18 août 856 : les Vikings mettent Orléans à sac.
Remontant la Loire, une flotte scandinave s’empare de la ville épiscopale et la livre au pillage. L’épisode illustre l’incapacité du pouvoir carolingien à protéger les cités de l’intérieur.
Depuis le sac de Nantes en 843, les bandes établies à l’embouchure de la Loire ont fait du fleuve un axe de pénétration permanent. Les grandes îles de l’estuaire, Noirmoutier notamment, servent de bases hivernales et de dépôts pour le butin et les captifs destinés à la vente.
Orléans occupe une position clé : verrou fluvial, siège épiscopal, centre d’un comté et point de contact entre la Neustrie et l’Aquitaine. La ville avait été sauvée en 854 par la mobilisation conjointe des évêques Agius d’Orléans et Burchard de Chartres, qui avaient réuni navires et hommes. En 856, la protection fait défaut : la cité est évacuée, pillée, partiellement incendiée, et ses défenses démantelées.
Les campagnes suivantes montrent que le raid n’est pas un accident isolé. Orléans et l’abbaye voisine de Fleury (Saint-Benoît-sur-Loire) sont de nouveau frappées en 865, puis en 879. Ces attaques répétées expliquent la fortification progressive des monastères ligériens, le déplacement des reliques vers l’intérieur et, à terme, la délégation de la défense aux comtes locaux, dont Robert le Fort, chargé du commandement entre Seine et Loire à partir de 861, tué face aux Vikings à Brissarthe en 866.
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Note de TB : la date du 18 août 856 et l’attribution du raid au chef Hasting sont reprises par la plupart des éphémérides, mais elles ne sont pas assurées. Les Annales de Saint-Bertin, source contemporaine, situent l’incendie d’Orléans en 856 sans nommer le chef ni préciser le jour ; les chronologies consacrées à Hasting le font intervenir sur la Loire à partir des années 860. La mention doit donc être présentée avec prudence.
18 août 1227 : mort de Gengis Khan (Chine du Nord-Ouest).
Le fondateur de l’Empire mongol meurt au cours de sa dernière campagne, dirigée contre le royaume tangoute des Xia occidentaux. Sa disparition est tenue secrète jusqu’à la chute de la capitale ennemie.
Temüjin, proclamé Gengis Khan (« souverain universel ») lors du quriltai de 1206, a passé les deux dernières décennies de sa vie à unifier les tribus de la steppe puis à porter la guerre vers la Chine des Jin, l’Asie centrale khwarezmienne et le Caucase. En 1226, il revient contre les Xia occidentaux, dont le souverain avait refusé de fournir des contingents lors de la campagne d’Occident.
Les circonstances exactes de sa mort restent discutées. Les sources chinoises et persanes évoquent tour à tour les suites d’une chute de cheval survenue lors d’une chasse à l’hiver 1226, une fièvre contractée pendant le siège, ou une blessure reçue au combat. Les chroniques postérieures ont ajouté des versions plus romanesques, dépourvues de fondement documentaire.
L’essentiel tient à ce qui suit immédiatement le décès. Le commandement mongol dissimule la nouvelle pour éviter la dislocation de l’armée et la reprise du moral adverse. La capitale Zhongxing (aujourd’hui Yinchuan) capitule peu après ; la population est massacrée et l’État tangoute disparaît. Le convoi funéraire regagne la Mongolie ; l’emplacement de la sépulture, volontairement dissimulé, n’a jamais été identifié.
L’empire est réparti entre les fils du défunt sous forme d’apanages (ulus), la régence étant assurée par Tolui jusqu’à l’élection d’Ögödeï comme grand khan en 1229. Loin de s’interrompre, l’expansion mongole reprend aussitôt : conquête définitive des Jin en 1234, campagne de Batu et Subötaï en Russie et en Europe centrale à partir de 1236.



18 août 1304 : bataille de Mons-en-Pévèle (Flandre).
Deux ans après le désastre de Courtrai, l’armée de Philippe IV le Bel affronte les milices flamandes au sud de Lille. La bataille, particulièrement confuse, se solde par un match nul tactique que le roi de France transforme en succès politique.
La défaite du 11 juillet 1302, où la chevalerie française avait été anéantie par les piquiers communaux devant Courtrai, avait ouvert une crise durable. Philippe le Bel reprend l’initiative en 1304 : sa flotte, appuyée par les galères génoises de Rainier Grimaldi, l’emporte à Zierikzee le 10 août, tandis que l’armée royale s’avance en Flandre.
