12 août -30 : mort de la reine d’Égypte Cléopatre.
Cléopâtre VII Philopator (en grec ancien Κλεοπάτρα Θεά Φιλοπάτωρ / Kleopátra Theá Philopátōr, « Cléopâtre la déesse qui aime son père », puis Θεά Νεωτέρα Φιλόπατρις / Theá Neōtéra Philópatris, « Déesse nouvelle qui aime sa patrie ») est une reine d’Égypte antique de la dynastie lagide née vers
Elle règne sur l’Égypte entre 51 et avec ses frères-époux Ptolémée XIII et Ptolémée XIV puis aux côtés du général romain Marc Antoine. Elle est célèbre pour avoir été la compagne de Jules César puis de Marc Antoine avec lesquels elle a eu plusieurs enfants. Partie prenante dans la guerre civile opposant Marc Antoine à Octave, elle est vaincue à la bataille d’Actium en Sa défaite permet aux Romains de mener à bien la conquête de l’Égypte, événement qui marque la fin de l’époque hellénistique.
Cléopâtre est un personnage dont la légende s’est emparée de son vivant même. Sa mort tragique n’a fait qu’ajouter au romanesque qui l’entoure et peut pour cette raison nuire à une approche objective de celle qui a été l’une des femmes les plus célèbres de l’Antiquité.

12 août 1687 : bataille de Mohács. Défaite turque.
La bataille de Mohács, livrée le , a opposé les Turcs de l’Empire ottoman, emmenés par le grand vizir Sari Süleyman Pacha, aux forces de l’armée impériale du Saint-Empire romain germanique sous Léopold 1er, empereur des Romains, commandées par Charles de Lorraine. La défaite des Turcs porta un coup d’arrêt définitif à l’expansion de l’empire ottoman en Europe.
Depuis la bataille du Kahlenberg en septembre 1683, les forces impériales ont pris l’initiative. Dans les années suivantes, l’armée commandée par Charles de Lorraine s’empare de plusieurs forteresses (telles que Esztergom, Vác et Pest) et, en 1686, reprend l’ancienne capitale hongroise de Buda. À la fin de l’année 1686, les Ottomans font des ouvertures de paix mais les Habsbourg voient désormais une chance de conquérir toute la Hongrie et ces offres sont rejetées.
En avril 1687, l’armée principale (d’environ 40 000 hommes) sous le commandement de Charles de Lorraine avance le long du Danube vers Osijek, sur la Drave, alors qu’une seconde armée (d’environ 20 000 hommes) dirigée par l’électeur de Bavière Maximilien-Emmanuel progresse le long de la Tisza en direction de Petrovaradin. Les deux armées font leur jonction au mois de juillet.
L’armée ottomane, quant à elle, commandée par le grand vizir Sari Suleyman Pacha, reste en position devant le principal point de traversée de la Drave, à Osijek, avec l’intention de le protéger. À la fin du mois de juillet, les Impériaux établissent une tête de pont sur les rives de la Drave et cherchent la bataille mais les Ottomans restent passifs et se satisfont de quelques bombardements d’artillerie.
À cause du terrain, Charles de Lorraine ne peut étudier le camp fortifié ottoman et décide d’attendre au lieu d’attaquer tout de suite malgré les critiques de ses subordonnés et de l’empereur Léopold 1er. Cette hésitation à attaquer est perçue par le grand vizir comme un signe de démoralisation des Impériaux et, au début du mois d’août, grâce à de brillantes manœuvres, il les contraint à descendre la Drave jusqu’à Mohács, en direction de la position fortifiée ottomane. Les Ottomans ont établi une autre position fortifiée au village de Darda, au nord d’Osijek, mais elle est cachée par la végétation touffue et donc hors de vue des Impériaux, qui ne suspectent pas la présence des Ottomans dans les alentours.
Au matin du , Charles V de Lorraine décide d’avancer vers Siklós, dont le terrain ferait un champ de bataille approprié. L’aile droite de l’armée Habsbourg se met en mouvement à travers une zone très boisée et le grand vizir voit là la chance qu’il attendait. Il donne l’ordre d’attaquer l’aile gauche des Impériaux, commandée par Maximilien-Emmanuel, et 8 000 sipahis de la cavalerie ottomane tentent de la contourner par la gauche. L’électeur de Bavière envoie immédiatement un messager à Charles de Lorraine, l’informant que son aile est menacée, et se prépare à résister à l’assaut des Ottomans deux fois supérieurs en nombre. L’infanterie impériale réussit à tenir ses positions et des régiments de cavalerie stoppent l’attaque des sipahis.
