2 novembre 1439 : l’ordonnance d’Orléans pose les bases d’une armée royale permanente (France).
À la demande des états généraux réunis à Orléans, Charles VII promulgue une ordonnance qui réserve au roi seul le droit de lever des troupes et de nommer leurs capitaines, et qui fonde le financement régulier de l’armée par un impôt permanent, la taille. C’est l’acte de naissance de l’armée permanente française.
En 1439, la guerre contre l’Angleterre a tourné en faveur de Charles VII. Le traité d’Arras (1435) a détaché le duc de Bourgogne de l’alliance anglaise, et Paris a été repris en 1436. Mais le royaume est ravagé par les « écorcheurs », bandes de soldats que les capitaines entretiennent entre deux campagnes en vivant sur le pays : rançons, pillages, incendies de villages. Les seigneurs lèvent à leur profit des tailles particulières pour payer leurs propres compagnies, et le roi n’a pas les moyens de solder une armée régulière.
Réunis à Orléans en octobre 1439, les états généraux de langue d’oïl demandent au roi de mettre fin à ces désordres. L’ordonnance du 2 novembre répond à leurs plaintes. Nul ne pourra désormais lever ou commander une compagnie sans lettres du roi ; les capitaines seront nommés par lui, tenus de garder leurs hommes dans des garnisons fixées et responsables des exactions qu’ils commettraient. Il est interdit aux seigneurs de lever des tailles pour leur compte et de retenir celles du roi. Les gens de guerre pris à piller pourront être poursuivis par tous. En contrepartie, les états consentent à une aide annuelle destinée à la solde des troupes, la taille, qui deviendra un impôt permanent levé sans nouveau vote.
La réforme heurte les grands seigneurs, qui y voient la fin de leur puissance militaire. Dès février 1440, le duc de Bourbon, le duc d’Alençon et le dauphin Louis, futur Louis XI, prennent la tête d’une révolte, la Praguerie, que le roi brise en quelques mois. Il faut toutefois attendre la trêve de Tours avec l’Angleterre (1444) pour que l’ordonnance porte tous ses fruits. Le 26 mai 1445, à Louppy-le-Châtel, Charles VII crée les compagnies d’ordonnance, cavalerie lourde permanente recrutée parmi les meilleurs éléments des bandes ; les autres sont licenciées ou détruites. En 1448, l’institution des francs-archers, un homme équipé et entraîné par groupe de cinquante feux, dote le royaume d’une infanterie de réserve. Avec l’artillerie des frères Bureau, cette armée reconquiert la Normandie (Formigny, 1450) et la Guyenne (Castillon, 1453), mettant fin à la guerre de Cent Ans.

2 novembre 1802 : mort du général Leclerc à Saint-Domingue (Antilles).
Beau-frère du Premier consul et commandant en chef de l’expédition envoyée pour reprendre Saint-Domingue, le général de division Victoire-Emmanuel Leclerc meurt de la fièvre jaune à trente ans, au moment où son armée, décimée par la maladie, affronte une insurrection générale. Un an plus tard, Haïti proclame son indépendance.
Né à Pontoise le 17 mars 1772, fils d’un marchand de farines, Leclerc s’engage comme volontaire en 1791. Il se lie avec Bonaparte au siège de Toulon (1793), le suit en Italie et épouse en 1797 sa sœur Pauline. Général de division en 1799, il soutient Bonaparte lors du coup d’État du 18 Brumaire. Le 24 octobre 1801, il est nommé commandant en chef de l’expédition de Saint-Domingue et capitaine général de la colonie, où Toussaint Louverture gouverne depuis plusieurs années avec une large autonomie et vient de promulguer une constitution.
Parti de Brest le 14 décembre 1801 avec une flotte considérable, Leclerc débarque en février 1802 devant le Cap-Français, que le général Henri Christophe incendie avant de se retirer. La campagne de printemps est rude : le siège de la Crête-à-Pierrot, en mars, coûte de lourdes pertes aux Français. Les généraux de Toussaint se soumettent les uns après les autres, puis Toussaint lui-même le 1er mai. Le 7 juin, Leclerc le fait arrêter par traîtrise et déporter en France ; il mourra au fort de Joux, dans le Jura, en avril 1803.
L’été retourne la situation. La fièvre jaune ravage les troupes européennes, et la nouvelle du rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe, conformément à la loi du 20 mai 1802, convainc la population noire que le même sort l’attend. La guérilla s’étend, puis, en octobre, les principaux généraux noirs et mulâtres ralliés aux Français, Dessalines, Christophe et Pétion, passent à l’insurrection. Leclerc, qui a perdu la plus grande partie de son armée, sauve de justesse le Cap. Atteint à son tour par la fièvre, il désigne le 31 octobre le général Rochambeau pour lui succéder et meurt le 2 novembre. Pauline Bonaparte ramène son corps en France.