Les deux armées se rencontrent le 18 août sur le plateau de Mons-en-Pévèle, terrain sec et sans point d’eau, par une journée de forte chaleur. Les Flamands, commandés par Guillaume de Juliers et Philippe de Chieti, adoptent leur dispositif éprouvé : formations serrées de piétons armés de piques et de goedendags, protégées par les chariots du convoi. Les charges françaises se brisent sur ce hérisson pendant plusieurs heures.
En fin d’après-midi, une sortie flamande atteint le camp royal et met en péril la personne de Philippe le Bel, engagé au combat. La contre-attaque française, appuyée par l’artillerie de trait et par la fatigue croissante des piétons privés d’eau, disloque finalement les formations adverses. Les Flamands se replient dans la nuit en bon ordre ; les Français, épuisés, ne poursuivent pas.
Militairement indécise et coûteuse pour les deux camps, la bataille produit néanmoins ses effets sur le plan diplomatique. Privées de leur armée de campagne, les communes acceptent en juin 1305 le traité d’Athis-sur-Orge, qui impose à la Flandre une indemnité considérable, la démolition de fortifications et la cession de Lille, Douai et Béthune, sources de conflits pendant tout le siècle suivant.
18 août 1572 : mariage de Henri de Navarre et de Marguerite de Valois.
Destinée à sceller la réconciliation entre catholiques et protestants, l’union royale rassemble à Paris l’ensemble de l’état-major militaire huguenot. Six jours plus tard commence le massacre de la Saint-Barthélemy.
La paix de Saint-Germain-en-Laye, signée en août 1570, a mis fin à la troisième guerre de Religion en accordant aux protestants une liberté de culte encadrée et quatre places de sûreté. Le mariage du roi de Navarre, chef du parti huguenot, avec Marguerite de France, sœur de Charles IX, doit consolider ce compromis.
La cérémonie a lieu le 18 août devant le parvis de Notre-Dame, dispositif imaginé pour tenir compte de la confession de l’époux. Elle attire dans la capitale plusieurs milliers de gentilshommes protestants, dont l’amiral de Coligny, qui pousse alors le roi à intervenir militairement aux Pays-Bas contre l’Espagne.
Cette concentration exceptionnelle des cadres militaires huguenots dans une ville hostile constitue le facteur décisif de ce qui suit. L’attentat manqué contre Coligny, le 22 août, précipite la crise ; dans la nuit du 23 au 24, l’élimination ordonnée des chefs protestants dégénère en massacre général, à Paris puis dans une douzaine de villes de province. Les estimations retiennent de deux à trois mille victimes à Paris et plusieurs milliers en province.
Sur le plan militaire, la Saint-Barthélemy prive durablement le parti protestant de son commandement et ouvre la quatrième guerre de Religion, marquée par le siège de La Rochelle (1572-1573). Henri de Navarre, contraint d’abjurer, ne recouvrera sa liberté d’action qu’en 1576.
18 août 1690 : bataille de Staffarda (guerre de la Ligue d’Augsbourg).
L’armée française de Catinat bat les troupes du duc de Savoie au sud de Turin. La victoire ouvre le Piémont mais ne suffit pas à faire sortir Victor-Amédée II de la coalition.
Entré en guerre contre la France en juin 1690 aux côtés de la Ligue d’Augsbourg, le duc de Savoie Victor-Amédée II dispose d’une armée renforcée de contingents espagnols venus du Milanais et de réfugiés vaudois. Le lieutenant général Nicolas de Catinat, à la tête d’environ 12 000 hommes, opère dans la plaine du Pô.
Le 18 août, les deux armées se rencontrent près de l’abbaye cistercienne de Staffarda, dans une zone coupée de canaux d’irrigation et de haies qui limite l’emploi de la cavalerie. L’infanterie française enlève les positions savoyardes après un combat de plusieurs heures ; la cavalerie exploite ensuite sur le flanc gauche adverse.
Les pertes savoyardes et espagnoles sont estimées à environ 4 000 hommes, tués, blessés ou prisonniers, contre un peu plus d’un millier côté français. Le duc parvient toutefois à ramener son armée sur Turin, dont Catinat n’a pas les moyens d’entreprendre le siège.
Les Français occupent Saluces, Savigliano et une partie du Piémont, et l’emporteront de nouveau à La Marsaille en 1693. Le conflit alpin ne se dénouera cependant que par la voie diplomatique : le traité de Turin, en 1696, ramène Victor-Amédée II dans l’alliance française et prélude à la paix générale de Ryswick.
