22 septembre 302 : martyre de Saint-Maurice (Valais – Suisse actuelle), saint patron des fantassins.
Selon la tradition chrétienne, un corps de troupe recruté en Haute-Égypte refuse d’obéir à un ordre de l’empereur Maximien et se laisse exécuter plutôt que de renier sa foi. Saint Maurice, son chef, est devenu le patron de l’infanterie française, qui le fête chaque 22 septembre.
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Le récit nous est parvenu par la Passion des martyrs d’Agaune rédigée vers 443-450 par Eucher, évêque de Lyon. Selon ce texte, une unité de 6 600 hommes, appelée « légion thébaine » parce qu’elle avait été levée en Thébaïde, en Haute-Égypte, est appelée en Gaule par Maximien, qui gouverne l’Occident aux côtés de Dioclétien. Ses soldats sont chrétiens. Arrivés au pied des Alpes, près d’Octodure (Martigny), ils refusent de prendre part à la persécution de leurs coreligionnaires. Maximien fait décimer la troupe, c’est-à-dire exécuter un homme sur dix. Les survivants persistent. Une seconde décimation est ordonnée, puis le massacre de l’unité entière, avec ses officiers Maurice, Exupère et Candide, au lieu nommé Agaune, l’actuel Saint-Maurice en Valais.
Une seconde version, anonyme et plus tardive, rattache l’épisode à la campagne que Maximien mène en 285-286 contre les Bagaudes, paysans révoltés de Gaule, et attribue le refus des soldats à l’obligation de sacrifier aux dieux avant la bataille. D’autres traditions ont placé l’événement pendant la grande persécution de 303, ce qui explique les dates de 286 et de 302 que l’on rencontre selon les ouvrages. La datation reste ouverte. Si l’on retient 286, Maximien est alors César, puis Auguste à partir du printemps ; en 302, il est Auguste depuis 16 ans.
Eucher dit tenir son récit d’Isaac, évêque de Genève, qui le tenait lui-même de Théodore (ou Théodule), évêque d’Octodure. C’est ce dernier qui, vers 380, fit relever les restes attribués aux martyrs et construire une première église à Agaune, devenue rapidement un lieu de pèlerinage. Le roi burgonde Sigismond y fonda en 515 une abbaye, qui existe toujours et revendique la plus longue présence monastique continue d’Occident.
L’historicité du massacre fait débat depuis le XVIIe siècle. Environ 75 ans séparent les faits de l’invention des reliques, et autant séparent celle-ci du texte d’Eucher. En 1956, l’historien suisse Denis van Berchem a soutenu que le récit s’était formé autour du culte instauré par Théodore et qu’il ne rapportait pas un événement vérifiable. Louis Dupraz a défendu en 1961 la thèse inverse, en s’appuyant sur l’organisation de l’armée romaine d’avant Dioclétien. Le chiffre de 6 600 hommes, qui correspond à l’effectif théorique d’une légion du Haut-Empire, est lui-même discuté : un massacre de cette ampleur n’aurait laissé aucune trace dans les sources contemporaines. La plupart des historiens admettent aujourd’hui l’existence d’un culte ancien de martyrs militaires à Agaune, sans pouvoir en établir le nombre ni les circonstances.
Le culte de saint Maurice s’est diffusé dans tout l’Occident médiéval. L’Empire germanique en a fait le protecteur de ses armées, et la représentation de Maurice en soldat noir, à partir du XIIIe siècle, compte parmi les premières images positives d’un Africain dans l’art européen. En France, il est le saint patron de l’infanterie, dont l’école est installée aux Écoles militaires de Draguignan. Aux États-Unis, l’association nationale de l’infanterie décerne un ordre de Saint-Maurice. Pour les fantassins, la figure retenue est celle d’un chef qui garde la confiance de ses hommes et d’une troupe qui reste soudée jusqu’au bout.

Saint Maurice ou l’obéissance (Henry Ghéon, 1922)

22 septembre 1499 : la paix de Bâle met fin à la guerre de Souabe.
L’empereur Maximilien Ier renonce à soumettre les Confédérés suisses. Le traité ne leur reconnaît pas l’indépendance, mais les soustrait de fait aux réformes de l’Empire.
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En 1495, la diète de Worms a créé un impôt d’Empire, le « denier commun », et une cour suprême, le tribunal de la Chambre impériale. Les cantons suisses, membres de l’Empire mais habitués à régler leurs affaires entre eux, refusent de s’y soumettre. Ils ont aussi refusé d’entrer dans la Ligue de Souabe, alliance des princes et des villes du sud de l’Allemagne patronnée par les Habsbourg. Le conflit éclate en janvier 1499 dans les Grisons, où les Ligues rhétiques et le Tyrol autrichien se disputent le contrôle du val Müstair et du col de l’Umbrail, passage direct entre Innsbruck et Milan.
La guerre prend la forme d’une série de combats le long du Rhin, de l’Engadine au Sundgau. Les Confédérés l’emportent à Hard et au Bruderholz, près de Bâle, en février et mars, à Schwaderloh en avril, à Frastanz puis à la Calven, dans le val Müstair, le 22 mai. Le 22 juillet, à Dornach, près de Soleure, une armée confédérée surprend les troupes impériales du comte Henri de Fürstenberg, qui assiégeaient le château de Dorneck. Fürstenberg est tué et son armée détruite. Les deux camps sortent épuisés de sept mois de guerre frontalière, de pillages et de représailles.
Le duc de Milan, Ludovic Sforza, a besoin de la paix dans les Alpes pour recruter à la fois des mercenaires suisses et des lansquenets contre Louis XII, qui menace son duché. Son envoyé, Galeazzo Visconti, obtient un armistice le 25 août, puis la signature du traité à Bâle, ville restée neutre, le 22 septembre. Maximilien le signe en qualité d’archiduc d’Autriche et de comte de Tyrol, non d’empereur : il ne s’agit plus d’une guerre contre des sujets rebelles, mais d’un conflit entre deux puissances.
Le texte rétablit pour l’essentiel la situation antérieure. Les Confédérés obtiennent la haute justice en Thurgovie, jusque-là exercée par la ville de Constance ; Maximilien conserve les juridictions du Prättigau. Les décrets de Worms ne sont pas mentionnés. Mais le traité confie le règlement des litiges futurs à des arbitres locaux, les évêques de Constance ou de Bâle et le conseil de Bâle, ce qui revient à écarter la compétence du tribunal impérial. Les Suisses ne paieront pas le denier commun.
L’historiographie helvétique a longtemps vu dans la paix de Bâle la date de l’indépendance de fait de la Confédération. La séparation juridique d’avec l’Empire ne sera prononcée qu’en 1648, aux traités de Westphalie. La guerre de 1499 reste le dernier conflit armé majeur entre la Suisse et l’Autriche. Bâle et Schaffhouse rejoindront la Confédération en 1501.
22 septembre 1694 : escadre anglo-hollandaise devant Dunkerque.
En pleine guerre de la Ligue d’Augsbourg, la flotte anglo-hollandaise qui a bombardé Dieppe et Le Havre au cours de l’été se présente devant Dunkerque, principal port corsaire du royaume. Les défenses tiennent.
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Depuis 1689, la France est en guerre contre la coalition menée par Guillaume III, roi d’Angleterre et stathouder des Provinces-Unies. Après la défaite de La Hougue en 1692, la marine de Louis XIV renonce aux grandes batailles d’escadre et mise sur la guerre de course. Dunkerque, d’où partent chaque saison des dizaines de corsaires, inflige de lourdes pertes au commerce anglais et hollandais. Jean Bart en est la figure la plus connue : le 29 juin 1694, au large du Texel, il a repris aux Hollandais un convoi de plus de 100 navires chargés de blé destinés au royaume, alors frappé par la famine. Louis XIV l’a anobli le 4 août.
La riposte alliée vise les ports. Le 18 juin 1694, un débarquement à Camaret, près de Brest, se solde par un échec sanglant face aux défenses organisées par Vauban. La flotte de l’amiral Berkeley remonte ensuite la Manche et bombarde Dieppe, puis Le Havre du 26 au 31 juillet, à l’aide de galiotes à bombes armées de mortiers. En septembre, sous le commandement de Sir Cloudesley Shovell, elle se présente devant Dunkerque. D’après le chevalier de Beaurain, historien militaire du XVIIIe siècle, le maréchal de Villeroy accourt avec le duc du Maine et le comte de Toulouse, fait venir 2 régiments de dragons et 700 grenadiers, tandis que les milices du Boulonnais arrivent sous le duc d’Aumont.
Les assaillants font approcher des forts avancés des bâtiments chargés d’explosifs, du même type que la « machine infernale » lancée contre Saint-Malo en novembre 1693. Ils espèrent détruire les forts et incendier la ville. L’opération échoue : les brûlots n’atteignent pas leurs objectifs et les bombes lancées les jours suivants font peu de dégâts. L’escadre se retire vers Calais, qu’elle attaque sans plus de succès.
