5 septembre 1697 : bataille de la baie d’Hudson.
Un vaisseau français de 44 canons, séparé de son escadre par les glaces, affronte seul trois bâtiments anglais totalisant 124 pièces. Il en coule un, en capture un second, met le troisième en fuite ; puis fait naufrage le lendemain dans une tempête. C’est le fait d’armes le plus célèbre du corsaire québecquois Pierre Le Moyne d’Iberville.
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La guerre de la Ligue d’Augsbourg dure depuis 1688. En Amérique du Nord, où on l’appelle la première guerre intercoloniale, elle se joue notamment autour de la baie d’Hudson, dont les postes de traite commandent l’accès aux fourrures de l’intérieur du continent. Fort Nelson, à l’embouchure de la rivière du même nom, en est le plus important.
En mai 1697, d’Iberville, alors à Plaisance à Terre-Neuve, reçoit le commandement d’une escadre de 5 bâtiments : le Pélican (44 canons), le Palmier (40), le Wesph (32), le brigantin Violent et la flûte armée Profond.
Elle appareille le 8 juillet.
Les Anglais, informés du projet, envoient quatre navires sous les ordres du capitaine John Fletcher : le Hampshire (56 canons), seul véritable vaisseau de la Royal Navy, accompagné du brûlot Owner’s Love, et 2 bâtiments de la Compagnie de la baie d’Hudson armés en guerre pour la circonstance, le Dering, (36 canons) et l’Hudson’s Bay (32).
La traversée du détroit d’Hudson, dans la brume et les glaces, disperse l’escadre française. Le Pélican parvient seul en vue de Fort Nelson et mouille à trois lieues et demie de la côte pour attendre les autres.
Au lever du jour, le 5 septembre 1697, la vigie signale 3 voiles sous le vent. Elles ne répondent pas aux signaux : ce sont les Anglais. D’Iberville a devant lui trois adversaires dont un plus fort que lui à lui seul.
Il appareille et engage. Le combat dure environ 3 heures. Le Pélican, manœuvrant pour ne pas être pris entre deux feux, concentre son tir sur le Hampshire, qui coule avec la quasi-totalité de son équipage. L’Hudson’s Bay amène son pavillon ; le Dering prend la fuite.
La victoire ne dure pas une journée. Dans la nuit du 5 au 6, une tempête jette le Pélican, criblé et démâté, sur les hauts-fonds. L’équipage gagne la terre au prix de pertes supplémentaires, dans une eau glacée, et se réfugie dans un camp de fortune établi à deux lieues du fort ; que ses occupants surnommeront le « camp de Grâce ».
Le reste de l’escadre française arrive peu après. Fort Nelson, assiégé et bombardé 3 jours durant, capitule le 13 septembre ; la garnison d’Henry Bayley en sort avec les honneurs de la guerre.
Rebaptisé Fort Bourbon, l’établissement restera français jusqu’au traité d’Utrecht, en 1713.
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Pierre Lemoyne D’Iberville, né à Montréal en 1661, 3e des 14 enfants de Charles Le Moyne, est le type même de l’officier canadien de cette période : formé à la course et à la guerre d’embuscade, capable de conduire une escadre comme un raid en raquettes. Il opérera à Terre-Neuve, en Acadie, aux Antilles, et fondera la Louisiane en 1699 avant de mourir de la fièvre jaune à La Havane en 1706. Il reçu en 1699, en France, la Croix de Saint-Louis. Il est le premier Canadien de naissance à recevoir cette distinction. L’ordre était réservé aux officiers de l’armée régulière au service du roi, il constituait le seul ordre militaire décerné en Nouvelle-France : environ 145 hommes l’y reçurent jusqu’en 1760. L’insigne – une croix d’or à huit pointes émaillées de blanc, bordée de fleurs de lys – devait être restitué au roi à la mort de son titulaire, ce qui explique la rareté des exemplaires conservés.

5 septembre 1781 : bataille de la baie de Chesapeake.
Au large des caps de Virginie, l’escadre du comte de Grasse interdit à la Royal Navy l’accès à la baie où Cornwallis attend d’être secouru. La bataille est brève, indécise en apparence, et elle décide de l’indépendance des États-Unis.
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À l’été 1781, la guerre d’Amérique s’enlise. Washington et Rochambeau conçoivent une manœuvre qui repose entièrement sur la marine : enfermer l’armée de Cornwallis, retranchée à Yorktown, entre une force terrestre franco-américaine venue du nord et une escadre tenant la baie de Chesapeake.
De Grasse se trouve à Saint-Domingue et s’apprête à escorter vers la France un convoi de cent soixante navires marchands chargés de sucre, d’épices, de cacao et d’indigo. Il choisit de différer cette mission, emprunte des fonds aux planteurs de La Havane pour payer ses équipages, et remonte vers le nord avec vingt-quatre vaisseaux de ligne et trois mille hommes de troupe.
