17 août 1424 : bataille de Verneuil (Normandie).
Un an après Cravant, l’armée franco-écossaise réunie par le dauphin Charles marche sur la Normandie et enlève Verneuil par ruse au début du mois d’août. Jean de Lancastre, duc de Bedford et régent du royaume pour Henri VI, quitte Évreux avec environ 9 000 hommes et vient offrir la bataille à une armée deux fois supérieure en nombre, commandée par Jean VIII d’Harcourt, comte d’Aumale, le connétable Jean Stuart de Buchan et Archibald Douglas.
Les deux dispositifs se déploient en rase campagne, hommes d’armes à pied encadrés d’archers protégés par des pieux. La charge de la cavalerie lombarde au service du dauphin perce l’aile anglaise mais se perd dans le pillage du convoi, laissant l’infanterie franco-écossaise se faire envelopper.
Le corps écossais, qui avait refusé la reddition, est détruit sur place. Aumale, Buchan et Douglas sont tués, le duc d’Alençon est fait prisonnier ; les pertes franco-écossaises sont évaluées entre 6 000 et 7 000 hommes. Bedford qualifiera l’affaire de seconde Azincourt : elle met fin à l’intervention militaire écossaise organisée en France et ouvre aux Anglais la route de la Loire, jusqu’à Orléans.

Regards croisés sur l’alliance franco-écossaise (Thèse universitaire – 2021)
17 août 1585 : capitulation d’Anvers (guerre de Quatre-Vingts Ans).
Après 13 mois de blocus, la métropole de l’Escaut signe les articles de sa reddition devant Alexandre Farnèse, duc de Parme et gouverneur général des Pays-Bas espagnols. Faute d’une flotte capable de forcer le fleuve, Farnèse avait fait construire entre Kallo et Ordam un pont de bateaux fortifié de 800 m, verrouillant l’accès de la ville à la mer. Les brûlots à retardement conçus par l’ingénieur mantouan Federigo Giambelli avaient bien éventré l’ouvrage en avril 1585, mais les assiégés n’avaient pas su exploiter la brèche.
Négociées par le bourgmestre Marnix de Sainte-Aldegonde, les conditions sont mesurées : pas de sac, liberté de conscience, mais interdiction du culte réformé et délai de quatre ans laissé aux protestants pour liquider leurs affaires et partir. Farnèse fait son entrée le 27 août.
La ville, qui comptait environ 80 000 habitants, en perd près de la moitié en quelques années ; capitaux, armateurs et artisans gagnent Amsterdam et Middelbourg. La fermeture de l’Escaut par les Provinces-Unies consacre la coupure durable entre Pays-Bas du Nord et du Sud.
17 août 1808 : combat de Roliça (Portugal)
Premier engagement du corps expéditionnaire britannique débarqué à Mondego Bay, la rencontre oppose environ 14 000 Britanniques et Portugais commandés par sir Arthur Wellesley aux 4 400 hommes du général Henri-François Delaborde, chargé de retarder la marche alliée sur Lisbonne en attendant Junot. Delaborde tient d’abord le village de Roliça, se dérobe avant l’enveloppement, puis se rétablit sur les hauteurs de Columbeira.
Les colonnes britanniques y attaquent en désordre par les ravins ; le 29th Foot, engagé prématurément, y perd son colonel. Delaborde décroche en fin de journée sans être disloqué et se replie vers Montachique. Les pertes s’établissent autour de 480 hommes du côté allié et de 600 hommes et trois pièces du côté français. L’affaire, de faible ampleur, précède de quatre jours Vimeiro et inaugure une campagne de six ans dans la péninsule Ibérique.
17 août 1812 : assaut de Smolensk (campagne de Russie).
Deuxième journée de la bataille engagée la veille. Napoléon, qui espère enfin fixer les armées russes réunies de Barclay de Tolly et de Bagration, fait donner les corps de Ney, de Davout et de Poniatowski contre les faubourgs et l’enceinte médiévale, défendus par le corps de Doctorov et la division Neverovski. Les brèches ouvertes par plus de 150 pièces ne permettent pas d’emporter la vieille ville ; les combats de rue et l’incendie ravagent l’agglomération. Dans la nuit du 17 au 18, Barclay de Tolly fait évacuer Smolensk et rompt le contact en direction de Moscou, sauvant son armée. Les pertes dépassent 8 000 hommes de part et d’autre.
La Grande Armée entre le 18 dans une ville en cendres, sans avoir obtenu la bataille décisive recherchée depuis le Niémen, et poursuit sa marche vers l’est avec des lignes de communication déjà distendues.
