Theatrum Belli poursuit la publication de cette nouvelle rubrique mensuelle de veille sur les drones navals en partenariat avec le magazine Marine & Océans. Elle est réalisée par le capitaine de frégate (R) Marc Grozel à partir des principales informations disponibles en sources ouvertes sur le sujet.
États-Unis
Des drones de surface capables de déployer des drones d’attaque
Le Pentagone est en quête d’un drone de surface (USV, Unmanned Surface Vehicle) capable de lancer de petits drones aériens (UAV, Unmanned Aerial Vehicle) d’attaque, dans le but d’étendre ses capacités asymétriques face aux menaces à faible coût en mer. La sollicitation, publiée le 29 juillet par l’unité d’innovation de défense (DIU, Defense Innovation Unit) sous la référence PROJ00687, expose les exigences du projet SWAP-USV (Suitable Warfighting Adaptive Payloads – Unmanned Surface Vessel), qui vise un drone de surface capable d’emporter des charges utiles interchangeables selon la mission. L’USV devra pouvoir opérer dans tous types d’environnements maritimes, équipé de capteurs pour détecter et suivre les cibles de surface. Il devra a minima disposer d’un rayon d’action de 200 nautiques et d’une vitesse de croisière de 10 nœuds, et emporter au moins deux UAV déjà matures, capables de délivrer une charge offensive combinée d’au moins 2 kg et de rendre compte des dommages infligés. La DIU attend un mélange de drones récupérables et de drones kamikazes, susceptibles d’assurer indifféremment des missions de renseignement, de guerre électronique, de relais de communications ou de frappe. Les menaces visées sont explicitement énumérées : USV piégés, petits drones, vedettes rapides de contrebande et semi-submersibles. La DIU souligne que le rapport coût-efficacité penche aujourd’hui lourdement en faveur de l’agresseur.
Analyse. Le programme est volontariste et très rapide, favorisé par un budget conséquent. Des alliances entre des fabricants d’USV et d’UAV sont très probables. L’USV de base devra être mature, ce qui suppose qu’il existe déjà. L’exigence de deux UAV embarqués au minimum, assortie d’un compte rendu de dommages, montre que la DIU ne cherche pas un simple porteur mais un système complet de détection, d’engagement et d’évaluation.
Sources : Drone Front, Defense News, Navy Times, DIU (PROJ00687) – 07/2026
Une nouvelle autorité pour la supervision des programmes de systèmes robotiques et autonomes
Le 5 août, le secrétaire à la Marine par intérim, Hung Cao, a annoncé la création d’un poste de responsable du portefeuille des systèmes robotisés et autonomes (DRPM RAS, Direct Reporting Portfolio Manager for Robotic and Autonomous Systems), placé hors de la chaîne hiérarchique ordinaire des acquisitions et rendant compte directement au sommet du département. Il est chargé de superviser le développement, l’expression des besoins et l’acquisition de ces systèmes, une initiative qualifiée de « restructuration stratégique ». La nouvelle entité reprend le modèle du responsable de portefeuille créé pour les sous-marins. Christopher Miller en assure la direction à titre provisoire et rend compte directement à William Toti, exerçant les fonctions de sous-secrétaire à la Marine ; il cumule ce poste avec celui, également provisoire, de responsable des acquisitions du portefeuille des systèmes robotisés et autonomes (PAE, Portfolio Acquisition Executive), dont il remplace la titulaire. La structure doit fonctionner en parallèle du responsable de portefeuille du Département de la Guerre chargé des systèmes sans équipage offensifs et défensifs, que la presse américaine surnomme le « Tsar de l’Autonomie ».
Analyse. L’US Navy marque clairement sa volonté de robotiser ses forces avec les structures ad hoc. Le mouvement de robotisation des forces américaines – aériennes, terrestres et navales – semble inéluctable. Un signal reste toutefois à interpréter avec prudence : la titulaire du poste de responsable des acquisitions de ce portefeuille a été écartée huit mois seulement après sa nomination de décembre 2025, ce qui traduit une gouvernance encore instable. La Marine justifie la réforme par la nécessité de corriger des années de dispersion des responsabilités, qui compliquaient le dialogue avec l’industrie et ralentissaient la livraison des capacités à la flotte.
Sources : Drone Front ; US Navy, communiqué du 05/08/2026 ; Breaking Defense, DefenseScoop – 08/2026
Un programme de « « drone équipier » pour les porte-avions des classes Nimitz et Ford
Le 31 août, le commandement des systèmes aéronautiques navals (NAVAIR, Naval Air Systems Command) a lancé un appel à informations (RFI, Request for Information) en vue de doter les porte-avions des classes Nimitz et Ford d’avions de combat collaboratifs (CCA, Collaborative Combat Aircraft), c’est-à-dire de « drones équipiers » appelés à voler aux côtés d’appareils pilotés. Ce RFI, portant sur le premier incrément du programme, attend des réponses pour le 18 septembre, une journée industrie étant prévue le 22 septembre. Il demande deux prototypes d’UAV autonomes pleinement fonctionnels, aptes à l’emploi depuis les porte-avions à propulsion nucléaire, avec un objectif de coût unitaire de 30 M$. Sont exigés le décollage catapulté et l’appontage avec brins d’arrêt jusqu’à un état de mer 5, une certification à terre aux normes de l’appontage dans les trois ans suivant l’attribution, un emport de quatre armes de 2 500 livres en charge externe – soit 10 000 livres, environ 4,5 tonnes – et un encombrement compatible avec le pont d’envol et les hangars existants. Le rayon d’action n’est pas imposé : les industriels doivent indiquer le rayon de combat maximal de leur solution, incluant l’armement, trente minutes sur zone et une réserve de carburant. Le système devra évoluer selon le concept de coopération entre appareils pilotés et drones (MUM-T, Manned-Unmanned Teaming) avec des appareils de 4e et 5e génération, et s’intégrer au groupe aérien embarqué (CVW, Carrier Air Wing) avec les mêmes contraintes que les appareils actuellement embarqués.
