16 août 1153 : mort de Bernard de Tramelay, maître de l’ordre du Temple, devant Ascalon.
Le maître du Temple est tué avec une quarantaine de ses frères en pénétrant dans une brèche des murailles d’Ascalon, dernière place forte égyptienne de la côte palestinienne.
Élu vers 1151, Bernard de Tramelay, chevalier originaire de Franche-Comté, participe au siège entrepris en janvier 1153 par le roi de Jérusalem Baudouin III. Après 7 mois d’investissement, une tour de siège incendiée par les assiégés provoque l’effondrement d’une section de rempart.
Selon le récit de Guillaume de Tyr, chroniqueur hostile aux ordres militaires, les Templiers auraient interdit l’accès de la brèche aux autres contingents pour s’assurer le butin, et se seraient trouvés isolés à l’intérieur de la place, où ils furent tous tués ; leurs corps furent ensuite suspendus aux murailles. D’autres lectures y voient une action d’avant-garde conforme au rôle habituel de l’ordre. Le débat n’est pas tranché, faute de source concurrente contemporaine.
Ascalon capitule le 22 août suivant. La perte du maître et de 40 chevaliers représente une saignée considérable pour un ordre dont les effectifs combattants en Terre sainte se comptaient en centaines.
16 août 1513 : bataille de Guinegatte, dite « journée des Éperons » (Artois).
Engagée à proximité d’Enguinegatte, en Artois, la rencontre oppose la cavalerie française, chargée de ravitailler la place assiégée de Thérouanne, aux forces anglo-impériales d’Henri VIII, auxquelles s’est joint l’empereur Maximilien Ier. La déroute des gendarmes français donne son nom à la journée : ils auraient, selon les chroniqueurs, davantage usé de leurs éperons que de leurs armes.
Depuis le printemps 1513, Louis XII affronte une coalition réunissant l’Angleterre, l’Empire, l’Espagne et le pape. Henri VIII a débarqué à Calais en juin avec une armée d’environ 30 000 hommes et met le siège devant Thérouanne, enclave française en territoire impérial. Maximilien Ier, faute de moyens financiers, sert dans le camp anglais avec une escorte réduite, situation singulière d’un empereur combattant à la solde d’un roi.
La garnison de Thérouanne étant à bout de vivres, le commandement français confie à la cavalerie lourde une mission de ravitaillement : des cavaliers doivent jeter des quartiers de lard par-dessus les murs avant de se dégager. L’opération est éventée. Prise à partie par l’artillerie et par la cavalerie adverse alors qu’elle se replie en terrain découvert, la gendarmerie française rompt et s’enfuit sans combattre réellement. Les pertes sont faibles, mais plusieurs chefs sont capturés, dont le duc de Longueville et Bayard.
Thérouanne capitule le 22 août et ses fortifications sont rasées ; Tournai tombe en septembre. L’épisode, longtemps commenté comme un exemple de l’inadaptation de la chevalerie française aux formes nouvelles de la guerre (artillerie de campagne, infanterie de piquiers, combat combiné) précède de deux ans seulement la victoire de Marignan.
16 août 1688 : naissance de Gaspard de Clermont-Tonnerre, futur maréchal de France.
Issu d’une des plus anciennes maisons du Dauphiné, il fait toute sa carrière dans les armées de Louis XIV finissant puis de Louis XV, et reçoit le bâton de maréchal en 1747.
Entré au service très jeune, il sert dans les campagnes de la guerre de Succession d’Espagne, puis dans celles de Pologne et d’Autriche, où se joue l’essentiel de l’activité militaire française de la première moitié du XVIIIe siècle. Sa promotion, en 1747, intervient au moment où l’armée de Flandre enchaîne les succès qui conduiront au traité d’Aix-la-Chapelle.
Il meurt le 16 mars 1781, à 92 ans, ce qui en fait l’un des maréchaux les plus longtemps survivants de l’Ancien Régime. Son parcours illustre la place tenue par la haute noblesse provinciale dans l’encadrement supérieur des armées royales, où l’ancienneté du nom pesait autant que les états de service.

16 août 1780 : bataille de Camden (guerre d’Indépendance des États-Unis).
En Caroline du Sud, l’armée continentale du Sud, commandée par le général Horatio Gates, est disloquée par les troupes britanniques de lord Cornwallis. C’est l’une des défaites américaines les plus complètes de la guerre.
Vainqueur de Saratoga en 1777, Gates a été placé à la tête du théâtre méridional après la chute de Charleston. Il conduit vers Camden une force d’environ 3 700 hommes, en majorité des miliciens de Virginie et de Caroline du Nord, épuisés par une marche à travers une région dépourvue de ressources et affaiblis par des rations avariées distribuées la veille du combat.
Les deux armées se rencontrent avant l’aube. Cornwallis, avec quelque 2 100 hommes mais une proportion élevée de réguliers, place ses meilleures unités face aux miliciens. Dès la première charge à la baïonnette, l’aile gauche américaine se débande presque sans tirer. Les régiments continentaux du Maryland et du Delaware, commandés par le baron Johann de Kalb, tiennent seuls pendant près d’une heure avant d’être enveloppés. De Kalb, blessé à onze reprises, meurt trois jours plus tard.
