27 août – 479 : bataille de Platées (guerres médiques).
La bataille de Platées est la dernière grande bataille terrestre des guerres médiques. Elle se déroule en 479 av. J.-C. près de la ville de Platées, en Béotie, et oppose une alliance des cités-États grecques (dont Sparte, Athènes, Corinthe et Mégare) à l’Empire perse de Xerxès 1er.
En 480 av. J.-C., l’armée d’invasion perse menée par Xerxès remporte plusieurs succès aux Thermopyles et à l’Artémision ; elle conquiert la Thessalie, la Béotie et l’Attique. Cependant, lors de la bataille de Salamine, la flotte grecque coalisée remporte une victoire inattendue et empêche la conquête du Péloponnèse. Xerxès se retire alors avec le plus gros de son armée, laissant son général Mardonios poursuivre l’invasion de la Grèce.
À l’été de 479 av. J.-C., les Grecs rassemblent une puissante armée (à l’échelle contemporaine) et marchent vers le nord. Les Perses se replient en Béotie et construisent un camp fortifié près de Platées. Les Grecs refusent de s’avancer sur un terrain trop favorable à la cavalerie autour du camp perse, ce qui entraîne un enlisement au cours des onze jours suivants. Les lignes de ravitaillement grecques étant harcelées par les Perses, les Grecs se retirent vers une meilleure position dans un certain désordre.
Croyant ses adversaires en pleine retraite, Mardonios ordonne à ses troupes de les poursuivre. Mais les Grecs, principalement les Spartiates, les Tégéens et les Athéniens, livrent bataille et Mardonios est tué. Une grande partie de l’armée perse, enfermée dans le camp, est massacrée. La destruction de cette armée et des vestiges de la flotte perse à la bataille du cap Mycale met fin à l’invasion.
Les cités-États d’Athènes et d’Érétrie ont soutenu la malheureuse révolte de l’Ionie contre l’empereur perse Darius 1er en 499-494 av. J.-C. L’Empire perse, encore relativement jeune, est le théâtre de nombreuses révoltes parmi les différents peuples. La révolte ionienne menace l’intégrité de son empire et Darius veut punir ceux qui sont impliqués. Il utilise également le soulèvement comme un prétexte pour étendre son empire en Grèce. Une première expédition menée par Mardonios en 492, afin de sécuriser les approches terrestres de la Grèce, se termine avec la reconquête de la Thrace et la mise sous tutelle de la Macédoine. Une force amphibie commandée par Datis et Artapherne en 490 s’empare de l’île de Naxos et d’Érétrie avant d’attaquer Athènes. Cependant, lors de la bataille de Marathon, les Athéniens remportent une brillante victoire qui entraîne le retrait de l’armée perse en Asie.
Par conséquent, Darius commence à lever une grande armée afin de soumettre toute la Grèce. Cependant, il meurt avant de pouvoir lancer l’invasion. Le trône de Perse revient alors à son fils Xerxès 1er qui relance rapidement les préparatifs de l’invasion, dont la construction de deux ponts flottants en travers de l’Hellespont. En 481, Xerxès envoie des ambassadeurs en Grèce pour demander « de l’eau et de la terre » en signe de soumission tout en omettant délibérément de consulter Athènes et Sparte (théoriquement toujours en guerre avec l’Empire perse). Les Grecs commencent alors à se rassembler autour des deux États dominants. Un congrès des cités a lieu à Corinthe à la fin de l’automne 481 av. J.-C. ; une alliance est formée. Il s’agit d’un événement remarquable pour le monde hellénique car de nombreuses cités participantes sont techniquement en guerre les unes avec les autres.
Les alliés adoptent initialement une stratégie de défense des approches terrestres et maritimes du sud de la Grèce. Ainsi en août 480 av. J.-C., apprenant l’avancée des Perses, une petite troupe menée par Léonidas 1er, roi de Sparte, bloque le passage des Thermopyles tandis que la forte marine athénienne se déploie dans le détroit de l’Artémision. Les Grecs, largement inférieurs en nombre, tiennent les Thermopyles durant six jours avant d’être débordés par le flanc. Même si la plus grande partie de l’armée grecque s’est retirée, l’arrière-garde composée de Spartiates et de Thespiens est encerclée et anéantie. Lors des affrontements à proximité de l’Artémision qui ont lieu au même moment, la flotte grecque résiste mais elle se replie après l’annonce de la défaite des Thermopyles qui rend sans intérêt le contrôle du détroit.
Après la bataille des Thermopyles, l’armée perse progresse et pille les cités de Béotie qui ne se sont pas rendues : Platées et Thespies, avant d’investir Athènes qui a été évacuée. Pendant ce temps, l’armée alliée se prépare à défendre l’Isthme de Corinthe. Xerxès veut obtenir une victoire totale afin d’achever la conquête de la Grèce avant la fin de l’année ; les alliés, eux aussi, cherchent à obtenir une victoire décisive sur la flotte perse pour garantir la sécurité du Péloponnèse. La bataille de Salamine se termine par une grande victoire grecque et constitue le tournant du conflit.
À la suite de la défaite de son armée à Salamine, Xerxès se retire en Asie avec le gros de son armée. Selon Hérodote, il craint que les navires grecs n’atteignent l’Hellespont et n’incendient les ponts flottants, piégeant son armée en Europe. Il laisse ainsi à Mardonios et à ses meilleurs hommes le soin d’achever la conquête de la Grèce l’année suivante. Mardonios évacue l’Attique et passe l’hiver en Thessalie, tandis que les Athéniens réoccupent leur ville détruite. Au cours de l’hiver, les relations entre les alliés se tendent. En particulier, les Athéniens, qui ne sont pas protégés par l’isthme mais qui fournissent le gros de la flotte qui le défend, vivent mal cette situation et demandent aux alliés d’avancer vers le nord l’année suivante. Les alliés refusent et la flotte athénienne ne rejoint pas les autres marines au printemps. Celles-ci, maintenant commandées par le roi spartiate, Léotychidas II, quittent furtivement Délos tandis que le reste de la flotte perse s’échappe de Samos, les deux camps cherchant à éviter une confrontation. De même, sachant qu’une attaque de l’isthme est inutile, Mardonios reste en Thessalie et les alliés refusent d’envoyer une armée à l’extérieur du Péloponnèse.
Pour sortir de l’impasse, Mardonios essaye de se rallier les Athéniens et leur flotte par l’intermédiaire d’Alexandre 1er de Macédoine en offrant la paix, l’autonomie et des gains territoriaux. Les Athéniens s’assurent qu’une délégation spartiate est également sur place pour entendre l’offre et la refusent : « Il était fort inutile de grossir avec emphase les forces des Perses ; nous savions aussi bien que vous que les nôtres sont inférieures aux leurs. Cependant, brûlant du beau feu de la liberté, nous nous défendrons de tout notre pouvoir. »
Sur ce refus, les Perses marchent vers le sud. Athènes est une nouvelle fois évacuée et abandonnée aux Perses. Mardonios renouvelle son offre de paix aux Athéniens réfugiés sur l’île de Salamine. Athènes, ainsi que Mégare et Platées, envoient des émissaires à Sparte pour demander son assistance en menaçant d’accepter les termes perses si la ville refuse. Selon Hérodote, les Spartiates qui célèbrent le festival de Hyacinthe retardent la prise de décision jusqu’à ce qu’un invité, Chileos de Tégée, fasse remarquer le danger que ferait courir à toute la Grèce une reddition des Athéniens. Lorsque les émissaires athéniens notifient un ultimatum aux Spartiates le jour suivant, ils sont surpris d’apprendre qu’une armée est déjà en route pour affronter les Perses.
Selon Hérodote, les Spartiates ont envoyé 45 000 hommes : 5 000 Spartiates (citoyens soldats), 5 000 hoplites de Laconie (Périèques) et 35 000 Hilotes (sept par Spartiate). C’était probablement la plus large force spartiate jamais assemblée. Aux côtés des Spartiates, de nombreuses autres cités grecques ont envoyé des troupes pour affronter les Perses.
Hérodote rapporte le chiffre de 69 500 hommes d’infanterie légère ; 35 000 Hilotes spartiates et 34 500 soldats du reste de la Grèce. Il a été suggéré que le nombre de 34 500 correspond au nombre d’hoplites non spartiates. Hérodote écrit également qu’il y a 1 800 Thespiens (mais sans préciser leur équipement), ce qui donne un effectif total de 110 000 hommes.
Les historiens acceptent le nombre d’hoplites, car les Athéniens ont aligné à eux seuls 10 000 hoplites lors de la bataille de Marathon. Certains historiens ont accepté le nombre de troupes légères et l’ont utilisé pour recenser la population grecque à ce moment. Ce nombre est théoriquement possible car Athènes, par exemple, a aligné à Salamine 180 trières, ce qui a nécessité 36 000 rameurs. Ainsi 69 500 troupes légères pouvaient être déployées à Platées. Néanmoins, ce nombre est souvent rejeté car jugé exagéré, en particulier le rapport de 7 Hilotes pour 1 Spartiate. Par exemple, Lazenby reconnaît que les hoplites des autres villes grecques auraient pu être accompagnés d’un domestique légèrement armé mais rejette le nombre de 7 Hilotes pour 1 Spartiate. Selon lui, la plupart des Hilotes ont été employés dans la logistique. De plus, Lazenby et Holland jugent que les troupes légères n’ont eu qu’un rôle marginal dans la bataille, ce qui réduit l’importance du débat sur leur nombre.
De plus, une certaine proportion de la main d’œuvre grecque est nécessaire pour armer la flotte dont les effectifs se montent à 110 trirèmes et donc à environ 22 000 hommes. Comme la bataille du cap Mycale se déroule en même temps que la bataille de Platées, ces hommes ne peuvent pas participer à Platées. La probabilité d’avoir 110 000 Grecs à Platées en est donc encore réduite.
