16 septembre 1400 : Owain Glyndŵr est proclamé Prince de Galles par ses partisans.
Un gentilhomme gallois de quarante ans, formé au droit à Londres et ayant porté les armes pour la couronne d’Angleterre, se fait acclamer prince de Galles par ses partisans à la suite d’un litige foncier avec son voisin. La révolte qu’il déclenche durera quinze ans, lui donnera le contrôle de la quasi-totalité du pays, un parlement, un grand sceau, une alliance française et un projet d’Église et d’universités galloises. Il ne sera jamais capturé, jamais livré, et l’on ignore toujours où il est mort.
***

Owain ap Gruffudd Fychan, seigneur de Glyndyfrdwy, naît vers 1359 dans une famille prospère de propriétaires terriens du nord-est du pays de Galles. Il descend des princes de Powys par son père (la dynastie issue de Bleddyn ap Cynfyn, mort en 1075) et de ceux du Deheubarth par sa mère, Elen, fille de Thomas ap Llywelyn de Ceredigion, qui lui apporte en héritage un cantref ancestral en Edeirnion. Il n’appartient pas, en revanche, à la lignée princière du royaume de Gwynedd, celle des derniers princes indépendants du pays.
Sa position sociale est ce qui explique le mieux la suite. Il appartient à cette petite noblesse anglo-galloise des Marches qui participe simultanément des deux sociétés : occupant des fonctions pour le compte des seigneurs marcheurs anglais, tout en conservant dans la société galloise traditionnelle le statut d’uchelwyr, ces nobles descendant des dynasties royales d’avant la conquête.
Élevé chez Sir David Hanmer, il est envoyé à Londres étudier le droit aux Inns of Court, où il passe sept années d’apprentissage — assez pour acquérir une solide connaissance juridique, trop peu pour y faire carrière. Il se trouve probablement à Londres lors de la révolte paysanne de 1381. Rentré au pays en 1383, il épouse Margaret, la fille de son tuteur, et s’établit comme écuyer de Sycharth et de Glyndyfrdwy.
Il sert ensuite la couronne d’Angleterre. En 1385, sous les ordres de Richard FitzAlan, comte d’Arundel, il participe à la campagne de Richard II contre l’Écosse. En 1387, il prend part à un engagement naval dirigé par le même Arundel, livré au large de Margate, dans le Kent, contre une flotte franco-castillane et flamande. Après la mort de son tuteur en 1388, dont il est l’exécuteur testamentaire, il rentre administrer ses biens et vit dix années tranquilles ; le barde Iolo Goch, qui lui rend régulièrement visite dans les années 1390, célèbre sa générosité dans plusieurs odes.
La bascule de 1399-1400
Elle procède d’un enchaînement politique qui n’a rien de gallois.
Richard II avait entrepris de consolider son emprise sur le royaume en brisant le pouvoir des grands seigneurs qui menaçaient son autorité. Il déplace ses bases vers l’ouest, établit une nouvelle principauté autour du Cheshire, élimine ses rivaux, s’approprie leurs terres et les redistribue à ses favoris. Pour occuper les charges créées dans ces nouveaux fiefs, il constitue une nouvelle classe de Gallois ; pour lesquels les dernières années de son règne représentent des perspectives inespérées.
À l’été 1399, Henri Bolingbroke, héritier du duché de Lancastre, revient d’exil réclamer ses terres, lève une armée et marche contre le roi. Les deux hommes se rencontrent au château de Conwy, sur la côte nord du pays de Galles ; Richard y est arrêté. Le Parlement le dépose le 30 septembre 1399 et proclame Henri roi. Richard meurt à Pontefract en février 1400.
Les Gallois soutenaient traditionnellement Richard, qui avait succédé à son père comme prince de Galles. Sa disparition réduit d’un coup les chances de promotion de ceux qu’il avait élevés. C’est à ce moment qu’il est demandé pour la première fois aux hommes importants du pays, comme Owain, de choisir leur camp.
Le déclencheur est un litige de voisinage. La famille Grey de Dyffryn Clwyd, seigneurs d’origine normande réputés hostiles aux Gallois, avait une vieille querelle avec Glyndŵr. En 1399, celui-ci en appelle au Parlement ; Reginald Grey, ami du nouveau roi, use de son influence pour faire rejeter l’appel. Il retient ensuite délibérément une sommation adressée à Owain de rejoindre l’armée royale en campagne contre l’Écosse ; obligation à laquelle celui-ci était tenu de répondre en fournissant des troupes. Ne pas s’exécuter équivalait, en droit, à une trahison.
Owain se trouve donc traître par le fait d’un adversaire mieux introduit que lui à la cour. C’est l’origine réelle de la révolte : non un projet national préexistant, mais un contentieux foncier instrumentalisé.
Le 16 septembre et les huit jours qui suivent
Le 16 septembre 1400, Owain est acclamé prince de Galles par ses partisans. La proclamation est en soi une révolution : le titre appartenait depuis 1301 à l’héritier du trône d’Angleterre.
L’action suit immédiatement, et elle est conduite avec méthode dans le nord-est du pays :
- 19 septembre : la forteresse de Reginald Grey à Ruthin est attaquée et presque détruite ;
- suivent Denbigh, Rhuddlan, Flint, Hawarden et Holt ;
- 22 septembre : la ville d’Oswestry est mise à sac ;
- 24 septembre : Owain se porte vers le sud.
Au même moment, les frères Gwilym et Rhys ap Tudur, d’Anglesey (anciens capitaines d’archers de Richard II lors de ses campagnes d’Irlande, et cousins d’Owain) entament la guérilla contre les Anglais et font allégeance à leur parent.
La réponse anglaise contribue à élargir la révolte. Des lois pénales discriminatoires sont adoptées contre les Gallois, qui approfondissent le mécontentement et accroissent sensiblement le soutien à Owain dans tout le pays. Un conflit local devient une guerre nationale.
L’État de 1404-1405
Entre 1404 et 1405, après une série de sièges de châteaux réussis et plusieurs victoires en campagne, Owain contrôle la quasi-totalité du pays de Galles, y compris certaines des places les plus puissantes de l’anneau de forteresses édifié par Édouard Ier.
La révolte cesse d’être une guérilla pour devenir un État. Owain convoque en 1404 un parlement à Machynlleth, où il est couronné prince de Galles. Y siègent des représentants de toutes les régions du pays et des envoyés de France, d’Écosse, de Bretagne et des royaumes espagnols de Castille et de León. Il adopte les attributs de la souveraineté, dont un grand sceau à son nom.
C’est le premier chef gallois depuis Llywelyn ap Gruffudd, mort en 1282, à réunir une assemblée nationale formelle. La portée de l’acte est diplomatique autant qu’intérieure : il s’agit de démontrer aux cours d’Europe que le pays de Galles est gouverné comme un État souverain et non administré comme une dépendance anglaise.
L’alliance étrangère
Owain conclut une alliance avec Charles VI de France, et obtient un appui militaire de France, de Bretagne et d’Écosse.
En 1405, une armée française débarque au pays de Galles pour soutenir la rébellion, sous le commandement de Jean II de Rieux, maréchal de France. C’est l’un des rares cas d’intervention militaire française directe sur le sol britannique.
