19 août 14 : mort d’Auguste à Nola (Campanie).
Le premier empereur romain s’éteint dans la maison de son père, à Nola, à l’âge de 75 ans, au terme de quarante et un ans de pouvoir personnel. Malade depuis son départ de Rome, il avait accompagné Tibère jusqu’en Campanie avant de s’arrêter, laissant à son beau-fils un empire dont les frontières venaient d’être arrêtées sur le Rhin et le Danube.
Le bilan militaire du principat est ambigu : achèvement de la conquête de l’Hispanie, annexion de la Rhétie, du Norique et de la Pannonie, restitution négociée des enseignes perdues par Crassus à Carrhes, mais aussi désastre de Varus dans le Teutoburg en 9, qui coûte trois légions et fixe durablement la limite germanique. Auguste laisse à ses successeurs une armée permanente de vingt-cinq légions, une flotte stationnée à Misène et Ravenne, et le conseil, rapporté par Tacite, de ne plus étendre l’Empire.
Le 19 août est une date répétée dans sa carrière : c’est le jour de 43 av. J.-C. où, âgé de 19 ans et à la tête de ses légions marchant sur Rome, il s’était fait attribuer son premier consulat, prélude à la constitution du second triumvirat.

19 août 1153 : capitulation d’Ascalon (royaume de Jérusalem).
Après près de sept mois de blocus commencé le 25 janvier, la garnison fatimide et les habitants d’Ascalon obtiennent du roi Baudouin III une capitulation honorable et évacuent la place avec leurs biens, escortés jusqu’à El-Arich par les troupes royales. Le roi y fait son entrée quelques jours plus tard.
Le siège avait été mené avec le concours des Templiers de Bernard de Tramelay et des Hospitaliers de Raymond du Puy, une flottille de quinze galères assurant le blocus maritime jusqu’à l’arrivée d’une escadre égyptienne de secours. Une brèche ouverte à la mi-août par l’incendie d’une tour roulante avait donné lieu à un assaut prématuré au cours duquel le maître du Temple et une quarantaine de ses chevaliers avaient été tués.
La prise du dernier bastion fatimide de Palestine ferme la façade maritime du royaume et lui ouvre la route de l’Égypte, qui sera l’axe de sa politique offensive pendant deux décennies. Saladin reprendra la ville le 4 septembre 1187.
19 août 1691 : bataille de Slankamen (guerre austro-turque de 1683-1699).
Sur le mont Mihaljevac, en Syrmie, au nord-ouest de Belgrade, le margrave Louis-Guillaume de Bade, dit Türkenlouis, attaque avec une vingtaine de milliers d’Impériaux appuyés par environ 10 000 miliciens serbes de Jovan Monasterlija l’armée du grand vizir Köprülü Fazıl Mustafa Pacha, retranchée et sensiblement supérieure en nombre.
L’affaire est disputée et coûteuse : Louis-Guillaume, d’abord en difficulté, fait basculer une partie de son dispositif sur le flanc ottoman. La mort du grand vizir, tué d’une balle en pleine bataille, provoque la dislocation de son armée, qui abandonne son artillerie et son trésor de campagne. Les pertes cumulées approcheraient 25 000 hommes.
La victoire stabilise le front hongrois au moment où l’Empire doit faire face à la France sur le Rhin, où Louis-Guillaume est aussitôt transféré. Elle prépare la décision obtenue par le prince Eugène à Zenta en 1697 et la paix de Karlowitz en 1699.
19 août 1745 : levée de l’étendard des Stuarts à Glenfinnan (Écosse).
Débarqué trois semaines plus tôt aux Hébrides avec sept compagnons, Charles-Édouard Stuart fait déployer la bannière de son père en tête du loch Shiel, où l’ont rejoint environ 1 200 hommes des clans Cameron et MacDonald. Le marquis de Tullibardine y lit la proclamation faisant de Jacques III le roi légitime.