.18 août 1759 : combat naval au large de Lagos (guerre de Sept Ans).
L’escadre de Toulon, qui tente de gagner Brest pour participer au projet de débarquement en Angleterre, est interceptée par l’amiral Boscawen après son passage du détroit de Gibraltar. La poursuite s’achève dans les eaux portugaises.
Le plan français de 1759 repose sur la concentration à Brest des escadres de l’Atlantique et de la Méditerranée, préalable à l’embarquement d’un corps de troupes destiné aux îles Britanniques. Le lieutenant général de La Clue-Sabran appareille de Toulon avec 12 vaisseaux de ligne et 3 frégates.
Dans la nuit du 17 au 18 août, l’escadre franchit le détroit de Gibraltar en profitant de l’obscurité. Elle est repérée par les frégates de veille de l’amiral Edward Boscawen, dont les navires sont en cours de radoub dans la baie. Les Britanniques appareillent en quelques heures, dans un désordre relatif, et prennent la chasse.
Le contact s’établit dans la journée du 18. Une partie des vaisseaux français, ayant perdu de vue leur chef, met le cap sur Cadix, réduisant l’escadre de La Clue à 7 unités. Le Centaure, commandé par Sabran-Grammont, livre un combat retardateur de plusieurs heures contre des forces très supérieures, permettant au reste de la division de gagner du champ avant de devoir amener son pavillon.
La poursuite se prolonge le 19 août jusque dans la baie de Lagos, en eaux portugaises théoriquement neutres. Boscawen y fait attaquer les vaisseaux réfugiés : l’Océan, navire amiral, et le Redoutable sont incendiés après échouage, le Téméraire et le Modeste capturés. La Clue, grièvement blessé, est débarqué à terre.
La destruction de l’escadre de Toulon, suivie en novembre du désastre des Cardinaux dans la baie de Quiberon, met un terme définitif au projet d’invasion. Elle contribue à faire de 1759 l’annus mirabilis britannique.
18 août 1789 : début de la révolution liégeoise.
Un mois après la prise de la Bastille, la principauté épiscopale de Liège se soulève. L’affaire débouche sur une intervention militaire du Saint-Empire et annonce les campagnes françaises de 1792 en Belgique.
La principauté de Liège, État ecclésiastique du Saint-Empire, connaît depuis 1789 une agitation nourrie par le conflit autour du casino de Spa et par la contestation du règlement de 1684 imposé par Louis XIV, qui verrouille la représentation des Liégeois.
Le 18 août, les insurgés s’emparent de l’hôtel de ville, imposent la nomination de nouveaux bourgmestres et contraignent le prince-évêque César-Constantin-François de Hoensbroeck à sanctionner l’abolition du règlement, avant qu’il ne s’enfuie à Trèves. Une garde bourgeoise est organisée.
Le prince-évêque obtient du Conseil aulique une exécution impériale. Les troupes prussiennes puis autrichiennes interviennent ; l’ordre ancien est rétabli par la force en janvier 1791. Les cadres révolutionnaires se réfugient en France.
Ce précédent pèse dans les opérations qui suivent. Après Valmy et Jemappes en 1792, l’armée de Dumouriez occupe la principauté, accueillie par les émigrés liégeois ; le territoire sera réuni à la France en 1795, formant l’essentiel du département de l’Ourthe, avant de passer aux Pays-Bas en 1815.
18 août 1796 : traité de San Ildefonso entre la France et l’Espagne.
Madrid s’engage aux côtés du Directoire dans une alliance offensive et défensive dirigée contre la Grande-Bretagne. La flotte espagnole entre dans la guerre navale et dans une série de défaites.
Vaincue lors de la guerre du Roussillon, l’Espagne avait signé avec la République française la paix de Bâle en juillet 1795. Un an plus tard, le premier ministre Manuel Godoy franchit un pas supplémentaire en concluant à San Ildefonso une alliance liant les deux puissances contre l’Angleterre.
Le traité prévoit une assistance mutuelle chiffrée : chaque partie doit fournir à l’autre, sur demande, un contingent naval de 15 vaisseaux de ligne et de plusieurs frégates, ainsi que des troupes terrestres. L’Espagne déclare la guerre à la Grande-Bretagne en octobre 1796.
