14 août 1040 : Duncan Ier d’Écosse tombe sous les coups de Macbeth.
Le roi des Scots Duncan Ier, qui règne depuis 1034, est tué au combat près d’Elgin, dans le Moray, au cours d’une campagne menée contre son cousin Macbeth mac Findláech, mormaer de cette province du nord. Loin du régicide nocturne imaginé par Shakespeare cinq siècles et demi plus tard, il s’agit d’une affaire de guerre classique entre lignages rivaux, dans un royaume où la succession se dispute encore les armes à la main. Macbeth ceint la couronne et régnera dix-sept ans, jusqu’à sa mort en 1057 face au fils de sa victime, Malcolm III Canmore.
14 août 1352 : désastre franco-breton de Mauron.
En pleine guerre de Succession de Bretagne, le maréchal de France Guy II de Nesle, seigneur d’Offémont, marche sur Mauron (Morbihan) à la tête de quelque 5 000 hommes pour réduire les garnisons montfortistes.
Face à lui, environ 2 000 combattants anglo-bretons commandés par Gautier de Bentley et Tanguy du Chastel, sortis nuitamment de la forêt de Lanouée, s’établissent sur une hauteur, archers aux ailes. Sûr de sa supériorité numérique, Nesle attaque dans l’après-midi.
La contre-attaque de Bentley au centre disloque la chevalerie française : le maréchal est tué, et avec lui une partie de la fine fleur de l’ordre de l’Étoile, dont les statuts interdisaient de reculer devant l’ennemi ; un serment d’honneur qui se paya ce jour-là au prix fort. Les pertes franco-bretonnes approchent le millier d’hommes. La défaite de Mauron compromet durablement la cause de Charles de Blois en Bretagne.
14 août 1385 : Aljubarrota consacre l’indépendance portugaise.
À une centaine de kilomètres au nord de Lisbonne, Jean Ier de Portugal et son connétable Nuno Álvares Pereira, avec une armée trois à quatre fois inférieure en nombre, écrasent l’ost castillan de Jean Ier de Castille, renforcé d’hommes d’armes français. Les Portugais ont fait mettre pied à terre à leurs chevaliers et les ont retranchés en carré derrière des fossés et des trous de loup, sur une croupe qui canalise l’assaillant ; des archers anglais complètent le dispositif. La charge castillane, lancée dans le désordre après une longue marche par forte chaleur, s’y brise. La victoire assure le trône à la dynastie d’Aviz et prépare le traité de Windsor de 1386, plus vieille alliance encore en vigueur au monde.
14 août 1415 : Henri V achève son débarquement au Chef-de-Caux.
Commencé la veille, le débarquement de l’armée anglaise (de l’ordre de 10 000 à 12 000 hommes portés par une flotte de plusieurs centaines de nefs) s’achève sur la plage de Sainte-Adresse, à l’embouchure de la Seine. Aucune force française ne s’y oppose. Henri V d’Angleterre fait aussitôt investir Harfleur, verrou du fleuve, dont le siège en règle s’ouvre quelques jours plus tard.
La place tombera le 22 septembre, au prix d’une dysenterie qui décime les assiégeants ; c’est cette armée amoindrie qui, remontant vers Calais, livrera la bataille d’Azincourt le 25 octobre.
14 août 1480 : martyre des habitants d’Otrante.
Trois jours après la prise de la ville par le corps expéditionnaire ottoman de Gedik Ahmed Pacha, débarqué en Pouille fin juillet, quelque huit cents habitants mâles sont conduits sur la colline de la Minerve et exécutés pour avoir refusé de renier leur foi. L’événement, connu en Italie comme le martyre des « saints d’Otrante », provoque une onde de choc dans toute la péninsule et jusqu’à Rome, où l’on redoute une progression vers le nord. La mort de Mehmet II en mai 1481 et les querelles de succession qui s’ensuivent permettront aux forces napolitaines de reprendre la place en septembre 1481. Les victimes ont été canonisées en 2013.
14 août 1598 : lourde défaite anglaise en Irlande (Yellow Ford).
Pendant la guerre de Neuf Ans, une colonne de secours d’environ 4 000 hommes commandée par le maréchal Henry Bagenal quitte Armagh pour ravitailler le fort de Blackwater. Hugh O’Neill, comte de Tyrone, et Hugh Roe O’Donnell l’attendent en terrain coupé de fondrières et de haies, où l’infanterie irlandaise (instruite à l’usage de l’arme à feu et retranchée derrière un fossé de plus d’un kilomètre) peut jouer de la profondeur. La colonne se disloque, une explosion de poudre ajoute au désordre, Bagenal est tué d’une balle en relevant la visière de son casque. Plus de 800 soldats de la Couronne périssent.
