27 septembre 1066 : la flotte de Guillaume de Normandie appareille de Saint-Valery-sur-Somme.
Dans la soirée, après des semaines d’attente, le vent tourne au sud. Le duc Guillaume fait embarquer son armée et traverse la Manche de nuit. Le lendemain matin, ses troupes débarquent sans rencontrer de résistance à Pevensey, sur la côte du Sussex. 17 jours plus tard, elles affrontent le roi Harold à Hastings.
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À la mort d’Édouard le Confesseur, le 5 janvier 1066, le conseil des grands d’Angleterre a porté sur le trône Harold Godwinson, comte de Wessex. Guillaume, duc de Normandie, conteste cette élection : il affirme qu’Édouard lui avait promis la couronne et qu’Harold lui-même avait juré de le soutenir lors d’un séjour en Normandie. Il obtient l’appui du pape Alexandre II et réunit au cours du printemps et de l’été une armée composée de Normands, de Bretons, de Flamands et de chevaliers venus de tout le nord de la France.
La flotte, construite ou réquisitionnée à cet effet, se rassemble à l’embouchure de la Dives au mois d’août. Les vents contraires l’y bloquent plusieurs semaines. Le 12 septembre environ, elle se déplace vers Saint-Valery-sur-Somme, plus proche des côtes anglaises, au prix de pertes en mer. Le chroniqueur Wace avance le chiffre de 696 navires ; les historiens estiment l’armée embarquée entre 7 000 et 8 000 hommes, avec plusieurs milliers de chevaux. Pour obtenir un vent favorable, Guillaume fait porter en procession les reliques de saint Valery.
Pendant ce temps, Harold a démobilisé, le 8 septembre, la milice qui gardait la côte sud depuis l’été, faute de vivres. Il doit ensuite marcher vers le nord, où le roi de Norvège Harald Hardrada et Tostig, frère d’Harold, ont débarqué. Il les écrase à Stamford Bridge le 25 septembre. Deux jours plus tard, le vent passe au sud et Guillaume donne l’ordre d’embarquer. La flotte navigue de nuit, les navires portant des fanaux pour rester groupés ; le navire du duc, la Mora, offert par la duchesse Mathilde, distance les autres et doit attendre le gros de la flotte au matin.
Le débarquement a lieu le 28 septembre à Pevensey. Guillaume fait élever une fortification dans l’enceinte romaine du lieu, puis gagne Hastings, où il construit un château de bois. Harold, informé à York, redescend vers le sud à marche forcée. La bataille se livre le 14 octobre ; Harold y est tué. Guillaume est couronné à Westminster le 25 décembre 1066.

27 septembre 1331 : bataille de Płowce entre le royaume de Pologne et les chevaliers teutoniques.
En Cujavie, l’armée du roi Ladislas Ier le Bref surprend l’arrière-garde teutonique du grand maréchal Dietrich von Altenburg, la met en déroute et capture son chef. L’arrivée du gros des forces de l’Ordre relance le combat jusqu’au soir. Les chevaliers se replient de nuit sur Toruń, laissant les Polonais maîtres du terrain. Victoire sans lendemain militaire, Płowce montre pourtant que l’Ordre peut être battu en rase campagne.
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La guerre oppose la Pologne à l’ordre Teutonique depuis 1326. L’Ordre, qui tient la Poméranie de Gdańsk depuis 1308, s’est allié au roi Jean de Bohême, prétendant à la couronne polonaise. En 1329, il a occupé la terre de Dobrzyń. Au cours de l’été 1331, ses troupes ravagent la Grande-Pologne et la Cujavie ; le 27 juillet, elles prennent et incendient Pyzdry. En septembre, une nouvelle expédition, forte d’environ 7 000 hommes, doit faire sa jonction avec les Bohémiens à Kalisz. La jonction échoue et l’armée teutonique reprend le chemin du nord en dévastant le pays.
Pour faciliter le ravitaillement, le commandement teutonique, confié au commandeur de Chełmno Otto von Lauterberg, divise l’armée en trois corps. Le 27 septembre au matin, près de Płowce, entre Radziejów et Brześć Kujawski, Ladislas attaque le corps resté en arrière sous les ordres du grand maréchal Dietrich von Altenburg. Le prince héritier Casimir, présent au début de l’action, est éloigné du champ de bataille pour ne pas priver le royaume de son seul héritier. Après environ trois heures de combat, l’arrière-garde est dispersée ; selon la chronique d’Oliwa, 56 frères de l’Ordre sont tués, et Altenburg, blessé, est fait prisonnier.
Alerté, Lauterberg fait demi-tour avec le reste de l’armée et reprend l’offensive contre des Polonais fatigués et dispersés. Au cours de ce second combat, les Teutoniques libèrent une partie de leurs prisonniers, dont Altenburg, retrouvé enchaîné à un chariot. La mêlée dure jusqu’à la tombée de la nuit. Lauterberg renonce alors à marcher sur Brześć Kujawski et se retire vers Toruń à la faveur de l’obscurité, sans enterrer ses morts. Ladislas fait ensuite une entrée solennelle à Cracovie avec plusieurs dizaines de prisonniers, parmi lesquels le commandeur Heinrich Reuss von Plauen. Les pertes des deux camps sont lourdes, mais les chiffres avancés par la tradition ne sont pas vérifiables.
La bataille n’arrête pas l’Ordre. Au printemps 1332, il s’empare de toute la Cujavie, Brześć Kujawski compris. Une trêve est conclue ; Ladislas meurt en mars 1333. Son fils Casimir III négocie une paix durable, signée à Kalisz en 1343 : la Pologne récupère la Cujavie et la terre de Dobrzyń, mais renonce à la Poméranie de Gdańsk et à la terre de Chełmno. La querelle reprendra au début du siècle suivant et conduira à Grunwald, en 1410.
27 septembre 1422 : paix du lac Mełno entre l’ordre Teutonique et l’union polono-lituanienne.
Signé au bord du lac Mełno, à l’est de Grudziądz, le traité met fin à la « guerre de Golub », brève campagne de l’été 1422. L’Ordre renonce définitivement à la Samogitie au profit de la Lituanie. La frontière ainsi tracée entre la Prusse et la Lituanie restera pratiquement inchangée jusqu’en 1919.
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La paix de Toruń, signée en février 1411 après la défaite teutonique de Grunwald, laisse en suspens la question de la Samogitie, région lituanienne qui sépare la Prusse teutonique de la Livonie, tenue par la branche livonienne de l’Ordre. L’arbitrage confié en 1420 à l’empereur Sigismond donne raison à l’Ordre, ce que le roi de Pologne Ladislas II Jagellon et son cousin le grand-duc de Lituanie Vytautas refusent. La Pologne s’est en outre rapprochée en 1421 de l’électeur Frédéric Ier de Brandebourg.