Les pertes américaines dépassent le millier d’hommes, tués, blessés ou prisonniers, auxquels s’ajoutent l’artillerie et les convois. Gates, entraîné par la fuite de la milice, parcourt en trois jours près de 300 km jusqu’à Hillsborough ; sa réputation militaire n’y survivra pas et il est remplacé en décembre par Nathanael Greene. La victoire ouvre à Cornwallis la voie de la Caroline du Nord, campagne d’usure qui le conduira, un an plus tard, à Yorktown.


16 août 1812 : capitulation de Détroit (guerre anglo-américaine).
Le brigadier général William Hull livre le fort de Détroit, sa garnison et le territoire du Michigan aux Britanniques du major général Isaac Brock, sans avoir livré bataille.
L’offensive américaine sur le Haut-Canada, lancée en juillet, a tourné court. Hull, âgé de 59 ans, s’est replié sur Détroit après avoir perdu ses lignes de communication et appris la chute du poste de Mackinac. Brock dispose de forces très inférieures (environ 1 300 hommes, dont un tiers de réguliers) mais il est appuyé par quelque 600 guerriers amérindiens conduits par Tecumseh.
Brock recourt à une série de ruses : miliciens revêtus d’uniformes de réguliers pour gonfler l’apparence de ses effectifs, défilé répété des mêmes contingents indiens à portée de vue du fort, correspondance interceptée à dessein évoquant l’arrivée de milliers d’alliés autochtones. Après un bombardement d’artillerie depuis la rive canadienne et le franchissement de la rivière, Hull, redoutant un massacre des civils réfugiés dans la place, fait hisser le drapeau blanc.
Environ 2 500 hommes passent en captivité. Traduit devant une cour martiale en 1814, Hull est reconnu coupable de lâcheté et de négligence, condamné à mort, puis gracié par le président Madison en considération de ses services pendant la guerre d’Indépendance. La perte de Détroit ouvre pour deux ans la frontière nord-ouest et donne à la coalition indienne de Tecumseh son plus grand succès.
16 août 1812 : les premiers combats devant Smolensk (campagne de Russie).
Après avoir manœuvré pour couper la retraite des armées russes, Napoléon parvient devant Smolensk. L’attaque des faubourgs commence le 16 août ; la ville sera prise le 17 et évacuée dans la nuit du 17 au 18.
La manœuvre dite de Smolensk visait à jeter la Grande Armée sur les arrières de Barclay de Tolly et de Bagration, séparés depuis le début de la campagne. La résistance de la division Neverovski à Krasny, le 14 août, a suffi à retarder l’avant-garde de Murat et à permettre la jonction des deux armées russes dans la place.
Le 16, Ney et Murat abordent les faubourgs et engagent les batteries contre l’enceinte de brique du XVIe siècle. Napoléon, arrivé dans la journée, espère encore que les Russes accepteront la bataille rangée qu’il cherche depuis Vilna. Le 17, l’assaut général emporte les faubourgs au prix de pertes lourdes des deux côtés, chacune des armées comptant entre 9 000 et 14 000 hommes hors de combat selon les estimations.
Barclay de Tolly, jugeant la position intenable et refusant l’engagement décisif, fait évacuer Smolensk en flammes dans la nuit. La Grande Armée entre le 18 dans une ville détruite et vide de ressources. L’objectif stratégique qui est de détruire les forces russes avant Moscou est manqué. Il le sera de nouveau à la Moskova, le 7 septembre.


16 août 1819 : le « massacre de Peterloo » à Manchester.
La dispersion par la cavalerie d’un rassemblement réformiste sur St Peter’s Field fait 18 morts et plusieurs centaines de blessés. L’événement, aussitôt baptisé « Peterloo » par dérision de Waterloo, marque durablement les relations entre l’armée et l’ordre public au Royaume-Uni.
Une foule estimée à 60 000 personnes s’est réunie pour entendre l’orateur radical Henry Hunt réclamer la réforme de la représentation parlementaire. Les magistrats locaux, redoutant l’insurrection, ordonnent l’arrestation des orateurs et lancent la Manchester and Salford Yeomanry, unité de cavalerie volontaire recrutée parmi les notables de la ville et sans expérience du maintien de l’ordre.
Bloqués dans la foule, les cavaliers sabrent autour d’eux. Le 15e régiment de hussards, régulier et vétéran de Waterloo, est engagé à son tour pour dégager la yeomanry et achève la dispersion. Le bilan s’établit à 18 morts et de 4 à 700 blessés, dont de nombreuses femmes.
Le gouvernement soutient les magistrats et fait voter, la même année, les Six Acts restreignant le droit de réunion et la presse. L’affaire nourrira en revanche une réflexion durable sur l’emploi de la troupe contre les populations civiles, et contribuera au développement, une décennie plus tard, de forces de police professionnelles.

16 août 1846 : mort du maréchal Sylvain Charles Valée.
