1er octobre – 331 : victoire d’Alexandre le Grand sur Darius III, à Gaugamèles.
Dans la plaine de Gaugamèles, au nord-ouest de l’actuelle Erbil, dans le Kurdistan irakien, l’armée macédonienne d’Alexandre III met en déroute l’armée royale perse de Darius III. Cette troisième défaite en trois ans ruine l’autorité du Grand Roi et ouvre au Macédonien les capitales de l’empire achéménide : Babylone, Suse, Persépolis. La bataille est souvent appelée « bataille d’Arbèles », du nom de la ville où Darius s’enfuit après sa défaite, située à une centaine de kilomètres du champ de bataille.
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Passé en Asie au printemps 334, Alexandre a battu les satrapes d’Asie Mineure au Granique en mai de la même année, puis Darius en personne à Issos, en Cilicie, en novembre 333. Il consacre ensuite près de deux ans à la conquête de la côte syro-phénicienne, marquée par les longs sièges de Tyr et de Gaza, et à l’occupation de l’Égypte. Au printemps 331, il reprend la route de l’Orient, franchit l’Euphrate à Thapsaque au cours de l’été, puis le Tigre à la mi-septembre, sans rencontrer de résistance sérieuse. Plutôt que de marcher directement sur Babylone, il remonte vers le nord, où Darius a concentré ses forces.
Le 20 septembre, une éclipse de Lune est observée dans les deux camps. Les devins d’Alexandre l’interprètent comme un présage favorable. Ce phénomène, connu par les sources grecques et par les journaux astronomiques babyloniens, permet de dater la bataille avec précision : elle a lieu onze jours plus tard, soit le 1er octobre 331 dans le calendrier julien reconstitué.
Tirant les leçons d’Issos, où l’étroitesse du terrain entre la mer et les montagnes avait annulé sa supériorité numérique, Darius a choisi une vaste plaine dégagée et l’a fait aplanir pour faciliter l’action de sa cavalerie et de ses deux cents chars à faux. Selon Quinte-Curce, des chausse-trapes ont été semées sur certains passages. Les auteurs anciens attribuent à l’armée perse des effectifs invraisemblables, de plusieurs centaines de milliers à un million de fantassins. Les historiens actuels retiennent des chiffres de l’ordre de 50 000 à 120 000 hommes, parmi lesquels une cavalerie nombreuse et de grande qualité (Bactriens, Scythes, Arachosiens, Perses), quelques milliers de mercenaires grecs, les Immortels de la garde royale et une quinzaine d’éléphants venus d’Inde, qui ne semblent pas avoir été engagés. Cette armée, levée dans tout l’empire, reste très disparate par son armement et ses méthodes de combat.
Alexandre dispose d’environ 47 000 hommes : quelque 31 000 fantassins lourds (phalangites macédoniens, hypaspistes et hoplites grecs alliés ou mercenaires), 9 000 fantassins légers et 7 000 cavaliers. La veille, Parménion lui conseille une attaque de nuit pour compenser l’infériorité numérique ; Alexandre refuse, en répondant, selon Plutarque et Arrien, qu’il ne veut pas voler la victoire. Il dort ensuite profondément, au point que ses officiers doivent le réveiller au matin.
Le dispositif macédonien est conçu pour résister à un débordement par les ailes. Au centre, les six taxeis de la phalange, flanquées à droite par les hypaspistes ; à l’aile droite, la cavalerie des Compagnons, commandée par Alexandre, avec les Agrianes, les archers et les lanceurs de javelots ; à l’aile gauche, la cavalerie thessalienne et alliée sous Parménion. Les ailes sont disposées en retrait oblique, et une seconde ligne d’infanterie, formée des hoplites alliés et mercenaires, est placée derrière la première avec l’ordre de faire demi-tour si l’ennemi tourne l’armée. Cette organisation en profondeur, rarement pratiquée à l’époque, est la clé de la journée.
Au lieu d’attaquer de front, Alexandre fait obliquer son armée vers la droite, pour l’éloigner du terrain aplani. Darius lance alors sa cavalerie de gauche pour arrêter ce glissement, puis ses chars à faux contre le centre macédonien. Ceux-ci échouent : les troupes légères abattent les conducteurs et les chevaux, et les phalangites ouvrent leurs rangs pour laisser passer les attelages, qui sont neutralisés à l’arrière. L’extension du front perse vers la gauche finit par ouvrir une brèche entre l’aile gauche et le centre de Darius. Alexandre s’y engouffre à la tête des Compagnons, suivi par une partie de la phalange, et charge directement vers le Grand Roi, placé au centre de sa ligne comme le veut la tradition perse. Darius quitte le champ de bataille, et son centre se désagrège.
À l’aile gauche macédonienne, la situation est critique. La cavalerie de Mazaios déborde Parménion, tandis qu’une partie de la cavalerie perse et indienne s’infiltre par un intervalle ouvert dans la phalange et atteint le camp macédonien, où elle se livre au pillage avant d’être repoussée par la seconde ligne. Appelé à l’aide, Alexandre renonce à poursuivre Darius et se rabat vers sa gauche. Le temps qu’il arrive, les cavaliers thessaliens ont rétabli la situation, et l’aile droite perse, apprenant la fuite du roi, se retire à son tour. Alexandre reprend alors la poursuite jusqu’à Arbèles, qu’il atteint le lendemain. Il y trouve le char, l’arc et une partie du trésor de Darius, évalué selon les auteurs à 3 000 ou 4 000 talents, soit de l’ordre de 80 à 100 tonnes d’argent, mais le Grand Roi lui a échappé.
Les pertes perses sont inconnues ; les chiffres anciens, qui vont de 40 000 à 300 000 morts, n’ont aucune valeur statistique. Du côté macédonien, Arrien parle d’une centaine de fantassins et d’un millier de chevaux perdus, chiffre sans doute minoré. Alexandre est proclamé roi d’Asie par ses troupes, puis entre sans combat dans Babylone dans la seconde quinzaine d’octobre, la ville lui étant livrée par Mazaios, qu’il maintient comme satrape : premier exemple d’une politique d’association des élites perses qui heurtera nombre de ses compagnons macédoniens. Darius, réfugié en Médie puis en fuite vers l’Est, est assassiné en juillet 330 en Parthie par le satrape de Bactriane Bessos et ses complices.
Gaugamèles marque aussi la fin de la carrière du char à faux comme arme décisive. On le retrouve encore dans les armées séleucides et pontiques, jusqu’au Ier siècle av. J.-C., mais sans jamais y jouer un rôle déterminant.
1er octobre 1827 : l’armée russe sous Ivan Paskevitch prend d’assaut Erevan.

Après un siège d’environ six jours, le corps séparé du Caucase commandé par Ivan Paskevitch prend d’assaut Erivan, l’actuelle Erevan, principale place forte persane du Caucase du Sud. La chute de la ville, suivie trois semaines plus tard de celle de Tabriz, contraint la Perse qadjare à demander la paix.
La guerre russo-persane de 1826-1828 a été déclenchée par le prince héritier Abbas Mirza, qui espérait reprendre les territoires perdus en 1813 au traité de Golestan. Après des succès initiaux, les troupes persanes sont battues à Ganja en septembre 1826. Paskevitch, qui remplace Ermolov à la tête des forces russes du Caucase au printemps 1827, conduit une campagne méthodique. Il prend Nakhitchevan puis la forteresse d’Abbas-Abad en juillet 1827, isolant Erivan de ses renforts venus du sud. Une première tentative sur Erivan, conduite au printemps par le général Benckendorff, a été abandonnée.
Le second siège commence à la fin de septembre. L’artillerie russe ouvre une brèche dans l’enceinte en quelques jours. Une partie des travaux de siège est dirigée par Mikhaïl Poushchine, ancien officier du génie cassé de son grade et envoyé au Caucase comme simple soldat pour ses liens avec les décembristes ; sa conduite lui vaut une promotion. L’assaut est donné le 1er octobre, et la garnison, forte de 6 000 à 7 000 hommes, capitule. Hassan Khan, frère du sardar Hossein Khan qui gouvernait le khanat, est fait prisonnier. Les Russes capturent environ 4 000 hommes et 49 canons, pour des pertes très faibles, de l’ordre de quelques dizaines de tués et blessés selon les rapports russes.
Le détachement du général Eristov entre à Tabriz, capitale d’Abbas Mirza et deuxième ville de l’empire, le 24 octobre. Le chah Fath Ali ouvre alors des négociations, qui aboutissent au traité de Turkmantchaï le 21 février 1828. La Perse cède à la Russie les khanats d’Erivan et de Nakhitchevan et verse une lourde indemnité de guerre ; l’Araxe devient la frontière entre les deux empires. Le traité organise en outre le transfert vers les territoires annexés de dizaines de milliers d’Arméniens de Perse, qui modifie durablement la composition de la population de la région. Paskevitch reçoit en 1828 le titre de comte d’Erivan.

1er octobre 1861 : entrée en service du premier ballon du corps d’aérostiers de l’armée de l’Union (États-Unis).
Six mois après le début de la guerre de Sécession, l’aéronaute Thaddeus Lowe met en service l’Union, premier ballon construit pour l’armée fédérale. La date marque le début effectif de l’Union Army Balloon Corps, service civil d’observation aérienne rattaché à l’armée du Potomac, qui fournira au commandement nordiste des renseignements sur les positions confédérées jusqu’en 1863.
Né en 1832 dans le New Hampshire, Thaddeus Lowe est un aéronaute et chimiste autodidacte. Le 16 juin 1861, il fait une démonstration devant le président Lincoln : depuis son ballon Enterprise, captif à 500 pieds au-dessus de Washington, il transmet un télégramme à la Maison-Blanche grâce à un câble relié au sol. Convaincu, Lincoln appuie sa nomination comme chef aéronaute civil de l’armée. Lowe défend l’observation en ballon captif relié au télégraphe, alors que son rival John LaMountain préfère les vols libres au-dessus des lignes ennemies.