En juillet 1422, l’armée polono-lituanienne entre dans la terre de Chełmno, la ravage et s’empare du château de Golub, sur la Drwęca. Le nouveau grand maître, Paul von Rusdorf, élu en mars, ne reçoit pas les secours attendus de l’Empire, où Sigismond est absorbé par la guerre contre les hussites. Il accepte de traiter.
Le traité du 27 septembre, conclu par Rusdorf, Ladislas II et Vytautas, attribue à la Lituanie la Samogitie, avec un débouché sur la Baltique autour de Palanga, ainsi que la Sudovie. L’Ordre conserve Memel (Klaipėda) et la bande côtière voisine. La Pologne reçoit Nieszawa, sur la Vistule, et renonce en échange à ses revendications sur la Poméranie de Gdańsk, la terre de Chełmno et la terre de Michałów. Les possessions teutoniques de Prusse et de Livonie restent séparées par la Samogitie lituanienne.
Le traité est confirmé en 1435 par la paix de Brześć Kujawski. La frontière prusso-lituanienne fixée en 1422 demeure en place, à quelques ajustements près, pendant près de 5 siècles. En 1920, le traité de Versailles détache de l’Allemagne le territoire de Memel, placé sous administration alliée ; la Lituanie s’en empare en janvier 1923 à la suite d’un soulèvement préparé par ses services, avant que l’Allemagne ne l’annexe en mars 1939.
27 septembre 1529 : début du premier siège de Vienne par les Ottomans.
L’armée de Soliman le Magnifique, forte de plus de 100 000 hommes, investit la capitale de l’archiduc Ferdinand d’Autriche, défendue par moins de 20 000 soldats sous les ordres du comte Niklas Salm. Privés de leur artillerie lourde, restée embourbée en route, les assiégeants misent sur la guerre des mines. Après l’échec d’un dernier assaut, le sultan lève le siège le 15 octobre. Vienne marque la limite de l’avance ottomane en Europe centrale.
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Depuis la victoire de Mohács, le 29 août 1526, où le roi Louis II de Hongrie a trouvé la mort, deux prétendants se disputent la couronne hongroise : Jean Zápolya, soutenu par une partie de la noblesse puis par le sultan, et Ferdinand de Habsbourg, frère de Charles Quint, archiduc d’Autriche et roi de Bohême. En 1527-1528, Ferdinand chasse Zápolya de Buda. Soliman décide d’intervenir pour rétablir son protégé et frapper les Habsbourg dans leurs possessions héréditaires.
L’armée quitte Constantinople le 10 mai 1529. Les pluies exceptionnelles du printemps et de l’été ralentissent sa marche et obligent à abandonner une grande partie des pièces lourdes. Le 8 septembre, Buda est reprise et Zápolya réinstallé. Fin septembre, l’armée ottomane, commandée par le sultan en personne, avec le grand vizir Ibrahim Pacha comme serasker, arrive devant Vienne. Les estimations vont de 75 000 à 100 000 combattants, sur une force de campagne plus nombreuse ; une bonne part est de la cavalerie légère, peu utile pour un siège.
Charles Quint, qui vient de signer avec la France la paix de Cambrai (3 août 1529), se trouve en Italie et n’envoie pas de secours. Ferdinand reste à l’écart de la ville. La défense est placée sous l’autorité nominale du comte palatin Philippe ; elle est conduite en fait par Niklas Salm, vétéran de 70 ans, et par le maréchal d’Autriche Wilhelm von Roggendorf. La garnison compte selon les sources de 17 000 à 21 000 hommes, dont des lansquenets, des arquebusiers espagnols et des contingents de Bohême, avec environ 75 canons. L’enceinte médiévale est renforcée à la hâte par des remparts de terre ; les faubourgs sont incendiés pour dégager le champ de tir.
Les quelque 300 canons ottomans, de trop petit calibre, n’entament pas les murs. L’effort principal porte sur les mines creusées vers la porte de Carinthie. Les défenseurs y répondent par des contre-mines et placent dans les caves des récipients d’eau ou des tambours dont les vibrations trahissent les travaux souterrains. Plusieurs galeries sont éventées et des combats à l’arme blanche s’y livrent. Le 6 octobre, une sortie d’environ 8 000 hommes contre les ouvrages de sape échoue et coûte cher aux assiégés. Les jours suivants, des mines ouvrent des brèches, mais les janissaires sont chaque fois repoussés.
Le 12 octobre, un conseil de guerre décide d’un dernier assaut, pour lequel les janissaires reçoivent une prime exceptionnelle. L’attaque du 14 octobre échoue. Salm, grièvement blessé pendant les combats, meurt le 4 mai 1530. Dans la nuit du 14 au 15 octobre, les Ottomans incendient leur camp et tuent une partie de leurs prisonniers ; la retraite commence le 15. Les neiges précoces la rendent meurtrière. Soliman revient en 1532, mais la résistance de Kőszeg (Güns) et la présence d’une armée impériale l’empêchent d’atteindre Vienne. Les Ottomans assiégeront de nouveau la ville en 1683.
27 septembre 1605 : bataille de Kircholm (aujourd’hui Salaspils en Lettonie).
Sur la Daugava, en amont de Riga, l’hetman de camp de Lituanie Jan Karol Chodkiewicz, avec environ 3 600 hommes, anéantit l’armée suédoise de Charles IX, trois fois plus nombreuse. La charge des hussards ailés polono-lituaniens décide de la journée en moins d’une heure. La victoire, l’une des plus nettes de l’histoire militaire de la République des Deux Nations, ne sera pas exploitée.
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La guerre polono-suédoise de 1600-1611 naît d’un conflit dynastique. Sigismond III Vasa, roi de Pologne et grand-duc de Lituanie, a été roi de Suède, mais son oncle, le futur Charles IX, l’a évincé du trône. Charles porte la guerre en Livonie, province disputée entre les deux couronnes. En 1605, il débarque avec une nouvelle armée et met le siège devant Riga.
Chodkiewicz dispose d’environ 2 600 cavaliers, en majorité des hussards, et d’un millier de fantassins. Charles IX aligne entre 10 000 et 11 000 hommes, surtout de l’infanterie, avec de l’artillerie, sur une position en hauteur. Pour l’en faire descendre, Chodkiewicz simule un repli. Les Suédois s’avancent en terrain découvert et s’étirent. Les hussards chargent alors le flanc gauche suédois, puis le centre ; l’infanterie, qui n’a pas le temps de se former, est dispersée, et la cavalerie suédoise s’enfuit. Le cheval de Charles IX est tué sous lui ; le roi n’échappe à la capture que grâce au cavalier livonien Henrik Wrede, qui lui cède sa monture et est tué sur place.