Faute des renforts et des subsides français attendus, le soulèvement repose sur les clans des Highlands. Il enlève Édimbourg le 17 septembre, bat les troupes de Cope à Prestonpans le 21, puis pousse jusqu’à Derby en décembre avant de refluer. La répression qui suit Culloden, le 16 avril 1746, met fin au système clanique et à toute perspective de restauration jacobite.
19 août 1759 : bataille de Lagos (guerre de Sept Ans).
Deuxième journée de la poursuite engagée la veille au large du cap Saint-Vincent. L’escadre de Toulon de M. de La Clue-Sabran, qui cherchait à gagner Brest pour y concourir au projet de débarquement en Angleterre, a été surprise au sortir du détroit par la flotte de l’amiral Boscawen, sortie de Gibraltar.
Dans la nuit, 4 vaisseaux français se réfugient sur la côte portugaise, dans la baie de Lagos. Boscawen y viole la neutralité du Portugal : l’Océan, vaisseau amiral échoué, et le Redoutable sont incendiés, le Téméraire et le Modeste enlevés. La Clue, grièvement blessé, est débarqué et meurt peu après.
Avec la destruction de l’escadre de Brest à la baie de Quiberon le 20 novembre suivant, l’affaire ruine le plan de descente en Angleterre et laisse la Royal Navy maîtresse des communications maritimes vers le Canada et les Antilles.
19 août 1772 : coup d’État de Gustave III (Suède).
Le roi, monté sur le trône l’année précédente, rassemble à Stockholm les officiers de la garde et de la garnison, leur fait prêter un serment personnel, fait arrêter le Conseil du royaume et cerner la Diète, sans effusion de sang. L’opération, préparée avec l’appui financier et diplomatique de la France, avait été précédée d’une manœuvre de diversion montée en Scanie et en Finlande.
Le 21 août, la Diète adopte sous la contrainte une nouvelle constitution qui restaure l’autorité royale et met fin à l’« ère de la Liberté », 50 ans de prépondérance parlementaire et de lutte entre les partis des Chapeaux et des Bonnets. Gustave III sera mortellement blessé par un conjuré lors d’un bal masqué en mars 1792.
19 août 1782 : combat de Blue Licks (guerre d’Indépendance américaine).
Sur la Licking River, dans l’actuel Kentucky, environ 180 miliciens lancés à la poursuite d’un parti de raid franchissent la rivière malgré l’avis de Daniel Boone, qui redoutait une embuscade. Ils tombent sur les rangers loyalistes du capitaine William Caldwell et sur quelque 300 guerriers indiens embusqués dans les ravins.
L’engagement dure quelques minutes : environ 70 miliciens sont tués, dont Israel Boone, fils de Daniel. L’affaire est régulièrement présentée comme la dernière bataille de la guerre d’Indépendance ; elle en est en réalité le dernier engagement notable à l’ouest des Appalaches, les combats se poursuivant jusqu’à la fin août en Caroline du Sud, dix mois après la capitulation de Cornwallis à Yorktown.
19 août 1812 : combat de Valoutina Gora, dit de Lubino (campagne de Russie).
Au lendemain de l’évacuation de Smolensk, Napoléon tente de couper la retraite de Barclay de Tolly en lançant le 3e corps de Ney et le 8e corps westphalien de Junot sur la route de Moscou. L’arrière-garde russe de Toutchkov, adossée au ravin de la Kolodnia, tient toute la journée sur un front étroit.
Junot, arrivé sur le flanc russe, n’engage pas ses divisions malgré les injonctions de Murat ; l’occasion opérationnelle est perdue. Les pertes s’établissent autour de 6 000 hommes de chaque côté. Le général Toutchkov est fait prisonnier ; côté français, le général Gudin, commandant la 3e division, a la jambe emportée par un boulet et meurt trois jours plus tard à Smolensk. Napoléon décidera peu après de poursuivre sa marche sur Moscou.
