Né en Chine plusieurs siècles avant notre ère, le cerf-volant est l’ancêtre de tous les engins aériens. Il a longtemps été bien plus qu’un jouet. À la Belle Époque, l’armée française lui trouve de nombreux usages. Il sert à la photographie aérienne pendant la campagne du Maroc en 1910. Il porte des antennes de TSF dans le Sud algérien en 1913. Il devient aussi une cible pour l’entraînement au tir aérien à Cazaux pendant la Grande Guerre. Son emploi le plus audacieux reste cependant le cerf-volant « monté », qui emporte un observateur dans une nacelle.
Les ballons captifs sphériques de l’époque ne peuvent plus monter dès que le vent dépasse 7 m/s. Le cerf-volant, lui, profite des vents forts, et il est léger et facile à transporter. Deux officiers se distinguent dans ce domaine. Le capitaine Madiot atteint 300 m d’altitude en 1910. Le capitaine Saconney conçoit le système le plus utilisé : un « train porteur » d’environ 5 cerfs-volants cellulaires tend un câble. Une nacelle roule sur ce câble, tirée par un « train remorqueur », et un treuil monté sur automobile commande l’ensemble.
Les essais se multiplient. En mai 1913, au large de la Corse, le croiseur Edgar Quinet file à 21 nœuds pour créer le vent qui manque. Des amiraux s’élèvent ainsi jusqu’à 200 m. Le 17 avril 1914, près de Toul, le sapeur Félix Peaucou établit le record français d’altitude en cerf-volant : 650 m. Il en rapporte des photographies des fortifications de la place.
La guerre confirme l’utilité de ces engins. Dès l’été 1914, les sections de cerfs-volants sont fusionnées avec des compagnies d’aérostiers. Elles observent le front et règlent les tirs d’artillerie, parfois tout près des lignes allemandes. En 1916, l’arrivée du ballon Caquot, bien plus performant, entraîne leur abandon. Un dernier écho apparaît pendant la Seconde Guerre mondiale : le Focke-Achgelis 330, un petit autogire-cerf-volant embarqué sur les sous-marins allemands.
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