Albert Alexandre Preziosi, né le 25 juillet 1915 à Vezzani, en Corse, et porté disparu en combat aérien le 28 juillet 1943 dans le secteur d’Orel, en Russie, est un pilote de chasse français des Forces aériennes françaises libres. Capitaine, il a servi au sein du groupe de chasse 1 « Alsace », puis du groupe de chasse 3 « Normandie », l’unité qui deviendra Normandie-Niémen. Il a obtenu la mention « Mort pour la France » à l’âge de 28 ans.
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Preziosi est originaire de Vezzani, village de montagne situé à une soixantaine de kilomètres au nord d’Ajaccio. Il effectue ses études secondaires au lycée Thiers, à Marseille, où il prépare le concours de l’École de l’air.
Admis à l’École de l’air en 1935, il voit sa formation de pilote interrompue en 1936 à la suite d’un grave accident de la route. Il est nommé sous-lieutenant le 15 septembre 1938. En raison des séquelles de son accident, il est d’abord affecté à un poste sédentaire au sein de la 33e escadre, à Lyon.
L’entrée en guerre et le ralliement à la France libre
À la déclaration de guerre, en septembre 1939, Preziosi est sous-lieutenant et commande la compagnie de munitions de l’air sur la base aérienne de Lyon-Bron. En novembre 1939, il est autorisé à reprendre sa formation de pilote et rejoint l’école de pilotage de Melun, où il obtient son brevet. Après un bref passage par la base de Royan, il est pris dans le repli général provoqué par l’avancée allemande de juin 1940.
Le 17 juin 1940, jour de l’allocution radiophonique du maréchal Pétain annonçant la demande d’armistice, Preziosi décide de gagner la Grande-Bretagne. Accompagné de son camarade Yves Ezzano, il rejoint l’Angleterre à bord d’un avion et se met à la disposition des autorités britanniques. Sur place, les deux hommes répondent à l’appel du général de Gaulle et s’engagent dans les Forces aériennes françaises libres (matricule FAFL 30.174). Preziosi est promu lieutenant le 25 juin 1940.
Le Moyen-Orient et le groupe « Alsace »
Preziosi se perfectionne dans des écoles de pilotage britanniques et obtient son brevet de pilote de chasse en mai 1941. Désigné pour renforcer les effectifs de l’aviation de chasse française libre, il gagne le Moyen-Orient par voie maritime et arrive le 3 août 1941. Affecté à Damas, il rejoint le groupe de chasse 1 « Alsace » au moment de sa constitution.
En février 1942, le groupe, devenu opérationnel, est engagé aux côtés des Britanniques contre les forces italo-allemandes dans le désert d’Afrique du Nord. C’est à cette période que se situe un épisode resté célèbre : au cours d’une mission au-dessus de la Libye, son Hawker Hurricane est abattu et il est recueilli par des Bédouins.
Le groupe « Normandie » et le front de l’Est
En juin 1942, Preziosi se porte volontaire, avec son camarade Raymond Derville, pour rejoindre l’escadrille de chasse française destinée au front de l’Est, alors baptisée « Normandie ». L’unité est formée sur la base de Rayak, au Liban, sous le commandement de Joseph Pouliquen.
À la fin du mois de novembre 1942, Preziosi arrive en Union soviétique avec une douzaine d’autres pilotes, sur le terrain d’aviation d’Ivanovo, situé à environ 250 km au nord-est de Moscou. L’entraînement débute aussitôt sur chasseur soviétique Yakovlev Yak-1, dans des conditions hivernales difficiles, les pistes se réduisant souvent à de simples champs.
Après quatre mois de formation, le groupe est déclaré opérationnel. Le 22 mars 1943, l’unité rejoint avec ses appareils le terrain de Monkounino, à une cinquantaine de kilomètres du front. Les missions consistent notamment à escorter les bombardiers Petliakov Pe-2. Le 5 avril 1943, lors de la première mission de guerre du groupe, Preziosi remporte la première victoire aérienne du « Normandie » en abattant un Focke-Wulf Fw 190, en collaboration avec Albert Durand.
La bataille d’Orel et la dernière mission
Le 10 juillet 1943 s’ouvre la bataille d’Orel, prolongement de l’offensive allemande de Koursk lancée le 5 juillet. Le groupe « Normandie » est engagé en couverture aérienne des troupes soviétiques au sol, en soutien du 18e régiment de chasse soviétique commandé par le colonel Anatoli Goloubov.
Le mardi 28 juillet 1943, Preziosi participe, avec quatre autres pilotes, à une mission de protection des troupes au sol. Les appareils décollent du terrain de Spas-Demensk aux commandes de Yak-9 et se dirigent vers le secteur de Karatchev, entre Briansk et Orel. À une vingtaine de kilomètres au nord-est de Karatchev, un combat s’engage avec 6 chasseurs Fw 190.
Au retour, un appareil manque à l’appel : celui de Preziosi. Ses camarades l’ont perdu de vue durant l’engagement. Les recherches menées par la suite restent sans résultat, et le capitaine est officiellement déclaré porté disparu. Son corps ne sera jamais formellement retrouvé ; il aurait été inhumé anonymement avec d’autres combattants soviétiques et pourrait avoir rejoint, entre 1944 et 1947, le cimetière militaire d’Orel de la Grande Guerre patriotique.
Au moment de sa disparition, Preziosi totalisait 429 heures de vol, dont 91 heures de vol de guerre, 82 missions de guerre et quatre victoires aériennes homologuées.
À titre posthume, Albert Preziosi est décoré par l’Union soviétique de l’ordre de la Guerre patriotique de deuxième classe, le 24 août 1943.
En France, la promotion 1944 de l’École de l’Air le choisit pour parrain. La base aérienne 126 de Solenzara, à Ventiseri, en Haute-Corse, porte son nom, et une stèle lui est dédiée. Sa figure a inspiré le roman La Chute d’Icare, de Jean-François Roseau, publié aux Éditions de Fallois en 2016, qui retrace son parcours de la Corse au front de l’Est.