Orphelin dès ses premières années, il est nommé élève du roi à l’École militaire de Brienne à l’âge de 8 ans, grâce à l’entremise de la famille Loménie de Brienne. Il s’y trouve en même temps que Napoléon Bonaparte, de quatre ans son aîné, mais cela ne jouera aucun rôle particulier par la suite.
En 1792, il passe de l’école de Brienne (alors supprimée) à l’École d’artillerie de Châlons, comme élève sous-lieutenant ; il s’y trouve avec, notamment, Haxo, Marmont, Duroc, et Paul-Louis Courier.
En 1793, il est lieutenant d’artillerie, et participe aux opérations autour des places du Quesnoy, de Landrecies, de Charleroi, de Valenciennes, de Condé et de Maastricht. Au commencement de 1794, il reçoit le grade de capitaine et est envoyé à l’armée du Rhin, alors commandée par Moreau.
Il passe plusieurs années à l’armée du Rhin ; il y commande l’artillerie du général Decaen. En 1797, il est nommé commandant de la 2e compagnie du 3e régiment d’artillerie à cheval.
En 1800, il se marie à Françoise-Caroline Von Moëgling.
En 1802 il est promu au grade de chef d’escadron et est chargé de la formation des camps de l’artillerie de réserve. Nommé major en 1804, affecté au parc général d’artillerie, il fait plus tard la campagne d’Austerlitz, comme inspecteur général du train d’artillerie, puis le devient sous-chef d’état-major du général Songis, commandant en chef l’artillerie de l’armée. Colonel le il se distingue en Prusse lors des batailles d’Eylau et de Friedland.
Peu après, l’Empereur l’envoie en Espagne où il débute sous les ordres du maréchal Lannes au siège de Saragosse. Après la reddition de cette ville, il reçoit le commandement de l’artillerie du 3e corps, devenu armée d’Aragon. Général de brigade en 1809, il dirige celle du général Suchet aux sièges de Lérida, de Tortosa, de Mequinenza, de Sagonte et de Tarragone. Après la prise de Tarragone, qui a résisté à cinq assauts, l’Empereur le nomme général de division. Il suit le maréchal Suchet devant Valence, qu’il oblige par le feu de son artillerie à ouvrir ses portes, et met en état de défense toutes les places qui se trouvent dans le vaste commandement du duc d’Albufera.
En 1813, à la suite des échecs de Napoléon en Russie et en Allemagne, les Français doivent évacuer la péninsule ; malgré les efforts des armées anglo-espagnoles et des populations soulevées, il parvient à conserver et à ramener en France l’immense matériel des troupes françaises en Espagne. Pour lui en témoigner sa reconnaissance, Napoléon le fait comte de l’Empire par un décret daté de Soissons le , (il était déjà baron de l’Empire depuis le ). Il est ensuite nommé commissaire extraordinaire pour traiter de la remise des places d’Espagne le .

Durant les Cent-Jours, l’Empereur le charge de l’armement de Paris que le général Haxo doit mettre en état de défense.
En 1818 la place de premier inspecteur général de l’Artillerie donné au général Sorbier en 1814 est supprimée ; ses attributions sont remises aux mains d’un Comité de direction de cette arme, dont l’importance est devenue considérable ; le général Valée est appelé par le général Gouvion-Saint-Cyr, ministre de la guerre, à siéger dans ce Comité, et, pendant cinq ans, ses collègues le choisissent comme rapporteur de leurs séances. Appelé en 1818 à faire partie d’une commission de défense du royaume, il y fait adopter un système général d’armement pour les places fortes et l’immense littoral de l’Ouest et du Sud.
En 1822 le gouvernement crée pour lui le titre et les fonctions d’inspecteur du service central de l’artillerie. De 1822 à 1830, Valée se consacre sans relâche à la conception puis à l’exécution d’un vaste plan d’amélioration de l’artillerie, rendu public en 1827. Il rend l’artillerie plus mobile et simplifie son système de construction : par exemple, dans le matériel de campagne, les pièces de 6, de 8, de 12, sont réduites aux calibres de 8 et de 12 ; toutes les pièces sont montées sur quatre roues de même modèle et de la même grandeur. Pour faciliter la marche et le transport des pièces, par une nouvelle forme donnée à l’affût, les deux trains deviennent indépendants l’un de l’autre ; les pièces purent passer dans les chemins les plus étroits, tourner court et presque sur elles-mêmes ; toutes reçurent un coffret qui, placé sur l’avant-train, en était inséparable et suffisait aux premières nécessités du combat. Le général Valée étendit bientôt les mêmes idées à l’artillerie de siège et au matériel destiné à la guerre de montagne.
Les manufactures d’armes françaises placées près de la frontière sont, sur sa proposition, transférées à l’intérieur, à Saint-Étienne, à Châtellerault. Pour la fabrication de la poudre, des meules remplacent l’ancien mode de trituration.