Le grand vizir est surpris de cette résistance inattendue et ordonne de cesser l’assaut. L’artillerie ottomane continue de bombarder les positions des Habsbourg mais l’infanterie impériale prend une position défensive derrière ses fortifications. Cette accalmie donne à l’aile droite des Impériaux le temps de revenir à son point de départ et Maximilien-Emmanuel et le margrave Louis-Guillaume de Bade-Bade persuadent Charles de Lorraine de lancer une contre-attaque à grande échelle. Vers 15 heures, l’armée impériale est prête à contre-attaquer mais c’est à ce moment que le grand vizir décide d’attaquer à nouveau. À nouveau, les sipahis soutiennent l’attaque frontale des janissaires en tentant de déborder l’aile adverse. L’infanterie du margrave de Bade résiste à l’assaut et lance une contre-attaque sur les fortifications ottomanes, contre-attaque emmenée par les troupes d’Eugène de Savoie-Carignan. La cavalerie ottomane est inefficace à cause du terrain difficile et la résistance des Turcs vacille, les conduisant bientôt à battre en retraite.
Une dense forêt empêche l’aile droite des Habsbourg de se mêler à l’action et, en tentant une manœuvre de contournement, les colonnes des Impériaux se perdent dans les bois. Malgré cela, l’aile gauche remporte la bataille quasiment à elle toute seule, la retraite ottomane se transformant en déroute. Les pertes des Impériaux sont très légères alors que celles des Ottomans sont estimées à environ 10 000 morts, outre celle de la majorité de leur artillerie (environ 66 canons). Les Impériaux se saisissent aussi de 160 drapeaux et de la splendide tente de commandement du grand vizir.
Après la bataille, l’empire ottoman connaît une grave crise et des mutineries éclatent parmi ses troupes. Le grand vizir, qui craint pour sa vie, fuit son armée pour gagner Constantinople où les nouvelles de la défaite et des mutineries arrivent début septembre. Un nouveau grand vizir est nommé mais, avant qu’il puisse prendre son commandement, l’armée ottomane se désintègre et les janissaires et les sipahis décident de rentrer à Constantinople de leur propre chef. Sari Suleyman Pacha est exécuté et Fazıl Mustafa Köprülü est nommé régent. Il consulte les leaders des janissaires et des sipahis ainsi que d’autres personnalités influentes de l’empire et, le , cette assemblée décide de déposer le sultan Mehmed IV et de placer sur le trône son frère, Suleiman II.
La désintégration de l’armée ottomane permet aux armées des Habsbourg de conquérir de larges territoires, notamment les villes d’Osijek, Petrovaradin, Sremski Karlovci, Ilok, Valpovo, Požega et Eger. La plus grande partie de la Slavonie et de la Transylvanie tombe sous contrôle impérial et, le , Léopold 1er obtient à la diète de Presbourg que les empereurs Habsbourg soient désormais également rois de Hongrie. Pendant un an, l’empire ottoman est paralysé et les impériaux s’emparent même de Belgrade en 1688, ville qu’ils reperdent deux ans plus tard.

Le vrai visage d’une bataille. Réflexions à propos de la
découverte d’une source inédite sur la campagne de 1687
en Hongrie à la Bibliothèque Nationale de France.
La Hongrie ottomane XVIe
-XVIIe
siècles. Introduction.
12 août 1759 : bataille de Kunersdorf (guerre de Sept Ans).
La bataille de Kunersdorf, qui a lieu le , pendant la guerre de Sept Ans, oppose l’armée prussienne, commandée par Frédéric II, aux armées russe et autrichienne. C’est une des pires défaites subies par la Prusse durant cette guerre. Le nom de la bataille se réfère à un village alors situé dans la marche de Brandebourg, aujourd’hui Kunowice, en Pologne, à environ 80 km à l’est de Berlin.
Pendant l’été 1759, l’armée russe, commandée par le maréchal Piotr Saltykov, traverse la Pologne pour venir à la rencontre de ses alliés autrichiens. Elle bat un contingent prussien à Kay le 23 juillet, puis fait sa jonction avec un contingent autrichien commandé par Ernst Gideon von Laudon, accompagné d’un envoyé militaire français, le marquis de Montalembert, à Kunersdorf, à l’est de Francfort-sur-l’Oder.
C’est la première fois que la coalition franco-austro-russe est en mesure de coordonner ses opérations contre Frédéric II. Les forces russes et autrichiennes, au total 65 000 hommes, sont nettement supérieures aux forces prussiennes.
Frédéric, qui a déjà personnellement affronté les Russes à Zorndorf (25 août 1758), se déclare résolu à les écraser « pour leur faire perdre l’envie de mettre à l’avenir le pied dans son pays et de le ravager. »
La bataille dure toute la journée avec des pertes considérables de part et d’autre.
Un mouvement tournant des Prussiens échoue et leur attaque n’atteint que la plus petite partie des lignes adverses.
