2-16 juin 455 : sac de Rome par les Vandales de Genséric, alors en guerre contre l’usurpateur Pétrone Maxime.
Au débarquement des Vandales à Ostie, selon le chroniqueur Prosper d’Aquitaine, le pape Léon 1er émet le souhait que Genséric ne détruise pas la ville ni ne porte atteinte à l’intégrité de ses habitants : les troupes de Genséric, surtout berbères, sont autorisées à 15 jours de pillage, du 2 au mais doivent limiter au maximum les massacres, viols, vandalismes et autres persécutions envers les chrétiens, pillages et destructions d’églises, incendies, etc. Genséric acquiesce et les portes de la ville de Rome lui sont ouvertes. Maxime, qui avait fui plutôt que d’affronter les Vandales, est tué par la foule en colère hors de la ville, probablement avec son fils Palladius.
Genséric récupère une grande quantité d’or comme des vases liturgiques, de nombreux objets précieux appartenant à l’empereur, entre autres le trésor de Titus, dont la menorah pillée à Jérusalem. Les Vandales dépouillent le temple de Jupiter Capitolin de la moitié de sa toiture en bronze recouverte d’or. Le butin est rassemblé méthodiquement dans chaque quartier de la ville, explorés un à un. Les objets de valeur qui avaient alors échappé aux Goths lors du sac de 410 se retrouvent sur les navires vandales stationnés dans le port d’Ostie prêts à repartir pour Carthage.

2 juin 1098 : fin du premier siège d’Antioche, débuté le 21 octobre 1097.
Le siège d’Antioche constitue l’un des épisodes les plus marquants de la première croisade. Ville fortifiée majeure de Syrie, Antioche commandait la route vers Jérusalem et jouissait d’une réputation d’imprenabilité. Ses murailles, longues de plusieurs kilomètres et flanquées de centaines de tours, escaladaient les pentes du mont Silpius et s’appuyaient sur le fleuve Oronte. Aucun assaut frontal ne pouvait en venir à bout.
Les armées croisées, conduites par Bohémond de Tarente, Raymond de Saint-Gilles, Godefroi de Bouillon, les deux Robert (de Flandre et de Normandie) et le légat pontifical Adhémar du Puy, parvinrent devant la cité le 20 octobre 1097. Faute d’effectifs suffisants, elles ne purent encercler complètement la place tenue par le gouverneur Yaghi-Siyan. Le siège s’enlisa durant un hiver terrible : la famine, le froid et les maladies décimèrent les rangs, provoquant désertions et découragement. Les croisés repoussèrent toutefois deux armées de secours, celle de Duqaq de Damas puis celle de Ridwan d’Alep.
Au bout de huit mois, c’est la ruse qui emporta la décision. Bohémond noua des contacts secrets avec Firouz, un commandant d’origine arménienne chargé de la garde d’une tour. Dans la nuit du 2 au 3 juin 1098, celui-ci laissa les hommes de Bohémond gravir les remparts. Les portes s’ouvrirent, les croisés se ruèrent dans la ville et massacrèrent une grande partie de ses habitants. Yaghi-Siyan prit la fuite et fut tué. Antioche était tombée.
La victoire se mua aussitôt en piège. Deux jours plus tard, l’immense armée de Kerbogha, atabeg de Mossoul, parut sous les murs. Les croisés, à peine maîtres de la cité, se retrouvèrent assiégés à leur tour, affamés et épuisés. Le désespoir gagnait les rangs lorsque survint un événement qui galvanisa les troupes : la découverte, le 14 juin, de la Sainte Lance dans l’église Saint-Pierre, mise au jour par le visionnaire Pierre Barthélemy. Vraie relique ou pieuse supercherie, peu importait : les croisés y virent un signe divin.
Le 28 juin 1098, ranimés par cette ferveur, ils sortirent affronter Kerbogha en rase campagne. Malgré leur infériorité numérique, ils mirent en déroute l’armée musulmane, dont les rivalités internes empêchèrent toute riposte coordonnée.
La prise d’Antioche ouvrait enfin la route de Jérusalem, mais elle laissa des plaies durables. Bohémond revendiqua la ville pour lui seul et y fonda une principauté, au mépris du serment prêté à l’empereur byzantin Alexis Comnène, qui réclamait la restitution des anciennes terres de l’Empire. Cette rupture nourrit une méfiance tenace entre Latins et Byzantins.

