28 août 663 : fin de la bataille navale de Hakusukinoe (ou Baekgang) débutée la veille.
À l’embouchure du fleuve Geum, sur la côte occidentale de la Corée, la flotte du Yamato est détruite par les forces alliées de Silla et des Tang. La défaite met fin à quatre siècles d’intervention japonaise dans la péninsule et scelle la disparition du royaume de Baekje.
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Au VIIe siècle, la péninsule est partagée entre trois royaumes rivaux : Koguryŏ au nord, jusqu’en Mandchourie ; Silla au sud-est ; Baekje au sud-ouest. Silla s’allie en 660 à la Chine des Tang. Écrasé en quelques semaines, Baekje cesse officiellement d’exister, mais son armée subsiste, retranchée dans la place de Churyu, et cherche un protecteur.
Ce sera le Yamato, lié de longue date aux entités du sud de la péninsule par des intérêts commerciaux et une proximité culturelle. L’expédition, préparée dès 661, est retardée par la mort de la souveraine régnante (l’impératrice Saimei, seconde période de règne de celle qui avait auparavant régné sous le nom de Kōgyoku) survenue à Kyūshū alors que l’armée s’apprêtait à embarquer. Son successeur, le futur empereur Tenji, lance l’opération en 663.
La flotte japonaise, forte d’environ 800 bâtiments dont une majorité de transports, se présente début août sur la côte occidentale de la Corée. Elle vise à remonter le Geum pour débarquer au plus près de Churyu. Les Tang ont anticipé le mouvement : leurs 170 navires, mieux construits et mieux commandés, forment une ligne compacte barrant le fleuve d’une rive à l’autre, à une cinquantaine de kilomètres à l’intérieur des terres.
L’assaut est lancé le 27 août. L’étroitesse du chenal annule la supériorité numérique japonaise : les navires ne peuvent s’engager que par vagues successives, et la ligne chinoise tient. Plusieurs attaques échouent le 27, de jour comme de nuit, puis encore le 28 au matin.
Dans l’après-midi du 28, jugeant l’adversaire épuisé et désorganisé, les Tang passent à la contre-offensive. Les Japonais, surpris, n’ont pas l’espace pour manœuvrer ; ils sont débordés et détruits.
Les conséquences sont durables. Churyu, affamée, capitule l’année suivante. Silla achèvera l’unification de la péninsule en éliminant Koguryŏ, puis en évinçant ses propres alliés chinois, qui comptaient s’y installer. Au Yamato, la crainte d’une invasion conduit à fortifier les côtes et les îles face à la Corée. Le Japon ne montera plus d’opération continentale d’envergure avant les expéditions de Hideyoshi, en 1592 ; 9 siècles plus tard.

28 août 1189 : début du siège d’Acre.
Guy de Lusignan, roi de Jérusalem sans royaume, met le siège devant Acre avec quelques milliers d’hommes. L’opération, jugée téméraire, durera près de deux ans et deviendra le pivot de la troisième croisade.
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Depuis la défaite de Hattin et la chute de Jérusalem en 1187, les États latins sont réduits à Tyr, Tripoli et Antioche. Guy de Lusignan, capturé à Hattin puis libéré par Saladin contre promesse de ne plus combattre, s’est vu refuser l’entrée de Tyr par Conrad de Montferrat, qui conteste sa légitimité.
Faute d’autre moyen de reconstituer une base territoriale et une autorité, Guy marche le long de la côte et se présente le 28 août 1189 devant Acre, le meilleur port de la région, avec une force estimée entre 7 000 et 9 000 hommes ; très inférieure à ce qu’exigerait la réduction d’une place aussi fortifiée.
La situation se retourne en configuration inédite : les croisés assiègent la ville tout en étant eux-mêmes encerclés par l’armée de secours de Saladin. Ce double blocus durera vingt-trois mois, alimenté du côté latin par l’arrivée progressive de contingents européens, et du côté musulman par les renforts venus d’Égypte et de Mésopotamie. Les pertes par maladie et par famine y dépasseront largement celles du combat.
L’arrivée de Philippe Auguste en avril 1191, puis de Richard Cœur de Lion en juin, apporte l’artillerie de siège et les moyens navals qui manquaient. La garnison capitule le 12 juillet 1191. Le massacre de quelque 2 700 prisonniers musulmans, ordonné par Richard le 20 août faute de paiement de la rançon convenue, marquera durablement les relations entre les deux camps.
Acre restera la capitale effective du royaume latin jusqu’à sa chute définitive, en 1291.
28 août 1645 : mort de Hugo Grotius.
Le juriste néerlandais, auteur du De jure belli ac pacis, meurt à Rostock au retour d’une mission diplomatique. Son œuvre fonde le droit international moderne et, avec lui, la première tentative systématique de soumettre la conduite de la guerre à des règles.
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Huig de Groot, né à Delft en 1583, entre à l’université à 11 ans et publie à 16e. Avocat, historiographe des Provinces-Unies, il est pris dans les querelles religieuses de son pays, condamné à la prison à vie en 1619 et s’en évade en 1621 dissimulé dans un coffre à livres. Réfugié en France, il y rédige l’ouvrage qui fera sa réputation.
Le De jure belli ac pacis, publié à Paris en 1625, en pleine guerre de Trente Ans, part d’un constat : les nations chrétiennes se font la guerre avec une licence dont les peuples barbares eux-mêmes auraient honte. Grotius entreprend d’établir qu’il existe un droit valable entre les États, indépendant de la religion et de l’autorité d’un souverain commun, et qui vaudrait même (formule célèbre et audacieuse pour l’époque) si l’on concédait que Dieu n’existe pas.
Trois apports intéressent directement l’histoire militaire. D’abord la distinction entre les motifs légitimes de faire la guerre et la manière licite de la conduire, qui structure encore aujourd’hui la séparation entre jus ad bellum et jus in bello. Ensuite l’affirmation que les non-combattants, les prisonniers et les biens sans utilité militaire bénéficient d’une protection, thèse alors très minoritaire. Enfin la doctrine de la liberté des mers, développée dans le Mare liberum de 1609, qui légitimait le commerce néerlandais contre les prétentions portugaises et fonde le droit maritime contemporain.
En 1634, la Suède le nomme son ambassadeur à Paris, poste qu’il occupe dix ans. Rappelé, il fait naufrage sur la côte poméranienne et meurt à Rostock le 28 août 1645, épuisé.
Sa postérité est considérable : les conventions de Genève et de La Haye, la Cour internationale de justice (dont le siège, le Palais de la Paix, fut inauguré un 28 août, en 1913) se réclament de la tradition qu’il a ouverte.