Rochambeau mène une guerre d’une grande brutalité, sans parvenir à rétablir la situation. Battu à Vertières le 18 novembre 1803, il capitule ; le 1er janvier 1804, Dessalines proclame l’indépendance d’Haïti. Le nom de Leclerc est inscrit sur l’arc de triomphe de l’Étoile.
2 novembre 1841 : insurrection de Kaboul et meurtre de sir Al exander Burnes (Afghanistan).
À l’aube, une foule assiège à Kaboul la maison de l’agent politique britannique Alexander Burnes et le massacre avec son frère et un autre officier. Le général Elphinstone, qui commande la garnison, ne réagit pas. Deux mois plus tard, l’armée britannique de Kaboul est anéantie pendant sa retraite vers Jalalabad.
En 1839, pour contrer l’influence russe en Asie centrale, la Compagnie anglaise des Indes orientales envahit l’Afghanistan avec l’armée de l’Indus, chasse l’émir Dost Mohammad et installe sur le trône son rival, Shah Shuja. Dost Mohammad se rend en novembre 1840. Les troupes britanniques et indiennes restent à Kaboul pour soutenir un souverain impopulaire. L’envoyé britannique, sir William Macnaghten, réduit les subsides versés aux chefs ghilzaï, qui coupent la route de l’Inde ; en octobre 1841, la brigade du général Sale quitte Kaboul pour rouvrir les passes et s’enferme à Jalalabad. La garnison restante, commandée par le général William Elphinstone, âgé et malade, occupe un cantonnement mal placé, dominé par des hauteurs et séparé de ses magasins.
Alexander Burnes, officier et explorateur célèbre pour ses voyages jusqu’à Boukhara, adjoint de Macnaghten et pressenti pour lui succéder, habite au cœur de la ville. Le 1er novembre, son ancien compagnon de voyage Mohan Lal l’avertit d’un complot et le presse de gagner le cantonnement ; il refuse. Le 2 novembre au matin, une foule cerne sa maison. Burnes tente de parlementer, puis d’acheter le départ des assaillants. La maison est envahie : Burnes, son frère cadet Charles et le lieutenant William Broadfoot sont tués avec leur garde de cipayes. Elphinstone n’envoie pas de troupes, et l’impunité étend la révolte, que prend en main Akbar Khan, fils de Dost Mohammad.
Le 9 novembre, les insurgés s’emparent des magasins de vivres. Le 23 décembre, Macnaghten est tué au cours d’une négociation avec Akbar Khan. Elphinstone signe une convention d’évacuation, et le 6 janvier 1842 environ 4 500 soldats et 12 000 auxiliaires et civils quittent Kaboul en plein hiver. La colonne est massacrée dans les défilés ; les derniers soldats du 44e régiment d’infanterie succombent à Gandamak, et le 13 janvier le chirurgien William Brydon atteint seul Jalalabad, sur un cheval épuisé. Des officiers, des femmes et des enfants, parmi lesquels lady Sale, ont été remis en otages à Akbar Khan. À l’automne 1842, l’armée « de représailles » du général Pollock reprend Kaboul, libère les otages et incendie le grand bazar avant d’évacuer le pays ; Dost Mohammad remonte sur le trône l’année suivante.
2 novembre 1899 : début du siège de Ladysmith (Natal, Afrique du Sud).
Les Boers coupent la voie ferrée et le télégraphe qui relient Ladysmith à Durban. Plus de 12 000 soldats britanniques du lieutenant-général sir George White et la population de la ville sont encerclés. Le siège dure 118 jours et immobilise une grande partie des forces britanniques du Natal.
Le 11 octobre 1899, après l’expiration de leur ultimatum, le Transvaal et l’État libre d’Orange entrent en guerre contre l’Empire britannique. Les commandos du général Piet Joubert envahissent le nord du Natal. Après les combats de Talana Hill (20 octobre), où le général Penn Symons est mortellement blessé, et d’Elandslaagte (21 octobre), les troupes britanniques se replient sur Ladysmith, principal dépôt militaire de la colonie. Le 30 octobre, White tente de desserrer l’étau : c’est la bataille de Ladysmith, que les Britanniques appellent « Mournful Monday ». Elle tourne à l’échec et coûte environ 1 200 hommes tués, blessés ou capturés, dont quelque 800 soldats encerclés et contraints de se rendre à Nicholson’s Nek.
Le 2 novembre, les Boers achèvent l’investissement de la ville. Le général John French et son chef d’état-major, le major Douglas Haig, partent par le dernier train, criblé de balles. Les assiégeants installent sur les collines voisines leur artillerie, dont les canons Creusot de 155 mm surnommés « Long Tom ». Les assiégés disposent de pièces de marine de 4,7 pouces débarquées du croiseur Powerful et amenées par le capitaine de vaisseau Hedworth Lambton juste avant l’encerclement. Ils communiquent avec l’extérieur par héliographe et projecteurs.