Le désastre embrase le Munster et contraindra Élisabeth Ire à envoyer en Irlande la plus grosse armée de son règne.
14 août 1756 : Montcalm enlève Chouaguen (fort Oswego).
Première campagne américaine du marquis de Montcalm, et premier succès d’éclat. Parti de Frontenac avec environ 3 000 hommes (réguliers des régiments de La Sarre, Guyenne et Béarn, milice canadienne, plus quelque 250 alliés amérindiens), il ouvre le siège des trois ouvrages britanniques qui gardent l’embouchure de la rivière Oswego, sur la rive sud du lac Ontario.
Le fort Ontario est évacué le 13 ; l’artillerie française, retournée contre les deux autres, y prend le camp d’enfilade. Le colonel Mercer tué par un boulet, son successeur Littlehales fait hisser le drapeau blanc au matin du 14 et signe la capitulation vers 11 h 00.
Butin considérable : plus de 1 600 prisonniers, une centaine de bouches à feu, des bâtiments armés, des vivres pour deux ans, pour une trentaine de pertes françaises. Les forts sont rasés et Bougainville y fait planter une croix. Des débordements meurtriers des auxiliaires amérindiens sur les prisonniers annoncent, en plus petit, le drame du fort William Henry l’année suivante.



14 août 1790 : le traité de Värälä met fin à la guerre russo-suédoise.
Signé sur les bords de la Kymijoki, en Finlande, entre Gustave III de Suède et Catherine II, il clôt sans vainqueur ni vaincu la guerre commencée en 1788, sur la base du statu quo territorial.
Le roi de Suède, qui avait espéré profiter de l’engagement russe contre les Ottomans, sauve la mise grâce à la victoire navale de Svensksund remportée un mois plus tôt ; le plus grand engagement de galères de l’histoire de la Baltique. Saint-Pétersbourg, libérée de ce front secondaire, peut concentrer ses moyens contre la Porte.
14 août 1791 : cérémonie du Bois-Caïman.
Dans le nord de Saint-Domingue, au Morne-Rouge, une assemblée clandestine d’esclaves réunie autour du commandeur Boukman Dutty et de la prêtresse Cécile Fatiman scelle par un rite vaudou le serment de l’insurrection. Huit jours plus tard, la Plaine du Nord s’embrase : c’est le début de la révolution haïtienne, qui absorbera pendant treize ans des dizaines de milliers de soldats français, espagnols et britanniques, verra l’ascension de Toussaint Louverture puis l’échec sanglant de l’expédition Leclerc, et s’achèvera par l’indépendance d’Haïti le 1er janvier 1804. La date exacte et la teneur de la cérémonie font l’objet de discussions entre historiens, certains la reportant au 22 août.
14 août 1812 : combat de Krasnoï, une division russe sauve Smolensk.
Sur la route de Smolensk, la 27e division d’infanterie du général Neverovski (6 000 à 7 000 conscrits pour la plupart, avec 14 canons) se trouve isolée face à la cavalerie de Murat et à l’infanterie de Ney, soit une vingtaine de milliers d’hommes. Chassée du bourg et privée d’une partie de son artillerie, elle se forme en carré et se replie pas à pas le long d’un chemin bordé de bouleaux qui interdit tout débordement. Les charges françaises, répétées jusqu’à l’épuisement des chevaux, ne parviennent pas à l’entamer.
La division perd un millier d’hommes mais fait gagner à Bagration et Barclay de Tolly les 24 heures décisives : les Russes tiendront Smolensk les 16, 17 et 18 août, et la manœuvre d’enveloppement imaginée par Napoléon échouera.

14 août 1842 : fin officielle de la deuxième guerre séminole.
Le colonel William Jenkins Worth déclare closes les hostilités en Floride après sept années d’une guerre d’usure menée dans les marais des Everglades contre les Séminoles d’Osceola puis de leurs successeurs. Sans traité ni capitulation : les États-Unis renoncent simplement à poursuivre les quelques centaines d’irréductibles restés dans le sud de la péninsule.
Le conflit (le plus long et le plus coûteux des guerres indiennes, avec environ 1 500 morts militaires et une facture de plusieurs dizaines de millions de dollars) reste un cas d’école de contre-guérilla en terrain impraticable, où l’armée régulière dut réinventer ses procédés : colonnes légères, embarcations à fond plat, opérations de saison sèche.