Pour gonfler ses ballons en campagne, Lowe fait construire au chantier naval de Washington des générateurs portatifs d’hydrogène, qui produisent le gaz en faisant agir de l’acide sulfurique sur de la limaille de fer. Il dispose d’une équipe d’aéronautes recrutés parmi ses proches, dont son père Clovis. Sept ballons sont construits : les grands Union, Intrepid, United States et Excelsior, et les plus petits Eagle, Constitution et Washington. En novembre 1861, une ancienne barge à charbon, le George Washington Parke Custis, est aménagée sur le Potomac pour mettre en œuvre un ballon depuis l’eau : c’est l’un des ancêtres du porte-aéronefs.
Les aérostiers participent à la campagne de la Péninsule en 1862, notamment au siège de Yorktown et à la bataille de Seven Pines (Fair Oaks), à la fin de mai, où les observations de Lowe permettent au général McClellan de renforcer à temps un secteur menacé. Ils sont encore présents à Fredericksburg et à Chancellorsville. Mais le statut civil du service, rattaché successivement à plusieurs administrations, ainsi que le scepticisme d’une partie des généraux et une réduction de la rémunération de Lowe l’amènent à démissionner en avril 1863. Le corps est dissous en août 1863. Le camp confédéré n’a mis en œuvre que quelques ballons, dont un fait de soie de robes, capturé en 1862.
1er octobre 1830 : le général Bertrand Clauzel crée officiellement le « corps des zouaves » après l’avoir formé le 8 septembre.
Par un arrêté daté d’Alger, le général Bertrand Clauzel, commandant en chef de l’armée d’Afrique, organise un corps d’infanterie de deux bataillons baptisé « zouaves », du nom des Zouaoua, confédération kabyle qui fournissait traditionnellement des soldats à la régence turque. Recrutée d’abord parmi les autochtones, l’unité devient en quelques années une troupe presque entièrement européenne et l’une des plus réputées de l’armée française.

Le corps expéditionnaire du général de Bourmont a débarqué à Sidi-Ferruch le 14 juin 1830, remporté la bataille de Staouéli le 19 juin, puis pris le fort l’Empereur le 4 juillet. Le dey Hussein capitule le lendemain. Quelques semaines plus tard, la révolution de Juillet renverse Charles X. Bourmont, légitimiste, est remplacé par Clauzel, nommé le 7 août, qui arrive à Alger au début de septembre. Entre-temps, sur la proposition du colonel d’Aubignosc, Bourmont a fait enrôler quelques centaines d’hommes issus des anciennes troupes auxiliaires de la régence.
Clauzel dispose d’effectifs réduits et le gouvernement de Louis-Philippe hésite à s’engager en Algérie. Il cherche donc à lever des troupes sur place. Le 8 septembre, il annonce au ministre de la Guerre, le maréchal Gérard, la formation d’un corps d’« Arabes zouaves ». L’arrêté du 1er octobre en fixe l’organisation : 2 bataillons de 8 compagnies de 100 hommes, placés respectivement sous les ordres du capitaine d’état-major Maumet et du capitaine du génie Duvivier. Les cadres sont des volontaires de toutes armes attirés par la promesse d’exercer les fonctions du grade supérieur ; parmi eux figurent de futurs généraux comme Lamoricière, entré au corps le 1er novembre 1830, ou Canrobert, qui y servira plus tard. Faute d’un recrutement indigène suffisant, Clauzel intègre dès les premiers mois des volontaires parisiens et des « volontaires de la Charte » envoyés par le nouveau régime, ainsi que des étrangers. Les autochtones et les Français reçoivent la même solde.
Le corps reçoit le baptême du feu dès le 2 octobre 1830 contre les troupes du bey du Titteri, puis participe en novembre à la première expédition de Médéa, où il tient garnison jusqu’à l’évacuation de la ville en janvier 1831. Le 3 juillet 1831, au retour de la seconde expédition de Médéa, les zouaves sauvent l’arrière-garde de la colonne du général Berthezène, violemment attaquée au col de Mouzaïa : c’est leur premier fait d’armes reconnu. Les ordonnances royales de mars 1831 consacrent l’existence du corps et y ajoutent deux escadrons de zouaves à cheval, les « chasseurs algériens » du capitaine Marey-Monge, bientôt versés dans les chasseurs d’Afrique.
Le recrutement indigène se révèle décevant, et les différences de mode de vie et de religion n’ont guère été prises en compte. L’ordonnance du 7 mars 1833 fusionne les deux bataillons en un seul, mixte, de dix compagnies, confié au chef de bataillon Lamoricière. Le corps s’accroît ensuite régulièrement : deux bataillons en 1835, trois en 1837. Les zouaves de Lamoricière forment la tête de la colonne d’assaut lors de la prise de Constantine, le 13 octobre 1837.
L’ordonnance du 8 septembre 1841, appliquée au printemps 1842, en fait un régiment de trois bataillons composé presque exclusivement d’Européens ; les soldats autochtones sont versés dans les bataillons de tirailleurs indigènes créés le 7 décembre 1841, ancêtres des tirailleurs algériens. Commandé successivement par Cavaignac, Ladmirault, Canrobert, d’Aurelle de Paladines puis Bourbaki, le régiment prend part à la plupart des grandes opérations de la conquête : Ouarsenis en 1842, Isly en 1844, siège et assaut de Zaatcha en 1849.
Le décret du 13 février 1852 porte à trois le nombre de régiments, chacun des bataillons existants servant de noyau. Ils se distinguent par la couleur du « tombeau », l’ornement de la veste : garance pour le 1er (Blida, colonel Bourbaki), blanc pour le 2e (Oran, colonel Vinoy), jonquille pour le 3e (Philippeville, colonel Tarbouriech).
La guerre de Crimée est leur première campagne hors d’Afrique. À l’Alma, le 20 septembre 1854, les zouaves de la division Bosquet escaladent les falaises dominant l’embouchure du fleuve et prennent à revers le flanc gauche russe. La statue du zouave du pont de l’Alma, œuvre de Georges Diebolt, rappelle cet épisode. Ils combattent encore à Inkerman en novembre, puis tout au long du siège de Sébastopol. Le 8 septembre 1855, le 1er zouaves, au sein de la division MacMahon, enlève la tour Malakoff, clef des défenses de la ville, dont la chute entraîne l’évacuation de Sébastopol par les Russes. La guerre se prolonge toutefois jusqu’au traité de Paris du 30 mars 1856. Dès décembre 1854, Napoléon III a créé un régiment de zouaves de la Garde impériale.

1er octobre 1906 : naissance d’Ángel Salas Larrazábal, as de la chasse nationaliste espagnole.
Né à Orduña, en Biscaye, Ángel Salas Larrazábal est l’un des meilleurs pilotes de chasse du camp nationaliste pendant la guerre d’Espagne, puis le premier commandant de l’« Escuadrilla Azul », l’escadrille espagnole engagée aux côtés de la Luftwaffe sur le front de l’Est. Il termine sa carrière comme l’une des plus hautes figures de l’armée de l’air espagnole.
Élève de l’académie d’artillerie de Ségovie à partir de 1921, il passe dans l’aviation militaire en 1928 et devient pilote de chasse en 1930. Au déclenchement du soulèvement militaire de juillet 1936, il se range dans le camp insurgé. Le 22 juillet 1936, avec un autre pilote, il bombarde le bourg basque d’Otxandio (Ochandiano), en Biscaye, alors en fête : l’attaque fait 61 morts civils, dont de nombreux enfants. C’est l’un des premiers bombardements de population civile de la guerre, antérieur de neuf mois à celui de Guernica. Il vaut à Salas, dans la mémoire basque, le surnom de « boucher d’Otxandio ».
Passé à la chasse, il remporte sa première victoire aérienne le 23 août 1936 près de Teruel et combat ensuite sur la plupart des fronts, dont Teruel et l’Èbre. Il effectue 618 missions de guerre, le chiffre le plus élevé de tous les pilotes du conflit, et totalise 1 215 heures de vol en opérations. Les sources lui attribuent 16 à 17 victoires homologuées pendant la guerre civile.
En 1941, il prend le commandement de la première Escuadrilla Azul, formée de volontaires espagnols intégrés au Jagdgeschwader 27 de la Luftwaffe, qui combat à partir du 2 octobre 1941 dans le secteur de Moscou. Il y remporte sept à huit victoires supplémentaires, ce qui porte son total à 24 ou 25 selon les sources, et reçoit la croix de fer. Général de corps aérien en 1966, il est l’un des trois membres du conseil de régence qui assure l’intérim du pouvoir entre la mort de Franco, le 20 novembre 1975, et la proclamation de Juan Carlos Ier comme roi, le 22 novembre. Sénateur pendant la transition démocratique, il est élevé en 1991 à titre honorifique à la dignité de capitaine général de l’armée de l’air, seul aviateur à l’avoir reçue. Il meurt à Madrid le 19 juillet 1994.
1er octobre 1912 : l’armée prussienne organise sa Fliegertruppe.
L’armée allemande dote son aviation d’une organisation propre : la Königlich Preußische Fliegertruppe (troupe d’aviation royale prussienne), à laquelle sont rattachés des détachements saxons et wurtembergeois, la Bavière créant de son côté sa propre aviation militaire. La date du 1er octobre 1912 est souvent retenue pour cette création, qui répond d’abord à l’avance prise par la France, dont l’Aéronautique militaire a reçu une existence légale au printemps de la même année.
L’armée allemande s’est longtemps concentrée sur le dirigeable rigide, que les succès du comte Zeppelin avaient rendu très populaire. Les premiers pilotes militaires ne sont formés qu’à partir de mai 1910, sur un biplan Farman importé de France, à l’initiative de l’industriel Walther Huth, puis à l’école provisoire d’aviation de Döberitz, près de Berlin. En 1911, une inspection du matériel aérien et automobile (Inspektion des Militär-Luft- und Kraftfahrwesens) prend en charge à la fois les dirigeables et les avions.