Le droit de la guerre et de la paix (Grotius)
Éloge de la tempérance : Grotius et notre temps (conférence de Frédéric Ramel)
28 août 1648 : fin du siège de Colchester.
Après 11 semaines de blocus et de famine, la garnison royaliste de Colchester se rend à Fairfax. Deux de ses chefs sont fusillés le soir même ; exécution qui annonce le durcissement du camp parlementaire et, six mois plus tard, celle du roi.
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La deuxième guerre civile anglaise éclate au printemps 1648, alors que Charles Ier, prisonnier depuis 1646, a conclu secrètement un accord avec les Écossais. Une force royaliste d’environ 4 000 hommes, commandée par lord Goring, sir Charles Lucas et sir George Lisle, se replie sur Colchester le 12 juin.
Thomas Fairfax, commandant la New Model Army, renonce à l’assaut après une première tentative coûteuse et opte pour un blocus complet : lignes de circonvallation, batteries, interception de tout ravitaillement. La ville, qui compte plusieurs milliers de civils, est réduite à manger les chevaux puis les chiens et les chats. Les tentatives de sortie échouent ; la nouvelle de la défaite écossaise à Preston, le 17 août, supprime tout espoir de secours.
La reddition intervient le 28 août, à discrétion pour les officiers, aux conditions ordinaires pour la troupe. Le soir même, un conseil de guerre condamne Lucas et Lisle à être passés par les armes, sentence exécutée immédiatement dans l’enceinte du château.
Le fait est important parce qu’il rompt avec l’usage de la première guerre civile, où les officiers vaincus étaient échangés ou libérés sur parole. Les parlementaires considéraient les royalistes de 1648 comme des parjures ayant rallumé une guerre déjà tranchée par les armes ; raisonnement qui sera appliqué au roi lui-même lors de son procès, en janvier 1649.
28 août 1661 : naissance de la pirate Anne Dieu-le-veut.
Anne Dieu-le-veut (Anne Dieuleveult, parfois appelée Marie-Anne) née le à Gourin en Bretagne, décédée le à Cap Français est une pirate française au XVIIe siècle. Veuve de Pierre Lelong puis de Joseph Chérel, elle épouse Laurent de Graff.
En 1684, elle épouse le flibustier Pierre Lelong, premier commandant du Cap Français, qui décédera lors d’une rixe le . En 1691, elle épouse Joseph Chérel qui décède à son tour en .
Plus tard, se sentant insultée, elle provoque en duel Laurent-Corneille Baldran dit de Graaf (ou encore de Graff) et se présente chez lui, pistolet à la main pour lui en demander raison. « De Graaf, jugeant une telle femme digne de lui l’épousa ». En 1685, Laurent de Graaf, gentilhomme hollandais, avait demandé et obtenu la nationalité française pour lui et sa première épouse: Pétruline Gusman. En 1693, il obtient l’annulation de ce premier mariage.
Le , Anne Dieu-le-veut et Laurent de Graaf se marient au Cap et s’établissent à La Tortue (Saint-Domingue). Ils auront une fille née vers 1694 et un fils mort en bas âge. Anne Dieu-le-veut accompagne Laurent de Graff en mer. À la différence d’autres figures féminines de la piraterie telles que Mary Read ou Anne Bonny, elle ne dissimule pas son sexe. L’équipage, loin de succomber à la superstition qui voulait que le fait d’emmener à son bord une femme portât malheur, en avait fait une mascotte et lui réservait même une part de butin.
En 1695, lors de l’invasion anglo-espagnole, elle est capturée par les Espagnols et détenue à San Domingos. « Elle se révélera une captive difficile »[9]. Elle n’est ainsi libérée qu’à la suite de nombreuses démarches accomplies par la France, en 1698. Sa libération est la dernière mention connue de son nom.
Le , âgée de 48 ans, Anne Dieu-le-veut meurt à Cap Français. Sa fille Catherine, en digne héritière, restera connue pour avoir défié en duel un prétendant dont la cour fut jugée trop insistante.

28 août 1793 : exécution du général de Custine.
Le général Adam-Philippe de Custine, vainqueur de Mayence en 1792, est guillotiné place de la Révolution sur décision du Tribunal révolutionnaire. Il inaugure la série des généraux exécutés pour des revers militaires.
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Officier de l’Ancien Régime, colonel à 22 ans, Custine s’est distingué pendant la guerre d’Indépendance américaine. Rallié à la Révolution, élu député de la noblesse aux états généraux, il commande en 1792 l’armée du Rhin et enlève Spire, Worms, Mayence et Francfort en quelques semaines ; succès considérable qui lui vaut une popularité immédiate.
Le retournement est rapide. Francfort est reperdu en décembre 1792, Mayence assiégée puis capitulée en juillet 1793. Nommé à l’armée du Nord, Custine s’y montre prudent, refuse d’engager des troupes qu’il juge inaptes, et se heurte aux représentants en mission. Rappelé à Paris fin juillet, il est arrêté, accusé de trahison, de collusion avec l’ennemi et d’avoir volontairement laissé tomber Mayence.
Le procès ne retient aucune preuve matérielle sérieuse. Custine est condamné le 27 août et exécuté le 28. Son fils, qui avait témoigné en sa faveur, sera guillotiné à son tour en janvier 1794.
L’affaire ouvre une séquence : Houchard en novembre, Biron en décembre, Beauharnais en juillet 1794. Le principe implicite (un général battu est un général suspect) désorganisera durablement le commandement, avant que les victoires de 1794 et la chute de Robespierre n’y mettent fin. Elle explique aussi, par contrecoup, la promotion accélérée d’officiers jeunes issus du rang, dont sortira la génération des maréchaux d’Empire.

28 août 1833 : sanction royale de l’Abolition Act britannique.
Le Parlement de Westminster abolit l’esclavage dans la plus grande partie de l’Empire britannique. La mesure engage la Royal Navy dans une campagne de police maritime qui durera soixante ans et servira, accessoirement, les intérêts stratégiques de Londres. Il faut plutôt voir dans cette mesure qu’il s’agit plus d’un instrument de rapport de force entre puissances qu’une simple réforme intérieure.
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La traite atlantique était déjà interdite aux sujets britanniques depuis le Slave Trade Act de 1807. L’acte du 28 août 1833 va plus loin : il abolit le statut d’esclave lui-même, à compter d’août 1834, dans les colonies des Caraïbes, au Canada et au Cap ; avec d’importantes exceptions, dont les territoires de la Compagnie des Indes orientales, Ceylan et Sainte-Hélène. Les propriétaires reçoivent une indemnité de 20 millions de livres, soit près de 40 % du budget annuel de l’État ; les esclaves, eux, n’obtiennent qu’un statut d’« apprentis » maintenu jusqu’en 1838.
La conséquence militaire est l’engagement durable de l’escadre d’Afrique de l’Ouest de la Royal Navy, créée dès 1808 mais considérablement renforcée après 1833. Jusqu’à un sixième de la flotte britannique y sera affecté. Elle arraisonna quelque 1 600 navires et libéra plus de 150 000 captifs, au prix de pertes élevées par la maladie.
Cette police maritime eut des effets stratégiques que ses promoteurs n’avaient pas tous prévus. Elle fournit à Londres un motif d’intervention dans les eaux territoriales d’États tiers, un levier de pression sur le Brésil, l’Espagne et le Portugal, et un argument de légitimation pour l’implantation de comptoirs et de bases sur les côtes africaines (Freetown, Lagos). L’abolitionnisme et l’expansion impériale marchèrent longtemps du même pas, ce qui n’ôte rien à la sincérité du mouvement abolitionniste britannique mais éclaire sa traduction navale.
28-29 août 1861 : bataille des Hatteras Inlet Batteries (guerre de Sécession).
Deux forts confédérés commandant l’accès aux eaux intérieures de Caroline du Nord sont enlevés en deux jours par une force amphibie fédérale. Premier succès notable de l’Union depuis le début de la guerre, l’opération inaugure la série des débarquements combinés qui donneront au Nord la maîtrise du littoral sudiste.
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Les Outer Banks de Caroline du Nord commandent l’accès aux vastes eaux intérieures des baies d’Albemarle et de Pamlico. Les Confédérés y ont établi deux ouvrages de sable, les forts Hatteras et Clark, qui protègent une base de corsaires opérant contre le trafic marchand du Nord.
L’expédition fédérale associe le commodore Silas Stringham et le général Benjamin Butler : 7 navires de guerre et 2 transports portant environ 900 hommes. Le bombardement s’ouvre le 28 août ; le débarquement, gêné par la mer, ne met à terre qu’une fraction des troupes. Le fort Clark est évacué le premier soir ; le fort Hatteras, pilonné le 29 au matin, se rend avec sa garnison, environ 700 hommes.
L’affaire est modeste par ses effectifs mais significative à quatre titres. Elle survient cinq semaines après le désastre de Bull Run et redonne au Nord un motif de satisfaction. Elle démontre la viabilité du blocus décrété en avril. Elle constitue la première opération amphibie combinée de la guerre, modèle repris à Port Royal en novembre puis à Roanoke en février 1862. Elle enfin popularise en Amérique une procédure navale nouvelle : le tir en mouvement, les navires décrivant des cercles au lieu de mouiller devant les batteries côtières, ce qui réduit considérablement leur vulnérabilité.
L’ouverture des sounds met à portée les ports de New Bern, Elizabeth City et Edenton, et menace à revers la basse Virginie et l’arsenal de Norfolk.