14 août 1870 : bataille de Borny-Colombey, première journée perdue devant Metz.
Vers 15 h 30, à l’est de Metz, les avant-gardes de la Ire armée allemande de Steinmetz (sur l’initiative de subordonnés plus que sur ordre) attaquent les arrière-gardes de l’armée du Rhin en cours de repli. Les Français, supérieurs en nombre et en artillerie sur ce point, tiennent leurs positions jusqu’à la nuit ; le maréchal Bazaine, légèrement contusionné, peut revendiquer un succès tactique. Les pertes s’établissent à environ 5 000 hommes du côté allemand et 3 600 du côté français. Mais l’essentiel est ailleurs : la journée immobilise l’armée du Rhin et retarde son mouvement vers Verdun, laissant aux IIe et IIIe armées prussiennes le temps de franchir la Moselle plus au sud. S’enchaîneront Rezonville-Mars-la-Tour le 16, Saint-Privat-Gravelotte le 18, puis le blocus de Metz et la capitulation du 27 octobre.
14 août 1900 : délivrance des légations de Pékin.
Après 55 jours de siège, les quartiers diplomatiques du Quartier des Légations sont dégagés par la colonne de l’Alliance des huit nations (Britanniques, Japonais, Russes, Américains, Français, Allemands, Italiens et Autrichiens) forte d’une vingtaine de milliers d’hommes partie de Tianjin. Les premiers éléments à percer sont des unités indiennes de l’armée britannique, entrées par une écluse du canal impérial. L’impératrice douairière Cixi quitte la Cité interdite le lendemain. Suivront la répression des Boxers, le pillage méthodique de la capitale et, en septembre 1901, un protocole final imposant à la Chine une indemnité colossale et la présence permanente de garnisons étrangères sur la route de Pékin à la mer.
14 août 1912 : les Marines débarquent au Nicaragua.
Envoyés protéger les intérêts américains et le régime d’Adolfo Díaz contre la révolte du général Mena, des détachements de l’US Marine Corps débarquent à Corinto et progressent vers Managua et Grenade. L’affaire, expéditive, inaugure une présence militaire qui durera, avec une brève interruption, jusqu’en 1933, et qui donnera naissance à la guérilla d’Augusto Sandino. C’est dans ces campagnes de « guerre des bananes » que le Corps expérimentera l’appui aérien rapproché au profit de colonnes terrestres et forgera une bonne part de la doctrine consignée en 1940 dans son Small Wars Manual.
14 août 1914 : la France lance l’offensive de Lorraine.
En application du plan XVII, la Ire armée du général Dubail et la IIe armée du général de Castelnau franchissent la frontière de 1871 et progressent vers Sarrebourg et Morhange. Les premiers jours donnent l’illusion du succès : les Allemands, appliquant une manœuvre en retraite délibérée, se replient sur des positions préparées et bien reconnues par leur artillerie. Le 20 août, la contre-attaque des VIe et VIIe armées allemandes brisera net les deux armées françaises, dans des pertes effroyables — l’infanterie chargeant en pantalon garance sous le feu des canons de 105 et 150. Le repli sur la trouée de Charmes et la Mortagne, puis la défense du Grand-Couronné de Nancy, sauveront l’aile droite française et permettront le transfert de forces vers la Marne.
14 août 1914 : premier bombardement aérien français de la guerre, sur Metz-Frescaty.
Décollant de Verdun sur un Farman MF.7, le lieutenant Cesari et le caporal Prudhommeau vont lâcher leurs projectiles sur les hangars à dirigeables du terrain de Frescaty, au sud de Metz.
Le raid détruit ou met hors service les Zeppelin qui y sont abrités (LZ 9 et LZ 12 qui avaient toutefois été réformés le 1er août 1914, soit avant l’ouverture des hostilités, en raison de leur obsolescence) L’action, modeste par les moyens engagés (quelques bombes lâchées à la main par-dessus bord), est restée dans la mémoire de l’armée de l’Air comme la mission fondatrice du bombardement français.

Elle précède de quelques mois la constitution des premiers groupes de bombardement, dont le GB 1 du commandant de Goÿs, et l’apparition d’une doctrine autonome de frappe dans la profondeur.