En France, les manœuvres de Picardie de septembre 1910 ont montré l’intérêt de l’avion pour la reconnaissance, et la loi du 29 mars 1912 organise l’aéronautique militaire en arme distincte. Le nombre d’avions et de pilotes militaires français dépasse alors largement celui de l’Allemagne. La presse et les milieux militaires allemands s’en inquiètent. En 1912, le prince Henri de Prusse, frère de l’empereur, lance une souscription nationale pour l’aviation, la Nationalflugspende, qui recueille plus de 7 millions de marks et finance la formation de pilotes et des primes aux constructeurs.
Le 1er octobre 1913, l’inspection est scindée en deux : l’Inspektion der Fliegertruppen (IdFlieg), pour les avions, et une inspection des troupes de dirigeables. L’aviation compte alors quatre bataillons, portés à cinq en 1914. À la mobilisation d’août 1914, l’armée allemande dispose de 254 pilotes, de 271 observateurs et d’environ 450 avions, dont un peu moins de 300 aptes au service en campagne, répartis en 33 sections d’aviation de campagne (Feldfliegerabteilungen). L’ensemble est réorganisé en octobre 1916 sous le nom de Luftstreitkräfte.
1er octobre 1916 : naissance de Violet « Vi » Cowden, pilote de chasse des WASP.
Née à Bowdle, dans le Dakota du Sud, Violet Clara Thurn, dite « Vi » Cowden, est l’une des 114 femmes pilotes des Women Airforce Service Pilots (WASP) qualifiées pour convoyer des avions de chasse pendant la Seconde Guerre mondiale : P-47 Thunderbolt, P-39 Airacobra, P-63 Kingcobra et surtout P-51 Mustang, son appareil préféré.
Elle grandit dans une ferme des Grandes Plaines, dans une maison de terre, et se passionne très jeune pour le vol. Institutrice à Spearfish, dans le Dakota du Sud, elle passe son brevet de pilote avant l’entrée en guerre des États-Unis. Après Pearl Harbor, elle se porte candidate au programme de formation créé par Jacqueline Cochran avec l’appui du général Henry Arnold. Avec 1,57 m et 42 kg, elle se trouve en dessous des normes physiques minimales : elle mange des bananes et boit du lait pour prendre les quelques kilos qui lui manquent.
Brevetée en 1943 après sa formation à Avenger Field, à Sweetwater, au Texas, elle est affectée au convoyage des avions neufs des usines vers les bases et les ports d’embarquement. Elle pilote 19 types d’appareils différents. Lorsque le programme des WASP est dissous, le 20 décembre 1944, alors que la formation des pilotes masculins suffit désormais aux besoins, elle ne cache pas son amertume de devoir renoncer au pilotage.
Installée ensuite en Californie du Sud, elle se marie et dirige avec son mari une fabrique de céramiques. Elle milite pour la reconnaissance des WASP, qui obtiennent le statut d’anciens combattants en 1977, puis la médaille d’or du Congrès en 2010. À 89 ans, en 2006, elle saute en parachute en tandem avec l’équipe de démonstration de l’armée de terre, les Golden Knights. Un documentaire lui est consacré, Wings of Silver: The Vi Cowden Story. Elle meurt le 10 avril 2011 à 94 ans.
1er octobre 1917 : premier décollage d’un avion depuis une tourelle de croiseur de bataille britannique.
Dans le Firth of Forth, en Écosse, le squadron commander Frederick Rutland, du Royal Naval Air Service, décolle aux commandes d’un chasseur Sopwith Pup depuis une rampe fixée sur la tourelle « B » de 381 mm du croiseur de bataille HMS Repulse. C’est le premier envol d’un avion depuis une tourelle d’un grand bâtiment de ligne de la Royal Navy. La technique va permettre d’embarquer des chasseurs sur les unités de la Grand Fleet.
En 1917, la Grand Fleet cherche un moyen de s’opposer aux Zeppelin qui éclairent la flotte allemande et d’empêcher ainsi l’ennemi de repérer ses propres escadres en mer du Nord. Les hydravions, trop lents et incapables de décoller par mer formée, ne suffisent pas. Il faut des chasseurs à roues, capables de décoller d’un navire en route puis d’amerrir ou de rejoindre la terre après leur mission. Le 28 juin 1917, Rutland a déjà réussi un premier décollage depuis une courte plateforme installée à l’avant du croiseur léger HMS Yarmouth. Le 21 août suivant, un pilote du même navire, le flight sub-lieutenant Bernard Smart, abat le Zeppelin L 23 au large du Danemark.
Le 1er octobre, vers 10 h 00, le Repulse file 24 nœuds à environ 4 milles de l’île d’Inchkeith. Le Sopwith Pup décolle de la plateforme posée sur les deux canons de la tourelle avant « B », orientée face à l’axe du navire. Le 8 octobre, Rutland renouvelle l’expérience depuis la tourelle arrière « Y », pointée sur le côté face au vent : l’essai montre qu’il n’est pas nécessaire de modifier la route du navire pour faire décoller l’avion, puisqu’il suffit d’orienter la tourelle. En 1918, plus d’une centaine de chasseurs, Sopwith Pup puis Sopwith Camel, sont ainsi répartis sur les cuirassés, les croiseurs de bataille et les croiseurs légers de la Grand Fleet.
Frederick Rutland s’était déjà rendu célèbre à la bataille du Jutland, le 31 mai 1916 : parti du transport d’hydravions Engadine, il avait mené la première reconnaissance aérienne d’une flotte ennemie au cours d’une bataille navale, ce qui lui valut le surnom de « Rutland of Jutland ». Après avoir quitté la Royal Air Force en 1923, il travaillera pour le renseignement naval japonais, notamment sur la conception des porte-avions, avant d’être interné en Grande-Bretagne de décembre 1941 à décembre 1943. Il meurt en 1949.
1er octobre 1918 : les cavaliers australiens et les forces arabes entrent dans Damas.
10 jours après la percée britannique de Megiddo, les premiers éléments du Desert Mounted Corps et les troupes arabes de l’émir Fayçal entrent dans Damas, abandonnée par l’armée ottomane. La chute de la ville marque l’effondrement de la domination ottomane en Syrie, un mois avant l’armistice de Moudros.
L’offensive déclenchée le 19 septembre 1918 par le général Allenby dans la plaine côtière de Palestine a disloqué les VIIe et VIIIe armées ottomanes. La cavalerie du général Chauvel, qui réunit des unités australiennes, néo-zélandaises, britanniques et indiennes, exploite la percée sur des centaines de kilomètres, tandis que l’armée arabe du Nord, conseillée par des officiers britanniques dont T. E. Lawrence, harcèle la voie ferrée du Hedjaz et les colonnes en retraite à l’est du Jourdain.
À l’aube du 1er octobre, le 10e régiment de Light Horse australien (3e brigade), chargée de couper la route de Homs au nord de la ville, traverse Damas et reçoit la reddition des autorités civiles. Les forces arabes font leur entrée dans la matinée ; Lawrence arrive peu après. Les Alliés font environ 20 000 prisonniers dans la région. Le choix de laisser les Arabes prendre symboliquement possession de la ville, où Fayçal installe une administration, a une portée politique : il se heurte bientôt aux accords Sykes-Picot, qui réservent la Syrie à l’influence française, et prépare le conflit franco-syrien de 1920. Alep tombe le 26 octobre et la Turquie signe l’armistice de Moudros le 30 octobre.
1er octobre 1919 : naissance d’Evelyn Sharp, pionnière de l’aviation américaine et pilote de convoyage morte en service.
Née à Melstone, dans le Montana, Evelyn Genevieve Sharp, surnommée « Sharpie », devient à 18 ans l’une des plus jeunes pilotes professionnelles des États-Unis, puis l’une des premières femmes à transporter le courrier aérien. Pilote de convoyage de l’Army Air Forces pendant la Seconde Guerre mondiale, elle se tue le 3 avril 1944 aux commandes d’un P-38 Lightning qui perd un moteur au décollage.
Née Lois Genevieve Crouse, elle est adoptée à l’âge de deux mois par John et Mary Sharp, qui s’installent plus tard à Ord, dans le Nebraska. À 16 ans, elle prend des leçons de pilotage auprès de Jack Jefford, un aviateur qui loge chez ses parents et paie ainsi sa pension. Elle effectue son premier vol solo le 4 mars 1936 sur un Aeronca C-3, obtient sa licence de pilote professionnelle à 18 ans et devient instructrice à 20 ans. Elle forme plus de 350 pilotes, notamment dans le cadre du Civilian Pilot Training Program, qui prépare l’Amérique à la guerre en formant des aviateurs civils. En mai 1938, à l’occasion de la semaine nationale de la poste aérienne, elle transporte le courrier au départ d’Ord : le Nebraska la présente comme la première femme pilote postale du pays.
En septembre 1942, le commandement du transport aérien de l’Army Air Forces crée le Women’s Auxiliary Ferrying Squadron (WAFS), dirigé par Nancy Harkness Love, pour libérer des pilotes masculins en confiant à des aviatrices expérimentées le convoyage des avions neufs des usines vers les bases. Evelyn Sharp, qui totalise plus de 3 000 heures de vol, fait partie des vingt-huit pilotes du groupe initial. En août 1943, les WAFS fusionnent avec le programme de formation de Jacqueline Cochran pour former les Women Airforce Service Pilots (WASP). Promue commandante d’escadrille, elle convoie aussi bien des avions d’entraînement que des chasseurs et des bombardiers.
Le 3 avril 1944, elle décolle de l’aérodrome de New Cumberland, près de Harrisburg, en Pennsylvanie, aux commandes d’un P-38 Lightning. Un moteur tombe en panne au décollage et l’avion s’écrase à proximité du terrain. Elle avait 24 ans et n’était plus qu’à trois vols de sa cinquième qualification. Comme les autres WASP, elle n’avait pas le statut militaire : sa famille n’a eu droit ni aux honneurs militaires ni à une pension. Trente-huit femmes pilotes des WASP sont mortes en service ; leur statut d’anciennes combattantes n’a été reconnu qu’en 1977. Evelyn Sharp est inhumée à Ord, dont l’aérodrome porte son nom.