28 août 1867 : les États-Unis prennent formellement possession des Îles Midway.
Le capitaine William Reynolds, commandant l’USS Lackawanna, prend formellement possession de l’atoll au nom des États-Unis. C’est la première île du Pacifique annexée par le gouvernement américain ; et, 75 ans plus tard, le point d’appui de la bataille qui renversera le cours de la guerre du Pacifique.
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L’atoll a été repéré le 5 juillet 1859 par le capitaine N. C. Middlebrooks, dit Brooks, commandant le phoquier Gambia, qui le revendique au titre du Guano Islands Act de 1856 ; loi autorisant les citoyens américains à occuper des îles inhabitées pour en exploiter les dépôts d’engrais. Il le baptise d’abord de son propre nom.
Le 28 août 1867, Reynolds procède à la prise de possession officielle. L’atoll est rebaptisé Midway, « à mi-chemin », en référence à sa position sur la route de Californie vers l’Asie. Administré par l’US Navy, il constituera une singularité durable : c’est le seul atoll de l’archipel hawaïen qui ne fasse pas partie de l’État d’Hawaï.
La première tentative d’aménagement, en 1870, vise à creuser un chenal à travers la barrière de corail pour établir une station charbonnière échappant aux taxes portuaires hawaïennes. Le projet, financé par le Congrès et conduit par la Pacific Mail Steamship Company, échoue faute de crédits. L’USS Saginaw, venu évacuer les derniers ouvriers, se brise sur les récifs de l’atoll de Kure le 29 octobre 1870. L’équipage se réfugie sur l’îlot ; cinq hommes partent chercher du secours à Hawaï dans une baleinière. L’embarcation chavire à l’arrivée devant Kauai et un seul survivant, le quartier-maître William Halford, parvient à donner l’alerte. Il recevra la Medal of Honor.
Midway prendra sa véritable importance avec le câble transpacifique en 1903, puis l’escale des hydravions Clipper dans les années 1930, avant de devenir une base aéronavale. La bataille des 4-7 juin 1942 y coûtera 4 porte-avions à la marine impériale japonaise.

28 août 1879 : capture du roi Cetshwayo.
Traqué depuis la destruction d’Ulundi, le dernier souverain indépendant du Zoulouland est capturé par une patrouille britannique dans la forêt de Ngome. Sa reddition met un terme à la guerre anglo-zouloue.
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La guerre était née d’un ultimatum délibérément inacceptable, adressé le 11 décembre 1878 par le haut-commissaire sir Bartle Frere de sa propre initiative, exigeant que Cetshwayo dissolve le système militaire zoulou. L’invasion de janvier 1879 avait aussitôt tourné au désastre : le 22 janvier, à Isandlwana, une colonne britannique était anéantie par une armée zouloue ; la défaite la plus lourde jamais infligée à une force européenne équipée d’armes modernes par une armée africaine. Le même jour, la défense de Rorke’s Drift fournissait à Londres le récit héroïque dont elle avait besoin.
La supériorité matérielle finit par jouer. Après Kambula le 29 mars, puis Ulundi le 4 juillet – où le carré britannique, appuyé par l’artillerie et des mitrailleuses Gatling, brise l’assaut zoulou en moins d’une heure –, la capitale royale est incendiée et le roi prend la fuite.
Il est capturé le 28 août, exilé au Cap puis à Londres, où sa dignité impressionne l’opinion et où la reine Victoria le reçoit. Le Zoulouland est démembré en 13 chefferies rivales, ce qui provoque une guerre civile. Cetshwayo est partiellement rétabli en 1883, mais discrédité auprès des siens ; chassé, il meurt en février 1884.
L’annexion complète interviendra en 1887.

28 août 1891 : bataille de Placilla (Chili).
La bataille de Placilla est livrée pendant la guerre civile chilienne (16 janvier – 18 septembre 1891). Dernière bataille du conflit et l’une des plus sanglantes de l’histoire militaire chilienne, elle voit les troupes rebelles du congrès attaquer les troupes loyales au président José Manuel Balmaceda Fernández et remporter une victoire décisive qui leur ouvre les portes de Valparaiso. Comprenant que sa cause est perdue, Balmaceda se suicide le 18 septembre dans l’enceinte de l’ambassade d’Argentine où il avait trouvé refuge.
La victoire de la Junte marqua le début de ce qui sera appelé la période de la « dictature parlementaire », qui durera de 1891 à 1925 : par opposition à un véritable « régime parlementaire », elle sera marqué par un déséquilibre des forces entre exécutif et législatif, la fonction présidentielle voyant ses pouvoirs et son contrôle sur le gouvernement fortement réduits, l’exécutif passant sous le contrôle du Congrès. Mais en 1925, l’armée rétablira un régime présidentiel fort à la suite d’un nouveau coup d’État.
28 août 1904 : naissance de Secondo Campini.
L’ingénieur italien qui donna son nom au Caproni Campini N.1 naît le 28 août 1904 à Bologne. Son motoréacteur fut, quelques semaines durant, tenu pour la première propulsion à réaction volante de l’histoire.
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Campini présente dès 1931 au ministère de l’Air italien un mémoire sur la propulsion par réaction, appuyé sur une démonstration remarquée : une embarcation à réaction essayée à Venise. Il obtient un premier contrat d’étude, puis, en 1934, l’autorisation de construire deux prototypes d’avion. Faute de capacité industrielle propre, il s’associe au constructeur Caproni.
Sa solution est un compromis : le compresseur n’est pas entraîné par une turbine mais par un moteur à pistons classique, un Isotta Fraschini de 900 chevaux. Ce motoréacteur — thermojet — évite les difficultés métallurgiques du turboréacteur, alors inaccessibles à l’industrie italienne, mais en paie le prix : masse excessive, consommation élevée, poussée insuffisante.
Le N.1 vole le 27 août 1940 aux mains de Mario de Bernardi. L’Italie annonce l’événement comme une première mondiale. Elle ignore que le Heinkel He 178 a volé un an plus tôt, le 27 août 1939, avec un véritable turboréacteur — coïncidence de date remarquable et purement fortuite.
L’appareil se révèle plus lent que les chasseurs à hélice contemporains. Le programme est abandonné, et la voie du motoréacteur avec lui. Campini poursuivra sa carrière d’ingénieur et mourra aux États-Unis en 1980. L’un des deux N.1 subsiste, au musée de l’Air de Vigna di Valle.