Analyse. L’annonce est majeure. L’US Navy va se servir de l’expérience de l’armée de l’air américaine avec le General Atomics YFQ-42A et l’Anduril YFQ-44A Fury, deux drones de combat concurrents actuellement en essais, mais aussi du Kratos Valkyrie, dont le corps des Marines exploite la version MQ-58. Le challenge technique est important, notamment en raison des différences de systèmes de catapultage et d’appontage entre les deux classes de porte-avions. À ce jour, seul Northrop Grumman a fait décoller et apponter un UAV sur porte-avions avec le X-47B, mais ce RFI va très probablement avoir des réponses, au minimum, de General Atomics, Anduril, Northrop Grumman, Boeing et Lockheed Martin. L’exigence de 10 000 livres en charge externe éloigne nettement le programme du drone consommable bon marché et rapproche le cahier des charges de celui de l’ancien X-47B. Ce RFI prolonge par ailleurs directement celui du 14 juillet, lié au groupe aérien embarqué du futur, traité dans notre précédente Lettre, qui demandait des drones embarqués capables de frapper à au moins 1 000 nautiques sans ravitaillement. Pour la Marine nationale, il sera intéressant de suivre ce programme qui pourrait à terme remodeler la composition des groupes aériens embarqués.
Sources : NAVAIR (RFI du 31/08/2026), Aviation Week, DefenseScoop, Army Recognition – 09/2026
Première frappe d’un drone de surface kamikaze américain sur l’ex-USS Peleliu
Le 17 juillet, la 32e division de drones de surface (USVDIV-32, Unmanned Surface Vessel Division 32) de l’US Navy a déployé deux GARC (Global Autonomous Reconnaissance Craft), drones de surface normalement voués au renseignement et à la surveillance, dans un engagement à tir réel contre l’ex-USS Peleliu, bâtiment d’assaut amphibie désarmé de la classe Tarawa d’environ 40 000 tonnes portant la coque LHA-5, lors d’un exercice de destruction à tir réel d’un bâtiment cible (SINKEX, Sinking Exercise) de l’exercice naval multinational RIMPAC (Rim of the Pacific) 2026, près d’Hawaï. Un seul des deux engins, doté pour l’occasion d’une charge explosive, a conduit l’attaque, le second filmant ses effets. Le but était d’évaluer l’impact d’une ogive mise en œuvre par un USV sur un grand navire. Produit par BlackSea Technologies (Baltimore), société américaine spécialisée dans les petits drones de surface, le GARC est long de 4,8 m et emportait une charge utile pouvant atteindre 454 kg, sans que la part revenant à l’explosif ait été précisée. L’attaque est intervenue après que la cible eut déjà été lourdement endommagée par des missiles, des aéronefs, des sous-marins et des unités de tir à terre ; l’USV a détoné près de la ligne de flottaison, provoquant une déformation structurelle localisée et une voie d’eau.
Analyse. L’US Navy ne précise pas à quelle vitesse évoluaient les GARC lors de l’attaque ; le constructeur annonce un rayon d’action de 700 nautiques à 22 nœuds. L’US Navy profite souvent de cet exercice pour tester de nouvelles technologies et de nouvelles tactiques. L’attaque de navires par des USV n’est pas nouvelle (voir l’Ukraine), mais avec cet exercice l’US Navy va disposer de ses propres données pour préparer un futur programme d’USV. Cet exercice a aussi prouvé qu’en urgence il était possible de modifier un drone de renseignement en drone kamikaze : quelques semaines plus tôt, les mêmes GARC de l’USVDIV-32 jouaient le rôle de plastron lors de l’exercice BALTOPS (Baltic Operations) 2026, son équivalent en Baltique, pour entraîner les marines de l’OTAN à la lutte anti-drones de surface. Le point le plus instructif tient au séquencement : le GARC n’a pas ouvert l’attaque, il l’a achevée, contre un bâtiment dont les capteurs, l’armement et les moyens de lutte contre les avaries étaient déjà neutralisés. Cette frappe intervient quelques jours après le premier emploi au combat de drones de surface à sens unique américains à Bandar Abbas, relaté dans notre précédente Lettre.
Sources : TWZ, Naval News, Army Recognition, Maritime Executive – 07-08/2026
L’Orca de l’US Navy réalise un transit longue distance dans le Pacifique
L’US Navy a réalisé sa première mission longue distance avec l’Orca, drone sous-marin de très grande taille (XLUUV, Extra Large Unmanned Underwater Vehicle) construit par Boeing et Huntington Ingalls, avec un transit de plus de 1 000 nautiques à travers le Pacifique Est achevé en juillet. L’opération a été conduite avec le bureau de programme des bâtiments de combat légers sans équipage (PEO USC, Program Executive Office for Unmanned Small Combatants). Elle a été révélée le 13 août par un communiqué du contre-amiral Chris Cavanaugh, commandant la force sous-marine de la flotte du Pacifique. Ni la route suivie ni la durée du transit n’ont été précisées. Long de 26 m avec son module de charge utile, pour environ 85 tonnes, l’Orca dispose d’une propulsion hybride diesel-électrique – il doit faire surface périodiquement pour recharger ses batteries – et d’un rayon d’action annoncé par l’industriel de 6 500 nautiques.
Analyse. Ce type de mission permet à l’US Navy d’acquérir de l’expérience sur ces nouveaux systèmes et de préparer les générations suivantes. L’US Navy vise, à terme, une flotte importante de ces drones sous-marins de très grande taille. Le transit ne représente toutefois qu’un sixième du rayon d’action annoncé par l’industriel, ce qui laisse une marge de progression considérable avant d’atteindre les distances qu’impose réellement le théâtre indopacifique.