1er octobre 1920 : naissance du capitaine Yves Hervouët, chef de l’escadron de chars de Diên Biên Phu.
Né à Marissel, faubourg de Beauvais, Yves Hervouët commande à Diên Biên Phu l’unique escadron de chars du camp retranché. Blessé à plusieurs reprises, il garde son commandement jusqu’à la chute de la place et meurt en captivité le 10 juillet 1954. Il est le parrain de la 200e promotion de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (2013-2016).
Admis en septembre 1942 à l’École spéciale militaire, repliée à Aix-en-Provence depuis 1940, il appartient à la promotion « Croix de Provence ». L’invasion de la zone libre le 11 novembre 1942 entraîne la dissolution de l’école et le renvoi des élèves dans leurs foyers. En mai 1943, Hervouët franchit les Pyrénées, connaît sans doute les camps d’internement espagnols comme la plupart des évadés de France, et rejoint l’Afrique du Nord. Il achève sa formation à l’école des élèves-aspirants de Cherchell.
Sous-lieutenant, il est affecté en avril 1944 au 5e régiment de chasseurs d’Afrique, régiment de chars de la 1re division blindée. Il débarque en Provence le 18 août 1944, à la tête d’un peloton antichar, dans les jours qui suivent l’assaut initial. Blessé le 14 septembre 1944 à Belmont, en Haute-Marne, où une stèle rappelle son souvenir, il est cité à l’ordre de la division. Il est promu lieutenant en décembre 1944, obtient une citation à l’ordre de l’armée et reste en Allemagne jusqu’en octobre 1945.
Après la guerre, il sert au 13e régiment de dragons et au 5e régiment de cuirassiers. Capitaine le 1er janvier 1950, il effectue un premier séjour en Indochine où il commande un escadron, notamment lors d’opérations d’ouverture de la route coloniale n° 1 dans le Centre-Vietnam ; il y est blessé en 1951. Rentré en Europe, il commande un escadron du 3e régiment de spahis algériens en Allemagne.
Revenu en Indochine en 1953 au titre du 1er régiment de chasseurs, il est désigné au début de janvier 1954 pour commander l’escadron de marche formé pour Diên Biên Phu. 10 chars légers M24 Chaffee ont été acheminés en pièces détachées par avion et remontés dans la cuvette. Répartis en 3 pelotons, dont un détaché au point d’appui Isabelle, ils constituent la seule réserve blindée du camp retranché. Hervouët rejoint la cuvette le 9 janvier.
Les chars sont engagés dans presque toutes les contre-attaques. Hervouët est légèrement blessé le 11 mars lors d’une action en direction de Béatrice. Il appuie les tentatives de dégagement de Gabrielle le 15 mars, puis la sortie du 28 mars contre les positions antiaériennes viet-minh à l’ouest du camp. Grièvement atteint aux deux bras, il refuse son évacuation sanitaire sur Hanoï et continue à diriger ses chars, les bras plâtrés, jusqu’au 7 mai. Au cours de la bataille, il est blessé trois fois.
Fait prisonnier à la chute du camp, il est contraint, malgré ses blessures, de marcher avec les colonnes de prisonniers dirigées vers les camps du Vietminh, qui ne rend aux Français qu’une partie des blessés et retient la quasi-totalité des officiers. Épuisé et malade, il meurt le 10 juillet 1954. Erwan Bergot a évoqué dans Convoi 42 son calvaire durant cette marche. Le 15 juin 1954, le lieutenant-colonel Audemard d’Alançon, commandant le 1er régiment de chasseurs, le décrivait comme un chef de grande classe.
Officier de la Légion d’honneur, titulaire de la croix de guerre 1939-1945 et de la croix de guerre des TOE, il a été blessé 5 fois au cours de sa carrière. Une rue de Nantes porte son nom.
Erwan Bergot nous laisse ce témoignage de la colonne de blessés à la chute du camps de Diên Biên Phu : « Assis en rond, les arrivants regardèrent s’ébranler la colonne de leurs camarades. Ils avaient de se voir dans un miroir, tellement l’allure générale était semblable à la leur. Mallier eut le cœur serré en voyant passer devant lui un officier dont les deux avant-bras étaient maintenus dans des plâtres souillés. – Je le reconnais, dit quelqu’un, c’est le capitaine Hervouët, qui commandait les chars à Diên Biên Phu. – Les Viets auraient pu le laisser évacuer, observa Mallier, c’est scandaleux de faire marcher un homme dans cet état. – Ils ont systématiquement refusés de restituer les officiers, précisa « Jo » Allenic. À Diên Biên Phu, il en reste encore une quinzaine, blessés aux jambes, qui seront lancés sur la piste dès qu’ils seront en état de marcher. Ou jugés tels. »

1er octobre 1931 : premier vol du chasseur Dewoitine D.37.
À Toulouse, le prototype du Dewoitine D.37, chasseur monoplace à aile haute de type parasol, effectue son premier vol. Il est le seul concurrent du programme de chasseur lancé en 1930 par le ministère de l’Air à voler dès 1931. Produit en petite série pour l’armée de l’Air et l’aéronavale sous la désignation D.371 et ses dérivés, il connaît surtout le combat dans le camp républicain pendant la guerre d’Espagne.
Rentré de Suisse, où il avait dû s’installer après les difficultés de sa première entreprise, Émile Dewoitine fonde à Toulouse la Société aéronautique française (SAF-Avions Dewoitine). Pour le concours de chasseur de 1930, il conçoit un monoplan à aile parasol, de construction mixte associant bois, contreplaqué et métal, propulsé par un moteur en étoile Gnome et Rhône 14K de la famille Mistral Major, d’environ 700 ch pour le prototype. Le ministère retient finalement le Morane-Saulnier MS.225 comme chasseur principal et le Dewoitine comme appareil d’appoint. Faute de capacités suffisantes à Toulouse, la fabrication en série est confiée à Lioré et Olivier.
La version de série D.371, qui vole en mars 1934, reçoit un Gnome et Rhône 14K de 800 ch. Elle atteint environ 375 km/h et porte deux mitrailleuses MAC de 7,5 mm dans les ailes. L’armée de l’Air en commande 28 exemplaires, et l’aéronavale reçoit 19 D.373 équipés d’une crosse d’appontage, puis 25 D.376 à ailes repliables destinés au porte-avions Béarn. Dans l’armée de l’Air, la formule parasol est vite dépassée : les D.371 sont retirés en février 1939, et les appareils de l’aéronavale en avril 1940, sans avoir combattu contre l’Allemagne.
En Espagne, dès août 1936, le gouvernement de Léon Blum laisse partir, officieusement et malgré la politique de non-intervention, une douzaine de D.371 désarmés vers la République, notamment pour l’escadrille internationale organisée par André Malraux. Des D.372 construits pour l’exportation, dont une commande lituanienne, sont eux aussi détournés vers l’Espagne. Pilotés en partie par des mercenaires et des volontaires français, ces appareils escortent les bombardiers républicains et remportent certaines des premières victoires aériennes du camp gouvernemental contre les Heinkel He 51 de la Légion Condor et de l’aviation nationaliste. Ils sont vite surclassés, puis remplacés par les chasseurs soviétiques Polikarpov I-15 et I-16 livrés à partir de l’automne 1936.
1er octobre 1936 : Franco investi chef de l’État nationaliste à Burgos.
Deux jours après sa désignation par la Junta de Defensa Nacional, le général Francisco Franco est solennellement investi à Burgos comme chef du gouvernement de l’État espagnol et généralissime des armées nationalistes. La date, célébrée ensuite comme « jour du Caudillo », fonde un pouvoir personnel qui durera jusqu’en 1975.
Le soulèvement militaire des 17 et 18 juillet 1936 n’a réussi que dans une partie du territoire. La direction du camp insurgé revient d’abord à une junte de généraux réunie à Burgos sous la présidence du général Cabanellas. La mort du général Sanjurjo, chef désigné du complot, dans un accident d’avion le 20 juillet, et les succès de l’armée d’Afrique, que Franco a fait passer le détroit de Gibraltar grâce à l’aide aérienne allemande et italienne, placent celui-ci en position de force. Le 27 septembre, ses troupes délivrent l’Alcazar de Tolède, assiégé depuis juillet, ce qui accroît encore son prestige. Le 29 septembre, la junte lui confère le commandement suprême et la direction de l’État. L’investiture du 1er octobre confirme cette concentration du pouvoir militaire et politique, que Franco consolide en avril 1937 en fusionnant de force les phalangistes et les carlistes dans un parti unique.
1er octobre 1938 : la Wehrmacht entre dans les Sudètes.
En application des accords de Munich, signés dans la nuit du 29 au 30 septembre par Hitler, Mussolini, Chamberlain et Daladier sans la participation de la Tchécoslovaquie, les troupes allemandes franchissent la frontière et commencent l’occupation des régions à majorité germanophone de Bohême et de Moravie.
L’occupation se déroule en cinq zones successives jusqu’au 10 octobre. La Tchécoslovaquie perd environ 29 000 km², plus de trois millions d’habitants et surtout la ligne de fortifications construite depuis 1935 le long de la frontière allemande, qui la rendait défendable. Elle doit aussi céder au même moment la région de Teschen à la Pologne, dont les troupes entrent à partir du 2 octobre, puis, au début de novembre, une partie de la Slovaquie méridionale à la Hongrie. Privé de ses défenses, l’État tchécoslovaque ne peut s’opposer à l’occupation de la Bohême-Moravie en mars 1939. Pour la France, dont l’alliance avec Prague était la clef de voûte du système de sécurité en Europe centrale, Munich signe l’effondrement de ce dispositif.