28 août 1909 (calendrier grégorien) : coup d’État militaire en Grèce.
Le coup de Goudi fut un coup d’État militaire en Grèce dans la nuit du 15 août 1909 ( dans le calendrier grégorien) à partir des casernes de Goudí, dans la banlieue est d’Athènes.
À la suite de l’échec de l’énosis de la Crète et à cause du discrédit du gouvernement depuis la défaite humiliante dans la guerre contre la Turquie en 1897, une société secrète avait été organisée dans l’armée grecque : la « Ligue militaire ». Elle recrutait dans les rangs subalternes, se méfiant des officiers supérieurs potentiellement fidèles au pouvoir. Un de ses chefs était le colonel Nikólaos Zorbás.

Dans la nuit du 28 (15 août, calendrier Julien), la Ligue militaire, après avoir réuni ses troupes dans les casernes de Goudí, proclama l’insurrection et envoya un mémorandum au gouvernement demandant le redressement immédiat du pays et de ses forces armées. Le roi Georges 1er céda et remplaça le Premier ministre Dimítrios Rállis par Kyriakoúlis Mavromichális sans satisfaire les insurgés. Ils s’appuyèrent alors sur une grande manifestation populaire au mois de . Devant l’enlisement du conflit, les insurgés firent appel à un homme neuf et providentiel, Elefthérios Venizélos. Ce dernier respecta les règles démocratiques en demandant de nouvelles élections. Après la double victoire de ses partisans au parlement grec en août et en décembre 1910, Elefthérios Venizélos, devenu Premier ministre, entama la politique de réformes réclamée par les instigateurs du coup d’État.
Elefthérios Venizélos, par sa politique de réformes, prépare l’armée et la marine grecques afin d’affronter les tensions internationales qui se profilent. Cette préparation permet à la Grèce de sortir en grand vainqueur des deux guerres balkaniques de 1912-1913. Cependant, le roi Georges 1er, avec qui Venizélos a fini par nouer une relation cordiale, est assassiné lors d’une visite à Thessalonique, devenue grecque. Les relations entre Venizélos et son successeur, le roi Constantin 1er, sont souvent conflictuelles. Dès la première guerre balkanique, les désaccords ont été grands, à propos notamment de l’itinéraire de l’armée ou des villes devant être libérées en priorité. Plus tard, la pierre d’achoppement entre le souverain et son Premier ministre est la neutralité (voulue par Constantin) pendant la Première Guerre mondiale. Venizélos démissionne le de son poste de premier ministre. Cette démission entraîne un profond schisme politique en Grèce.
28 août 1911 : naissance de Pierre-Paul Ulmer, Compagnon de la Libération.
Pierre-Paul Ulmer, né le à Strasbourg et mort le à Ravensbourg, est un résistant français, l’un des adjoints de Jean Moulin, pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est compagnon de la libération. Après la guerre, il devient gouverneur de Ravensbourg et l’un des ouvriers de la réconciliation franco-allemande.
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Pierre-Paul Ulmer est le fils de Charles Paul Ulmer et de Germaine Sophie Henriette Wiedrich. Il épouse Caroline Eugénie Fischer.
En 1934, il est inspecteur de police aux Renseignements généraux de Lyon.
Au début de la Seconde Guerre mondiale, en 1939, il est mobilisé au deuxième bureau de la marine. Il est quartier-maître. Après l’armistice, démobilisé, il reprend ses fonctions à Lyon.
Dès 1940, il entre dans la Résistance et adhère à plusieurs mouvements clandestins ce qui attire les soupçons du gouvernement de Vichy qui le mute à la police régionale d’État.
En , il est recruté par Raymond Fassin, officier de liaison de la France libre auprès du mouvement de résistance Combat. Pierre-Paul Ulmer assure la protection de l’officier de liaison.
En , il est arrêté par la Gestapo, mais il est libéré grâce à sa connaissance de l’Allemand. En , Pierre-Paul Ulmer est commandant, il devient l’adjoint de Paul Rivière, chef de la section des atterrissages et des parachutages (SAP) de la région lyonnaise. Jusqu’en , il organise ce service d’opérations aériennes et il participe personnellement, avec succès, aux opérations importantes de parachutage.
En , à Pont-de-Veyle, il est arrêté par la Milice, mais réussit à s’évader.
En , il est nommé chef de la SAP de la région de Clermont-Ferrand. Il remplace Yves Léger, abattu par deux agents de la Gestapo. Cette dernière a réussi à décapiter la délégation militaire régionale. Pierre-Paul Ulmer reconstruit le réseau des comités de réception de la SAP et permet ainsi de recevoir l’armement pour équiper le maquis du groupe « Auvergne ».
Après la libération de la région, sa connaissance de la langue allemande, lui permet d’être désigné pour un entraînement en Grande-Bretagne pour un futur parachutage en Allemagne qui capitule avant le déclenchement de la mission3.
En 1947, Pierre-Paul Ulmer est nommé gouverneur militaire à Ravensbourg. Dès sa nomination, il s’investit dans la réconciliation franco-allemande.
Le 3 juin 1953, Pierre-Paul Ulmer met fin à ses jours. Selon son souhait, il est inhumé dans le cimetière de Ravensbourg en présence d’une foule importante.
• Chevalier de la légion d’Honneur
• Compagnon de la Libération – décret du 6 avril 1945
• Croix de Guerre 39/45 (2 citations)
• Médaille de la Résistance
• Officer of the British Empire (GB)
• Croix de Guerre 40/45 (Belgique)
28 août 1914 : naissance de Jules Joire, pilote du GC Normandie (URSS), Compagnon de la Libération.
Né le à Roubaix (Nord), Jules Joire commence son service militaire en à l’école de pilotage d’Istres. Après avoir obtenu un brevet de pilote, il est affecté au groupe de chasse 1/4 en . À la fin de son service en , il travaille dans une banque mais effectue parallèlement des missions volontaires au groupe aérien d’observation de Lille.
Jules Joire est mobilisé en et retrouve le groupe de chasse 1/4 à Reims où il est sergent à la 1re escadrille. Du 10 au il participe à la bataille de France où, aux commandes d’un Curtiss P-36 Hawk, il réalise 80 missions au-dessus de la France, de la Belgique et des Pays-Bas, remportant 6 victoires aériennes. Blessé au combat le dans le ciel de Beauvais, il est évacué sur Argentan puis sur Douarnenez où il apprend la nouvelle de l’armistice.
Entendant l’Appel du général de Gaulle, il s’embarque le à destination de l’Angleterre qu’il atteint le 22. Aussitôt engagé dans les Forces aériennes françaises libres, il effectue un stage en Operational Training Unit à Sutton Bridge puis est affecté au Groupe mixte de combat n° 1 sous les ordres du lieutenant-colonel de Marmier.
Embarqué à bord du HMS Ark Royal, il participe à l’expédition de Dakar avec pour mission de convaincre les aviateurs vichystes de rallier la France libre. Il atterrit sur la base de Dakar en compagnie de Jacques Soufflet et Fred Scamaroni à bord d’un Caudron Luciole mais les trois hommes ne parviennent pas à faire changer de camp leurs compatriotes et sont faits prisonniers. Rapatrié en France, il bénéficie d’un non-lieu, est libéré en et essaye dès lors de rejoindre à nouveau la France libre.
Tentant de gagner l’Afrique du Nord en passant par l’Espagne en , il est arrêté par les franquistes et est incarcéré plusieurs mois à la prison de Pampelune. Une fois libéré, il retente sa chance et parvient cette fois jusqu’à Gibraltar d’où il gagne l’Algérie le . Volontaire pour le Groupe de chasse Normandie, il est envoyé en URSS en et affecté à la 2e escadrille du groupe.
Promu sous-lieutenant le , l’information n’arrive en URSS que le 18 mars 1944. Il s’envole le même jour pour un vol d’entraînement au-dessus de Toula. Lors du vol, il est victime d’une collision avec l’un de ses compatriotes, l’aspirant Maurice Bourdieu. Réussissant à sauter, il est cependant rattrapé par son avion qui le sépare de son parachute et il périt dans l’accident, ainsi que l’aspirant. D’abord inhumé à Toula puis à Moscou, son corps est rapatrié en et enterré au cimetière militaire de Tourcoing.
28 août 1914 : bataille navale d’Heligoland.
Première bataille navale de la Première Guerre mondiale, le raid britannique dans la baie d’Heligoland coûte à la marine impériale trois croiseurs légers et un torpilleur. L’effet matériel est limité ; l’effet sur la doctrine allemande est considérable et durable.
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L’idée vient du commodore Roger Keyes, commandant les sous-marins, et du commodore Reginald Tyrwhitt, commandant la Harwich Force. Il s’agit d’exploiter la régularité des patrouilles allemandes de torpilleurs au large d’Heligoland : les attirer vers le large avec une force de destroyers, puis les couper de leur base.
L’opération n’engage donc pas la Grand Fleet, contrairement à ce qu’affirme la notice actuelle, mais deux flottilles de destroyers appuyées par les croiseurs légers Arethusa et Fearless. L’Amirauté ajoute tardivement, sans en informer clairement tous les participants, les croiseurs de bataille de Beatty et une escadre de croiseurs légers ; décision qui sauvera l’opération mais engendrera une confusion dangereuse, plusieurs bâtiments britanniques manquant de s’entre-attaquer dans la brume.
Le contact est pris au petit matin du 28 août. La brume est épaisse, la visibilité inférieure à deux milles par moments. Les Allemands, alertés, envoient au fur et à mesure leurs croiseurs légers en renfort, sans coordination d’ensemble : la marée basse empêche leurs cuirassés de sortir de l’estuaire de la Jade avant la mi-journée, ce qui les prive de tout soutien lourd.
L’Arethusa, sévèrement touchée, est un moment en difficulté. C’est alors que Beatty décide d’engager ses croiseurs de bataille dans des eaux mal cartographiées et minées, décision hardie qui règle l’affaire : le Köln et le Mainz sont détruits au canon, l’Ariadne coulée peu après. Le torpilleur V-187 avait déjà été envoyé par le fond en début de matinée.
Pertes allemandes : trois croiseurs légers et un torpilleur coulés, trois autres croiseurs endommagés, environ 712 tués (dont le contre-amiral Leberecht Maass) et 336 prisonniers. Pertes britanniques : aucun navire coulé, l’Arethusa et trois destroyers gravement endommagés, 35 tués.
Ces croiseurs légers n’étaient nullement, comme l’affirme la notice actuelle, « les bateaux les plus puissants » de la flotte allemande : la Hochseeflotte alignait alors une quinzaine de cuirassés modernes, restés au mouillage.
Guillaume II, qui avait conçu sa flotte comme un instrument politique autant que militaire, en tire la conclusion qu’elle ne doit pas être exposée : il impose désormais que toute sortie d’envergure reçoive son approbation personnelle. La marine impériale se cantonne pour deux ans à des raids côtiers et à la guerre de mines, laissant à la Royal Navy la maîtrise de la mer du Nord et l’efficacité du blocus.
Cette inhibition ne sera levée qu’au Jutland, en mai 1916, et le résultat de cette bataille la confirmera. C’est l’inaction de la flotte de surface qui poussera Berlin à miser sur la guerre sous-marine à outrance — décision qui entraînera l’entrée en guerre des États-Unis.