Un accord entre White et Joubert crée hors de la ville l’hôpital neutre d’Intombi, qui reçoit plus de 10 000 malades et blessés pendant le siège ; la typhoïde et la dysenterie tuent plus que les obus. Le 6 janvier 1900, les Boers tentent de prendre la ville d’assaut par les hauteurs de Wagon Hill et de Caesar’s Camp ; ils sont repoussés après une journée de combat. L’armée de secours du général Redvers Buller échoue à Colenso (15 décembre), à Spion Kop (24 janvier) et à Vaal Krantz (5-7 février), avant de forcer les hauteurs de la Tugela du 12 au 27 février. Le 28 février au soir, les premiers cavaliers du major Hubert Gough, accompagnés du correspondant de guerre Winston Churchill, entrent dans Ladysmith. La délivrance de la ville est accueillie à Londres par des scènes d’enthousiasme comparables à celles qui saluent, en mai, la levée du siège de Mafeking.
2 novembre 1914 : devant Tanga, début de la « bataille des abeilles » (Afrique orientale allemande).
Le croiseur britannique Fox se présente devant le port de Tanga et somme la ville de se rendre, prévenant ainsi les Allemands de l’attaque imminente du corps expéditionnaire indien B. Trois jours plus tard, environ 8 000 soldats britanniques et indiens sont rejetés à la mer par un millier d’Allemands et d’askaris commandés par le lieutenant-colonel Paul von Lettow-Vorbeck.
En 1914, Londres décide de s’emparer de l’Afrique orientale allemande, l’actuelle Tanzanie continentale, et de ses ports, bases possibles pour les croiseurs ennemis. Le corps expéditionnaire indien B, environ 8 000 hommes sous les ordres du major général Arthur Aitken, embarque à Bombay. Il comprend un bataillon britannique régulier, des bataillons indiens et des unités des États princiers, souvent peu entraînés et éprouvés par une longue traversée. Simultanément, le corps expéditionnaire C doit attaquer Longido, au pied du Kilimandjaro.
Le 2 novembre, le capitaine de vaisseau Francis Caulfeild, commandant du Fox, descend à terre et donne une heure aux autorités de Tanga pour amener le pavillon impérial, en dénonçant la trêve locale qui protégeait la ville. Les Allemands refusent et alertent Lettow-Vorbeck, qui fait venir des renforts par le chemin de fer de l’Usambara. Craignant des mines, Caulfeild fait draguer le port pendant toute la journée et une partie du lendemain. Aitken débarque ses troupes sans reconnaissance préalable, le 3 novembre, sur une plage à l’est de la ville. Les défenseurs, environ 250 hommes au départ, sont un millier lorsque l’attaque principale est lancée, à midi, le 4 novembre.
L’avance dans la plantation et la brousse se heurte aux mitrailleuses allemandes. Le 63e d’infanterie légère de Palamcottah reflue, entraînant d’autres unités. Des essaims d’abeilles, dérangés par la fusillade, se jettent sur les combattants des deux camps et dispersent le 98e d’infanterie. Le bataillon britannique, le 2e Loyal North Lancashire, et les grenadiers indiens du 101e pénètrent jusque dans la ville, mais dans l’après-midi Lettow-Vorbeck engage ses dernières compagnies d’askaris dans une contre-attaque à la baïonnette sur le flanc et les arrières des assaillants. La retraite tourne à la débandade. Le 5 novembre, le corps expéditionnaire rembarque en abandonnant une grande partie de son matériel.
Les Britanniques comptent 360 tués, 487 blessés et 148 disparus ; les Allemands perdent 16 Européens et 55 askaris tués et 76 blessés ; le capitaine Tom von Prince, vétéran des campagnes coloniales d’Afrique orientale, est au nombre des morts. Lettow-Vorbeck récupère seize mitrailleuses, des centaines de fusils, quelque 600 000 cartouches et de quoi vêtir ses troupes pendant un an. L’attaque de Longido échoue le même jour. Aitken est relevé de son commandement. La victoire de Tanga ouvre la longue campagne de Lettow-Vorbeck, qui tiendra en échec les forces alliées jusqu’à sa reddition à Abercorn, en Rhodésie du Nord, le 25 novembre 1918.

2 novembre 1914 : l’Amirauté britannique déclare la mer du Nord zone militaire.
Invoquant la pose de mines allemandes sur les routes commerciales, l’Amirauté annonce que toute la mer du Nord doit être considérée comme une zone militaire à partir du 5 novembre. Les navires de commerce neutres devront y entrer par le pas de Calais et suivre les routes indiquées par la Royal Navy. La mesure fait de la mer du Nord l’instrument du blocus de l’Allemagne.