Les forces grecques se trouvent, comme convenu lors du congrès allié, sous le commandement de la royauté de Sparte en la personne de Pausanias, régent du jeune fils de Léonidas, Pleistarchos, son cousin. Diodore dit que le contingent athénien est dirigé par Aristide et il est probable que les autres contingents aient leurs propres chefs. Hérodote relate qu’à plusieurs reprises les Grecs tiennent des conseils en prélude à la bataille, ce qui semble montrer que Pausanias n’a pas une totale autorité sur les autres contingents grecs. Cela a joué un rôle sur la suite de la bataille car Pausanias a été incapable d’ordonner aux Athéniens de rejoindre ses forces, donc les Grecs combattent complètement séparés les uns des autres.
D’après Hérodote, les Perses alignent 300 000 hommes et sont accompagnés par des troupes grecques issues des cités-États soutenant la cause perse (dont Thèbes). Hérodote admet que les effectifs de ces derniers ne sont pas connus mais il les estime à 50 000.
Ctésias, qui a écrit une histoire de la Perse fondée sur des archives perses, avance le chiffre de 120 000 Perses et de 7 000 Grecs mais son récit est généralement confus. Par exemple, il place cette bataille avant celle de Salamine et il rapporte qu’il y a seulement 300 Spartiates, 1 000 périèques et 6 000 soldats d’autres villes à Platées, ce qui montre qu’il la confond avec celle des Thermopyles.
Le chiffre de 300 000 a été mis en doute, de même que la plupart des chiffres d’Hérodote, par de nombreux historiens. Le consensus moderne estime le nombre de soldats pour l’ensemble de l’armée perse lors de l’invasion de la Grèce à environ 250 000. D’après ce consensus, le chiffre de 300 000 Perses à Platées serait impossible. Une méthode d’estimation de la taille de l’armée perse a été de calculer le nombre d’hommes pouvant être abrités dans le camp. Cette approche donne de 120 000 à 70 000 hommes. Lazenby par exemple avance 70 000 hommes, dont 10 000 cavaliers, en se fondant sur une comparaison avec les camps militaires romains ultérieurs. Dans le même temps, Connolly retient 120 000 soldats avec la même comparaison. Ainsi, la plupart des estimations pour la force perse tournent autour de ces chiffres. Par exemple, Delbrück conclut que l’effectif de 75 000 hommes est la limite maximale pour l’armée en se fondant sur la distance parcourue par les Perses lorsqu’Athènes est attaquée.
LA BATAILLE
Lorsque les Perses se rendent compte que les Grecs ont abandonné leurs positions et semblent se retirer, Mardonios décide de se lancer dans une poursuite immédiate avec son infanterie d’élite bientôt suivie par le reste de l’armée. Les Spartiates et les Tégéens ont à ce moment atteint le temple de Déméter. Amompharétos, qui commande le lochos (unité militaire) de Pitanè, commence à se retirer de la crête, sous la pression de la cavalerie perse, pour les rejoindre. Pausanias envoie un messager aux Athéniens pour leur demander de soutenir les Spartiates. Cependant, les Athéniens sont attaqués par la phalange thébaine (alliée aux Perses) et ne peuvent assister Pausanias. Les Spartiates et les Tégéens affrontent la cavalerie perse tandis que l’infanterie perse continue d’avancer. La cavalerie se retire et les archers commencent à tirer sur les Grecs.
Selon Hérodote, Pausanias refuse d’avancer car les sacrifices de chèvres n’ont pas fourni de bons présages. À ce moment, les Tégéens soumis aux tirs nourris des Perses décident de charger les lignes ennemies. Après un dernier sacrifice et des prières, Pausanias reçoit des présages favorables et ordonne aux Spartiates d’engager le combat.
L’infanterie perse, supérieure en nombre, est composée de la lourde (selon les standards perses) formation des sparabaras mais celle-ci est plus légère que la phalange hoplitique grecque. Les Perses utilisent de larges boucliers en osier et des lances courtes. Par comparaison, les hoplites sont protégés par une armure et un bouclier en bronze et combattent avec une longue lance. Comme à Marathon, la différence est disproportionnée. Même si le combat est long et acharné, les Grecs continuent à pousser dans les lignes perses. Mardonios, sur un cheval blanc, est présent dans la mêlée avec une escorte de 1 000 hommes et tant qu’il est là, les Perses tiennent leurs positions. Toutefois, les Spartiates se rapprochent de Mardonios et une pierre lancée par le Spartiate Aeimnestus l’atteint à la tête et le tue. Après la mort de leur commandant, les Perses commencent à s’enfuir même si sa garde personnelle combat jusqu’à la mort. La débâcle devient rapidement générale et de nombreux Perses se replient vers le camp. Cependant, Artabaze (qui a auparavant commandé les sièges d’Olynthe et de Potidée) désapprouvant la décision de Mardonios d’attaquer n’a pas engagé toutes ses troupes. Lorsque la débâcle commence, il mène les hommes (40 000 selon Hérodote) à l’écart du champ de bataille en direction de la Thessalie en espérant s’échapper par l’Hellespont.
De l’autre côté du champ de bataille, les Athéniens viennent de remporter une dure bataille contre les Thébains. Les autres Grecs combattant pour les Perses ont, selon Hérodote, volontairement mal combattu. Les Thébains quittent le champ de bataille mais dans une direction différente de celle des Perses, ce qui leur permet de ne pas subir de plus lourdes pertes. Les alliés grecs, renforcés par un contingent qui n’a pas pris part à la bataille, ravagent le camp perse. Malgré une défense vigoureuse des murs, ceux-ci sont pris et les Perses sont massacrés par les Grecs. Sur tous les Perses qui ont rejoint le camp, à peine 3 000 sont laissés en vie.
Selon Hérodote, seuls 43 000 Perses survivent à la bataille. Le nombre de morts est évidemment lié au nombre de soldats sur place. Selon Hérodote, il y aurait eu 257 000 morts perses et seulement 159 morts chez les Grecs. De plus, il avance que seuls des Spartiates, des Tégéens et des Athéniens ont été tués, car ils sont les seuls à avoir combattu. Plutarque, qui avait accès à d’autres sources, donne le chiffre de 1 360 morts grecs, tandis que Diodore de Sicile et Éphore de Cumes parlent de 10 000 morts.
Selon Hérodote, la bataille du cap Mycale a lieu le même après-midi que la bataille de Platées. Une flotte grecque commandée par le roi de Sparte Léotychidas II a navigué jusqu’à l’île de Samos pour affronter les restes de la flotte perse. Les Perses, dont les navires sont mal entretenus, ont décidé de ne pas risquer une attaque et au contraire ont échoué leurs navires sur une plage en contrebas du mont Mycale en Ionie. Une armée de 60 000 hommes a été laissée sur place par Xerxès et a rejoint la flotte pour construire une palissade autour des navires. Léotychidas décide d’attaquer le camp avec les marins de la flotte alliée. Voyant la petite taille de la force grecque, les Perses font une sortie mais les hoplites se montrent supérieurs et détruisent le contingent perse. Les navires sont capturés et brûlés par les Grecs, anéantissant la puissance maritime de Xerxès et marquant l’ascendance maritime grecque.
Avec la double victoire de Platées et de Mycale, la seconde invasion perse de la Grèce est terminée. De plus, la menace d’une invasion future est réduite. Même si les Grecs s’inquiètent que Xerxès puisse lancer une nouvelle attaque, il devient rapidement clair que le désir perse d’envahir la Grèce a grandement diminué.
Les restes de l’armée perse, commandés par Artabaze, tentent de se retirer en Asie mineure. En traversant la Thessalie, la Macédoine et la Thrace par le plus court chemin, Artabaze arrive finalement à Byzance avec de lourdes pertes dues aux attaques thraces, à la fatigue et à la faim. Après la victoire de Mycale, la flotte grecque fait route vers l’Hellespont pour détruire les ponts flottants mais les Perses les ont déjà démantelés. Les flottes des villes du Péloponnèse se retirent mais les Athéniens restent pour attaquer la péninsule de Gallipoli toujours occupée. Les Perses et leurs alliés font route vers Sestos, la plus puissante ville de la région. Sa prise par les Athéniens après un long siège marque une nouvelle phase des guerres médiques. Hérodote termine ses Histoires après le siège de Sestos. Au cours des 30 années suivantes, les Grecs, principalement la Ligue de Délos dominée par Athènes, expulsent les Perses de Macédoine, de Thrace, des îles Égéennes et d’Ionie. La paix avec la Perse arrive finalement en 449 av. J.-C. avec la paix de Callias qui met fin à près d’un demi-siècle de conflits.
27 août 1626 : bataille de Lutter am Barenberge.
Au sud de l’actuelle Salzgitter, en Basse-Saxe, l’armée de la Ligue catholique commandée par Tilly écrase celle du roi Christian IV de Danemark. La défaite met fin à l’intervention danoise dans la guerre de Trente Ans et ouvre la voie à la domination impériale sur toute l’Allemagne du Nord.
***
Christian IV de Danemark, également duc de Holstein et donc prince d’Empire, est entré en guerre en 1625 à la tête du Cercle de Basse-Saxe pour soutenir les protestants allemands, avec l’appui financier des Provinces-Unies et de l’Angleterre. Son allié Ernst von Mansfeld a été battu au pont de Dessau par Wallenstein en avril 1626 et s’est éloigné vers la Hongrie ; le roi se retrouve seul face à Tilly.
Alors que Tilly assiège Northeim, Christian IV marche au secours de la place avec quelque 16 000 fantassins, une forte cavalerie et une vingtaine de pièces. Tilly, d’abord en retrait, reprend l’offensive à partir du 22 août une fois ses forces réunies ; renforcées par 8 000 hommes détachés par Wallenstein. Le Danois se replie sur Wolfenbüttel. Le 25 au soir, l’avant-garde catholique accroche son arrière-garde ; le 26, la pression est telle que Christian doit faire volte-face à plusieurs reprises. Il est ralenti par son refus d’abandonner ses charrois.
Le 27 au matin, poussé hors des défilés vers un terrain plus ouvert entre Bockenem et Goslar, à proximité du château de Lutter, il se met en bataille sur une position en hauteur, un vallon marécageux le séparant de son adversaire. La canonnade s’engage ; vers midi, les deux armées sont rangées.