28 août 1916 : l’Italie déclare la guerre à l’Allemagne.
15 mois après son entrée en guerre contre l’Autriche-Hongrie, Rome déclare enfin la guerre à Berlin. Le même jour, l’Allemagne déclare la guerre à la Roumanie. La coalition centrale se referme sur un nouveau front
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L’anomalie durait depuis mai 1915 : l’Italie combattait l’Autriche-Hongrie sans être formellement en guerre avec son alliée allemande. Rome ménageait ses intérêts commerciaux et redoutait l’arrivée de divisions allemandes sur l’Isonzo ; Berlin, de son côté, ne tenait pas à y engager des forces. Des unités d’artillerie allemande opéraient pourtant déjà sur le front italien sous couvert autrichien.
Deux facteurs emportent la décision. La prise de Gorizia, le 9 août, donne au gouvernement Boselli le succès qui lui manquait. Surtout, l’entrée en guerre de la Roumanie aux côtés de l’Entente, le 27 août, impose de clarifier les alignements : les Alliés exigent que l’Italie cesse de faire exception.
Le même 28 août, l’Allemagne déclare la guerre à la Roumanie, suivie le 30 par l’Empire ottoman et le 1er septembre par la Bulgarie. La campagne qui s’ouvre sera brève et brutale : les armées de Falkenhayn et de Mackensen prennent Bucarest le 6 décembre 1916. La Roumanie perd les deux tiers de son territoire et, avec eux, le pétrole de Ploiesti et les blés de Valachie ; objectif économique explicite de l’offensive des Empires centraux.
28 août – 5 septembre 1924 : soulèvement georgien contre la domination soviétique.
Le soulèvement d’ est une insurrection infructueuse contre la domination soviétique en République socialiste soviétique de Géorgie : elle s’est déroulée de fin à début .
Ayant pour objectif de restaurer l’indépendance de la Géorgie — intégrée à l’Union soviétique — le soulèvement est mené par le « Comité pour l’indépendance de la Géorgie » (DAMKOM), un groupe d’organisations politiques anti-soviétiques présidé par le Parti ouvrier social-démocrate géorgien, héritier des Mencheviks. L’insurrection est l’aboutissement de trois années de révoltes contre le régime bolchevique, régime établi au début de 1921 par l’Armée rouge de la Russie soviétique après une offensive militaire contre la République démocratique de Géorgie.
Elle sera étouffée par l’Armée rouge et les troupes de la Tchéka opérant sous les ordres de Joseph Staline et Grigory Ordjonikidzé, et sera suivie par une vague de répressions massives durant lesquelles plusieurs milliers de citoyens géorgiens sont éliminés. Le soulèvement d’août se révèle être l’une des dernières rébellions majeures contre le gouvernement soviétique et sa défaite marque l’établissement final de la domination soviétique en Géorgie.
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Le , le Damkom lance ses plans pour une insurrection générale prévue le à 2 h 00. Le plan d’un soulèvement simultané échoue toutefois et, en raison de certains malentendus, la ville minière de Tchiatoura (Géorgie occidentale) entre en rébellion un jour plus tôt que la date prévue, le . Cela permet au gouvernement soviétique de mettre toutes ses forces de la région en alerte. Mais les insurgés obtiennent au début un succès considérable et forment un gouvernement intérimaire de Géorgie, présidé par le prince Guiorgui Tsérétéli. Le soulèvement se propage rapidement aux régions voisines, une large portion de la Géorgie occidentale et plusieurs districts de Géorgie orientale se libèrent du pouvoir soviétique.
Le succès est toutefois éphémère. Même si l’insurrection va au-delà des prévisions de la Tchéka, la réaction des autorités soviétiques reste prompte. Joseph Staline dissipe tout doute à Moscou sur l’importance du désordre en Géorgie grâce à un seul mot : « Kronstadt », en référence à la Révolte de Kronstadt, une grande mais infructueuse mutinerie de marins soviétiques en 1921. Des troupes additionnelles de l’Armée rouge, sous le commandement général de Semion Pougatchev, sont rapidement envoyées au combat et les côtes de la Géorgie sont bloquées pour empêcher un débarquement de groupes d’émigrés géorgiens. Des détachements de l’Armée rouge et de la Tchéka attaquent les premières villes insurgées de Géorgie occidentale (Tchiatoura, Senaki, Abacha) dès le et parviennent à obliger les rebelles à se replier dans les forêts et les montagnes dès le . Les forces de l’Armée rouge emploient l’artillerie et l’aviation pour combattre les guérillas qui continuent à offrir une résistance, notamment dans la province de Gourie, province natale de plusieurs chefs sociaux-démocrates géorgiens et majoritairement opposée à la domination soviétique. Tiflis, Batoumi et quelques grandes villes où les Bolcheviks, sont plus implantés, restent silencieuses tout comme l’Abkhazie et les territoires majoritairement habités par des minorités ethniques.