Les pertes suédoises sont évaluées entre 7 000 et 9 000 morts, auxquels s’ajoutent quelques centaines de prisonniers ; celles des vainqueurs à une centaine de tués et environ 200 blessés. Le siège de Riga est levé. La République ne tire pourtant aucun avantage durable de la victoire : les troupes, mal payées, se désagrègent, et la rébellion nobiliaire de Zebrzydowski éclate l’année suivante. La guerre se poursuit par intermittence jusqu’en 1611.

27 septembre 1669 : fin du siège de Candie (Crète) par les Ottomans.
Faute de secours après le départ du corps expéditionnaire français, le capitaine général vénitien Francesco Morosini négocie la reddition de Candie (aujourd’hui Héraklion). La garnison et les habitants évacuent la ville avec leurs biens, et les troupes du grand vizir Fazıl Ahmed Köprülü y entrent. Le siège, commencé en mai 1648, est l’un des plus longs de l’histoire.
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La Crète est vénitienne depuis le début du XIIIe siècle. En 1644, les chevaliers de Malte s’emparent en mer d’un convoi ottoman qui transporte des pèlerins et des membres du harem du sultan, puis font escale sur les côtes crétoises. Constantinople en tire prétexte pour attaquer Venise. En juin 1645, une armée ottomane débarque près de La Canée, qui tombe en août ; Rethymno suit en 1646. En 1648, les Vénitiens ne tiennent plus que Candie et quelques forteresses côtières, dont Souda, Spinalonga et Gramvousa.
Le siège de Candie commence en mai 1648. Les Ottomans coupent l’aqueduc qui alimente la ville et l’isolent par la terre ; la mer reste ouverte aux Vénitiens, qui ravitaillent la place malgré les efforts de la flotte ottomane. Pendant près de 20 ans, les opérations alternent bombardements, attaques de mines et assauts sans résultat décisif, l’Empire ottoman étant occupé sur d’autres fronts. Les ingénieurs ottomans creusent des réseaux de tranchées parallèles dont les ingénieurs européens étudieront plus tard le principe.

La paix de Vasvár, conclue avec l’Empereur en 1664, libère des moyens. Le grand vizir Fazıl Ahmed Köprülü arrive en Crète à la fin de 1666 et prend en main le siège, qui entre dans sa phase la plus violente au printemps 1667. Morosini commande la défense. Des volontaires venus de toute l’Europe renforcent la garnison, dont plusieurs centaines de gentilshommes français en 1668. La désertion de l’ingénieur Andrea Barozzi, qui renseigne les Ottomans sur les points faibles de l’enceinte, aggrave la situation des défenseurs.
En 1669, Louis XIV envoie un corps expéditionnaire d’environ 6 000 hommes, transporté sous pavillon pontifical pour ménager les relations de la France avec la Porte. La flotte est commandée par le duc de Beaufort, les troupes par le duc de Navailles. Le 25 juin, une sortie française bouscule d’abord les lignes ottomanes, mais l’explosion d’un dépôt de poudre dans une batterie conquise sème la panique ; la contre-attaque ottomane repousse les Français avec de lourdes pertes, et Beaufort disparaît dans la mêlée. En juillet, un bombardement naval ne donne rien, et le vaisseau La Thérèse explose accidentellement, presque tout son équipage périssant. Découragés, affaiblis par les combats et les maladies, les Français se rembarquent à la fin du mois d’août.
Morosini, qui ne dispose plus que de quelques milliers d’hommes valides, ouvre des négociations sans attendre l’accord du Sénat. La capitulation est signée au début de septembre. Elle accorde aux Vénitiens un délai pour évacuer la ville avec les habitants qui le souhaitent et leurs biens ; la quasi-totalité de la population part. Le 27 septembre, les Ottomans prennent possession de la ville. La paix conclue dans la foulée laisse à Venise les forteresses de Souda, Spinalonga et Gramvousa, qu’elle perdra entre 1691 et 1715. Accusé d’avoir outrepassé ses pouvoirs, Morosini est jugé à Venise puis blanchi ; il sera élu doge en 1688. Les pertes du siège ne sont connues que par des estimations : autour de 30 000 morts chez les défenseurs et plus de 100 000 dans le camp ottoman selon les chiffres couramment cités.

27 septembre 1810 : bataille de Buçaco (guerre d’indépendance espagnole).
Retranché sur une longue crête au nord de Coimbra, Wellington repousse les assauts de l’armée de Portugal du maréchal Masséna. Les Français perdent environ 4 500 hommes contre quelque 1 250 aux Anglo-Portugais. Contourné dès le lendemain, Wellington reprend sa retraite vers les lignes de Torres Vedras, devant lesquelles l’invasion française s’arrête.
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Après les échecs de Junot en 1807-1808 et de Soult en 1809, Napoléon confie à Masséna une troisième invasion du Portugal. L’armée de Portugal, forte d’environ 65 000 hommes répartis entre les corps de Ney, Reynier et Junot, prend Ciudad Rodrigo le 10 juillet 1810, puis Almeida le 28 août, après l’explosion accidentelle de la poudrière de la place. Wellington, vicomte depuis 1809, n’a pas l’intention de livrer une bataille décisive : il gagne du temps pendant l’achèvement des lignes fortifiées qu’il fait construire en secret au nord de Lisbonne, et fait évacuer et dévaster le pays devant l’envahisseur.
Masséna choisit la route de Viseu, difficile et mal reconnue. Wellington l’attend sur la serra do Buçaco, une crête d’une quinzaine de kilomètres aux pentes raides, dominée au nord par le couvent des Carmes de Buçaco, où il installe son quartier général. Il dispose d’environ 50 000 hommes, pour moitié portugais, réorganisés et encadrés depuis 1809 par le général britannique Beresford. Comme à son habitude, il place ses troupes en retrait de la ligne de crête, à l’abri des vues et des tirs.
Le 27 septembre à l’aube, sans reconnaissance sérieuse, Masséna lance deux attaques frontales. Au sud, le 2e corps de Reynier gravit la pente vers São António de Cântaro ; ses colonnes atteignent le sommet, mais sont rejetées par la division Picton et les renforts envoyés par Wellington. Au nord, le 6e corps de Ney attaque vers Sula, face à la division légère de Craufurd ; accueillies à courte distance par les feux des 43e et 52e régiments, les colonnes françaises sont refoulées dans le ravin. Le général Simon, blessé, est fait prisonnier. Les troupes portugaises, qui livrent là leur première grande bataille au sein de l’armée alliée, tiennent leurs positions. Le 8e corps de Junot n’est pas engagé.
Le 28, les Français découvrent un chemin qui contourne la crête par le nord. Wellington se replie par Coimbra, que les Français pillent le 1er octobre, et atteint vers le 10 octobre les lignes de Torres Vedras. Masséna les reconnaît et les juge inattaquables. Il reste un mois devant elles, puis se replie sur Santarém. Privée de ravitaillement, harcelée par les milices portugaises, son armée perd environ 25 000 hommes, morts, malades ou prisonniers, avant de se retirer en Espagne en mars 1811. Almeida, dernière place tenue par les Français au Portugal, est évacuée en mai 1811.