Owain s’appuie également sur les nobles anglais révoltés contre Henri IV ; la famille Percy, et Sir Edmund Mortimer, qui trouvera la mort dans la révolte.
L’appui étranger se retire dès 1406, les intrigues de Paris ayant tourné en faveur du parti de la paix. C’est le point de bascule de toute l’affaire : la révolte s’essouffle à partir de cette date.
Le 31 mars 1406, dans l’église Saint-Pierre-aux-Liens de Pennal, Owain rédige la lettre adressée à Charles VI qui constitue le document politique le plus abouti de la révolte.
Il y dénonce l’oppression subie par sa nation, reconnaît le pape d’Avignon contre celui de Rome, et formule un programme en trois volets :
- restaurer le statut métropolitain de l’église de Saint-David et affranchir l’Église galloise de la sujétion de Cantorbéry ;
- rétablir les lois traditionnelles galloises de Hywel Dda ;
- fonder deux universités, l’une au nord, l’autre au sud du pays.
Il y envisage également une extension des frontières du pays de Galles vers l’Angleterre.
Le reflux, et une disparition
La pression militaire anglaise s’accroît, l’aide étrangère se tarit. En 1409, l’ensemble du territoire tenu par les rebelles est reperdu et Owain est chassé de ses dernières places fortes.
Il poursuit une résistance sporadique, mène plusieurs raids, et disparaît des sources historiques en 1412, après une dernière mention dans la région de Snowdonia.
Il refuse le pardon que lui offre Henri V en 1415. Il meurt vers 1416, dans la clandestinité.
Il n’a jamais été capturé ni livré, malgré les récompenses considérables promises par la couronne. Ni le lieu ni les circonstances de sa mort ne sont connus — fait remarquable pour un homme traqué pendant sept ans dans un pays de cette dimension, et qui en dit long sur le degré de solidarité qu’il conservait.
NOTA : La révolte de Glyndŵr est la dernière manifestation d’un mouvement indépendantiste gallois avant l’incorporation du pays de Galles au royaume d’Angleterre, effective après le vote des Laws in Wales Acts de 1535 et 1542. L’aide étrangère fut la condition et la limite du succès. La révolte atteint son apogée quand la France, la Bretagne et l’Écosse l’appuient, et s’effondre dès que Paris bascule vers la paix. Owain n’a jamais disposé des moyens de tenir seul un territoire face à la couronne anglaise, et il le savait ; d’où l’effort diplomatique considérable des lettres de Pennal. Le conflit fut aussi gallois. Des Gallois combattirent dans les rangs anglais (Dafydd Gam en est l’exemple le plus connu), et la division entre ceux qui voyaient dans le service de la couronne une voie d’ascension et ceux qui choisirent la révolte traverse toute la période. C’est un trait constant des soulèvements de ce type, et il est rarement souligné.

16 septembre 1410 : conquête d’Antequera par Ferdinand 1er d’Aragon (Reconquista).
Après plus de 4 mois de siège, la place-frontière nasride tombe devant les troupes castillanes de l’infant Ferdinand, régent du royaume. Le verrou de la route de Grenade est levé ; et la Reconquista s’interrompt aussitôt pour près de trois quarts de siècle.
***

La conquête musulmane de la péninsule Ibérique, ouverte par le débarquement de Tariq ibn Ziyad en 711, s’achève pour l’essentiel vers 714, année où Tariq et Musa ibn Nusayr sont l’un et l’autre rappelés à Damas par le calife. L’antique Antikaria est alors intégrée à la province d’al-Andalus sous le nom de Medina Antaquira.
Elle connaît successivement les dominations omeyyade de Damas puis de Cordoue, hammudide, almoravide, almohade, enfin nasride de Grenade. Peuplée d’environ deux mille six cents habitants, elle devient au XIVe siècle l’une des places-frontières septentrionales du sultanat, dotée à ce titre de fortifications et d’une alcazaba . dont subsistent aujourd’hui quelques courtines et la Torre del Homenaje.
Sa valeur est celle d’un carrefour. Antequera commande les routes reliant Málaga, Grenade, Cordoue et Séville. Aussi longtemps qu’elle est nasride, elle protège la profondeur septentrionale du sultanat ; conquise, elle offre aux Castillans la base d’où frapper Grenade.
Elle fut pour cette raison attaquée à de nombreuses reprises pendant près de 2 siècles.
Le siège
L’opération de 1410 est conduite par l’infant Ferdinand de Castille, oncle et régent du jeune roi Jean II. Il n’est pas encore roi d’Aragon à cette date : il n’accédera à ce trône qu’en 1412, par le compromis de Caspe.
Le siège s’ouvre au printemps et se prolonge plus de 4 mois. Il mobilise un train de siège considérable, des machines et des travaux de mine, et il est marqué par l’échec des tentatives nasrides de secourir la place depuis Grenade.
La ville tombe le 16 septembre 1410. Les habitants musulmans en sont expulsés.
La prise vaut à l’infant le surnom de don Fernando de Antequera, que porte encore la rue principale de la ville ; la Calle Infante Don Fernando.
Antequera devient une ville du royaume de Castille, forteresse catholique face au royaume de Grenade et base destinée à poursuivre la Reconquista.
Cette poursuite n’a pas lieu. La Reconquista s’interrompt après 1410 pour plus de 70 ans, jusqu’à la campagne finale des Rois Catholiques et à la chute de Grenade, le 2 janvier 1492. Ferdinand, appelé sur le trône d’Aragon en 1412, se détourne du théâtre andalou ; les difficultés intérieures de la Castille font le reste.
L’après-1492
La chute de Grenade transforme Antequera plus que sa propre conquête. Cessant d’être une place de guerre, elle s’étend hors de ses murs et sa population passe d’environ 2 500 cents à 15 000 habitants en 20 ans, portée par la fertilité de ses terres et par la disparition de toute menace.
Les mosquées sont rasées et remplacées par des églises ; la plus ancienne, l’église San Francisco, de style gothique tardif, est bâtie vers 1500. Le carrefour commercial qu’elle constitue, son agriculture et son artisanat lui valent d’être appelée dès le début du XVIe siècle le cœur de l’Andalousie.
16 septembre 1658 : traité d’Hadiach entre les représentants de l’union Pologne-Lituanie et les cosaques.
Le traité de Hadiach est un traité de paix signé le , à Hadiatch (Hadziacz, Hadiacz, Гадяч) entre les représentants de l’union de Pologne-Lituanie, représentée par S. Bieniewski et K. Jewłaszewski) et les Cosaques, représentés par l’ataman Ivan Vyhovsky et les starshyna (starszyna, les aînés) Iouri Nemyrych, rédacteur du traité, et Pavlo Teteria.
Il vise à placer les Cosaques et les Ruthéniens au même rang que la Pologne et la Lituanie dans l’union de Pologne-Lituanie et la transformer en union de Pologne-Lituanie-Ruthénie (en polonais : Rzeczpospolita Trojga Narodów, « République des trois nations »).
Le traité d’Hadiach comprenait les points suivants :
- Création de la grande-principauté de Rus’ à partir des voïvodies de Kiev, de Bracław et de Tchernihiv, qui, avec le Royaume de Pologne et le grand-duché de Lituanie, ferait partie d’une seule et indivisible Rzecz Pospolita (République) à égalité de droits.