Les conséquences maritimes sont immédiates. La pression combinée des flottes française et espagnole en Méditerranée conduit la Royal Navy à évacuer la Corse et à replier ses forces sur Gibraltar et le Tage. Mais la marine espagnole, insuffisamment entraînée, est battue au cap Saint-Vincent le 14 février 1797 par l’escadre de Jervis, où s’illustre le commodore Nelson.
L’alliance survivra sous une forme renouvelée jusqu’à l’Empire, avec pour terme la destruction des escadres combinées à Trafalgar le 21 octobre 1805, puis le retournement espagnol de 1808 et la guerre d’Espagne.
18 août 1812 : les Français entrent dans Smolensk (campagne de Russie).
Après deux jours de combats devant les murailles, l’armée russe évacue la ville pendant la nuit. La Grande Armée occupe une place en ruines sans avoir obtenu la bataille décisive recherchée par Napoléon.
Depuis le passage du Niémen le 24 juin, Napoléon poursuit un objectif unique : contraindre les armées de Barclay de Tolly et de Bagration à accepter un affrontement général. Les deux armées russes, longtemps séparées, ont opéré leur jonction à Smolensk le 3 août.
L’assaut débute le 16 août contre les faubourgs et les vieilles murailles de brique du XVIe siècle, défendues par le corps de Raïevski puis par celui de Dokhtourov. Les 16 et 17, l’artillerie française bombarde la ville, dont les quartiers de bois prennent feu. Les tentatives d’enlèvement des faubourgs Saint-Nicolas et Malakhov échouent devant une défense opiniâtre.
Barclay de Tolly, jugeant la position intenable et refusant l’engagement général, ordonne l’évacuation dans la nuit du 17 au 18. Les Russes font sauter les dépôts de munitions et incendient le pont sur le Dniepr. Le 18 au matin, les Français pénètrent dans une ville désertée et largement détruite.
Le bilan des combats est estimé à une dizaine de milliers d’hommes hors de combat côté français, de 12 à 14 000 côté russe. Aucune décision n’a été obtenue. Le 19 août, la tentative française d’intercepter la colonne russe en retraite se solde par le combat indécis de Valoutina Gora, où le corps de Ney et la division Gudin subissent de lourdes pertes ; le général Gudin y est mortellement blessé.
Napoléon décide, contre l’avis de plusieurs de ses lieutenants, de poursuivre vers Moscou. Les conséquences logistiques de cette décision se manifesteront à Borodino, puis pendant la retraite.

18 août 1864 : début de la bataille de Globe Tavern (guerre de Sécession).
Le Ve corps de l’armée du Potomac coupe la voie ferrée de Weldon au sud de Petersburg. Malgré de lourdes pertes, l’Union conserve définitivement le contrôle de l’axe ferroviaire.
Le siège de Petersburg, engagé depuis juin 1864, repose pour Ulysses S. Grant sur une méthode simple : étirer les lignes confédérées vers l’ouest et sectionner l’une après l’autre les voies ferrées qui alimentent l’armée de Virginie du Nord et la capitale confédérée.
Le 18 août au matin, le Ve corps du major général Gouverneur K. Warren atteint la ligne du Weldon Railroad à hauteur de l’auberge de Globe Tavern et entreprend de détruire les rails. La contre-attaque de la division Heth, l’après-midi, refoule les avant-postes fédéraux sans reprendre la voie.
Les combats se poursuivent jusqu’au 21 août. Le 19, une manœuvre de A.P. Hill sur le flanc droit fédéral, favorisée par les bois épais, provoque la capture de plusieurs milliers d’hommes. Warren se rétablit sur des positions retranchées et repousse les assauts du 21.
Les pertes fédérales approchent 4 300 hommes, dont une majorité de prisonniers ; celles des Confédérés, environ 1 600. Le résultat opérationnel est néanmoins acquis : les convois venant de Caroline du Nord doivent désormais être déchargés à Stony Creek et acheminés par chariots sur une trentaine de kilomètres, ce qui accroît la pression logistique sur l’armée de Lee.
18 août 1870 : bataille de Saint-Privat–Gravelotte (guerre franco-allemande).
La plus grande bataille du conflit oppose près de 190 000 Allemands à environ 113 000 Français à l’ouest de Metz. La victoire, chèrement acquise, enferme l’armée du Rhin dans le camp retranché de Metz.
Après les combats de Borny (14 août) et de Rezonville–Mars-la-Tour (16 août), l’armée du Rhin du maréchal Bazaine a perdu la liberté de manœuvre vers Verdun. Elle s’établit face à l’ouest sur la ligne Rozérieulles–Amanvillers–Saint-Privat-la-Montagne, position forte mais dont l’aile droite, tenue par le 6e corps du maréchal Canrobert, manque d’artillerie et de retranchements achevés.