Il mouille dans la baie le 30 août et y débarque ses renforts.
L’amiral Thomas Graves, venu de New York avec 19 vaisseaux de ligne pour ravitailler Cornwallis, se présente devant les caps le 5 septembre. Il découvre une flotte plus nombreuse que la sienne, et il la découvre au mouillage, en cours d’appareillage ; situation qui lui offrait une occasion qu’il n’exploite pas.
De Grasse sort de la baie, forme sa ligne et accepte le combat au large. L’engagement dure environ deux heures et demie, jusqu’au coucher du soleil. Le tir français, portant sur les mâtures selon la doctrine de l’époque, endommage suffisamment 6 vaisseaux britanniques pour que Graves rompe le combat.
Les pertes sont comparables : environ 220 tués et blessés côté français, 90 tués et 246 blessés côté britannique. Un vaisseau britannique, le Terrible, trop endommagé, sera sabordé.
Les deux flottes restent plusieurs jours en vue l’une de l’autre sans reprendre l’action. De Grasse manœuvre au large, entraînant Graves loin de la baie ; puis y rentre, où il fait sa jonction avec l’escadre de Barras venue de Newport avec l’artillerie de siège.
Graves rallie New York pour réparer.
Aucune flotte n’est détruite ce jour-là, et c’est pourtant une bataille navale décisive. Cornwallis, privé de tout secours et de tout ravitaillement, est condamné.
L’artillerie de siège débarquée par Barras ouvre les tranchées devant Yorktown à la fin de septembre. Cornwallis capitule le 19 octobre 1781 avec environ 8 000 hommes. La nouvelle, parvenue à Londres en novembre, provoque la chute du gouvernement North et l’ouverture des négociations qui aboutiront aux traités du 3 septembre 1783.
De Grasse sera battu et fait prisonnier aux Saintes en avril 1782.

Nommé en 1781 commandant de la principale escadre française, son action résolue dans la baie de la Chesapeake permet la victoire décisive de Yorktown. Lourdement battu et capturé en 1782 à la bataille des Saintes, il connaît la disgrâce royale jusqu’à sa mort, même si ce combat est sans conséquence sur la suite de la guerre. Les historiens l’ont réhabilité et les marines américaines et françaises donnent régulièrement son nom à de grosses unités de guerre.

5 septembre 1798 : loi Jourdan-Delbrel institue la conscription.
Le Conseil des Cinq-Cents adopte le texte qui fonde le service militaire obligatoire en France. Son article premier tient en une phrase : tout Français est soldat et se doit à la défense de la patrie. Le principe survivra à tous les régimes jusqu’en 1997.
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La levée en masse de 1793 avait été une mesure d’exception, prise dans l’urgence de l’invasion. Elle n’était pas reconductible : au bout de cinq ans, les armées de la République fondent par les pertes, les congés et la désertion, et la République ne dispose d’aucun mécanisme régulier de recrutement.
Le général Jean-Baptiste Jourdan, vainqueur de Fleurus devenu député, et son collègue Pierre Delbrel rapportent devant les Cinq-Cents un texte qui rompt avec l’improvisation.
La loi du 19 fructidor an VI (5 septembre 1798) pose que tout Français est soldat. Elle organise le recrutement par classes d’âge : les hommes de 20 à 25 ans sont inscrits sur des registres, répartis en cinq classes annuelles, et appelés par classe selon les besoins fixés par le Corps législatif.
La conscription devient ainsi une opération administrative permanente, et non plus un appel révolutionnaire. C’est ce qui la rend reproductible ; et c’est ce qui fournira à Napoléon l’instrument de ses campagnes : le Consulat puis l’Empire tireront de ce mécanisme, année après année, les contingents nécessaires.
Le système sera assoupli à l’usage par deux dispositifs qui en atténueront la portée égalitaire : le remplacement, qui permet à un conscrit fortuné de se faire suppléer par un homme payé pour cela, et le tirage au sort, qui désigne parmi la classe ceux qui partiront effectivement. Ces correctifs, introduits sous le Consulat et généralisés ensuite, feront de la conscription une charge inégalement répartie pendant tout le XIXe siècle.
Le principe posé le 5 septembre 1798 traverse tous les régimes. La loi Niel de 1868, puis surtout la loi du 27 juillet 1872, adoptée après la défaite et calquée sur le modèle prussien, en durcissent l’application. Le remplacement est supprimé, le service devient personnel et théoriquement universel. La loi de 1905 le ramène à deux ans pour tous et abolit les dispenses ; celle de 1913 le porte à trois ans à la veille de la guerre.
Le service national sera suspendu par la loi du 28 octobre 1997, l’appel sous les drapeaux prenant fin avec la classe 2001. La professionnalisation des armées françaises met alors un terme à une institution vieille de deux siècles ; sans abroger le principe, la conscription demeurant juridiquement suspendue et non supprimée.