Depuis août 1914, la Royal Navy pratique un blocus à distance, en contrôlant les accès de la mer du Nord plutôt qu’en croisant devant les ports allemands. Fin octobre, des mines mouillées par un croiseur auxiliaire allemand au nord de l’Irlande, sur la route de Liverpool, coulent plusieurs navires, dont le cuirassé Audacious le 27 octobre. L’Amirauté accuse les Allemands d’avoir posé ces mines à partir de navires marchands sous pavillon neutre.
L’avis du 2 novembre, publié le lendemain, prévient que dans toute la zone, limitée au nord par une ligne joignant les Hébrides aux Féroé et à l’Islande, les navires de commerce et de pêche de tous pays seront exposés aux plus graves dangers du fait des mines qu’il a fallu poser et des bâtiments de guerre qui la patrouillent. Les navires à destination de la Scandinavie, de la Baltique ou des Pays-Bas sont invités à passer par le pas de Calais, où ils peuvent être contrôlés.
La mesure permet à la Royal Navy d’arraisonner et d’inspecter les cargaisons neutres et de les saisir lorsqu’elles sont destinées à l’Allemagne, y compris par l’intermédiaire de pays neutres. Elle suscite les protestations des États-Unis et des pays scandinaves. Le 4 février 1915, l’Allemagne réplique en déclarant zone de guerre les eaux entourant les îles Britanniques, prélude à la première campagne sous-marine contre le commerce. Le même 2 novembre 1914, la Russie déclare la guerre à l’Empire ottoman, quelques jours après le bombardement de ses ports de la mer Noire par la flotte turco-allemande.
2 novembre 1917 : la déclaration Balfour (Royaume-Uni, Palestine).
Dans une lettre adressée à lord Rothschild, le secrétaire au Foreign Office, Arthur James Balfour, annonce que le gouvernement britannique est favorable à l’établissement en Palestine d’un « foyer national pour le peuple juif ». Publiée une semaine plus tard, alors que les troupes britanniques combattent devant Gaza, la déclaration sera intégrée au mandat confié au Royaume-Uni sur la Palestine.
Dès l’entrée en guerre de l’Empire ottoman, en novembre 1914, le gouvernement britannique s’interroge sur l’avenir de la Palestine. En 1915-1916, il promet au chérif Hussein de La Mecque, dans sa correspondance avec sir Henry McMahon, de soutenir l’indépendance arabe dans des limites restées ambiguës ; par les accords Sykes-Picot de mai 1916, il se partage avec la France l’influence sur les provinces arabes de l’Empire. Au printemps 1917, sir Mark Sykes ouvre des discussions avec les dirigeants sionistes, dont le chimiste Chaim Weizmann. Le 19 juin, Balfour demande à Walter Rothschild et à Weizmann de lui soumettre un projet de déclaration.
Le texte est discuté et amendé au sein du cabinet de guerre pendant l’été et l’automne, en particulier sous l’influence de ministres opposés au projet, dont Edwin Montagu. La version finale, à laquelle ont travaillé lord Milner et Leopold Amery, est approuvée le 31 octobre 1917, le jour même où le corps expéditionnaire égyptien du général Allenby enlève Beersheba. Le cabinet attend de la déclaration un effet de propagande auprès des communautés juives des États-Unis et de Russie. La lettre du 2 novembre est adressée à lord Rothschild pour qu’il la transmette à la Fédération sioniste. Elle déclare :
« Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ou aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays. »
La déclaration est publiée dans la presse le 9 novembre 1917. Gaza tombe le 7 novembre et Allenby entre à Jérusalem le 11 décembre. La notion de « foyer national », sans précédent en droit international, reste volontairement imprécise. La conférence de San Remo (1920) attribue au Royaume-Uni le mandat sur la Palestine, dont le texte, approuvé par la Société des Nations en 1922, reprend la déclaration. Celle-ci est saluée par le mouvement sioniste comme une première reconnaissance par une grande puissance, et rejetée par les représentants arabes de Palestine, qui n’avaient pas été consultés.

Nuit du 2 au 3 novembre 1917 : les premiers soldats américains tués au combat en France (Bathelémont, Lorraine).
Dans un secteur calme du front de Lorraine, un coup de main allemand frappe une tranchée tenue par la compagnie F du 16e régiment d’infanterie américain. Le caporal James Gresham et les soldats Thomas Enright et Merle Hay sont tués : ce sont les premiers morts au combat du corps expéditionnaire américain.
Les États-Unis déclarent la guerre à l’Allemagne le 6 avril 1917, et les premiers éléments de la 1re division d’infanterie débarquent à Saint-Nazaire fin juin. Après des mois d’instruction, ses bataillons sont envoyés à tour de rôle en ligne pour un stage d’une dizaine de jours dans un secteur tranquille, au nord-est de Lunéville, encadrés par des unités françaises. Le premier coup de canon américain y est tiré le 23 octobre.