Au cours de cette bataille, Frédéric II n’échappe à la capture que grâce au commandant d’escadron Joachim Bernhard von Prittwitz. Découragé par la perte ou la fuite de ses meilleurs soldats, le roi se serait écrié : « N’y aurait-il pas un maudit boulet qui puisse m’atteindre ? ». Il perd 20 000 à 25 000 hommes (40 % de son armée) dont 6 271 tués. Cependant, beaucoup de ses hommes dispersés après la bataille, rallieront l’armée par la suite.
Cette victoire ouvre aux alliés la route de Berlin, d’autant plus que l’armée principale autrichienne commandée par le maréchal von Daun est en train de repousser les Prussiens de l’électorat de Saxe, conquis par Frédéric en 1756. Celui-ci, ne croyant plus possible de résister en Saxe, ordonne au commandant de la garnison de Dresde de se préparer à évacuer la ville avec son trésor de guerre, ce qui a lieu le après un court siège.
Dans une lettre du 1er à son frère Henri, Frédéric qualifie de « miracle » l’inaction de ses adversaires dans la région de Berlin. Il échappe au pire grâce à la mésentente des coalisés : Saltykov est mécontent de la prudence de von Daun qui, après la défaite d’un de ses contingents à Hoyerswerda (25 septembre), se replie à Dresde au lieu de rejoindre les Russes sur l’Oder.
Il y a aussi des problèmes de ravitaillement : les Autrichiens ne sont pas en mesure de tenir leur promesse de ravitailler leurs alliés russes dans un pays ravagé, aussi l’armée russe souffre bientôt de la disette.
Les Autrichiens conservent tout de même Dresde que Frédéric II tentera vainement de reprendre l’année suivante (siège de Dresde, juillet 1760).

12 août 1857 : création de la médaille de Sainte-Hélène.
Le 12 août 1857, un décret impérial de Napoléon III institue la médaille de Sainte-Hélène. En deux articles d’une brièveté remarquable, le texte crée une distinction destinée à tous les militaires, français et étrangers, ayant servi sous les drapeaux de la France entre 1792 et 1815. 42 ans après Waterloo, la Deuxième Empire honore ainsi ce qu’il reste de la Grande Armée : environ 400 000 vieillards, paysans, artisans, journaliers ou officiers généraux, réunis par un même ruban vert rayé de rouge.
L’événement dépasse de loin l’anecdote phaléristique. La médaille de Sainte-Hélène est la première médaille commémorative française, c’est-à-dire la première décoration attribuée non pour un mérite individuel mais pour la simple participation à une période de guerre. Elle inaugure une famille de distinctions qui deviendra, jusqu’au XXᵉ siècle, l’un des instruments ordinaires de la mémoire militaire française. Elle est aussi, et peut-être surtout, un acte politique : la mise en scène par un neveu de la continuité dynastique avec son oncle.

L’origine de la médaille se trouve dans un texte dicté à Longwood en avril 1821, quelques semaines avant la mort de Napoléon Iᵉʳ. Le testament impérial comporte trois parties, dont la troisième est un acte de reconnaissance envers ceux qui, de 1792 à 1815, avaient combattu « pour la gloire et l’indépendance de la France ». L’Empereur leur lègue la moitié de son patrimoine privé, qu’il évalue alors à quelque 200 millions de francs ; une somme qu’il estimait avoir économisée sur sa liste civile.
Ce legs restera lettre morte. La Restauration n’a aucune intention d’exécuter les volontés du proscrit ; les fonds supposés n’existent pas sous la forme espérée, et ce qui pouvait en subsister a rejoint le Trésor public. Pendant plus de trois décennies, des légataires putatifs multiplient les démarches et les procès, sans résultat tangible.
Entre-temps, les vétérans s’organisent d’eux-mêmes. Sous la monarchie de Juillet puis sous la République, les « vieux de la Vieille » — que l’on surnomme parfois les « vieux débris » — se regroupent en sociétés de frères d’armes, entretiennent le culte de l’Empereur et vont jusqu’à se décerner des médailles commémoratives officieuses, sans valeur légale mais chargées de sens. Le retour des cendres, en décembre 1840, avait montré la force de cette mémoire collective.
Un dernier élément achève de rendre la création nécessaire. Pendant la guerre de Crimée (1854-1856), les soldats français reçoivent, avec l’autorisation de Napoléon III, les médailles commémoratives britanniques de Crimée et de la Baltique. Le contraste est saisissant : le Royaume-Uni sait honorer collectivement ses combattants, la France non. Elle ne dispose alors d’aucune médaille remise à tous les participants d’une campagne donnée.