2 juin 1676 : bataille de Palerme.
Durant la guerre de Hollande (1672-1678), le maréchal de Vivonne, général des galères de France, bat (avec ses adjoints bientôt prestigieux : Tourville, Duquesne, Forbin,…) une flotte hispano-hollandaise et donne à Louis XIV la suprématie en Méditerranée. Il surprend l’ennemi en train de se reconditionner dans le port de Palerme et sans perdre un seul bâtiment, lui cause de terribles dégâts. Vivonne a commencé sa carrière dans la cavalerie où il montre courage et esprit puis demande à servir sur mer avant de finir sa vie auprès de Louis XIV qui l’apprécie pour ses nombreuses qualités.

2-10 juin 1780 : émeutes anti-catholiques à Londres (Gordon Riots).
L’exercice de la religion catholique était limité par les lois anglaises qui édictaient un certain nombre de sanctions et d’interdictions aux catholiques du royaume de Grande-Bretagne. En 1778, le Parlement avait passé le Papists Act (1778) qui assouplissait le Popery Act (1698) voté en 1700.
Sir George Savile avait fait voter une loi, le Catholic Relief Act, permettant aux papistes, s’ils prêtaient serment de fidélité au roi et s’ils renonçaient à la juridiction du pape sur les affaires civiles, de tenir des écoles et d’acquérir ou hériter de terres dans le royaume. La loi est votée à l’unanimité par les deux chambres et promulguée par le roi le 3 juin 1778. Il s’agissait d’obtenir le soutien des catholiques, surtout irlandais, dans la guerre contre la France (1778-1783). La menace d’un débarquement français n’était effectivement pas exclue et il était important de pouvoir compter sur le recrutement de soldats catholiques.
Mais cette loi inquiète fortement les presbytériens écossais : le 2 février 1779 des émeutes éclatent à Edimbourg et Glasgow : des chapelles, des maisons, des commerces catholiques sont détruits. Le roi décide que l’Act n’aura pas d’effet en Ecosse.
Lord George Gordon crée alors l’Association protestante en novembre 1779 pour demander le retrait du Papist Act en Angleterre également. Fils d’un catholique et d’une protestante, élevé dans l’anglicanisme, il était un farouche adversaire des papistes.
Le 2 juin 1780, il organise une manifestation sur la place Saint Georges à Londres. Sur place, les gens devront signer une pétition réclamant le retrait du Catholic Relief Act. Lord Gordon s’engage alors publiquement à se retirer de la vie politique si sa pétition obtient moins de 20 000 signatures1. Le jour même il obtient 44 000 signatures. Sur la place on compte 60 000 personnes arborant le bleu, la couleur de l’association. Il décide alors d’aller déposer les signatures directement au Parlement le jour même. La Chambre des Communes décide de reporter le vote au mardi 6 juin, ce qui entraine la colère des manifestants. Des pro-catholiques comme Burke ou Lord North sont hués et insultés. Deux chapelles catholiques (celle de l’ambassadeur de Bavière et celle du Piémont-Sardaigne) sont incendiées. Le dimanche 4 juin les manifestations reprennent. Une chapelle catholique est incendiée à Moorfields. L’incendie dégénère et détruit d’autres immeubles. Le Lundi 5 juin ça recommence. La maison de Sir Savile est attaquée à son tour. Cette fois le pouvoir envoie la troupe. Mais une chapelle irlandaise est incendiée non loin. Le mardi 6 juin pendant les délibérations du Parlement au sujet de la pétition, les manifestants se groupent tout autour. Lord Sandwich est tabassé. La Chambre des Communes reporte alors le vote au jeudi 8 juin. Pour disperser l’émeute, le juge Hyde fait charger la cavalerie. La foule se disperse mais incendie la maison du juge Hyde. Le soir venu les manifestants libèrent plusieurs prisons de Londres et incendient l’hôtel particulier de Lord Mansfields aux idées libérales. Les maisons de Lord North et de l’archevêque d’York sont menacées. D’autres chapelles catholiques sont détruites. Les maisons arborent un drapeau bleu pour ne pas être attaquées.
Le mercredi 7 juin c’est l’apogée des émeutes connu comme le « black wednesday ». Les maisons des juges et des chefs de la police ainsi que de personnalités catholiques sont prises pour cible. La maison d’un commerçant français (Jacques Malo) part en fumée, comme l’entrepôt d’un commerçant (catholique) d’alcool nommé Lansdale. L’alcool attise les flammes qui se répandent dans tout le quartier. D’autres prisons sont libérées. Le pont payant des Blackfriars est attaqué. Plus de 36 incendies sont comptés dans Londres. La banque d’Angleterre est attaquée, mais cette fois les commerçants s’arment pour la défendre. Le « Common council » appelle à prendre les armes pour se défendre. Dans la nuit est créée la London Military Association pour défendre la propriété privée et les bâtiments publics.
Le jeudi 8 l’émeute se calme bien que les incendies continuent. Le vendredi 9 au matin Lord Gordon est arrêté et enfermé à la Tour de Londres. Le samedi 10 tout est fini. La justice ne rend pas l’Association protestante responsable des violences. Lord George Gordon est acquitté. Cependant, 25 meneurs d’origine populaire sont pendus. John Wilkes défendit son quartier face aux émeutiers. Les incendies auront tué plusieurs centaines de personnes. La police a tué près de 300 émeutiers. Les propriétaires seront dédommagés à hauteur de 30 000 livres.