1er octobre 1940 : le prototype du Vought F4U Corsair dépasse les 400 miles à l’heure.
Entre Stratford et Hartford, dans le Connecticut, le prototype XF4U-1 de Chance Vought parcourt environ 80 km à la vitesse moyenne de 405 miles à l’heure (652 km/h) par rapport au sol. Il devient le premier chasseur monomoteur américain à franchir le cap des 400 mph. Le futur Corsair sera l’un des meilleurs chasseurs embarqués de la Seconde Guerre mondiale.
Conçu par l’équipe de Rex Beisel pour répondre à un appel d’offres de l’US Navy de 1938, l’avion est construit autour du moteur le plus puissant disponible, le Pratt & Whitney R-2800 Double Wasp, un moteur en étoile de 18 cylindres développant 2 000 ch. Pour loger l’hélice tripale de plus de quatre mètres de diamètre sans allonger exagérément le train d’atterrissage, les ingénieurs dessinent une aile en « W » (en mouette inversée), qui devient la signature de l’appareil. Le prototype a volé pour la première fois le 29 mai 1940, piloté par Lyman Bullard.
La performance du 1er octobre doit être relativisée. La vitesse annoncée est une vitesse sol, mesurée sur un seul trajet sans aller-retour, ce qui n’exclut pas l’effet d’un vent arrière. Lors des essais de réception de la Navy, l’avion en configuration réglementaire atteint environ 371 mph. Le bimoteur Lockheed P-38 revendiquait déjà des vitesses supérieures. L’effet du vol du 1er octobre sur la Navy est pourtant décisif : elle commande le Corsair en série en juin 1941.
Les débuts sont difficiles. Le poste de pilotage, reculé pour faire place à un réservoir de fuselage, offre une mauvaise vue vers l’avant à l’appontage, et l’avion a tendance à rebondir sur le pont. La Navy confie donc d’abord le Corsair aux escadrilles du Marine Corps basées à terre, qui l’engagent à Guadalcanal à partir de février 1943, puis à des flottilles de la Navy opérant depuis la terre, comme la VF-17 « Jolly Rogers ». Les Britanniques mettent au point la technique d’appontage en virage et embarquent le Corsair avant les Américains. Il n’est qualifié pour l’emploi sur porte-avions de l’US Navy qu’en 1944. Construit jusqu’en 1953 à plus de 12 500 exemplaires, dernier chasseur à pistons produit en série aux États-Unis, il combat encore en Corée. L’aéronavale française l’utilise en Indochine, lors de l’expédition de Suez en 1956 et en Algérie, sous la forme du F4U-7, version construite pour elle.
1er octobre 1942 : le cargo japonais Lisbon Maru est torpillé avec plus de 1 800 prisonniers britanniques à bord.
Au large de l’archipel des Zhoushan, en mer de Chine orientale, le sous-marin américain USS Grouper torpille le Lisbon Maru, un cargo réquisitionné qui transporte de Hong Kong vers le Japon quelque 1 800 prisonniers de guerre britanniques, capturés lors de la chute de la colonie en décembre 1941. Aucun signe ne signalait leur présence à bord.
Le navire ne coule pas immédiatement. Pendant près d’une journée, les gardes japonais maintiennent les prisonniers enfermés dans les cales, dont les panneaux sont condamnés, alors que l’eau monte. Lorsque le cargo commence à sombrer, le 2 octobre au matin, des prisonniers parviennent à forcer les écoutilles ; certains sont abattus en tentant de s’échapper. Des pêcheurs chinois des îles voisines recueillent plusieurs centaines de naufragés et en cachent quelques-uns, qui réussiront à rejoindre les lignes alliées. Environ 800 à 830 prisonniers périssent. Les survivants repris par les Japonais sont envoyés dans des camps de travail au Japon, où d’autres mourront. L’épave, localisée en 2019 par un chercheur chinois, a fait l’objet d’un documentaire chinois en 2024 et de démarches des familles pour la protection du site.

1er octobre 1942 : le Bell XP-59A Airacomet, premier avion à réaction américain, quitte le sol.
Sur le lac asséché de Muroc, dans le désert californien, le pilote d’essai en chef de Bell, Robert Stanley, décolle pour la première fois aux commandes du prototype XP-59A n° 42-108784, équipé de deux turboréacteurs General Electric dérivés du moteur de Frank Whittle. Ce premier avion à réaction américain s’élève à une trentaine de mètres à peine, lors d’essais de roulage à grande vitesse. Le vol officiel a lieu le lendemain.
Les États-Unis ont pris du retard dans la propulsion à réaction : le Heinkel He 178 allemand a volé en août 1939, et le Gloster E.28/39 britannique, propulsé par un réacteur Whittle, en mai 1941. En visite en Grande-Bretagne au printemps 1941, le général Henry Arnold, chef de l’Army Air Corps, découvre les travaux de Whittle et obtient leur transfert. Un exemplaire du réacteur W.1X et les plans du W.2B sont envoyés aux États-Unis à l’automne 1941. General Electric, qui maîtrise les turbocompresseurs, reçoit le 4 septembre 1941 la commande d’une version américaine, qui devient le General Electric I-A, d’environ 570 kg de poussée. Bell Aircraft, installé à Buffalo, est chargé de concevoir la cellule d’un chasseur biréacteur.
Le programme est mené dans le plus grand secret. L’appareil reprend la désignation XP-59, attribuée auparavant à un projet de chasseur à hélice de Bell sans aucun rapport, pour égarer les curieux. Le prototype est acheminé par voie ferrée jusqu’à Muroc, et une fausse hélice est fixée sur son nez lorsqu’il est déplacé au sol.
Le 1er octobre 1942, Robert Stanley effectue plusieurs essais de roulage au cours desquels l’avion décolle, jusqu’à une hauteur d’une trentaine de mètres au plus. Le 2 octobre, le colonel Laurence Craigie, de l’Army Air Forces, réalise le vol officiel et monte à 10 000 pieds, devenant le premier pilote militaire américain d’un avion à réaction.
Les performances sont décevantes. Le P-59 ne dépasse pas 640 km/h environ en altitude, moins que les meilleurs chasseurs à hélice de l’époque, et sa stabilité comme pilote de tir est médiocre. Bell construit trois XP-59A, treize YP-59A de présérie et cinquante appareils de série, P-59A et P-59B. L’US Navy en évalue deux sous la désignation YF2L-1 et les juge inadaptés à l’emploi embarqué. L’Airacomet ne combat jamais. Il sert à former les premiers pilotes et mécaniciens américains de l’ère du réacteur, notamment au sein du 412th Fighter Group, en attendant le Lockheed P-80 Shooting Star. Le prototype 42-108784, surnommé Miss Fire, est conservé par le National Air and Space Museum de la Smithsonian Institution à Washington.
1er octobre 1943 : les Alliés entrent dans Naples.
3 semaines après le débarquement de Salerne, les avant-gardes de la Ve armée américaine du général Clark entrent dans Naples, première grande ville d’Europe occidentale libérée. La population s’est soulevée contre l’occupant quelques jours plus tôt.
Le débarquement du 9 septembre 1943 dans le golfe de Salerne, le lendemain de l’annonce de l’armistice italien, a failli tourner à l’échec face aux contre-attaques allemandes. Le front stabilisé, les Alliés progressent vers le nord. Du 27 au 30 septembre, les « quatre journées de Naples » voient des civils et d’anciens militaires italiens affronter les troupes allemandes, qui se retirent en laissant derrière elles un port systématiquement détruit : quais minés, grues abattues, navires sabordés dans les bassins. Les éléments blindés britanniques du King’s Dragoon Guards entrent dans la ville le 1er octobre, suivis des troupes américaines. Les ingénieurs alliés remettent le port en service en quelques semaines ; il devient la principale base logistique de la campagne d’Italie. Des mines à retardement laissées par les Allemands explosent encore dans les jours suivants, dont une qui détruit la grande poste le 7 octobre.
1er octobre 1946 : le tribunal militaire international de Nuremberg prononce ses peines.
Au terme d’un procès ouvert le 20 novembre 1945, les juges de Nuremberg, qui ont lu leur jugement les 30 septembre et 1er octobre 1946, prononcent dans l’après-midi du 1er octobre les peines frappant les 22 principaux dirigeants du IIIe Reich poursuivis.
12 accusés sont condamnés à mort par pendaison : Göring, Ribbentrop, Keitel, Kaltenbrunner, Rosenberg, Frank, Frick, Streicher, Sauckel, Jodl, Seyss-Inquart et, par contumace, Martin Bormann. Hess, Funk et Raeder sont condamnés à la réclusion à perpétuité, Speer et Schirach à vingt ans de prison, Neurath à 15 ans et Dönitz à 10 ans. 3 accusés sont acquittés : Schacht, von Papen et Fritzsche, ce qui provoque une opinion dissidente du juge soviétique. Le tribunal déclare en outre criminelles plusieurs organisations, dont la SS, la Gestapo et le SD et le corps des chefs politiques du parti national-socialiste, mais pas l’état-major général ni le haut commandement de la Wehrmacht.
Göring se suicide au cyanure dans sa cellule le 15 octobre, quelques heures avant l’heure prévue pour son exécution. Les 10 autres condamnés présents sont pendus dans la nuit du 15 au 16 octobre dans le gymnase de la prison de Nuremberg. Les condamnés à des peines de prison purgent celles-ci à Spandau, où Rudolf Hess, dernier détenu, meurt en 1987.
1er octobre 1946 : premier numéro de la revue Forces aériennes françaises.
1er octobre 1947 : premier vol du prototype du North American F-86 Sabre.
Sur la base de Muroc, en Californie, le pilote d’essai George Welch fait décoller le XP-86, premier avion de chasse américain à aile en flèche. Construit à près de 10 000 exemplaires, le Sabre devient le principal adversaire du MiG-15 dans le ciel de Corée.