Le contexte politique de 1857
Le choix de la date n’a rien de fortuit. En 1857, le Second Empire est à son apogée : la guerre de Crimée s’est achevée sur le congrès de Paris (1856), la naissance du Prince impérial (1856) a assuré la dynastie, et les élections législatives de juin 1857 ont confirmé la domination des candidats officiels. Le régime peut se permettre un geste symbolique de grande ampleur.
Trois enjeux se superposent dans la création de la médaille.
- Un enjeu dynastique. En exécutant, fût-ce symboliquement, une clause du testament de Napoléon Ier, Napoléon III se pose en héritier légitime et en exécuteur testamentaire de son oncle. La médaille règle une succession morale restée ouverte depuis 1821.
- Un enjeu national. En fixant le point de départ à 1792 – l’année de Valmy et de la proclamation de la République – et non à 1804, le décret inscrit l’Empire dans la continuité de la Révolution française. Les soldats de l’An II et ceux de Waterloo sont mis sur le même plan. C’est une manière de rallier au régime des sensibilités bien au-delà des seuls bonapartistes.
- Un enjeu international. La médaille est accordée aux étrangers comme aux Français. Belges, Néerlandais, Polonais, Italiens, Allemands, Danois, Suisses : tous ceux qui ont porté l’uniforme français y ont droit. La France impériale rappelle ainsi discrètement à l’Europe l’ampleur de son ancien rayonnement, et s’attache des fidélités hors de ses frontières.
Le décret du 12 août 1857
Le décret est signé le 12 août 1857 et publié dès le lendemain au Moniteur, avant son insertion au Bulletin des lois de l’Empire français (bulletin 535, n° 4893). Son considérant énonce la volonté de l’Empereur d’« honorer par une disposition spéciale les militaires qui ont combattu sous les drapeaux de la France dans les grandes guerres de 1792 à 1815 ».
Le dispositif tient en deux articles :
Art. 1. — Une médaille commémorative est donnée à tous les militaires français et étrangers des armées de terre et de mer qui ont combattu sous nos drapeaux de 1792 à 1815.
Art. 2. — Notre ministre d’État et le grand chancelier de la Légion d’honneur sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera inséré au Bulletin des lois.
Les deux exécutants désignés sont Achille Fould, ministre d’État, et le général Anne Charles Lebrun, duc de Plaisance, grand chancelier de la Légion d’honneur — ce qui place l’instruction des dossiers et la délivrance des brevets sous l’autorité de la Grande Chancellerie.
Quatre caractéristiques méritent d’être soulignées :
- Aucune durée de service minimale n’est exigée, ni aucune participation à une campagne précise : avoir servi suffit.
- Aucune hiérarchie : la médaille est identique pour le maréchal et pour le fantassin. C’est une distinction égalitaire, ce qui la distingue radicalement des ordres de chevalerie.
- Aucune attribution à titre posthume : seuls les survivants au jour du décret sont concernés.
- L’ouverture aux étrangers, expressément mentionnée à l’article 1.
La remise s’accompagnait d’un ensemble complet :
- une boîte en carton, au couvercle recouvert d’un papier blanc glacé portant en relief l’aigle impérial et l’inscription « AUX COMPAGNONS DE GLOIRE DE NAPOLÉON 1er — DÉCRET DU 12 AOÛT 1857 » ;
- un brevet (ou diplôme) d’environ 29 × 19 cm, reproduisant l’avers de la décoration, indiquant les nom, prénoms, grade et unité du titulaire, revêtu du timbre sec de la Grande Chancellerie et de la signature du grand chancelier ;
- un récépissé que le récipiendaire devait signer à la réception.
Contrairement à ce que l’on imagine parfois, la médaille n’a pas été distribuée d’office : elle devait être demandée.
- La demande en mairie. L’ancien militaire se présente à la mairie de sa commune (au bourgmestre à l’étranger, en Belgique notamment) et dépose les pièces justificatives.
- La preuve du service. Il faut produire un document émanant des autorités militaires : livret militaire, congé définitif ou de réforme, mémoire de proposition de retraite. Cette exigence, quarante ans après les faits, s’est révélée redoutable ; ceux qui avaient perdu leurs papiers — incendie, déménagement, guerre — se voyaient écartés, quelle qu’ait été leur campagne.
- La vérification. Les états de service sont contrôlés en mairie, puis transmis par la préfecture au ministère de la Guerre (ou de la Marine).
- La délivrance. La Grande Chancellerie de la Légion d’honneur expédie le brevet ; les préfets organisent la distribution.
Pour les étrangers, les demandes transitent par les administrations communales, puis par les légations françaises. En Belgique, où l’on estime à 175 000 le nombre d’hommes ayant servi sous les drapeaux de la République et de l’Empire, quelque 14 000 à 15 000 médaillés sont recensés ; ils devaient en outre obtenir du roi Léopold Ier l’autorisation légale de porter une décoration étrangère. Des listes furent publiées au Moniteur belge. Des médailles partirent également vers la Hollande, la Pologne, l’Allemagne et l’Italie.