Le corps du train d’artillerie est supprimé. Sa tâche consistait à mener les pièces sur le terrain, où il demeurait immobile au milieu des balles et des boulets. Valée, frappé des inconvénients de la division de l’artillerie en trois corps, a l’idée de donner, au personnel comme au matériel, l’unité qui leur avait toujours manqué. La batterie devient un tout complet, où les conducteurs et les canonniers, placés dans les mêmes conditions, obéissent au même officier. Chaque régiment d’artillerie a le même nombre de batteries à pied et de batteries à cheval ; les batteries à pied reçoivent des chevaux d’attelage. Officiers et soldats sont tenus de compléter pendant la paix leur instruction de guerre.
Le gouvernement, pour récompenser ses services, rétablit pour lui l’emploi et la dignité de premier inspecteur général, et le roi Charles X le nomme pair héréditaire du royaume, par une ordonnance du .
Quand l’expédition d’Alger est décidée au début de 1830, une commission composée des officiers les plus expérimentés des armées de terre et de mer est chargée d’examiner les difficultés et de préparer le plan de campagne. Valée estime que l’entreprise est susceptible d’un plein succès ; il emploie ensuite son activité à organiser le service de l’artillerie. L’expédition d’Alger est effectivement une réussite.
Après la Révolution de 1830, l’emploi de premier inspecteur général de l’artillerie est supprimé. Valée se retire dans le Loiret et s’y consacre à l’agriculture ; puis il est rappelé au service par le nouveau régime : conseiller d’État en 1834, membre de la Commission chargée des questions relatives à la fabrication de la poudre et au commerce du salpêtre, il revient finalement à la Chambre des Pairs.
En 1837 il est chargé de diriger l’artillerie et le génie pour la seconde expédition de Constantine en Algérie. Mais le commandant en chef Damrémont ayant été tué la veille de l’assaut à côté du duc de Nemours, Valée le remplace et mène à bien la prise de la ville ; à cette nouvelle, Louis-Philippe nomme Valée gouverneur général de l’Algérie et lui fait envoyer le bâton de maréchal de France.
La province de Constantine est ensuite soumise en moins de deux années, organisée, administrée de telle manière qu’un impôt régulier s’y percevait sans la moindre résistance, et qu’un voyageur pouvait la parcourir sans escorte.
Jugeant inévitable la reprise des hostilités avec Abd el-Kader, et sentant la nécessité de fortifier les places françaises dans les provinces d’Oran et d’Alger, Valée propose au gouvernement d’occuper les villes de Koléa et de Blida.
Bien que l’émir invoque le traité de Tafna signé en 1837, le maréchal occupe ces deux villes en , portant sur la Chiffa la frontière française de l’Ouest ; à l’Est, il établit des camps au Fondouk et sur les bords de l’Ouad-Kaddura. Il emploie l’automne et l’hiver à organiser la province de Bône.
Au début de 1839, le cabinet du 12 mai s’étant retiré, le maréchal Valée envoie sa démission ; mais le roi et le maréchal Soult le convainquent de la reprendre.
Au début de l’automne 1839, Valée met à exécution son projet d’occuper définitivement le plateau de Sétif et d’obtenir la soumission des tribus que les agents d’Abd-el-Kader travaillent à soulever. Le , l’armée française franchit le passage des Portes de Fer en Kabylie. C’est cette incursion sur un territoire placé sous l’administration d’Abd el-Kader qui est à l’origine de la reprise de la guerre, l’émir l’ayant considéré comme une violation grave du traité de la Tafna. Pressé par les tribus de réagir, Abd-el-Kader avertit les autorités militaires françaises de la reprise des hostilités.
Le prince royal faisait partie de l’expédition et accompagnait le maréchal en novembre. Il franchit, le 24, la Chiffa sans déclaration préalable. L’effectif de l’armée française en Algérie était alors de 43 000 hommes, dont seulement 35 000 sous les drapeaux. L’Émir avait réuni toute son infanterie et sa cavalerie régulière, de nombreux contingents de Kabyles, les goums de la province de Titteri et d’une partie de celle d’Alger. Le maréchal se disposa à l’attaquer avec un corps de 3 000 hommes. L’infanterie arabe était défendue par des escarpements d’un difficile accès. Le , le maréchal attire les Arabes dans la plaine en avant de Bouffarik, non loin du cours de la Chiffa, s’élance sur eux à la baïonnette sans laisser tirer un seul coup de fusil, et obtient bientôt la victoire la plus complète. Les bataillons réguliers de l’Émir sont détruits ; ses drapeaux, son artillerie tout entière tombent aux mains des Français. L’Émir, lui-même en fuite, repasse l’Atlas, et Valée, obéissant à l’hiver, suspend les opérations et rentre à Alger.
Le vieux maréchal veut faire à l’Émir une guerre patiente et opiniâtre, anéantir ses principaux établissements, placer les troupes et les autorités françaises dans des centres militaires et commerciaux, sur une ligne parallèle de Constantine à Tlemcen, rassembler dans chacun de ces centres une garnison assez forte pour en tirer une colonne de 3 à 4 000 hommes, destinée à combattre ou à châtier les tribus selon le besoin. Tel est le plan du gouverneur général auquel le gouvernement donna, en , une entière approbation ; l’effectif de l’armée venait d’être porté à 57 000 hommes.