À la suite du revers infligé aux insurgés à l’ouest, l’épicentre de la révolte se déplace en Géorgie orientale où, le , une importante force rebelle commandée par le colonel Kakoutsa Tcholokhachvili attaque la base de l’Armée rouge à Manglissi, aux approches sud-ouest de Tiflis : elle est repoussée par les troupes soviétiques qui avaient lourdement fortifié toutes les positions stratégiques autour et au sein de la capitale. Les renforts échouent et les forces de Kakoutsa Tcholokhachvili se retrouvent isolées : elles se retirent à l’est en Kakhétie. Le , Kakoutsa Tcholokhachvili tente de retourner la situation et prend la ville de Doucheti lors d’une attaque surprise. Toutefois, il ne peut contenir une contre-offensive de l’Armée rouge et se retire dans les montagnes. La défaite de la rébellion est accompagnée d’un déclenchement de Terreur rouge « sans précédent, mais aux moments les plus tragiques de la révolution », comme le dit l’auteur français Boris Souvarine. La résistance militaire dispersée continue pendant plusieurs semaines, mais, dès la mi-septembre la majorité des principaux groupes rebelles est détruite.
Le , la Tchéka découvre la base des conjurés au monastère de Chio-Mgvime, près de la ville de Mtskhéta, et arrête le prince Andronikachvili (président du Damkom) et ses associés, Djavakhichvili, Ichkhnéli, Djinoria et Botchorichvili. Le même jour, Lavrenti Béria rencontre les opposants arrêtés à Tiflis et fait une proposition de déclaration appelant les partisans à déposer les armes. Les membres du comité, en captivité et faisant face à la mort eux-mêmes, acceptent la proposition avec la condition qu’un ordre d’interruption des exécutions massives soit diffusé immédiatement. Lavrenti Béria accepte à son tour et les rebelles signent la déclaration dans le but de mettre un terme à l’effusion de sang.
Toutefois, la répression n’est pas interrompue. En violation de la promesse faite par Lavrenti Béria aux chefs opposants arrêtés, les arrestations et exécutions massives se poursuivent. Le commandement politique des opérations anti-révolte est menée par le chef du Guépéou géorgien, Solomon Moguilevski. L’action de la Tchéka et du Guépéou est largement supportée par le Comité central transcaucasien. Joseph Staline lui-même est cité comme avoir dit que « toute la Géorgie doit être écrasée ».
Par une série de raids, les détachements de l’Armée rouge et de la Tchéka tuent des milliers de civils, exterminant des familles entières, dont les femmes et les enfants. Des exécutions de masse se produisent dans les prisons, les gens sont tués sans procès, même ceux qui se trouvaient en prison lors de la rébellion. Des centaines de prisonniers sont directement abattus dans des coffres de wagons, afin que les corps soient retirés plus facilement, une nouvelle et efficace tactique inventée par l’officier de la Tchéka Talakhadzé.
Le nombre exact des victimes reste inconnu. Approximativement 3 000 combattants meurent au combat. Le nombre des victimes exécutées durant le soulèvement – ou immédiatement après – s’élève à 7 000-10 000 individus (peut-être plus). D’après les plus récents témoignages inclus dans Le Livre noir du communisme, 12 578 personnes sont mises à mort entre le et le . Environ 20 000 personnes sont déportés en Sibérie et dans les déserts d’Asie centrale.