19 août 1812 : combat de l’USS Constitution contre le HMS Guerriere (guerre anglo-américaine).
À quelque 600 milles à l’est de Boston, la frégate américaine de 44 canons commandée par le capitaine Isaac Hull rencontre la frégate britannique de 38 canons du capitaine James Dacres. Après une phase d’approche sous le feu, Hull vient au contact et engage à demi-portée de pistolet.
En une trentaine de minutes, le Guerriere est démâté et réduit à l’état d’épave ; il est incendié le lendemain, faute de pouvoir être ramené au port. Les pertes britanniques dépassent la quinzaine de tués et une soixantaine de blessés, contre sept tués côté américain.
L’épisode, où des boulets britanniques auraient rebondi sur la muraille en chêne vert de la frégate, vaut au Constitution son surnom d’Old Ironsides. Sans portée stratégique, la victoire a un effet moral considérable aux États-Unis après l’échec de l’invasion du Canada et la capitulation de Détroit.
19 août 1914 : bataille de Dornach et deuxième prise de Mulhouse (bataille des Frontières).
Reprenant l’offensive en Haute-Alsace après le repli du 10 août, l’armée d’Alsace du général Pau attaque la ligne de l’Ill avec le 7e corps d’armée. La résistance allemande se cristallise à Dornach, faubourg de villas, de jardins et de murs de clôture transformés en points d’appui, que la 14e division enlève à l’assaut avec les 35e, 42e, 44e et 60e régiments d’infanterie et les sapeurs du 4e génie, après une préparation d’artillerie dirigée par le colonel Nivelle.
Les troupes françaises entrent dans Mulhouse en fin d’après-midi pour la seconde fois en quinze jours, puis se retranchent au-delà, vers Lutterbach et Modenheim. Les pertes se comptent par centaines de part et d’autre ; le général Plessier, blessé, mourra à Lyon.
L’échec de l’offensive de Lorraine conduit Joffre à disloquer dès le 22 août l’armée d’Alsace, dont les grandes unités partent pour la Somme et Paris. Mulhouse est évacuée le 25 août ; les troupes françaises n’y reviendront que le 17 novembre 1918.
19 août 1915 : torpillage de l’Arabic et affaire du Baralong (guerre sous-marine).
Deux affaires distinctes, au large de l’Irlande, marquent la même journée. Le paquebot Arabic de la White Star Line, en route vers New York, est torpillé sans avertissement par l’U-24 : 44 morts, dont des ressortissants américains. Trois mois après le Lusitania, la protestation de Washington conduit Berlin à donner, le 27 août, l’« engagement de l’Arabic » suspendant les attaques sans sommation contre les paquebots.
Le même jour, le navire-piège britannique Baralong, sous pavillon américain, surprend l’U-27 alors qu’il arraisonne un cargo et le coule au canon ; les survivants allemands sont abattus dans l’eau et à bord du cargo par les fusiliers marins du bâtiment. L’affaire, révélée par des témoins américains, alimentera pendant tout le conflit la propagande allemande sur les méthodes de la Royal Navy.
19 août 1916 : sortie de la Hochseeflotte (mer du Nord).
Deux mois et demi après le Jutland, l’amiral Scheer conduit une nouvelle sortie de la Hochseeflotte pour bombarder Sunderland, avec un dispositif de sous-marins et de zeppelins en couverture. Prévenue par le décryptement, la Grand Fleet de Jellicoe appareille avant lui.
Les deux flottes de bataille ne se rencontrent pas. Les sous-marins allemands torpillent les croiseurs légers Nottingham et Falmouth, tandis qu’un renseignement erroné de Zeppelin détourne Scheer vers le sud ; le croiseur de bataille allemand Westfalen est atteint par un sous-marin britannique. L’Amirauté en tire la conclusion de ne plus engager la Grand Fleet au sud de la ligne Forth-Horns Reef, laissant durablement la mer du Nord méridionale aux forces légères.