- Le duché devait être gouverné par un hetman, élu à vie parmi quatre candidats choisis par tous les ordres de la société ukrainienne et confirmé par le roi de Pologne.
- Dans le duché devaient être établies des administrations locales à la manière polonaise.
- Dans le duché devaient être restaurés la loi et les tribunaux ainsi que le système administratif-territorial de gouvernement qui existait avant 1648.
- La grande-principauté de Rus’ n’aura pas le droit d’entretenir des relations indépendantes avec les autres voïvodies.
- Les sénateurs devront être de confession orthodoxe.
- La grande-principauté pourra battre monnaie ; à l’image du roi de Pologne.
- Ses forces armées propres devront compter 60 000 cosaques et de 10 000 mercenaires.
- Restauration des grandes propriétés foncières, du servage, et tous les devoirs obligatoires qui existaient avant 1648.
- Au domaine des Cosaques sont garantis les anciens droits et privilèges ; et jusqu’à 100 Cosaques de chaque régiment [il y en avait 16] pourront être anoblis par le Roi, sur demande du Hetman.
- L’union de Brest est annulée sur le territoire de la grande-principauté de Rus’ ; la liberté des religions orthodoxe orientale et catholique est prononcée ; et des sièges permanents dans le Sénat commun de la Rzecz Pospolita sont accordés à l’évêque métropolitain orthodoxe et 5 autres évêques.
- Les forces armées polonaises et lituaniennes n’ont pas le droit de se trouver sur le territoire de la grande-principauté, sauf en cas d’urgence, auquel cas elles seront subordonnées au Hetman.
- Existence de 2 universités : l’Académie Mohyla de Kiev devait se voir accorder les mêmes droits que l’Université Jagellonne de Cracovie ; et un autre collège devait être créé avec le statut d’université.
- Dans tout le pays, il était permis de créer des collèges et des lycées avec le droit d’enseigner en latin.
- Liberté de publication à condition que les documents publiés ne comportent pas d’attaques personnelles contre le Roi.
Malgré l’opposition considérable du clergé catholique romain, le traité d’Hadiach fut approuvé par le roi et le parlement polonais (Sejm) le 22 mai 1659, mais avec un texte modifié. L’idée d’un duché ruthène au sein du Commonwealth fut complètement abandonnée; il s’agissait là d’une tentative du Commonwealth de regagner une influence sur les territoires ukrainiens, perdue à cause d’une série de soulèvements cosaques (comme le soulèvement de Khmelnytsky) et de l’influence croissante de la Moscovie sur les cosaques (comme le prouve le traité de Pereyaslav de 1654).
Le hetman Vyhovsky soutient les négociations avec le Commonwealth, surtout après avoir réprimé une révolte menée par le colonel de Poltava, Martyn Pushkar, et rompu les relations avec le tsarat de Russie pour ses violations du traité de Pereyaslav de 1654. Le traité d’Hadiach est cependant considéré par de nombreux Cosaques comme étant « trop peu, trop tard » ; ceux-ci s’opposent en particulier à l’accord de restitution des propriétés foncières à la szlachta. Après la révolte de 1648, le Commonwealth est très impopulaire auprès des Cosaques ordinaires. Les Cosaques de base considéraient le tsarat orthodoxe de Russie comme leur allié naturel et ne cherchaient guère d’alliance avec le Commonwealth, majoritairement catholique. En outre, Hadiach était un accord qui ne profitait qu’à l’élite des Cosaques — les « starshyna » — qui souhaitait être reconnue comme les égaux de la noblesse polonaise. Ainsi, alors que certains Cosaques, dont le hetman Ivan Vyhovsky, soutenaient le Commonwealth, beaucoup ne le faisaient pas et l’agitation des Cosaques se poursuivait en Ukraine.
La position du Commonwealth est encore affaiblie par une série de pertes dans la guerre russo-polonaise (1654-1667). Le tsar se sentait menacé par le traité de Hadiach, qui affaiblissait son emprise sur les Cosaques. Les Russes considèrent le traité comme un acte de guerre et, avant même sa ratification, envoient une armée en Ukraine. Bien que les forces polono-lituaniennes commandées par Stefan Czarniecki infligent une cuisante défaite aux forces russes lors de la bataille de Połonka et reprennent Vilnius dès 1660, l’absence d’autres succès militaires du Commonwealth, notamment en Ukraine, affaiblit encore le soutien des Cosaques. Le succès initial de Vyhovsky à la bataille de Konotop en juin 1659 n’est pas assez décisif et est suivi d’une série de défaites. Les garnisons russes en Ukraine continuent de résister ; une attaque des cosaques zaporogues contre le khanat de Crimée oblige les alliés tatars de Vyhovsky à rentrer chez eux, et des troubles éclatent dans la région de Poltava. Enfin, plusieurs colonels pro-russes se rebellent et accusent Vyhovsky de « vendre l’Ukraine aux Polonais ».
Incapable de poursuivre la guerre, Vyhovsky démissionne en octobre 1659 et se retire en Pologne. La situation est encore compliquée par l’entrée en guerre de l’Empire ottoman, qui tente de prendre le contrôle de la région contestée et monte toutes les factions les unes contre les autres. Pendant ce temps, le Commonwealth était encore affaibli par la rébellion de Lubomirski. Le traité a été repris en grande partie dans le traité de Tchoudniv de 1660.
Finalement, la Russie fut victorieuse, comme en témoignent la trêve d’Androussovo de 1667 et le traité de paix éternelle de 1686. Les Cosaques ukrainiens tombent dans la sphère d’influence russe, avec beaucoup moins de privilèges sous le régime de l’Hetmanat que ceux qui auraient été accordés par le traité de Hadiach. À la fin du XVIIIe siècle, l’influence politique des Cosaques a été presque anéantie par l’Empire russe.
16 septembre 1779 : début du siège de Savannah (guerre d’indépendance américaine).
Une escadre française venue des Antilles et l’armée continentale américaine tentent de reprendre aux Britanniques la capitale de la Géorgie. L’assaut du 9 octobre échoue en moins d’une heure, au prix des pertes les plus lourdes subies par les Alliés depuis Bunker Hill. Des deux côtés, la bataille aura été menée par des hommes récemment sortis de l’esclavage.
***
Savannah, capitale de la colonie de Géorgie, avait été enlevée le 29 décembre 1778 par le corps expéditionnaire du lieutenant-colonel Archibald Campbell, aux dépens d’un millier d’Américains. C’est une place fortifiée de dimension modeste, bâtie sur une colline escarpée dominant la rivière du même nom, protégée à l’est par des marécages.
Sa reprise ouvrirait aux Alliés l’accès au réseau fluvial qui s’enfonce dans le continent, et pourrait faire basculer la guerre dans le Sud.
Le contexte maritime est favorable. Après la victoire navale de la Grenade, le 6 juillet 1779, la flotte du vice-amiral Charles Henri d’Estaing dispose d’un accès plus libre aux côtes américaines. Sur l’insistance du consul de France à Charleston, et devant l’inquiétude des insurgés dépourvus de marine, d’Estaing accepte une opération conjointe avec l’armée continentale du major-général Benjamin Lincoln.
Un corps expéditionnaire antillais
C’est le fait le plus remarquable de cette campagne, et le moins connu en France.
