IN MEMORIAM – Joséphine BAKER, résistante (décédée le 12 avril 1975)

Née le 3 juin 1906 dans le Missouri aux États-Unis, elle est d’origine afro-américaine et amérindienne. C’est dès l’adolescence qu’elle s’initie à la danse et rejoint le trio d’artistes de rue, le Jones Family Band. Mariée très jeune, elle gagne sa vie en dansant avant de quitter son second mari pour partir à New York tenter sa chance à Broadway en 1921, avant d’atterrir à Paris en 1925, dans un spectacle exotique de jazz présenté au Music-hall des Champs-Élysées d’octobre à novembre de cette année-là : la Revue Nègre.

Âgée de 18 ans à peine, Joséphine Baker figure en vedette de l’affiche réalisée par Paul Colin, artiste majeur de l’Art Déco. Sur scène, elle est accompagnée d’une troupe de 13 danseurs et 12 musiciens africains-américains (dont Sidney Bechet) venus de New York pour l’occasion. Ce spectacle entièrement exécuté par des artistes noirs voit le jour dans le Paris des Années Folles, alors que la capitale vibre au son de ces nouveaux rythmes venus d’Amérique, et que les avant-gardes s’enthousiasment pour « l’Art Nègre » (titre d’une exposition du musée des arts décoratifs la même année).

Recrutée à New York comme danseuse dans la version américaine de la Revue, Joséphine Baker ne se doute pas qu’elle y jouera un rôle capital. C’est le forfait de la vedette principale, qui a refusé d’accompagner le spectacle en France, qui la placera sur le devant de la scène, et le désir des promoteurs parisiens d’exploiter son expressivité explosive qui la conduira à interpréter le sulfureux tableau final qui déchaînera le scandale à Paris.

Le succès de la Revue Nègre lui permet alors de se lancer dans la chanson et le cinéma. Si ses films sont pour la plupart des œuvres mineures, plusieurs de ses chansons deviennent des succès internationaux, comme « J’ai deux amours ».

Devenue française après son mariage en 1937, sa carrière et sa vie prendront un autre tour durant l’Occupation. Approchée par un officier proche du Général de Gaulle, elle devient une espionne, passant messages et microfilms à travers l’Europe et le Bassin Méditerranéen, depuis la Maroc où elle s’installe à partir de 1941. Au lendemain de la guerre, elle recevra la médaille de la Résistance.

Femme engagée pour la liberté et contre le racisme, elle est aussi une mère attentionnée pour les 12 enfants venus du monde entier qu’elle adoptera après-guerre avec son mari Jo Bouillon. Elle meurt le 12/04/1975, alors que, à 68 ans, elle venait de faire son retour sur scène à Paris, à Bobino, devant le Tout-Paris.

Elle entre au Panthéon le 30/09/2021, jour anniversaire de sa naturalisation française.

Jean-Baptiste TOMACHEVSKY
Jean-Baptiste TOMACHEVSKY
Mon grand-oncle paternel s'est engagé dans la Légion étrangère, parti combattre pendant la guerre d'Algérie. Il est mort pour la France en 1962. C'est lui qui m'a donné l'amour de la Patrie et l'envie de la servir. Appelé sous les drapeaux en février 95, j'ai servi dans 6 régiments et dans 5 armes différentes (le Train, le Génie travaux, l'artillerie sol-air, les Troupes de marine et l'infanterie). J'ai participé à 4 opérations extérieures et à une MCD (ex-Yougoslavie, Kosovo, Côte d'Ivoire, Guyane). Terminant ma carrière au grade de caporal-chef de 1ère classe, j'ai basculé dans la fonction publique hospitalière en 2013 en devenant Responsable des ressources humaines au centre hospitalier de Dieuze. J'ai décidé ensuite de servir la Patrie différemment en devenant Vice-président du Souvenir Français (Comité de Lorquin-57) où je suis amené à participer à une cinquantaine de cérémonies mémorielles par an. Je participe également à des actions mémorielles auprès de notre jeunesse. Je suis également porte-drapeau au sein de l'Union nationale des combattants (UNC) de Lorquin (57) et membre du conseil départemental de l'ONaCVG de la Moselle, collège 2 et 3. J'ai également créé sur un réseau social professionnel un compte qui regroupe près de 16 000 personnes dédié au Devoir de mémoire. Je transmets et partage les destinées de ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie pour la France. J'ai rejoint THEATRUM BELLI en novembre 2024 pour animer la rubrique "Mémoires combattantes".

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