27 septembre 1840 : naissance de l’historien et stratège naval américain Alfred Thayer Mahan.
Officier de l’US Navy, deux fois président du Naval War College, Mahan publie en 1890 The Influence of Sea Power upon History, 1660-1783. L’ouvrage fait de la maîtrise de la mer la clé de la puissance des nations et nourrit, aux États-Unis comme en Europe et au Japon, les programmes navals qui précèdent la Première Guerre mondiale.
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Mahan naît à West Point, où son père, Dennis Hart Mahan, enseigne le génie militaire et civil à l’Académie militaire. Contre l’avis paternel, il entre à l’Académie navale d’Annapolis, dont il sort en 1859. Pendant la guerre de Sécession, il sert dans le blocus des côtes confédérées. Sa carrière à la mer, jusqu’au grade de capitaine de vaisseau (1885), n’a rien de remarquable.
En 1884, l’amiral Stephen Luce l’appelle au Naval War College qu’il vient de fonder à Newport (Rhode Island) pour y enseigner l’histoire et la tactique navales. Mahan préside l’établissement de 1886 à 1889, puis de 1892 à 1893. Ses cours deviennent en 1890 The Influence of Sea Power upon History, suivi en 1892 d’un ouvrage sur la période 1793-1812. Il y soutient que la prospérité et la puissance d’un État reposent sur un enchaînement : la production, le commerce maritime qui l’écoule, les colonies ou points d’appui qui le soutiennent, et une flotte de guerre capable de les protéger. Il distingue 6 conditions de la puissance maritime :
- la position géographique,
- la configuration physique du territoire,
- son étendue,
- la population,
- le caractère national
- et la nature du gouvernement.
Pour lui, la flotte doit être concentrée et chercher la destruction de la flotte adverse, et non disperser ses forces dans la guerre de course.
Ces idées rencontrent un écho immédiat. Mahan se lie en 1888 avec Theodore Roosevelt, alors conférencier au Naval War College et auteur en 1882 d’une histoire navale de la guerre de 1812, et entretient des relations suivies avec le sénateur Henry Cabot Lodge. Le Naval Act de 1890 autorise la construction des premiers cuirassés américains de haute mer. Mahan plaide pour l’annexion d’Hawaï, le percement d’un canal isthmique et la possession de bases dans les Caraïbes. En Europe, Guillaume II fait lire ses livres à ses officiers et l’amiral Tirpitz s’appuie sur sa notoriété pour défendre la construction de la flotte de haute mer allemande.
Il prend sa retraite à sa demande le 17 novembre 1896 pour se consacrer à l’écriture. Rappelé en 1898 au Naval War Board pendant la guerre hispano-américaine, il est délégué américain à la conférence de La Haye en 1899. En 1902, il préside l’American Historical Association et, dans un article sur le golfe Persique publié à Londres par la National Review, popularise l’expression « Middle East ». Promu contre-amiral sur la liste des officiers retraités en 1906, par une loi qui s’applique aux vétérans de la guerre de Sécession, il meurt à Washington le 1er décembre 1914. On lui reproche d’avoir sous-estimé le sous-marin et la guerre au commerce, qui joueront un rôle majeur dans les deux conflits mondiaux ; sa pensée reste néanmoins une référence des doctrines navales, notamment en Chine aujourd’hui.

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Dans ses livres, Mahan tâchait d’expliquer d’où provenait la grandeur de l’Empire britannique. Il affirma en trouver la réponse dans l’acquisition britannique de la suprématie maritime. Les Britanniques avaient réussi à s’assurer en même temps un commerce extérieur prospère qui les enrichissait, une marine marchande florissante pour effectuer ce commerce, une marine de guerre puissante pour veiller à la défense des bateaux de commerce partout dans le monde, une série de bases maritimes où les navires pouvaient se ravitailler ou être réparés, et enfin un empire qui fournissait les matières premières nécessaires à l’industrie et constituait un marché de consommation pour les produits finis.
Ces cinq éléments apparaissaient à Mahan à la fois complémentaires et indispensables pour assurer la puissance et la prospérité. Sans eux, les nations restent en retard dans la marche de la civilisation. Les Américains devaient donc en tirer la leçon.
Mahan se rendait parfaitement compte qu’il n’était pas possible de rivaliser sur le champ avec les Britanniques. L’acquisition de colonies n’était que la dernière étape à envisager dans ce processus, le gouvernement américain devant d’abord acquérir une flotte de guerre susceptible de contrôler les océans autour des États-Unis. Ensuite, il lui fallait empêcher d’éventuels ennemis d’avoir accès à certains sites stratégiques à proximité des zones à défendre. Enfin, il devait occuper des positions sur les principales routes maritimes du globe.
Jusqu’à la fin de sa vie, Mahan ne parvint pas à adapter ses théories à l’importance grandissante du rôle des sous-marins dont les progrès dans le développement laissaient pourtant envisager le rôle clé qui allait leur être attribué pendant les deux Guerres mondiales.
Mahan ne recommandait pas l’annexion de n’importe quel territoire et n’était pas partisan de l’acquisition de Guam, des Philippines ou d’aucune autre île à l’ouest d’Hawaii. Dans les Caraïbes, il était médiocrement intéressé par Cuba, Haïti et Porto Rico, îles fortement peuplées. Il préférait l’acquisition d’Hawaii et de l’une des Indes occidentales danoises, le contrôle de la zone d’un canal du Panama et la location d’un port en Amérique latine.
L’importance de Mahan vient surtout de l’influence qu’il a exercée sur des hommes bien placés pour définir la politique étrangère américaine et, tout particulièrement, sur Benjamin Tracy, secrétaire de la Marine, qui proposa un vaste plan de construction navale en 1889, Henry Cabot Lodge, membre de la commission de la marine à la Chambre des représentants de 1889 à 1893, puis au Sénat des États-Unis à partir de 1895, enfin et surtout, Theodore Roosevelt, qui devint Assistant Secretary de la marine en . Lodge, par exemple, déclara au Sénat le qu’aucune nation ne pouvait être réellement grande sans être une puissance navale et que sans la possession des îles Hawaii, clé de l’océan Pacifique, il était inutile d’entreprendre la construction d’un canal transocéanique (le futur canal de Panama). Théodore Roosevelt écrivit en 1882, juste à sa sortie de Harvard, un livre sur la guerre de 1812 dans lequel il adopta complètement les vues de Mahan.