Le corps de débarquement français ne vient pas de métropole. Sur un effectif total de l’ordre de trois mille cinq cents à quatre mille hommes, environ trois mille proviennent des Antilles :
- de Saint-Domingue, les chasseurs volontaires (pour l’essentiel d’anciens esclaves ayant obtenu la liberté en échange de leur engagement), auxquels s’ajoutent des hommes des régiments du Cap et de Port-au-Prince et des grenadiers volontaires de la colonie, le contingent parti du Cap-Français le 15 août 1779 approchant les 2 000 hommes ;
- environ 700 de la Martinique et 850 de la Guadeloupe.
Le quart restant seulement appartient à des unités normalement stationnées en métropole : détachements des régiments de Foix, de Hainaut, d’Agenais, de Gâtinais et de Cambrésis.
Les troupes antillaises sont commandées par trois officiers établis à Saint-Domingue : François de Fontanges (chef d’état-major), le marquis Laurent-François Le Noir de Rouvray (riche planteur qui avait servi au Canada pendant la guerre de Sept Ans) et le lieutenant Jean-Baptiste Bernard Viénot de Vaublanc.
Côté américain, la milice de Charleston fournit quelques centaines d’hommes, auxquels s’ajoutent des troupes continentales.
La sommation du 16 septembre
Le débarquement ne s’effectue que le 12 septembre, au moyen de petits bâtiments envoyés de Charleston ; les vaisseaux de ligne ne pouvant approcher, les Britanniques ayant coulé dans le chenal deux navires armés, quatre transports et plusieurs petites unités.
Le 16 septembre, la place est sommée de se rendre « aux armes de France », alors que l’armée américaine n’est pas encore arrivée. Les loyalistes en tirent prétexte pour accuser les Français de conquérir pour leur propre compte.
Les Britanniques demandent 24 heures pour délibérer. Ce délai décide du siège.
Il permet au lieutenant-colonel John Maitland d’acheminer à travers les marécages une colonne de renfort munie d’une artillerie nombreuse, portant la défense d’une dizaine de pièces à plus de 80. Il permet surtout au major écossais James Moncrief, ingénieur en chef, de renforcer chaque jour les ouvrages de la place ; travaux exécutés par plusieurs centaines d’esclaves affranchis par les Britanniques, ces « loyalistes noirs » que la chaleur et les fièvres tropicales n’atteignaient pas davantage que les volontaires de Saint-Domingue leur faisant face.
NOTA : Fontanges reprochera ensuite à Lincoln d’avoir négligé de bloquer Maitland en route, comme il avait été convenu, préférant rechercher la gloire d’arriver tôt devant Savannah. D’Estaing, non informé de cet accord, tenta de le freiner par mer, mais les pilotes de Charleston refusèrent de conduire ses navires dans la partie praticable du réseau fluvial.
Trois semaines perdues
D’Estaing avait averti Lincoln à plusieurs reprises que les difficultés de ravitaillement et la dégradation rapide de l’état sanitaire, en milieu tropical, imposaient un siège de dix à quinze jours au maximum.
Les Alliés choisissent néanmoins le siège en règle plutôt que l’assaut immédiat. La distance à la flotte et les difficultés d’acheminement du matériel leur font perdre un temps décisif : la tranchée n’est ouverte que le 23 septembre au soir.
Les assiégés multiplient les sorties. Le 24, le major Graham est repoussé sans difficulté, mais les Français, l’ayant poursuivi trop près des retranchements, sont exposés au feu de la place au retour. Dans la nuit du 27, une sortie du major MacArthur jette un tel désordre chez les assiégeants que Français et Américains se tirent quelque temps les uns sur les autres.
À partir du 3 octobre, les Alliés pilonnent la ville pendant cinq jours avec les canons péniblement débarqués, tirant plus d’un millier de projectiles incendiaires ; terrorisant les civils sans rompre les fortifications. Le 8, le major américain Pierre Charles L’Enfant — futur concepteur du plan de Washington ; traverse un feu très vif avec cinq hommes pour incendier les abattis : l’humidité du bois l’en empêche.
Les ingénieurs français ne croient plus au siège ; les officiers de marine rappellent les périls menaçant la flotte.
L’assaut du 9 octobre
D’Estaing se détermine à l’assaut, dirigé contre la redoute de Spring Hill, perçue à tort comme le point faible du dispositif.
Tout échoue. Une partie des troupes d’assaut arrive en retard, le bois marécageux censé leur offrir une couverture s’étant révélé un piège, et le rendez-vous de quatre heures du matin ne peut être honoré. L’attaque démarre avec une heure et demie de retard. Le son des cornemuses écossaises, qui devait signaler un ennemi surpris, révèle au contraire un adversaire en armes.
L’avant-garde française de quatre-vingts hommes, sous Jean Gaspard de Vence, atteint tout juste la redoute. En nombre insuffisant, les assaillants sont pris entre trois feux ; ceux qui progressent dans le marécage constituent des cibles immobiles. La charge de cavalerie du comte Casimir Pulaski se perd dans les brouillards, percute l’infanterie alliée et achève la confusion — Pulaski y est mortellement blessé et mourra le 11 octobre.
D’Estaing, blessé à deux reprises dont une balle traversant la jambe, est emporté hors du fossé par de Vence et quelques grenadiers. Maitland ordonne une sortie à la baïonnette pour poursuivre les assaillants : c’est l’un des corps à corps les plus âpres de la guerre, et le plus meurtrier depuis Bunker Hill.
L’action n’a pas duré plus d’une heure. C’est alors que les chasseurs volontaires de Saint-Domingue, appuyés par les grenadiers volontaires de la même colonie, chargent à la baïonnette la colonne britannique lancée en poursuite. S’étant trop approchés des ouvrages, ils subissent de lourdes pertes ; mais ils couvrent efficacement la retraite et sauvent l’armée franco-américaine de pertes bien supérieures.
Les pertes
Les sources ne concordent pas :
- Le récit de l’assaut donne, pour la seule heure de combat, environ 520 victimes françaises et 230 américaines, contre un mort et une quarantaine de blessés côté britannique.
- Les historiens américains contemporains de l’événement (David Ramsay, chirurgien-major de la campagne, dans son History of American Revolution, et Hugh McCall dans son History of Georgia) s’accordent sur un total d’environ 1 130 hommes pour l’ensemble des effectifs d’attaque, dont quelque 820 Français et 310 Américains.
- Un document des Archives nationales donne une estimation très inférieure : 16 officiers et 168 soldats tués.
Les Britanniques, tirant à couvert derrière des remparts et des tranchées improvisées en trois semaines, n’ont subi que des pertes insignifiantes. Beaucoup des assaillants n’eurent pas même l’occasion de faire feu.
L’issue
La retraite française est décidée sans l’accord des Américains, qui doivent se retirer à leur tour le 18 octobre. La flotte quitte Savannah le 28 octobre pour les Antilles ; une tempête près des Bahamas livre trois de ses bâtiments (l’Alcmène, la Blanche et la Fortunée) à une escadre britannique en embuscade.
La ville, détruite par le bombardement, subit un mois plus tard l’hiver le plus rigoureux de son histoire.