19 août 1919 : proclamation de l’indépendance de l’Afghanistan.
L’émir Amanullah Khan proclame officiellement l’indépendance complète du pays vis-à-vis du Royaume-Uni, onze jours après la signature à Rawalpindi de l’accord mettant fin à la troisième guerre anglo-afghane. Le texte du 8 août rendait à Kaboul la conduite de ses affaires extérieures, supprimait les subsides britanniques et confirmait le tracé de la ligne Durand.
Le conflit, ouvert le 3 mai par l’entrée de troupes afghanes dans les cols frontaliers, avait tourné militairement à l’avantage des Britanniques, dont l’aviation avait bombardé Kaboul et Jalalabad ; l’épuisement de l’Empire au sortir de la Grande Guerre a fait le reste. Le 19 août reste la fête nationale afghane, célébrée sous tous les régimes successifs.
19 août 1936 : ouverture du procès des Seize à Moscou.
Devant le collège militaire de la Cour suprême s’ouvre le premier des trois grands procès de Moscou, celui du « centre terroriste trotskiste-zinoviéviste ». Zinoviev, Kamenev et 14 co-accusés avouent des complots imaginaires ; tous sont condamnés à mort le 24 août et fusillés dans la nuit.
Le procès inaugure la Grande Terreur, qui frappera l’année suivante l’Armée rouge : le maréchal Toukhatchevski et sept généraux sont jugés et exécutés en juin 1937, suivis de la majeure partie de l’encadrement supérieur. L’affaiblissement du commandement soviétique pèsera sur les campagnes de Finlande, en 1939-1940, puis sur les premiers mois de l’invasion allemande.
En Espagne, la même nuit, le poète Federico García Lorca est fusillé près de Grenade par des miliciens nationalistes ; les sources hésitent entre le 18 et le 19 août.
19 août 1942 : opération Jubilee, raid sur Dieppe.
Vers 5 heures, plus de 6 000 hommes, dont près de 5 000 Canadiens de la 2e division d’infanterie du général Roberts, débarquent sur un front d’une quinzaine de kilomètres, appuyés par 28 chars Churchill du Calgary Regiment, huit destroyers et environ 70 escadrilles aériennes. Il ne s’agit pas d’un débarquement au sens propre mais d’un raid de grande ampleur, prévu pour tenir la place quelques heures avant rembarquement.
Le dispositif se disloque dès l’approche : à l’est, la flottille du n° 3 Commando tombe sur un convoi allemand et donne l’alerte ; sur les plages centrales, les galets bloquent les chars sous les falaises et l’infanterie est clouée par des positions intactes. Seuls le n° 4 Commando de Lord Lovat, à Varengeville, et les Rangers américains qui l’accompagnent remplissent leur mission. Le rembarquement est ordonné en fin de matinée.
Le bilan est le plus lourd de la guerre pour l’armée canadienne : 907 tués et 1 946 prisonniers, soit près des deux tiers de l’effectif engagé. La Royal Navy perd le destroyer Berkeley et 33 péniches ; la RAF, qui espérait une bataille aérienne décisive, perd 106 appareils contre 48 à la Luftwaffe. Les enseignements tirés de l’échec (renonciation à l’assaut direct d’un port, nécessité d’un appui-feu naval massif et de ports artificiels) seront intégrés à la préparation d’Overlord.
19 août 1944 : début de l’insurrection de Paris.
Au petit matin, quelque 2 000 policiers en grève depuis le 15 août, encadrés par les mouvements de résistance de la police, occupent la préfecture de police de l’île de la Cité et y hissent le drapeau tricolore. Le colonel Rol-Tanguy, chef régional des FFI d’Île-de-France, lance dans la foulée l’ordre de mobilisation générale ; mairies, imprimeries et centraux téléphoniques sont investis, les premières barricades s’élèvent.