Le plan de Moltke consiste à déborder cette aile droite par le nord avec la IIe armée du prince Frédéric-Charles, tandis que la Ire armée de Steinmetz fixe le dispositif français au sud.
Au sud, l’attaque frontale contre les positions de Frossard et Leboeuf, à travers le ravin de la Mance et autour de la ferme Saint-Hubert, tourne au désastre : les colonnes prussiennes, prises à courte portée par les feux du fusil Chassepot et des mitrailleuses, s’entassent dans le ravin. La panique gagne un moment les arrières allemands sur la route de Gravelotte.
Au nord, l’affaire est différente. Vers 17 heures, le corps de la Garde prussienne attaque prématurément Saint-Privat à découvert, sur des pentes nues, sans attendre l’arrivée du XIIe corps saxon. En une vingtaine de minutes, il perd près de 8 000 hommes, dont une proportion considérable d’officiers. Ce n’est qu’à la nuit tombante, après le mouvement tournant saxon par Roncourt et la concentration d’une masse d’artillerie de plus de deux cents pièces, que le village en flammes est enlevé. Canrobert, à court de munitions et sans renfort, se replie.
Les pertes allemandes s’élèvent à environ 20 000 hommes, les pertes françaises à environ 12 000. La bataille illustre le déséquilibre technique du moment : supériorité française en armement d’infanterie, supériorité allemande décisive en artillerie de campagne à tube d’acier et culasse.
Bazaine ramène son armée sous Metz dès le 19 août. Investie, elle capitulera le 27 octobre avec près de 173 000 hommes. Libérées de cette hypothèque, les armées allemandes se retournent vers l’armée de Châlons de Mac-Mahon : ce sera Sedan, le 1er septembre.
18 août 1917 : début de la onzième bataille de l’Isonzo (front italien).
Le général Cadorna lance la plus vaste offensive italienne de la guerre. La conquête du plateau de la Bainsizza épuise les deux adversaires et conduit Vienne à solliciter l’appui allemand.
Depuis 1915, dix offensives successives sur l’Isonzo n’ont produit que des gains limités. Pour la onzième, le haut commandement italien concentre cinquante et une divisions et plus de 5 000 bouches à feu et mortiers de tranchée sur un front d’environ cinquante kilomètres, de Tolmino à la mer.
L’attaque principale, conduite par la 2e armée du général Capello, franchit l’Isonzo sur des passerelles jetées de nuit et enlève le plateau de la Bainsizza dans les premiers jours. La 3e armée du duc d’Aoste progresse plus difficilement sur le Carso et devant l’Hermada, verrou de la route de Trieste.
L’avance italienne, de l’ordre d’une dizaine de kilomètres en profondeur, constitue le succès territorial le plus important obtenu par l’Italie depuis l’entrée en guerre. Elle s’arrête cependant faute d’artillerie amenée à hauteur et de logistique adaptée au terrain karstique. L’offensive est suspendue le 12 septembre.
Les pertes italiennes approchent 160 000 hommes, celles de l’Autriche-Hongrie 120 000, sur des effectifs qui ne peuvent plus être renouvelés côté austro-hongrois. C’est cette usure qui détermine l’empereur Charles Ier à demander à l’Allemagne l’envoi de renforts. La 14e armée germano-autrichienne du général von Below sera constituée en conséquence et déclenchera, le 24 octobre, l’offensive de Caporetto.
18 août 1940 : le « Hardest Day » (bataille d’Angleterre).
La journée du 18 août est celle où les deux aviations subissent leurs pertes cumulées les plus élevées de toute la bataille. Elle marque aussi le retrait effectif des bombardiers en piqué Ju 87 du dispositif allemand.
À la mi-août, la Luftwaffe s’efforce de détruire au sol l’infrastructure du Fighter Command : terrains, stations radar de la chaîne Chain Home, postes de commandement de secteur. L’attaque du 18 août vise en priorité trois terrains du 11 Group, Kenley, Biggin Hill et Croydon, puis, en milieu de journée, les bases côtières de Gosport, Ford et Thorney Island ainsi que la station radar de Poling.
L’attaque de Kenley combine un raid à haute altitude et un raid à très basse altitude mené par la 9e escadrille du Kampfgeschwader 76 sur Dornier 17. La surprise est réelle, les destructions au sol importantes (hangars, avions, centrale téléphonique), mais la formation à basse altitude est décimée par la DCA légère et les chasseurs au retour.