Dans la nuit du 2 au 3 novembre, la compagnie F du 2e bataillon du 16e d’infanterie relève une autre compagnie au point d’appui « Artois », près de Bathelémont-lès-Bauzemont. Peu avant l’aube, l’artillerie allemande isole la position par un tir de barrage, et un détachement d’assaut pénètre dans la tranchée pour faire des prisonniers. Le combat, au corps à corps, dure quelques minutes. Gresham, 24 ans, d’Evansville (Indiana), Enright, 30 ans, de Pittsburgh (Pennsylvanie), et Hay, 21 ans, de Glidden (Iowa), sont tués ; 5 Américains sont blessés et 11 emmenés prisonniers.
Les trois hommes sont inhumés à Bathelémont avec les honneurs militaires. Leur tombe porte une inscription saluant les premiers soldats de la République des États-Unis tombés sur le sol de France pour la justice et la liberté. Un monument conçu par l’artiste nancéien Louis Majorelle est inauguré sur place le 3 novembre 1918 ; les Allemands le dynamitent en 1940, et un nouveau monument le remplace après la Seconde Guerre mondiale. Les restes des trois soldats sont rapatriés aux États-Unis en 1921.
2 novembre 1930 : couronnement de l’empereur Haïlé Sélassié (Addis-Abeba, Éthiopie).
Régent depuis 1916, le ras Tafari Makonnen est couronné « roi des rois » d’Éthiopie dans la cathédrale Saint-Georges d’Addis-Abeba, sous le nom de Haïlé Sélassié, « puissance de la Trinité ». Les délégations de nombreuses puissances, dont la Grande-Bretagne, la France et l’Italie, assistent à la cérémonie. Cinq ans plus tard, l’Italie envahit le pays.
Né le 23 juillet 1892 dans la province du Harar, Tafari est le fils du ras Makonnen, cousin de l’empereur Ménélik II et l’un des vainqueurs d’Adoua. Gouverneur de province dès l’adolescence, il participe en 1916 à la déposition de Lij Iyasu, petit-fils et successeur de Ménélik. Zewditou, fille de Ménélik, devient impératrice, et Tafari régent et héritier du trône. Il fait entrer l’Éthiopie à la Société des Nations en 1923, voyage en Europe en 1924 et reçoit le titre de negus (roi) en 1928. Le 31 mars 1930, le ras Gugsa Welle, époux de l’impératrice et rival de Tafari, est battu et tué à Anchem par l’armée du régent, qui dispose de quelques avions. Zewditou meurt deux jours plus tard.
Le couronnement, préparé pendant des mois pour impressionner les invités étrangers, a lieu le 2 novembre au matin, après une nuit de veille de prières dans la cathédrale. L’abouna Qerellos, métropolite de l’Église éthiopienne, couronne l’empereur, puis l’impératrice Menen. Le duc de Gloucester représente son père George V, le maréchal Franchet d’Espèrey la France, le prince d’Udine le roi d’Italie ; les États-Unis, l’Allemagne, le Japon et d’autres pays envoient des délégations. La veille, le duc de Gloucester a dévoilé une statue équestre de Ménélik II. Parmi les journalistes présents se trouve le romancier Evelyn Waugh.
Le nouvel empereur octroie en 1931 la première constitution écrite du pays, qui renforce son pouvoir, et entreprend de moderniser une armée encore largement féodale avec l’aide de conseillers belges puis suédois. L’Italie de Mussolini, qui n’a pas oublié Adoua, envahit l’Éthiopie le 3 octobre 1935. Battu à Maychew le 31 mars 1936, Haïlé Sélassié part en exil ; le 30 juin, il plaide la cause de son pays devant la Société des Nations à Genève. Il rentre à Addis-Abeba le 5 mai 1941, avec les forces britanniques et éthiopiennes qui ont chassé les Italiens. Il règne jusqu’à sa déposition par les militaires du Derg, le 12 septembre 1974, et meurt en détention l’année suivante. En Jamaïque, le mouvement rastafari, né peu après le couronnement, voit en lui une figure messianique.
2 novembre 1942 : opération Supercharge, la percée d’El Alamein (Égypte).
À 01 h 05, derrière un barrage de plusieurs centaines de canons, l’infanterie britannique et néo-zélandaise du général Freyberg attaque le dernier front de l’armée germano-italienne de Rommel. La 9e brigade blindée se sacrifie devant les canons antichars de Tel el Aqqaqir. Le soir, Rommel, à court de chars et de carburant, décide la retraite. La bataille d’El Alamein est gagnée.