North American avait conçu à l’origine un chasseur à aile droite pour l’US Navy, le FJ-1 Fury. L’exploitation des travaux aérodynamiques allemands, récupérés en 1945, conduit l’avionneur à adopter pour la version destinée à l’US Army Air Forces une aile en flèche à 35 degrés, dotée de becs de bord d’attaque automatiques, qui repousse les effets de compressibilité à l’approche de la vitesse du son. Le prototype vole avec un réacteur General Electric J35 ; les appareils de série recevront le J47, plus puissant.
Welch a soutenu avoir franchi le mur du son en piqué dès ce premier vol, deux semaines avant le vol officiel de Chuck Yeager sur le Bell X-1, le 14 octobre 1947. Faute d’instruments de mesure fiables, cette affirmation n’a jamais été établie. Le franchissement du mur du son en piqué par le XP-86 est en revanche attesté au printemps 1948. En juin 1948, la jeune US Air Force remplace le préfixe « P » (pursuit) par « F » (fighter) : le prototype devient XF-86 et l’appareil de série F-86. Entré en service en 1949, le Sabre arrive en Corée en décembre 1950. Il est ensuite produit sous licence au Canada, en Australie, en Italie et au Japon, et sert dans une trentaine de forces aériennes.
1er octobre 1948 : création du 2e BEP, ancêtre du 2e REP (Légion étrangère).
Le 2e BEP, ancêtre du 2e régiment étranger de parachutistes, est officiellement créé en Algérie le 1er octobre 1948, en application d’une prescription ministérielle du 27 mars précédent. Engagé en Indochine de 1949 à 1955, il y est anéanti à Diên Biên Phu avant d’être reconstitué.
3 mois après le 1er BEP, formé à Khamisis le 1er juillet 1948, le bataillon naît à Sétif avec une compagnie de commandement et des services et trois compagnies de combat. Ses cadres et légionnaires proviennent de la 4e demi-brigade de Légion étrangère au Maroc et du dépôt commun des régiments étrangers de Sidi-bel-Abbès ; ils sont brevetés parachutistes à l’école des troupes aéroportées. Le premier chef de corps est le capitaine Solnon.
Le bataillon embarque à Mers el-Kébir le 13 janvier 1949 sur le Maréchal Joffre et débarque à Saïgon le 9 février. Engagé d’abord en Annam et au Cambodge, où il adopte son insigne en 1949, il est transféré au Tonkin. Au début de 1951, sous l’impulsion du général de Lattre, sa 3e compagnie est remplacée par une compagnie indochinoise parachutiste de la Légion étrangère (CIPLE), composée en majorité de Vietnamiens ; une compagnie de marche porte ensuite l’effectif à quatre compagnies.
En octobre 1951, lors de l’offensive vietminh contre Nghia Lo, verrou de la haute région sur la route coloniale n° 6, le bataillon, commandé par le chef d’escadrons Rémy Raffalli, est parachuté sur les arrières de l’adversaire à Gia Hoï et contribue au dégagement du poste. Il combat ensuite sur la RC 6, dans la bataille de Hoa Binh, à Na San et lors de l’opération aéroportée sur Lang Son en juillet 1953. Raffalli, mortellement blessé lors d’une opération au sud de Hanoï, meurt le 10 septembre 1952.
Le 2e BEP est largué sur Diên Biên Phu à partir du 9 avril 1954, alors que le camp retranché est déjà réduit aux points d’appui centraux. Après l’échec de la contre-attaque sur Huguette 1, le 23 avril, où il subit de lourdes pertes, ses survivants sont fusionnés avec ceux du 1er BEP en un bataillon de marche étranger de parachutistes, qui combat jusqu’au 7 mai.
Le bataillon est reconstitué le 1er juin 1954 à partir de sa base arrière et du 3e BEP venu d’Algérie. Il quitte l’Indochine le 1er novembre 1955 sur le Pasteur et devient le 2e régiment étranger de parachutistes le 1er décembre 1955. Son fanion porte 6 citations à l’ordre de l’armée et la fourragère aux couleurs de la Légion d’honneur. Environ 1 500 officiers, sous-officiers et légionnaires sont morts dans ses rangs en Indochine, dont un chef de corps.

1er octobre 1950 : l’armée sud-coréenne franchit le 38e parallèle.
Deux semaines après le débarquement d’Inchon, la 3e division d’infanterie sud-coréenne franchit le 38e parallèle sur la côte est de la péninsule et pénètre en Corée du Nord. La date est célébrée depuis 1956 en Corée du Sud comme journée des forces armées.
Le débarquement d’Inchon, le 15 septembre 1950, et la reprise de Séoul le 28 septembre ont provoqué l’effondrement de l’armée nord-coréenne au sud du parallèle. Le 1er octobre, le général MacArthur adresse par radio au gouvernement nord-coréen un appel à la capitulation, qui reste sans réponse. Le même jour, les troupes du président Syngman Rhee, qui revendique la réunification du pays, passent la ligne sans attendre l’autorisation des Nations unies. L’Assemblée générale de l’ONU adopte le 7 octobre une résolution qui ouvre la voie à l’occupation du Nord ; les premières unités américaines franchissent le parallèle le 9 octobre.
Dans la nuit du 2 au 3 octobre, le Premier ministre chinois Zhou Enlai fait savoir, par l’intermédiaire de l’ambassadeur de l’Inde à Pékin, que la Chine interviendra si des troupes américaines franchissent la ligne. L’avertissement n’est pas pris au sérieux à Washington. Les « volontaires du peuple chinois » commencent à traverser le Yalou le 19 octobre.
1er octobre 1950 : création de l’armée de l’air danoise, le Flyvevåbnet.
Le Danemark se dote d’une armée de l’air indépendante, le Flyvevåbnet, qui devient le troisième « værn » (armée) du pays aux côtés de l’armée de terre et de la marine. Elle réunit les formations aériennes de l’armée de terre, les Hærens Flyvetropper, et l’aéronavale, le Marinens Flyvevæsen, qui existaient séparément depuis la veille de la Première Guerre mondiale.
Le 9 avril 1940, l’attaque allemande a détruit au sol la plus grande partie des appareils danois, notamment sur le terrain de Værløse, et les deux aviations sont restées inactives pendant l’Occupation. Plusieurs aviateurs danois ont rejoint la Royal Air Force ou l’aviation norvégienne en exil. Dès la Libération, le commandement estime qu’il faut une armée de l’air unique, mais les désaccords entre l’armée et la marine retardent la réforme. Entre-temps, les deux services reçoivent des Spitfire IX et des Spitfire de reconnaissance britanniques en 1947-1948, puis, le 20 janvier 1950, les trois premiers chasseurs à réaction Gloster Meteor.
L’adhésion du Danemark à l’OTAN, en avril 1949, accélère les choses. Le projet de loi est déposé en avril 1950 et le Flyvevåbnet est créé le 1er octobre. Son premier commandant est le général de corps aérien (generalløjtnant) Christian Førslev ; l’état-major s’installe à Vedbæk en 1952. L’aide militaire américaine permet de livrer à partir de 1951 plus de 200 F-84 Thunderjet, suivis de F-86 Sabre, de Hawker Hunter britanniques, de F-100 Super Sabre et de F-104 Starfighter. Les principales bases sont Skrydstrup, Karup et Aalborg, complétées par Vandel, Tirstrup et Værløse.
À partir de 1970, le Danemark aligne aussi des Saab 35 Draken suédois. Il choisit en 1975 le F-16, avec la Belgique, les Pays-Bas et la Norvège ; les premiers appareils sont livrés en 1980. Engagé en opérations extérieures depuis les années 1990, le Flyvevåbnet participe aux frappes de l’OTAN contre la Yougoslavie en 1999, puis aux opérations en Afghanistan, en Libye en 2011 et contre l’État islamique en Irak et en Syrie. Les F-35A qui remplacent les F-16 arrivent au Danemark en 2023.
Nuit du 1er au 2 octobre 1955 : l’Armée de libération marocaine attaque les postes français du Rif.
Dans la nuit du 1er au 2 octobre 1955, des groupes de l’Armée de libération marocaine (ALM) attaquent simultanément plusieurs postes militaires et bureaux des affaires indigènes du Maroc sous protectorat français, dans le Rif oriental et le Moyen Atlas : Boured, Tizi Ouzli et Aknoul au nord de Taza, Imouzzer des Marmoucha au sud. Le secteur de Boured, Tizi Ouzli et Aknoul reçoit dans la presse le surnom de « triangle de la mort ».
Depuis la déposition et l’exil du sultan Mohammed ben Youssef en août 1953, la situation au Maroc n’a cessé de se dégrader. Au terrorisme urbain des années 1953-1954 s’est ajouté, au mois d’août 1955, le massacre d’Oued-Zem et la répression qui a suivi. Le 1er octobre 1955, le sultan Ben Arafa, installé par les autorités françaises, quitte Rabat pour Tanger : c’est la première étape du règlement qui aboutit au retour de Mohammed V en novembre. L’ALM, dont les chefs ont préparé leurs opérations depuis la zone espagnole, voisine, choisit ce moment pour ouvrir un front armé.
Les attaques commencent peu après minuit. À Boured, le bureau des affaires indigènes, dépourvu de défenses extérieures, est enlevé ; plusieurs militaires français et marocains du protectorat sont tués, les autres faits prisonniers. À Tizi Ouzli, le poste résiste. L’attaque contre Aknoul échoue. D’autres postes sont assaillis dans les jours suivants, notamment dans la région de Taza. Le commandement français engage d’importants renforts, dont une dizaine de bataillons, avec l’appui de l’aviation et de l’artillerie, pour encercler la tribu des Gzenaya, principal foyer du soulèvement ; une grande partie de la population se réfugie en zone espagnole. Les opérations se poursuivent pendant plusieurs mois dans le Rif, jusqu’à l’indépendance du Maroc, reconnue le 2 mars 1956. Les combattants de l’ALM seront en partie intégrés aux Forces armées royales créées en mai 1956.