Fait notable : des femmes furent médaillées. Cantinières, vivandières, blanchisseuses ayant suivi les armées présentèrent des demandes, et Napoléon III ordonna d’y faire droit dès lors que les titres étaient en règle. On connaît ainsi le cas de Marie Somers, qui avait servi dix ans au 9ᵉ hussards pendant la guerre d’Espagne, ou celui de Philippine Charlotiaux, faite prisonnière comme vivandière lors de la campagne de Russie de 1812.
Le décret du 12 août est calculé pour tomber trois jours avant le 15 août, jour de la Saint-Napoléon et fête nationale du Second Empire, anniversaire de la naissance de Napoléon Ierʳ.
Ce jour-là, à treize heures, Napoléon III remet lui-même la médaille à son oncle Jérôme Bonaparte, dernier frère survivant de l’Empereur, roi de Westphalie et combattant de Waterloo. Reçoivent également la décoration parmi les tout premiers : le maréchal Vaillant, ministre de la Guerre, les maréchaux Magnan, Pélissier et Baraguey d’Hilliers, l’amiral Hamelin, ministre de la Marine, le général d’Ornano, gouverneur des Invalides, ainsi que de nombreux officiers généraux et amiraux. À l’autre extrémité de l’échelle sociale figurent des figures devenues célèbres de la troupe, tel le capitaine Coignet, mémorialiste de la Grande Armée.
En province, les remises donnent lieu à des cérémonies soigneusement orchestrées tout au long de l’automne 1857 et de l’année 1858 : rues pavoisées, cortège derrière la fanfare des pompiers, discours du maire devant l’hôtel de ville, banquet et illuminations en clôture. Pour des communes rurales, c’est l’un des grands moments de la vie collective du siècle.
L’essentiel des attributions se concentre entre l’automne 1857 et juin 1858, avec des cas résiduels en 1859 et des délivrances tardives jusque vers 1870.
Combien de récipendaires ?
Le chiffre le plus souvent avancé est d’environ 405 000 ; parfois décomposé en quelque 350 000 Français et 55 000 étrangers, d’autres estimations retenant plutôt 305 000 Français. Ces écarts s’expliquent par une catastrophe : dans la nuit du 23 au 24 mai 1871, pendant la Commune, l’incendie de l’hôtel de Salm, siège de la Grande Chancellerie de la Légion d’honneur, détruit l’ensemble des registres des décorations conférées sous le Second Empire. La liste officielle des médaillés de Sainte-Hélène a disparu.
Il ne subsiste donc que des sources dispersées : les fonds des archives départementales, principalement dans les séries M (distinctions honorifiques) et R (affaires militaires), les listes publiées dans la presse locale, les registres communaux. Depuis 1999, un vaste projet bénévole de dépouillement reconstitue cette liste perdue ; la base de données ainsi constituée dépasse aujourd’hui les 200 000 noms et couvre également la Belgique, le Luxembourg et le Danemark. Elle constitue une source généalogique de premier ordre, souvent riche en détails sur les campagnes, les blessures, la taille, la couleur des yeux ou la situation familiale des intéressés.
Qui sont-ils ? Les plus jeunes sont quinquagénaires — enfants de troupe ou conscrits de 1815 ; beaucoup sont des octogénaires, et l’on cite un vétéran vosgien décoré à 94 ans. Socialement, l’éventail est complet : paysans, artisans, commerçants, ouvriers, professions libérales, notables. Pour la plupart d’entre eux, très modestes, la médaille arborée à la boutonnière devient la principale marque de reconnaissance sociale : jusqu’en 1871, la mention « décoré de la médaille de Sainte-Hélène » est fréquemment ajoutée aux actes de décès.
En créant la première médaille commémorative française, le décret du 12 août 1857 ouvre une série ininterrompue : médaille de la campagne d’Italie (1859), du Mexique, de Chine, puis, au XXe siècle, les innombrables médailles commémoratives des guerres mondiales et des opérations extérieures. Le principe d’un insigne identique pour tous les participants d’un conflit est devenu aujourd’hui une évidence ; il ne l’était pas avant 1857.
12 août 1920 : la Marine nationale reçoit deux dirigeables allemands Zeppelin.
Ils sont rebaptisés « Dixmude » et « Méditerranée ». Ces géants des airs, dommages de guerre issus du traité de Versailles, sont armés par un équipage de marins répartis en état-major, pilotes, arrimeurs, mécaniciens et radios.