5 septembre 1905 : traité de Portsmouth.
Sur une base navale du New Hampshire, la Russie et le Japon signent la paix sous la médiation du président des États-Unis. Pour la première fois à l’époque moderne, une puissance asiatique impose ses conditions à une puissance européenne.
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La guerre russo-japonaise, ouverte en février 1904 par l’attaque de Port-Arthur, s’est soldée par une série de défaites russes : chute de Port-Arthur en janvier 1905, Moukden en mars, et surtout l’anéantissement de la flotte de la Baltique à Tsushima les 27 et 28 mai.
Le Japon a gagné toutes les batailles et se trouve pourtant au bout de ses moyens : ses finances sont épuisées, ses réserves d’hommes entamées, et il ne peut envisager une campagne en Sibérie. La Russie, elle, dispose encore de ressources considérables mais fait face à la révolution de 1905.
Les deux belligérants ont donc intérêt à traiter, et aucun ne peut le proposer sans perdre la face. C’est ce qui rend possible la médiation.
Theodore Roosevelt s’en charge, moins par philanthropie que par calcul : Washington ne souhaite ni l’effondrement russe en Extrême-Orient, ni une hégémonie japonaise sans contrepoids. Il obtient l’ouverture de négociations et les fait tenir à l’arsenal maritime de Portsmouth, dans le New Hampshire, à l’abri de la presse.
Le comte Sergueï Witte représente la Russie, le baron Komura Jutarō le Japon.
Les clauses
- La Russie reconnaît la prépondérance japonaise en Corée, qui deviendra protectorat en 1905 puis colonie en 1910.
- Elle cède le bail de la presqu’île du Liaodong avec Port-Arthur, et la partie sud de l’île de Sakhaline.
- Les deux puissances évacuent la Mandchourie, restituée à la Chine ; laquelle n’a pas été partie aux négociations.
- Aucune indemnité de guerre n’est versée.
Ce dernier point est le plus lourd de conséquences intérieures. L’opinion japonaise, à qui la censure militaire avait dissimulé l’épuisement du pays, attendait une réparation financière à la mesure des victoires. L’annonce déclenche à Tokyo les émeutes de Hibiya, les 5 et 6 septembre : plusieurs jours de troubles, des dizaines de morts, la loi martiale et la chute du gouvernement Katsura.
Roosevelt reçoit le prix Nobel de la paix en 1906.
Le retentissement dépasse de loin l’Extrême-Orient : La démonstration qu’une puissance asiatique peut battre une puissance européenne circule immédiatement dans les mondes colonisés (en Inde, en Égypte, en Perse, en Turquie, en Indochine) et nourrit les mouvements nationalistes du siècle. En Russie, la défaite précipite la crise de 1905 et discrédite durablement le régime. En Europe, elle modifie les calculs des états-majors : l’armée russe, sur laquelle reposait une part de la stratégie française, apparaît beaucoup moins solide qu’on ne le croyait.
5 septembre 1914 : bataille de l’Ourcq et mort de Charles Péguy.
Premier jour des combats qui deviendront la bataille de la Marne. Sur le plateau de Monthyon, au nord-est de Meaux, la VIe armée française bute sur le flanc droit allemand. Le lieutenant Charles Péguy y est tué d’une balle en plein front.
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L’attaque devait commencer le 6 septembre. Elle commence en fait le 5, par accident : la VIe armée de Maunoury, qui se porte vers ses bases de départ à l’est de Paris, rencontre les avant-gardes du IVe corps de réserve allemand du général von Gronau, chargé de couvrir le flanc droit de la Ire armée de von Kluck.
Gronau, découvrant des forces importantes là où il n’attendait rien, prend l’initiative d’attaquer plutôt que d’attendre. Les combats se déroulent toute la journée autour de Monthyon, Penchard, Chauconin, Neufmontiers et Villeroy.
L’engagement a deux conséquences. Il coûte à Maunoury l’effet de surprise. Mais il alerte von Kluck sur la menace pesant sur son flanc, l’obligeant à faire pivoter son armée vers l’ouest — ouvrant ainsi, entre sa Ire armée et la IIe de Bülow, la brèche dans laquelle s’engouffrera le corps expéditionnaire britannique.
La mort de Péguy
Charles Péguy, né à Orléans le 7 janvier 1873 dans une famille pauvre (sa mère rempaillait des chaises), normalien, socialiste, dreyfusard de la première heure, fondateur des Cahiers de la Quinzaine, revenu au catholicisme vers 1908, a 41 ans. Lieutenant de réserve, il a été mobilisé le 2 août à la 19e compagnie du 276e régiment d’infanterie.
Le 5 septembre, son bataillon est engagé en soutien d’une attaque conduite par des tirailleurs de la brigade marocaine en direction de Penchard. L’attaque est lancée sans préparation d’artillerie, sur un terrain découvert. Elle échoue.