Ces bombardements, coûteux en munitions et peu efficaces contre des places fortifiées, se répètent en 1695 contre Saint-Malo, Granville, Dunkerque et Calais. C’est lors de l’attaque d’août 1695 que Jean Bart et son fils François-Cornil défendent le fort de Bonne-Espérance.
22 septembre 1776 : exécution de Nathan Hale à New York.
Capitaine de l’armée continentale envoyé en mission de renseignement derrière les lignes britanniques, Nathan Hale est pendu sans jugement à 21 ans. Les paroles qu’on lui prête ont fait de lui un héros national, mais leur authenticité n’est cependant pas établie.
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Né le 6 juin 1755 dans le Connecticut, diplômé de Yale en 1773, Nathan Hale est instituteur quand éclate la guerre d’indépendance. Il s’engage dans un régiment du Connecticut en 1775 et participe au siège de Boston. En août 1776, l’armée britannique du général William Howe débarque à Long Island et bat Washington. Celui-ci, qui ignore où l’ennemi frappera ensuite, demande un volontaire pour aller observer les positions britanniques.
Hale se propose. Son ami William Hull tente de l’en dissuader : l’espionnage passe alors pour une activité indigne d’un officier. Hull rapportera sa réponse : tout service nécessaire au bien public devient honorable par sa nécessité même. Vers le 12 septembre, Hale traverse le détroit de Long Island et débarque sur la rive nord, à Huntington, déguisé en maître d’école hollandais, son diplôme de Yale en poche. Le 15 septembre, les Britanniques débarquent à Kip’s Bay et prennent New York.
Dans la nuit du 21 septembre, Hale est arrêté, probablement près de Flushing Bay, par les Queen’s Rangers du lieutenant-colonel Robert Rogers. On trouve sur lui des notes et des croquis de fortifications. Conduit devant Howe, installé à la Beekman House, il reconnaît son identité et sa mission. Un homme pris hors de son uniforme derrière les lignes n’a droit à aucune procédure : Howe ordonne son exécution pour le lendemain. Le 22 septembre au matin, Hale est pendu à proximité du parc d’artillerie britannique, près de la Dove Tavern, vers l’actuelle 66e Rue ; l’emplacement exact reste discuté.
Le capitaine John Montresor, officier du génie britannique présent, passe les lignes sous drapeau blanc le jour même ou le lendemain et raconte la scène à des officiers américains, dont Hull. Les premiers témoignages britanniques, comme le journal du lieutenant Frederick MacKenzie, relèvent seulement le calme du condamné. En 1781, un journal de Boston lui prête un regret de n’avoir pas plusieurs vies à offrir à sa cause. La formule connue aujourd’hui — « Je regrette seulement de n’avoir qu’une vie à perdre pour mon pays » — vient des souvenirs de Hull, publiés bien plus tard. Elle rappelle de très près une réplique du Caton de Joseph Addison, pièce de 1713 que tous les officiers lettrés de l’époque connaissaient : « Quel dommage de ne pouvoir mourir qu’une fois pour servir son pays ! » Hale a pu la citer ; elle a pu aussi lui être attribuée après coup.
Hale est devenu le héros officiel du Connecticut. Sa statue se dresse à Yale, dans le parc de l’hôtel de ville de New York et au siège de la CIA à Langley. Son exécution pèsera en 1780 dans le refus de Washington de gracier le major britannique John André, pris lui aussi en civil.

22 septembre 1828 : mort de Chaka Zulu.
En 12 ans, le chef d’un petit clan du Natal a bâti le plus puissant État de l’Afrique australe en réorganisant la guerre. Il est poignardé par deux de ses demi-frères dans sa capitale de KwaDukuza.
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Chaka naît vers 1787 de Senzangakhona, chef des Zoulous, alors l’un des nombreux clans nguni de l’actuel KwaZulu-Natal, et de Nandi, fille d’un chef du clan voisin des Langeni. L’union contrevient aux règles coutumières et l’enfant en porte le stigmate. Nandi est renvoyée chez les siens, où Chaka passe une enfance difficile, puis trouve refuge chez les Mthethwa. La tradition a amplifié ces années d’humiliation pour expliquer la personnalité du futur roi. Le poète Mazisi Kunene, qui a recueilli les traditions orales zouloues, en donne une version plus nuancée, qui insiste sur le caractère de Nandi et les conflits entre clans.
Adolescent, Chaka est incorporé dans un régiment, l’iziCwe, de l’armée de Dingiswayo, chef des Mthethwa, qui fédère alors par la force et la diplomatie une partie des clans de la région. Il s’y distingue. À la mort de Senzangakhona, vers 1816, le pouvoir revient à un autre fils, Sigujana. Avec l’appui de Dingiswayo, Chaka rentre chez les Zoulous ; Sigujana est tué, selon la tradition par Ngwadi, un demi-frère de Chaka. Les Zoulous comptent alors, selon les estimations, moins de 1 500 personnes.
Chaka transforme l’armement et l’organisation. Il remplace la sagaie de jet par une lance courte à longue lame, l’iklwa, destinée au combat au corps à corps, associée à un grand bouclier en peau de bœuf. Il fait des régiments de classes d’âge, les amabutho, des unités permanentes, cantonnées dans des kraals militaires et interdites de mariage jusqu’à ce que le roi les libère. Il impose un entraînement intensif et des marches longues. La manœuvre enseignée à ses troupes, dite en « cornes de buffle », engage une masse centrale, la « poitrine » (isifuba), qui fixe l’adversaire, pendant que deux ailes, les « cornes » (izimpondo), l’enveloppent ; une réserve, les « reins » (umuva), attend derrière, souvent assise dos au combat pour ne pas s’exposer.
En 1817 ou 1818, Dingiswayo est capturé et tué par Zwide, chef des Ndwandwe. Chaka prend la tête de la confédération mthethwa. Il repousse les Ndwandwe à Gqokli Hill, puis les écrase sur la rivière Mhlatuze (les dates varient selon les auteurs, entre 1818 et 1820). Les clans vaincus sont incorporés : les hommes jeunes rejoignent les régiments et deviennent zoulous. Vers 1823, Chaka contrôle l’essentiel du Natal. Son armée compte plusieurs dizaines de milliers d’hommes.
Les guerres de cette période provoquent des migrations massives dans toute l’Afrique australe, désignées sous le nom de Mfecane (« l’écrasement »). Plusieurs chefs appliquent à leur tour les méthodes zouloues loin du Natal. Mzilikazi, l’un des lieutenants de Chaka, rompt avec lui vers 1822-1823, gagne le haut plateau du Transvaal avec ses Ndébélé, puis, chassé par les Voortrekkers en 1837, s’établit dans l’actuel Zimbabwe. Deux anciens chefs ndwandwe, Soshangane et Zwangendaba, fondent l’un le royaume de Gaza au Mozambique, l’autre un État ngoni qui franchit le Zambèze en 1835 et atteint le lac Malawi et la Tanzanie. La responsabilité de Chaka dans ces bouleversements a été discutée : l’historien Julian Cobbing a soutenu en 1988 que la pression de la traite et de la colonisation avait joué un rôle au moins aussi important. Les mouvements de population avaient commencé avant son avènement.
Nandi meurt en octobre 1827. Le deuil imposé par Chaka est d’une violence extrême : des exécutions en nombre, dont les témoins européens, notamment Henry Francis Fynn, donnent des chiffres invérifiables allant jusqu’à plusieurs milliers ; l’interdiction des cultures et du lait pendant un an. Au début de 1828, il envoie ses régiments razzier jusqu’aux abords de la colonie du Cap, puis, à peine rentrés, les expédie au nord contre Soshangane. Cette campagne, dite de la Balule, dégarnit la capitale. Le 22 (ou 24) septembre 1828, Chaka est poignardé à KwaDukuza, près de l’actuelle Stanger, par ses demi-frères Dingane et Mhlangana, avec la complicité de son conseiller Mbopa. La tradition attribue l’organisation du complot à sa tante Mkabayi. Dingane fait ensuite tuer Mhlangana et règne jusqu’en 1840.
Les récits des premiers Européens installés à Port Natal, puis l’historiographie coloniale et afrikaner, ont présenté Chaka comme un tyran sanguinaire. La mémoire zouloue en a fait le fondateur de la nation. Le site de sa tombe, à KwaDukuza, accueille chaque année une commémoration présidée par le roi des Zoulous.
22 septembre 1905 : naissance de l’ingénieur aéronautique autrichien Eugène Sänger.
Théoricien de l’avion spatial et du bombardier suborbital, Eugen Sänger a travaillé pour le IIIe Reich, puis pour la France, avant d’être écarté en Allemagne fédérale pour avoir conseillé le programme de missiles égyptien.