28 août 1943 : mort du roi Boris III de Bulgarie.
Le souverain bulgare meurt à Sofia 15 jours après une entrevue orageuse avec Hitler. Sa disparition brutale, jamais entièrement élucidée, prive l’Axe de son allié balkanique le plus habile et ouvre la voie au basculement de la Bulgarie.
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Boris III avait conduit son pays dans une position singulière : allié de l’Axe depuis mars 1941, la Bulgarie occupait la Macédoine et la Thrace, mais n’avait pas déclaré la guerre à l’Union soviétique et n’envoyait pas de troupes sur le front de l’Est. Surtout, sous la pression conjuguée du Parlement, de l’Église orthodoxe et de l’opinion, elle avait refusé la déportation des quelque 48 000 Juifs de la Bulgarie proprement dite ; tout en laissant déporter, vers Treblinka, plus de 11 000 Juifs des territoires occupés, distinction que l’historiographie contemporaine souligne avec insistance.
Convoqué par Hitler à Rastenburg le 14 août 1943, Boris subit une entrevue violente : le Führer exige une déclaration de guerre à l’URSS et l’envoi de troupes. Le roi refuse. Rentré à Sofia le 15, il tombe malade le 23 et meurt le 28, à 49 ans, officiellement d’un infarctus.
L’hypothèse d’un empoisonnement circula immédiatement et n’a jamais pu être ni démontrée ni écartée ; les autopsies, contradictoires, n’ont rien tranché.
Son fils Siméon II, âgé de 6 ans, règne sous un conseil de régence. Sans la stature de Boris, le régime perd sa marge de manœuvre. L’Armée rouge entre en Bulgarie le 8 septembre 1944 ; le coup d’État du Front de la Patrie retourne le pays contre l’Allemagne le lendemain. La monarchie sera abolie par référendum en 1946.
28 août 1944 : capitulation de Marseille et de Saint-Mandrier.
À Marseille, l’insurrection des FFI a éclaté les 19 et 21 août ; les tirailleurs algériens de la 3e DIA du général de Monsabert, les goumiers marocains du général Guillaume et les blindés de la 1re DB sont entrés dans la ville le 23. Le général Hans Schaeffer, commandant la 244e division d’infanterie (grande unité de second ordre comptant plusieurs bataillons d’Osttruppen et une forte proportion d’hommes âgés ou inaptes), refuse alors de capituler conformément aux ordres de Hitler.
5 jours de combats urbains suivent, autour de la gare Saint-Charles, des forts Saint-Jean et Saint-Nicolas et surtout de la colline de Notre-Dame-de-la-Garde, enlevée le 26 août. La reddition est signée le 27 au soir et prend effet le 28 à 15 h 00. Les pertes françaises pour la seule bataille de Marseille dépassent 1 500 tués et 5 300 blessés, les unités nord-africaines payant le prix le plus lourd. Le défilé de la victoire a lieu le 29 sur le Vieux-Port.
À Toulon, l’amiral Ruhfus, retranché dans la presqu’île de Saint-Mandrier avec quelque 1 800 marins et les batteries lourdes commandant la rade, avait accepté les conditions le 27 en fin de journée. La reddition est remise le 28 au matin au général Morlière, au nom du général Magnan.
Le bilan d’ensemble de la bataille de Provence est spectaculaire : 17 000 prisonniers à Toulon, autant à Marseille, deux ports majeurs conquis un mois avant le calendrier prévu. Marseille deviendra la principale porte d’entrée logistique des armées alliées en France, malgré des installations gravement endommagées par les destructions allemandes et les bombardements alliés.
Le 28, de Lattre télégraphie à de Gaulle : dans le secteur de son armée, à J+13, il ne reste plus un Allemand autre que mort ou captif.
28 août 1952 : premier vol du drone-cible australien GAF Jindivik.
Le GAF Jindivik est un drone cible radiocommandé produit par les usines aéronautiques du gouvernement australien (GAF). Son nom vient d’un mot aborigène australien signifiant « celui qui est chassé ». Deux prototypes à commande manuelle ont été construits sous le nom de GAF Pika (Projet C) comme preuve de concept pour tester l’aérodynamique, le moteur et les systèmes de radiocommande, portant les numéros de série A92-1/2, « B-1/2 ». Le Jindivik radiocommandé était initialement désigné Projet B et a reçu des numéros de série dans la série A93. Pika est un mot aborigène australien signifiant « aviateur ».
Le Jindivik a été développé à la suite d’un accord bilatéral entre l’Australie et le Royaume-Uni concernant les essais de missiles guidés. Le Royaume-Uni a fourni les missiles, tandis que l’Australie a fourni les installations d’essai, comme le polygone d’essai de Woomera. À l’issue de ces négociations, l’Australie a remporté le contrat de développement d’un drone cible conforme à la spécification E.7/48 du ministère de l’Approvisionnement. Cette spécification prévoyait un avion capable d’effectuer une sortie de 15 minutes à 12 000 mètres (40 000 pieds). Le développement a débuté en 1948, avec le premier vol du Pika en 1950 et celui du Jindivik Mk.1 en août 1952.
Le prototype piloté manuellement, connu sous le nom de Pika, possédait des prises d’air latérales (pour libérer de l’espace pour le cockpit) et un train d’atterrissage rétractable actionné par un réservoir pneumatique. La version pilotée à distance, le Jindivik, suivait la même forme de base, à l’exception d’un seul patin au lieu d’un train d’atterrissage et d’une prise d’air dorsale située à l’emplacement du cockpit du Pika. Le Jindivik Mk.1 était propulsé par un turboréacteur Armstrong Siddeley Adder (ASA.1), développé comme moteur jetable pour le projet. Seuls 14 Mk.1 furent construits. Le Mk.2 était propulsé par un moteur Armstrong Siddeley Viper de 7,3 kilonewtons (1 640 lbf). Le Viper était également prévu pour une courte durée de vie – environ 10 heures, mais une version « longue durée » fut également produite pour les avions conventionnels.
Les systèmes de contrôle ont été fabriqués par diverses entreprises, dont Elliott Brothers, GEC et McMichael, avec l’aide du Royal Aircraft Establishment. Le contrôle était assuré par un pilote automatique qui recevait des commandes radio du sol, plutôt que par un vol direct assuré par un contrôleur au sol. 18 commandes pouvaient être transmises au pilote automatique, avec 6 autres commandes pour le fonctionnement d’autres équipements embarqués. Le drone était lancé via un chariot autopiloté. À 110 nœuds (200 km/h), le drone était conçu pour appliquer ses volets, pousser les gouvernes de profondeur vers le haut et relâcher le chariot. L’atterrissage s’effectuait à 150-125 nœuds (278-232 km/h). Deux contrôleurs (azimut et élévation) étaient utilisés pour aligner le drone sur la piste. À l’atterrissage, il a touché le sol sur son patin et l’inclinaison a fait que les « chaussures » du bout de l’aile ont touché la piste, ce qui a contrôlé sa trajectoire sur la piste pendant qu’il ralentissait
Entre 1952 et 1986, 502 appareils ont été produits. Des exemplaires destinés au Royaume-Uni ont été expédiés par voie terrestre, puis assemblés et testés par Fairey Aviation à Hayes, Middlesex et à l’aéroport de Manchester . En 1997, la chaîne de production a été rouverte pour la production de 15 autres appareils destinés à la Grande-Bretagne.
Depuis le début de sa production, le Jindivik a été utilisé par la Royal Australian Air Force, la Fleet Air Arm de la Royal Australian Navy et la Royal Air Force. Les derniers Jindivik australiens ont été retirés du service à la fin des années 1990 et remplacés par le Kalkara. La plupart des essais britanniques ont été menés par le Royal Aircraft Establishment dans son établissement de Llanbedr et tirés au-dessus du polygone d’essais de l’aéroport d’Aberporth, situé à proximité, dans l’ouest du Pays de Galles. Au Royaume-Uni, le drone a été utilisé dans le développement des missiles sol-air Bristol Bloodhound, English Electric Thunderbird et Seaslug, ainsi que du missile air-air de Havilland Firestreak. Un petit nombre de ces appareils ont également été exploités par la Suède, qui a utilisé le Jindivik 2, et par les États-Unis.