En 1890, le Naval Policy Board (Conseil de politique maritime), nommé par Tracy, affirma la nécessité pour les États-Unis d’avoir une flotte puissante non seulement pour ses défenses côtières mais pour protéger ses routes commerciales. Les recommandations du conseil ne furent pas entièrement suivies, mais on s’orienta néanmoins avec le Naval Act de 1890 et la construction de cuirassés côtiers capables d’aller en haute mer vers une politique plus ambitieuse. En 1898, lors de la guerre hispano-américaine, l’US Navy comptait cinq cuirassés. En 1900, elle devint la troisième marine du monde, et en 1908, elle fut la deuxième.
Aller au contenu PDF27 septembre 1821 : l’armée des Trois Garanties entre à Mexico.
À la tête de l’armée des Trois Garanties, Agustín de Iturbide entre dans la capitale le jour de ses 38 ans. Le lendemain, une junte signe l’acte d’indépendance de l’Empire mexicain. L’événement clôt la guerre d’indépendance, commencée 11 ans plus tôt.
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Le 16 septembre 1810, le curé Miguel Hidalgo soulève la paroisse de Dolores. Son armée, composée surtout d’Indiens et de métis, remporte des succès avant d’être vaincue ; Hidalgo est fusillé en 1811. José María Morelos prend le relais, fait proclamer l’indépendance en 1813 au congrès de Chilpancingo, puis est capturé et exécuté en 1815. La guerre se réduit ensuite à des guérillas, comme celle de Vicente Guerrero dans le sud.
La situation change en 1820, lorsque le soulèvement libéral de Riego en Espagne oblige Ferdinand VII à rétablir la Constitution de Cadix. Les élites conservatrices de Nouvelle-Espagne, créoles comme péninsulaires, craignent ses mesures anticléricales. Iturbide, officier créole qui a combattu les insurgés, est chargé de réduire Guerrero ; il s’entend avec lui. Le 24 février 1821, il proclame le plan d’Iguala, fondé sur trois garanties : la religion catholique, l’indépendance et l’union entre Américains et Européens. Il propose une monarchie constitutionnelle.
L’armée des Trois Garanties rallie la plupart des garnisons royalistes. Le dernier chef politique nommé par Madrid, Juan O’Donojú, arrivé en juillet, reconnaît la situation et signe avec Iturbide, le 24 août, le traité de Córdoba. Le 27 septembre, l’armée entre dans Mexico ; l’acte d’indépendance est signé le 28. Iturbide préside la régence, puis se fait proclamer empereur en mai 1822 sous le nom d’Agustín Ier. Renversé, il abdique en mars 1823. La Constitution fédérale est promulguée le 4 octobre 1824.
L’Espagne refuse de reconnaître la perte de sa colonie. Sa garnison tient la forteresse de San Juan de Ulúa, face à Veracruz, jusqu’en novembre 1825, et une expédition de reconquête échoue en 1829. Madrid ne reconnaît l’indépendance du Mexique qu’en 1836.

27 septembre 1897 : mort à 81 ans du général Charles Denis Bourbaki.
Figure de l’armée d’Afrique et de la guerre de Crimée, commandant de la Garde impériale en 1870, Bourbaki reste attaché à la retraite de l’armée de l’Est, internée en Suisse en février 1871. Il meurt à Bayonne à 81 ans. La date du 27 septembre, retenue en titre de la notice en ligne, est contredite par le texte même de celle-ci et par l’acte de décès.

Charles Denis Sauter Bourbaki naît à Pau le 22 avril 1816. Son père, Constantin Denis Bourbaki, officier d’origine grecque au service de la France, trouve la mort en 1827 pendant la guerre d’indépendance grecque. Élève du Prytanée de La Flèche puis de Saint-Cyr, il rejoint en 1836 les zouaves en Algérie, où il se distingue à plusieurs reprises, notamment à Sétif en 1840. Il sert brièvement comme aide de camp du roi Louis-Philippe, dirige le bureau arabe de Blida, et devient colonel de zouaves en 1851.
Pendant la guerre de Crimée, il combat à l’Alma, où il est promu général de brigade, puis à Inkerman et au siège de Sébastopol, où il est blessé. Général de division en 1857, il participe à la campagne d’Italie de 1859. Aide de camp de Napoléon III en 1869, il reçoit en 1870 le commandement de la Garde impériale au sein de l’armée du Rhin. Enfermé dans Metz avec Bazaine, il quitte la place fin septembre pour une mission auprès de l’impératrice réfugiée en Angleterre, dans des circonstances troubles liées à l’aventurier Régnier. Il ne peut rentrer dans Metz et se met à la disposition du gouvernement de la Défense nationale.
Il commande quelques semaines l’armée du Nord en formation, puis un corps de l’armée de la Loire, avant de prendre en décembre la tête de l’armée de l’Est, chargée de débloquer Belfort. Victorieux à Villersexel le 9 janvier 1871, il échoue sur la Lisaine du 15 au 17 janvier. Son armée, mal ravitaillée et éprouvée par le froid, reflue vers Besançon puis Pontarlier. Le 26 janvier, il remet son commandement au général Clinchant et tente de se suicider d’une balle dans la tête ; il survit. Le 1er février, par la convention des Verrières, plus de 87 000 hommes passent en Suisse pour y être internés.
Rétabli, il reçoit la grand-croix de la Légion d’honneur et commande à Lyon le corps d’armée reconstitué, jusqu’à sa mise en disponibilité en 1879. Il se retire à Bayonne, où il meurt le 22 septembre 1897.
27 septembre 1914 : les troupes franco-britanniques occupent Douala (Cameroun).
Après avoir déminé l’estuaire du Wouri, la force navale et le corps expéditionnaire franco-britannique du général Charles Dobell débarquent à Douala, principal port du Kamerun allemand. La ville est occupée sans combat, la garnison s’étant repliée vers l’intérieur. La campagne du Cameroun durera encore 17 mois.
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Protectorat allemand depuis 1884, le Kamerun est entouré de territoires de l’Entente : le Nigeria britannique à l’ouest, l’Afrique équatoriale française à l’est et au sud, le Congo belge au sud-est. Le gouverneur Karl Ebermaier et le commandant de la Schutztruppe, le major Carl Zimmermann, disposent de quelques milliers de soldats africains encadrés par des Européens. Le 8 août 1914, les autorités allemandes font pendre à Douala Rudolf Duala Manga Bell, chef du peuple douala, qui s’opposait aux expropriations décidées par l’administration coloniale.
Dès le début d’août, les colonnes françaises du général Joseph Aymerich attaquent depuis l’Afrique équatoriale ; fin août, les Britanniques entrent au Kamerun par le nord et l’ouest. Pour protéger Douala, les Allemands coulent une dizaine de navires dans l’estuaire du Wouri et le minent. En septembre, les navires britanniques et français, parmi lesquels le croiseur Cumberland et la canonnière Surprise, draguent le chenal et bombardent la côte. Dobell, commandant de la force combinée, adresse un ultimatum à la garnison.