Les Britanniques conservent Savannah et la Géorgie jusqu’en 1782. Ils reprennent Charleston en 1780 après la capitulation de Lincoln, et portent la guerre en Caroline par voie terrestre, déclenchant dans l’arrière-pays une guerre civile d’une violence extrême. La situation américaine ne se rétablira qu’avec l’arrivée du second corps expéditionnaire français, en juillet 1780.
La vigueur de l’attaque a toutefois eu un effet : les Britanniques renoncent à faire de la Géorgie le pivot d’une grande offensive et se décident ensuite à évacuer la Caroline.
Les chasseurs volontaires de Saint-Domingue sont aujourd’hui considérés en Haïti comme des héros de la guerre d’indépendance américaine. Plusieurs de leurs officiers blancs deviendront des figures des réfugiés de Saint-Domingue en Amérique ou de la Révolution française ; François de Fontanges jouant un rôle de premier plan lors des événements révolutionnaires dans la colonie.
NOTA : Henri Christophe, futur roi d’Haïti, aurait fait partie de ces troupes (né en 1767, il aurait eu 12 ans au moment du siège. Le récit veut qu’il y ait servi comme tambour ou garçon d’officier mais ce fait n’est pas établi.

16 septembre 1873 : les troupes allemandes évacuent la France.
L’évacuation du territoire met fin à l’occupation militaire issue de la défaite de 1871, 18 mois avant l’échéance prévue par le traité de Francfort. Le paiement anticipé de l’indemnité de 5 milliards de francs-or, obtenu par des emprunts massivement sursouscrits, prive Bismarck du levier sur lequel il comptait.
***
Le traité de Francfort, signé le 10 mai 1871, imposait à la France une indemnité de cinq milliards de francs-or (somme représentant l’équivalent d’environ un quart du revenu national annuel du pays) et subordonnait l’évacuation progressive du territoire occupé au rythme des versements, selon un calendrier échelonné jusqu’en mars 1875.
Le calcul de Bismarck était politique autant que financier. Une occupation longue, ruineuse à financer et humiliante, devait paralyser la France pendant une décennie et interdire toute reconstitution de sa puissance militaire.
Deux emprunts d’État sont lancés, en 1871 puis en 1872, pour collecter les fonds. Ils sont l’un et l’autre sursouscrits, le second dans des proportions considérables — nettement supérieures au premier.
L’ampleur de cette souscription massivement populaire, portée par la petite et moyenne épargne ; a contribué à faire du paiement de la rançon un acte national.
Les dernières troupes allemandes quittent le territoire français en septembre 1873, l’évacuation de Verdun (dernière place occupée) clôturant l’opération.
L’Alsace et une partie de la Lorraine, annexées par le traité, n’entrent pas dans le champ de cette évacuation.
En recouvrant sa pleine souveraineté territoriale dix-huit mois avant l’échéance, la France retrouve sa liberté d’action et engage aussitôt la reconstruction de son appareil militaire :
- la loi de recrutement du 27 juillet 1872, calquée sur le modèle prussien, institue le service obligatoire et personnel et supprime le remplacement ;
- la réorganisation de 1873 répartit l’armée en corps d’armée régionaux, dotés chacun de leur recrutement et de leur mobilisation ;
- le programme de fortifications du général Séré de Rivières, engagé à partir de 1874, édifie sur la nouvelle frontière le système de places fortes et de rideaux défensifs qui structurera la défense française jusqu’en 1914.
NOTA : L’épisode constitue l’un des rares cas où la capacité d’un pays à mobiliser son épargne intérieure a produit un effet stratégique direct et mesurable. À ce titre, il relève pleinement de la dimension de la guerre économique. Bismarck avait conçu l’indemnité comme une entrave et a dû constater qu’elle avait été acquittée en moins de 30 mois.
16 septembre 1896 : le général Gallieni nommé gouverneur de Madagascar.
Fort de son expérience indochinoise, Gallieni applique à la Grande Île la méthode de conquête progressive qui portera son nom et que Lyautey théorisera ensuite au Maroc. Il y abolit la monarchie merina, fait exécuter deux dignitaires malgaches, exile la reine et consacre l’essentiel de son mandat à réprimer une insurrection générale.
***
Gallieni arrive à Madagascar après quatre années passées au Tonkin, de 1892 à 1896, où il avait expérimenté une méthode de pacification dont il avait lui-même formulé les principes : progression par postes fortifiés reliés entre eux, plutôt que par colonnes mobiles ; sécurisation par zones concentriques, chaque zone acquise servant de base à la suivante ; création de marchés pour donner aux populations un intérêt économique au calme ; et action politique auprès des notables locaux.
C’est ce qu’on appellera la colonisation par « taches d’huile ».
Lyautey, son subordonné à Madagascar, la théorisera et l’appliquera ensuite au Maroc. C’est de cette filiation que procède ce que l’on désigne comme l’esprit des Troupes de marine.
L’île avait été annexée par la France en 1896, après une expédition militaire conduite l’année précédente. Une insurrection générale (le soulèvement des Menalamba, littéralement les toges rouges) avait éclaté dès la fin de 1895 contre l’occupation française et contre les élites christianisées du royaume merina.
La répression de ce soulèvement constitue l’essentiel de l’activité militaire de Gallieni pendant son mandat, et elle s’est prolongée plusieurs années. Ses moyens (colonnes, destructions de villages, déplacements de populations) sont documentés par les travaux historiques consacrés à la période.
Trois décisions politiques l’accompagnent :
- Peu après son arrivée, en octobre 1896, Gallieni fait juger et fusiller deux dignitaires du royaume merina (un ministre et un prince de la famille royale) accusés d’avoir soutenu l’insurrection.
- Il abolit ensuite la monarchie merina, qui régnait sur la majeure partie de l’île depuis le début du siècle. La reine Ranavalona III est déposée puis déportée en 1897, d’abord à La Réunion, ensuite en Algérie, où elle mourra en 1917 sans avoir revu son pays.
- Il met enfin en œuvre une politique dite des races, s’appuyant délibérément sur les rivalités entre groupes de population de l’île pour affaiblir la prééminence merina. Ce principe d’administration structurera la colonie jusqu’à son indépendance, et ses effets politiques se sont fait sentir bien au-delà.
NOTA : Gallieni fut incontestablement un organisateur de premier ordre, et la méthode qu’il a systématisée à Madagascar a exercé une influence doctrinale considérable ; jusque dans les théories occidentales de contre-insurrection du XXe siècle.
Aller au contenu PDF16 septembre 1914 : création du Canadian Aviation Corps ou CAC.
Trois hommes, un hydravion acheté d’occasion et détruit par les tempêtes pendant sa traversée de l’Atlantique : la première force aérienne canadienne a duré huit mois, n’a effectué aucune mission, et s’est achevée par la démission d’un officier dont personne ne pouvait prouver qu’il avait jamais été nommé.

Le Canadian Aviation Corps est créé le 16 septembre 1914 à l’initiative du colonel Sam Hughes, ministre de la Milice et de la Défense du Canada, dans les semaines suivant l’entrée en guerre de l’Empire britannique. Il compte trois hommes :
- Le capitaine Ernest Lloyd Janney, que certains contemporains tenaient pour un escroc, et dont la nomination (comme les conditions de création de l’unité elle-même) est restée douteuse, bien que probablement régulière.
- Le lieutenant William Frederick Nelson Sharpe.