L’artillerie danoise est mal servie (2 pièces sur 21 tirent simultanément) quand celle de la Ligue est employée en masse. Tilly attaque de front puis enveloppe les deux ailes. La ligne danoise cède, la cavalerie décroche, l’infanterie est prise en tenaille. Christian IV quitte le champ de bataille avec moins de la moitié de ses effectifs. Les pertes danoises sont évaluées entre 4 000 et 6 000 hommes tués, blessés ou prisonniers ; l’artillerie et les bagages sont perdus.
Les conséquences politiques dépassent l’engagement. Les princes du nord de l’Allemagne, jusqu’aux ducs de Mecklembourg, cessent d’appuyer Christian IV. Tilly et Wallenstein occupent le Jutland l’année suivante. La paix de Lübeck, en mai 1629, met fin à la période danoise de la guerre : le Danemark conserve ses territoires mais renonce à toute intervention dans l’Empire. C’est la Suède de Gustave-Adolphe qui reprendra, en 1630, le rôle de champion protestant.
27-30 août 1776 : bataille de Long Island (guerre d’indépendance des États-Unis).
Première bataille rangée livrée par l’armée continentale depuis la déclaration d’indépendance, l’affaire de Long Island se solde par une défaite américaine complète. Une manœuvre de contournement nocturne, puis l’inertie du commandement britannique, permettent à Washington de sauver son armée dans la nuit du 29 au 30 août.
***
Le dispositif
Une armée expéditionnaire britannique se concentre dans la baie de New York à partir du 29 juin 1776 : environ 400 bâtiments, dont une trentaine de navires de guerre, 10 000 marins et 32 000 soldats, parmi lesquels 8 000 auxiliaires allemands sous les ordres du général von Heister. Les forces terrestres sont commandées par le général William Howe, les forces navales par son frère, l’amiral Richard Howe ; distinction que les récits confondent régulièrement. Cornwallis et Clinton servent sous les ordres de William Howe.
Le 22 août, environ 20 000 hommes débarquent à Gravesend Bay, au sud de Brooklyn. Le poste avancé du colonel Edward Hand donne l’alerte à Washington.
Les Américains alignent au moins 7 000 hommes sur Long Island, milice de New York renforcée de contingents du Connecticut, du Delaware et du Maryland. Le commandement local revient à Israel Putnam, qui a remplacé Sullivan le 24 août. Environ 5 000 hommes tiennent les Brooklyn Heights, appuyées par les forts Putnam, Greene et Box. Le reste occupe une première ligne sur les hauteurs de Guan, quelques kilomètres au sud, percée de quatre passes. Lord Stirling tient l’extrémité ouest avec quelque 1 500 hommes ; Sullivan le centre ; la Jamaica Pass, à l’est, n’est surveillée que par cinq officiers montés, le colonel Samuel Miles et ses 600 hommes se trouvant en retrait.
La manœuvre
Dans la nuit du 26 au 27 août, Clinton conduit environ 10 000 hommes par un long mouvement tournant vers la Jamaica Pass, laissée ouverte. La colonne franchit les hauteurs sans être détectée. Au matin du 27, Miles tente d’attaquer l’arrière-garde de cette colonne ; il est capturé avec 150 de ses hommes.
Pendant ce temps, le général Grant fixe Stirling à l’ouest avec 5 000 hommes et les Allemands de von Heister attaquent la Flatbush Pass au centre. Pris de revers, le dispositif américain se disloque.
Stirling assure alors la couverture du repli. Il ordonne au gros de sa troupe de gagner les forts en traversant les marais de Gowanus Creek et se retourne, avec environ 250 hommes du 1er régiment du Maryland, contre la maison Vechte-Cortelyou tenue par Cornwallis. 6 assauts successifs, tous repoussés, lui coûtent la quasi-totalité de son détachement mais gagnent le temps nécessaire. Il se rend en début d’après-midi.
Howe, plutôt que d’enlever les Brooklyn Heights à la baïonnette, décide d’ouvrir une attaque en règle ; décision qui lui sera reprochée pendant 2 siècles.
L’évacuation
Une pluie battante s’installe à partir du 28 et interdit toute reprise des combats. Le soir du 29, Washington décide d’évacuer Long Island. Réquisitionnant toutes les embarcations disponibles et confiant la manœuvre aux marins-pêcheurs du régiment de Marblehead de John Glover, il fait passer 9 000 hommes, leur artillerie et leurs équipements sur Manhattan en une nuit, sous le couvert d’un brouillard matinal providentiel. Aucun homme n’est perdu. Le 30 au matin, les Britanniques trouvent les positions vides.
Bilan
- Pertes américaines : environ 300 tués et 1 100 prisonniers, pour un total d’environ 1 400 hommes hors de combat.
- Pertes britanniques et allemandes : 63 tués et un peu plus de 300 blessés ou disparus.
À la mi-septembre, le capitaine Nathan Hale, envoyé en reconnaissance derrière les lignes britanniques sous l’apparence d’un maître d’école, est capturé et pendu le 22 septembre 1776 sur ordre de William Howe. La phrase qu’on lui prête (il ne regrette que de n’avoir qu’une vie à donner pour son pays) en fera une figure fondatrice du renseignement américain. Les 20 et 21 septembre, le grand incendie de New York, d’origine jamais établie, détruit un quart de la ville, qui restera britannique jusqu’en 1783.
Militairement, la campagne de New York est un désastre pour les Américains. Politiquement, elle ne l’est pas : en préservant son armée, Washington conserve l’instrument qui lui permettra de reprendre l’initiative à Trenton, en décembre.
27 août 1783 : premier vol d’un ballon à hydrogène.
Deux mois après la première ascension d’une montgolfière à Annonay, le physicien Jacques Charles fait décoller du Champ-de-Mars un ballon de taffetas gonflé à l’hydrogène. L’engin parcourt une quinzaine de kilomètres avant d’être détruit à coups de fourche par les paysans de Gonesse.
***
Charles, chimiste et physicien réputé dont les cours attirent le Tout-Paris (Benjamin Franklin y assiste), a l’idée de remplacer l’air chaud des Montgolfier par l’« air inflammable » identifié par Cavendish et baptisé hydrogène par Lavoisier. Une souscription lancée par le géologue Faujas de Saint-Fond réunit les fonds ; l’Académie royale des sciences patronne l’expérience.
Les frères Anne-Jean et Marie-Noël Robert construisent une enveloppe de taffetas de soie enduite de caoutchouc dissous, d’environ 4 m de diamètre. La production de gaz, entamée le 23 août, exige de verser plusieurs centaines de kilogrammes d’acide sulfurique sur de la limaille de fer ; l’opération dure 4 jours et échauffe tellement le gaz qu’il faut le refroidir. Le ballon, gonflé place des Victoires, est transporté de nuit à la lueur des torches jusqu’au Champ-de-Mars, escorté par un détachement du guet ; précaution justifiée par l’attroupement.
Le lâcher a lieu le 27 août vers 17 h 00, sous la pluie, devant une foule considérable. L’engin, sans équipage, monte à environ 900 m, disparaît dans les nuages et, l’enveloppe éclatant sous l’effet de la dilatation, retombe environ trois quarts d’heure plus tard sur le territoire de Gonesse, à une quinzaine de kilomètres au nord.
Les habitants, qui n’ont aucune idée de ce qui vient de tomber du ciel, l’attaquent à la fourche et le font traîner par un cheval. L’épisode conduit le gouvernement à publier, le 3 septembre, une proclamation expliquant à la population ce qu’est un aérostat et l’invitant à ne pas s’en effrayer.
L’expérience ouvre la voie parallèle du ballon à gaz, distincte de celle de l’air chaud. Charles et Marie-Noël Robert effectueront le 1er décembre 1783, depuis les Tuileries, la première ascension humaine en ballon à hydrogène, avec nacelle, soupape, lest, baromètre et ancre ; l’architecture qui restera celle du ballon libre jusqu’à nos jours. C’est cette filière qui donnera, onze ans plus tard, la Compagnie d’aérostiers de la Convention et le ballon d’observation L’Entreprenant à Fleurus.

27 août 1798 : bataille de Castlebar (Irlande).
La bataille de Castlebar s’est déroulée le pendant la Rébellion irlandaise de 1798 où une force combinée de 2 000 Français et rebelles irlandais l’emportèrent sur une force de 6 000 Britanniques*. Elle faisait suite au débarquement français de l’expédition d’Irlande de 1798. La bataille fut plus tard surnommée la « course de Castlebar » pour se moquer de la vitesse et la distance que les Anglais parcoururent dans leur fuite.
***
Les renforts français, attendus depuis longtemps pour aider la rébellion irlandaise arrivèrent le 22 août. Environ 1 100 soldats sous les ordres du général Humbert débarquèrent dans le comté de Mayo. Bien que les forces aient été peu nombreuses, le site isolé avait permis un débarquement sans grande opposition, loin des dizaines de milliers de soldats britanniques concentrés dans l’Est dans Leinster, occupés dans des opérations contre les poches de résistance des rebelles. La ville voisine de Killala fut rapidement occupée après une brève résistance par des petits propriétaires locaux. Ballina fut prise à son tour deux jours plus tard, après la déroute d’une force de cavalerie envoyée par la ville pour s’opposer aux républicains. Les volontaires irlandais se joignirent progressivement aux Français surtout après la victoire à Ballina.
Le Lord lieutenant d’Irlande Cornwallis, demanda d’urgence des renforts d’Angleterre mais toutes les forces disponibles ont été concentrées à Castlebar sous le commandement du général Lake, le vainqueur de la bataille de Vinegar Hill. Les forces britanniques de Castlebar comprenaient 6 000 soldats, une douzaine de pièces d’artillerie et disposaient d’un important approvisionnement.

Laissant environ 200 soldats à Killala pour couvrir ses arrières, Humbert prit la tête d’une force combinée d’environ 2 000 Français et Irlandais et marcha le 26 août sur Castlebar. Devinant sans difficulté son objectif, les Anglais s’y fortifièrent, forts de leur avantage numérique et de leur artillerie pour repousser une attaque frontale à partir de la route de Ballina. Cependant, les rebelles irlandais, connaissant bien le terrain, conseillèrent aux Français d’utiliser un autre itinéraire pour se rendre à Castlebar, en passant à l’ouest, par les rives du lac Lough Conn que les Britanniques croyaient infranchissable pour une armée moderne équipée d’artillerie. Quand les avant-postes repérèrent l’ennemi en approche, les Anglais, surpris, durent à la hâte déplacer leur artillerie.