Le 27 septembre, environ un millier de soldats débarquent et occupent la ville et le port, que les Allemands ont évacués. Ebermaier et Zimmermann se retirent le long de la voie ferrée vers Edéa, puis établissent leur capitale à Yaoundé. Les Alliés prennent Edéa le 26 octobre. La conquête de l’intérieur, entravée par la forêt, les pluies et les maladies, est lente ; des milliers de porteurs africains y sont employés. Yaoundé tombe le 1er janvier 1916 ; le gros des forces allemandes passe en Guinée espagnole, et la garnison de Mora, dans le nord, capitule en février. Le territoire est partagé entre la France et le Royaume-Uni, partage consacré par les mandats de la Société des Nations en 1922.
27 septembre 1918 : bataille du canal du Nord.
Au deuxième jour de l’offensive générale lancée par Foch sur l’ensemble du front, les Ire et IIIe armées britanniques franchissent le canal du Nord, obstacle majeur protégeant Cambrai. Le Corps canadien du général Arthur Currie passe sur un étroit tronçon à sec et enlève le bois de Bourlon. La ligne Hindenburg est entamée sur ce secteur.
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À la fin de septembre 1918, Foch coordonne une série d’attaques successives : offensive franco-américaine en Meuse-Argonne le 26, attaque britannique vers Cambrai le 27, offensive des Flandres le 28, assaut du canal de Saint-Quentin le 29. Devant Cambrai, les Allemands tiennent le canal du Nord, inachevé en 1914, dont les berges et le lit forment un obstacle profond, flanqué de positions de la ligne Hindenburg.
Currie choisit de faire passer son corps par un tronçon d’environ 2 500 m où le canal est à sec, près d’Inchy-en-Artois et de Mœuvres. L’opération impose de concentrer deux divisions dans un goulet, puis de les déployer en éventail de l’autre côté sous le feu. À l’aube du 27 septembre, précédée d’un barrage d’artillerie massif, l’infanterie franchit le canal ; le génie jette des passerelles pour l’artillerie. Dans la journée, les Canadiens prennent le bois de Bourlon, tandis que la IIIe armée du général Byng progresse sur leur droite.
Les combats continuent jusqu’au 1er octobre dans des conditions coûteuses, face aux contre-attaques et aux mitrailleuses allemandes. Les pertes canadiennes de ces journées et de la marche sur Cambrai se comptent par milliers. Cambrai est atteinte début octobre et entièrement libérée le 9 octobre. La percée de la fin septembre convainc le haut commandement allemand que la guerre ne peut plus être gagnée : le 29 septembre, Ludendorff et Hindenburg demandent au gouvernement de solliciter un armistice.
27 septembre 1938 : parution de La France et son armée, du colonel Charles de Gaulle.
En pleine crise des Sudètes, à la veille de la conférence de Munich, la librairie Plon met en vente le troisième livre militaire du colonel de Gaulle. Cette histoire de l’armée française, des Gaulois à la victoire de 1918, reprend un manuscrit préparé 10 ans plus tôt pour le maréchal Pétain. Sa publication consomme la rupture entre les deux hommes.
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En 1925, Pétain, vice-président du Conseil supérieur de la guerre, attache à son cabinet le capitaine Charles de Gaulle, qui a servi sous ses ordres avant 1914 au 33e régiment d’infanterie. Il le charge de rédiger une histoire du soldat français, destinée à paraître sous la signature du maréchal. De Gaulle écrit plusieurs chapitres. En 1928, Pétain confie la révision du texte à un autre officier ; de Gaulle, qui considère le manuscrit comme son œuvre, proteste. Le projet est abandonné et le texte reste dans ses papiers.
Entre-temps, de Gaulle a publié Le Fil de l’épée (1932), réflexion sur le commandement, puis Vers l’armée de métier (1934), plaidoyer pour un corps blindé de professionnels qui heurte la doctrine officielle et l’état-major. En 1938, il commande à Metz le 507e régiment de chars de combat et a été promu colonel à la fin de l’année précédente. Il reprend le manuscrit abandonné, le complète et le propose à Plon, qui l’accepte dans sa collection « Présences ». Au cours de l’été, il informe Pétain de son intention. Le maréchal s’y oppose d’abord, puis consent à la publication à condition de fixer lui-même le texte de la dédicace. De Gaulle en modifie les termes. Le texte imprimé rend hommage au maréchal pour avoir voulu le livre et guidé la rédaction de ses premiers chapitres, mais ne reprend pas la formulation exigée. Pétain s’en irrite. En octobre, de Gaulle écrit à Plon pour faire corriger la dédicace dans les tirages suivants. La brouille ne sera jamais réparée.
Le livre compte sept chapitres. Il retrace l’histoire militaire du pays depuis la Gaule jusqu’à l’armistice de 1918, en passant par les armées royales, la Révolution, l’Empire, 1870 et la Grande Guerre. Sa première phrase affirme que « la France fut faite à coups d’épée ». La thèse est constante : la puissance de la France a tenu à l’accord d’un pouvoir politique fort et d’une armée solide, et chaque fois que cet accord s’est défait, la nation a été vaincue. Chaque période est l’occasion de questions d’organisation, de recrutement, d’armement et de doctrine. Le chapitre sur l’affaire Dreyfus, où de Gaulle tient pour vraisemblable l’erreur judiciaire mais renvoie dos à dos les deux camps pour avoir affaibli l’armée, sera souvent commenté. Le vieux général Émile Mayer, avec qui de Gaulle déjeune chaque semaine et partage les idées sur l’arme blindée, a relu le texte.
L’ouvrage paraît alors que la France mobilise des réservistes et que le gouvernement Daladier se prépare à accepter, le 30 septembre, les accords de Munich. Il se vend à plus de 6 000 exemplaires, un succès honorable pour un livre de ce genre, sans infléchir la politique militaire. Le 26 janvier 1940, de Gaulle adressera encore à 80 personnalités civiles et militaires un mémorandum sur « l’avènement de la force mécanique ». Les éditions d’après-guerre supprimeront la dédicace à Pétain.

27 septembre 1939 : Varsovie cesse le combat.
Après trois semaines de siège et deux jours de bombardements massifs, le commandement de l’armée de Varsovie obtient un cessez-le-feu, entré en vigueur à midi. Les négociations aboutissent le lendemain à la capitulation. Le même jour, le général Rómmel autorise la création de la première organisation clandestine militaire polonaise.
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Encerclée à partir du 13 septembre, Varsovie est défendue par une « armée de Varsovie » improvisée sous les ordres du général Juliusz Rómmel, avec le soutien du maire Stefan Starzyński, qui appelle la population à la résistance à la radio. Aux troupes de la garnison se sont joints des éléments des armées de Poznań et de Poméranie, rescapés de la bataille de la Bzura, dont le général Tadeusz Kutrzeba. L’intervention soviétique du 17 septembre ôte tout espoir de secours.