L’après-midi, les Junkers 87 du Stukageschwader 77 attaquent Ford, Thorney Island et Poling. Dépourvus de vitesse et de manœuvrabilité une fois la ressource entamée, ils perdent seize à dix-huit appareils en quelques minutes face aux Hurricane et Spitfire. Cette saignée conduit le commandement allemand à retirer les Ju 87 du théâtre britannique, décision lourde de conséquences pour la précision des attaques ultérieures contre les terrains.
Le bilan de la journée s’établit à environ 69 appareils perdus pour la Luftwaffe et 68 pour la RAF, dont une trentaine détruits au sol. Rapporté aux pertes de pilotes, l’échange demeure supportable pour le Fighter Command, qui conserve son système de détection et de contrôle intact ; élément que le renseignement allemand continue de sous-estimer.
18 août 1944 : appel à la mobilisation générale à Paris.
La veille de l’insurrection, les affiches des Forces françaises de l’intérieur appellent les Parisiens aux armes. Les grèves qui paralysent la capitale depuis une semaine se transforment en mouvement général.
Le mouvement social précède l’action militaire. Les cheminots de la région parisienne cessent le travail le 10 août, la police le 15, les agents du métro et des postes suivent. Le 18 août, les organisations syndicales clandestines appellent à la grève générale, tandis que le colonel Rol-Tanguy, chef régional des FFI d’Île-de-France, fait placarder sur les murs une affiche ordonnant la mobilisation générale des hommes de 18 à 50 ans.
Le contexte militaire rend l’initiative possible. Les armées alliées ont franchi la Seine en aval, la poche de Falaise est en cours de fermeture en Normandie, et les unités allemandes traversant Paris sont en repli. Le général von Choltitz, gouverneur militaire du Grand Paris depuis le 7 août, dispose de moyens limités et ne peut tenir la ville entière.
Deux logiques coexistent dans la Résistance parisienne : celle du Comité parisien de la Libération et des FFI, favorable au déclenchement immédiat, et celle du délégué général du Gouvernement provisoire, Alexandre Parodi, plus soucieux d’éviter un soulèvement prématuré sans appui blindé, à l’exemple de Varsovie.
L’insurrection commence le 19 août avec l’occupation de la préfecture de police par les policiers résistants. Elle s’accompagne de trêves partielles négociées par le consul de Suède Raoul Nordling, avant l’arrivée du détachement précurseur de la 2e division blindée dans la nuit du 24 au 25 août et la reddition de von Choltitz le 25.
18 août 1945 : débarquement soviétique à Choumchou (îles Kouriles).
Trois jours après l’annonce de la capitulation japonaise, les forces soviétiques débarquent sur l’île la plus septentrionale de l’archipel des Kouriles. Les combats dureront jusqu’au 23 août.
L’URSS est entrée en guerre contre le Japon le 9 août 1945. Après l’effondrement de l’armée du Guandong en Mandchourie, le commandement soviétique engage des opérations amphibies destinées à occuper les territoires promis à Yalta : Sakhaline du Sud et les Kouriles.
L’opération sur Choumchou est montée dans l’urgence par la région de défense du Kamtchatka, avec des moyens de débarquement improvisés et peu de navires d’appui. Les premiers éléments touchent la côte nord de l’île dans la matinée du 18 août. La garnison japonaise, forte de la 91e division et disposant de blindés, contre-attaque et inflige des pertes sensibles aux troupes débarquées, privées d’artillerie lourde restée à bord.
Les combats se prolongent quatre jours. La garnison, déjà informée de la capitulation, entame des négociations le 20 août et dépose les armes le 23. Les pertes soviétiques sont estimées à environ 1 500 hommes, les pertes japonaises à un millier.
La prise de Choumchou ouvre l’occupation de la totalité de la chaîne des Kouriles, achevée début septembre. Le contentieux territorial qui en découle demeure non réglé : faute de traité de paix, Tokyo et Moscou continuent aujourd’hui de revendiquer les quatre îles méridionales de l’archipel.
18 août 1965 : lancement de l’opération Starlite (guerre du Vietnam).
Les Marines américains conduisent au sud de Chu Lai la première grande opération terrestre menée par les États-Unis au Viêt Nam. Elle inaugure la combinaison du débarquement amphibie et de l’assaut héliporté.
