La guerre des Malouines opposa, du 2 avril au 14 juin 1982, l’Argentine et le Royaume-Uni pour le contrôle d’un archipel de l’Atlantique Sud, situé à environ 500 km des côtes patagoniennes. Appelées Falkland Islands par les Britanniques et Islas Malvinas par les Argentins, ces îles battues par les vents, peuplées d’à peine 1 800 habitants et de plusieurs centaines de milliers de moutons, faisaient l’objet d’un contentieux vieux de près d’un siècle et demi. Londres administrait le territoire depuis 1833 ; Buenos Aires n’avait jamais reconnu cette occupation, qu’elle jugeait usurpatrice.
Le déclenchement des hostilités doit beaucoup à la situation intérieure argentine. La junte militaire au pouvoir depuis 1976, dirigée depuis décembre 1981 par le général Leopoldo Galtieri, faisait face à une inflation vertigineuse, à une contestation sociale croissante et à l’opprobre international suscité par la répression des années de plomb. La reconquête des Malouines offrait une cause capable de rassembler la nation. Du côté britannique, plusieurs signaux avaient pu passer pour un désengagement, notamment l’annonce du retrait du patrouilleur HMS Endurance. La junte crut que Margaret Thatcher, elle-même affaiblie par la récession, se contenterait de protester.
Le 2 avril 1982, les troupes argentines débarquèrent et s’emparèrent de Port Stanley après de brefs combats contre une poignée de Royal Marines. La Géorgie du Sud tomba le lendemain. En Argentine, la nouvelle provoqua une explosion de liesse populaire.
La réaction de Londres surprit par sa rapidité. Le Conseil de sécurité de l’ONU adopta la résolution 502 exigeant le retrait argentin, et Thatcher fit appareiller une force navale d’une centaine de bâtiments, articulée autour des porte-aéronefs Hermes et Invincible, pour une expédition à 13 000 km de ses bases. Les tentatives de médiation du secrétaire d’État américain Alexander Haig échouèrent, et Washington finit par apporter un soutien logistique décisif à son allié.
Deux épisodes marquèrent le début des combats : le torpillage du croiseur General Belgrano le 2 mai par le sous-marin nucléaire Conqueror, qui coûta la vie à 323 marins et reste controversé, puis la destruction du destroyer Sheffield par un missile français Exocet deux jours plus tard à partir d’un Super-Étendard. Après le débarquement de San Carlos le 21 mai, les forces britanniques progressèrent malgré des pertes navales sévères. Goose Green, le mont Longdon, Two Sisters et Tumbledown furent enlevés au terme de combats d’infanterie souvent nocturnes, menés par temps glacial. Le 14 juin, le général Menéndez capitulait à Port Stanley.
74 jours de guerre firent environ 649 morts argentins, 255 britanniques et trois civiles insulaires. Les conséquences politiques furent inverses dans les deux pays : discréditée, la junte s’effondra et l’Argentine retrouva la démocratie dès 1983 avec l’élection de Raúl Alfonsín, tandis que Margaret Thatcher, portée par la victoire, remporta triomphalement les législatives de la même année et engagea son programme de réformes.
Les îles demeurent britanniques. L’Argentine maintient sa revendication, inscrite dans sa Constitution de 1994, mais les insulaires se sont prononcés en 2013, à près de 99,8 %, pour le maintien du statut actuel. Le différend, désormais pacifique, reste irrésolu.
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