Le 25 septembre, la Luftwaffe et l’artillerie lancent sur la ville un bombardement d’une intensité sans précédent ; le lendemain, la VIIIe armée allemande du général Johannes Blaskowitz passe à l’assaut. L’eau, l’électricité et les vivres manquent, les hôpitaux sont débordés, des milliers de civils sont tués. Le 26, Rómmel décide de traiter. Le 27 au matin, Kutrzeba franchit les lignes pour rencontrer Blaskowitz à l’usine Škoda de Rakowiec ; le cessez-le-feu prend effet à midi.
Dans la nuit, Rómmel donne l’ordre de fonder le Service pour la victoire de la Pologne (SZP), confié au général Michał Karaszewicz-Tokarzewski ; renommé Union de la lutte armée en novembre, il sera l’ancêtre de l’Armée de l’intérieur (AK). Des armes sont cachées. La capitulation est signée le 28 septembre ; les troupes allemandes entrent dans la ville le 1er octobre. Environ 100 000 à 140 000 soldats polonais sont faits prisonniers selon les sources. La forteresse de Modlin se rend le 29 septembre ; les derniers combats de la campagne cessent début octobre.
27 septembre 1940 : signature du Pacte tripartite entre l’Allemagne, l’Italie et le Japon.
L’Allemagne, l’Italie et le Japon concluent pour dix ans une alliance qui délimite leurs zones d’influence et prévoit une assistance mutuelle en cas d’attaque par une puissance qui n’est pas encore en guerre. Le texte vise les États-Unis. Il est signé à la chancellerie du Reich par Joachim von Ribbentrop, Galeazzo Ciano et l’ambassadeur Saburō Kurusu, en présence de Hitler.
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À l’automne 1940, l’Allemagne domine l’Europe occidentale, mais l’Angleterre résiste. Le Japon, enlisé en Chine, cherche à profiter de la défaite française et néerlandaise pour s’étendre vers l’Asie du Sud-Est ; ses troupes entrent dans le nord de l’Indochine le 22 septembre. Washington répond par des sanctions économiques. Pour Berlin comme pour Tokyo, l’accord doit dissuader les États-Unis d’entrer en guerre.
Par le pacte, le Japon reconnaît la direction de l’Allemagne et de l’Italie dans l’établissement d’un « ordre nouveau » en Europe ; les deux puissances européennes reconnaissent celle du Japon en « grande Asie orientale ». Les trois signataires s’engagent à s’assister par tous les moyens si l’un d’eux est attaqué par une puissance non encore engagée dans le conflit européen ou sino-japonais. Un article précise que le pacte ne modifie pas les relations de chacun avec l’Union soviétique.
La Hongrie adhère le 20 novembre 1940, la Roumanie le 23, la Slovaquie le 24, la Bulgarie le 1er mars 1941. Le gouvernement yougoslave de Dragiša Cvetković signe le 25 mars 1941 ; il est renversé deux jours plus tard, et l’Allemagne envahit la Yougoslavie le 6 avril. L’État indépendant de Croatie adhère le 15 juin 1941. Le pacte, défensif dans sa lettre, n’entraîne pas de coordination stratégique réelle : Berlin n’avertit pas Tokyo de l’attaque contre l’URSS, et le Japon ne prévient pas l’Allemagne de celle de Pearl Harbor. Hitler déclare pourtant la guerre aux États-Unis le 11 décembre 1941, sans y être tenu.

27 septembre 1941 : Reinhard Heydrich nommé Reichsprotektor adjoint de Bohême-Moravie.
Hitler écarte Konstantin von Neurath, jugé trop conciliant, et confie la direction effective du protectorat au chef de l’Office central de sécurité du Reich. Arrivé à Prague le lendemain, Heydrich proclame l’état d’exception et lance une vague d’arrestations et d’exécutions. Il est tué huit mois plus tard par des parachutistes tchécoslovaques venus de Londres.
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Au cours de l’été 1941, les actes de sabotage, les grèves et les ralentissements de la production se multiplient dans le protectorat, dont l’industrie d’armement travaille pour la Wehrmacht. Neurath, en poste depuis 1939, est mis en congé officiellement pour raison de santé. Heydrich, qui conserve ses fonctions à la tête du RSHA, reçoit le titre de stellvertretender Reichsprotektor.
Le 28 septembre, il proclame l’état d’exception civil. Le Premier ministre du gouvernement du protectorat, le général Alois Eliáš, en contact avec la résistance et le gouvernement en exil, est arrêté le jour même et condamné à mort ; il sera exécuté en juin 1942. Des tribunaux d’exception prononcent en quelques semaines plusieurs centaines de condamnations à mort, et des milliers de personnes sont envoyées en camp de concentration. Heydrich s’attache dans le même temps à gagner les ouvriers par des hausses de rations et d’avantages sociaux. Le 10 octobre, il expose à ses collaborateurs le projet de déportation des Juifs du protectorat ; le ghetto de Terezín ouvre en novembre. Le 20 janvier 1942, il préside à Berlin la conférence de Wannsee.
Le 27 mai 1942, à Prague, les parachutistes Jozef Gabčík et Jan Kubiš attaquent sa voiture (opération Anthropoid). Heydrich meurt de ses blessures le 4 juin. Les représailles sont d’une grande violence : le village de Lidice est rasé le 10 juin, ses hommes fusillés, ses femmes et ses enfants déportés ; Ležáky subit le même sort le 24 juin.
27 septembre 1970 : au Caire, Hussein de Jordanie et Yasser Arafat signent l’accord qui met fin aux combats de « Septembre noir ».
Réunis sous la présidence de Gamal Abdel Nasser lors d’un sommet arabe extraordinaire, le roi de Jordanie et le président de l’OLP concluent un accord en 14 points qui ordonne un cessez-le-feu et le retrait des forces armées d’Amman. Épuisé par ces négociations, Nasser meurt le lendemain d’une crise cardiaque.
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Après la guerre des Six Jours, les organisations palestiniennes armées s’implantent en Jordanie. Elles contrôlent les camps de réfugiés, dressent des barrages à Amman et défient l’autorité du roi Hussein, dont elles contestent la volonté de négocier avec Israël. Au début de septembre 1970, le Front populaire de libération de la Palestine détourne plusieurs avions de ligne, dont trois sont posés à Dawson’s Field, près de Zarka, puis détruits le 12 septembre. Le 16, Hussein forme un gouvernement militaire ; le 17, l’armée jordanienne attaque les fedayins à Amman et dans le nord du pays.