Le renseignement signale la concentration du 1er régiment vietcong dans la presqu’île de Van Tuong, province de Quang Ngai, à une vingtaine de kilomètres au sud de la base aérienne de Chu Lai, dont il pourrait menacer les installations.
La 3e division de Marines monte une manœuvre d’encerclement : un bataillon débarque depuis la mer, deux autres sont posés par hélicoptères sur les zones d’atterrissage situées à l’intérieur des terres, tandis qu’un troisième fixe l’adversaire au nord. L’appui est fourni par l’artillerie, l’aviation embarquée et les canons des navires au large.
Le bouclage n’est pas étanche : le terrain, coupé de haies et de tunnels, permet à une partie des combattants vietcong de s’exfiltrer de nuit. Plusieurs unités de Marines se trouvent isolées, notamment une colonne de véhicules amphibies engagée dans une zone tenue, et doivent être dégagées.
L’opération, poursuivie jusqu’au 24 août, se solde par environ 45 Marines tués et plus de 600 combattants vietcong dénombrés morts. Elle valide les procédures d’assaut vertical qui structureront l’ensemble de l’engagement américain, mais illustre aussi la difficulté à obtenir un résultat durable par des opérations de recherche et de destruction sur un terrain non contrôlé de façon permanente.
18 août 1966 : bataille de Long Tan (guerre du Vietnam).
Une compagnie australienne de 108 hommes soutient pendant plusieurs heures, sous une pluie de mousson, l’assaut d’une force adverse très supérieure en nombre. L’engagement est devenu la référence du souvenir militaire australien.
La 1re force opérationnelle australienne s’est installée en juin 1966 à Nui Dat, province de Phuoc Tuy. Dans la nuit du 16 au 17 août, la base est bombardée au mortier et au canon sans recul ; des patrouilles sont envoyées à la recherche des positions de tir.
L’après-midi du 18 août, la compagnie D du 6e bataillon du Royal Australian Regiment, commandée par le major Harry Smith et composée pour l’essentiel d’appelés, prend le contact dans une plantation d’hévéas à l’est du village de Long Tan. Elle se heurte au 275e régiment vietcong appuyé par le bataillon régional D445, dont les effectifs conjugués sont estimés entre 1 500 et 2 500 hommes.
La pluie torrentielle interdit tout appui aérien rapproché pendant l’essentiel de l’action et réduit la visibilité à quelques dizaines de mètres. Le facteur décisif est l’artillerie : 24 pièces australiennes, néo-zélandaises et américaines tirent au plus près des positions amies, à la demande de l’observateur avancé. Un ravitaillement de munitions est largué en vol stationnaire par deux hélicoptères Iroquois de la Royal Australian Air Force. À la tombée du jour, l’arrivée des véhicules blindés de transport de troupes portant une compagnie de renfort provoque le décrochage adverse.
Les Australiens perdent 18 tués et 24 blessés ; 245 corps sont dénombrés sur le terrain le lendemain. Le 18 août est devenu en Australie le Vietnam Veterans’ Day, journée nationale du souvenir des anciens combattants.
18 août 1976 : incident de Panmunjom (Corée).
Deux officiers américains sont tués par des soldats nord-coréens dans la zone commune de sécurité. La crise se dénoue trois jours plus tard par une démonstration de force sans précédent depuis l’armistice de 1953.
Dans la zone commune de sécurité (JSA) de Panmunjom, seul secteur de la zone démilitarisée où les personnels des deux camps circulent alors sans ligne de séparation matérialisée, un peuplier obstrue la vue entre un poste d’observation du Commandement des Nations unies et une position avancée.
Une équipe de travail composée de personnels sud-coréens et américains est envoyée le 18 août pour élaguer l’arbre. Des gardes nord-coréens exigent l’arrêt des travaux puis attaquent l’escorte avec des barres de fer et les haches abandonnées sur place. Le capitaine Arthur Bonifas et le lieutenant Mark Barrett sont tués, plusieurs hommes blessés.
La réponse, préparée sous le nom d’opération Paul Bunyan, est exécutée le 21 août : une équipe du génie abat l’arbre en une quarantaine de minutes, sous la protection d’une force terrestre, d’hélicoptères de combat, de chasseurs-bombardiers, de B-52 et du groupe aéronaval du porte-avions Midway, les unités américaines et sud-coréennes étant en alerte renforcée. Aucun tir n’est échangé.