28 août 1952 : Premiers lancements de Hellcatt sans pilote chargés d’explosifs depuis un porte-avions américain.
La Guided Missile Unit 90 lance depuis l’USS Boxer des F6F-5K Hellcat sans pilote chargés d’explosifs contre des objectifs nord-coréens. L’opération est souvent présentée comme la première frappe de drones lancée d’un porte-avions ; l’antériorité revient en réalité à 1944.
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Retiré du service de première ligne après 1945, le Grumman F6F Hellcat connut une longue seconde carrière : entraînement, remorquage de cibles, et conversion en drone sous la désignation F6F-5K. Pilotés par radio depuis un avion accompagnateur, généralement un AD Skyraider, ces appareils emportaient environ une tonne de charge explosive.
En août et septembre 1952, la Guided Missile Unit 90 en engagea 6 depuis l’USS Boxer contre des ponts et des tunnels ferroviaires nord-coréens, cibles réputées difficiles à traiter par bombardement classique. Les résultats furent médiocres : la précision restait faible et le coût de l’appareil sacrifié disproportionné.
La primauté doit toutefois être nuancée car dès septembre-octobre 1944, dans les Salomon, le Special Task Air Group 1 de l’US Navy avait employé le drone d’assaut TDR-1, conçu spécifiquement pour cet emploi, contre des objectifs japonais : 46 engins lancés, guidés par télévision depuis des Avenger accompagnateurs. L’opération, longtemps restée classifiée, précède de huit ans celle du Boxer.
Ces expériences sont les prémisses des munitions rôdeuses et des drones de frappe contemporains.

28 août 1968 : mort à 82 ans du constructeur d’avions Robert Morane.
Robert Morane, né le 10 mars 1886, et son frère aîné Léon, né en 1885, sont fils d’un fabricant de pompes. Léon obtient son brevet de pilote sur Blériot le 19 avril 1910 et devient l’un des pilotes vedettes de l’époque. Leur tentative commune de rallier le puy de Dôme, le 5 octobre 1910, s’achève par un accident grave près de Boissy-Saint-Léger.
La Société anonyme des aéroplanes Morane-Borel-Saulnier est fondée début 1911 avec Gabriel Borel et Raymond Saulnier. Son monoplan, dérivé du Blériot XI, est celui sur lequel Jules Védrines remporte la course Paris-Madrid en mai 1911. La brouille sur le partage du prix entraîne le départ de Borel ; la Société des aéroplanes Morane-Saulnier est créée le 10 octobre 1911, avec des ateliers à Puteaux.
L’apport militaire de la maison est majeur. Le Morane-Saulnier type L, monoplan parasol, équipé du système de tir à travers l’hélice mis au point par Saulnier et Roland Garros (déflecteurs métalliques sur les pales), permet en avril 1915 les premières victoires aériennes obtenues par un tir dans l’axe. Le type N suit, puis toute une lignée d’appareils d’observation et d’école.
Après 1918, la firme se tourne vers l’école et le tourisme : le MS.230, avion-école emblématique de l’entre-deux-guerres, sera construit à plus de 1 000 exemplaires à partir de 1929.
Le MS.406, principal chasseur français de 1940, est mis au point en 1935-1938. Il n’était pas « entièrement métallique » : sa structure associait un fuselage à ossature métallique entoilée et un revêtement d’aile en Plymax, contreplaqué collé sur feuille d’aluminium ; un compromis d’époque qui explique en partie son infériorité face au Messerschmitt Bf 109. Son moteur Hispano-Suiza 12Y-31 développait environ 860 chevaux. Plus de 1 000 exemplaires furent livrés ; ils remportèrent 175 victoires homologuées pour environ 400 appareils perdus.
La famille des MS.880 Rallye, si répandue dans les aéroclubs, ne date pas de 1950 mais de 1959, année du premier vol du prototype.
Léon Morane était mort de la grippe espagnole le 19 octobre 1918. Les deux frères reposent au Père-Lachaise ; la rue des Frères-Morane, à Paris, porte leur nom.

28 août 1988 : catastrophe aérienne de Ramstein.
La base de Ramstein, siège des forces aériennes américaines en Europe, organisait chaque année une journée portes ouvertes qui attirait des centaines de milliers de visiteurs. Le 28 août 1988, environ 300 000 personnes y assistent à la démonstration de la Pattuglia Acrobatica Nazionale italienne, forte de 10 Aermacchi MB-339.
La figure exécutée, dite du « cœur percé », fait converger trois formations : deux groupes tracent les lobes du cœur pendant qu’un appareil solo traverse la figure en sens inverse. Elle exige une synchronisation au dixième de seconde. Le solo arrive trop tôt et percute deux appareils de la formation. L’un des avions accidentés, en flammes, franchit la piste et s’abat au milieu du public.
Le bilan s’établit à 70 morts (dont les trois pilotes italiens) et 346 blessés graves, essentiellement par brûlures. Les secours, dimensionnés pour un accident d’aéronef et non pour un afflux massif de brûlés, sont submergés ; plusieurs victimes meurent dans les jours et les semaines suivants.
Les conséquences sont durables. L’Allemagne suspend puis restreint fortement les meetings aériens militaires. La réglementation européenne impose de nouvelles règles de séparation entre les évolutions et le public, notamment l’interdiction des figures dirigées vers les spectateurs. La catastrophe est enfin considérée comme fondatrice pour la médecine de catastrophe allemande, dont l’organisation actuelle (plans d’afflux massif, réseaux de centres de grands brûlés) découle directement de l’expérience de Ramstein.
28 août 1995 : second massacre du marché de Markale, à Sarajevo.
Le marché de Markale avait déjà été frappé le 5 février 1994 (68 morts, 144 blessés). Le 28 août 1995, vers 11 h 00, 5 tirs de mortier de 120 mm s’abattent sur le même lieu. Les bilans varient selon les sources entre 37 et 43 tués et environ 90 blessés.
La provenance des tirs fut immédiatement contestée par les forces serbes de Bosnie, qui accusèrent l’armée bosniaque de bombarder sa propre population pour provoquer une intervention occidentale ; accusation également portée pour le tir de 1994, où les expertises n’avaient effectivement pas permis de conclure. Pour le tir de 1995, en revanche, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie a établi que l’obus provenait des positions du corps Sarajevo-Romanija de l’armée de la Republika Srpska. Les généraux Stanislav Galić et Dragomir Milošević ont été condamnés, le premier à la perpétuité, le second à 29 ans.
L’opération Deliberate Force est lancée le 30 août. Planifiée dès juin, elle attendait un déclencheur politique. Elle mobilise 400 aéronefs et 5 000 hommes de quinze nations sous le commandement de l’amiral Leighton Smith, frappe 338 objectifs et largue 1 026 bombes, dont 708 à guidage de précision ; proportion alors inédite. L’artillerie de la force de réaction rapide de la FORPRONU appuie les frappes au sol. Le 10 septembre, 13 missiles Tomahawk détruisent un centre de transmissions serbe.
La campagne s’achève le 20 septembre. Elle lève le siège de Sarajevo, entamé le 5 avril 1992, et conduit directement aux négociations de Dayton, conclues le 21 novembre.
C’est la première opération de combat d’envergure menée par l’OTAN depuis sa création en 1949, et le premier emploi massif de munitions guidées dans un conflit européen. À ce double titre, elle constitue un jalon doctrinal autant qu’un épisode de la guerre de Bosnie.
28-29 août 2023 : IN MEMORIAM sergent-chef Nicolas Mazier.
Sergent-chef Nicolas MAZIER du Commando Parachutiste de l’Air (CPA 10) de la base aérienne d’Orléans-Bricy, mort au combat en Irak (Basheer) dans la nuit du 28 au 29 août 2023.
Il était passé par le 16e BCP, le CPA 20 et le CPA 30.