Sources : Naval News, Defence Industry Europe – 08/2026
L’USS Theodore Roosevelt apte à mettre en œuvre le MQ-25 Stingray
Le porte-avions à propulsion nucléaire Theodore Roosevelt (CVN-71, classe Nimitz) est devenu, en mars 2026, le premier porte-avions de l’US Navy pleinement opérationnel et déployable pour la mise en œuvre du MQ-25 Stingray, drone ravitailleur embarqué issu du programme de ravitaillement en vol embarqué CBARS (Carrier-Based Aerial-Refueling System). L’information figure dans un rapport d’acquisition du Pentagone daté du 21 avril et rendu public en août. Le Theodore Roosevelt est équipé d’un centre de conduite des opérations aériennes sans équipage (UAWC, Unmanned Air Warfare Center), d’où les pilotes contrôleront le drone. Le premier UAWC d’essai avait été installé et testé en août 2024 à bord du George H.W. Bush (CVN-77) ; le Ronald Reagan (CVN-76) devait à son tour atteindre le statut opérationnel fin août 2026. Le commandement du MQ-25 repose sur le système de contrôle des missions de l’aviation embarquée sans équipage et la station sol MD-5E. Le premier MQ-25 de série a effectué son premier vol le 25 avril 2026 et l’US Navy a approuvé le lancement de la production initiale à cadence réduite en mai. La capacité opérationnelle initiale est désormais attendue en 2029, soit 4 ans après la date initialement prévue. L’appareil doit délivrer au moins 14 000 livres de carburant, l’objectif communément avancé étant de 15 000 livres, soit environ 6 800 kg, à 500 nautiques du porte-avions. Le Pentagone estime le coût total d’acquisition du programme à 19,4 Md$, pour un coût unitaire d’acquisition de 255,8 M$. L’US Navy prévoit d’acquérir 76 MQ-25, soit 67 appareils opérationnels et 9 d’essais et de développement.
Analyse. Le MQ-25 a du retard, mais c’était prévisible compte tenu de la complexité du système et de son innovation. L’US Navy sera la première force navale au monde à mettre en œuvre ce type de système. Elle va aussi et surtout décharger les Super Hornet de la mission de ravitaillement qu’ils assurent aujourd’hui en configuration nourrice, économisant des heures de vol sur une flotte vieillissante, tout en augmentant le temps sur zone des F-35, qui n’ont pas assez d’endurance selon les critères de la marine américaine. L’inspection générale du ministère de la Défense avait cependant relevé, dès son audit de 2023, un risque tenant au lancement de la production avant l’achèvement des essais de l’appareil représentatif de série.
Sources : TWZ, Navy Times, Defense News, Congressional Research Service – 08/2026
Les garde-côtes américains cherchent à contrer la menace des drones sous-marins
Les garde-côtes américains (USCG, United States Coast Guard) ont publié le 24 juillet, à travers leur direction du développement et de l’intégration des capacités futures (FD&I, Futures Development and Integration) et leur centre de recherche et développement, un appel à solutions pour détecter, identifier, pister et neutraliser les drones sous-marins (UUV, Unmanned Underwater Vehicle) jugés menaçants. Les réponses étaient attendues pour le 7 août. Les garde-côtes soulignent qu’il existe des technologies efficaces pour détecter et pister ces engins, mais très peu de moyens de neutralisation éprouvés : les propositions limitées à la détection ne seront pas examinées. Ils recherchent des solutions du commerce déjà testées et validées en contexte opérationnel, d’un niveau de maturité technologique au moins égal à 5 sur une échelle de 9 (TRL, Technology Readiness Level), c’est-à-dire intégrées et éprouvées en environnement représentatif. Objectif : soutenir les opérations de sécurité portuaire, côtière et en mer.
Analyse. Les garde-côtes sont ici pleinement dans leur rôle. La menace est bien identifiée et la recherche de solutions est relativement précise, avec une volonté claire de contrer cette menace ; le budget, en revanche, n’est pas connu. Le précédent le mieux documenté est celui de février 2024, lorsque le commandement central américain a annoncé avoir détruit un UUV houthiste en mer Rouge. La montée en puissance de la flotte mondiale d’UUV, notamment chinoise, guide évidemment aussi cette demande.
Sources : TWZ, Breaking Defense, US Coast Guard (avis 70Z02326RFI0005) – 07-08/2026
Le drone Squire Seaglider de REGENT testé lors d’un exercice dans le Michigan
Le Squire Seaglider de REGENT Craft (North Kingstown, Rhode Island), jeune société américaine spécialisée dans les engins volant en effet de sol, est un drone hybride qui navigue d’abord sur sa coque, se soulève ensuite sur des foils, puis vole à quelques mètres au-dessus de la surface. Il a participé à l’exercice de guerre électronique Silent Swarm, conduit du 13 au 24 juillet dans le nord de la péninsule inférieure du Michigan et au Alpena Combat Readiness Training Center, sous l’égide du secrétariat à la recherche et à l’ingénierie du Département de la Guerre et sous la conduite du centre de guerre navale de Crane. REGENT en a rendu compte le 18 août. La société détient un contrat de 15 M$ avec le corps des Marines et entretient des liens de développement avec le commandement des opérations spéciales américain (USSOCOM) et le centre de recherche et développement des garde-côtes. À l’occasion de cet exercice, le Squire a opéré avec diverses charges utiles sur plusieurs types de missions d’attaque électronique, de protection électronique et de soutien à la guerre électronique, sous le regard de spécialistes des 5 armées américaines – armée de l’air, armée de terre, garde-côtes, corps des Marines et marine. Le Squire est désigné par son constructeur comme un Seaglider USA-V (Unmanned Surface and Aerial Vehicle), engin sans équipage à la fois de surface et aérien, doté d’une vitesse pouvant atteindre 70 nœuds, d’un rayon d’action visé de plus de 100 nautiques et d’une charge utile de 23 kg. Long d’environ 4 m, il est conçu pour des missions de renseignement et de surveillance et pour le transport logistique.