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Eugen Sänger naît le 22 septembre 1905 à Pressnitz, en Bohême, alors dans l’Empire austro-hongrois. La ville, devenue Přísečnice, a été noyée par un barrage en 1974. Étudiant en génie civil à Graz puis à Vienne, il lit l’ouvrage de Hermann Oberth sur les fusées et les voyages spatiaux et se réoriente vers l’aéronautique. Il rejoint la Société pour la navigation spatiale (VfR), association allemande d’amateurs de fusées. Sa thèse sur le vol propulsé par fusée est refusée comme trop spéculative ; il obtient son diplôme en 1930 avec un travail sur la statique des ailes en treillis. Il publie sa thèse refusée en 1933 sous le titre Raketenflugtechnik. Selon plusieurs sources, il a adhéré à la SS et au parti national-socialiste dès les années 1930, alors que ce dernier était interdit en Autriche.
Ses articles parus en 1935 et 1936 dans la revue autrichienne Flug attirent l’attention du ministère de l’Air du Reich. En 1936, il prend la direction d’un centre de recherche secret de la Luftwaffe à Trauen, dans la lande de Lunebourg. Il y étudie un bombardier propulsé par fusée, le Silbervogel (« oiseau d’argent »), lancé par un chariot sur rail, qui monterait aux limites de l’espace et parcourrait des milliers de kilomètres en rebondissant sur les couches denses de l’atmosphère. L’engin devait pouvoir frapper les États-Unis. Sänger conçoit des chambres de combustion d’une poussée de cent tonnes et figure parmi les premiers à proposer de refroidir la tuyère en y faisant circuler le carburant avant sa combustion. La mathématicienne Irene Bredt, qu’il épousera en 1951, assure les calculs. Leur rapport final, achevé en 1944, reste un texte de référence.
Le centre de Trauen ferme en 1942 : le ministère de l’Air abandonne les projets trop éloignés d’une application immédiate. Sänger rejoint l’Institut allemand de recherche sur le vol à voile (DFS), à Ainring, où il travaille sur les statoréacteurs jusqu’à la fin de la guerre.
De 1946 à 1954, il est ingénieur-conseil du ministère français de l’Armement, notamment à l’arsenal de l’aéronautique de Châtillon, sur les moteurs-fusées et les statoréacteurs. Le rapport sur le Silbervogel, saisi par les Alliés, intéresse aussi Moscou. Selon le témoignage de Grigori Tokaty, ingénieur soviétique passé à l’Ouest, Staline aurait voulu attirer Sänger en URSS, voire le faire enlever. En 1951, Sänger devient le premier président de la Fédération internationale d’astronautique.
Rentré en Allemagne en 1954, il dirige à Stuttgart l’Institut de physique de la propulsion par réaction. En 1961-1962, il est mis en cause pour avoir apporté son concours, avec d’autres ingénieurs allemands, au programme égyptien de missiles, dirigé contre Israël. Sous la pression du gouvernement fédéral, il quitte la direction de l’institut. Il travaille ensuite comme conseiller de Junkers sur un projet d’avion spatial à étage réutilisable, resté sur la planche à dessin, puis enseigne à l’Université technique de Berlin. Il y meurt d’une crise cardiaque le 10 février 1964, à 58 ans.
Ses travaux sur le vol hypersonique plané ont nourri les études américaines de l’après-guerre, dont le programme X-20 Dyna-Soar. Le nom de Sänger a été repris dans les années 1980 par un projet allemand d’avion spatial à deux étages.

En 1942, à la suite de la défaite de Stalingrad, le ministère de l’Air annule ces projets, comme d’autres projets ambitieux ou théoriques, pour se concentrer sur des technologies ayant fait leurs preuves. Sänger est transféré au Deutsche Forschungsanstalt für Segelflug ou DFS (« Institut allemand de recherche sur le vol à voile »). Il y effectue, jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, un important travail sur la technologie du statoréacteur.
Dans la course à la récupération des savants nazis, la France, très en retard dans le domaine du fait de l’occupation, réussit à débaucher Eugène Sänger, en faisant abstraction de son passé. Non seulement il travaille de 1946 à 1954 comme ingénieur-conseil et participe entre autres au projet Griffon à Châtillon. Il est même décoré de l’Ordre national du Mérite. Lorsqu’il était en France, il fit l’objet d’une tentative de débauchage par des agents soviétiques. Staline avait été intrigué par les rapports sur le Silbervogel et envoie son fils Vassili et le scientifique Grigori Tokaty pour le convaincre de venir en URSS mais sans succès. Il fut dit que Staline donna alors instruction au NKVD de le kidnapper.
En 1949, Sänger fonde à Paris la Fédération astronautique et en 1951, il devint le premier président de la fédération internationale d’astronautique. En 1954, il rentre en Allemagne et trois ans plus tard dirige l’Institut de la physique et de la propulsion par réaction à l’école technique de Stuttgart. Il a pour élève Lutz Kayser, qui fonde la première entreprise spatiale privée, l’OTRAG. Entre 1961 et 1963, il est consultant pour le constructeur aéronautique Junkers dans la conception d’un avion spatial propulsé par statoréacteur, nommé Sänger, mais cet avion ne dépassa jamais le stade de la planche à dessin. Une des autres idées innovantes de Sänger pendant cette période fut d’utiliser les photons pour la propulsion d’engins interplanétaires dont la voile solaire. Comme d’autres savants nazis, il prodigue ses conseils à Nasser, en Egypte, qui veut construire des fusées capables de toucher l’ensemble du territoire israélien. Les pressions israéliennes conduisent l’Allemagne à le destituer de ses fonctions.
Il meurt le à Berlin à 58 ans. Il est enterré au cimetière Alter Friedhof de Stuttgart-Vaihingen.
Ses travaux prouvèrent leur importance dans les programmes des X-15, X-20 Dyna-Soar et finalement de la navette spatiale. Sänger avait la certitude que l’astronautique deviendrait un fait réel aussi routinier que l’est l’aéronautique.
22 septembre 1914 : mort au combat de l’écrivain Alain Fournier (Bois de Saint Rémy).
L’auteur du Grand Meaulnes est tué lors d’une reconnaissance offensive sur les Hauts de Meuse. Son corps et ceux de 20 de ses compagnons ne seront retrouvés qu’en 1991, dans une fosse creusée par les Allemands.
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Henri-Alban Fournier, qui signe Alain-Fournier, naît le 3 octobre 1886 à La Chapelle-d’Angillon, dans le Cher. Son unique roman, Le Grand Meaulnes, paraît en 1913 et manque de peu le prix Goncourt. Lieutenant de réserve, il est mobilisé le 2 août 1914 au 288e régiment d’infanterie, régiment de réserve formé à Mirande, dans le Gers, et prend le commandement de la 23e compagnie. Le régiment rejoint le front lorrain puis les Hauts de Meuse, au sud-est de Verdun.
Le 22 septembre, un détachement formé de la 22e compagnie du lieutenant Paul Marien et de la 23e compagnie de Fournier reçoit l’ordre d’une reconnaissance offensive vers Dommartin-la-Montagne. D’après le témoignage du sergent Zacharie Baqué, Fournier atteint la tranchée de Calonne, route forestière qui traverse les Hauts de Meuse, où le capitaine Savinien Boubée de Gramont prend la direction de l’opération et décide d’attaquer. La 22e compagnie a rencontré un poste sanitaire allemand et ouvert le feu. En voulant la rejoindre, les hommes de Fournier sont pris à revers par des grenadiers prussiens embusqués à la lisière du bois de Saint-Remy. Le combat est confus. Le capitaine de Gramont, le lieutenant Fournier, le sous-lieutenant Imbert et 18 hommes disparaissent ; le reste du détachement se replie. Le journal de marche du régiment les porte disparus.
Plusieurs témoignages recueillis après la guerre indiquent que les Français ont tiré sur des brancardiers allemands qu’ils avaient pris pour des combattants, parce que ceux-ci rassemblaient les armes de blessés. Des rumeurs ont circulé pendant des décennies, dans un sens comme dans l’autre, sur le sort des Français capturés.
Pendant près de 80 ans, le lieu de la mort d’Alain-Fournier reste inconnu. Le chercheur Michel Algrain et son équipe reprennent les investigations à partir de 1977. Le 2 mai 1991, l’un d’eux, Jean Louis, repère dans le bois de Saint-Remy une fosse où 21 corps ont été enterrés tête-bêche par les Allemands. Des fragments d’uniforme et un galon de lieutenant permettent une première identification. La fouille archéologique, menée par le service régional de l’archéologie de Lorraine, s’achève le 1er décembre 1991. L’examen des ossements en laboratoire à Metz permet d’écarter la plupart des accusations avancées à la hâte dans la presse au moment de la découverte. L’identité d’Alain-Fournier est confirmée en novembre 1991.