Kim Il-sung transmet le jour même un message exprimant des regrets, formulation exceptionnelle dans la pratique nord-coréenne. La zone commune de sécurité est ensuite divisée par une ligne de démarcation matérialisée, interdisant le passage des personnels d’un côté à l’autre. Le camp Kitty Hawk, à proximité, est rebaptisé camp Bonifas.
18 août 1991 : Gorbatchev isolé à Foros (URSS).
La veille de la tentative de coup d’État de Moscou, une délégation de conjurés se rend en Crimée pour obtenir du président soviétique la proclamation de l’état d’urgence. Devant son refus, elle le coupe du monde.
Le traité d’Union, qui doit être signé le 20 août et transférer des compétences substantielles aux républiques, est jugé inacceptable par une partie de la direction du Parti, de l’armée, du KGB et du complexe militaro-industriel.
Le 18 août, une délégation conduite par Oleg Baklanov et comprenant Valeri Boldine, Oleg Chénine et le général Valentine Varennikov arrive à la résidence présidentielle de Foros, en Crimée, où Mikhaïl Gorbatchev est en vacances. Elle lui présente une alternative : signer un décret d’état d’urgence, ou déléguer ses pouvoirs au vice-président Guennadi Ianaïev. Gorbatchev refuse. Les liaisons téléphoniques et gouvernementales de la résidence sont coupées, le périmètre placé sous surveillance et le déplacement de l’avion présidentiel interdit.
Le 19 au matin, le Comité d’État pour l’état d’urgence (GKTchP) annonce que le président est empêché pour raisons de santé, décrète l’état d’urgence et fait entrer des blindés dans Moscou. La résistance s’organise autour de la Maison Blanche et de Boris Eltsine, président de la République de Russie. Les unités engagées reçoivent des ordres contradictoires et refusent en majorité de donner l’assaut ; 3 manifestants sont tués dans la nuit du 20 au 21 dans un souterrain de l’anneau des Jardins.
Le putsch s’effondre le 21 août. Gorbatchev revient à Moscou politiquement affaibli et Eltsine en sort renforcé. Le Parti communiste est suspendu, les républiques baltes reconnues, et l’Union soviétique cesse officiellement d’exister le 26 décembre 1991.

18 août 2008 : IN MEMORIAM – embuscade d’Uzbin (Afghanistan).
Une patrouille franco-afghane est prise sous le feu dans la vallée d’Uzbin, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Kaboul. Dix militaires français sont tués : c’est la perte la plus lourde subie par les armées françaises en une journée depuis l’attentat du Drakkar en 1983.
Depuis le 1er août 2008, la France a repris à l’Italie la responsabilité du district de Surobi, à l’est de Kaboul, axe reliant la capitale à Jalalabad et au Pakistan. Le bataillon français y conduit des patrouilles de reconnaissance destinées à évaluer les zones montagneuses situées au nord de la route.
Le 18 août, la patrouille Carmin 2 – un peloton du 8e régiment de parachutistes d’infanterie de marine renforcé d’éléments du régiment de marche du Tchad et du 2e régiment étranger de parachutistes, accompagné d’une section de l’armée nationale afghane et d’une équipe américaine de liaison – progresse vers le col dominant le village de Sper Kunday. En début d’après-midi, l’élément de tête est pris à partie à courte distance par des insurgés talibans et du Hezb-e-Islami Gulbuddin, en position dominante et bien renseignés sur l’itinéraire.
Les liaisons radio, dégradées par le relief, retardent la coordination des appuis. Les munitions manquent rapidement au niveau des groupes engagés. L’appui aérien (avions américains, hélicoptères, puis un Mirage 2000 français) n’intervient qu’à partir de la fin d’après-midi ; les renforts terrestres, dont un sous-groupement blindé, atteignent la zone dans la nuit. Les combats se poursuivent le 19 août.
Le bilan s’établit à 10 militaires français tués, dont 8 du 8e RPIMa, 21 blessés, ainsi que la mort de l’interprète afghan. Un hommage national est rendu dans la cour des Invalides le 21 août.
L’embuscade provoque un débat public et parlementaire sur l’engagement français en Afghanistan, sur l’équipement des unités (protection balistique, moyens de transmission, drones, appui-feu) et sur les procédures de préparation des missions. Sept familles de victimes déposent en 2009 une plainte pour mise en danger de la vie d’autrui, classée sans suite. Le retour d’expérience d’Uzbin nourrira durablement la doctrine française d’emploi en zone montagneuse et l’organisation des groupements tactiques interarmes (GTIA) en opération extérieure.