Le 18 septembre, des blindés syriens franchissent la frontière pour soutenir les Palestiniens ; ils sont repoussés quelques jours plus tard par l’armée et l’aviation jordaniennes, tandis que les États-Unis et Israël font savoir qu’ils ne resteraient pas passifs. Nasser convoque les chefs d’État arabes au Caire. Une délégation conduite par le président soudanais Gaafar Nimeiry se rend à Amman et en ramène Arafat.
L’accord du 27 septembre prévoit l’arrêt des combats, le retrait de l’armée et des fedayins de la capitale, la libération des prisonniers et la création d’une commission de contrôle présidée par le Premier ministre tunisien Bahi Ladgham. Le 28 septembre, après avoir raccompagné l’émir du Koweït à l’aéroport, Nasser est terrassé par une crise cardiaque ; Anouar el-Sadate lui succède. Les combats ont fait plusieurs milliers de morts, selon des estimations très variables. L’accord ne tient pas : l’armée jordanienne réduit méthodiquement les positions palestiniennes, jusqu’aux derniers combats de Jerash et d’Ajloun en juillet 1971. L’OLP s’installe au Liban. Une organisation clandestine prend le nom de « Septembre noir » ; elle assassine le Premier ministre jordanien Wasfi Tall au Caire en novembre 1971, puis organise la prise d’otages de Munich en 1972.
27 septembre 1996 : prise de Kaboul par les talibans.
Dans la nuit du 26 au 27 septembre, les forces du commandant Massoud évacuent la capitale sans combat. Les talibans y entrent au petit matin. Ils enlèvent l’ancien président communiste Mohammad Najibullah, réfugié depuis 4 ans dans les locaux des Nations unies, et l’exécutent avec son frère. Ils proclament un « Émirat islamique » qui ne sera reconnu que par trois États.
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Après la chute du régime de Najibullah, en avril 1992, les partis moudjahidines forment un gouvernement présidé par Burhanuddin Rabbani, dont Ahmed Chah Massoud est le chef militaire. Kaboul devient le théâtre d’une guerre entre factions : les forces de Gulbuddin Hekmatyar bombardent la ville, les alliances se font et se défont avec les milices du général ouzbek Abdul Rashid Dostom et celles des partis chiites. Les accords d’Islamabad de 1993 font d’Hekmatyar le Premier ministre, sans mettre fin aux combats. Des dizaines de milliers de civils sont tués.
Le mouvement des talibans apparaît en 1994 dans la région de Kandahar, autour du mollah Mohammad Omar. Recrutés en grande partie parmi les étudiants des écoles religieuses déobandies du Pakistan et des camps de réfugiés, soutenus par les services pakistanais, ils prennent Kandahar en novembre 1994 et Hérat en septembre 1995. En avril 1996, une assemblée d’oulémas proclame le mollah Omar « commandeur des croyants ». En mai, Oussama ben Laden, expulsé du Soudan, s’installe près de Jalalabad ; il publie en août une déclaration de guerre contre la présence militaire américaine en Arabie saoudite. Le 11 septembre, les talibans prennent Jalalabad, puis avancent sur Kaboul.
Au matin du 27 septembre, ils occupent la ville. Un commando pénètre dans l’enceinte de l’ONU, se saisit de Najibullah et de son frère Shahpur Ahmadzai, les torture et les tue ; leurs corps sont pendus près du palais présidentiel. Le nouveau pouvoir impose une application rigoriste de la charia : les femmes sont exclues du travail et de l’école, la musique, la télévision et la plupart des loisirs sont interdits, une police religieuse fait respecter les obligations de prière et de tenue. Seuls le Pakistan, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis reconnaissent l’Émirat islamique d’Afghanistan.
Massoud se replie dans la vallée du Panjshir et prend la tête d’une coalition, le Front uni, souvent appelée Alliance du Nord. En août 1998, la prise de Mazar-e Charif par les talibans s’accompagne du massacre de plusieurs milliers de civils, surtout hazaras. Le régime tombe en novembre-décembre 2001, après l’intervention américaine consécutive aux attentats du 11 septembre. Les talibans reprennent Kaboul le 15 août 2021.
27 septembre 2020 : L’Azerbaïdjan attaque le Haut-Karabagh (Arménie).
À l’aube, des combats d’une ampleur inédite depuis 1994 éclatent le long de la ligne de contact du Haut-Karabakh. L’Arménie et la république autoproclamée d’Artsakh décrètent la mobilisation générale et la loi martiale, l’Azerbaïdjan la loi martiale. Chaque camp accuse l’autre d’avoir tiré le premier. 44 jours de guerre permettent à Bakou de reprendre une grande partie des territoires perdus au début des années 1990.
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Le Haut-Karabakh, région autonome à majorité arménienne rattachée à l’Azerbaïdjan à l’époque soviétique, a fait sécession à la fin des années 1980. La première guerre, achevée par un cessez-le-feu en mai 1994, a laissé aux forces arméniennes le contrôle de la région et de sept districts azerbaïdjanais environnants, vidés de leur population azerbaïdjanaise. Les négociations menées par le groupe de Minsk de l’OSCE, coprésidé par la France, les États-Unis et la Russie, piétinent. Des affrontements meurtriers ont lieu en avril 2016 et en juillet 2020.
Le 27 septembre, l’armée azerbaïdjanaise lance une offensive sur plusieurs axes, que Bakou présente comme une contre-offensive. Stepanakert est bombardée. L’Azerbaïdjan, qui a fortement accru son budget militaire grâce à ses revenus pétroliers, fait un usage massif de drones : Bayraktar TB2 turcs et munitions rôdeuses israéliennes détruisent chars, pièces d’artillerie et systèmes de défense antiaérienne arméniens, souvent anciens. La Turquie apporte un soutien politique et militaire, et la présence de combattants syriens recrutés du côté azerbaïdjanais est signalée par plusieurs sources.
Les forces azerbaïdjanaises progressent d’abord dans le sud, le long de la frontière iranienne, reprennent Füzuli, Jabrayil et Zangilan, puis s’emparent de Chouchi (Choucha) le 8 novembre. Dans la nuit du 9 au 10 novembre, un accord de cessez-le-feu signé sous l’égide de la Russie consacre la défaite arménienne : l’Arménie restitue les districts encore tenus, et près de 2 000 soldats russes de maintien de la paix se déploient le long du corridor de Latchine. Les pertes militaires dépassent 3 800 morts côté arménien et 2 900 côté azerbaïdjanais, auxquels s’ajoutent des victimes civiles des deux côtés.
Après un blocus du corridor de Latchine à partir de décembre 2022, une offensive éclair azerbaïdjanaise les 19 et 20 septembre 2023 contraint les autorités du Haut-Karabakh à capituler. Plus de 100 000 Arméniens quittent la région, et la république autoproclamée est dissoute le 1er janvier 2024.
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