Le 10 novembre 1992, les 21 soldats du 288e RI sont inhumés dans la nécropole nationale de Saint-Remy-la-Calonne. Un monument a été élevé en 1993 à l’emplacement de la fosse. Le nom d’Alain-Fournier figure au Panthéon parmi ceux des écrivains morts pour la France.

22 septembre 1914 : le sous-marin allemand U-9 coule successivement les croiseurs obsolètes HMS Aboukir, Hogue et Cressy, (dont les équipages sont constitués principalement de réservistes) causant la perte de 1 459 hommes
n petit sous-marin de conception ancienne envoie par le fond les croiseurs cuirassés Aboukir, Hogue et Cressy au large des côtes néerlandaises. Près de 1 460 marins britanniques périssent. L’Amirauté découvre la menace sous-marine.
Depuis le début de la guerre, trois croiseurs cuirassés anciens de la classe Cressy patrouillent dans le sud de la mer du Nord, sur les Broad Fourteens, au large de la Hollande, pour couvrir les communications avec la France. Leurs équipages comprennent une forte proportion de réservistes et de très jeunes élèves officiers. Dans la flotte, on les surnomme déjà le Live Bait Squadron, « l’escadre des appâts vivants ». Le 22 septembre au matin, faute d’escorte de destroyers retenus au port par le mauvais temps, ils naviguent seuls, à vitesse réduite et sans zigzaguer.
Le U-9 est un sous-marin de 1910, propulsé en surface par des moteurs à pétrole lampant, commandé par le lieutenant de vaisseau Otto Weddigen. Vers 6 h 20, il torpille l’Aboukir, qui chavire en moins d’une demi-heure. Croyant à une mine, les deux autres croiseurs stoppent pour recueillir les naufragés. Weddigen touche le Hogue, puis, vers 07 h 20, le Cressy. Au total, 1 459 marins sont tués. Des chalutiers et des navires néerlandais recueillent la plupart des 837 survivants.
L’opinion britannique est consternée. Weddigen reçoit l’ordre Pour le Mérite ; le 15 octobre, il coule encore le croiseur Hawke. Il sera tué le 18 mars 1915, quand son nouveau sous-marin, le U-29, sera éperonné par le cuirassé Dreadnought.
La perte des 3 croiseurs a des conséquences immédiates. L’Amirauté interdit aux grands bâtiments de stopper pour secourir les naufragés d’un navire torpillé et impose des routes en zigzag. Le capitaine de vaisseau Dudley Pound, alors commandant du cuirassé St. Vincent et futur premier lord de la Mer pendant la Seconde Guerre mondiale, note deux jours plus tard dans son journal que l’avertissement, si cher payé soit-il, est utile : la flotte avait fini par croire les sous-marins allemands inoffensifs, et la leçon aurait pu coûter des cuirassés.


22 septembre 1914 : bombardement de Papeete (Polynésie française).
Deux croiseurs cuirassés de l’escadre allemande d’Extrême-Orient se présentent devant Papeete pour s’emparer du charbon de l’île. Le commandant de la place fait saborder la canonnière Zélée, incendier le dépôt et détruire les repères de la passe. Les Allemands bombardent la ville et repartent sans avoir débarqué.
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Au début de la guerre, Tahiti ne dispose ni de défenses modernes ni de poste de télégraphie sans fil. La garnison compte une compagnie d’infanterie coloniale, quelques dizaines d’artilleurs et une cinquantaine de gendarmes. Le croiseur Montcalm, présent en rade en août, a regagné Nouméa. Reste la Zélée, canonnière de 680 tonnes basée à Papeete depuis une douzaine d’années, commandée par le lieutenant de vaisseau Maxime Destremau, 39 ans, qui devient de fait commandant de la place. Averti de la présence de l’escadre du vice-amiral von Spee dans le Pacifique, Destremau fait débarquer l’essentiel de l’artillerie de la Zélée, un canon de 100 mm et quatre de 65 mm, pour renforcer les batteries à terre. Il a capturé le cargo allemand Walküre.
Le 22 septembre vers 07 h 00, deux croiseurs sans marques apparaissent : le Scharnhorst et le Gneisenau. La batterie tire trois coups de semonce. Les navires hissent le pavillon de la marine impériale et ouvrent le feu. Destremau applique les mesures préparées : le Walküre est coulé dans le port, le dépôt de charbon, environ deux mille tonnes, est incendié, les marques d’alignement de la passe sont détruites, et la Zélée est sabordée par son second. L’enseigne de vaisseau commandant la batterie côtière, sachant ses pièces trop faibles contre des croiseurs cuirassés, reste silencieux pour ne pas se dévoiler et réserver ses coups à toute embarcation qui tenterait de franchir la passe.
Le bombardement dure moins d’une heure en deux reprises. Entre 80 et 120 obus, selon les sources, tombent sur le port et la ville. Le quartier du marché, bâti en bois, prend feu ; l’incendie détruit une partie du centre de Papeete et dure deux jours. Deux personnes sont tuées. Vers 10 h 00, les croiseurs s’éloignent vers les Marquises sans avoir tenté d’entrer dans la rade, dont ils ignorent les défenses. Des plongeurs tahitiens remontent le pavillon de la Zélée et le remettent à son équipage.
Pour von Spee, l’opération est un échec : il n’a pas trouvé de charbon et a consommé des munitions qu’il ne peut remplacer. Surtout, il a révélé sa position, transmise à l’Amirauté britannique par la Nouvelle-Zélande. L’escadre allemande détruira pourtant une escadre britannique à Coronel, au large du Chili, le 1er novembre, avant d’être anéantie aux Falklands le 8 décembre.
Destremau est critiqué par les autorités civiles de la colonie et rappelé en France, où il meurt en 1915. Une citation posthume à l’ordre de l’armée, en décembre 1915, reconnaît que ses mesures ont préservé le port et provoqué la retraite des croiseurs. Le bombardement a suscité en Polynésie un fort mouvement d’engagements volontaires : plus de 1 500 hommes des Établissements français de l’Océanie partiront combattre en Europe ; environ 300 n’en reviendront pas.

22 septembre 1914 : le croiseur Emden bombarde Madras (Inde).
Au cours de sa campagne de guerre de course dans l’océan Indien, le croiseur léger allemand incendie les réservoirs de pétrole du port de Madras. C’est la seule attaque des puissances centrales contre une ville de l’Inde britannique pendant la Grande Guerre.
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Détaché de l’escadre de von Spee en août 1914, le croiseur léger Emden, commandé par le capitaine de frégate Karl von Müller, écume depuis le début de septembre les routes maritimes du golfe du Bengale. Il a capturé ou coulé plusieurs cargos et obtenu la fermeture temporaire de la route Colombo-Calcutta. Averti que des croiseurs britanniques convergent vers l’est du golfe, Müller décide de traverser vers l’ouest et de frapper Madras avant de disparaître vers le sud.
Le 22 septembre, vers 21 h 20, l’Emden s’approche dans l’obscurité à environ 3 000 m du port, dont les lumières ne sont pas éteintes. Ses projecteurs éclairent les réservoirs de la Burmah Oil Company, peints en blanc à bandes rouges. En une demi-heure environ, il tire quelque 125 à 130 obus. Plusieurs réservoirs prennent feu ; environ 1,3 million de litres de pétrole brûlent. Le cargo Chupra, au mouillage, est touché : 5 marins sont tués, 26 blessés. Quelques obus tombent en ville. Les batteries de Madras ripostent quand l’Emden a déjà éteint ses projecteurs et fait route au sud. Müller écrira qu’il voulait surtout frapper l’opinion indienne, gêner le commerce anglais et entamer le prestige britannique.
L’effet économique dépasse de loin les dégâts matériels. De nombreux habitants fuient la côte, et les exportations de thé et de jute baissent jusqu’à la destruction du croiseur. Le mot « Emden » est entré dans la langue tamoule pour désigner une personne audacieuse ou redoutable.
L’Emden poursuivra sa course jusqu’au 9 novembre 1914, date à laquelle le croiseur australien Sydney le détruit aux îles Cocos. Entre-temps, il aura coulé à Penang le croiseur russe Jemtchoug et le destroyer français Mousquet.
22 septembre 1918 : le premier avion Handley Page atterrit chez les Arabes d’Umm el-Surab (Transjordanie).
Au quatrième jour de la bataille de Megiddo, le plus gros avion jamais vu au Moyen-Orient se pose sur une piste improvisée près de Deraa pour ravitailler les chasseurs qui protègent les forces de Fayçal et de Lawrence.