17 août 1870 : repli de l’armée du Rhin sur Metz (guerre franco-allemande).
Au lendemain de Rezonville–Mars-la-Tour, où l’armée du Rhin a tenu le terrain sans exploiter son avantage, le maréchal Bazaine décide de reculer ses 6 corps vers l’est, sur le plateau qui court de Saint-Privat-la-Montagne à Rozérieulles, afin d’appuyer son dispositif sur les forts de Metz et de refaire ses approvisionnements.
Ce mouvement abandonne définitivement la route de Verdun et la jonction avec l’armée de Châlons de Mac-Mahon. Moltke, qui craignait encore une percée française vers l’ouest, dispose de la journée pour faire glisser vers le nord les IIe et Ire armées allemandes. Le dispositif ainsi figé conduit à la bataille de Gravelotte–Saint-Privat le 18 août, puis à l’investissement complet de Metz et à la capitulation du 27 octobre, avec 173 000 hommes.
17 août 1872 : naissance de Traian Vuia, pionnier roumain de l’aviation.
Fils d’instituteur, né à Surducu Mic, dans le Banat alors rattaché à la Hongrie, Traian Vuia soutient un doctorat en droit à Budapest tout en suivant les cours de l’École polytechnique. Installé à Paris en 1902, il dépose l’année suivante un brevet d’« aéroplane-automobile » pour un monoplan à aile haute, hélice tractive et train à roues gonflables, conçu pour décoller par ses propres moyens.
Le 18 mars 1906, à Montesson, son appareil équipé d’un moteur à acide carbonique s’élève d’environ un mètre sur une douzaine de mètres, sans rail, plan incliné, catapulte ni traction extérieure — solution alors retenue par les frères Wright. La performance reste modeste et le manque de puissance condamne la machine, mais la formule du monoplan à train roulant est reprise dans les mois suivants par Santos-Dumont, Blériot et Voisin, et devient la norme de l’aviation européenne, y compris militaire.
Vuia travaille ensuite sur des appareils à voilure tournante, brevetant deux projets d’hélicoptère en 1918 et 1922, puis sur des générateurs de vapeur. Resté en France pendant la Seconde Guerre mondiale, il préside le Front national roumain, organisation de résistance des Roumains de France. Rentré à Bucarest en 1950, il y meurt le 3 septembre de la même année.

17 août 1914 : combat de Stallupönen (Prusse-Orientale).
La 1re armée russe de Rennenkampf franchit la frontière est-prussienne. Contrevenant aux ordres de repli du général von Prittwitz, commandant la VIIIe armée allemande, le général Hermann von François engage son Ier corps d’armée contre les colonnes russes en marche à hauteur de Stallupönen.
La 27e division russe, prise de flanc, perd environ 3 000 prisonniers et plusieurs batteries. François se replie ensuite sur Gumbinnen, où se livrera trois jours plus tard un engagement autrement plus lourd. Le même jour, à l’autre extrémité du front, le gouvernement belge quitte Bruxelles pour Anvers tandis que l’armée de campagne se retire derrière la position fortifiée ; la capitale sera occupée le 20 août.
17 août 1917 : ouverture de la onzième bataille de l’Isonzo (front italien).
Le général Cadorna lance la plus vaste offensive italienne de la guerre : 51 divisions et près de 5 200 pièces attaquent sur un front de 50 km, la 2e armée de Capello sur le plateau de la Bainsizza, la 3e armée du duc d’Aoste sur le Carso.
La Bainsizza est enlevée en quelques jours, mais l’artillerie ne suit pas et l’offensive s’enlise devant le mont San Gabriele. Arrêtée le 12 septembre, elle coûte environ 150 000 hommes aux Italiens et 110 000 aux Austro-Hongrois. L’usure de l’armée de Charles Ier conduit Vienne à solliciter le renfort allemand qui, avec la 14e armée von Below, provoquera la rupture de Caporetto le 24 octobre.

17 août 1943 : fin de la campagne de Sicile.
Des éléments de la 3e division d’infanterie américaine du général Truscott, appartenant à la VIIe armée de Patton, entrent dans Messine au matin, quelques heures avant les avant-gardes de la VIIIe armée britannique de Montgomery.
La campagne aura duré 38 jours depuis les débarquements du 10 juillet. Elle s’achève sur un demi-succès opérationnel : du 11 au 17 août, l’opération Lehrgang a permis aux Allemands et aux Italiens d’évacuer par le détroit près de 100 000 hommes, 10 000 véhicules et l’essentiel de leur artillerie, sous la protection d’une défense antiaérienne dense que les marines alliées n’ont pas cherché à forcer.