Le « Dixmude » est un dirigeable rigide Zeppelin LZ114 d’une longueur de 226,5 m, diamètre 24 m et volume d’environ 68 500 m³. Propulsé par six moteurs Maybach de 260 chevaux, il peut naviguer jusqu’à 120 km/h avec une autonomie portée à plus de 160 heures. Son équipage compte 39 marins. Le second, « Méditerranée » (LZ121 Nordstern), plus petit, mesure 130 m et un volume de 22 500 m³. Les deux sont exploités à la base aéronautique de Cuers-Pierrefeu (Var), équipée de hangars spécifiques, d’usines à hydrogène et de camps pour leur entretien et ravitaillement.
Le « Dixmude », est mis en service à Cuers en 1923 après des lenteurs dues à des restrictions budgétaires et des difficultés techniques. Sous le commandement du lieutenant de vaisseau Jean du Plessis de Grenédan, il réalise plusieurs vols d’essai et raids remarquables, dont un record de distance de 7 200 km en 118 heures. Sa carrière est tragiquement interrompue le 21 décembre 1923 quand, revenant d’une mission au-dessus du Sahara, il est frappé par la foudre lors d’un orage au large de la Sicile et s’abîme en mer, causant la mort de 50 personnes dont l’équipage de 39 marins.
Le « Méditerranée », plus modeste, est surtout utilisé pour l’instruction et les exercices de la Marine, n’ayant pas la même envergure opérationnelle que le Dixmude. Il assure des missions de formation pour l’équipage et devient un élément d’apprentissage de l’aéronautique navale. Contrairement au Dixmude, son histoire opérationnelle est moins marquée par des exploits, mais il joue un rôle important dans le développement des compétences liées aux dirigeables au sein de la Marine française jusqu’en 1926.
Ces dirigeables, symboles d’ambition et d’innovation, furent aussi un défi colossal : entre coûts d’entretien élevés, production complexe d’hydrogène et aléas météo, ils marquèrent l’apogée puis le déclin des dirigeables dans la Marine, au profit d’aéronefs plus modernes et fiables.
Source : Romain GRAND / LinkedIn

12 août 1944 : Alençon est la première ville libérée des Français (2e DB).
- Le 1er août 1944, le 2e DB de Leclerc débarque à Utah Beach.
- Le 9, elle arrive au Mans puis livre la bataille dans la région de Mortain-Falaise.
- Le 12, elle entre dans Alençon.


12 août 1950 : massacre de Masan (Guerre de Corée).
Fin juillet 1950, un mois après l’invasion du Sud par les forces nord-coréennes, les troupes des Nations unies et sud-coréennes sont refoulées dans le réduit de Pusan, à l’extrémité sud-est de la péninsule. Le corridor Chinju-Masan, borné au sud par le détroit de Corée et au nord par la rivière Nam, constitue l’axe d’approche le plus direct vers Pusan ; c’est là que le général Walton Walker, commandant la VIIIe armée, concentre les renforts qui débarquent alors en Corée, notamment le 5e Regimental Combat Team et la 1re brigade provisoire de Marines. Le 6 août, la VIIIe armée émet la directive opérationnelle d’une attaque confiée à la Task Force Kean (du nom du général de division William B. Kean, commandant la 25e division d’infanterie) forte d’environ 20 000 hommes, avec pour objectif de s’emparer du col de Chinju et d’atteindre la ligne de la rivière Nam.
L’offensive, déclenchée le 7 août, se heurte frontalement à une attaque lancée au même moment par la 6e division nord-coréenne, dont les effectifs, renforcés par le 83e régiment motorisé de la 105e division blindée, avoisinent 7 500 hommes.
Un fond de vallée exposé
Pongam-ni est alors un ensemble d’une vingtaine de huttes à murs de terre et toit de chaume, groupées autour d’un carrefour, à quelques centaines de mètres du village de Taejong-ni. Une crête tenue par les Nord-Coréens domine la route au nord ; un sentier de terre descend du secteur minier de Tundok, dans le massif du Sobuk-san.Le 10 août, l’artillerie d’appui du 5e RCT s’installe dans le lit du cours d’eau et les terrains bas des deux villages : la batterie A du 555e bataillon d’artillerie de campagne sous le pont de béton, la batterie B le long de la berge, la batterie de commandement dans le village ; le 90e bataillon d’artillerie de campagne, moins une batterie, prend position sur la rive ouest.
Le 555e est équipé d’obusiers de 105 mm, le 90e d’obusiers de 155 mm. Après les combats de la nuit du 10 au 11 août, le colonel Godwin Ordway, commandant le 5e RCT, estime qu’il ne peut pas faire franchir le col à ses trains et à son artillerie de jour et prévoit de le faire à la faveur de l’obscurité. Vers 21 h 00, un ordre écrit de la 25e division lui prescrit au contraire de faire passer immédiatement le 2e bataillon et une seule batterie, et de maintenir le reste en place jusqu’au jour. Ordway tente sans succès de joindre l’état-major divisionnaire pour protester, puis exécute l’ordre.