Dès septembre 1914, le capitaine puis commandant Louis de Goÿs de Mézeyrac propose de constituer une unité de bombardement placée directement sous les ordres du grand quartier général. Le premier groupe de bombardement, le GB 1, est mis sur pied à l’automne 1914 avec trois escadrilles de Voisin. De Goÿs en prend le commandement.
Le texte fondateur est l’Instruction sur l’organisation et l’emploi des groupes de bombardement, publiée par le service aéronautique du GQG le 1er février 1915. Elle assigne aux groupes deux catégories d’objectifs : d’une part les voies de communication, gares, casernes, dépôts, parcs et rassemblements de troupes ; d’autre part les usines et les établissements industriels. Cette distinction sépare pour la première fois, dans un document réglementaire français, le bombardement tactique du bombardement stratégique. Elle privilégie par ailleurs l’action de groupe sur l’action isolée, avec ralliement des appareils après décollage.
L’application la plus visible de cette doctrine intervient le 26 mai 1915, quand de Goÿs conduit le GB 1 contre les usines Badische Anilin und Soda Fabrik de Ludwigshafen-Oppau, désignées comme productrices des gaz de combat employés à Ypres un mois plus tôt. De Goÿs est capturé au retour de cette mission.
La suite est moins favorable. Dès la fin de l’été 1915, les Voisin à hélice propulsive deviennent vulnérables aux chasseurs allemands. Le bombardement de jour est progressivement abandonné au profit du bombardement de nuit, avant que l’arrivée du Breguet XIV et le passage à l’intervention en masse ne relancent la spécialité en 1917-1918.

Le groupe de bombardement n°1 durant la guerre de 1914-1918 : Analyse du journal de marche.
Planifier une campagne aérienne. L’exemple de la Première Guerre mondiale.
Le bombardement en 1916 : une année charnière.
L’industrie française d’aviation à la veille de la Première Guerre mondiale.

14 août 1917 : la Chine déclare la guerre à l’Allemagne et à l’Autriche-Hongrie.
Après des mois de crise politique intérieure autour de cette question, le gouvernement de Duan Qirui rompt avec les empires centraux. Pékin n’enverra aucune unité combattante en Europe, mais près de 140 000 travailleurs du Chinese Labour Corps serviront sur le front occidental, creusant, déchargeant, relevant les champs de bataille et payant un lourd tribut. La Chine escomptait la restitution des concessions allemandes du Shandong ; leur transfert au Japon par le traité de Versailles provoquera l’humiliation nationale du 4 mai 1919 et le refus chinois de signer le traité.
14 août 1920 : Radzymin, la journée la plus sombre de la bataille de Varsovie.
Les armées soviétiques de Toukhatchevski s’emparent de Radzymin, à une vingtaine de kilomètres de la capitale polonaise, et enfoncent la première ligne de défense. C’est ce jour-là que le père Ignacy Skorupka, aumônier d’un bataillon de volontaires, est tué à Ossów ; image d’Épinal du « miracle de la Vistule ». La contre-attaque polonaise reprend la localité le 15 ; le 16, Piłsudski débouche du Wieprz sur le flanc sud et disloque le dispositif adverse.
La victoire arrête la poussée de l’Armée rouge vers l’Allemagne et fixe pour 20 ans la frontière orientale de la Pologne.
14 août 1936 : prise de Badajoz par la colonne Yagüe.
Les tabors de Regulares et les bandera de la Légion du lieutenant-colonel Juan Yagüe enlèvent à la baïonnette la brèche de la porte de la Trinité, dans l’enceinte de la ville d’Estrémadure.
La chute de Badajoz soude les zones nationalistes du sud et du nord et ouvre la route de Madrid par la vallée du Tage. Elle s’accompagne d’exécutions massives de miliciens et de civils républicains, dont une partie dans les arènes de la ville un épisode rapporté par plusieurs correspondants étrangers présents sur place.
14 août 1937 : « samedi sanglant » de Shanghai.
Au deuxième jour de la bataille de Shanghai, l’aviation chinoise tente de bombarder le croiseur japonais Izumo mouillé sur le Huangpu. Des bombes larguées trop tôt, ou décrochées d’appareils endommagés, tombent sur les concessions internationales, à hauteur de Nankin Road et du Grand Monde, faisant environ un millier de morts parmi une foule de réfugiés.
Le même jour, les chasseurs chinois interceptent des bombardiers japonais venus de Taïwan et remportent leurs premiers succès : la date est depuis commémorée comme fête de l’armée de l’air de la République de Chine.
La bataille de Shanghai durera trois mois et coûtera à la Chine l’essentiel de ses divisions modernes.