1er octobre 1959 : Johnny Squier, premier pilote britannique à s’éjecter en vol supersonique.
Au-dessus de la mer d’Irlande, le pilote d’essai d’English Electric John « Johnny » Squier s’éjecte à Mach 1,7 du prototype biplace du Lightning, qui vient de perdre sa dérive. Porté disparu, il dérive pendant près de 29 heures dans son canot pneumatique avant d’atteindre la côte écossaise. C’est la première éjection supersonique réussie à bord d’un avion britannique.
Le Lightning, premier chasseur britannique capable de voler à Mach 2, est alors en plein développement à Warton, dans le Lancashire. Une version d’entraînement biplace, où l’élève et l’instructeur sont assis côte à côte, est mise au point pour la Royal Air Force : le prototype du T.4, immatriculé XL628, a fait son premier vol le 6 mai 1959.
Le 1er octobre, vers 11 h 15, Squier décolle de Warton pour un essai de roulis à haute vitesse. Vers 35 000 à 40 000 pieds, à Mach 1,7, il braque les ailerons à fond. L’appareil part dans un roulis rapide que le pilote ne parvient pas à contrôler, et la dérive se détache. Squier actionne son siège éjectable Martin-Baker. Le souffle de l’air à cette vitesse lui cause de graves blessures : deux vertèbres tassées, des hémorragies aux yeux et aux oreilles, une surdité passagère et de fortes contusions aux bras et aux jambes.
Il amerrit dans la mer d’Irlande, s’installe dans son canot de sauvetage et dérive vers le nord, tandis que les recherches restent vaines. Près de 29 heures plus tard, il touche terre dans la baie de Wigtown, dans le sud-ouest de l’Écosse ; il croit d’abord avoir abordé en Irlande. L’épave est localisée au large de Garlieston. L’enquête attribue l’accident à une perte de stabilité directionnelle, que les ingénieurs relient à l’élargissement de l’avant du fuselage pour loger le second siège. Après 8 mois de soins, notamment à l’infirmerie royale de Preston, Squier reprend les vols d’essai.
1er octobre 1963 : deux LC-130F Hercules de l’US Navy relient pour la première fois l’Afrique du Sud à l’Antarctique en passant par le pôle Sud.
Partis du Cap le 30 septembre 1963, deux Lockheed LC-130F Hercules à skis de l’escadrille d’essais VX-6 se posent le 1er octobre sur la base de McMurdo, dans la mer de Ross, après avoir survolé le pôle Sud. Placé sous le commandement du contre-amiral James R. Reedy, chef de la force navale de soutien en Antarctique, le vol couvre environ 7 560 km sans escale en 14 heures et 26 minutes. C’est la première liaison aérienne directe entre l’Afrique et le continent antarctique.
Depuis 1955, l’US Navy assure la logistique du programme scientifique américain en Antarctique dans le cadre des opérations Deep Freeze. Jusque-là, les personnels et le fret arrivaient à McMurdo depuis Christchurch, en Nouvelle-Zélande. La Navy a reçu au début des années 1960 ses premiers Hercules équipés de skis, d’abord désignés C-130BL puis LC-130F à partir de 1962. Leur rayon d’action et leur capacité à se poser sur la neige transforment le ravitaillement de l’intérieur du continent, en particulier de la station Amundsen-Scott, installée au pôle Sud depuis 1956.
Le vol du Cap doit démontrer qu’une route transantarctique entre l’Afrique australe et le continent est praticable, et ouvrir la campagne Deep Freeze 64. Les deux appareils portent les numéros de coque 318 et 320. Le contre-amiral Reedy prend place à bord du 318, commandé par le capitaine de corvette Richard Dickerson ; le 320 est piloté par le lieutenant de vaisseau Bill Kurlak. Les avions suivent le méridien 18° 30′ Est, survolent sur plus de 2 200 km des étendues encore mal cartographiées de la Terre de la Reine-Maud et du plateau antarctique, puis passent au-dessus de la station du pôle Sud. Ils y larguent un sac de courrier pour l’équipe qui vient d’hiverner, isolée depuis plusieurs mois, avant de rejoindre McMurdo.
Diplômé de l’Académie navale d’Annapolis en 1933, James Reedy commande la force de soutien en Antarctique de 1962 à 1965. Le glacier Reedy, qui descend du plateau polaire vers la plate-forme de Ross, porte son nom. L’escadrille VX-6, rebaptisée VXE-6 en 1969, assure le soutien aérien des bases américaines jusqu’en 1999, date à laquelle la garde nationale aérienne de l’État de New York reprend la mission avec ses propres LC-130.
1er octobre 1985 : opération Jambe de bois, raid aérien israélien contre le quartier général de l’OLP à Tunis.
Des chasseurs-bombardiers F-15 de l’armée de l’air israélienne frappent le quartier général de l’Organisation de libération de la Palestine à Hammam Chott, dans la banlieue sud de Tunis, à une vingtaine de kilomètres du centre de la capitale et à plus de 2 000 km de leurs bases. Le raid fait 68 morts, 50 Palestiniens et 18 Tunisiens, et une centaine de blessés.
L’OLP s’est installée en Tunisie en 1982, après son évacuation de Beyrouth assiégé par l’armée israélienne. Le 25 septembre 1985, trois Israéliens sont assassinés sur un yacht dans le port de Larnaca, à Chypre, par un commando lié à la Force 17, la garde rapprochée de Yasser Arafat. Le cabinet israélien de Shimon Peres décide de riposter contre la direction de l’organisation.
10 F-15 décollent d’Israël le 1er octobre au matin, dont 2 doivent servir de réserve. Ils sont ravitaillés en vol au-dessus de la Méditerranée par deux Boeing 707 transformés en avions ravitailleurs, qui servent aussi de postes de commandement et de relais de communication. 8 appareils frappent les bâtiments de l’OLP, un ensemble de villas en bord de mer, vers 10 h 00, avec des bombes guidées et des bombes lisses. Arafat, absent au moment de l’attaque, en réchappe. La performance technique, pour l’époque, tient à l’allonge de l’opération, la plus lointaine jamais menée par l’aviation israélienne.
La Tunisie de Habib Bourguiba saisit aussitôt le Conseil de sécurité des Nations unies. Le 4 octobre, celui-ci adopte par 14 voix et 1 abstention, celle des États-Unis, la résolution 573, qui condamne l’agression armée contre le territoire tunisien et reconnaît à la Tunisie un droit à réparation. La résolution est restée sans suite pratique.
1er octobre 1990 : le Front patriotique rwandais attaque le Rwanda depuis l’Ouganda.
Au matin du 1er octobre 1990, des combattants du Front patriotique rwandais (FPR), pour la plupart issus de la diaspora tutsie réfugiée en Ouganda depuis 1959, franchissent la frontière au poste de Kagitumba, dans le nord-est du Rwanda. Leur offensive ouvre une guerre civile de près de quatre ans, qui s’achève en juillet 1994, après le génocide des Tutsi, par la prise du pouvoir du FPR.
Les chefs du mouvement, dont le général-major Fred Rwigema et Paul Kagame, ont combattu dans l’Armée nationale de résistance de Yoweri Museveni, qui a pris le pouvoir à Kampala en 1986, et y ont occupé des postes élevés : Rwigema a été vice-ministre de la Défense ougandais. Les assaillants, plusieurs milliers d’hommes au total, sont en grande partie des déserteurs de l’armée ougandaise, qui emportent armes et véhicules. Le président Habyarimana et Museveni se trouvent alors à New York pour un sommet de l’Unicef.
L’effet de surprise permet au FPR d’avancer d’une soixantaine de kilomètres jusqu’à la région de Gabiro. Dès le 2 octobre, Fred Rwigema est tué au cours d’une reconnaissance, dans des circonstances qui restent discutées. Paul Kagame, alors en formation aux États-Unis, rentre pour prendre le commandement. Le 4 octobre, la France déclenche l’opération Noroît et envoie des compagnies parachutistes à Kigali, officiellement pour protéger et évacuer les ressortissants étrangers ; la Belgique fait de même avec l’opération Green Bean, et le Zaïre du maréchal Mobutu envoie des troupes de sa garde présidentielle. Soutenues par ces renforts, les Forces armées rwandaises repoussent l’offensive à la fin d’octobre. Le FPR se replie vers les volcans des Virunga et adopte une stratégie de guérilla. La présence militaire française, maintenue jusqu’en décembre 1993, fera l’objet d’une longue controverse, examinée notamment par la commission d’historiens présidée par Vincent Duclert, dont le rapport a été remis en mars 2021.
1er octobre 1990 : mort du général Curtis LeMay, artisan des bombardements incendiaires du Japon et du Strategic Air Command.
Le général Curtis Emerson LeMay meurt à 83 ans d’une crise cardiaque sur la base aérienne de March, en Californie. Il a été, de la Seconde Guerre mondiale au milieu des années 1960, l’une des figures centrales de l’aviation militaire américaine. Il a dirigé l’offensive aérienne contre les villes japonaises en 1945, puis fait du Strategic Air Command l’instrument de la dissuasion nucléaire des États-Unis, avant d’être chef d’état-major de l’US Air Force de 1961 à 1965.
Né le 15 novembre 1906 à Columbus, dans l’Ohio, il obtient un diplôme d’ingénieur civil de l’université d’État de l’Ohio et entre dans l’Air Corps, où il est breveté pilote en 1929. Navigateur réputé, il participe dans les années 1930 aux vols à longue distance des premiers B-17.
En octobre 1942, il prend en Angleterre le commandement du 305th Bombardment Group, équipé de B-17. Il y met au point des formations serrées en « boîte » qui concentrent le feu défensif des bombardiers, ainsi que la pratique du bombardement en ligne droite, sans manœuvre d’évitement au-dessus de l’objectif, pour gagner en précision. Le 17 août 1943, il conduit la formation de 146 B-17 qui attaque les usines Messerschmitt de Regensburg puis gagne l’Afrique du Nord ; 24 appareils sont perdus.
