est d’environ 22 kilotonnes.
Le principal obstacle initial était l’approvisionnement en uranium, l’URSS n’ayant pas de gisement connu au démarrage du projet. Le réacteur expérimental F-1, divergent en décembre 1946, fut alimenté avec de l’uranium saisi sur le programme nucléaire allemand ; minerai extrait au Congo belge et tombé aux mains de l’Allemagne après 1940. Les mines d’Allemagne de l’Est exploitées par la société SAG Wismut, puis celles de Tchécoslovaquie, de Bulgarie, de Roumanie et de Pologne, fournirent l’essentiel jusqu’à la découverte de ressources domestiques. Le tableau de production figurant dans la notice actuelle peut être conservé : il documente utilement la dimension prédatrice du programme sur les pays satellites.
Moscou n’annonce rien. C’est un WB-29 américain effectuant un prélèvement atmosphérique de routine au-dessus du Pacifique nord qui rapporte, le 3 septembre 1949, des échantillons anormalement radioactifs. L’analyse conclut à une explosion nucléaire. Truman rend l’information publique le 23 septembre.
L’effet est immédiat et considérable. Il déclenche la décision américaine de développer la bombe à hydrogène, annoncée le 31 janvier 1950 ; il précipite la constitution du dispositif militaire de l’OTAN ; il alimente la chasse aux espions atomiques, l’arrestation de Fuchs en février 1950 conduisant à celle des Rosenberg. Les analystes américains anticipaient un premier essai soviétique vers 1953.
Le polygone de Semipalatinsk accueillera 456 essais nucléaires jusqu’en 1989, dont 116 atmosphériques, exposant des centaines de milliers de personnes aux retombées. Il sera fermé par décret du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev le 29 août 1991, jour anniversaire du premier tir — date que les Nations unies ont retenue en 2009 pour instituer la Journée internationale contre les essais nucléaires.
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Entre 1945 et 1950, l’uranium pour le programme d’armement nucléaire soviétique vint des pays suivants (production minière uniquement) :
- 1945 : Union soviétique : 14,6 t.
- 1946 : Union soviétique : 50,0 t ; Allemagne de l’Est : 15 t ; Tchécoslovaquie : 18 t ; Bulgarie : 26,6 t.
- 1947 : Union soviétique : 129,3 t ; Allemagne de l’Est : 150 t ; Tchécoslovaquie : 49,1 t ; Bulgarie : 7,6 t ; Pologne : 2,3 t.
- 1948 : Union soviétique : 182,5 t ; Allemagne de l’Est : 321,2 t ; Tchécoslovaquie : 103,2 t ; Bulgarie : 18,2 t ; Pologne : 9,3 t.
- 1949 : Union soviétique : 278,6 t ; Allemagne de l’Est : 767,8 t ; Tchécoslovaquie : 147,3 t ; Bulgarie : 30,3 t ; Pologne : 43,3 t.
- 1950 : Union soviétique : 416,9 t ; Allemagne de l’Est : 1 224 t ; Tchécoslovaquie : 281,4 t ; Bulgarie : 70,9 t ; Pologne : 63,6 t.
À la fin des années 1960 démarre la production de la mine d’uranium de Krasnokamensk en Sibérie orientale.
29 août 2007 : mort à 91 ans de Pierre Mesmer, le « centurion » du général de Gaulle.
Pierre Messmer, né le à Vincennes (Seine) et mort le à Paris, est un homme d’État français.
Engagé dans les Forces françaises libres (FFL), il est après-guerre administrateur colonial. Il est impliqué dans la Guerre du Cameroun entre 1956 et 1958, où il pilote la contre-insurrection contre les indépendantistes communistes de l’UPC. Ministre des Armées du général de Gaulle de 1960 à 1969, il est nommé ministre d’État chargé des Départements et Territoires d’Outre-Mer en 1971.
Pierre Messmer occupe le poste de Premier ministre du au , sous la présidence de Georges Pompidou et l’intérim d’Alain Poher. Il est également maire de Sarrebourg de 1971 à 1989 et président du conseil régional de Lorraine de 1978 à 1979.
Chancelier de l’ordre de la Libération et chancelier honoraire de l’Institut de France, il est membre de l’Académie française de 1999 à sa mort. En 2005, il avait appelé à voter « non » au référendum de 2005 sur le traité européen.
Mobilisé en 1939, il est sous-lieutenant au 12e régiment de tirailleurs sénégalais. Le , alors stationné dans l’Allier avec le lieutenant Jean Simon, ils entendent à la radio la demande d’armistice du maréchal Pétain. Affectés dans l’après-midi à Pau, ils obtiennent la permission de rejoindre par leurs propres moyens leur nouvelle affectation en empruntant une vieille moto. Refusant de cesser le combat, les deux jeunes gens traversent le Massif central pour éviter les colonnes allemandes. Leur moto tombant en panne, ils font du stop jusqu’à Tarascon avant de prendre le train à Beaucaire pour Marseille où ils arrivent le au soir. Le , Jean Simon rencontre le capitaine au long cours Humbert Vuillemin, commandant du Capo Olmo qui cherche des hommes sûrs pour l’aider à détourner le navire italien vers l’Angleterre. En lisant Le Petit Provençal, les deux officiers prennent connaissance de l’appel du 18 Juin lancé par le général de Gaulle et embarquent avec quelques autres clandestins. Le soir du , au sein d’un convoi, le bateau simule une avarie de machine et se détourne vers l’ouest. Le lendemain matin l’équipage est informé de la décision du commandant.
Le Capo Olmo arrive à Gibraltar le , puis rejoint Liverpool le . La cargaison du navire qui se compose de 481 tonnes de matériel de guerre divers en particulier douze avions Glenn Martin en caisses, des camions et tracteurs d’aviation, est ensuite vendue aux Anglais, permettant à la France libre de subsister pendant les trois premiers mois.
Messmer et Simon intègrent la 13e DBLE et participent ensemble aux combats en Érythrée, en Syrie, à Bir Hakeim et en Tunisie en 1943. En , Messmer part en mission aux Antilles avant d’être affecté à Londres à l’état-major du général Kœnig, commandant en chef des Forces françaises de l’intérieur (FFI) et commandant supérieur des forces françaises en Grande-Bretagne. En il est envoyé en Normandie et participe à la libération de Paris et à la libération de la France. Le il reçoit la Légion d’honneur des mains du général de Gaulle lors d’une cérémonie à l’Arc de triomphe.
Parachuté en Indochine en août 1945, Pierre Messmer est fait prisonnier par le Việt Minh et s’évade après deux mois de captivité. Il rejoint Hanoï où il est démobilisé et rendu à la vie civile. De retour à Paris, il confie à de Gaulle en tête à tête que, Saïgon mise à part, la France ne contrôle rien au Viêt Nam, la seule solution possible étant de négocier avec Hô Chi Minh. Pierre Messmer est par la suite colonel de réserve.