Le général von Choltitz, gouverneur militaire du Grand Paris, dispose d’environ 20 000 hommes et de blindés, mais évite l’affrontement généralisé. Une trêve, négociée par le consul général de Suède Raoul Nordling avec l’accord d’Alexandre Parodi, entre en vigueur le lendemain ; diversement respectée, elle est rompue le 22 août.
La 2e division blindée du général Leclerc, détachée de la IIIe armée américaine sur intervention de De Gaulle, recevra son ordre de marche le 22 et entrera dans Paris dans la nuit du 24 au 25 août.
19 août 1944 : Mont-Ormel et jonction de Chambois (bataille de Normandie).
À l’est de Falaise, la 1re division blindée polonaise du général Maczek s’installe sur les hauteurs de Mont-Ormel, cote 262, qui commandent le dernier couloir de sortie de la poche. Dans la soirée, ses éléments font leur jonction à Chambois avec le 359e régiment de la 90e division d’infanterie américaine.
Isolés pendant quarante-huit heures, les Polonais soutiennent les assauts des unités cherchant à s’exfiltrer et des divisions SS attaquant de l’extérieur pour rouvrir la brèche, jusqu’à la relève par les Canadiens le 21. La poche est définitivement fermée ce jour-là : la 7e armée et la 5e armée blindée y laissent environ 50 000 prisonniers et la quasi-totalité de leurs blindés.
Le même jour, sur la route d’Allemagne, près de Metz, le maréchal von Kluge, relevé l’avant-veille du commandement à l’Ouest et compromis dans les suites du 20 juillet, se donne la mort par le poison.
19 août 1945 : prise du pouvoir du Viêtminh à Hanoï.
Quatre jours après la capitulation japonaise, le Viêt-Minh appelle à un rassemblement place du Théâtre municipal, qu’il transforme en manifestation insurrectionnelle. Les milices s’emparent du palais du gouverneur de Tonkin, de la mairie et des casernes de la garde indigène sans que les troupes japonaises, consignées, n’interviennent.
Le mouvement, connu sous le nom de révolution d’Août, gagne Hué le 23 et Saïgon le 25 ; l’empereur Bao Daï abdique le 30 août et Hô Chi Minh proclame l’indépendance le 2 septembre. La France, absente du théâtre, ne rétablira sa position qu’au prix du débarquement de Saïgon, puis d’une guerre de neuf ans.
Le même jour en Mandchourie, où les combats se poursuivent depuis le 9 août, un détachement aéroporté soviétique se pose sur l’aérodrome de Moukden et y capture Puyi, empereur du Mandchoukouo, tandis que le commandement de l’armée du Guandong accepte les conditions de reddition présentées par le maréchal Vassilievski.
19 août 1953 : coup d’État en Iran (opération Ajax/Boot).
Quatre jours après l’échec d’une première tentative, qui avait contraint le chah à fuir à Rome, des manifestations organisées et payées par la CIA et le renseignement britannique, appuyées par des unités de la garnison de Téhéran, s’emparent des points sensibles de la capitale. La résidence du Premier ministre Mohammad Mossadegh est prise d’assaut ; celui-ci se rend le lendemain. Le général Zahedi, porteur du décret de nomination signé par le chah, prend la tête du gouvernement.
L’opération, décidée après la nationalisation de l’Anglo-Iranian Oil Company en 1951, rétablit Mohammad Reza Pahlavi dans la plénitude de ses pouvoirs et ouvre 25 ans de régime autoritaire adossé aux États-Unis. Reconnue officiellement par Washington en 2013, elle reste une référence centrale du discours iranien sur l’ingérence étrangère.
19 août 1981 : incident du golfe de Syrte.
Au cours d’un exercice de tir de la VIe flotte américaine dans des eaux que Tripoli revendique comme intérieures, deux Su-22 libyens interceptent une patrouille de F-14 Tomcat de l’escadrille VF-41 catapultés du Nimitz. L’un des appareils libyens tire un missile à courte portée qui manque son but ; les deux Su-22 sont abattus au Sidewinder en quelques minutes, leurs pilotes s’éjectant.