La première division devait être commandée par le duc d’Orléans ; à la fin de février, le maréchal fit occuper Cherchell. Abd-el-Kader avait choisi la position inexpugnable du col de Mouzaïa qu’il faisait encore fortifier. Mais le ministère du 1er mars remplaça celui du ; le nouveau cabinet prescrivit au gouverneur général d’envoyer, dans la province d’Oran, une partie des troupes qu’il tenait réunies dans celle d’Alger. Le plan de campagne allait être totalement changé. Les avis se partagèrent dans le Conseil, et les projets de Valée, un instant repoussés, furent de nouveau adoptés. Le duc d’Orléans partit pour se rendre à son poste, son frère d’Aumale l’accompagnait. Cette campagne fut glorieuse ; le prince royal et le duc d’Aumale y rivalisèrent d’intelligence et de bravoure. Après le départ de ces jeunes princes, le , le maréchal continua l’offensive, et quand il rentra à Alger le , il avait repoussé l’Émir au-delà de l’Atlas, anéanti ses meilleures troupes, occupé définitivement Cherchell, Médéa, Miliana, et châtié, dans leurs propres foyers, les tribus turbulentes qui entourent la Mitidja. Il fit alors trois essais nouveaux de colonisation qui réussirent, à Blida, Cherchell et Coléa.
Mais le traité de Londres du avait changé en Europe la position de la France. En présence des éventualités que présentait l’avenir, le maréchal doit renoncer à tous projets d’agrandissement en Afrique pour s’occuper de conserver les possessions acquises. Il fait rédiger le projet d’une nouvelle enceinte pour Alger et d’une série de forts détachés destinés à en défendre les approches. Il charge une commission d’examiner le système de digues présenté par les ingénieurs maritimes, et indique lui-même les travaux à exécuter pour la défense de la rade d’Alger et la formation d’une batterie formidable qui empêcherait les flottes ennemies d’approcher des bâtiments mouillés dans le port. Dans l’hypothèse d’un débarquement à Sidi-Ferruch et du blocus de la capitale, le maréchal veut faire de Médéa la capitale militaire de l’Algérie. C’est sur ce point qu’il a réuni ses forces pour prendre à revers l’armée envahissante et faire lever le siège d’Alger. Il a fait étudier le système à adopter pour les fortifications de Médéa et la défense de l’Atlas, au-delà duquel il veut porter la capitale, en cas de guerre européenne, lorsqu’une dépêche ministérielle lui apprend qu’il n’est plus gouverneur des possessions françaises en Afrique. Pour la troisième fois en deux ans, le ministère est changé en France.
Le , Valée quitte l’Algérie. Il devient président de la commission pour l’armement de Paris. Il meurt à Paris le , âgé de 72 ans. Ses restes sont déposés à l’Hôtel des Invalides, et le roi ordonne que sa statue soit placée à Versailles.

16 août 1870 : bataille de Rezonville–Mars-la-Tour (guerre franco-allemande).
Un corps d’armée prussien isolé barre la route de Verdun à l’armée du Rhin du maréchal Bazaine, très supérieure en nombre. La journée, la plus meurtrière de la guerre, se solde par le repli français sur Metz.
Bazaine a quitté Metz pour rejoindre Châlons. Le 16 au matin, le IIIe corps prussien du général von Alvensleben, environ 30 000 hommes, se heurte près de Vionville à des forces françaises qu’il croit être une arrière-garde et qui constituent en réalité le gros de l’armée du Rhin, forte de plus de 130 000 hommes.
Comprenant qu’un décrochage l’exposerait à une destruction, Alvensleben choisit de tenir coûte que coûte en attendant le Xe corps. Vers 14 heures, la situation devenant critique au centre, la brigade de cavalerie von Bredow (6 escadrons de cuirassiers et de uhlans, environ 800 sabres) est lancée contre l’artillerie et l’infanterie françaises. La charge disloque plusieurs batteries mais coûte à la brigade près de la moitié de son effectif. Restée dans la mémoire militaire allemande sous le nom de Todtenritt, la « chevauchée de la mort », elle alimentera jusqu’en 1914 le débat sur la survie de la cavalerie de choc face aux armes à tir rapide.
Les pertes s’élèvent à environ 15 800 hommes du côté allemand et 13 800 du côté français. Aucun des deux adversaires ne reste maître du terrain de façon décisive, mais Bazaine, préoccupé par ses communications, ordonne le repli vers Metz au lieu d’exploiter sa supériorité numérique. La route de Verdun est perdue. Deux jours plus tard, la bataille de Saint-Privat–Gravelotte referme définitivement l’armée du Rhin dans Metz, qui capitulera le 27 octobre avec 173 000 hommes.


16 août 1870 : mort du général Frédéric Legrand à Rezonville.
Commandant la division de cavalerie du 4e corps de l’armée du Rhin, il est tué à la tête du 3e dragons au cours des charges de l’après-midi. Deux généraux de brigade, Brayer et de Marguenat, tombent le même jour.
Né à Versailles en 1810, Legrand est un officier sorti du rang : engagé comme hussard de la garde royale en 1828, brigadier l’année suivante, il ne reçoit l’épaulette de sous-lieutenant qu’après 9 ans de service. 15 années d’Algérie suivent, dans les spahis puis la cavalerie indigène ; il est cité pour la prise de la smala d’Abd el-Kader en 1843 et se distingue à l’Isly en 1844.
