La Slovaquie envisage de renforcer encore sa chasse aérienne avec l’achat de quatre F-16 supplémentaires, portant potentiellement sa flotte à 18 appareils. Une décision à forte portée symbolique et stratégique, alors que le pays dépend toujours partiellement de ses voisins pour la protection de son espace aérien.
À l’origine de cette situation : le don de treize MiG-29 à l’Ukraine entre 2022 et 2023, vivement critiqué à l’époque par Robert Fico, alors dans l’opposition, qui parlait de « sabotage ». Revenu au pouvoir depuis, il assume désormais un virage pragmatique : reconstituer rapidement une capacité nationale crédible.
Les quatorze premiers F-16 Block 70/72 « Viper », commandés cinq ans plus tôt auprès de Lockheed Martin pour 1,6 milliard d’euros, sont en cours de livraison. Dix ont déjà rejoint l’armée de l’air slovaque. Mais pour Bratislava, cela reste insuffisant tant que la police du ciel repose encore sur les moyens tchèques, polonais ou hongrois — voire allemands avec leurs Eurofighter en alerte.
Derrière cette commande supplémentaire se joue donc une question de souveraineté plus que de simple modernisation. Le F-16 Viper n’est pas un avion de transition : radar AESA, connectivité avancée, liaison de données tactiques, cockpit modernisé… Il s’agit de l’une des versions les plus abouties de ce chasseur multirôle emblématique.
En clair : la Slovaquie veut passer d’une dépendance temporaire à une autonomie assumée, tout en restant solidement arrimée à l’OTAN. Un signal politique autant que militaire.