Le général Kean ne paraît pas croire à la présence de forces ennemies importantes dans le secteur, malgré les informations contraires transmises par Ordway.Après 1 heure du matin le 12 août, le 1er bataillon perd le contact avec sa compagnie C, déployée sur la crête nord. Les agents de liaison envoyés ne la retrouvent pas, l’équipe de pose de ligne disparaît, et des fusées éclairantes sont observées dans son secteur. Vers 04 h 00, Ordway décide finalement de faire sortir les trains et l’artillerie malgré l’ordre divisionnaire. Un embouteillage se forme : une ambulance embourbée dans un fossé bloque la colonne, et le franchissement, qui aurait dû prendre 20 minutes, dure des heures.
L’attaque de l’aube
Peu après le lever du jour, l’infanterie du 13e régiment nord-coréen encercle les positions d’artillerie et attaque sur trois côtés. Des chars et des canons automoteurs, descendus par le sentier venant du nord, tirent à courte distance sur le village et les pièces : le retrait, non expliqué, d’une section de chars et d’un peloton d’infanterie qui gardaient cet axe leur a permis d’approcher sans être détectés. Les emplacements du 555e sont à découvert ; ceux du 90e sont partiellement protégés par le relief. Le 90e ne peut abaisser suffisamment ses obusiers de 155 mm pour engager les blindés. Trois obusiers de 105 mm continuent de tirer plusieurs heures après l’aube, peut-être jusqu’à 09 h 00, avant que les positions du 555e ne soient submergées. Des Corsairs interviennent dès le lever du jour, sans liaison radio avec le sol, suivi de chasseurs F-51 de l’armée de l’air. La position devient malgré tout intenable vers 09 h 00 ; les survivants du 90e chargent leurs blessés sur les rares camions en état et se replient à pied.
Deux bataillons envoyés en renfort (le 3e bataillon du 5e Marines et le 3e bataillon du 24e régiment d’infanterie) n’atteindront pas les positions perdues ; le second s’arrête à quatre kilomètres.
Les exécutions et la découverte des corps
Le massacre proprement dit n’a été établi qu’a posteriori, par la découverte des corps lors de la reprise du terrain. Cinq semaines après l’attaque, la 25e division, revenue à Taejong-ni, trouve dans une maison les corps de 55 hommes du 555e bataillon. Dans le même laps de temps, les corps de 20 hommes du 90e bataillon sont retrouvés, tous tués d’une balle dans la tête. Ce sont ces deux découvertes, totalisant 75 morts, qui fondent le décompte des prisonniers exécutés retenu par l’historiographie ultérieure, qui l’attribue aux hommes du 13e régiment de la 6e division de l’Armée populaire de Corée.
Le bilan d’ensemble est plus lourd. Le 555e perd les 8 obusiers de 105 mm de ses deux batteries de tir, le 90e les 6 obusiers de 155 mm de sa batterie A. Le lendemain, seuls 20 % des effectifs du 555e sont présents ; le bataillon estime alors ses pertes à 75 à 100 tués sur les positions de tir et 80 blessés. Le 90e compte 10 tués, 60 blessés et une trentaine de disparus, soit plus de la moitié des hommes présents de ses batteries de commandement et A. Le 1er bataillon du 5e RCT ne retrouve que 23 rescapés sur les 180 hommes de sa compagnie C. Le site reçoit des soldats américains le nom de « Bloody Gulch », le ravin sanglant. Le communiqué nord-coréen du 12 août, réentendu depuis Moscou, revendique de manière très exagérée la destruction ou la capture de 13 chars et de 157 véhicules.
La Task Force Kean, qui n’a pas atteint ses objectifs, est dissoute par message radio le 16 août.
L’affaire, conjuguée au massacre de la colline 303 commis quelques jours plus tard, conduit le général Douglas MacArthur à diffuser le 20 août un message radio à destination de l’armée nord-coréenne, relayé par des tracts largués par l’US Air Force, dans lequel il annonce qu’il tiendra les responsables militaires nord-coréens pénalement comptables de ces actes. Fin 1953, une commission du Sénat américain examine jusqu’à 1 800 incidents signalés comme crimes de guerre pendant le conflit ; le gouvernement américain conclut à des violations des conventions de Genève.
Sur la question des ordres, les sources disponibles vont dans le sens de tueries non commandées par le sommet. Les historiens s’accordent sur l’absence d’éléments indiquant que le haut commandement nord-coréen ait autorisé l’exécution de prisonniers dans la première phase de la guerre ; ces actes sont attribués à des unités mal contrôlées, à des individus, ou à des situations désespérées. Un ordre du 28 juillet 1950, signé de Kim Chaek et de Choe Yong-gon, interdisait explicitement de tuer les prisonniers, et un ordre de la section politique de la 2e division nord-coréenne daté du 16 août rappelle aux unités le devoir de faire des prisonniers et de les traiter correctement.