Le 19 septembre 1918, le général Allenby déclenche en Palestine l’offensive de Megiddo, qui disloque en quelques jours les 7e et 8e armées ottomanes. À l’est du Jourdain, les forces arabes de l’émir Fayçal, accompagnées du lieutenant-colonel T. E. Lawrence, coupent les voies ferrées autour de Deraa, nœud du chemin de fer du Hedjaz. Elles se sont repliées sur Umm el-Surab, à l’écart de l’aérodrome germano-ottoman de Deraa, dont les appareils les harcèlent.
À la demande de Lawrence, la Royal Air Force et l’Australian Flying Corps envoient des appareils opérer depuis une piste aménagée dans le désert. Le 22 septembre, trois chasseurs biplaces Bristol F.2 se posent à Umm el-Surab ; Lawrence arrive à bord de l’un d’eux. Ils abattent plusieurs avions ennemis dans les heures qui suivent. Pour les ravitailler en essence, en munitions et en pièces, il faut un appareil de transport lourd.
C’est le rôle du Handley Page O/400 C9681 du No. 1 Squadron australien. Ce bombardier bimoteur de 30 mètres d’envergure, arrivé d’Angleterre par la voie des airs au cours de l’été avec le général de brigade Amyas Borton, a déjà attaqué dans la nuit du 19 septembre, piloté par le capitaine Ross Smith, le central téléphonique d’El Afule, qui reliait le quartier général ottoman à ses armées. Son arrivée à Umm el-Surab provoque l’enthousiasme des tribus, pour qui la taille de l’appareil vaut preuve de la défaite turque. Le Handley Page bombarde ensuite l’aérodrome de Deraa, puis Mafraq.
Ross Smith, pilote australien issu de la cavalerie légère, réalisera en 1919 avec son frère Keith le premier vol Angleterre-Australie, sur Vickers Vimy.

22 septembre 1939 : Allemands et Soviétiques à Brest-Litovsk, capitulation de Lwów.
5 jours après l’entrée de l’Armée rouge en Pologne, la Wehrmacht remet la ville et la forteresse de Brest-Litovsk aux Soviétiques lors d’une cérémonie commune. Le même jour, Lwów capitule devant l’Armée rouge.
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Le protocole secret du pacte germano-soviétique du 23 août 1939 a partagé la Pologne en sphères d’influence. Le 1er septembre, l’Allemagne attaque ; le 17, l’Union soviétique envahit à son tour l’est du pays. Le XIXe corps blindé du général Heinz Guderian s’est emparé de Brest-Litovsk (Brześć nad Bugiem) et de sa citadelle entre le 14 et le 17 septembre, bien à l’est de la ligne de démarcation. Guderian apprend avec humeur qu’il doit évacuer la ville et repasser le Bug au plus tard le 22.
Le 21, la 29e brigade de chars légers du kombrig Semion Krivochéine atteint Brest. Les deux commandants règlent les modalités du transfert. Guderian propose un défilé commun ; Krivochéine, arguant de la fatigue de ses troupes après une longue marche, accepte d’envoyer une musique et quelques bataillons et de passer les troupes en revue aux côtés du général allemand. Le 22 septembre dans l’après-midi, les unités allemandes défilent devant une tribune où se tiennent Guderian, Krivochéine et le général Mauritz von Wiktorin, suivies de chars soviétiques. Le drapeau allemand est amené et remplacé par le drapeau soviétique. Les Allemands se retirent derrière le Bug.
Les historiens russes contestent le terme de « parade commune » et parlent d’une cérémonie de passation. Les photographies et les actualités filmées allemandes, largement diffusées, en ont fait l’une des images les plus connues de la collaboration militaire germano-soviétique de 1939-1941.
Le même jour, plus au sud, le général Władysław Langner, qui défend Lwów (aujourd’hui Lviv) depuis le 12 septembre contre les Allemands puis contre l’Armée rouge, signe la reddition de la ville dans le faubourg de Winniki. Les conditions accordées prévoient la libre sortie des officiers et des soldats. Elles ne sont pas respectées : de nombreux officiers sont déportés en URSS, et une partie d’entre eux sera exécutée au printemps 1940 dans le cadre des massacres de Katyn.
22 septembre 1940 : l’armée japonaise attaque Lang Son (Tonkin).
Quelques heures après la signature à Hanoï d’une convention militaire franco-japonaise, la 5e division japonaise franchit la frontière chinoise et attaque les postes français autour de Lang Son. En 3 jours de combats, l’armée d’Indochine doit céder.
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Après la défaite de juin 1940, l’Indochine française est isolée. Le Japon, en guerre contre la Chine depuis 1937, exige la fermeture de la voie ferrée Haïphong-Kunming, par laquelle transitent armes et carburant destinés à Tchang Kaï-chek. Le gouverneur général Catroux cède en juin ; Vichy le remplace par le vice-amiral Jean Decoux. Le 30 août, un accord de principe est signé à Tokyo : Vichy reconnaît au Japon des facilités militaires au Tonkin en échange de la reconnaissance de la souveraineté française.
La convention d’application est négociée à Hanoï entre le général Maurice Martin, commandant supérieur des troupes, et le général Nishihara Issaku. Elle accorde au Japon trois terrains d’aviation au Tonkin, le droit d’y stationner 6 000 hommes au nord du fleuve Rouge et le transit de 25 000 hommes vers le Yunnan. Elle est signée le 22 septembre vers 15 heures. L’armée japonaise de Canton avait prévu d’entrer en Indochine ce jour-là, avec ou sans accord. À 22 heures, la 5e division d’infanterie franchit la frontière en trois points autour de Dong Dang.
Les postes frontaliers, tenus par des troupes coloniales et des tirailleurs tonkinois mal équipés, sont encerclés. Dong Dang et Loc Binh sont isolés le 24 ; le poste de Na Cham tombe après avoir résisté. Le 25, le général Mennerat, jugeant Lang Son intenable, demande un cessez-le-feu ; à 18 heures, les combats cessent. Les pertes françaises se comptent par centaines de tués, de blessés et de prisonniers. Le 26, des troupes japonaises débarquent près de Haïphong. Il faut un ordre venu de Tokyo pour arrêter la 5e division ; les prisonniers de Lang Son sont libérés le 5 octobre et la ville est rendue à l’administration française fin novembre.
L’affaire de Lang Son marque le début de la présence militaire japonaise en Indochine, étendue au sud en juillet 1941. L’administration française subsistera jusqu’au coup de force japonais du 9 mars 1945, au cours duquel la garnison de Lang Son sera à nouveau attaquée et en partie massacrée.
22 septembre 1943 : opération Source, des sous-marins de poche britanniques endommagent le Tirpitz.
2 sous-marins de poche parviennent à franchir les filets qui protègent le cuirassé allemand au fond d’un fjord norvégien et déposent sous sa coque des charges de deux tonnes chacune. Le Tirpitz est immobilisé pendant 6 mois.
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Depuis mars 1943, le cuirassé Tirpitz, sister-ship du Bismarck, est mouillé dans le Kåfjord, bras de l’Altafjord, dans l’extrême nord de la Norvège. Sa seule présence menace les convois alliés vers Mourmansk et oblige la Home Fleet à garder des cuirassés en réserve. Les attaques aériennes ont échoué. L’Amirauté mise sur les X-craft, sous-marins de poche de 15 m pour 4 hommes d’équipage, armés de 2 charges latérales d’environ 2 tonnes d’amatol à larguer sous la cible.
Le 11 septembre, 6 sous-marins classiques quittent le Loch Cairnbawn, en Écosse, chacun remorquant un X-craft monté par un équipage de passage. Le X9 disparaît en route avec son équipage ; le X8, avarié, est sabordé. Le 20 septembre, les 4 restants larguent leurs remorques : 3 visent le Tirpitz, le X10 le Scharnhorst, mais ce dernier doit renoncer à la suite de pannes.
Le 22 au matin, le X6 du lieutenant Donald Cameron, gyrocompas en panne et périscope noyé, franchit les filets anti-torpilles en surface, en plein jour, et est repéré. Cameron largue ses charges contre la coque, saborde son sous-marin et est fait prisonnier avec son équipage. Le X7 du lieutenant Godfrey Place, pris dans les filets, se dégage et dépose ses charges sous le navire. Les Allemands ont le temps de déhaler partiellement le cuirassé sur ses aussières. Vers 08 h 12, les charges explosent. Le X7, secoué par l’explosion, coule ; Place et un autre membre d’équipage s’échappent et sont capturés, deux hommes périssent. Le X5 du lieutenant Henty-Creer, aperçu à proximité, est détruit avec tout son équipage.
Le Tirpitz a des tourelles désalignées, des turbines et des machines endommagées, une coque déformée. Réparé sur place, il ne reprend la mer qu’au printemps 1944. L’opération a coûté 9 tués et 6 prisonniers, et les 6 X-craft. Cameron et Place reçoivent la Victoria Cross en février 1944, alors qu’ils sont en captivité. Le cuirassé sera finalement coulé par les bombardiers Lancaster de la RAF le 12 novembre 1944, près de Tromsø.