Général de division en 1868, il commande à l’ouverture de la guerre la division de cavalerie du 4e corps. Le 16 août, engagé dans la mêlée qui oppose plus de 5 000 cavaliers entre Mars-la-Tour et la ferme de Grizières, il est frappé alors qu’il mène ses dragons au secours des hussards menacés. Le général de brigade de Montaigu, blessé de plusieurs coups de sabre, est fait prisonnier.
Le bilan de la journée pour l’encadrement supérieur français (3 généraux tués, 5 blessés) donne la mesure d’une bataille où les états-majors ont été exposés au feu direct.
16 août 1888 : naissance de Thomas Edward Lawrence, dit « Lawrence d’Arabie ».
Archéologue de formation, officier de liaison britannique auprès de la révolte arabe de 1916-1918, il est l’un des théoriciens les plus cités de la guerre irrégulière.
Né à Tremadog, au pays de Galles, Lawrence connaît le Proche-Orient par les chantiers de fouilles de Karkemish avant 1914. Affecté au bureau arabe du Caire, il devient l’agent de liaison des forces hachémites de l’émir Fayçal contre les garnisons ottomanes du Hedjaz, appuyant leur action sur le harcèlement du chemin de fer du Hedjaz plutôt que sur la bataille rangée.
Ses écrits, Les Sept Piliers de la sagesse, mais surtout ses articles de doctrine, formulent une conception de la guérilla fondée sur la mobilité, la profondeur du désert comme protection, le refus du contact décisif et l’importance du renseignement local. Ces textes figurent encore aujourd’hui dans les bibliographies des écoles de guerre traitant de la contre-insurrection.
Devenu une figure médiatique malgré lui, il s’engage ensuite dans la Royal Air Force sous un nom d’emprunt. Il meurt le 19 mai 1935 des suites d’un accident de moto dans le Dorset. Son rôle réel dans la révolte arabe, longtemps amplifié, fait l’objet de réévaluations historiographiques régulières.
16 août 1905 : naissance de Marian Rejewski, cryptologue polonais.
Mathématicien formé à Poznań, il est le premier, en 1932, à reconstituer par le calcul le câblage interne de la machine à chiffrer allemande Enigma.
Recruté par le Bureau du chiffre de l’état-major polonais, Rejewski applique à l’analyse des messages interceptés une méthode fondée sur la théorie des permutations, complétée par des documents fournis par le service de renseignement français. Avec Jerzy Różycki et Henryk Zygalski, il met au point les procédés et les machines, dont la bomba kryptologiczna, permettant de retrouver quotidiennement les réglages.
En juillet 1939, à cinq semaines de l’invasion, les Polonais transmettent l’ensemble de leurs travaux et deux répliques d’Enigma aux services britanniques et français réunis près de Varsovie. Ce transfert conditionne les développements ultérieurs de Bletchley Park.
Réfugié en France puis en Grande-Bretagne, Rejewski est employé à des tâches de chiffrement secondaires et ne sera pas associé aux travaux britanniques. Rentré en Pologne en 1946, il vit dans l’anonymat jusqu’à la déclassification, dans les années 1970, de l’affaire Ultra. Il meurt le 13 février 1980.

16 août 1913 : naissance de Menahem Begin.
Chef de l’Irgoun pendant le mandat britannique en Palestine, il devient Premier ministre d’Israël en 1977 et signe les accords de Camp David.

Né à Brest-Litovsk, dirigeant du mouvement de jeunesse Betar en Pologne, arrêté par le NKVD en 1940 puis libéré, il gagne la Palestine avec l’armée polonaise du général Anders. Il prend en 1943 la tête de l’Irgoun Tsvaï Leoumi, organisation terroriste sioniste qui rompt avec la Haganah et conduit une campagne d’attentats contre l’administration britannique, dont l’attaque de l’hôtel King David en juillet 1946.
Écarté du pouvoir pendant près de 30 ans, il devient Premier ministre en 1977. Il conclut avec Anouar el-Sadate les accords de Camp David (1978) puis le traité de paix israélo-égyptien de 1979, qui lui vaut le prix Nobel de la paix. Il ordonne en 1981 la destruction du réacteur irakien d’Osirak, puis en 1982 l’entrée des forces israéliennes au Liban, opération dont l’enlisement et les massacres de Sabra et Chatila précipitent son retrait de la vie publique.
Il démissionne en 1983 et vit reclus jusqu’à sa mort, le 9 mars 1992.
16 août 1914 : reddition des derniers forts de Liège.
Douze jours après le début de l’attaque allemande, la position fortifiée de Liège cesse d’exister. Les forts de Flémalle et de Hollogne se rendent au matin, ouvrant aux Ire et IIe armées allemandes le franchissement de la Meuse.