Celle-ci était à peine redéployée quand l’armée franco-irlandaise apparut à proximité de la ville, à environ 06 h 00 du matin. Les Britanniques ouvrirent le feu. Les Français cependant identifièrent rapidement un défilé offrant une certaine protection, qui faisait face au centre de la ligne d’artillerie. Les grenadiers français et irlandais de l’adjudant général Jean Sarrazin firent face aux canons anglais au centre du dispositif.
L’adjudant général François-Xavier Octavie Fontaine et le capitaine Louis de Crestou, à la tête de 43 hommes du 3e régiment de chasseurs à cheval, prirent à revers les Anglais sur leur flanc gauche, firent mettre bas les armes à un régiment, lui enlevèrent quatre pièces de canon et mirent les canonniers en fuite. La panique gagna alors les rangs britanniques, qui furent mis en déroute.
Quelques soldats des milices de Longford et de Kilkenny coururent pour rejoindre les rebelles et prendre part à la lutte contre leurs anciens alliés. Une unité de cavalerie et l’infanterie régulière britannique essayèrent bien de tenir tête, mais furent rapidement submergées.
Dans la déroute des soldats britanniques, des quantités importantes de fusils et d’équipements furent abandonnés, parmi lesquels les bagages personnels du général Lake. Bien que n’étant plus poursuivis un mille ou deux au-delà de Castlebar, les Anglais ne s’arrêtèrent pas avant d’atteindre Tuam, quelques unités se sauvèrent jusqu’à Athlone. La panique était telle que seule l’arrivée de Cornwallis à Athlone stoppa la fuite devant le Shannon. La ballade, Races of Castlebar, raconte l’épopée des cavaliers français dans les rues de la ville.
Bien que réalisant une victoire spectaculaire, les pertes des Français et des Irlandais furent élevées, environ 150 hommes, tués pour la plupart lors de la canonnade au début de la bataille. Les Anglais ont souffert de plus de 350 pertes dont environ 80 morts et peut-être 150 qui se joignirent aux rebelles. Après la victoire, les milliers de volontaires se sont assemblés pour rejoindre les Français qui ont également envoyé une demande de renforts en France et ont formellement déclaré la république de Connaught le 31 août.
—
*Les 6 000 hommes de Lake correspondent à l’effectif rassemblé dans la région de Castlebar, non aux seuls combattants engagés, dont le nombre est nettement inférieur.

27 août 1805 : fin du projet d’invasion de l’Angleterre (camp de Boulogne).
L’ordre de mouvement donné le 27 août 1805 met fin à deux ans de préparatifs d’invasion de l’Angleterre. En quelques semaines, l’Armée des côtes de l’Océan devient la Grande Armée et bascule vers le Danube.
***
Depuis 1803, quelque 150 000 à 200 000 hommes sont rassemblés entre Brest et le Texel, l’essentiel autour de Boulogne, avec une flottille de plus de 2 000 bâtiments de débarquement. Le camp a servi de laboratoire : c’est là que se sont formés les corps d’armée permanents, structure interarmes autonome qui deviendra la signature du système napoléonien, et que se sont rodés l’encadrement et l’instruction qui feront la qualité des campagnes suivantes.
L’opération supposait la maîtrise temporaire de la Manche. Le plan reposait sur une diversion de Villeneuve aux Antilles destinée à entraîner Nelson au loin, puis sur un retour rapide vers le Nord. Le 22 août, Napoléon apprend que Villeneuve, après l’engagement indécis du cap Finisterre, a relâché à Cadix au lieu de remonter vers la Manche. La combinaison navale s’effondre.
Au même moment se confirme la formation de la troisième coalition, financée par Londres : l’Autriche mobilise, la Russie se met en marche, l’armée de Mack franchit l’Inn et entre en Bavière. La menace n’est plus outre-Manche mais sur le Rhin et le Danube.
Les ordres de mouvement partent à la fin du mois. À compter du 27 août, les corps quittent successivement le littoral et marchent vers l’est en éventail, chacun sur son axe, sans convois lourds. En cinq semaines, l’armée franchit le Rhin ; le 20 octobre, Mack capitule à Ulm ; le 2 décembre, c’est Austerlitz. La rapidité de ce basculement stratégique (plus de 600 kilomètres pour certains corps) doit précisément à l’organisation mise au point sur les falaises de Boulogne.
Le lendemain de la capitulation d’Ulm, la destruction de la flotte franco-espagnole à Trafalgar rendra définitivement caduc tout projet de débarquement.

27 août 1810 : bataille navale de Grand Port.
La bataille de Grand Port fut une bataille navale qui opposa deux escadres britanniques et française dans la baie de Grand Port de l’Île-de-France (aujourd’hui île Maurice) entre le 20 et le 27 août 1810, durant la campagne de l’île Maurice.
Une flottille britannique de quatre frégates chercha à bloquer l’entrée de la baie en capturant le fort de l’île de la Passe défendant son entrée. La position fut saisie le 13 août et lorsqu’une escadre française menée par le capitaine Guy-Victor Duperré (avec le commandant Bouvet à ses côtés) approcha de la baie 7 jours plus tard, le commandant britannique, Samuel Pym, décida de l’attirer dans les eaux peu profondes et de la détruire avec sa puissance de feu supérieure.
4 des 5 navires français parvinrent à franchir le blocus britannique et s’abritèrent dans la baie qui n’était accessible que par un chenal étroit infranchissable sans un pilote expérimenté. Lorsque Pym ordonna à ses frégates d’attaquer les navires français à l’ancrage le 22 et 23 août, ses navires furent bloqués par le récif corallien. Deux d’entre eux s’échouèrent, un troisième dut se rendre après avoir été la cible de tous les navires français et le quatrième ne parvint pas à approcher suffisamment près pour ouvrir le feu. Même si les navires français avaient également été sévèrement endommagés, l’affrontement fut un désastre pour les Britanniques car les deux navires échoués furent incendiés pour éviter leur capture et les deux autres furent arraisonnés par les Français. Le capitaine britannique Nesbit Willoughby, commandant la Néréide, fut gravement mutilé lors de cette confrontation.
Les convois britanniques dans l’océan Indien étaient laissés sans protection et la Royal Navy réagit en déployant une force importante sous le commandement de l’amiral Albemarle Bertie qui envahit rapidement l’Île-de-France (29 novembre – 3 décembre 1810). La bataille de Grand Port fut la plus grande victoire navale française durant le régime napoléonien, elle figure donc sur l’Arc de triomphe de Paris.
—
Grand Port est le seul nom de victoire navale française inscrit sous l’Arc de triomphe.

27 août 1813 : deuxième journée de la bataille de Dresde.
Le 26, l’attaque de Schwarzenberg sur les faubourgs sud de Dresde a été enrayée par l’arrivée en force de Napoléon, dont la Garde venait de couvrir 145 km en 3 jours.
Le 27 au matin, sous une pluie continue qui rend les fusils inutilisables, Napoléon prend l’initiative. Il concentre son effort sur l’aile gauche alliée, isolée du reste du dispositif par la vallée de la Weisseritz en crue. Murat, avec la cavalerie et le corps de Victor, l’enveloppe et la détruit : plusieurs milliers de prisonniers autrichiens, une quinzaine de pièces. Sur l’aile droite, Ney et Marmont fixent l’adversaire. À la mi-journée, Schwarzenberg ordonne le décrochage vers la Bohême, exécuté en bon ordre.
Les pertes alliées sont évaluées à 38 000 hommes, celles des Français à environ 10 000.
C’est au cours de cette journée que le général Moreau, vainqueur de Hohenlinden passé au service du tsar comme conseiller après son exil américain, est atteint aux deux jambes par un boulet français alors qu’il se trouve auprès d’Alexandre Ier. Amputé sur place, il meurt le 2 septembre à Louny, en Bohême. Il sera fait feld-maréchal de Russie à titre posthume.
Napoléon, souffrant, ne conduit pas la poursuite. Vandamme, s’y engageant seul, est encerclé et capturé à Kulm les 29 et 30 août. Combinée à la défaite de Macdonald sur la Katzbach le 26 et à celle de Ney à Dennewitz le 6 septembre, cette absence d’exploitation annule en deux semaines le bénéfice de Dresde.
27 août 1816 : bombardement néerlando-britannique de la ville d’Alger.
La course barbaresque, en déclin au XVIIIe siècle, a repris pendant les guerres napoléoniennes, les marines européennes étant occupées ailleurs. Les États-Unis y ont répondu par deux guerres, en 1801-1805 puis en 1815. Le congrès de Vienne ayant inscrit l’abolition de la traite à son ordre du jour, la Grande-Bretagne est sommée d’agir contre un esclavage pratiqué à ses portes. Une première mission d’Exmouth, au printemps 1816, obtient de Tunis et de Tripoli la libération des captifs. Alger tergiverse, le dey Omar Agha faisant valoir que la course finance ses troupes. Peu après le départ de l’escadre, la garnison algérienne massacre à Bône des pêcheurs corailleurs italiens et corses placés sous protection britannique. Exmouth est renvoyé, cette fois avec mission de contraindre.
***
L’escadre britannique compte cinq vaisseaux de ligne (dont le Queen Charlotte de 100 canons, navire amiral) 4 frégates, 4 sloops, 5 bombardes et 1 train de chaloupes canonnières et de brûlots, soit une vingtaine de bâtiments. Elle est rejointe à Gibraltar par une escadre néerlandaise de cinq frégates et une corvette, sous les ordres du vice-amiral Theodorus Frederik van Capellen, qui offre spontanément son concours.
Face à elle, les fortifications du môle et de la rade alignent plusieurs centaines de pièces, certaines de fort calibre, et la garnison est renforcée par des milliers d’hommes rappelés de l’intérieur.