Analyse. Le Squire relève de la famille des ékranoplanes – ces engins qui volent à très basse altitude en exploitant le coussin d’air formé entre leurs ailes et la surface de la mer -, même si son constructeur préfère le terme de seaglider en raison de la phase intermédiaire sur foils. Cette formule offre des possibilités intéressantes en termes de vitesse et donc de réactivité sur zone. Le modèle actuel est déjà intéressant, mais ce sont surtout des versions plus grosses qui pourraient intéresser le corps des Marines, notamment pour les opérations en Indopacifique, où un engin qui se passe de piste est un argument en soi. La technologie de l’effet de sol n’est pas nouvelle, mais l’appliquer à un drone n’est pas simple. Cet exercice constituait le premier des deux jalons fixés par le laboratoire de doctrine du corps des Marines avant toute décision d’emploi dans le Pacifique ; à ce jour, les Marines ne se sont pas exprimés publiquement sur le résultat.
Sources : Defence Blog, REGENT (communiqué du 18/08/2026), TWZ – 08/2026
Ultra Maritime met en œuvre un ensemble sonar de lutte anti-sous-marine et anti-drones
Lors de l’exercice multinational Lanternfish 2026 de l’US Navy, conduit à Keyport (État de Washington) avec l’Australie et le Royaume-Uni et consacré à la protection des infrastructures sous-marines critiques et à la menace des engins autonomes, Ultra Maritime a mis en œuvre deux capteurs en combinaison : son antenne sonar passive déployable Sea Spear, qui écoute sans se trahir, et sa bouée acoustique active SSQ-125B, qui émet une impulsion pour localiser précisément la cible. Le premier détecte le drone sous-marin, la seconde le situe. La société, spécialiste anglo-américain de la lutte sous-marine – sonars, bouées acoustiques et défense anti-torpille – installé à Braintree (Massachusetts), et dont Lockheed Martin a annoncé le rachat le 6 juillet 2026 pour 3,45 Md$ sous réserve de l’accord des autorités, a rendu compte de la démonstration le 13 août. Cette solution évolutive, présentée comme une brique de son concept Ocean of Things – un réseau distribué de capteurs sous-marins reliés entre eux -, peut être configurée pour des missions allant de la protection des ports et des infrastructures critiques à la sécurité des points de passage obligés, en passant par des opérations extérieures et la surveillance de longue durée des voies navigables stratégiquement importantes.
Analyse. L’apparition de systèmes de lutte anti-drones sous-marins est inéluctable. Ultra Maritime prend les devants et se positionne sur ce marché porteur. Il sera intéressant de voir si ce système sera exportable, et vers quels pays, une fois la société intégrée à Lockheed Martin – le rachat déplaçant la décision d’un industriel de taille moyenne vers un groupe soumis à la réglementation américaine sur les exportations d’armements. À noter que le Sea Spear a également été mis en œuvre lors du même exercice en association avec le Seabed Sentry d’Anduril, au titre d’un partenariat noué en 2025 entre les deux sociétés : les pistes établies par le sonar étaient relévées par le capteur d’Anduril puis versées directement dans le système de commandement de l’US Navy. C’est un réseau sous-marin distribué qui s’esquisse, plutôt qu’un capteur isolé.
Source : Naval News, Ultra Maritime (communiqué du 13/08/2026), Seapower – 08/2026
Royaume-Uni
Des drones de surface britanniques K3 Scout émettaient à leur insu des signaux vers une adresse IP chinoise
Des K3 Scout, drones de surface de reconnaissance et de protection de force mis en œuvre par les Royal Marines, émettaient à l’insu de leurs utilisateurs des signaux vers une adresse IP chinoise. L’anomalie a été détectée lors d’une évaluation de routine de vulnérabilité informatique. Selon le Telegraph, qui a révélé l’affaire le 9 août, ces émissions provenaient des caméras installées sur les engins : celles-ci comportaient des pièces fabriquées en Chine qui envoyaient des communications dites « heartbeat », signaux de statut automatisés confirmant qu’un appareil est connecté au réseau. Cette divulgation a suscité des inquiétudes sur le risque que des informations sensibles concernant le personnel des forces spéciales et les opérations en cours soient divulguées, d’autant que ces USV étaient destinés à un déploiement dans le Golfe, au profit des forces spéciales britanniques, pour la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. La Royal Navy a commandé 20 K3 Scout auprès de Kraken Technology Group, constructeur britannique de vedettes rapides et de drones de surface installé à Fareham (Hampshire), au titre du projet Beehive, pour un marché de 12,3 M£ notifié en mars ; les premiers exemplaires sont en service au sein des Royal Marines depuis cette date. Long de 8,4 m, le K3 Scout emporte 600 kg de charge utile et peut tenir la mer trente jours. Kraken indique s’être fourni en caméras auprès d’un tiers, qui avait donné des assurances quant à leur sécurité, et affirme que ces caméras étaient conformes à la loi américaine de programmation de défense (National Defense Authorization Act, NDAA), dont certaines dispositions interdisent l’emploi de composants provenant de fournisseurs chinois désignés. Après la découverte, le ministère britannique de la Défense a complètement déconnecté les caméras d’Internet et lancé une enquête, au terme de laquelle il a déclaré n’avoir trouvé aucune preuve que des données ou des systèmes du ministère aient été consultés, compromis ou transmis vers l’extérieur.