La ceinture liégeoise, conçue par Brialmont dans les années 1880, comptait douze forts en béton non armé, dont les coupoles n’avaient pas été calculées pour résister à des calibres supérieurs à 210 mm. L’attaque brusquée lancée le 5 août échoue devant les intervalles, mais l’entrée en action des mortiers allemands de 420 mm et des pièces austro-hongroises de 305 mm réduit les ouvrages les uns après les autres.
Le 15 en fin d’après-midi, un obus perce la voûte d’une poudrière du fort de Loncin : 12 tonnes de poudre explosent, tuant sur le coup plus de deux cents défenseurs et retournant les coupoles. Le général Leman, gouverneur de la place, est retiré inconscient des décombres et fait prisonnier. Le lendemain matin, informés par des parlementaires allemands de la chute des autres ouvrages, Flémalle puis Hollogne capitulent à quelques minutes d’intervalle.
Ludendorff avait annoncé la prise de Liège en quarante-huit heures ; la résistance a duré près de deux semaines. Son effet stratégique réel sur le calendrier allemand reste discuté par les historiens, mais son effet moral et politique est considérable dans une opinion alliée en quête de premiers succès. La ville de Liège recevra la Légion d’honneur en 1919.
16 août 1918 : les premiers éléments américains débarquent à Vladivostok.
Le 27e régiment d’infanterie de l’US Army, venu des Philippines, achève son débarquement à Vladivostok, marquant l’entrée des États-Unis dans l’intervention alliée en Sibérie.
Le 3 août, le département de la Guerre a ordonné l’envoi des 27e et 31e régiments d’infanterie, embarqués à Manille le 7 août. Les transports touchent Vladivostok les 15 et 16 août. Le contingent américain atteindra près de 8 000 hommes ; son commandant, le major général William Graves, n’arrivera que le 4 septembre, porteur d’instructions présidentielles restrictives.
La mission est d’assurer l’évacuation de la Légion tchécoslovaque échelonnée le long du Transsibérien et de protéger les stocks de matériel alliés. Graves s’attachera à éviter toute participation directe à la guerre civile, position qui le mettra en désaccord avec les autorités de l’amiral Koltchak comme avec le contingent japonais, de très loin le plus nombreux. Les derniers Américains rembarqueront en avril 1920.
Aller au contenu PDF Aller au contenu PDF16 août 1940 – bataille d’Angleterre : l’action du flight lieutenant Nicolson.
Au cours de l’une des journées les plus chargées de la campagne aérienne, le flight lieutenant James Nicolson, du 249 Squadron, poursuit le combat aux commandes d’un Hurricane en feu. Il recevra la seule Victoria Cross décernée à un pilote du Fighter Command.
La Luftwaffe engage ce jour-là plus d’un millier de sorties contre les terrains du sud de l’Angleterre. Tangmere est sévèrement touché, de même que Brize Norton, où plusieurs dizaines d’appareils d’entraînement sont détruits au sol.
Au-dessus de la région de Southampton, la patrouille de Nicolson est surprise par des chasseurs allemands. Son appareil est atteint par plusieurs obus, l’un blessant le pilote à l’œil, un autre enflammant le réservoir avant. Alors qu’il s’apprête à évacuer, Nicolson aperçoit un adversaire dans son collimateur et reste dans le poste de pilotage en feu le temps d’ouvrir le feu, avant de sauter en parachute, gravement brûlé. Blessé une nouvelle fois à l’atterrissage par des tirs de la Home Guard qui l’a pris pour un aviateur allemand, il ne reprendra le service qu’en 1941.
Sa citation paraît au London Gazette du 15 novembre 1940. Nicolson disparaît le 2 mai 1945 dans l’accident d’un bombardier B-24 au-dessus du golfe du Bengale.

16 août 1944 : Falaise et le début du décrochage allemand de Normandie.
Les Canadiens pénètrent dans Falaise tandis que le maréchal von Kluge ordonne le repli des armées allemandes à l’est de l’Orne. La poche se referme trois jours plus tard.
Depuis le 7 août, le IIe corps canadien progresse difficilement de Caen vers Falaise, contre la 12e SS-Panzerdivision et la 21e Panzerdivision. Les premiers éléments alliés entrent dans la ville le 16 ; les derniers défenseurs, retranchés dans les ruines, ne seront réduits que les jours suivants.
Le même jour, von Kluge, commandant le groupe d’armées B, expose la situation par téléphone au général Jodl et ordonne le retrait à l’est de l’Orne, exécuté par bonds de nuit. Révoqué le 17, il se suicidera le 19 sur la route de Berlin. Le corridor entre Trun et Chambois est fermé le 19 août par la jonction des Polonais, des Canadiens, des Américains et de la 2e DB. Une partie des blindés allemands parvient à s’échapper, mais le gros de l’infanterie de la 7e armée est détruit ou capturé.
En Provence, au deuxième jour de l’opération Dragoon, l’exploitation vers l’intérieur se poursuit et le débarquement des unités françaises de l’armée B du général de Lattre de Tassigny se déroule sans opposition sérieuse.
16 août 1944 : 35 résistants sont fusillés (cascade du bois de Boulogne).
Attirés dans un guet-apens par la promesse d’un parachutage d’armes, 35 jeunes résistants de la région parisienne sont abattus près de la Grande Cascade, neuf jours avant la libération de Paris.