Les exigences remises le matin du 27 août (libération sans rançon de tous les captifs chrétiens, restitution des rançons versées par la Savoie et Naples, abolition de l’esclavage des chrétiens, paix avec les Pays-Bas) restent sans réponse. Exmouth fait embosser ses vaisseaux à demi-portée de canon, le Queen Charlotte si près du quai que son beaupré touche presque les maisons, dans une position qui prend d’enfilade les batteries intérieures du port.
La canonnade s’engage en milieu d’après-midi et se prolonge environ neuf heures, jusque vers 23 h 00. Plus de 50 000 boulets et près d’un millier d’obus sont tirés. Des fusées Congreve sont employées. En début de soirée, une chaloupe britannique parvient à incendier la frégate qui barre l’entrée du port ; le vent d’ouest propage le feu à l’ensemble de l’escadre algérienne, qui est détruite. Les fortifications du môle sont hors d’usage.
Faute de munitions, Exmouth se retire dans la rade et adresse au dey un ultimatum menaçant de reprendre le feu.
Les évaluations divergent fortement selon les sources. Du côté anglo-néerlandais, l’historien Seymour Drescher retient 141 tués et 742 blessés. Du côté algérois, les estimations vont de 300 à 600 tués selon les auteurs contemporains, jusqu’à 6 000 chez le mémorialiste Arsène Berteuil ; aucune n’est vérifiable.
Le traité est signé le 30 août : plus de 1 200 esclaves chrétiens sont libérés, les rançons restituées, l’esclavage des chrétiens aboli en principe. En pratique, la course reprend dès la fin novembre. Omar Agha, accusé de faiblesse, est étranglé par ses janissaires le 8 septembre 1817.
L’opération n’a donc pas réglé la question. Elle a en revanche démontré la vulnérabilité d’Alger à une attaque navale ; démonstration dont la France se souviendra en 1830.
***
L’écrivain Arsène Berteuil décrit la bataille ainsi : « Le bombardement commença. Une manœuvre hardie, au moyen de laquelle les Anglais parvinrent à tourner le môle pour prendre à revers toutes leurs batteries, eut lieu. L’amiral Exmouth fit embosser ses vaisseaux à demi portée de canon, sous le feu des batteries du port et de la rade. Lui-même se plaça à l’entrée du port, tellement près des quais, que son beaupré touchait les maisons et que ses batteries, prenant à revers toutes celles de l’intérieur du port, foudroyaient les canonnières d’Alger, qui restaient à découvert. Cette manœuvre, aussi habile qu’audacieuse, eut le plus effrayant succès. Les Algériens, pleins de confiance dans leurs batteries, ainsi que dans la valeur des équipages de leurs navires, dont les commandants avaient ordre d’aborder les vaisseaux anglais, se croyaient tellement à l’abri d’une attaque de ce genre qu’une populace innombrable couvrait la partie du port appelée la Marine, dans l’intention d’être spectatrice de la défaite des chrétiens. L’amiral anglais, éprouvant quelque répugnance à porter la mort au milieu de cette multitude imprudente, lui fit, de dessus le pont, signe de se retirer ; mais, soit que son intention humaine n’eût pas été comprise, soit que ces Maures s’obstinassent dans leur aveuglement, ils restèrent à la place qu’ils occupaient, et ce ne fut qu’après avoir vu l’épouvantable ravage produit par les premières bordées qu’ils se dispersèrent avec des cris affreux. Néanmoins les troupes turques, et surtout les canonniers, ne partagèrent point cette épouvante, et, quoique écrasés par l’artillerie des vaisseaux, ils ne cessèrent de diriger contre elle les pièces qu’ils avaient en batterie, et dont plusieurs étaient de soixante livres de balles. Le feu se soutenait depuis six heures et ne faisait qu’accroître la rage des Africains, quand deux officiers anglais demandèrent la permission d’aller, dans une embarcation, attacher une chemise soufrée à la première frégate algérienne qui barrait l’entrée du port. Cette détermination eut un plein succès. Un vent d’ouest assez frais mit bientôt le feu à toute l’escadre barbaresque : cinq frégates, quatre corvettes et trente chaloupes canonnières furent la proie des flammes. Le vaisseau amiral servit de deux bordées sans interruption pendant cinq heures et demie, de tribord sur la tête du môle, et de bâbord sur la flotte algérienne. Ce vaisseau était jonché de morts, lorsque, vers vingt-et-une heures trente, il faillit être incendié par le contact d’une frégate ennemie ; mais on parvint à éviter ce danger. Une demi-heure après, lord Exmouth, ayant achevé la destruction du môle, se retira dans la rade ; il écrivit alors au dey qu’il continuerait le bombardement, si l’on ne se hâtait d’adhérer aux conditions déjà proposées. Omar, qui, pendant le combat, avait déployé le plus grand courage, refusa d’abord de se soumettre ; mais les officiers de la milice, voyant que la résistance devenait impossible, le déterminèrent à entrer en arrangement. »
Le combat a duré de 8 à 11 heures 30 ; plus de 50 000 boulets et 960 obus sont tirés par la flotte. Au moins huit navires corsaires dans le port d’Alger brûlent et les fortifications sont détruites.
Les pertes humaines, selon le livre Esquisse de l’État d’Alger de William Shaller paru en 1830, sont de 500 à 600 Algériens tués et 833 Britanico-Néerlandais tués ou blessés. Le commandant du port d’Alger, lors de son rapport au sultan Mahmoud II, évalua à trois cents le nombre de tués et blessés parmi les Algérois, entre 2 000 et 3 000 celui des Anglais, tandis qu’Arsène Berteuil écrit que les pertes algéroises furent de 6 000 morts.
Pour l’historien américain Seymour Drescher, le bilan des pertes anglo-néerlandaises est de 141 morts et 742 blessés. Les fusées Congreve furent utilisées durant le bombardement.
L’ultimatum est accepté : plus de 12 000 esclaves sont libérés et le traité définitif est signé le avec le dey Omar aux conditions suivantes :
- l’abolition définitive de l’esclavage des chrétiens ;
- la remise de tous les esclaves dans les États du dey, à quelque nation qu’ils appartiennent, le lendemain à midi ;
- la restitution de toutes les rançons reçues par le dey depuis le commencement de cette année ;
- des indemnités au consul britannique, pour toutes les pertes qu’il avait subies à la suite de son arrestation ;
- des excuses de la part du dey, en présence de ses ministres et officiers, destinées au consul en particulier, dans les termes dictés par le capitaine de la Queen Charlotte.
Celui-ci ne fut pas respecté et la piraterie recommença dès le . Omar Agha est étranglé par ses janissaires qui l’accusent de lâcheté le après ses défaites et des problèmes intérieurs.

27 août 1896 : guerre anglo-zanzibarite.
Le conflit le plus court de l’histoire militaire enregistrée : entre 38 et 45 minutes de bombardement naval, un palais détruit, un sultan en fuite, environ 500 morts du côté zanzibarite et un marin britannique blessé.
***
Zanzibar est un protectorat britannique de fait depuis le traité de Heligoland-Zanzibar de 1890, qui a réparti les zones d’influence avec l’Allemagne. Le sultan Hamad ben Thuwaini, favorable aux Britanniques, meurt subitement le 25 août 1896. Son cousin Khalid ben Bargach s’installe au palais sans attendre l’agrément du consul britannique, que le traité de 1886 rendait obligatoire, et rassemble quelque 2 800 hommes ainsi que le yacht royal Glasgow et deux vedettes.
Le consul général Basil Cave adresse un ultimatum expirant le 27 août à 09 h 00 : abaisser le pavillon et quitter le palais. 5 bâtiments de la Royal Navy sont mouillés en face : les croiseurs St George, Philomel et Racoon, les canonnières Thrush et Sparrow ; sous les ordres du contre-amiral Harry Rawson.
À 09 h 02, le feu est ouvert. Le palais, construction de bois, est en flammes en quelques minutes ; l’artillerie zanzibarite, composée de pièces anciennes servies sans instruction, est démontée à la première salve. Le Glasgow réplique et est coulé dans le port ; son équipage est recueilli par les Britanniques. Le pavillon est abattu vers 09 h 40 et le feu cesse.
Khalid se réfugie au consulat d’Allemagne, d’où il sera exfiltré vers le Tanganyika ; il sera capturé par les Britanniques en 1916 et exilé à Sainte-Hélène. Hamoud ben Mohammed, agréé par Londres, lui succède le jour même.
Les pertes zanzibarites sont estimées à environ 500 tués et blessés, essentiellement dans l’incendie du palais et parmi la foule rassemblée. Un sous-officier britannique est blessé. Zanzibar sera contraint de payer le coût des munitions employées.
Au-delà de l’anecdote, l’épisode illustre l’asymétrie technique caractéristique des interventions coloniales de la fin du XIXe siècle, et le rôle de l’artillerie navale comme instrument politique de la gunboat diplomacy.
27 août 1898 : naissance de Pierre Fourrier, officier des FFL, Compagnon de la Libération.
Pierre Fourrier est fils d’officier. Au cours de la Première Guerre mondiale, il s’engage dans la cavalerie à 18 ans, en , pour remplacer son frère tué. Incorporé au 24e régiment de dragons, il participe aux combats sur la Marne, en Picardie, à la bataille de Montdidier, en Belgique, sur l’Escaut.
Sous-officier en 1919, nommé au 30e dragons, il entre en 1921 à l’École de cavalerie de Saumur.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Pierre Fourrier choisit dès de répondre à l’appel du général de Gaulle. Il cherche à gagner sa compagnie aux Forces françaises libres. C’est en qu’il réussit à rejoindre la France libre avec la plupart de ses sous-officiers et de son matériel.
Il meurt peu après, le , pendant la prise de Damas.
Il est fait Compagnon de la Libération à titre posthume par le décret du .
• Chevalier de la Légion d’Honneur
• Compagnon de la Libération – décret du 25 juin 1941
• Médaille de la Résistance française
• Médaille de la Victoire (Interalliée)
• Médaille de Syrie-Cilicie
• Mérite Syrien
27 août 1914 : naissance de l’amiral Pierre Iehlé, Compagnon de la Libération.