Analyse. Ces révélations montrent la vulnérabilité des systèmes vis-à-vis des charges utiles et des sous-ensembles d’origine chinoise. Ces vulnérabilités ne sont toutefois pas propres aux drones et montrent l’importance, pour les nations européennes, de disposer de solutions souveraines. Le cas est d’autant plus instructif que la chaîne d’approvisionnement était formellement conforme au NDAA : le maillon compromis n’était ni le bâtiment ni son intégrateur, mais un composant enfoui dans un équipement acheté sur étagère à un tiers. La distinction entre signal et donnée est ici essentielle : un signal de présence répété révèle qu’un équipement existe, où il se trouve et quand il fonctionne – ce qui, pour des engins destinés aux forces spéciales dans le détroit d’Ormuz, suffit à renseigner un adversaire sans qu’une seule image ait été transmise.
Sources : The Telegraph, TWZ, Naval News, Militarnyi – 08/2026
Russie
La Russie a suspendu ses opérations dans le plus grand port pétrolier de la mer Noire en raison d’attaques de drones
Selon Bloomberg, Sheskharis, le plus grand terminal pétrolier russe de la mer Noire, situé à Novorossiisk, a suspendu le matin du 21 juillet le chargement de pétroliers en raison de la menace d’attaques de drones aériens ukrainiens et de l’intensification des frappes ukrainiennes contre les navires russes en mers Noire et d’Azov. Les données de trafic maritime, l’imagerie satellitaire et les services de suivi des navires confirment cette interruption, un avis de tempête n’ayant été émis que deux jours après le dernier chargement. Le terminal traite environ 700 000 barils par jour, soit près d’1/5 des exportations russes de brut par voie maritime. Les pétroliers n’ont pas davantage pu charger au terminal voisin du Caspian Pipeline Consortium. Dans les trois premières semaines de juillet, les forces des systèmes sans pilote ukrainiennes (USF, Unmanned Systems Forces) ont déclaré avoir attaqué 196 navires transportant illégalement du pétrole, du carburant et d’autres cargaisons en contournement des sanctions internationales contre la Russie : 126 en mer d’Azov, 70 en mer Noire. Selon Reuters, le terminal a de nouveau suspendu ses chargements le 14 août après une tentative de frappe, un pétrolier ayant regagné le large et les capacités de stockage étant saturées.
Analyse. L’information est désormais confirmée et la répétition de l’incident à trois semaines d’intervalle en fait une victoire majeure et stratégique de l’Ukraine. Elle montre aussi le rôle de plus en plus important des drones – aériens dans ce cas précis, de surface pour les attaques contre les navires – dans le combat sur mer. Il faut noter que les exportations depuis Novorossiisk ont paradoxalement atteint près d’un million de barils par jour en juillet, contre environ 800 000 en juin, ce qui invite à mesurer l’effet réel de ces suspensions sur les volumes annuels.
Sources : Bloomberg, Reuters, Militarnyi – 07-08/2026
Danemark – Russie
Des drones danois et russes s’observent en mer Baltique
Un drone de surface danois et un drone aérien de reconnaissance russe ont passé plusieurs minutes à s’observer près de Bornholm, en mer Baltique, le 25 juin dernier, après que la corvette russe Soobrazitelny se fut approchée du drone. Le Stormborn X-Wave 01, engin de surveillance exploité par son constructeur danois – une jeune société qui construit ses coques au Danemark – et non par la marine, était ancré depuis deux jours à environ 30 km au sud-est de Bornholm, testant des radars et des équipements sonar fournis par Terma et Mydefence. Le Soobrazitelny (projet 20380, classe Steregushchiy, numéro de coque 531, environ 2 000 tonnes) est passé à environ 200 m du drone, transpondeur d’identification automatique (AIS) éteint, alors que le drone émettait le sien. Le navire russe a ensuite lancé un petit quadricoptère qui a tourné autour de l’engin danois à courte distance, le contact rapproché durant environ huit minutes. Les capteurs du X-Wave ont pisté la corvette au radar et par voie électro-optique et infrarouge, et détecté le drone russe par ses émissions radioélectriques. Stormborn a remis l’ensemble des enregistrements au service de surveillance maritime de la marine danoise, et la chaîne TV 2 a diffusé images et pistes radar à la mi-juillet.
Analyse. La rencontre n’est pas surprenante et est probablement appelée à se renouveler. Elle apporte une réponse partielle à la question de savoir ce que faisait ce bâtiment russe si près du Danemark : le fondateur de Stormborn, Frederik Søndergaard Hansen, indique avoir délibérément mouillé son engin dans une zone mal couverte par les radars côtiers danois, et l’opérateur qui le pilotait depuis la terre estime que ce sont les émissions radar de l’engin, d’allure militaire, qui ont attiré la corvette. L’épisode illustre surtout qu’un drone de surface bon marché, exploité par une entreprise privée, a documenté un bâtiment de combat naviguant transpondeur éteint mieux que ne l’aurait fait la couverture radar nationale. On notera toutefois une limite instructive : le logiciel de reconnaissance de l’engin a correctement identifié la corvette et l’hélicoptère Ka-27 posé sur sa plateforme, mais a confondu à plusieurs reprises le quadricoptère russe avec le bâtiment dont il venait de décoller.