Les victimes appartiennent aux Jeunes chrétiens combattants, à l’Organisation civile et militaire, aux Francs-tireurs et partisans et au réseau Turma-Vengeance ; 17 d’entre elles viennent de Chelles. La plupart ont moins de 25 ans.
Le piège est monté par l’équipe de Friedrich Berger, groupe d’auxiliaires français du service de sécurité allemand installé rue des Saussaies, qui a infiltré les réseaux au moyen d’agents provocateurs. Les hommes sont rassemblés sous prétexte de réceptionner un dépôt d’armes, transportés en camion jusqu’au bois de Boulogne et exécutés sur place ; les corps sont laissés sur le terrain et relevés le lendemain par la préfecture de police. La même équipe abat le jour même 7 membres du groupe Sicard, rue Leroux.
Un monument, financé par souscription publique, est inauguré le 6 juillet 1946 à l’emplacement de la tuerie. Un chêne voisin, criblé d’impacts, porte une plaque demandant aux passants de le respecter.
16 août 1960 : indépendance de Chypre et création des bases souveraines britanniques.
Le règlement issu des accords de Zurich et de Londres de 1959 met fin à 4 années d’insurrection de l’EOKA contre l’administration britannique. Il repose sur trois textes :
- un traité de garantie liant le Royaume-Uni, la Grèce et la Turquie, avec droit d’intervention en cas de rupture de l’ordre constitutionnel ;
- un traité d’alliance autorisant le stationnement d’un contingent grec de 950 hommes et d’un contingent turc de 650 ;
- et le traité d’établissement, qui soustrait à la nouvelle république environ 254 km² de territoire.
Mgr Makarios devient président et le docteur Fazıl Küçük vice-président, dans un cadre constitutionnel fondé sur la répartition communautaire des fonctions publiques et militaires. Cet équilibre se rompt dès décembre 1963 ; il conduira au déploiement de l’UNFICYP en mars 1964, puis à l’intervention turque de juillet 1974 et à la partition de fait de l’île.
Les bases d’Akrotiri et de Dhekelia demeurent aujourd’hui des installations militaires britanniques permanentes, utilisées comme point d’appui pour les opérations au Levant et en Méditerranée orientale.
16 août 1960 : le saut stratosphérique du capitaine Kittinger (opération Excelsior III).
Au-dessus du Nouveau-Mexique, le capitaine Joseph Kittinger, de l’US Air Force, se laisse tomber depuis une nacelle de ballon à 31 300 m d’altitude. Le programme visait à décembre valider les procédures d’évacuation à très haute altitude.
Les avions et les ballons stratosphériques de l’après-guerre exposaient leurs équipages à dessauts au-delà de 20 000 m, où l’absence de pression et la vitesse de chute rendaient l’éjection classique mortelle. Le programme Excelsior devait tester un parachute stabilisateur à ouverture multiple destiné à empêcher la mise en vrille.
La chute libre dure 4,36 min et atteint une vitesse voisine de 990 km/h, l’ensemble de la descente demandant 13,45 min. Le gant droit de Kittinger s’étant dépressurisé, sa main double de volume durant l’ascension ; il choisit de ne pas interrompre la mission et récupérera l’usage complet de sa main quelques heures après l’atterrissage.
Les enseignements du programme seront réinvestis dans les équipements des équipages du U-2 et du SR-71 ainsi que dans les combinaisons du programme spatial. Les records établis ce jour-là ne seront dépassés qu’en octobre 2012.
Joe Kittinger est décédé le 9 décembre 2022 à l’âge de 94 ans.

16 août 2008 : signature russe du plan de cessez-le-feu en Géorgie.
Le président Dmitri Medvedev signe à Sotchi le plan en 6 points négocié par la présidence française de l’Union européenne, au lendemain de la signature géorgienne.
Le conflit, déclenché dans la nuit du 7 au 8 août par l’offensive géorgienne sur Tskhinvali et suivi de l’intervention massive des forces russes en Ossétie du Sud, en Abkhazie et sur le territoire géorgien proprement dit, a fait plusieurs centaines de morts et déplacé plus de 130 000 personnes.
Le plan, présenté le 12 août par Nicolas Sarkozy au titre de la présidence de l’Union, prévoit le renoncement à l’usage de la force, la cessation des hostilités, le libre accès de l’aide humanitaire, le retour des forces géorgiennes dans leurs casernements, le retrait des forces russes sur leurs positions antérieures et l’ouverture de discussions internationales sur la sécurité des deux entités. Mikheïl Saakachvili l’a signé le 15 au soir, après les dirigeants abkhaze et sud-ossète.
L’application du texte fera aussitôt l’objet de contestations sur l’étendue des « mesures de sécurité supplémentaires » autorisées autour de l’Ossétie du Sud. Un accord complémentaire est signé le 8 septembre à Moscou, prévoyant le déploiement d’observateurs européens. Le 26 août, la Russie avait reconnu l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. La mission de surveillance de l’Union européenne, déployée à partir d’octobre 2008, est toujours en place.