14 août 1941 : publication de la Charte de l’Atlantique.
Fruit de la rencontre secrète tenue du 9 au 12 août dans la baie de Placentia, à Terre-Neuve, entre Franklin Roosevelt à bord de l’Augusta et Winston Churchill à bord du Prince of Wales, la déclaration commune est rendue publique ce jour-là.
En 8 points, elle énonce les principes du monde d’après-guerre : renonciation aux annexions, autodétermination des peuples, liberté des mers, désarmement des nations agressives, coopération économique.
Les États-Unis ne sont pas encore belligérants (Pearl Harbor est à 4 mois) mais le texte scelle de fait leur engagement aux côtés de Londres. Il servira de socle à la Déclaration des Nations unies de janvier 1942, puis à la Charte de San Francisco.
14 août 1943 : Rome déclarée ville ouverte.
Après les bombardements alliés des 19 juillet et 13 août sur les gares de triage de San Lorenzo et du Littorio, le gouvernement Badoglio proclame la capitale ville ouverte et annonce le retrait des installations militaires.
La mesure, notifiée par voie diplomatique, n’est reconnue formellement ni par les Alliés ni par les Allemands, qui occuperont la ville dès le 10 septembre et y installeront leurs états-majors et leurs axes logistiques. Des attaques aériennes ciblées se poursuivront jusqu’au printemps 1944. Rome sera libérée le 4 juin 1944.
14 août 1944 : déclenchement de l’opération Tractable vers Falaise.
La 1re armée canadienne du général Crerar lance en plein jour, sous couvert d’un écran de fumée, l’assaut de la 2e division d’infanterie et de la 4e division blindée canadiennes, appuyées par la 1re division blindée polonaise, en direction de Falaise. L’attaque doit refermer par le nord la poche où s’engouffrent les VIIe armée et Ve armée blindée allemandes.
Elle est marquée par un dramatique bombardement fratricide : des appareils du Bomber Command, trompés par les fusées jaunes de marquage, frappent leurs propres colonnes et infligent plusieurs centaines de pertes aux Canadiens et aux Polonais. Falaise tombera le 16 août, et la poche sera close à Chambois le 21, au prix d’immenses destructions dans l’armée allemande de l’Ouest.



14 août 1944 : veille du débarquement de Provence, les commandos ouvrent la voie.
Tandis que l’armada de l’opération Dragoon (près de 900 bâtiments, dont une forte composante française) fait route vers les côtes du Var et que l’aviation alliée écrase les batteries côtières, les opérations préliminaires commencent à la nuit tombée.
Le 1er groupe de commandos d’Afrique du commandant Bouvet est mis à terre au cap Nègre pour neutraliser les batteries dominant la baie de Cavalaire ; le groupe naval d’assaut de Corse opère sur la pointe de l’Esquillon ; la force « Sitka » aborde Port-Cros et l’île du Levant. Ces coups de main de quelques centaines d’hommes, exécutés avant l’aube du 15, désarticulent la défense côtière allemande sur les flancs de la zone de débarquement.
14 août 1945 : le Japon accepte la capitulation.
Une seconde conférence impériale scelle la décision : l’empereur Hirohito tranche en faveur de l’acceptation des termes de Potsdam, dont la notification part le jour même vers les Alliés par l’intermédiaire des légations suisse et suédoise. Dans la nuit, un groupe d’officiers du ministère de la Guerre tente un coup de force (l’incident du Kyūjō) pour s’emparer du palais et détruire l’enregistrement du message impérial ; la tentative échoue avant l’aube.
Le même jour, les B-29 mènent leurs derniers raids sur Kumagaya, Isesaki et la raffinerie de Tsuchizaki. Toujours le 14 août, à Moscou, est signé le traité d’amitié et d’alliance sino-soviétique qui règle le prix de l’entrée de l’URSS dans la guerre du Pacifique. Le message radiodiffusé de l’empereur sera entendu au Japon le 15 août à midi.
14 août 1947 : naissance du Pakistan.
Le transfert de souveraineté s’opère à Karachi, où Muhammad Ali Jinnah prête serment comme premier gouverneur général du nouveau dominion, l’Inde accédant à l’indépendance le lendemain.
La ligne de partage tracée par la commission Radcliffe ne sera publiée que le 17 août, laissant des millions de personnes dans l’incertitude : il s’ensuivra l’un des plus grands déplacements de population de l’histoire, 10 à 15 millions de réfugiés, et des massacres intercommunautaires qui feront plusieurs centaines de milliers de morts au Pendjab et au Bengale. Dès octobre, la question du Cachemire déclenchera la première des guerres indo-pakistanaises.