- Le sergent d’état-major Harry A. Farr, mécanicien.
Janney achète le 17 septembre, à Marblehead, l’unique aéronef du corps : un hydravion biplan Burgess-Dunne D.8, conçu pour la marine des États-Unis, acquis auprès de son constructeur pour cinq mille dollars.
Le convoyage vers le Canada commence le 21 septembre, avec Clifford Webster de la société Burgess-Dunne aux commandes et Janney comme passager. L’appareil tombe en panne en route ; Janney déboursera 2 500 dollars supplémentaires pour un moteur de rechange.
Remis en état de vol le 28 septembre, l’appareil arrive trop tard pour rejoindre le camp de Valcartier, où se rassemblait le corps expéditionnaire. Les deux hommes le contournent et se posent dans le port de Québec.
Faute de temps, l’appareil est embarqué le 3 octobre sur le pont du SS Athenia à destination de la Grande-Bretagne. Les seules précautions prises consistent à l’amarrer : rien n’est couvert ni protégé. Les tempêtes de la traversée le ravagent.
À l’arrivée à Plymouth, les autorités britanniques refusent de le considérer comme un appareil de combat.
L’appareil ne volera jamais en Europe. Il pourrit sur la plaine de Salisbury, où s’entraînait le corps expéditionnaire canadien, jusqu’à devenir un tas de ferraille sans aucune valeur.
Les autorités du corps expéditionnaire déclarent Janney absent sans permission à compter du 1er décembre 1914. Elles se trouvent alors dans l’incapacité de le sanctionner : aucun document n’établissait son appartenance à l’armée. Il est autorisé à démissionner d’une commission dont rien ne prouve qu’elle lui eût jamais été accordée.
Le corps fait long feu. Les pilotes canadiens volontaires sont intégrés au Royal Flying Corps britannique, où ils se distingueront en nombre ; plusieurs des as les plus décorés de la guerre en sortiront.
Le Canada ne se dotera d’une aviation propre qu’en septembre 1918, avec le service aéronaval de la Marine royale du Canada, puis en 1920 avec la Force aérienne canadienne.
16 septembre 1914 : début du siège de Przemyśl.
La forteresse galicienne, encerclée deux fois en six mois, tient cent trente-trois jours avant de capituler par la faim. C’est le plus long siège de la Première Guerre mondiale et la plus lourde reddition subie par l’Autriche-Hongrie ; et la place sera reprise moins de 3 mois plus tard, rendant l’ensemble stratégiquement stérile.

***
Durant les premières semaines du conflit, la Galicie constitue un théâtre de guerre de mouvement d’une ampleur considérable. Les 1re, 3e et 4e armées austro-hongroises (commandées respectivement par Viktor von Dankl, Rudolf von Brudermann et Moritz von Auffenberg, et comptant environ 500 000 hommes) sont lancées à partir du 23 août 1914 contre un million et demi de soldats russes.
Après des opérations de concentration entamées le 6 août, l’offensive débute véritablement le 18 août en Pologne russe. Les succès initiaux de Krasnik puis de Komarów, près de Zamość, ne sont que des victoires tactiques, sans portée stratégique : les unités austro-hongroises sont rapidement débordées à la bataille de Lemberg, la ville tombant aux mains des Russes le 3 septembre.
Ne parvenant pas à contenir la poussée russe, le commandement austro-hongrois ordonne le 11 septembre une retraite générale sur la ligne des Carpates. Ce repli de plus de deux cent cinquante kilomètres livre la Galicie orientale à la Russie ; à l’exception de Przemyśl.
Un siège en trois temps
- Premier encerclement. La retraite du 11 septembre laisse la forteresse isolée derrière les lignes russes ; l’investissement se referme dans les jours suivants, le 16 septembre étant la date généralement retenue pour l’ouverture du siège proprement dit. La place, considérablement renforcée, résiste : un coup de main tenté le 5 octobre pour la saisir échoue au terme de deux jours de combats.
- Le dégagement d’octobre. Ce succès défensif incite Franz Conrad von Hötzendorf, chef d’état-major austro-hongrois, à monter une opération de secours. Favorisée par l’offensive allemande de la Vistule, qui retient l’essentiel des réserves russes, la 3e armée du général Borojević parvient le 18 octobre à rompre l’encerclement et à ravitailler la ville. Le camp retranché est renforcé.
- Second encerclement. La retraite allemande sur la Vistule, non coordonnée avec les manœuvres austro-hongroises, contraint le commandement de l’armée commune à abandonner de nouveau les abords de la ville et à se replier sur les Carpates. Przemyśl est réinvestie à partir du 9 novembre 1914, l’occupation russe de la région se complétant dans les jours suivants.
La réduction par la faim
Le général russe Andreï Selivanov, qui a remplacé Radko Dimitriev à la tête des troupes assiégeantes, prend la décision qui décide du siège : il renonce aux attaques frontales, jugées trop coûteuses, et choisit de réduire la place par la faim.
Le calcul se révèle juste. Trois offensives austro-hongroises sont lancées depuis les Carpates entre le 23 janvier et le 27 février 1915 pour rompre l’encerclement ; toutes échouent, en dépit d’une planification minutieuse.
La garnison se rend le 22 (ou 24) mars 1915 après avoir fait sauter les forts qui défendaient la ville. Le second siège aura duré 133 jours.
Les Russes capturent l’ensemble de la garnison : 9 généraux, quelque 2 600 officiers et un très grand nombre de soldats (170 000 ?), dont une minorité seulement était encore valide, le reste étant affaibli par la faim et les maladies.
Dès le début du siège, chacun des belligérants attribue au sort de la ville une importance considérable : l’issue est supposée faire pencher dans un camp ou dans l’autre les voisins encore neutres de la double monarchie.
La chute de la place concentre ensuite les opérations dans les Carpates, incitant Austro-Hongrois et Allemands à constituer des unités mixtes spécialement instruites à la guerre de montagne.
NOTA : Le succès russe est pourtant éphémère. Après le lancement de l’offensive de printemps, des unités bavaroises reconquièrent Przemyśl le 3 juin 1915 : moins de 3 mois après sa capitulation. Cent trente-trois jours de siège, la perte d’une garnison entière et une victoire retournée en un trimestre : le bilan d’ensemble de l’affaire est nul pour les deux camps.


16 septembre 1918 : mort au combat du sous-lieutenant pilote Maurice Boyau (Mars-la-Tour).
Maurice Boyau, plus tard renommé Joannès, né le à Mustapha (aujourd’hui Sidi M’Hamed), en Algérie, et mort pour la France le à Mars-la-Tour (Meurthe-et-Moselle), était un as de l’aviation de la Première Guerre mondiale crédité de 35 victoires aériennes homologuées, la plupart sur des ballons d’observation allemands drachens.
Il était également international de rugby à XV avec six sélections, quatre en 1912 et deux en 1913 comme capitaine lors des deux derniers matches du dernier tournoi des Cinq Nations avant la déclaration de la Première Guerre mondiale.
