Indra dévoile le missile de croisière SQUALL.

Le groupe espagnol Indra a présenté, le 16 septembre 2026, son nouveau missile de croisière SQUALL à l’occasion du salon UNVEX, organisé à San Javier, dans la région de Murcie. L’entreprise le décrit comme un système de frappe de précision à longue portée, conçu pour atteindre des objectifs stratégiques situés à plus de 300 km.

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Le SQUALL est destiné à traiter des cibles situées dans la profondeur du dispositif adverse, notamment des centres de commandement et de contrôle, des systèmes de défense aérienne et des infrastructures militaires à haute valeur. Le constructeur met en avant son coût inférieur à celui d’un missile de croisière conventionnel, qui doit permettre son emploi aussi bien dans des frappes ciblées que dans des attaques coordonnées comportant un grand nombre de projectiles.

Un missile conçu pour la basse altitude

La principale caractéristique annoncée du SQUALL réside dans sa capacité à évoluer à basse altitude. Ce profil de vol vise à réduire la distance à laquelle le missile peut être détecté par les radars et à compliquer la réaction des défenses adverses. Indra présente toutefois cette aptitude comme un élément de discrétion et non comme une invulnérabilité : la survivabilité réelle du système dépendra notamment de sa signature radar, de son itinéraire, de la qualité du renseignement disponible et des capacités de détection et d’interception mises en œuvre par l’adversaire.

Le missile doit également disposer de plusieurs moyens de guidage et de navigation. Ces fonctions sont conçues pour maintenir la précision du SQUALL dans un environnement électromagnétique perturbé, notamment en présence de brouillage (jamming) ou de leurrage des signaux de navigation (spoofing). 

Une architecture destinée à la production en nombre

Le SQUALL est présenté comme un missile pouvant être intégré à différentes plateformes terrestres et navales. Il pourrait être tiré depuis une rampe, un conteneur ou un véhicule tactique, ce qui doit faciliter son adaptation à des architectures de lancement variées. À ce stade, Indra n’a pas communiqué de détails sur les lanceurs envisagés, les dimensions du missile, sa masse, sa vitesse, son altitude de croisière ou son système de propulsion.

L’entreprise insiste sur la possibilité de produire le SQUALL en grandes quantités. Cette approche répond à la recherche de missiles de frappe relativement peu coûteux, utilisables en complément de systèmes plus complexes et plus onéreux. Dans ce schéma, quelques missiles pourraient être employés contre une cible particulière, tandis qu’une salve coordonnée chercherait à saturer les défenses aériennes en multipliant les axes et les pistes à traiter.

Cette logique repose sur un calcul d’échange : contraindre l’adversaire à engager des intercepteurs coûteux contre des munitions moins onéreuses peut contribuer à épuiser ses stocks et à augmenter le coût de sa défense. L’efficacité d’une telle stratégie dépend néanmoins du coût réel du SQUALL, de ses performances, de la capacité de production et de la faculté des défenses adverses à détecter, brouiller ou intercepter les missiles.

Une chaîne d’approvisionnement espagnole

Le développement du SQUALL s’appuie sur une chaîne d’approvisionnement nationale et résiliente. Le groupe dit vouloir conserver la maîtrise de composants essentiels afin de pouvoir augmenter la production en période de crise, lorsque les chaînes logistiques internationales peuvent être perturbées ou que l’accès à certains matériaux devient plus difficile. Cette dimension industrielle constitue l’un des axes de communication du programme. Elle rejoint les objectifs de souveraineté technologique poursuivis par plusieurs pays européens dans le domaine des missiles, des drones et de la défense aérienne. 

Le SQUALL doit rejoindre le portefeuille de solutions d’Indra consacré aux opérations multi-domaines. Celui-ci comprend notamment des systèmes fixes et mobiles de lutte antidrones, la famille de drones Tarsis pour les missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, ainsi que les effecteurs DRIZZLE. Ces derniers sont présentés comme des systèmes à coût réduit destinés à la défense rapprochée contre les drones, les munitions rôdeuses et les hélicoptères, avec également une capacité d’attaque au sol.

Ces équipements doivent pouvoir être intégrés à une défense aérienne multicouche et fonctionner au sein d’un « combat cloud » destiné à accélérer la circulation de l’information et la prise de décision. Le groupe prévoit par ailleurs d’intégrer progressivement des fonctions d’intelligence artificielle à ses différents systèmes. 

 

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