Péguy est tué d’une balle en plein front alors qu’il commandait le tir de sa section, debout. Le capitaine d’état-major Henry Dufreste, venu sur le terrain le lendemain, note qu’un lieutenant est tombé à sa place réglementaire, premier de la ligne, en menant ses hommes à l’attaque.
Il est inhumé avec ses camarades dans une sépulture collective de cent trente-trois corps, qui prendra le nom de Grande Tombe de Villeroy, à la nécropole nationale de Chauconin-Neufmontiers.
Alain-Fournier sera tué 17 jours plus tard, le 22 septembre, en Lorraine. Les deux morts ouvrent la longue liste des écrivains français fauchés par la guerre.

5 septembre 1914 : le HMS Pathfinder, premier navire coulé par une torpille de sous-marin.
Au large de St Abbs Head, en Écosse, le croiseur éclaireur britannique est atteint par une torpille de l’U-21. Il coule en 4 minutes avec la quasi-totalité de son équipage. C’est la première fois dans l’histoire qu’un navire est détruit par une torpille autopropulsée lancée d’un sous-marin.
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NOTA : Un sous-marin avait déjà coulé un navire de guerre : le H. L. Hunley confédéré avait détruit le sloop USS Housatonic le 17 février 1864 ; mais au moyen d’une torpille de hampe, charge fixée au bout d’une perche, et le Hunley avait péri dans l’opération. Des torpilles autopropulsées avaient également coulé des navires, mais lancées de bâtiments de surface.
Le 5 septembre 1914 est la première conjonction des deux : une torpille autopropulsée, lancée par un sous-marin, coulant un navire.
L’U-21, commandé par l’Oberleutnant zur See Otto Hersing, opère dans le Firth of Forth, où il a poussé la reconnaissance jusque sous le pont ferroviaire avant de se retirer sans être atteint par les batteries côtières.
Le 5 septembre au matin, le sous-marin recharge ses batteries en surface lorsque sa veille repère une fumée. Il plonge. Le bâtiment détecté, le Pathfinder, croiseur éclaireur de 1904 conduisant la 8e flottille de destroyers, zigzague par précaution ; manœuvre qui met d’abord la cible hors de portée, la vitesse en plongée de l’U-21 n’excédant pas 10 nœuds contre 27 au croiseur.
Ce qui perd le Pathfinder, c’est le charbon. À court de combustible en fin de patrouille, il ne fait plus que 5 nœuds, et son commandant a renvoyé ses destroyers d’escorte vers Rosyth. Il devient une cible commode.
La torpille atteint la soute à munitions avant. L’explosion est vue et entendue depuis la côte. Le navire coule en 4 minutes.
Les pertes s’établissent aux environs de 260 morts sur un équipage d’environ 268 hommes. Le nombre de survivants varie sensiblement selon les sources, de moins de dix à une cinquantaine.
L’Amirauté attribue publiquement la perte à une mine. La véritable cause est connue de la Royal Navy reste siliencieuse : reconnaître qu’un sous-marin peut détruire un croiseur en 4 minutes reviendrait à admettre que le blocus, les patrouilles et le mouillage de la Grand Fleet reposent sur des hypothèses caduques. Le démenti ne tient pas trois semaines. Le 22 septembre, l’U-9 coule successivement les croiseurs Aboukir, Hogue et Cressy en une heure et demie, avec près de 1 500 morts.
Hersing conservera le commandement de l’U-21 pendant 3 ans, effectuera 21 patrouilles et coulera 36 navires, dont 2 cuirassés (Triumph et Majestic), aux Dardanelles, en mai 1915.


5 septembre 1915 : le tsar Nicolas II prend le commandement en chef de l’armée russe.
Le 5 septembre 1915 (23 août dans le calendrier julien alors en usage en Russie), le tsar Nicolas II prend personnellement le commandement suprême des armées russes, remplaçant le grand-duc Nicolas Nikolaevitch. Cette décision, mûrie depuis le début de la guerre mais longtemps différée pour des raisons politiques, intervient au cœur de la « Grande Retraite » de l’été 1915 et marque un tournant dans la conduite russe de la Première Guerre mondiale.
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Au printemps et à l’été 1915, l’armée impériale russe subit une série de défaites majeures sur le front oriental. Après l’effondrement du front en Galicie et la percée allemande à Gorlice-Tarnów en mai, les troupes russes sont contraintes à un repli général à travers la Pologne et une partie de l’Empire, abandonnant d’importants territoires. Les pertes sont lourdes, l’approvisionnement en munitions et en armes est insuffisant, et le moral est fortement ébranlé.