22 septembre 1944 : fin de la bataille de Boulogne-sur-Mer.
Après six jours d’assaut, la 3e division d’infanterie canadienne obtient la reddition de la garnison allemande de Boulogne. Près de 9 500 Allemands sont faits prisonniers.
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À l’été 1944, les armées alliées manquent de ports. Hitler a érigé les principaux ports de la Manche en « forteresses » à tenir jusqu’au bout. Boulogne, défendue par environ 10 000 hommes sous le lieutenant-général Ferdinand Heim, est entourée de hauteurs fortifiées et appuyée par des batteries côtières, des canons de 88 mm et des obusiers. La 9e brigade canadienne, qui espérait la prendre en passant, est arrêtée à 8 km de la ville au début de septembre.
L’opération Wellhit est confiée à la 3e division d’infanterie canadienne du major-général Daniel Spry. Le 17 septembre au matin, le Bomber Command engage plus de 750 bombardiers sur les positions allemandes. Les 8e et 9e brigades attaquent, appuyées par l’artillerie et par les blindés spéciaux de la 79e division blindée britannique : chars lance-flammes Crocodile, chars du génie, transports de troupes Kangaroo. Les points d’appui tombent l’un après l’autre : le mont Lambert, la citadelle de la haute ville, les hauteurs de Herquelingue, dont les défenseurs se terrent dans des galeries souterraines. Le 22 septembre dans l’après-midi, la dernière position, le fort de Le Portel, se rend ; Heim fait cesser le combat (sa reddition personnelle est parfois datée du 23).
Les Canadiens capturent 9 517 soldats allemands, dont 250 blessés. Ils ont perdu 634 hommes, tués ou blessés, en majorité sous le feu de l’artillerie. Les installations portuaires, démolies par les Allemands et endommagées par les bombardements, ne sont utilisables qu’à partir du 12 octobre. Le même 22 septembre, la même division engage l’opération Undergo contre Calais, qui capitulera le 1er octobre. Dunkerque, simplement investie, tiendra jusqu’en mai 1945.
22 septembre 1945 : le général Patton s’interroge sur le bienfondé de la dénazification en Allemagne.
Gouverneur militaire de la Bavière, le général Patton tient devant la presse des propos qui minimisent l’appartenance au parti nazi. Moins de deux semaines plus tard, Eisenhower lui retire le commandement de la IIIe armée.
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Après la capitulation allemande, la IIIe armée du général George S. Patton administre la Bavière, dans la zone d’occupation américaine. La directive d’occupation impose d’écarter des fonctions publiques et des postes de responsabilité tous les membres actifs du parti national-socialiste. Patton applique la mesure avec réticence. Il estime que l’administration bavaroise ne peut fonctionner sans les fonctionnaires, les techniciens et les cadres qui avaient adhéré au parti, et il voit déjà l’Union soviétique comme l’adversaire de demain. Son journal et sa correspondance de l’été 1945 contiennent en outre des propos hostiles aux Juifs rescapés des camps, réunis dans les camps de personnes déplacées. En août, le rapport Harrison, commandé par le président Truman, dénonce les conditions faites à ces rescapés, notamment en Bavière.
Le 22 septembre, à Bad Tölz, Patton répond aux questions des journalistes après son point de situation du matin. Interrogé sur le maintien d’anciens nazis dans l’administration, il affirme détester le nazisme, rappelle que plus de la moitié des Allemands avaient été membres du parti et déclare que l’administration serait paralysée si on les renvoyait tous. Il compare alors la question nazie à une rivalité électorale entre démocrates et républicains et dit qu’il a fallu « transiger un peu avec le diable » pour faire marcher la Bavière. La comparaison, reprise par la presse américaine, provoque un scandale.
Eisenhower, commandant des forces américaines en Europe et gouverneur militaire de la zone, le convoque à Francfort. L’état-major annonce le 2 octobre que Patton quitte la IIIe armée et la direction de la Bavière pour la XVe armée, formation réduite à un état-major chargé de rédiger l’histoire de la campagne en Europe. Le général Lucian Truscott lui succède le 7 octobre.
Le 9 décembre 1945, la voiture de Patton est heurtée par un camion militaire près de Mannheim. Paralysé, il meurt le 21 décembre à l’hôpital de Heidelberg. Il est inhumé au cimetière militaire américain de Hamm, au Luxembourg, parmi les soldats de la IIIe armée.
La politique de dénazification, confiée à partir de 1946 à des chambres d’épuration allemandes, sera progressivement assouplie avec la guerre froide, puis close au début des années 1950. Le romancier Ernst von Salomon en a laissé une critique acerbe dans Le Questionnaire (1951).

22 septembre 1950 : premier vol transatlantique sans escale d’un chasseur à réaction.

Le colonel David Schilling relie l’Angleterre au Maine en un peu plus de 10 heures à bord d’un F-84E Thunderjet ravitaillé 3 fois en vol. Son équipier doit s’éjecter au-dessus du Labrador.
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Au début de la guerre de Corée, l’US Air Force cherche un moyen de déployer rapidement ses chasseurs outre-mer sans escales. Le colonel David C. Schilling, as de la Seconde Guerre mondiale au 56th Fighter Group, a déjà conduit en 1948 la première traversée de l’Atlantique en formation de chasseurs à réaction, avec escales (opération Fox Able One). En 1950, la société britannique Flight Refuelling Ltd met au point le ravitaillement par perche et panier (probe and drogue) : le ravitailleur déroule un tuyau souple terminé par un entonnoir stabilisé, dans lequel le chasseur vient engager une perche. Deux F-84E sont modifiés en Angleterre.
Une première tentative, le 19 septembre, est interrompue : l’enrouleur du ravitailleur fonctionne mal. Le 22 septembre, Schilling et le colonel William Ritchie décollent de Manston, dans le Kent (opération Fox Able Four). Un premier ravitaillement a lieu au-dessus de l’Écosse, près de Prestwick, un second près de l’Islande, avec des bombardiers Avro Lancaster et Lincoln de Flight Refuelling (les sources divergent sur le type exact du premier ravitailleur). La jonction au-dessus de l’Islande est difficile par mauvais temps. La perche de Ritchie est endommagée à cette occasion.
Au troisième rendez-vous, au large du Labrador, avec un KB-29 de l’USAF, Ritchie ne parvient pas à recevoir de carburant. Il plane aussi loin que possible puis s’éjecte au-dessus de la terre ferme ; il est récupéré peu après. Schilling se ravitaille normalement et se pose à la base de Limestone, dans le Maine, après 10 heures et 8 minutes de vol. Il reçoit le trophée Harmon, que le président Truman lui remet à la Maison-Blanche.
En 1952, Schilling conduit une traversée du Pacifique vers le Japon avec ravitaillement en vol. Il meurt le 14 août 1956 dans un accident de voiture en Angleterre. La base aérienne de Salina, au Kansas, portera son nom.
Deux procédés de ravitaillement coexistent depuis : la perche rigide télescopique (flying boom), adoptée par l’US Air Force, qui offre un débit élevé ; la perche et panier, retenue notamment par l’US Navy, les forces aériennes européennes et l’armée de l’Air et de l’Espace, qui demande des ravitailleurs moins complexes.
22 septembre 1960 : proclamation de l’indépendance de la République du Mali.
Un mois après l’éclatement de la Fédération du Mali, les dirigeants de l’ancien Soudan français proclament à Bamako la République du Mali et rompent leurs liens avec la Communauté. Le nouvel État crée son armée et obtient en moins d’un an le départ des troupes françaises.
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Le 4 avril 1960, la France a conclu à Paris des accords de transfert de compétences avec la Fédération du Mali, qui unit le Sénégal et le Soudan français. La Fédération accède à l’indépendance le 20 juin. L’union se brise deux mois plus tard. Dans la nuit du 19 au 20 août 1960, le Sénégal de Léopold Sédar Senghor et de Mamadou Dia proclame son retrait ; Modibo Keïta, président du gouvernement fédéral, et les responsables soudanais sont reconduits par train à la frontière. Le colonel Abdoulaye Soumaré, chef d’état-major fédéral, est arrêté à Dakar.
Le 22 septembre 1960, un congrès extraordinaire de l’Union soudanaise-RDA, réuni au lycée technique de Bamako, proclame la République du Mali, indépendante, et se délie des accords passés avec la France. Le pays conserve le nom de l’ancienne fédération et de l’empire médiéval du Mali. Le 22 septembre est depuis la fête nationale.