14 août 1958 : mort de Frédéric Joliot-Curie.
Prix Nobel de chimie 1935 avec Irène Joliot-Curie pour la découverte de la radioactivité artificielle, résistant et fondateur du Commissariat à l’énergie atomique dont il fut le premier haut-commissaire de 1946 à 1950, il avait été écarté de ses fonctions en raison de son engagement communiste et de son refus affiché de travailler à des applications militaires. Sous sa direction avait divergé, en décembre 1948, la première pile atomique française, Zoé.
Sa mort survient au moment où la France, sous l’impulsion de la IVe République finissante puis du général de Gaulle, s’engage résolument dans le programme qui aboutira au tir de Reggane en février 1960.
14 août 1969 : lancement de l’opération Banner en Irlande du Nord.
Au terme de trois jours d’émeutes dans le quartier du Bogside à Londonderry, débordée, la police nord-irlandaise doit céder la place : les premiers soldats britanniques se déploient dans la ville, bientôt suivis d’autres à Belfast.
Accueillie d’abord avec soulagement par une partie de la population catholique, la troupe se trouvera en quelques mois en première ligne d’un conflit de 30 ans. Banner deviendra le plus long déploiement continu de l’histoire de l’armée britannique : achevée le 31 juillet 2007, l’opération aura vu passer plus de 300 000 militaires et coûté la vie à plus de 700 d’entre eux.
14 août 1974 : seconde phase de l’invasion turque à Chypre.
L’échec des pourparlers de Genève entraîne le déclenchement de l’opération « Attila II ». En 48 heures, les forces turques, appuyées par leur aviation et leurs blindés, portent leur zone de contrôle d’une tête de pont autour de Kyrenia à environ 37 % de l’île, atteignant Famagouste à l’est et la ligne Morphou-Nicosie à l’ouest.
Le cessez-le-feu du 16 août fige une ligne de démarcation (la ligne Attila) qui n’a pas bougé depuis, surveillée par la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre. Environ 200 000 personnes sont déplacées de part et d’autre. La République turque de Chypre du Nord, proclamée en 1983, n’est reconnue que par Ankara.
14 août 2006 : entrée en vigueur du cessez-le-feu au Liban.
À 8 heures du matin, en application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité adoptée trois jours plus tôt, les armes se taisent après trente-quatre jours de guerre entre Israël et le Hezbollah. Le bilan approche les 1 200 morts au Liban, dont une large majorité de civils, et environ 160 côté israélien.
La résolution prévoit le déploiement de l’armée libanaise au sud du Litani et le renforcement substantiel de la FINUL, à laquelle la France apportera l’un des principaux contingents.
Le conflit fera l’objet en Israël de la commission Winograd, sévère sur la conduite politique et militaire des opérations, et relancera partout le débat sur les limites de la puissance aérienne face à un adversaire irrégulier enterré.
14 août 2007 : attentats de Qahtaniya, en Irak.
4 camions piégés explosent presque simultanément dans des villages yézidis du district de Sinjar, au nord-ouest du pays. Les maisons de terre s’effondrent sur leurs habitants ; le bilan, longtemps incertain, est estimé entre 400 et près de 800 morts, avec plus d’un millier de blessés.
Attribué à la branche irakienne d’Al-Qaïda, c’est l’attentat le plus meurtrier de toute la guerre d’Irak et l’un des plus meurtriers de l’histoire du terrorisme. Il préfigure le sinistre sort réservé à la même communauté par Daesh à partir d’août 2014.
14 août 2021 : la chute de Mazar-e-Charif précipite l’effondrement afghan.
La grande ville du Nord, considérée comme le dernier bastion susceptible de tenir face aux talibans, tombe pratiquement sans combat, les commandants Dostom et Atta Mohammad Noor passant en Ouzbékistan. Le même jour, Washington porte à 5 000 hommes le dispositif chargé de sécuriser l’aéroport de Kaboul et l’évacuation des ressortissants. Kaboul tombera le lendemain, achevant en dix jours l’effondrement d’une armée nationale afghane construite en 20 ans.
S’ouvre alors le pont aérien d’évacuation — pour la France, l’opération Apagan —, ponctué le 26 août par l’attentat-suicide de l’abbaye de Kaboul qui coûtera la vie à 13 militaires américains et à plus de 170 civils afghans.