Muté dans le Pacifique en août 1944, il commande d’abord le XX Bomber Command en Inde et en Chine, puis, à partir de janvier 1945, le XXI Bomber Command aux Mariannes. Constatant l’échec des bombardements de précision à haute altitude, gênés par les vents violents et la couverture nuageuse, il décide de faire attaquer les villes japonaises de nuit, à basse altitude, avec des bombes incendiaires, par des B-29 délestés d’une partie de leur armement défensif. Le premier raid de ce type, dans la nuit du 9 au 10 mars 1945, engage plus de 300 bombardiers contre Tokyo et fait environ 100 000 morts ; c’est le bombardement le plus meurtrier de l’histoire. 66 autres villes subissent le même sort jusqu’en août. LeMay reconnaîtra plus tard que, si les États-Unis avaient perdu la guerre, il aurait probablement été jugé comme criminel de guerre.
Commandant des forces aériennes américaines en Europe en 1947-1948, il lance le pont aérien de Berlin en juin 1948, dont la conduite opérationnelle est ensuite confiée au général Tunner. En octobre 1948, il prend la tête du Strategic Air Command. Il le commande pendant 9 ans et le transforme en une force entièrement à réaction, en alerte permanente, de près de 2 000 bombardiers lourds et 800 avions ravitailleurs, forte de 224 000 aviateurs à son départ. Promu général à quatre étoiles en octobre 1951, à 44 ans, il est le plus jeune titulaire de ce grade depuis Ulysses Grant.
Vice-chef d’état-major de l’US Air Force à partir de 1957, il en devient chef d’état-major en juillet 1961. Pendant la crise de Cuba, en octobre 1962, il réclame le bombardement des sites de missiles et l’invasion de l’île, et juge sévèrement le compromis passé par Kennedy avec Khrouchtchev. Ses relations avec le secrétaire à la Défense Robert McNamara sont exécrables. Partisan d’un emploi massif de la puissance aérienne contre le Nord-Vietnam, il quitte le service en février 1965. La formule qui lui reste attachée, sur le bombardement du Vietnam « jusqu’à l’âge de pierre », figure dans ses mémoires publiés la même année avec l’écrivain MacKinlay Kantor ; il affirmera avoir seulement voulu dire que les États-Unis en avaient les moyens.
En 1968, il est le colistier du gouverneur ségrégationniste de l’Alabama George Wallace, candidat du Parti indépendant américain à l’élection présidentielle. Ses déclarations banalisant l’emploi de l’arme nucléaire nuisent à la campagne, qui recueille 13,5 % des voix et remporte cinq États. Curtis LeMay est inhumé au cimetière de l’Académie de l’Air Force à Colorado Springs. On voit souvent en lui l’un des modèles des généraux Jack D. Ripper et Buck Turgidson du Docteur Folamour de Stanley Kubrick (1964).
1er octobre 1995 : dissolution de la flottille de chasse VF-84 « Jolly Rogers » de l’US Navy.
Victime de la réduction du format de l’US Navy après la guerre froide, la flottille de chasse VF-84 est dissoute sur la base aéronavale d’Oceana, en Virginie, après 40 ans d’existence. Ses F-14 Tomcat frappés d’une tête de mort sur fond noir, popularisés par le cinéma, comptaient parmi les avions les plus connus de l’aéronavale américaine. Le nom et l’insigne passent aussitôt à la flottille VF-103.
La flottille est créée le 1er juillet 1955 à Oceana. D’abord désignée VA-86, elle est aussitôt renommée VF-84 et reçoit le surnom de « Vagabonds ». C’est la troisième formation de l’US Navy à porter ce numéro, sans aucune filiation avec les précédentes. Elle vole d’abord sur FJ-3 Fury, chasseur embarqué dérivé du F-86 Sabre, puis passe en 1959 sur F-8 Crusader.
La même année, la VF-61, qui portait depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale le nom et l’emblème des « Jolly Rogers », est dissoute. Le commandant de la VF-84, ancien de cette flottille, demande à en reprendre l’identité, ce qui est accepté le 1er avril 1960. L’emblème remonte à la VF-17, flottille de F4U Corsair qui s’était illustrée dans les Salomon en 1943-1944.
Passée sur F-4 Phantom II en 1964, la VF-84 effectue en 1965 un déploiement de 7 mois en mer de Chine méridionale, au cours duquel elle réalise environ 1 500 sorties de combat au-dessus du Vietnam. Elle est ensuite essentiellement engagée en Méditerranée au sein du groupe aérien embarqué n° 6, à bord du Franklin D. Roosevelt. Pendant la guerre du Kippour, en 1973, ses appareils escortent des avions de transport américains du pont aérien Nickel Grass à destination d’Israël.
En 1976, la flottille reçoit le F-14A Tomcat et embarque sur le Nimitz. Elle devient en 1979 la première unité de la flotte équipée du pod de reconnaissance TARPS. La même année, elle participe au tournage du film Nimitz, retour vers l’enfer (The Final Countdown), sorti en 1980, qui fait connaître ses Tomcat dans le monde entier. En avril 1980, le Nimitz soutient depuis la mer d’Arabie l’opération Eagle Claw, la tentative avortée de libération des otages américains de Téhéran. En 1983, puis en 1985 après le détournement du vol TWA 847, la flottille opère au large du Liban.
Affectée à partir de 1988 au Theodore Roosevelt, elle participe en 1991 à la guerre du Golfe. Elle y effectue 468 sorties de combat, principalement des patrouilles aériennes et des missions de reconnaissance pour évaluer les dégâts des bombardements, puis 111 sorties au-dessus du Kurdistan irakien pendant l’opération Provide Comfort. Son dernier déploiement, en 1993, la conduit au-dessus de la Bosnie-Herzégovine dans le cadre de l’opération Deny Flight de l’OTAN, puis au-dessus de l’Irak pour faire respecter la zone d’exclusion aérienne. Peu avant sa dissolution, elle tourne encore quelques séquences du film Ultime Décision (Executive Decision, 1996).
La VF-103 « Sluggers » reprend le nom et la tête de mort dès 1995. Devenue VFA-103 en passant sur F/A-18F Super Hornet, elle les porte toujours.
1er octobre 2017 : proclamation de l’« Ambazonie » et début de la guerre dans les régions anglophones du Cameroun.
Le jour anniversaire de la réunification de 1961, le dirigeant séparatiste Sisiku Julius Ayuk Tabe proclame symboliquement l’indépendance des deux régions anglophones du Cameroun, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, sous le nom de « République fédérale d’Ambazonie ». La répression des manifestations fait au moins 17 morts selon Amnesty International. Cette journée ouvre le passage d’une crise politique à une insurrection armée.
Le 1er octobre 1961, le Southern Cameroons, partie méridionale du Cameroun sous tutelle britannique, s’est réuni à la République du Cameroun, ancien territoire sous tutelle française, dans le cadre d’une fédération. Celle-ci a été supprimée en 1972 au profit d’un État unitaire. Une partie de la population anglophone, environ un cinquième des Camerounais, dénonce depuis sa marginalisation. En octobre 2016, les grèves d’avocats et d’enseignants contre la nomination de magistrats et d’enseignants francophones dans les régions anglophones ont été durement réprimées ; internet a été coupé dans ces régions de janvier à avril 2017.
Le 1er octobre 2017, des manifestations de soutien à la proclamation se déroulent à Bamenda, Kumbo, Ndop, Kumba et Buea malgré le couvre-feu. Les forces de sécurité tirent à balles réelles. Le gouvernement reconnaît dix morts, dont 5 détenus tués lors d’une tentative d’évasion ; Amnesty International fait état d’au moins 17 victimes. Dans les semaines suivantes, des groupes armés séparatistes attaquent les gendarmeries et les postes militaires. Le président Paul Biya annonce à la fin de novembre 2017 une riposte militaire. Ayuk Tabe et 9 autres dirigeants, arrêtés à Abuja en janvier 2018 et extradés, sont condamnés à la réclusion à perpétuité par un tribunal militaire de Yaoundé en août 2019. Le conflit a fait depuis plusieurs milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.
1er octobre 2024 : début de l’offensive terrestre israélienne au Liban et tirs de missiles balistiques iraniens contre Israël.
Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 2024, les premières unités israéliennes franchissent la frontière du Liban pour une offensive terrestre contre le Hezbollah. Le soir même, l’Iran lance environ 200 missiles balistiques contre Israël, la plus importante attaque de ce type jamais conduite contre ce pays.
Depuis le 8 octobre 2023, le Hezbollah bombarde le nord d’Israël en soutien au Hamas, ce qui a provoqué l’évacuation de dizaines de milliers d’habitants de part et d’autre de la frontière. En septembre 2024, Israël change d’échelle : explosion simultanée de milliers de bipeurs et de talkies-walkies utilisés par les membres du Hezbollah les 17 et 18 septembre, campagne de frappes aériennes massives à partir du 23 septembre, puis élimination du secrétaire général Hassan Nasrallah à Beyrouth le 27 septembre. L’opération terrestre qui commence le 1er octobre est d’abord présentée comme une série de raids limités contre les infrastructures du Hezbollah proches de la frontière ; plusieurs divisions y seront engagées jusqu’au cessez-le-feu du 27 novembre 2024.
Le soir du 1er octobre, les Gardiens de la révolution iraniens lancent l’opération qu’ils nomment Promesse honnête II, uniquement composée de missiles balistiques, en représailles à la mort de Nasrallah et à celle du chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, tué à Téhéran le 31 juillet. La défense antimissile israélienne, appuyée par des moyens américains, intercepte la majorité des engins, mais plusieurs dizaines atteignent le territoire israélien, notamment les abords de la base aérienne de Nevatim. Un Palestinien est tué à Jéricho par la chute de débris. Israël riposte le 26 octobre par des frappes contre des sites de défense antiaérienne et de production de missiles en Iran.