L’armée malienne se constitue à partir des soldats originaires du Soudan servant dans l’armée coloniale. Un bataillon et un état-major avaient été créés dès le 31 août. Le 26 septembre, l’état-major territorial devient état-major de l’armée du Mali ; les premières troupes sont présentées au président Modibo Keïta le 12 octobre. Libéré, le général Soumaré est nommé chef d’état-major général le 28 décembre. En 1961, l’armée compte environ 3 500 hommes répartis en 4 bataillons, à Ségou, Kayes, Kati et Gao.
Le 20 janvier 1961, devant le corps diplomatique, Modibo Keïta demande l’évacuation des bases françaises, en signe notamment de solidarité avec le FLN algérien. La date est devenue la fête de l’armée malienne. Les troupes françaises, regroupées sur la base de Kati, se retirent à partir de juin ; la dernière emprise, la base aérienne 162 de Bamako, est évacuée le 5 septembre 1961. Le Mali se tourne ensuite vers l’Union soviétique pour équiper ses forces.
Modibo Keïta sera renversé le 19 novembre 1968 par un coup d’État militaire conduit par le lieutenant Moussa Traoré.
22 septembre 1972 : dernière perte au combat d’un A-1 Skyraider de l’US Air Force.
Le Skyraider abattu au-dessus du Laos est l’appareil sur lequel le lieutenant-colonel William A. Jones III avait gagné la Medal of Honor 4 ans plus tôt.
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Le Douglas A-1 Skyraider, monomoteur à hélice conçu en 1944 pour l’US Navy, s’est révélé au Vietnam l’appareil d’appui rapproché le plus adapté aux missions de recherche et de sauvetage au combat. Lent, robuste, capable de rester longtemps au-dessus d’une zone avec une forte charge d’armement, il escortait les hélicoptères de sauvetage sous l’indicatif Sandy.
L’A-1H numéro 52-139738 était à l’origine l’AD-6 n° 139738 de l’US Navy, commandé en 1952 (la série AD a été rebaptisée A-1 en 1962). Le 1er septembre 1968, pilotant cet appareil sous l’indicatif Sandy 01, le lieutenant-colonel William A. Jones III, commandant du 602nd Special Operations Squadron basé à Nakhon Phanom, en Thaïlande, dirige le sauvetage d’un pilote de F-4 abattu près de Dong Hoi, au Nord-Vietnam. Son avion est touché, le cockpit prend feu, le système d’éjection ne fonctionne pas. Grièvement brûlé, Jones reste en vol pour transmettre la position du pilote abattu jusqu’à la destruction de sa radio, puis ramène l’appareil à sa base. Le pilote sera récupéré. Jones reçoit la Medal of Honor ; il meurt en novembre 1969 dans l’accident d’un avion privé en Virginie.
Réparé, le 52-139738 est remis en service. Il est abattu au-dessus du Laos en septembre 1972 ; son pilote est récupéré par un hélicoptère d’Air America. L’US Air Force effectue ses dernières missions sur A-1 en novembre 1972 et transfère ses appareils restants aux Sud-Vietnamiens. Elle aura perdu 191 Skyraider en Asie du Sud-Est, dont 150 au combat.
L’armée de l’air sud-vietnamienne a continué d’employer des A-1, et d’en perdre, jusqu’en 1975.

22 septembre 1979 : le « double éclair » de l’incident Vela, au large de l’Afrique australe.
Un satellite américain de détection des essais nucléaires enregistre au-dessus de l’océan Indien austral la signature lumineuse caractéristique d’une explosion atomique. 47 ans plus tard, ni l’Afrique du Sud ni Israël, principaux suspects, n’ont reconnu un essai.
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Le 22 septembre 1979 à 00 h 53 temps universel, le satellite américain Vela 6911, lancé 10 ans plus tôt pour surveiller le respect du traité d’interdiction partielle des essais nucléaires de 1963, enregistre un double éclair lumineux. Cette signature correspond à une explosion nucléaire atmosphérique : un premier éclair très bref, un obscurcissement dû à l’ionisation de l’air, puis un second éclair plus long. Les satellites Vela avaient déjà détecté de cette manière 41 essais. L’énergie estimée est faible, de l’ordre de 2 à 3 kilotonnes.
Les capteurs ne permettent pas de localiser précisément l’événement, situé quelque part entre l’Atlantique Sud et l’océan Indien. Des enregistrements hydroacoustiques analysés par le Naval Research Laboratory de l’US Navy désignent les parages des îles du Prince-Édouard, territoire sud-africain situé à mi-chemin entre l’Afrique et l’Antarctique. Des traces d’iode 131 sont relevées dans la thyroïde de moutons australiens.
L’administration Carter se trouve devant un dilemme : confirmer un essai reviendrait à mettre en cause l’Afrique du Sud de l’apartheid, dont on sait qu’elle développe l’arme nucléaire, et Israël, suspecté de coopérer avec elle. Un groupe d’experts présidé par le physicien Jack Ruina, du MIT, conclut en juillet 1980 que le signal ne provient « probablement pas » d’une explosion nucléaire et évoque l’impact d’une micrométéorite sur le satellite. La CIA, le Naval Research Laboratory et les laboratoires de Los Alamos travaillaient pour leur part sur l’hypothèse d’un essai. Le président Carter note dans son journal en février 1980 que les scientifiques penchent pour un essai israélien.
L’Afrique du Sud a construit 6 engins nucléaires dans les années 1980 et les a démantelés en 1989-1991 ; le président de Klerk a déclaré en 1993 qu’aucun essai n’avait été réalisé. En 1997, le quotidien israélien Haaretz a prêté au vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères Aziz Pahad la confirmation d’un essai, sans suite officielle. Les travaux publiés depuis, fondés sur des archives américaines déclassifiées, concluent majoritairement à un essai nucléaire de faible puissance, sans que l’identité de son auteur soit établie.
22 septembre 1980 : début de la guerre Iran-Irak.
Saddam Hussein lance ses forces aériennes puis terrestres contre l’Iran révolutionnaire. Il croit à une guerre courte ; elle durera près de 8 ans et figure parmi les plus meurtrières de la seconde moitié du XXe siècle.
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Le différend porte sur le Chatt al-Arab, estuaire commun du Tigre et de l’Euphrate. Par l’accord d’Alger de 1975, l’Irak a accepté une frontière fixée au milieu du chenal, en échange de l’arrêt du soutien iranien aux rebelles kurdes. La révolution iranienne de 1979 bouleverse la donne : l’ayatollah Khomeini appelle les chiites irakiens, majoritaires, à se soulever contre le régime baasiste. Saddam Hussein juge l’armée iranienne affaiblie par les purges et l’embargo américain. Il espère s’emparer du Khouzistan, province pétrolière peuplée d’arabophones, et faire de l’Irak la puissance dominante du Golfe. Le 17 septembre 1980, il dénonce l’accord d’Alger. Des accrochages frontaliers se multiplient depuis le début du mois.
Le 22 septembre, à partir de midi, près de deux cents avions irakiens attaquent dix bases aériennes et l’aéroport de Mehrabad à Téhéran, sur le modèle de l’attaque israélienne de juin 1967. Les appareils iraniens, abrités, sont peu touchés ; dès le lendemain, l’aviation iranienne riposte contre l’Irak. Les troupes irakiennes franchissent la frontière sur trois axes et un front de plus de 600 km ; 4 des 6 divisions engagées visent le Khouzistan. Qasr-e Chirin est prise au nord. Au sud, Khorramchahr tombe fin octobre au terme d’un mois de combats de rue, mais Abadan et Dezful résistent.
L’offensive s’enlise. L’Iran mobilise, avec l’armée régulière, les Gardiens de la révolution et les volontaires du Bassidj. Au printemps 1982, ses contre-offensives libèrent Khorramchahr, le 24 mai. En juin, l’Irak retire ses troupes derrière la frontière et propose un cessez-le-feu, que Téhéran refuse. L’Iran porte la guerre en territoire irakien.
Le conflit prend la forme d’une guerre de positions, avec tranchées, barbelés, assauts d’infanterie en vagues successives et pertes massives, souvent comparée à la Première Guerre mondiale. L’Irak emploie massivement les armes chimiques, contre les troupes iraniennes puis contre des civils kurdes, notamment à Halabja le 16 mars 1988 lors de la campagne Anfal. Les deux pays bombardent leurs villes respectives à coups de missiles et s’en prennent au trafic pétrolier du Golfe (la « guerre des pétroliers »), ce qui entraîne l’intervention navale des États-Unis et de plusieurs pays européens, dont la France.
L’Irak est financé par les monarchies du Golfe et armé, après une interruption initiale, par l’URSS, la France et d’autres pays ; les États-Unis lui fournissent du renseignement à partir de 1982. L’Iran s’appuie sur la Syrie et la Libye, et achète des armes à la Chine et à la Corée du Nord ; l’affaire Iran-Contra révélera en 1986 des livraisons américaines secrètes. Les Moudjahidines du peuple combattent aux côtés de l’Irak ; les partis kurdes irakiens, PDK puis UPK, aux côtés de l’Iran.