2 juin 1805 : reprise du rocher du Diamant par les Français (La Martinique).
Les Britanniques occupent l’îlot au large de la Martinique depuis janvier 1804 dans le cadre de la guerre que se livrent les Français et les Anglais pour le contrôle des Antilles. Le rocher du diamant est un promontoire permettant de surveiller le canal entre la Martinique et l’île de Sainte Lucie. Défendu par une petite garnison (une centaine d’hommes) et des canons hissés à son sommet, le rocher remplit la fonction d’un « vaisseau immobile » de sa majesté d’où le nom donné par l’amirauté britannique, HMS Diamond Rock. Le futur contre-amiral français Cosmao en attaquant, sur ordre de Villeneuve, la garnison retranchée sur l’îlot, a percé d’un coup de boulet de canon les citernes d’eau, obligeant celle-ci à se rendre.


2 juin 1898 : mort de Giuseppe Garibaldi, général et homme politique italien.
Il est considéré, avec Camillo Cavour, Victor-Emmanuel II et Giuseppe Mazzini, comme l’un des « pères de la patrie » italienne.
Garibaldi est un personnage fondamental du Risorgimento italien, pour avoir personnellement conduit et combattu dans un grand nombre de campagnes militaires qui ont permis la constitution de l’Italie unifiée. Il a essayé, le plus souvent, d’agir sous l’investiture d’un pouvoir légitime, ce qui ne fait pas de lui à proprement parler un révolutionnaire : il est nommé général par le gouvernement provisoire de Milan en 1848, général de la République romaine de 1849 par le ministre de la Guerre, et c’est au nom et avec l’accord de Victor-Emmanuel II qu’il intervient lors de l’expédition des Mille.
Il est surnommé le « Héros des Deux Mondes » en raison des entreprises militaires qu’il a réalisées aussi bien en Amérique du Sud qu’en Europe, ce qui lui a valu une notoriété considérable tant en Italie qu’à l’étranger. Celle-ci est due à la couverture médiatique internationale exceptionnelle dont il a bénéficié pour l’époque, et qui a relaté, parfois avec romantisme, son épopée. Parmi les plus grands écrivains, beaucoup, notamment français, Victor Hugo, Alexandre Dumas, George Sand lui ont montré leur admiration. Le Royaume-Uni et les États-Unis lui ont été d’une grande aide, lui proposant, dans les circonstances difficiles, leur soutien financier et militaire.
Républicain convaincu, il met entre parenthèses ses idées, reconnaissant l’autorité monarchique de Charles-Albert et Victor-Emmanuel II, les fédérateurs de l’action unitaire. Il s’oppose en cela à Mazzini bien qu’il ait été un de ses adeptes au début de sa vie politique. L’expédition des Mille sera l’élément culminant de son action : il conquiert le sud de la péninsule qu’il remet à Victor-Emmanuel II, le faisant roi d’Italie. Ses derniers combats destinés à intégrer Rome dans le royaume d’Italie sont des échecs dus à l’opposition de la France de Napoléon III. La monarchie confiera à d’autres le soin de conquérir Rome.