Il entre à l’École navale en . Enseigne de 2e classe (), il participe à une campagne en Extrême-Orient sur l’aviso Amiral-Charner et est nommé enseigne de 1re classe en . Il passe alors sur le torpilleur Forbin (1940) à Alexandrie et rejoint les Forces navales françaises libres ().
Lieutenant de vaisseau (), il sert à terre avec le 1er bataillon de fusiliers marins, prend part aux campagnes d’Érythrée, de Syrie, de Bir Hakeim et de Tunisie (–) puis est envoyé à l’état-major à Alger et est nommé en aux commandes de la 23e flottille de vedettes rapides en Angleterre. Il participe alors à cinq batailles dans la Manche et est promu capitaine de corvette en .
Affecté à l’École navale, il sert en 1946 à l’état-major du haut-commissaire en Indochine puis aux états-majors de la marine en Indochine sur le croiseur léger Malin puis en Tunisie.
Capitaine de frégate (), commandant de l’escorteur rapide Hoche (1953), il sert en 1954 à l’état-major de la 1re région à Cherbourg puis à Norfolk à l’OTAN.
Capitaine de vaisseau (), il commande le Jauréguiberry et la 8e division d’escorteurs d’escadre en 1960 puis l’École navale (1961) et est promu contre-amiral en 1963 et chef de la division navires-armes à l’État-major de la marine.
De 1966 à 1968, il commande les porte-avions de l’aviation embarquée. Vice-amiral (), il devient directeur-adjoint du Centre d’expérimentations nucléaires du Pacifique (1968-1971) et est nommé vice-amiral d’escadre en .
Il est nommé membre du Conseil supérieur de la Marine en 1971 puis promu amiral en . Nommé inspecteur général de la marine, il prend sa retraite en .
• Grand Officier de la Légion d’Honneur
• Compagnon de la Libération – décret du 23 juin 1941
• Grand Croix de l’Ordre National du Mérite
• Croix de Guerre 39/45 (5 citations)
• Croix de Guerre des TOE
• Médaille de la Résistance avec rosette
• Médaille Coloniale avec agrafes « Erythrée », « Libye », « Bir-Hakeim », « Tunisie », « E-O »
• Commandeur du Mérite Maritime
• Distinguished Service Cross (GB)
• Officier de l’Ordre de Saint-Charles (Monaco)
• Commandeur du Nicham Iftikar (Tunisie)
• Commandeur de l’Ordre Royal (Cambodge)
• Commandeur de l’Ordre du Million d’Eléphants (Laos)
27 août 1918 : naissance d’Ann Baumgartner, première femme américaine à piloter un avion à réaction.
Élevée dans le New Jersey, à Plainfield, elle décide de voler après une conférence d’Amelia Earhart dans son école primaire et passe ses soirées d’enfance à l’aéroport de Newark à regarder atterrir les avions postaux. Diplômée du Smith College en 1940 en études pré-médicales, elle apprend à piloter à l’aérodrome de Basking Ridge alors qu’elle travaille au service des relations publiques d’Eastern Airlines.
Elle se présente en janvier 1943 pour la formation des Women Airforce Service Pilots (les WASP), pilotes civiles employées par l’armée de l’air américaine à toutes les missions non combattantes afin de libérer des équipages masculins. Retardée par une rougeole, elle sort diplômée le 3 juillet 1943 avec la promotion 43-W-5.
Affectée à Camp Davis, en Caroline du Nord, elle y remorque des cibles pour l’instruction de la défense antiaérienne (mission réputée et statistiquement dangereuse) sur Douglas A-24, Curtiss A-25, Lockheed B-34, Cessna UC-78 et Stinson L-5.
Transférée en février 1944 à Wright Field, près de Dayton, pour des essais d’équipements aéromédicaux, elle y obtient en mars une affectation à la division des essais en vol comme adjointe aux opérations de la section chasse. D’abord cantonnée à des tâches administratives, elle est progressivement autorisée à voler comme pilote d’essai, puis affectée au convoyage et au transport d’officiers. Un passage à la section bombardement lui vaut de piloter les B-17, B-24 et B-29, ainsi que deux appareils étrangers évalués par l’US Army Air Forces : le De Havilland Mosquito britannique et un Junkers Ju 88 allemand capturé.
Le 14 octobre 1944, de retour à la section chasse, elle décolle aux commandes d’un Bell YP-59A Airacomet, premier avion à réaction américain, devenant la première femme américaine à piloter un appareil de ce type. Le vol reste sans publicité : le programme WASP est dissous en décembre 1944 et ses membres, statut civil oblige, ne recevront la reconnaissance d’anciennes combattantes qu’en 1977.
Elle épouse en mai 1945 le major William Carl, ingénieur, rencontré lors d’un essai du North American P-82 Twin Mustang, qui concevra plus tard des hydroptères pour l’US Navy et Grumman. Elle publie en 1999 A WASP Among Eagles, récit de son expérience de pilote d’essai. Elle meurt le 20 mars 2008.

27 août 1925 : naissance de David Régnier, résistant, fusillé le 20 juin 1944, Compagnon de la Libération.
David Jean Louis Régnier, naît à Verrières-le-Buisson, le , fils de Maurice Régnier, négociant, et de Catherine d’Estienne d’Orves, sœur aînée d’Honoré d’Estienne d’Orves. Il passe son enfance en Gironde d’où est originaire son père, qui y possède un domaine viticole dans le Médoc. En 1931 il est scolarisé à Saint-Georges-de-Didonne en Charente. L’année suivante la famille, qui compte cinq enfants, s’installe définitivement à Verrières. Scolarisé à Royan lors de la déclaration de guerre, son père étant mobilisé puis fait prisonnier, il revient à Verrières, où la demeure familiale est réquisitionnée par les Allemands. En 1940, il entre en seconde au Lycée Lakanal à Sceaux, où il poursuit ses études jusqu’en 1943, obtenant le baccalauréat. Au lycée, il fait partie de la la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC).
La mort de son oncle, Honoré d’Estienne d’Orves, fusillé par les Allemands en le marque profondément.
Visant l’École navale, admis en classe préparatoire au Lycée Louis-le-Grand, il entre dans un groupe d’étudiants résistants qui lui fait découvrir le mouvement de résistance Défense de la France, dirigé par Philippe Viannay. Il adhère à ce mouvement et, abandonnant ses études pour passer dans la clandestinité, il devient rapidement responsable d’un réseau de distribution de journaux clandestins et de tracts. Puis, il prend le commandement d’un corps franc chargé de protéger ceux qui distribuent le matériel de propagande et les armes. Il assure de nombreuses liaisons et missions.
Au printemps 1944, il rejoint le maquis de Seine-et-Oise Nord créé par Philippe Viannay dans la forêt de Ronquerolles. Il prend le commandement du groupe chargé de la protection du poste de commandement (PC) et participe aux opérations dans le cadre du Plan vert.
Le , à la tête de son groupe, il fait dérailler un train chargé de chars en pièces détachées sur la ligne Paris-Creil puis il attaque au pistolet-mitrailleur un convoi de troupes immobilisé par la destruction de la voie.
Deux jours plus tard, à la suite d’une dénonciation, trois bataillons allemands appuyés par des automitrailleuses, encerclent le bois de Ronquerolles où se trouve le poste de commandement du maquis et le commandant Philippe Viannay. A 60 hommes contre 1 000, et dans des combats acharnés, David Régnier se bat jusqu’à l’épuisement de ses munitions contribuant à la dispersion du maquis et du commandant Philippe Viannay. Blessé, il est fait prisonnier avec plusieurs de ses camarades et est fusillé le lendemain, , à l’Isle-Adam, il avait 18 ans.
Inhumé au cimetière de L’Isle-Adam, comme ses dix camarades fusillés, ses cendres sont transférées dans la sépulture familiale, au cimetière de Verrières-le-Buisson le . Une école élémentaire porte son nom à Verrières-le-Buisson.
- Chevalier de la Légion d’Honneur
- Compagnon de la Libération – décret du 17 novembre 1945
- Croix de Guerre 39/45 avec palme
- Médaille de la Résistance
27 août 1928 : signature du pacte Briand-Kellogg.
15 États signent à Paris, au quai d’Orsay, un traité par lequel ils condamnent le recours à la guerre et renoncent à en faire un instrument de politique nationale. Dépourvu de tout mécanisme de sanction, le pacte échouera à empêcher les conflits, mais il fonde la notion juridique de guerre d’agression.
***
L’initiative vient d’Aristide Briand, ministre français des Affaires étrangères, qui propose en avril 1927 aux États-Unis un traité bilatéral de renonciation à la guerre ; l’objectif réel étant d’obtenir un engagement américain indirect en Europe. Le secrétaire d’État Frank B. Kellogg retourne l’offre en proposant un instrument multilatéral, formule qui présente pour Washington l’avantage de ne créer aucune obligation particulière envers Paris.
Le texte signé le 27 août 1928 dans le Salon de l’Horloge tient en deux articles de fond. Les parties condamnent le recours à la guerre pour le règlement des différends internationaux et y renoncent en tant qu’instrument de politique nationale ; elles conviennent que le règlement de tous leurs différends devra être recherché par des moyens pacifiques.
Les 15 signataires initiaux sont l’Allemagne, les États-Unis, la Belgique, la France, le Royaume-Uni, l’Inde, les dominions britanniques, l’Italie, le Japon, la Pologne et la Tchécoslovaquie. Soixante-trois États y adhéreront, soit la quasi-totalité de la communauté internationale de l’époque.
Les limites sont immédiates. Le pacte ne prévoit ni sanction ni procédure. Les réserves formulées par plusieurs signataires (légitime défense pour tous, doctrine de Monroe pour les États-Unis, liberté d’action dans l’Empire pour Londres) en vident une partie de la substance. Aucune définition de la guerre n’est donnée, ce qui permettra aux États d’engager des hostilités sans les déclarer : Mandchourie en 1931, Éthiopie en 1935, Chine en 1937.
Sa portée est ailleurs. En posant que la guerre d’agression est illicite, le pacte fournit la base juridique sur laquelle seront fondées, en 1945-1946, les poursuites pour crimes contre la paix devant les tribunaux de Nuremberg et de Tokyo ; la première fois que des dirigeants sont jugés pour avoir déclenché une guerre. L’article 2, paragraphe 4, de la Charte des Nations unies en est l’héritier direct.