Dans ce contexte, le grand-duc Nicolas Nikolaevitch, nommé commandant en chef au déclenchement du conflit en 1914, est de plus en plus critiqué. Si certains reconnaissent qu’il a fait face à des problèmes logistiques et structurels énormes, d’autres le jugent incompétent, trop insensible aux populations civiles dans les zones sous contrôle militaire, et peu coordonné avec les autorités civiles.
La décision de Nicolas II de prendre lui-même le commandement ne relève pas uniquement de considérations militaires. Elle s’inscrit dans une logique politique et symbolique forte :
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Devoir dynastique et religieux : le tsar se présente comme le protecteur de la patrie, investi par Dieu de la responsabilité de défendre le sol russe. Dans sa lettre officielle au grand-duc, il écrit : « Mon devoir envers mon pays, qui m’a été confié par Dieu, m’oblige aujourd’hui, alors que l’ennemi a pénétré à l’intérieur de l’Empire, à prendre le commandement suprême des forces actives et à partager avec mon armée les fatigues de la guerre. »
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Volonté personnelle ancienne : depuis le début de la guerre, Nicolas II souhaitait secrètement se mettre à la tête de ses troupes, à l’exemple de ses prédécesseurs Alexandre Ier et Alexandre II. La situation critique de 1915 lui offre l’occasion de réaliser ce vœu.
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Pressions de l’entourage impérial : l’impératrice Alexandra, très hostile au grand-duc Nicolas, ainsi que l’influence grandissante de Raspoutine, ont poussé le tsar à écarter le commandant en chef populaire.
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Défiance envers les corps civils : Nicolas II se méfie des relations du grand-duc avec la Douma, les unions de zemstvos et autres organismes publics actifs dans l’effort de guerre. Il craint que ces liens n’affaiblissent l’autorité monarchique.
La décision du tsar rencontre une opposition quasi unanime au sein du gouvernement. Ses ministres, conscients des risques politiques, tentent en vain de le dissuader. Ils redoutent que tout nouvel échec militaire ne soit désormais directement imputé à la personne même du souverain, affaiblissant davantage le régime.
Dans une lettre collective datée du 3 septembre 1915, les ministres expriment leurs craintes : ils anticipent que les défaites à venir, probables dans un contexte militaire difficile, se retourneront contre la monarchie et pourraient précipiter une révolution. Nicolas II refuse de changer d’avis et maintient sa décision.
Le 5 septembre 1915, le tsar arrive au quartier-général suprême (la Stavka) à Moguilev et assume officiellement le commandement de toutes les forces terrestres et navales opérant sur le théâtre de guerre. Il nomme le général Mikhaïl Alexeïev comme chef d’état-major, lui confiant la direction effective des opérations militaires.
Dans un ordre du jour adressé à l’armée et à la flotte, Nicolas II déclare : « Aujourd’hui, vaillante Armée et Flotte, le Souverain Chef suprême Empereur est devenu votre chef. Avec une ferme confiance en la miséricorde divine et une inébranlable confiance dans la victoire finale, nous accomplirons notre devoir sacré de défendre notre pays jusqu’à la mort. »
Parallèlement, le grand-duc Nicolas Nikolaevitch est écarté du front oriental et nommé vice-roi du Caucase et commandant en chef contre les Turcs, un poste important mais qui l’éloigne du centre des opérations.
NOTA : À court terme, la prise de commandement par Nicolas II permet d’unifier théoriquement les autorités civiles et militaires et de mettre fin à certaines tensions entre le grand-duc et les institutions politiques. Cependant, elle expose directement la monarchie aux aléas du front. Chaque défaite ultérieure (et elles seront nombreuses en 1915 et 1916) est désormais perçue comme un échec personnel du tsar. Cette décision contribue à affaiblir le prestige de la couronne, déjà entamé par les difficultés de la guerre, les pénuries alimentaires et les scandales liés à l’influence de Raspoutine. Elle est souvent citée par les historiens comme l’un des facteurs ayant préparé le terrain aux révolutions de 1917.

5-16 septembre 1943 : bataille de Nadzab (opération aéroportée d’envergure dans le Pacifique).
Le 5 septembre 1943, 1 700 parachutistes américains et 31 artilleurs australiens sautent sur un terrain d’aviation abandonné de la vallée du Markham, en Nouvelle-Guinée. Ils ne rencontrent aucune opposition. 12 jours plus tard, Lae tombe.
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Les Japonais occupent Lae et Salamaua, sur le golfe Huon, depuis mars 1942. Ces deux bases avaient d’abord constitué l’avant-poste de leur dispositif ; elles étaient devenues l’appui arrière de l’offensive sur Port Moresby, puis, après l’échec de la piste Kokoda et la perte de Buna et Gona en janvier 1943, le refuge des unités repliées de Papouasie.
L’ensemble relève de la 18e armée du général Hatazō Adachi, avec la 51e division du général Nakano. Les effectifs japonais dans la zone sont estimés à environ 10 000 hommes ; l’arrivée de renforts ayant été gravement compromise par la bataille de la mer de Bismarck, en mars 1943, où 8 transports et 4 destroyers avaient été coulés.