La seconde bataille d’El Alamein a commencé le 23 octobre avec l’opération Lightfoot. La 8e armée du lieutenant-général Bernard Montgomery, forte d’environ 220 000 hommes et de plus d’un millier de chars, a ouvert des brèches dans les champs de mines, mais pas obtenu la percée. Les durs combats menés au nord par la 9e division australienne autour de « Thompson’s Post » ont attiré les réserves blindées de l’Afrika Korps. Montgomery conçoit alors une nouvelle attaque plus au sud, sur un front d’environ 4 km, au nord de la crête de Kidney. Il en confie la direction au général Bernard Freyberg, commandant de la 2e division néo-zélandaise, renforcé de deux brigades d’infanterie britanniques et de la 9e brigade blindée. Prévue pour la nuit du 31 octobre au 1er novembre, l’opération est repoussée de 24 heures.
Les 151e et 152e brigades atteignent leurs objectifs dans la nuit, avec l’appui des chars d’infanterie Valentine. La 9e brigade blindée du brigadier John Currie (3e hussards, Royal Wiltshire Yeomanry et Warwickshire Yeomanry), retardée, doit franchir la ligne de défense antichar qui jalonne la piste de Rahman, devant la colline de Tel el Aqqaqir. Partie avant l’aube, elle est surprise par le lever du jour, et ses chars, découpés sur le ciel, sont détruits un à un par les canons allemands et italiens. La brigade perd en quelques heures les trois quarts de ses chars et plus de la moitié de ses équipages, mais ses tankistes détruisent de nombreux canons et ouvrent la voie à la 1re division blindée. À 11 h 00, la contre-attaque des 15e et 21e Panzer et de la division blindée Littorio est brisée dans une bataille de chars autour de Tel el Aqqaqir.
Le soir du 2 novembre, Rommel ne dispose plus que d’une trentaine de chars allemands en état de combattre. Il décide de se replier vers Fouka et en informe le haut commandement. Le 3 novembre, en début d’après-midi, il reçoit un ordre de Hitler qui lui interdit tout recul et ne laisse à ses troupes d’autre choix que la victoire ou la mort. Il suspend le repli. Le 4 novembre, les blindés britanniques franchissent la piste de Rahman ; le général von Thoma, commandant de l’Afrika Korps, est fait prisonnier, et Rommel ordonne la retraite générale sans attendre l’accord de Hitler. Les forces de l’Axe laissent environ 30 000 prisonniers, en majorité italiens ; la 8e armée a perdu environ 13 500 hommes. Quatre jours plus tard, les Alliés débarquent en Afrique du Nord française : prise entre deux fronts, l’armée de l’Axe capitulera en Tunisie en mai 1943.
1er-2 novembre 1943 : bataille de la baie de l’Impératrice-Augusta (Bougainville, îles Salomon).
Dans la nuit, une escadre de croiseurs et de destroyers américains du contre-amiral Aaron S. Merrill intercepte la force japonaise du contre-amiral Sentarō Ōmori, venue de Rabaul détruire les transports qui ont débarqué les Marines à Bougainville. Le croiseur léger Sendai et le destroyer Hatsukaze sont coulés, et les Japonais rebroussent chemin. La tête de pont du cap Torokina est sauvée.
Le 1er novembre 1943, la 3e division de Marines débarque au cap Torokina, au fond de la baie de l’Impératrice-Augusta, sur la côte ouest de Bougainville, pour y construire des aérodromes à portée de Rabaul, la grande base japonaise de Nouvelle-Bretagne. Le débarquement est couvert par la Task Force 39 de Merrill : quatre croiseurs légers récents de la classe Cleveland (Montpelier, Cleveland, Columbia et Denver) et huit destroyers, dont la division du capitaine de vaisseau Arleigh Burke. Dans la nuit précédente, Merrill a bombardé les aérodromes de Buka et des Shortland.
L’amiral Kusaka, à Rabaul, lance aussitôt Ōmori avec les croiseurs lourds Myōkō et Haguro, les croiseurs légers Sendai et Agano et six destroyers. Les radars américains les détectent vers 02 h 30, le 2 novembre. Les destroyers de Burke se portent à l’attaque à la torpille, sans résultat, tandis que les croiseurs ouvrent un feu dirigé par radar. Le Sendai, qui porte le pavillon du contre-amiral Ijūin, est criblé d’obus et coule. Dans la confusion, les destroyers Samidare et Shiratsuyu s’abordent, et le Myōkō éperonne le Hatsukaze, qui perd son étrave ; immobilisé, il est achevé par les destroyers américains et sombre avec tout son équipage. Côté américain, une torpille arrache la poupe du destroyer Foote, le Denver reçoit plusieurs obus et deux destroyers s’abordent. Gêné par ses mauvais radars et persuadé d’avoir affaire à une force supérieure, Ōmori se retire vers 03 h 30.