Ces unités seront retrouvées quelques semaines plus tard en Italie continentale, à Salerne puis sur la ligne Gustav.
Nuit du 17 au 18 août 1943 : opération Hydra (Peenemünde).
Le Bomber Command engage 596 bombardiers contre le centre d’essais de Peenemünde, sur la Baltique, où sont mis au point les V1 et V2. La mission, exécutée au clair de lune et dirigée pour la première fois par un « master bomber », le group captain John Searby, vise les logements des ingénieurs, les halls de production et la soufflerie.
40 appareils sont perdus. Le bombardement tue environ 180 Allemands, dont l’ingénieur en chef de la propulsion Walter Thiel, mais aussi près de 600 travailleurs forcés du camp voisin de Trassenheide, dont le repérage avait été manqué. Le programme balistique allemand est retardé de plusieurs semaines et surtout dispersé : les essais partent pour Blizna, en Pologne, et la fabrication pour les galeries souterraines du Mittelwerk, à Nordhausen.
17 août 1943 : ouverture de la conférence de Québec (Quadrant).
Roosevelt et Churchill, entourés de leurs chefs d’état-major et accueillis par le premier ministre canadien Mackenzie King, se réunissent à la citadelle de Québec jusqu’au 24 août.
Les Alliés y confirment le débarquement en France pour mai 1944, arrêtent le principe d’une opération complémentaire dans le sud de la France, définissent les priorités de la campagne d’Italie et signent l’accord de Québec sur la mise en commun des recherches atomiques britanniques et américaines.
La désignation du commandant suprême d’Overlord est ajournée ; elle interviendra à Téhéran, au profit d’Eisenhower.
17 août 1944 : Model remplace Kluge à l’Ouest.
Alors que les IIIe armée américaine et Ire armée canadienne resserrent la poche de Falaise, Hitler relève le maréchal von Kluge de son commandement d’OB West et le remplace par le maréchal Model, qui prend ses fonctions le jour même et confirme l’ordre de décrochage vers la Seine.
Kluge, soupçonné d’avoir cherché le contact avec les Alliés et compromis dans les suites du 20 juillet, se donne la mort le 19 août sur la route de l’Allemagne. La poche se referme le 21 à Chambois : la 7e armée et la 5e armée blindée y laissent environ 50 000 prisonniers et la quasi-totalité de leurs blindés.
17 août 1944 : dernier convoi parti de Drancy.
À la veille de l’évacuation de la capitale, le SS-Hauptsturmführer Aloïs Brunner quitte le camp de Drancy avec un convoi de 51 déportés, dernier départ d’un camp d’où plus de 63 000 personnes ont été acheminées vers Auschwitz et Sobibor depuis 1942.
Le camp, où demeurent environ 1 500 internés, est remis le lendemain au consul de Suède Raoul Nordling au nom de la Croix-Rouge. La même journée voit les principaux services allemands et les responsables de Vichy quitter Paris : Pierre Laval, ramené de force de la capitale, est conduit vers Belfort, puis vers Sigmaringen.
17 août 1945 : commutation de la peine de mort du maréchal Pétain.
Deux jours après le verdict de la Haute Cour de justice, qui l’a condamné à mort, à la dégradation nationale et à la confiscation de ses biens, le général de Gaulle, chef du Gouvernement provisoire, use du droit de grâce et commue la sentence en détention perpétuelle, conformément au vœu exprimé par le jury en raison de l’âge du condamné, alors dans sa 90e année. Pétain est interné au fort du Portalet, dans les Pyrénées, puis transféré en novembre au fort de la Pierre-Levée, à l’île d’Yeu, où il meurt le 23 juillet 1951.
17 août 1987 : mort de Rudolf Hess à Spandau.
L’ancien adjoint de Hitler pour le parti, parti seul en Écosse en mai 1941 pour tenter une négociation avec les Britanniques, est trouvé pendu dans un pavillon du jardin de la prison interalliée de Spandau, à Berlin-Ouest, à l’âge de 93 ans. Condamné à la détention perpétuelle par le tribunal de Nuremberg, il en était depuis 1966 l’unique détenu, gardé à tour de rôle par les quatre puissances occupantes, l’Union soviétique s’étant constamment opposée à sa libération. Les autorités concluent au suicide, thèse contestée par sa famille. La prison est rasée dans les semaines qui suivent et ses gravats dispersés.