Sources : Defence Blog, TV 2, H. I. Sutton – 07/2026
Ukraine
Des drones de surface présentés le 24 août à l’occasion du défilé de l’indépendance
Pour son 35e anniversaire de l’indépendance, l’Ukraine a organisé un défilé entièrement composé de systèmes sans équipage : des drones terrestres sur la principale artère de Kiev, des drones aériens dans le ciel et neuf drones de surface sur le Dniepr. Ces derniers, de différents modèles et de plusieurs fabricants, servent dans différentes branches des forces armées. Selon Naval News, on y trouvait un Magura V7 Sea Dragon armé de missiles AA-11 Archer, un Sargan doté du système Sea Dragon et de missiles Sidewinder, un Sargan (connu aussi sous le nom de SeaWolf) équipé de quatre quadricoptères, un Sargan portant des roquettes de 122 mm Grad et un système de guerre électronique, ainsi que plusieurs Sea Baby. La société UFORCE y a par ailleurs dévoilé le MV11, présenté comme le plus grand bâtiment de la famille Magura, conçu pour tenir la haute mer.
Analyse. L’Ukraine a présenté ses drones de surface les plus connus, mais d’autres modèles existent, plus confidentiels. Elle a véritablement développé une nouvelle composante maritime, domaine dans lequel elle occupe aujourd’hui la première place en termes industriel mais aussi d’emploi. Le passage du kamikaze jetable à des porteurs armés de missiles antiaériens, de roquettes ou de drones aériens, et désormais à une coque capable de tenir la haute mer, marque un changement d’échelle : ces engins ne sont plus seulement des munitions, mais des bâtiments de combat à part entière.
Sources : Naval News, UFORCE, Euronews – 08/2026
Un drone de surface Magura pour frapper des sites radar russes en Crimée
L’Ukraine a frappé deux objectifs radar russes en Crimée au moyen de Magura (Maritime Autonomous Guard Unmanned Robotic Apparatus), drones de surface employés cette fois comme porteurs de petits drones aériens pilotés en vue subjective (FPV, First Person View). L’opération, menée fin juillet et rendue publique le 3 août, a été conduite par le Groupe 13, unité spéciale du renseignement militaire ukrainien. Les FPV ont détruit un véhicule de commandement d’un système radar Podlyot ainsi qu’un interrogateur d’identification ami-ennemi Parol-4. C’est la première fois que des Magura servent de plateforme de lancement de FPV contre des objectifs terrestres en Crimée. Le Groupe 13 revendique, depuis le début de la guerre, la destruction de 9 navires russes et l’endommagement de cinq autres, ainsi que la destruction de 3 hélicoptères et de 2 avions de chasse.
Analyse. L’annonce, initialement floue, s’est précisée : les objectifs sont désormais identifiés, et ils sont significatifs. Le Podlyot est un radar de veille basse altitude, le Parol-4 un maillon de la chaîne d’identification ami-ennemi ; les frapper revient à ouvrir des trous dans la couverture radar de la péninsule avant d’autres actions. Le point décisif tient au principe même : un drone de surface qui n’a jamais touché la côte a permis de frapper à terre, ce qui affranchit l’Ukraine de la portée limitée de ses FPV lancés depuis son propre territoire. Il ne fait aucun doute que les Magura sont désormais utilisés pour de multiples types de missions, avec une large gamme de systèmes et d’armes.
Sources : Renseignement militaire ukrainien (communiqué du 03/08/2026), Kyiv Independent, Kyiv Post, Drone Front – 08/2026
La tourelle anti-drones ukrainienne Predator testée sur une frégate de l’OTAN
La société ukrainienne UGV Robotics, membre du groupe UFORCE, a mené des essais de la version navale de sa tourelle téléopérée Predator, conçue pour la lutte anti-drones (C-UAS, Counter-Unmanned Aircraft System), à bord d’une frégate appartenant à un État membre de l’OTAN. La principale exigence au début des essais était d’intégrer la tourelle au navire en veillant à ce qu’elle soit bien montée, sans modifier la structure du bâtiment : les ingénieurs ont conçu une platine reprenant l’affût de mitrailleuse existant, et installé un poste de conduite à l’intérieur du navire. La tourelle était équipée d’une mitrailleuse FN MAG. Le module est compatible avec les mitrailleuses de 7,62 mm aux normes soviétiques et OTAN. Ses deux caractéristiques majeures annoncées sont sa stabilisation et ses modules d’intelligence artificielle, capables de reconnaître et de suivre automatiquement les cibles. Lors des essais, le système a engagé avec succès une cible aérienne et un drone de surface. Selon le constructeur, l’idée d’installer de telles tourelles sur des ponts de bâtiments de l’OTAN est née après qu’une frégate eut été coulée, en simulation, par des Magura ukrainiens lors d’un exercice conjoint.
Analyse. Le type de frégate et le nom de la marine ne sont pas diffusés. Ce type d’armement, s’il est facile et peu coûteux à intégrer, pourrait intéresser une large gamme de pays de l’OTAN, et pas uniquement pour doter des frégates. L’argument économique est au cœur de l’offre : le constructeur avance un coût de destruction inférieur à dix euros par cible aérienne, à comparer aux munitions guidées aujourd’hui employées contre des drones à quelques milliers de dollars pièce. Ces chiffres émanent toutefois de l’industriel et n’ont pas été validés par une marine.