La prise de Lae s’inscrit dans l’opération Cartwheel, la campagne d’ensemble destinée à neutraliser la grande base japonaise de Rabaul. Il s’agit de sécuriser la rive néo-guinéenne du détroit de Vitiaz.
L’opération Postern
Le plan retenu, conçu par le général Thomas Blamey et le lieutenant-général Sir Edmund Herring, porte le nom de code Postern ; la poterne, cette porte dérobée par laquelle on sort d’une place assiégée. C’est une manœuvre en tenaille :
- une branche maritime : la 9e division australienne débarque à l’est de Lae et progresse le long de la côte ;
- une branche aérienne : un aérodrome est saisi à Nadzab, dans la vallée du Markham, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest, pour y aérotransporter la 7e division australienne, qui attaquera depuis l’intérieur ;
- une diversion : les opérations en cours devant Salamaua sont poursuivies pour fixer l’attention japonaise au sud.
La logique du plan est logistique avant d’être tactique. Le terrain de Nadzab n’a aucune valeur en lui-même : c’est une piste sommaire, abandonnée, dans une vallée plate. Sa valeur tient à ce qu’elle permet ; mettre une division entière à l’ouest de Lae sans avoir à la faire franchir la chaîne Owen Stanley à pied.
La 9e division australienne du major-général George Wootten débarque le 4 septembre sur deux plages désignées Red Beach et Yellow Beach, à environ 27 km à l’est de Lae, appuyée par la VIIe force amphibie américaine et par 5 destroyers. C’est la première opération amphibie d’envergure conduite par l’armée australienne depuis les Dardanelles, en 1915. L’inexpérience se voit mais la tête de pont est établie rapidement et une deuxième brigade débarque à sa suite.
LE 5 SEPTEMBRE
Le dispositif aérien
L’opération est montée depuis 8 terrains différents de Nouvelle-Guinée. Les décomptes du nombre total d’appareils engagés varient de 255 à 302 selon les sources (la différence tenant à ce que l’on inclut ou non les couvertures de chasse et les vols de servitude).
La composition :
- 48 B-25 Mitchell, arrivant à basse altitude à 09 h 59, qui saturent la vallée de deux mille huit cents bombes à fragmentation de 20 livres et du feu de leurs mitrailleuses de 12,7 ;
- 7 A-20 Havoc, posant un écran de fumée pour couvrir la descente ;
- 79 C-47 Skytrain portant les parachutistes ;
- 5 B-17 larguant le ravitaillement, cinq autres assurant la navigation et la météorologie ;
- 3 B-17 transportant les observateurs ;
- une couverture de cent huit chasseurs — P-38, P-39 et P-47.
Les C-47 franchissent la chaîne Owen Stanley au ras des crêtes, dans la brume, et se rassemblent au-dessus de Nadzab. Repérant la rivière Markham, les pilotes descendent à environ150 m. La chaleur et l’humidité soudaines, la turbulence et l’appréhension du premier saut de combat rendent malades une partie des hommes.
Le général MacArthur observe l’opération depuis l’un des B-17, ainsi que le général Kenney, commandant les forces aériennes alliées. MacArthur recevra pour ce vol une Air Medal (ce qui lui a été abondamment reprochée).
Le saut
1 700 hommes du 503e régiment d’infanterie parachutiste, commandé par le colonel Kenneth H. Kinsler, sautent vers 10 h 20. Ils s’entraînaient en Australie depuis huit mois. C’est le premier régiment aéroporté américain engagé dans le Pacifique, et sa première opération.
Le 1er bataillon reste sur le terrain ; les 2e et 3e progressent vers le nord et l’est pour établir un périmètre défensif.
Les Japonais sont pris complètement au dépourvu. Il n’y a personne sur la zone de saut. Les pertes sont entièrement dues à la réception : 3 tués et 33 blessés.
Le régiment n’a pas d’artillerie. Il lui en faut.
Le 3 septembre, 4 officiers et 27 hommes de la 54e batterie du 2/4e régiment d’artillerie de campagne australien rejoignent le bivouac des parachutistes avec 2 obusiers courts de 25 livres démontés et 192 coups. Aucun d’eux n’a jamais sauté. On leur donne un cours accéléré et un unique saut d’entraînement, le jour même.
Ils sautent à Nadzab vers 11 h 20, une heure après le 503e, avec leurs pièces conditionnées en gaines matelassées, qu’il leur faut ensuite retrouver et remonter dans les hautes herbes. Un seul blessé : le canonnier Lidgerwood, clavicule fracturée.
C’est la première fois que de l’artillerie australienne est parachutée au combat.
