Le sergent-chef Louis Pajot trouve la mort au combat près d’Aghouma Ameur, région de Tizi Ouzou, en Algérie.Il est le parrain de la 172e promotion de l’École nationale des sous-officiers d’active.
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Louis Pajot est né le 1er décembre 1929 à Than Hoa en Indochine française. Il est le fils d’un inspecteur général des douanes françaises en poste au Tonkin et d’une princesse vietnamienne. Durant son adolescence, il fréquente l’école des enfants de troupe de Dalat qui connaît des heures tragiques en mars 1945, lors d’un coup de force japonais sur la péninsule indochinoise. Attaqués de toutes parts, Louis Pajot et ses jeunes camarades opposent une farouche résistance aux assauts ennemis. Après une lutte inégale, ils doivent se résoudre à cesser le combat. La rage au cœur, ils font sauter la poudrière de l’école et détruisent les culasses de leurs fusils avant de tomber aux mains de leurs assaillants. Le Drapeau français flotte encore au centre de la cour d’honneur. Dans un ultime défi, Louis Pajot s’en empare et le dissimule sous sa chemise. Son geste n’échappe pas à la vigilance des Japonais et lui vaut une douloureuse punition : durant la marche épuisante qui le conduit vers un camp de prisonniers, il est condamné à supporter des flèches de bambou plantées dans les mollets.
Torturé par la faim et épuisé par les travaux forcés, Louis Pajot est profondément marqué par cette captivité mais il a acquis dans l’épreuve une générosité et une énergie qu’il mettra, après sa libération, au service de ses idéaux et de ses hommes.
Profondément attaché à ses racines, à la fois françaises et indochinoises, et redoutant que son pays natal ne soit emporté dans une vague de haine et de luttes idéologiques, Louis Pajot décide de s’engager et rejoint les unités de commandos parachutistes : c’est les armes à la main qu’il aidera son pays à
échapper au pire.
En janvier 1947, il participe aux opérations de pacification du Tonkin. A la tête de patrouilles, il fait preuve de qualités qui lui valent d’être nommé sergent. Il n’a pas encore 20 ans.
En juillet 1951, le Viêtminh intensifie ses actions dans les montagnes du pays Thaï, entre la Rivière Noire et le Fleuve Rouge. Les avant-postes de Son Buc et de Coc Buc, qui protègent la garnison de Nghia-Lo, menacent de céder sous la violence des attaques. La 3e Brigade coloniale de commandos parachutistes que le sergent Pajot vient de rejoindre est engagée sur les arrières de l’adversaire. Le groupe Pajot s’infiltre dans les sentiers de montagne ou aux abords des postes isolés pour désorganiser et pourchasser les rebelles. Puis, en pleine saison de pluies, son unité reçoit la mission de dégager la garnison de Phat-Diem prise sous des feux incessants de mortiers. Au cœur des combats, dans la boue et face à un adversaire acharné, le sergent Pajot entraîne ses parachutistes et donne une nouvelle preuve de son sang-froid et de son audace.
En juillet 1952, il reçoit le commandement d’une section de supplétifs au 3e bataillon de parachutistes vietnamiens. Il gagne, aussitôt, la confiance et l’estime de ces hommes dont il partage la langue et apprécie la bonne humeur. Dès sa mise sur pied, la section Pajot est chargée de multiples opérations de harcèlement dont les succès révèlent l’ardeur des commandos et la combativité de leur chef.
Le 1er décembre, lors de l’attaque du village de Cuu-Thon, elle se heurte aux tirs d’armes automatiques. Les viêt-minhs lancent une violente contre-attaque mais avant qu’ils ne submergent la compagnie, le sergent Pajot installe ses hommes en poste de combat. Une rafale l’atteint aux reins mais il poursuit le combat malgré la douleur. Galvanisés par l’exemple de leur chef, les supplétifs repoussent les assauts jusqu’à ce que l’adversaire, surpris par leur détermination, soit contraint de se replier.
En juin 1957, c’est un sous-officier aguerri et expérimenté qui débarque en Algérie avec le 9e régiment d’infanterie de marine. Reconnu pour la sûreté de son jugement et son sens du commandement, il est promu sergent-chef et se voit décerner la Médaille Militaire. Au cours des multiples accrochages avec les rebelles, le sergent-chef Pajot se montre à la hauteur de sa réputation. En toutes occasions, il force l’admiration de ses hommes par son mépris du danger et son entrain.
Le 29 mai 1959, au cours d’une mission de reconnaissance en Grande Kabylie, sa section tombe dans une embuscade. Bien que blessé dès les premiers échanges de coups de feu, le sergent-chef Pajot se bat et encourage ses hommes jusqu’à la limite de ses forces. Alors que l’ennemi encercle la section, il tente un ultime assaut mais il s’écroule, frappé d’une balle en pleine tête.
Modèle de bravoure et de dévouement, Louis Pajot s’est distingué, en toutes circonstances, par ses qualités de chef et de combattant. La Légion d’honneur et la Croix de la valeur militaire avec palme sont venues rendre un dernier hommage à ce sous-officier exceptionnel, mort au service de la France, à l’âge de 30 ans.
Chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume, le sergent chef Pajot était titulaire des décorations suivantes :
- Médaille militaire ;
- Croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs avec deux citations ;
- Croix de la valeur militaire avec citation à l’ordre de l’armée ;
- Médaille coloniale avec agrafe « Extrême-Orient » ;
- Médaille commémorative de la campagne d’Indochine ;
- Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l’ordre en Afrique du Nord ;
- Croix de La vaillance avec étoile d’argent.
SOURCE : ENSOA / LE CHEVRON