Briand et Kellogg reçoivent respectivement les prix Nobel de la paix de 1926 et de 1929. Le traité, jamais dénoncé, est toujours formellement en vigueur.
27 août 1939 : premier vol du He-178, piloté par Erich Warsitz (Allemagne).
Au matin du 27 août 1939, le pilote d’essai Erich Warsitz décolle de l’aérodrome Heinkel de Rostock-Marienehe aux commandes du He 178. C’est le premier vol d’un avion propulsé par un turboréacteur. 4 jours plus tard, la guerre commence.
***
Le He 178 est un monoplan à aile haute, entièrement financé par Ernst Heinkel sur fonds propres, sans commande ni même information du ministère de l’Air. Le fuselage abrite une entrée d’air frontale, un conduit passant sous le poste de pilotage, le réacteur en position centrale et une tuyère en pointe arrière ; architecture qui deviendra classique. La cellule est en duralumin, les ailes en bois.
Le moteur est le HeS 3b conçu par Hans Joachim Pabst von Ohain, turboréacteur à compresseur centrifuge délivrant environ 500 kg de poussée. Von Ohain avait déposé son brevet en 1936, indépendamment des travaux de Frank Whittle en Grande-Bretagne, dont le moteur ne volera qu’en mai 1941 sur le Gloster E.28/39.
Un premier saut de puce est effectué le 24 août ; le vol complet a lieu le 27 au matin, Warsitz aux commandes. Il dure quelques minutes et se déroule sans incident majeur, hormis l’ingestion d’un oiseau. La vitesse atteinte avoisine 600 km/h. L’appareil, dont le train était fixe sur ce premier exemplaire, n’a jamais été conçu comme un prototype de chasseur : c’est un banc d’essai volant.
La démonstration officielle devant Ernst Udet et Erhard Milch, le 1er novembre 1939, ne suscite pas d’enthousiasme : la Luftwaffe estime la guerre gagnée à brève échéance et la directive de Hitler suspendant tout programme non industrialisable dans l’année condamne les développements lointains. Heinkel poursuivra seul avec le He 280, premier chasseur à réaction au monde à voler, en avril 1941, sans jamais obtenir de marché ; c’est Messerschmitt qui emportera la mise avec le Me 262.
Le He 178 est versé au musée de l’Air de Berlin, où il est détruit par un bombardement en 1943.
L’antériorité allemande sur ce point est incontestée. Elle n’a en revanche produit aucun avantage opérationnel : le premier avion de combat à réaction n’entre en service qu’à l’été 1944, à un moment où le rapport de forces est joué.

27 août 1939 : mort en combat aérien du pilote et as japonais Hiromichi Shinohara.
Hiromichi Shinohara (1er août 1913 – 27 août 1939) était l’as de chasse le plus titré de l’ Armée de l’air impériale japonaise (IJAAF). Le 27 juin 1939, il établit un record japonais en abattant 11 avions en une seule journée. Il fut abattu et tué le 27 août 1939, après avoir remporté 58 victoires en seulement trois mois de combat. Il a remporté toutes ses victoires aériennes aux commandes d’un Nakajima Ki-27.
Hiromichi Shinohara est né en août 1913 dans une ferme à Suzumenomiya, près d’Utsunomiya dans la préfecture de Tochigi. Après avoir terminé ses études formelles, il est entré dans le service militaire, rejoignant le 27e régiment de cavalerie en 1931. À ce titre, il a pris part à l’ invasion japonaise de la Mandchourie et a été impliqué dans la campagne de Jiangqiao en avril 1932.
En juin 1933, Shinohara entre à l’école de pilotage de Tokorozawa ( Tokorozawa Rikugun Koku Seibi Gakkō ), dont il sort diplômé en janvier 1934. Il est enrôlé comme caporal dans le 1er Chutai du 11e Hiko Datai, et est affecté à Harbin en Mandchourie. À la fin de 1938, il gravit les échelons et devient adjudant. Il a 25 ans et six ans d’expérience de vol au moment où l’ incident de Nomonhan (batailles de Khalkhin Gol) commence en mai 1939.
Lors de sa première sortie de combat, le 27 mai 1939, Shinohara, aux commandes d’un Nakajima Ki-27, abattit quatre chasseurs soviétiques Polikarpov I-16. Il devint un as en 24 heures, après avoir remporté six autres victoires, abattant un avion de reconnaissance Polikarpov RZ et cinq chasseurs biplans Polikarpov I-15.
Aucun autre pilote dans l’histoire n’a remporté 10 victoires lors de son premier jour de combat. À partir de ce moment, ses victoires continuèrent, culminant le 27 juin 1939 avec un record de l’armée de l’air impériale japonaise de onze victoires en une seule journée lors d’une bataille aérienne au-dessus de Tamsak-Bulak. Seuls les meilleurs as de tous les temps Erich Hartmann (11), Emil Lang (18), Hans-Joachim Marseille (17), Erich Rudorffer (13 en 17 minutes), August Lambert (17), Hubert Strassl (15), Wilhelm Batz (15), Johannes Wiese (12), Franz Schall (11 et 13) l’ont surpassé.
La chance de Shinohara lui tourna cependant le dos deux mois plus tard lorsque, le 27 août 1939, il fut lui-même abattu par des chasseurs soviétiques Polikarpov I-16 après avoir remporté trois victoires lors d’une mission d’escorte de bombardement. Son avion tomba en flammes dans le lac Mohorehi, à dix kilomètres au sud du lac Abdara. L’adjudant Hiromichi Shinohara fut promu à titre posthume au grade de sous-lieutenant, après avoir remporté 58 victoires en seulement trois mois de combat — les trois derniers de la bataille qui allait le tuer — ce qui lui valut le surnom de Richthofen de l’Orient.


27 août 1940 : premier vol de l’avion à réaction expérimental italien Caproni Campini N.1.
Le Caproni Campini N.1, également connu sous le nom de CC2 , est un avion à réaction expérimental construit dans les années 1930 par l’avionneur italien Caproni. Le N.1 effectua son premier vol en 1940 et fut brièvement considéré comme le premier avion à réaction réussi de l’histoire, avant que l’on n’apprenne le premier vol du Heinkel He 178 allemand un an plus tôt.
En 1931, l’ingénieur aéronautique italien Secondo Campini présenta ses études sur la propulsion par réaction , notamment un projet de thermo-jet pour propulser un avion. Suite à une démonstration remarquée d’un bateau à réaction à Venise , Campini fut récompensé par un premier contrat du gouvernement italien pour le développement et la fabrication de son projet de moteur. En 1934, la Regia Aeronautica (l’armée de l’air italienne) autorisa la production de deux prototypes d’avions à réaction. Pour produire cet avion, officiellement baptisé N.1, Campini conclut un accord avec le constructeur aéronautique Caproni, plus important.
Le N.1 est propulsé par un motoréacteur, un type de moteur à réaction dans lequel le compresseur est entraîné par un moteur alternatif conventionnel. Le 27 août 1940, le premier vol du N.1 a eu lieu dans les installations de Caproni à Taliedo, près de Milan, piloté par Mario de Bernardi.
Le N.1 obtint des résultats mitigés ; bien qu’il fût perçu et salué comme une étape cruciale de l’aviation (jusqu’à la révélation du premier vol du He 178), les performances de l’avion furent médiocres. Il était plus lent que de nombreux avions conventionnels de l’époque, tandis que le moteur à réaction était incapable de produire une poussée suffisante pour offrir des performances adéquates pour un avion de chasse. De ce fait, le programme N.1 ne déboucha jamais sur un avion de combat opérationnel, et la conception du moteur à réaction fut rapidement remplacée par des turboréacteurs plus puissants. Un seul des deux exemplaires du N.1 construits a survécu jusqu’à nos jours.

27 août 1941 : capture du sous-marin allemand U-570 par les Britanniques.
Attaqué à la grenade sous-marine par un Hudson de la RAF au sud de l’Islande, l’U-570 fait surface et se rend. C’est le seul U-Boot capturé intact en pleine mer et remis en service dans la Royal Navy.
***
L’U-570, type VII C, est entré en service le 15 mai 1941. Son commandant, le Kapitänleutnant Hans-Joachim Rahmlow, entré dans la marine en 1928, a servi principalement dans l’artillerie côtière ; il n’a fait qu’un embarquement d’instruction en sous-marin, sur l’U-58, entre novembre 1940 et mai 1941. La plupart des 43 hommes d’équipage effectuent leur première patrouille de guerre.
Le bateau appareille de Trondheim le 23 août, cap au sud-ouest, dans le cadre du déploiement de seize U-Boote ordonné par Dönitz après que le B-Dienst a détecté une concentration de navires marchands au sud de l’Islande.
Le 27 août, le sous-marin est repéré en surface par un Hudson du 269 Squadron piloté par le sergent Mitchell, dont les grenades ne se larguent pas ; il signale la position. Peu après, l’U-570 fait de nouveau surface, apparemment sans reconnaissance périscopique préalable, directement sous un second Hudson du même squadron, indicatif S, piloté par le squadron leader James Thompson. 4 grenades sont larguées.
Les dégâts sont limités mais leurs effets, sur un équipage inexpérimenté et épuisé par le mauvais temps, sont décisifs. Des batteries endommagées se dégage du chlore ; la panique gagne. Rahmlow fait surface. Le radio émet en clair un message signalant l’impossibilité de plonger sous attaque aérienne ; initiative qui provoque une rixe à bord. Faute de sabordage et faute de vouloir être secourus par d’autres U-Boote, une dizaine d’hommes agitent un linge blanc sur le kiosque.
L’équipage détruit le poste radio, endommage la machine Enigma et jette les documents cryptographiques à la mer. Une partie du matériel sera néanmoins récupérée, dont des documents utiles.
L’amiral Percy Noble fait converger les destroyers Burwell et Niagara et plusieurs chalutiers armés. Le Northern Chief reçoit l’ordre d’empêcher tout sabordage et prévient l’équipage allemand que les survivants ne seraient pas recueillis. Après plusieurs ruptures de remorque, l’U-Boot est échoué le 29 août à Þorlákshöfn, en Islande.