La colonne terrestre
Le même jour, une force venue par voie de terre atteint Nadzab après avoir descendu la vallée du Watut : le 2/2e bataillon de pionniers, la 2/6e compagnie de campagne du génie et la compagnie B du bataillon d’infanterie papou.
Ce sont eux qui font le travail décisif. Ils commencent immédiatement la remise en état de la piste.
Le résultat est si complet que l’assaut de planeurs prévu en second échelon est annulé.
Le premier C-47 se pose à Nadzab dès le lendemain matin, 6 septembre. Plus de 40 appareils s’y succèdent dans la seule journée. Le 7 septembre arrivent le poste de commandement de la 7e division australienne, du major-général George Vasey, puis les premiers éléments de la 25e brigade. Des bouteurs et des niveleuses aérotransportables suivent ; en un mois, le terrain comptera 4 pistes.
Résultat : Le saut n’a engendré aucun combat et a produit une base aérienne opérationnelle en 24 heures, à 50 km de l’objectif, dans un pays où aucune route n’existait.
Le 7 septembre, à Port Moresby, un bombardier s’écrase sur des camions transportant le 2/33e bataillon australien en attente d’embarquement : 59 hommes sont tués. Le bataillon perd davantage d’hommes sur un aérodrome de départ que la plupart des unités engagées dans les combats qui suivront.
LA COURSE VERS LAE
L’avance terrestre sur Lae commence les 10 et 11 septembre, les deux divisions australiennes progressant l’une vers l’autre. Elle tourne rapidement à la compétition entre la 7e division, venant de l’ouest, et la 9e, venant de l’est.
Salamaua, évacuée, est occupée le 11 septembre par les Américains et les Australiens de la 5e division.
Les combats les plus durs ont lieu à Heath’s Plantation, où la 25e brigade affronte une force japonaise supérieure et lui inflige 312 tués. C’est là que le soldat Richard Kelliher gagne la Victoria Cross.
Le 503e régiment parachutiste, resté à Nadzab, ne connaîtra son unique contact avec l’ennemi qu’à la mi-septembre, à l’est du terrain : 8 tués et 12 blessés.
Lae tombe le 16 septembre. Les deux divisions y parviennent le même jour, l’honneur d’entrer en premier revenant aux hommes de la 7e. Certaines sources datent du 15 septembre l’entrée de la 25e brigade et sa jonction avec la 24e brigade de la 9e division ; la divergence porte sur un jour.
LE BILAN
Lae est prise plus vite et à moindre coût que prévu. Les pertes australiennes de l’opération Postern s’établissent, selon les décomptes disponibles, à environ 547 pertes pour la 9e division, dont 115 tués et 73 disparus, et 142 pour la 7e division, dont 38 tués au combat ; auxquels s’ajoutent les 59 morts de l’accident de Port Moresby.
La tenaille ne s’est pas refermée. Adachi, comprenant que la ville était perdue, avait entrepris son évacuation dès le 11 septembre ; la garnison de Salamaua rejoint Lae les 14 et 15, et à la fin du 15 septembre les deux ensembles sont en route vers le nord. Les Australiens n’affrontent plus, dans les derniers jours, que des éléments de couverture.
Malgré le déploiement de la 21e brigade australienne en travers de leur itinéraire, la majeure partie de la garnison s’échappe par la chaîne des Saruwaged, massif culminant à plus de 4 000 m au nord de Lae.
Le Mémorial australien de la guerre retient environ 1 500 Japonais tués, 2 000 prisonniers et près de 6 500 évadés. D’autres décomptes portent à 9 000 les hommes ayant entrepris la marche, dont 8 400 auraient atteint la côte nord ; l’historien Ian Howie-Willis avance 8 000 partants et 2 000 morts en chemin. Ces évaluations sont incompatibles entre elles ; ce qui est certain, c’est qu’une part considérable de la garnison a survécu.
Ces hommes devront être combattus de nouveau. C’est l’origine directe de la campagne de la péninsule Huon, qui occupera les Alliés jusqu’en 1944.
5 septembre 1972 : prise d’otages des Jeux olympiques de Munich.
Au petit matin, 8 membres du commando palestinien Septembre noir pénètrent dans le village olympique et s’emparent de l’équipe israélienne. 17 heures plus tard, l’opération de libération montée sur l’aérodrome de Fürstenfeldbruck s’achève par la mort des 9 otages survivants. La sécurité intérieure allemande et européenne en sortira transformée.
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Vers 04 h 30 du matin, 8 hommes franchissent la clôture du village olympique – dont l’accès était volontairement peu gardé, la République fédérale ayant voulu des Jeux « sereins », à l’opposé de ceux de 1936 – et pénètrent dans les logements de la délégation israélienne.
Deux membres de la délégation sont tués dans les premières minutes en tentant de résister. Neuf otages sont pris.