La résolution 598 du Conseil de sécurité, adoptée le 20 juillet 1987, demande un cessez-le-feu. Épuisé, l’Iran l’accepte le 18 juillet 1988 ; Khomeini compare cette décision à l’absorption d’une coupe de poison. Le cessez-le-feu entre en vigueur le 20 août 1988. La frontière revient à la ligne de 1975. Aucune réparation n’est versée. Les estimations du nombre de morts varient d’un demi-million à plus d’un million, militaires et civils confondus.

22 septembre 1997 : mort à 82 ans de Shoichi Yokoi, soldat japonais demeuré dans la jungle de l’île de Guam jusqu’en 1972.
Découvert en 1972 par deux chasseurs, le sergent Yokoi rentre au Japon en déclarant avoir honte d’être revenu vivant. Il devient une figure populaire de la télévision japonaise.
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Shōichi Yokoi naît le 31 mars 1915 à Saori, dans la préfecture d’Aichi. Apprenti tailleur, il est incorporé en 1941 dans la 29e division d’infanterie, stationnée au Mandchoukouo. Muté au 38e régiment, il est envoyé dans les Mariannes et affecté aux services d’approvisionnement à Guam, île américaine occupée par le Japon depuis décembre 1941.
En juillet 1944, les Marines reprennent Guam. Yokoi se cache avec neuf autres soldats. 7 d’entre eux partent ou se rendent ; 3 restent, vivent séparément et se rendent visite jusqu’en 1964, quand les 2 autres meurent. Yokoi vit seul les 8 années suivantes. Il habite une cavité creusée sous un bosquet de bambous près de Talofofo, pêche, piège et se nourrit de fruits, de noix de coco et de crevettes. Son métier de tailleur lui permet de confectionner ses vêtements avec des fibres végétales. Il craint d’être tué par la population chamorro, victime d’exactions pendant l’occupation japonaise. Il sait depuis le début des années 1950, par des tracts, que la guerre est terminée, mais l’enseignement militaire lui interdit de se rendre.
Le 24 janvier 1972, deux chasseurs, Jesús Dueñas et Manuel DeGracia, qui relèvent des nasses à crevettes dans une rivière, tombent sur lui. Yokoi tente de les attaquer ; ils le maîtrisent. La nièce de DeGracia avait été tuée par des soldats japonais en 1944, et il faut que Dueñas convainque son compagnon de ne pas abattre le fugitif. Rapatrié, Yokoi déclare à l’aéroport de Tokyo qu’il revient vivant malgré une grande honte. La phrase devient une expression courante au Japon.
Il se marie la même année et s’installe dans la préfecture d’Aichi. Il reçoit l’équivalent d’environ 300 dollars d’arriérés de solde et une petite pension. Il se présente sans succès aux élections sénatoriales de 1974 et devient un commentateur recherché, prônant une vie frugale. Un documentaire lui est consacré en 1977. Sa découverte relance la recherche d’autres soldats isolés : le lieutenant Hiroo Onoda sortira de la jungle philippine en 1974, et le soldat Teruo Nakamura sera retrouvé à Morotai, en Indonésie, la même année. Yokoi meurt le 22 septembre 1997 à Nagoya, à 82 ans. La grotte reconstituée de Talofofo est aujourd’hui visitée par les touristes.

22 septembre 1990 : lancement, à Cherbourg, du SNA Perle, dernier exemplaire d’une série de six sous-marins nucléaires d’attaque de la Marine nationale.
Mis en service en 1993, reconstruit après l’incendie de 2020 en recevant l’avant d’un autre sous-marin, le Perle a quitté Toulon pour la dernière fois en mai 2026 et doit être désarmé à Cherbourg.
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Le Perle est lancé le 22 septembre 1990 à Cherbourg. 6e et dernier sous-marin nucléaire d’attaque de la série Rubis, après le Rubis, le Saphir, le Casabianca, l’Émeraude et l’Améthyste, il est admis au service actif le 7 juillet 1993 et rattaché à l’escadrille des sous-marins nucléaires d’attaque de Toulon. Long de 73,6 m, déplaçant environ 2 600 tonnes en plongée, le type Rubis est le plus petit sous-marin nucléaire d’attaque opérationnel au monde.
Le 12 juin 2020, un incendie se déclare à l’avant du bâtiment, alors en arrêt technique majeur dans un bassin de Toulon. La partie avant est détruite. En octobre, la ministre des Armées décide de le réparer en lui greffant l’avant du Saphir, désarmé en 2019 à Cherbourg. Le Perle est transporté à Cherbourg par un navire semi-submersible en décembre 2020. Les deux coques sont découpées, puis la moitié arrière du Perle, intacte, est soudée à la moitié avant du Saphir. L’avant endommagé du Perle est de son côté soudé sur l’arrière du Saphir, remis à flot à son tour. Le Perle est remis à l’eau le 9 juin 2021 et repart pour Toulon le 25 octobre. Un nouvel incendie, limité, se déclare le 26 septembre 2022 dans la zone des vivres. Naval Group livre le sous-marin à la Marine nationale le 30 juin 2023 ; il reprend son cycle opérationnel au cours de l’été.
La Marine nationale a ensuite décidé d’avancer son retrait, prévu en 2028. Le programme Suffren ayant rattrapé son retard, l’arrêt technique intermédiaire prévu de juin 2026 à janvier 2027 a été annulé, afin de ne pas entretenir trop longtemps des équipages pour deux types de sous-marins. Le 20 mai 2026, le Perle a quitté Toulon pour la dernière fois, à destination de Cherbourg, où il doit être désarmé. Après 33 ans de service, il est le 5e Rubis retiré ; l’Améthyste sera le dernier, en 2027. Les nouveaux Rubis et Casabianca du type Suffren sont attendus en 2028 et 2029.

22 septembre 1998 : l’Afrique du Sud intervient militairement au Lesotho.
Au nom de la Communauté de développement de l’Afrique australe, des troupes sud-africaines entrent au Lesotho pour prévenir un coup d’État. Elles rencontrent une résistance armée ; la capitale, Maseru, est pillée et incendiée.
En mai 1998, le Congrès du Lesotho pour la démocratie du Premier ministre Pakalitha Mosisili remporte 79 des 80 sièges de l’Assemblée. L’opposition dénonce une fraude et organise des manifestations continues devant le palais royal. Une commission de la SADC présidée par le juge sud-africain Pius Langa relève des irrégularités sans conclure à l’invalidité du scrutin. En septembre, des officiers subalternes de la Force de défense du Lesotho se mutinent, s’emparent d’armes et contraignent leurs chefs à démissionner. Le gouvernement, qui dit ne plus pouvoir gouverner, demande l’aide de la SADC.
La décision d’intervenir est prise à Pretoria le 16 septembre et coordonnée à Gaborone par les chefs d’état-major de la SADC le 18. Nelson Mandela étant à l’étranger, c’est le président par intérim, Mangosuthu Buthelezi, qui l’endosse. Le 22 septembre à 05 h 00, quelque 600 soldats sud-africains, dont des éléments du 1er bataillon parachutiste, du 1er bataillon de service spécial avec des blindés Ratel et Rooikat, et une section d’éclaireurs du 44e régiment parachutiste, franchissent la frontière à Maseru Bridge. Le contingent du Botswana, environ 200 hommes, n’arrive qu’à la nuit tombée.
Les objectifs sont les casernes de l’armée du Lesotho, le palais royal, la radio, les ambassades, les bâtiments gouvernementaux et le barrage de Katse, pièce maîtresse du projet d’adduction d’eau des hauts plateaux du Lesotho vers la région de Johannesburg, près duquel vivent environ 200 ressortissants sud-africains. Les mutins résistent dans les bases de Ratjomose et Makoanyane, au palais et à Katse, où les combats sont les plus violents. Le soir du 22, le ministère sud-africain de la Défense annonce 3 morts et 11 blessés dans ses rangs ; le bilan final de l’opération s’élèvera à onze soldats sud-africains tués. Du côté lesothan, les pertes, militaires et civiles, se comptent en dizaines ; les circonstances de certaines morts à Katse ont donné lieu à des accusations dans la presse sud-africaine.
L’entrée des troupes provoque des émeutes. Le centre de Maseru, ainsi que Mafeteng et Mohale’s Hoek, sont pillés et incendiés, d’abord les commerces sud-africains, puis l’ensemble des magasins. L’intervention, présentée par Pretoria comme destinée à restaurer la démocratie, est vivement critiquée pour sa préparation et son exécution. Les dernières troupes de la SADC quittent le Lesotho en mai 1999. Des élections anticipées, tenues en 2002 selon un mode de scrutin mixte, ramèneront l’opposition au Parlement.