***
Passionné et doué pour tous les sports (1,81 m pour 75 kg), il pratique surtout le rugby à un haut niveau. Il évolue au poste de troisième ligne aile ou troisième ligne centre d’abord à l’US Dax de 1907 à 1909 — dont le stade porte actuellement son nom depuis 2001 et où une statue fut érigée en son honneur en 1924 — puis au Stade bordelais pendant cinq ans jusqu’en 1914, avant de rejoindre pendant la guerre de 1914-1918 la région parisienne, avec un passage d’un an à Versailles suivi de deux saisons au sein du Racing Club de France de 1916 à 1918. Il est aussi l’un des plus grands internationaux de l’époque (essentiellement alors aux côtés de Marcel Communeau et Fernand Forgues).
Maurice Boyau est mobilisé au 37e régiment d’infanterie coloniale comme simple soldat lorsque la guerre éclate (décret du 1er) et combat avec lui dans les Vosges. Il est ensuite muté le au 8e escadron de train des équipages, où il officie comme conducteur d’automobiles, pendant environ un an, avant d’être détaché le au 1er groupe d’aviation de Longvic pour suivre une formation de pilote.
Il reçoit son brevet de pilote militaire le à l’école de pilotage de Buc et est nommé brigadier le . Ses connaissances techniques et ses talents de meneur d’hommes incitent les autorités militaires à l’affecter comme pilote-instructeur d’abord à l’école d’aviation de Pau puis à celle de Buc où il est détaché le 1er.
Mais Maurice Boyau insiste pour rejoindre une unité de combat. Sa demande sera entendue et, le , il rejoint – il est alors caporal – l’Escadrille N 77, plus tard surnommée par le journaliste Jacques Mortane « Escadrille sportive » en raison du grand nombre d’athlètes dans ses rangs. Il va y passer le reste de la guerre.
L’escadrille N 77, à sa création, n’a pas d’insigne propre et les pilotes décorent leur appareil d’un insigne personnel. Boyau décore son Nieuport d’un grand teckel dont le corps s’étend sur toute la longueur du fuselage.
Le , il est promu au grade de maréchal des logis. Le , il remporte sa première victoire sur un Aviatik, qui vient d’abattre son camarade Raymond Havet sous ses yeux. Malgré ce succès, Boyau trouve que vraiment « ça manque de Boches » dans la région. Il médite des projets audacieux. Il demande l’autorisation d’aller lancer quelques bombes chez l’ennemi sur avion de chasse. On commence par sourire, mais on finit par comprendre.
Le sergent Boyau obtient les obus nécessaires et, le , s’en va avec le sergent Boillot, frère du champion de course automobile, attaquer l’aérodrome de Marimbois, près de Thiaucourt-Regniéville. Lancés à 150 km/h, ils descendent à 220 mètres du sol et laissent tomber leurs projectiles. L’effet est immédiat : des réserves d’essence sont incendiées, les hangars s’effondrent en flammes au bout de quelques instants. Cet exploit lui vaut la citation suivante : « Le 16 mars 1917, a abattu un avion allemand dans les lignes ennemies. Le 23 mars, est descendu à moins de 250 mètres sur des hangars d’aviation ennemis et les a bombardés avec plein succès ».
Le 1er, l’Escadrille N77 est rééquipée avec des SPAD plus performants, elle change de nom et devient l’Escadrille Spa77.
Le , il partage sa première victoire sur un ballon avec son compagnon d’armes, un autre grand as Gilbert Sardier, au-dessus de Géline sur la commune d’Hoéville. Le , alors qu’il vient d’incendier son second ballon, son moteur cale alors qu’il redresse de son piqué et il doit se résoudre à se poser en vol plané dans un champ situé dans les lignes allemandes. Alors que deux automitrailleuses allemandes approchent pour le capturer, il parvient à faire redémarrer son moteur et décolle sous le nez de ses poursuivants. Selon le témoignage de son camarade d’escadrille Henri Decoin qui le rapporte au journaliste Jacques Mortane, Boyau « se penche hors de la carlingue, accuse un virage et de sa main gantée de fourrure leur fait de toutes ses forces le geste caractérisé par l’un de nos plus fougueux académiciens… » (geste qui est très probablement un doigt d’honneur).
Ces divers succès valent au futur as une citation : « Pilote de chasse de grande valeur. Le , a attaqué un premier drachen qui est tombé en flammes, en a attaqué un deuxième, contraignant l’observateur à sauter en parachute » et, pour prendre rang du , la médaille militaire : « Pilote de chasse d’une audacieuse bravoure. Trois fois cité à l’ordre, compte à son actif un avion et un drachen ennemi abattus. Le , a de nouveau détruit un drachen. Contraint d’atterrir en territoire ennemi, a remis son appareil en marche sous le feu d’autos mitrailleuses et a passé les lignes à 200 mètres d’altitude ».
Le , c’est un doublé, le premier : Boyau incendie un drachen avec le sergent Boillot et le sous-lieutenant d’Hautefeuille et, pour porter secours à un camarade, abat un avion ennemi, pris dans un groupe de cinq : « Le , après l’attaque réussie d’un drachen, a attaqué un groupe de cinq avions ennemis, a abattu l’un d’eux, puis a réussi à dégager un de nos avions sérieusement menacé ».
La sixième victoire arrive le , un avion au-dessus de Nancy : « Pilote hors ligne. Chaque jour, en monoplace, chasse, bombarde, photographie. Le , a abattu un avion allemand (5e victoire remportée par ce pilote). »
Maurice Boyau remporte ses dix premières victoires aériennes entre mars et , dont six sur des ballons d’observation, ce qui lui vaut l’honneur d’être mentionné dans le communiqué des armées du . Le 1er, il abat un biplace allemand au nord de Champenoux, pour sa onzième victoire et est nommé sous-lieutenant à titre temporaire le . Il est fin 1917 l’as des as français dans la spécialité de la chasse aux ballons d’observation.
Au printemps de 1918, Boyau équipe son SPAD XIII de « fusées-torpilles » Le Prieur, ancêtres des roquettes air-air, pour abattre des ballons. Avec cet équipement il continue de remporter un certain nombre de victoires à l’été 1918 : 4 en juin, 9 en juillet, et 3 en août.
Entre le 14 et le , il abat ses quatre derniers ballons et porte à 35 le nombre de ses victoires homologuées, ce qui fait de lui le 5e As français de la Grande Guerre.
Il disparaît le au-dessus de Mars-la-Tour au cours d’un combat aérien dont la victoire est attribuée par les allemands à l’as Georg von Hantelmann du Jasta 15. Les causes exactes de sa mort demeurent incertaines et Boyau pourrait également avoir été victime de tirs d’artillerie allemands. Ni son avion ni son corps ne sont retrouvés.
Un match de rugby avait été prévu auparavant dans lequel Boyau aurait occupé une fois de plus la place de capitaine de l’équipe du Racing. La partie est jouée malgré tout, mais ses camarades, refusant de remplacer leur capitaine, la disputent à quatorze.
Le , il est fait officier de la Légion d’honneur pour prendre rang du , avec la citation suivante : « Pilote d’une incomparable bravoure dont les merveilleuses qualités physiques sont mises en action par l’âme la plus belle et la volonté la plus haute. Officier magnifique, animé d’un admirable esprit de sacrifice, fournit, chaque jour avec la même simplicité souriante un nouvel exploit, qui dépasse le précédent. A excellé dans toutes les branches de l’aviation, reconnaissances, photographies en monoplaces, bombardement à faible altitude, attaques des troupes à terre, et s’est classé rapidement parmi les premiers pilotes de chasse. A remporté vingt-sept victoires, les douze dernières en moins d’un mois, en abattant seize drachens et onze avions ennemis. Médaillés militaire et chevalier de la Légion d’honneur pour faits de guerre. Onze citations. »
Le stade omnisports de Dax, stade résident de l’Union sportive dacquoise où Maurice Boyau a joué de 1907 à 1909, porte son nom. Cachée en 1939-1945, sa statue qui trône devant le stade est de nouveau complète depuis le
16 septembre 1940 : début de la Conscription aux États-Unis.