Au matin, une centaine d’avions japonais attaquent la Task Force 39, qui en abat une vingtaine et ne subit que des dégâts légers. Ōmori est relevé de son commandement. Pour reprendre l’initiative, la flotte japonaise envoie à Rabaul les croiseurs lourds de l’amiral Kurita, qui sont surpris au mouillage le 5 novembre par les avions des porte-avions Saratoga et Princeton et gravement endommagés. La marine japonaise renonce à disputer les eaux de Bougainville, où les Américains achèvent leurs aérodromes.
2 novembre 1947 : l’unique vol de l’hydravion géant Hughes H-4 Hercules (Long Beach, Californie).
Au cours d’essais de roulage dans le port de Long Beach, Howard Hughes décolle avec le H-4 Hercules, le plus grand hydravion jamais construit, et parcourt environ 1,6 km à une vingtaine de mètres au-dessus de l’eau. L’appareil, conçu pendant la guerre pour franchir l’Atlantique hors de portée des sous-marins, ne revolera jamais.
En 1942, les pertes de navires marchands dans l’Atlantique sont telles que l’industriel Henry Kaiser, constructeur des cargos Liberty, propose de construire de gigantesques hydravions de transport. Il s’associe à Howard Hughes, et le gouvernement commande trois prototypes, d’abord désignés HK-1. L’aluminium étant réservé aux avions de combat, l’appareil est construit presque entièrement en bois, du bouleau lamellé-collé : la presse le surnomme « Spruce Goose », l’« oie en épicéa », un sobriquet que Hughes déteste. Kaiser se retire en 1944 et le contrat est réduit à un seul exemplaire, rebaptisé H-4 Hercules.
L’appareil, achevé après la guerre, mesure 66,6 mètres de long et 97,8 mètres d’envergure ; huit moteurs en étoile l’animent. Il devait pouvoir transporter environ 750 soldats équipés. En août 1947, Hughes est convoqué devant la commission d’enquête du Sénat sur les dépenses de guerre, qui lui reproche d’avoir englouti des millions de dollars publics dans un avion incapable de voler. Il interrompt les auditions pour venir à Long Beach procéder aux essais.
Le 2 novembre, en présence de journalistes embarqués, il effectue deux roulages, puis, lors du troisième, décolle à environ 217 km/h, vole près d’une minute à une vingtaine de mètres d’altitude, dans l’effet de sol, et se repose sur l’eau. L’Hercules ne vole plus ensuite, mais Hughes le fait entretenir en état de vol dans un hangar climatisé jusqu’à sa mort, en 1976. Exposé pendant une dizaine d’années à Long Beach, il est installé depuis le début des années 1990 à l’Evergreen Aviation & Space Museum de McMinnville, dans l’Oregon. Son envergure n’a été dépassée qu’en 2019, par le Stratolaunch.
2 novembre 1963 : assassinat du président Ngô Đình Diệm (Saïgon, Sud-Vietnam).
Au lendemain du coup d’État des généraux sud-vietnamiens, le président Ngô Đình Diệm et son frère Ngô Đình Nhu, réfugiés dans une église de Cholon, se rendent. Ils sont tués dans le véhicule blindé qui les conduit à l’état-major. La disparition de Diệm ouvre une longue période d’instabilité politique à Saïgon, au moment où la guerre s’intensifie.
Né en 1901 dans une famille de mandarins catholiques, Ngô Đình Diệm devient Premier ministre de l’État du Vietnam en 1954, après les accords de Genève qui partagent le pays. En octobre 1955, un référendum largement truqué lui permet d’écarter l’empereur Bảo Đại et de proclamer la République du Vietnam, dont il devient le premier président. Soutenu par les États-Unis, il gouverne avec sa famille, en particulier son frère Nhu, chef du parti Cần Lao et des services de sécurité. Le régime, appuyé sur la minorité catholique, se coupe d’une grande partie de la population.
Le 8 mai 1963, à Huế, la police tire sur des bouddhistes qui protestaient contre l’interdiction de hisser leurs drapeaux pour l’anniversaire du Bouddha ; neuf personnes sont tuées. Le 11 juin, le moine Thích Quảng Đức s’immole par le feu à Saïgon. Le 21 août, les forces spéciales de Nhu saccagent les pagodes et arrêtent des centaines de moines. Washington, par la voix de son nouvel ambassadeur Henry Cabot Lodge, fait savoir aux généraux qu’il ne s’opposera pas à un changement de gouvernement ; l’officier de la CIA Lucien Conein sert d’intermédiaire avec les conjurés.