Garibaldi est, à l’époque, un mythe qui connaît aussi des détracteurs : le milieu réactionnaire et clérical, anti-républicain et anti-socialiste.

2 juin 1898 : le capitaine Simond découvre le vecteur de la peste (Karachi – actuel Pakistan).
Affecté au service de santé des colonies, le capitaine-médecin Paul-Louis Simond met en évidence le rôle de la puce du rat dans la transmission de la maladie (de la puce au rat), lors d’un séjour aux Indes anglaises où sévit une épidémie de peste. Il est l’un des plus grands épidémiologistes français. Il termine sa carrière en tant que directeur du service de santé de l’Indochine après avoir effectué de très nombreuses missions scientifiques (Chine, Empire ottoman, Indes …).
A noter que le bacille de la peste avait été découvert par le pasteurien Français Alexandre Yersin à Nha Trang (Viêt-Nam) et déclaré au monde le 3 août 1894. Bien qu’ayant réussi à isoler ce microbe responsable de millions de morts durant l’histoire, Yersin ne parviendra jamais à résoudre le problème de la transmission de la maladie du rat à l’homme. Atteint d’un paludisme sévère, il dut quitter la région.
« Ce jour-là, le , j’éprouvais une émotion inexprimable à la pensée que je venais de violer un secret qui angoissait l’humanité depuis l’apparition de la peste dans le monde ».
Cette découverte permettra d’associer la dératisation et la désinsectisation, facteurs décisifs pour la diminution de la peste dans de nombreux pays. Les Annales de l’Institut Pasteur publient les travaux de Paul-Louis Simond sur la transmission de la peste.
Ces travaux se heurtent à beaucoup de scepticisme, voire aux sarcasmes « Simond le magicien, avec ses puces ». Il faudra plus d’une dizaine d’années pour convaincre la communauté scientifique internationale. En 1903, J.-C. Gauthier et A. Raybaud prouvent que la maladie ne se transmet pas, dans la grande majorité des cas, en l’absence de puce. En 1906, une commission anglaise confirme les travaux de Simond avec un système plus élaboré. Enfin, en 1914, Arthur William Bacot et Charles James Martin (du Lister Institute, en Angleterre) montrent que l’infection affecte la puce elle-même, engorge son système digestif et l’amène à régurgiter des bacilles à chaque nouveau repas, ce qui explique son rôle de vecteur principal.


Lire le document ci-dessous à partir de la page 80.
Aller au contenu PDF2 juin 1940 : Saint Exupéry reçoit la Croix de guerre.
À la suite d’une mission au-dessus de la ville occupée d’Arras, Saint Exupéry est cité à l’ordre de l’armée. C’est d’ailleurs cette mission qui lui donnera la matière pour son ouvrage Pilote de guerre, d’abord paru en anglais sous le titre Flight to Arras.