La reconstitution de référence reste celle de l’historien officiel de l’US Army, Roy E. Appleman, publiée en 1961. Celui-ci indique n’avoir pas retrouvé, malgré des recherches approfondies, les journaux de marche, comptes rendus et archives du 5e Regimental Combat Team et du 555e bataillon d’artillerie pour le mois d’août 1950, et s’appuie en partie sur la correspondance et les commentaires d’officiers ayant participé à l’action. Il note lui-même que les pertes du 555e n’ont jamais été calculées avec exactitude. Les circonstances exactes de la mise à mort des 55 hommes retrouvés dans la maison de Taejong-ni (moment, modalités, identité de l’unité) ne sont pas documentées par une source contemporaine directe ; les récits ultérieurs qui décrivent une exécution à la mitrailleuse dans le bâtiment vont au-delà de ce qu’établit le rapport officiel.
12 août 1953 : l’URSS fait exploser sa première bombe H.
RDS-6, le premier essai soviétique d’une bombe à hydrogène, eut lieu le . Il fut surnommé « Joe 4 » par les Américains. Elle utilisait une conception en millefeuille de combustibles de fission et de fusion (uranium 235 et deutérure de lithium 6) et développa une puissance de 400 kilotonnes, principalement due aux réactions de fission plutôt qu’à partir de celles de la fusion.
Dans ce type d’engin, on rajoute pour l’« enrichir » (en améliorer la puissance en la dopant) un mélange gazeux d’isotopes hydrogène, du deutérium et du tritium, en couches. L’apport de l’hydrogène permet de fissionner plus efficacement le plutonium et d’augmenter la puissance de la bombe, de 2,5 à 5 fois. Ou vu autrement, de diviser par deux la masse de plutonium nécessaire (sans aller au-dessous du minimum de la masse critique).
Étant construite comme une bombe à un étage, elle ne peut être pleinement définie comme une bombe H.
L’explosion de cette bombe a été équivalent à 400 kt de TNT. Les bombes H à étages dépassent la mégatonne.
« Joe-4 » suscita des inquiétudes au sein du gouvernement et de l’armée américains car, contrairement à « Mike », l’engin soviétique était une arme lancinante, dont les États-Unis ne disposaient pas encore. Ce premier engin, cependant, n’était sans doute pas une véritable bombe à hydrogène et ne pouvait atteindre que des puissances explosives de plusieurs centaines de kilotonnes (sans jamais atteindre la puissance de plusieurs mégatonnes d’une arme à étages). Il n’en restait pas moins un puissant outil de propagande pour l’Union soviétique, et les différences techniques étaient assez subtiles pour l’opinion publique et les responsables politiques américains. Moins d’un an après l’explosion de « Mike », « Joe-4 » semblait valider les affirmations selon lesquelles les bombes étaient inévitables et donner raison à ceux qui avaient soutenu le développement du programme de fusion.

12 août 1986 : lancement de l’opération Meltem (Liban).
À l’été 1986, le Liban s’enfonce de plus en plus dans la guerre civile. Seule la France continue de remplir ses engagements au Sud-Liban en y maintenant une force d’interposition.
Au début du mois d’août, les milices du Hezbollah attaquent et encerclent les positions du 9e RCP. Si les parachutistes maintiennent leur dispositif, ils demeurent bloqués dans leurs postes. Pour les désengager la France met sur pied un groupement aéronaval. Le 12 août le 5e RHC et le 4e RHCM sont mis en alerte pour former un détachement hélicoptères, qui à partir de la mer, se voit confier la mission d’extraire les éléments français de la FINUL.
Fin août ce détachement, placé sous le commandement du lieutenant-colonel LADEVEZE, qui comprend 7 Puma, 6 Gazelle et une centaine d’hommes, rejoint le porte-avions Foch, armé en version mixte (avions/hélicoptères), qui prend la mer à destination du Liban.
Début septembre la tension décroit sur zone, les postes français peuvent être débloqués. Cependant, la situation demeurant toujours très tendue, le gouvernement français maintient le déploiement du groupe aéronaval.
Fin septembre le détachement est scindé en deux, les GAZELLE aux ordres du chef de bataillon RICHARD quittent le porte-avions pour rejoindre le TCD Ouragan.
Mi-octobre la conjoncture redevenant plus calme au Sud-Liban la France met fin à l’opération Meltem. Le porte-avions, le TCD et le détachement hélicoptères rentrent en France à la fin du mois d’octobre 1986.
Source : ALAT.FR
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