L’exploitation technique est considérable : elle porte notamment sur la profondeur d’immersion réelle des types VII, très supérieure aux estimations britanniques, et conduit directement à l’adoption du Torpex et au nouveau réglage des grenades anti-sous-marines.
Rahmlow et son second, Bernhardt Berndt, sont jugés pour lâcheté par un conseil d’honneur improvisé au camp de Grizedale Hall par des officiers sous-mariniers allemands prisonniers, présidé par Otto Kretschmer. Berndt meurt lors d’une tentative d’évasion dont l’objectif aurait été de saborder le bateau.
Le sous-marin est incorporé à la Royal Navy à l’automne 1941 sous le nom de HMS Graph. Il n’entame sa première patrouille opérationnelle que le 8 octobre 1942. Le 21 octobre 1942, au nord-ouest du cap Ortegal, il tire 4 torpilles sur l’U-333 du Kapitänleutnant Peter Cremer, qui les évite toutes ; l’attaque est d’abord comptée comme une destruction. Cremer n’apprendra qu’en 1980, en consultant le journal de bord du commandant Marriott, que le bateau qui avait failli le couler était un ancien type VII comme le sien.
Retiré du service actif au début de 1944, remorqué vers la Clyde pour démolition, le Graph rompt sa remorque et s’échoue le 20 mars 1944 sur l’île d’Islay. L’épave y sera partiellement exploitée pour des essais de grenadage avant d’être ferraillée.

27 aout 1943 : mort en service aérien du commandant René Mouchotte, Compagnon de la Libération.
Premier Français à commander un squadron de la Royal Air Force, René Mouchotte disparaît au-dessus de la Manche le 27 août 1943, au retour d’une mission d’escorte du premier raid allié contre le blockhaus d’Éperlecques.
***
Né le 21 août 1914 à Saint-Mandé, fils d’un distillateur, René Mouchotte apprend à piloter à 18 ans et obtient sa licence de pilote de tourisme le 31 octobre 1934. Sergent de réserve, il est mobilisé en 1939 mais affecté, malgré des demandes répétées, à des unités d’instruction (Salon-de-Provence puis Avord) et non à la chasse.
Envoyé à Oran en mai 1940, il refuse la défaite. Le 30 juin au matin, avec cinq camarades dont Charles Guérin et Henry Lafont, il s’empare à La Sénia d’un bimoteur Caudron Goéland dont les hélices ont été volontairement déréglées pour interdire toute évasion. Le décollage est arraché malgré le blocage au grand pas. Les fugitifs se posent à Gibraltar et atteignent la Grande-Bretagne par mer le 13 juillet.
Engagé dans la RAF, formé à la 6th Operational Training Unit de Sutton Bridge, il est affecté en septembre 1940 au No. 245 Squadron pour des patrouilles en mer d’Irlande, puis en octobre au No. 615 Squadron, en Écosse du Sud, avec lequel il prend part à la fin de la bataille d’Angleterre. Sous-lieutenant en décembre, il est nommé flight commander d’un squadron britannique en juillet 1941 ; distinction alors sans précédent pour un étranger. Il abat son premier appareil, un Junkers Ju 88, le 26 août 1941.
Fin 1941, il participe à la mise sur pied du No. 340 Squadron, groupe de chasse Île-de-France des FAFL, et prend en février 1942 le commandement de l’escadrille Paris. Il reçoit la Croix de guerre des mains du général de Gaulle le 14 juillet 1942 et participe au raid de Dieppe le 19 août.
Il est ensuite le premier Français à commander une unité britannique de plein exercice, le No. 65 Squadron. Le 9 janvier 1943, il est chargé de créer le groupe de chasse Alsace (No. 341 Squadron pour la RAF), installé à Biggin Hill. Pierre Clostermann y sert sous ses ordres.
Le mois de mai 1943 est le sommet de sa carrière : nommé Compagnon de la Libération par décret du 8 mai 1943, il abat un Focke-Wulf 190 le 15 mai, puis un Messerschmitt Bf 109 le 17 ; victoire partagée qui porte à mille le total du wing de Biggin Hill.
Le 27 août 1943, épuisé par l’enchaînement des sorties et par sa charge de commandement, il décolle pour escorter 187 forteresses volantes B-17 de la 8th USAAF effectuant le premier raid de jour contre le blockhaus d’Éperlecques, dans le Pas-de-Calais, l’un des sites de lancement de V2 en construction. Il totalise alors 408 missions, dont 141 avec le groupe Alsace, et 1 743 heures de vol.
Séparé de sa formation au-dessus de la Manche, il ne rentre pas. Son corps est retrouvé le 3 septembre sur la plage de Westende, à Middelkerke, en Belgique, et n’est formellement identifié qu’en mars 1949. Il est inhumé au Père-Lachaise.
Son Journal, publié en 1949 par Jules Roy, reste l’un des témoignages les plus lus sur les Français libres de la RAF.
• Chevalier de la Légion d’Honneur
• Compagnon de la Libération – décret du 8 mai 1943
• Croix de Guerre 39/45 (6 citations)
• Distinguished Flying Cross (GB)
• Croix de Guerre Tchécoslovaque
• 1939-1945 Star avec agrafe « Battle of Britain » (GB)
• Aircrew Europe Star (GB)
• War Medal 1939-1945 (GB)

27 août 1944 : reddition de Saint-Mandrier et fin de la bataille de Toulon.
Au soir du 27 août 1944, l’amiral Ruhfus accepte les conditions de reddition de la presqu’île de Saint-Mandrier, dernier point d’appui allemand de la rade. La capitulation est signée le lendemain matin. Toulon est prise vingt-cinq jours avant les prévisions alliées.
***
Le débarquement de Provence a eu lieu le 15 août. Le 19, de Lattre reçoit du général Patch l’ordre de prendre Toulon et Marseille, et constitue deux groupements, celui de Toulon revenant au général de Larminat, commandant le 2e corps d’armée. Face à eux, la place est tenue par le général Bäßler et l’amiral Ruhfus avec quelque 18 000 hommes, une ceinture de forts et une artillerie côtière lourde. L’occupant a fait sauter les installations portuaires dès le 15.
Les combats se déroulent en trois temps : encerclement (le lieutenant Alland pénètre le premier dans la ville le 20 août), puis démantèlement autour du mont Faron, de La Valette, du Pradet et de La Garde, enfin réduction des forts urbains entre le 24 et le 27 août. Sainte-Marguerite, Lamalgue, Sainte-Catherine, Artigues, les arsenaux et le fort de Malbousquet tombent successivement, le nettoyage étant confié à la 9e division d’infanterie coloniale et à ses régiments de tirailleurs sénégalais, dont le 6e RTS commandé par le colonel Salan. La reddition de la ville intervient le 26 août ; le 27, soldats français et FFI défilent boulevard de Strasbourg.
Reste la presqu’île de Saint-Mandrier, où Ruhfus s’est retranché avec environ 1 800 marins et les batteries lourdes qui commandent l’entrée de la rade. Depuis le 26, la position est soumise aux tirs de l’artillerie de terre, à ceux des bâtiments alliés au large et aux bombardements aériens. Le 27, le colonel Le Puloch, commandant un groupement articulé autour du régiment d’infanterie de chars de marine, du III/4e RTS, de tank destroyers et d’une section du génie, conduit les tractations. Elles aboutissent en fin de journée à l’acceptation des conditions.
Le 28 au matin, la reddition est remise au général Morlière, au nom du général Magnan commandant la 9e DIC. La garnison défile pour déposer les armes.
La bataille de Toulon a coûté 2 700 tués et blessés à l’armée française. Elle a rapporté 17 000 prisonniers et, surtout, le plus grand port militaire de Méditerranée, remis en état de recevoir des navires dès le 13 septembre. Le même 28 août, de Lattre télégraphie à de Gaulle qu’il ne reste plus dans le secteur de son armée un Allemand qui ne soit mort ou captif.
27 août 1990 : premier vol du prototype de chasseur furtif américain Northrop YF-23.
Le Northrop/McDonnell Douglas YF-23 est un prototype de chasseur furtif bimoteur monoplace américain, conçu pour l’US Air Force (USAF). L’équipe de conception, dont Northrop était le maître d’œuvre, a été finaliste du concours de démonstration et de validation de chasseurs tactiques avancés (ATF) de l’USAF, rivalisant avec l’équipe YF-22 pour le développement et la production à grande échelle. Surnommés « Black Widow II », deux prototypes YF-23 ont été construits.
Dans les années 1980, l’USAF a commencé à chercher un remplaçant à son avion de chasse F-15 afin de contrer plus efficacement les menaces émergentes telles que les chasseurs Su-27 et MiG-29 de pointe de l’Union soviétique. Plusieurs entreprises ont soumis des propositions de conception ; l’USAF a sélectionné celles de Northrop et Lockheed pour démonstration et validation. Northrop s’est associé à McDonnell Douglas pour développer le YF-23, tandis que Lockheed, Boeing et General Dynamics ont développé le YF-22. Le YF-23 était plus furtif et plus rapide, mais moins agile que son concurrent. Après quatre ans de développement et d’évaluation, l’équipe du YF-22 a été annoncée gagnante en 1991 et a développé le F-22 Raptor, qui a effectué son premier vol en 1997 et est entré en service en 2005. L’US Navy a envisagé d’utiliser une version navale de l’ATF pour remplacer le F-14, mais ces projets ont été abandonnés par la suite pour des raisons de coût.
Après les essais en vol, les deux YF-23 furent stockés pendant que diverses agences envisageaient de les utiliser pour des recherches plus poussées, mais aucun projet ne fut retenu. En 2004, Northrop Grumman utilisa le deuxième YF-23 comme modèle d’exposition pour son projet de bombardier régional, mais ce projet fut abandonné car des bombardiers à plus long rayon d’action étaient nécessaires. Les deux prototypes YF-23 sont actuellement exposés au Musée national de l’armée de l’air des États-Unis et au Western Museum of Flight.