Sources : Militarnyi, UFORCE – 07-08/2026
Pays-Bas
Conception d’un drone de surface de lutte anti-sous-marine pour les futures frégates néerlandaises, en partenariat avec la Belgique
Les Pays-Bas ont officiellement lancé, le 29 juillet, la phase de conception d’un drone de surface de 12 m destiné à leurs nouvelles frégates de lutte anti-sous-marine (ASM). Chaque frégate de la marine royale néerlandaise emportera un exemplaire de cet engin, mis à l’eau et récupéré par le bâtiment, pour assurer la surveillance sous-marine et améliorer sa réponse aux menaces sous-marines. Le programme de frégates ASM, qui doit remplacer les frégates de la classe Karel Doorman (classe M), est développé conjointement avec la marine belge, les Pays-Bas en assurant la conduite avec Damen et Thales comme maîtres d’œuvre. Le ministère néerlandais de la Défense, à travers son commandement du matériel et des systèmes d’information (COMMIT), a confié les travaux de conception à Dutch Naval Design, partenariat reliant gouvernement, industrie, universités et organismes de recherche ; en son sein, un consortium de douze membres baptisé « USV Alliance » assure la conception de l’engin, qui doit d’abord donner lieu à un prototype fonctionnel. La phase de conception doit s’achever au premier trimestre 2027. Le capteur principal sera une version adaptée du sonar trempé actif Compact FLASH de Thales Underwater Systems France, dérivé de la famille FLASH conçue pour les hélicoptères : un sonar descendu au bout d’un câble à la profondeur choisie – jusqu’à environ 750 m – plutôt que remorqué. L’engin, conçu pour tenir l’Atlantique Nord jusqu’à un état de mer 5, y compris à la mise à l’eau, opérera selon un cycle de transits rapides à 20 nœuds entrecoupés d’immersions du sonar.
Analyse. Les marines néerlandaise et belge font le virage de la robotisation en dotant d’USV leurs bâtiments de guerre des mines comme leurs futures frégates ASM. L’intérêt du dispositif est moins l’engin que la géométrie acoustique qu’il autorise : en déportant l’émission active sur un porteur sans équipage, la frégate élargit sa zone de recherche sans révéler sa propre position et sans dépendre de la présence de son hélicoptère, qui ne peut rester indéfiniment en vol.
Sources : Naval News, Janes, Thales, Defence-industry.eu – 08/2026
Portugal
Essai d’un drone aérien à bord de la frégate NRP Álvares Cabral
La marine portugaise a mené des essais d’un drone aérien léger sur la frégate de classe Vasco da Gama NRP Álvares Cabral (F331, type MEKO 200PN), au cours de son déploiement dans le cadre de la mission Iniciativa Mar Aberto 2026. L’activité a été conduite par X31, l’unité portugaise spécialisée dans les systèmes sans équipage, responsable de la préparation opérationnelle, de la formation et de la qualification des opérateurs. Les essais visaient à valider les procédures opérationnelles, les dispositifs de sécurité et l’interopérabilité dans des conditions navales. Ils s’inscrivent dans un effort plus large de modernisation centré sur le futur NRP D. João II, plateforme navale multifonctionnelle commandée à Damen pour 132 M€. Long de 107,6 m pour environ 7 000 t, doté d’un pont d’envol de 94 m, de deux hangars – l’un pour un hélicoptère lourd, l’autre pour les drones -, d’une catapulte de lancement de drones, d’une rampe et d’une grue de 30 tonnes pour la mise à l’eau d’embarcations, il a été mis à flot le 7 avril 2026 au chantier Damen de Galaţi, en Roumanie, et doit réaliser ses essais à la mer avant sa livraison au Portugal.
Analyse. Bien que le type de drone ne soit pas précisé, il s’agirait d’un petit engin léger à décollage vertical. Ces essais permettent à la marine portugaise de se préparer à l’arrivée du D. João II, spécialisé dans la mise en œuvre des hélicoptères et des drones. À ce jour, la dotation en drones du D. João II n’est pas connue. Le Portugal se place ainsi en position d’exploiter le premier bâtiment européen conçu dès l’origine comme porte-drones.
Sources : Naval News, État-major général des armées portugaises, Damen – 08/2026
Lexiques des acronymes
- AIS : Automatic Identification System / système d’identification automatique des navires
- ASM : lutte anti-sous-marine
- ATOLS : Automatic Take-Off and Landing System / système automatique de décollage et d’atterrissage
- AWOTF : Air Wing of the Future / groupe aérien embarqué du futur (US Navy)
- BDA : Battle Damage Assessment / évaluation des dommages infligés
- CATOBAR : Catapult Assisted Take-Off But Arrested Recovery / décollage catapulté et appontage avec brins d’arrêt
- CBARS : Carrier-Based Aerial-Refueling System / système de ravitaillement en vol embarqué
- CCA : Collaborative Combat Aircraft / avion de combat collaboratif, drone équipier d’un appareil piloté (« loyal wingman »)
- CCV : Common Combat Vessel / navire de combat « commun » (Royal Navy)
- CEPA/10S : Centre d’expérimentations pratiques de l’aéronautique navale / escadrille 10S (Marine nationale)
- COMMIT : Commando Materieel en IT / commandement du matériel et des systèmes d’information (ministère néerlandais de la Défense)
- CU : charge utile
- C-UAS : Counter-Unmanned Aircraft System / lutte anti-drones aériens
- C-UUV : Counter-UUV / lutte anti-drones sous-marins
- CVN : Carrier Vessel Nuclear / porte-avions à propulsion nucléaire (code de coque américain)
- CVW : Carrier Air Wing / groupe aérien embarqué
- DIU : Defense Innovation Unit / unité d’innovation de défense (États-Unis)
- DRPM RAS : Direct Reporting Portfolio Manager for Robotic and Autonomous Systems / responsable de portefeuille en rattachement direct pour les systèmes robotisés et autonomes (US Navy)
- EMALS : Electromagnetic Aircraft Launch System / catapulte électromagnétique
- EO/IR : Electro-Optical/Infrared / électro-optique et infrarouge