Roosevelt signe la première conscription en temps de paix de l’histoire des États-Unis, 15 mois avant Pearl Harbor. Sa reconduction, en août 1941, sera acquise à une seule voix près.
***
Les États-Unis n’avaient jamais institué de conscription en dehors d’un conflit déclaré. L’opinion, en 1940, est massivement opposée à toute implication dans la guerre européenne ; le comité America First, constitué la même année, rassemble des centaines de milliers d’adhérents.
Roosevelt, en campagne pour un troisième mandat, prend un risque politique considérable en signant le 16 septembre 1940 le Selective Training and Service Act. L’intitulé exact de la loi est celui-ci : les formulations qui inversent les deux premiers termes la rendent introuvable en recherche documentaire.
Le texte prévoit le recensement de tous les hommes de vingt et un à trente-cinq ans, en vue d’une montée en puissance progressive de l’armée américaine.
Il comporte deux limitations, imposées par le Congrès pour en obtenir le vote : la durée du service est plafonnée à douze mois, et l’emploi des conscrits est interdit hors de l’hémisphère occidental.
La reconduction de la loi est plus significative encore que son adoption.
À l’été 1941, l’expiration du délai de 12 mois menace de renvoyer dans leurs foyers la quasi-totalité de l’armée en cours de constitution. La prorogation est votée par la Chambre des représentants le 12 août 1941 par 203 voix contre 202 ; une seule voix d’écart, 4 mois avant Pearl Harbor.
NOTA : Un vote contraire aurait dissous, à la veille de l’entrée en guerre, l’instrument militaire que les États-Unis venaient de passer un an à bâtir.
L’attaque du 7 décembre 1941, plus de quinze mois après la signature de la loi, lève toutes les réserves. Le dispositif est considérablement élargi : l’enregistrement devient obligatoire de 18 à 65 ans, et le service militaire s’applique de 18 à 45 ans.
Plus de 10 millions d’hommes seront incorporés par ce canal au cours de la guerre.

16 septembre 1944 : les Américains prennent le fort Monbarrey (Brest).
Le fort Montbarey est un ouvrage fortifié, construit entre 1777 et 1784 à l’ouest de Brest. Utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale par l’armée allemande et l’organisation Todt, il est aujourd’hui un mémorial-musée consacré aux Finistériens et aux Alliés de la France pendant ce conflit.
Ce fort, né de la volonté du roi Louis XVI de faire de Brest une place forte imprenable, était le plus important maillon de la défense terrestre ouest de la ville (prévu pour 500 à 600 soldats). La construction du camp retranché de Brest Saint-Pierre est contemporaine de la Guerre d’Indépendance des États-Unis et de potentielles attaques anglaises par voie terrestre.
Il devint une caserne logistique allemande de juin 1940 à 1944. Il fut un camp de travail pour les centaines de républicains espagnols réfugiés contraints à participer à la construction de la base sous-marine de Brest et aux composantes du mur de l’Atlantique. Dans les derniers jours de la Bataille de Brest des éléments (60-70 selon les sources) de la deuxième division allemande parachutiste, y tinrent un siège de quatre jours, constituant la dernière poche de résistance ennemie au combat. Ce fut après de nombreux assauts et la mise en œuvre de chars lance-flammes britanniques de type Churchill Crocodile que la place se rendit le .
La ville sera libre le 18 septembre, deux jours plus tard.
16 septembre 1982 : massacre de Sabra et Chatilla (Banlieue de Beyrouth – Liban).
Dans un quartier de Beyrouth-Ouest et un camp de réfugiés palestiniens encerclés par l’armée israélienne, des miliciens libanais chrétiens massacrent pendant près de quarante-huit heures des civils palestiniens et libanais. Une commission d’enquête israélienne établira l’année suivante la responsabilité indirecte de son propre gouvernement et recommandera la démission de son ministre de la Défense.
***
L’armée israélienne était entrée au Liban le 6 juin 1982, dans le cadre de l’opération Paix en Galilée, et assiégeait Beyrouth depuis l’été. La formulation selon laquelle elle aurait « envahi le Liban » en septembre avance de trois mois le déclenchement de la guerre.
Un accord négocié sous médiation américaine avait organisé en août l’évacuation des combattants de l’Organisation de libération de la Palestine hors de Beyrouth, sous la protection d’une force multinationale de sécurité ; la FMSB, comprenant des contingents américain, français et italien. Cette force venait de se retirer.
Le 23 août, Bachir Gemayel, chef des Forces libanaises et allié d’Israël, était élu président de la République libanaise. Il est tué dans un attentat à l’explosif le 14 septembre, avant d’avoir pris ses fonctions.
Au lendemain de l’attentat, les forces israéliennes entrent dans Beyrouth-Ouest (la partie de la capitale qu’elles n’occupaient pas encore) et encerclent les deux quartiers de Sabra, quartier de la banlieue sud, et Chatila, camp de réfugiés palestiniens établi en 1949.
Le massacre
Le 16 septembre, des miliciens des phalanges chrétiennes, alliées d’Israël et cherchant les responsables de l’assassinat de Gemayel, pénètrent dans les deux secteurs. Ils s’y livrent jusqu’au 18 septembre à un massacre indiscriminé de la population civile.
Les victimes comprenaient des Palestiniens mais aussi des Libanais chiites résidant dans les mêmes quartiers ; point constamment relevé par les travaux consacrés à l’événement.
Les estimations du nombre de morts varient selon les sources entre 800 et 2 000 personnes.
Les images, nombreuses et largement diffusées, provoquent un scandale international considérable ; d’autant que les deux quartiers étaient encerclés par l’armée israélienne et qu’il lui est reproché d’avoir sciemment laissé faire.
La commission Kahan
Une mobilisation intérieure israélienne d’une ampleur inédite (la manifestation de Tel-Aviv de septembre 1982 réunit plusieurs centaines de milliers de personnes) contraint le gouvernement à constituer une commission d’enquête officielle, présidée par le président de la Cour suprême Yitzhak Kahan.
Elle rend ses conclusions en février 1983. Elle établit que les forces israéliennes n’ont pas commis le massacre, mais qu’elles en portent une responsabilité indirecte : pour avoir laissé entrer les miliciens dans des secteurs qu’elles contrôlaient, et pour n’avoir pas pris les mesures qui s’imposaient lorsque les premières informations sont parvenues.
Elle recommande la démission du ministre de la Défense Ariel Sharon, qui quitte ce poste tout en demeurant au gouvernement, ainsi que des sanctions contre plusieurs officiers supérieurs.
—
Lire Le quatrième mur de Sorj Chalandon (2014).










instructif le peu que j’ai lu, on découvre certaines choses mérite d’être lu tranquillement pour se faire idée