Les ravisseurs exigent la libération de plus de 200 détenus palestiniens en Israël, ainsi que celle d’Andreas Baader et d’Ulrike Meinhof, détenus en Allemagne. Le gouvernement israélien refuse par principe toute négociation ; le gouvernement fédéral se voit refuser l’envoi d’une unité israélienne.
Les autorités allemandes proposent aux ravisseurs un transfert par hélicoptère vers l’aérodrome militaire de Fürstenfeldbruck, où un avion est censé les attendre. Le plan réel est d’y donner l’assaut.
Il échoue sur tous les plans. La République fédérale ne disposait alors d’aucune unité spécialisée dans la libération d’otages, l’emploi de la Bundeswehr à l’intérieur du pays étant constitutionnellement exclu et la police fédérale n’ayant pas été formée à ce type de mission. Les tireurs postés sont en nombre insuffisant, dépourvus d’armes adaptées, sans liaison radio entre eux et sans vision nocturne. Un détachement de policiers déguisés en équipage, embarqué dans l’avion, abandonne sa mission peu avant l’arrivée.
Le feu s’ouvre en fin de soirée. La fusillade dure plusieurs heures. Les neuf otages sont tués, ainsi qu’un policier allemand et 5 des 8 ravisseurs. 3 sont capturés.
Une dépêche prématurée annonce au monde, puis en Israël, que les otages ont été sauvés. Le démenti intervient au petit matin.
Les conséquences :
- En Allemagne, la constatation qu’aucune force n’était en mesure de conduire l’opération conduit à la création, le 26 septembre 1972, du GSG 9, unité d’intervention de la police fédérale, qui deviendra l’un des modèles européens. Le mouvement gagne l’ensemble du continent.
- En Israël, le gouvernement de Golda Meir engage une campagne d’élimination des responsables de l’attentat, connue sous le nom d’opération Colère de Dieu, qui se prolongera plusieurs années et connaîtra des erreurs graves, dont l’assassinat d’un serveur marocain à Lillehammer en 1973.
- Les trois survivants du commando sont libérés le 29 octobre 1972 en échange des passagers d’un Boeing de la Lufthansa détourné ; décision allemande qui suscitera une controverse durable et qui conduira, 5 ans plus tard, à une ligne inverse lors du détournement de Mogadiscio.
Munich est la première prise d’otages retransmise en direct par la télévision mondiale, devant une audience estimée à plusieurs centaines de millions de personnes. Les ravisseurs suivaient eux-mêmes les images. La question de la couverture médiatique des opérations en cours date de ce jour.

5 septembre 1977 : enlèvement de Hanns-Martin Schleyer par le groupe terroriste d’extrême-gauche Fraction Armée Rouge (FAR).
En fin d’après-midi, la voiture de Hanns-Martin Schleyer, président de la fédération des employeurs et de la fédération de l’industrie allemandes, est bloquée dans une rue de Cologne par un véhicule manœuvrant devant elle. Le commando ouvre le feu à l’arme automatique. Le chauffeur et les trois policiers de l’escorte sont tués. Schleyer est enlevé.
Les ravisseurs exigent la libération de 11 détenus de la Fraction armée rouge, dont Andreas Baader, Gudrun Ensslin et Jan-Carl Raspe, incarcérés à la prison de Stammheim.
Le choix de la cible n’est pas fortuit. Schleyer incarnait aux yeux du groupe la continuité entre le national-socialisme et le capitalisme ouest-allemand : il avait été membre des SS et responsable étudiant national-socialiste avant 1945.
Le gouvernement d’Helmut Schmidt refuse de céder. Il constitue une cellule de crise permanente et fait voter des mesures d’exception, dont l’isolement total des détenus de la RAF (le Kontaktsperre), tandis que les recherches mobilisent des moyens de police sans précédent dans l’histoire de la République fédérale.
L’escalade vient de l’extérieur. Le 13 octobre, un commando du Front populaire de libération de la Palestine détourne le Boeing 737 Landshut de la Lufthansa avec 86 passagers, et reprend les mêmes exigences. L’appareil erre plusieurs jours au Proche-Orient ; son commandant de bord, Jürgen Schumann, est exécuté à Aden.
Dans la nuit du 17 au 18 octobre, à Mogadiscio, le GSG 9 (créé 5 ans plus tôt, jour pour jour ou presque, à la suite de Munich) donne l’assaut. Tous les otages sont libérés ; 3 des 4 pirates sont tués. L’opération dure 7 minutes.
La nouvelle parvient à Stammheim dans la nuit. Baader, Ensslin et Raspe sont retrouvés morts au matin du 18 octobre ; Irmgard Möller, grièvement blessée, survit. La thèse du suicide collectif est celle des enquêtes officielles ; elle est contestée depuis lors par une partie de l’extrême gauche allemande.
Schleyer est assassiné le jour même. Son corps est retrouvé le 19 octobre dans le coffre d’une voiture, à Mulhouse.







