L’auteur du Grand Meaulnes est tué lors d’une reconnaissance offensive sur les Hauts de Meuse. Son corps et ceux de 20 de ses compagnons ne seront retrouvés qu’en 1991, dans une fosse creusée par les Allemands.
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Henri-Alban Fournier, qui signe Alain-Fournier, naît le 3 octobre 1886 à La Chapelle-d’Angillon, dans le Cher. Son unique roman, Le Grand Meaulnes, paraît en 1913 et manque de peu le prix Goncourt. Lieutenant de réserve, il est mobilisé le 2 août 1914 au 288e régiment d’infanterie, régiment de réserve formé à Mirande, dans le Gers, et prend le commandement de la 23e compagnie. Le régiment rejoint le front lorrain puis les Hauts de Meuse, au sud-est de Verdun.
Le 22 septembre, un détachement formé de la 22e compagnie du lieutenant Paul Marien et de la 23e compagnie de Fournier reçoit l’ordre d’une reconnaissance offensive vers Dommartin-la-Montagne. D’après le témoignage du sergent Zacharie Baqué, Fournier atteint la tranchée de Calonne, route forestière qui traverse les Hauts de Meuse, où le capitaine Savinien Boubée de Gramont prend la direction de l’opération et décide d’attaquer. La 22e compagnie a rencontré un poste sanitaire allemand et ouvert le feu. En voulant la rejoindre, les hommes de Fournier sont pris à revers par des grenadiers prussiens embusqués à la lisière du bois de Saint-Remy. Le combat est confus. Le capitaine de Gramont, le lieutenant Fournier, le sous-lieutenant Imbert et 18 hommes disparaissent ; le reste du détachement se replie. Le journal de marche du régiment les porte disparus.
Plusieurs témoignages recueillis après la guerre indiquent que les Français ont tiré sur des brancardiers allemands qu’ils avaient pris pour des combattants, parce que ceux-ci rassemblaient les armes de blessés. Des rumeurs ont circulé pendant des décennies, dans un sens comme dans l’autre, sur le sort des Français capturés.
Pendant près de 80 ans, le lieu de la mort d’Alain-Fournier reste inconnu. Le chercheur Michel Algrain et son équipe reprennent les investigations à partir de 1977. Le 2 mai 1991, l’un d’eux, Jean Louis, repère dans le bois de Saint-Remy une fosse où 21 corps ont été enterrés tête-bêche par les Allemands. Des fragments d’uniforme et un galon de lieutenant permettent une première identification. La fouille archéologique, menée par le service régional de l’archéologie de Lorraine, s’achève le 1er décembre 1991. L’examen des ossements en laboratoire à Metz permet d’écarter la plupart des accusations avancées à la hâte dans la presse au moment de la découverte. L’identité d’Alain-Fournier est confirmée en novembre 1991.
Le 10 novembre 1992, les 21 soldats du 288e RI sont inhumés dans la nécropole nationale de Saint-Remy-la-Calonne. Un monument a été élevé en 1993 à l’emplacement de la fosse. Le nom d’Alain-Fournier figure au Panthéon parmi ceux des écrivains morts pour la France.