Le 1er novembre à 13 h 30, les généraux Dương Văn Minh, Trần Văn Đôn, Lê Văn Kim et Tôn Thất Đính déclenchent le coup d’État. Les unités rebelles s’emparent de l’aéroport de Tân Sơn Nhứt, de la radio et des principaux bâtiments, puis assiègent le palais Gia Long, résidence du président. Dans la soirée, Diệm et Nhu quittent discrètement le palais pour Cholon, la ville chinoise de Saïgon. Le palais tombe à l’aube du 2 novembre. Le matin, Diệm fait savoir où il se trouve et se rend avec son frère à l’église Saint-François-Xavier, dite de Cha Tam. Un véhicule blindé M113 vient les chercher, escorté par le capitaine Nguyễn Văn Nhung, garde du corps du général Minh, et le commandant Dương Hiếu Nghĩa. À l’arrivée à l’état-major général, les deux frères sont morts, abattus à bout portant et frappés à coups de baïonnette. La junte annonce d’abord un suicide, mais les photographies des corps démentent rapidement cette version. L’ordre de les tuer est généralement attribué au général Minh.
Le président Kennedy, qui espérait que la vie de Diệm serait épargnée, est lui-même assassiné à Dallas vingt jours plus tard. La junte du général Minh est renversée dès le 30 janvier 1964 par le général Nguyễn Khánh, et Nhung est exécuté à cette occasion. Les coups d’État se succèdent jusqu’en 1965, tandis que les États-Unis s’engagent toujours plus directement dans la guerre.
2 novembre 2022 : accord de Pretoria entre le gouvernement éthiopien et le TPLF (Afrique du Sud, Éthiopie).
Au terme de dix jours de négociations conduites par l’Union africaine, les représentants du gouvernement fédéral éthiopien et du Front populaire de libération du Tigré signent à Pretoria un accord de « cessation permanente des hostilités ». Il met fin à deux années d’une guerre parmi les plus meurtrières du siècle, dont le bilan se chiffre en centaines de milliers de morts.
La guerre du Tigré éclate dans la nuit du 3 au 4 novembre 2020, quand les forces du TPLF, qui dirige la région depuis la chute du Derg et a dominé le pouvoir fédéral jusqu’en 2018, attaquent les bases du commandement Nord de l’armée fédérale. Le Premier ministre Abiy Ahmed lance une offensive, appuyée par l’armée érythréenne et les forces régionales amhara, et s’empare de Mekele le 28 novembre 2020. La guerre se poursuit dans les campagnes, marquée par des massacres, des violences sexuelles de masse et un blocus qui provoque la famine. En juin 2021, les forces tigréennes reprennent Mekele, puis avancent en Amhara et en Afar jusqu’à quelques centaines de kilomètres d’Addis-Abeba, avant d’être repoussées en décembre. Une trêve humanitaire, conclue en mars 2022, est rompue en août ; en octobre, les armées éthiopienne et érythréenne s’emparent de plusieurs villes du Tigré, dont Shire.
Les pourparlers s’ouvrent le 25 octobre 2022 à Pretoria, sous l’égide de l’Union africaine. La médiation est conduite par l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, haut représentant de l’Union pour la Corne de l’Afrique, avec l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta et l’ancienne vice-présidente sud-africaine Phumzile Mlambo-Ngcuka ; l’IGAD, les Nations unies et les États-Unis suivent les discussions. Le 2 novembre au soir, Redwan Hussien, conseiller à la sécurité nationale du Premier ministre, et Getachew Reda, porte-parole du TPLF, signent l’accord, qui entre en vigueur le lendemain, deux ans jour pour jour après le début de la guerre.
L’accord prévoit le désarmement « systématique, ordonné et coordonné » des combattants tigréens, à commencer par leur armement lourd, le rétablissement de l’autorité fédérale et le contrôle par l’armée nationale des aéroports, des routes et des installations fédérales du Tigré. Il prévoit aussi la reprise des services interrompus depuis deux ans (électricité, télécommunications, banques), l’accès sans entrave de l’aide humanitaire, la mise en place d’une administration régionale intérimaire et une procédure de justice transitionnelle ; le gouvernement s’engage à retirer le TPLF de la liste des organisations terroristes. Une équipe de l’Union africaine est chargée d’en surveiller l’application. Le 12 novembre, à Nairobi, les commandants militaires des deux camps en arrêtent les modalités pratiques.
L’Érythrée, dont les troupes occupent encore une partie du Tigré, n’est pas partie à l’accord, et le statut du Tigré occidental, revendiqué par la région Amhara, est renvoyé à plus tard. Les combats cessent néanmoins. L’aide humanitaire recommence à entrer au Tigré, le TPLF est retiré de la liste des organisations terroristes en mars 2023, et Getachew Reda prend la tête de l’administration intérimaire régionale. Le nombre de victimes de la guerre n’a pas été établi : les estimations publiées vont de plusieurs centaines de milliers à plus de 600 000 morts, en comptant ceux de la famine et du manque de soins.