- FD&I : Futures Development and Integration / développement et intégration des capacités futures (US Coast Guard)
- FLASH : Folding Light Acoustic System for Helicopters / famille de sonars trempés de Thales
- FPV : First Person View / pilotage en vue subjective
- GARC : Global Autonomous Reconnaissance Craft / embarcation autonome de reconnaissance (BlackSea Technologies)
- GE : guerre électronique
- HALE : High Altitude Long Endurance / haute altitude et longue endurance
- IOC : Initial Operational Capability / capacité opérationnelle initiale
- ISR : Intelligence, Surveillance, Reconnaissance / renseignement, surveillance et reconnaissance
- JAGM : Joint Air-to-Ground Missile / missile air-sol interarmées (AGM-179)
- LOI : Letter of Intent / lettre d’intention
- LRIP : Low-Rate Initial Production / production initiale à cadence réduite
- MoD : Ministry of Defence / ministère de la Défense (Royaume-Uni)
- MoU : Memorandum of Understanding / protocole d’accord
- MTOW : Maximum Take-Off Weight / masse maximale au décollage
- MUM-T : Manned-Unmanned Teaming / coopération entre appareils pilotés et drones
- NAVAIR : Naval Air Systems Command / commandement des systèmes aéronautiques navals (US Navy)
- NDAA : National Defense Authorization Act / loi américaine de programmation de défense, dont certaines dispositions interdisent l’emploi de composants de fournisseurs chinois désignés
- NISRF : NATO Intelligence, Surveillance and Reconnaissance Force / force de renseignement, surveillance et reconnaissance de l’OTAN
- NUCAV : Naval Unmanned Combat Aerial Vehicle / drone aérien de combat naval
- OWA : One Way Attack / attaque à sens unique (drone « kamikaze »)
- PAE : Portfolio Acquisition Executive / responsable des acquisitions d’un portefeuille (US Navy)
- PatMar : patrouille maritime
- PEO USC : Program Executive Office for Unmanned Small Combatants / bureau de programme des bâtiments de combat légers et sans équipage (US Navy)
- RAS : Robotic and Autonomous Systems / systèmes robotisés et autonomes
- RFI : Request for Information / demande d’informations
- SAR : Search and Rescue / recherche et sauvetage
- SDAM : Système de drone aérien de la Marine / programme français de drone embarqué à voilure tournante
- SINKEX : Sinking Exercise / exercice de destruction à tir réel d’un bâtiment cible
- Surmar : surveillance maritime
- SWAP-USV : Suitable Warfighting Adaptive Payloads – Unmanned Surface Vessel / charges utiles adaptatives pour le combat, appliquées aux drones de surface (programme DIU)
- TNI AL : Tentara Nasional Indonesia – Angkatan Laut / marine indonésienne
- TRL : Technology Readiness Level / niveau de maturité technologique
- TTL USV : Torpedo-Tube-Launched Uncrewed Surface Vessel / drone de surface lancé par tube lance-torpilles
- UAV : Unmanned Aerial Vehicle / drone aérien
- UAWC : Unmanned Air Warfare Center / centre de conduite des opérations aériennes sans équipage (porte-avions américains)
- UCAV : Unmanned Combat Aerial Vehicle / drone aérien de combat
- UCLASS : Unmanned Carrier-Launched Airborne Surveillance and Strike / système embarqué de surveillance et de frappe aérienne sans pilote
- UGV : Unmanned Ground Vehicle / drone terrestre
- USA-V : Unmanned Surface and Aerial Vehicle / véhicule sans équipage à la fois de surface et aérien (désignation REGENT)
- USCG : United States Coast Guard / garde-côtes américains
- USF : Unmanned Systems Forces / forces des systèmes sans pilote (Ukraine)
- USMC : United States Marine Corps / corps des Marines américain
- USN : United States Navy / marine américaine
- USSOCOM : United States Special Operations Command / commandement des opérations spéciales américain
- USV : Unmanned Surface Vehicle / drone de surface
- USVDIV : Unmanned Surface Vessel Division / division de drones de surface (US Navy)
- UUV : Unmanned Underwater Vehicle / drone sous-marin
- UxV : désignation générique des drones, tous milieux confondus
- VTOL : Vertical Take-Off and Landing / décollage et atterrissage verticaux
- XLUUV : Extra Large UUV / drone sous-marin de très grande taille
Le capitaine de frégate (R) Marc Grozel a servi pendant plus de 35 ans dans la Marine nationale, principalement dans l’aéronautique navale (1979 à 2009) où il a occupé différents postes dans les avions de patrouille maritime « Atlantic 1 » puis « Atlantique 2 », totalisant plus de 6 000 heures de vol.
À partir de 2000, il devient l’expert drones (UAV) de la Marine nationale, formé et qualifié pilote sur plusieurs types d’appareils à voilure fixe et tournante, avec plus de cent appontages de drones sur bâtiment à son actif.
De 2009 à 2015, il occupe successivement les fonctions d’officier de marque et d’officier de liaison auprès de la Section technique de l’armée de Terre, d’officier de programme drones à l’État-major de la Marine — suivant à ce titre l’ensemble des programmes UAV de la Marine et de nombreux programmes interarmées —, enfin de chef du détachement drones du CEPA/10S, où il conduit l’expérimentation des UAV à bord des bâtiments de la Marine.
De 2015 à 2022, il rejoint NAVAL GROUP comme expert drones et travaille sur différents programmes, notamment le SDAM, ainsi que sur la R&D et la veille technologique.
Depuis 2000, dans la Marine puis chez Naval Group, il assure une veille permanente sur les systèmes aériens (UAV), de surface (USV) et sous-marins (UUV) : onze notes mensuelles d’analyse par an, par pays et par industriel, des comptes rendus de salons (Le Bourget, Euronaval) et des études spécialisées (UAV VTOL de la gamme 200 kg, UAV convertibles, drones VTOL chinois, comparatif S-100 / Hero / Skeldar, programme CBARS, menace UAV en Méditerranée sud, etc.).
Il est l’auteur de l’un des premiers ouvrages en français consacrés aux drones, Drones, mystérieux objets volants, les yeux et le feu du XXIe siècle (Éditions Lavauzelle, 2008).