L’incident sanctionne le refus américain de reconnaître la « ligne de la mort » tracée par Kadhafi à l’entrée du golfe. Il ouvre une séquence de 10 ans de confrontation directe, jalonnée par un nouvel accrochage aérien en 1989 et par les frappes de l’opération El Dorado Canyon en avril 1986.
19 août 1991 : putsch de Moscou.
À l’aube, un « comité d’État pour l’état d’urgence » réunissant le vice-président Ianaïev, le chef du KGB Krioutchkov, le ministre de la Défense Iazov et le ministre de l’Intérieur Pougo annonce que Mikhaïl Gorbatchev, retenu dans sa résidence de Foros en Crimée, est empêché pour raisons de santé. Des unités blindées de la division Taman et de la division Kantemir entrent dans Moscou.
Le président de la République de Russie, Boris Eltsine, gagne la Maison Blanche russe et appelle à la grève générale depuis le glacis d’un char de la 4e brigade blindée, dont l’équipage a rallié les manifestants. Les putschistes n’ordonnent pas l’assaut du bâtiment ; les unités des forces spéciales pressenties refusent de l’exécuter. Trois manifestants sont tués dans la nuit du 20 au 21 sur le périphérique.
L’affaire tourne court le 21 août. Elle transfère de fait le pouvoir à Eltsine, entraîne la suspension du Parti communiste et précipite la dislocation de l’URSS, prononcée le 8 décembre à Belovej et consommée le 25 décembre.
19 août 2002 : destruction d’un Mi-26 à Khankala (deuxième guerre de Tchétchénie).
Un hélicoptère lourd Mi-26 de l’armée russe, transportant environ 150 militaires au lieu des 80 réglementaires, est atteint par un missile sol-air portable à l’approche de la base de Khankala, près de Grozny. L’appareil se pose en catastrophe dans un champ de mines qui interdit l’approche des secours et empêche l’évacuation des blessés.
Le bilan s’établit à 127 morts. C’est l’accident d’hélicoptère le plus meurtrier de l’histoire militaire, et l’une des pertes les plus lourdes subies par les forces russes en Tchétchénie ; le commandant de l’aviation de l’armée de terre en sera relevé.
19 août 2003 : attentat contre le quartier général des Nations unies à Bagdad.
Un camion chargé d’environ une tonne d’explosifs, dont une bombe d’aviation de fabrication irakienne, saute contre le mur de l’hôtel Canal, siège de la mission de l’ONU. L’attentat tue 22 personnes, dont le représentant spécial du secrétaire général, Sergio Vieira de Mello, et en blesse plus de 150.
L’attaque, attribuée au réseau d’Abou Moussab al-Zarqaoui, provoque le retrait de la majeure partie du personnel international de l’ONU et marque le passage de l’insurrection irakienne à une stratégie visant les organisations civiles et les représentations étrangères. L’Assemblée générale fera du 19 août la Journée mondiale de l’aide humanitaire.
Le même jour, à Jérusalem, l’attentat-suicide du bus 2 de la rue Shmuel HaNavi, revendiqué par le Hamas, tue 23 personnes dont 7 enfants et met fin à la trêve conclue deux mois plus tôt.
19 août 2010 : départ de la dernière brigade de combat américaine d’Irak.
Les derniers éléments de la 4e brigade Stryker de la 2e division d’infanterie franchissent la frontière koweïtienne, 7 ans et 5 mois après l’entrée en Irak. La mission de combat prendra officiellement fin le 31 août, l’opération Iraqi Freedom cédant la place à New Dawn.
Environ 50 000 militaires américains restent sur place à titre de conseil, d’appui et de protection jusqu’au retrait complet de décembre 2011. La montée en puissance de l’État islamique en Irak et au Levant conduira les États-Unis à réengager des forces dès l’été 2014.








