25 août 1270 : mort de Louis IX devant Tunis (8e croisade).
Frappé par l’épidémie qui ravage le camp franc installé dans les ruines de Carthage, le roi de France meurt sans avoir livré la bataille attendue. L’expédition se termine deux mois plus tard par un traité négocié.
Louis IX avait pris la croix pour la seconde fois le 25 mars 1267, contre l’avis d’une grande partie de ses barons ; Joinville, son plus proche compagnon, refusa de l’accompagner. L’armée royale quitta Aigues-Mortes au début de juillet 1270 et débarqua à La Goulette les 17 et 18 juillet. Le choix de la Tunisie plutôt que de la Syrie ou de l’Égypte reste discuté : espoir de conversion de l’émir hafside al-Mustansir, recherche d’une base de départ contre l’Égypte mamelouke de Baybars, intérêts commerciaux et dynastiques de Charles d’Anjou, frère du roi et souverain de Sicile depuis 1266.
Le camp fut établi près des ruines de Carthage, en plein été, sur un terrain sans eau saine. Une épidémie s’y déclara rapidement. Sa nature demeure incertaine : dysenterie et typhus ont été avancés par les sources médiévales, tandis que l’examen des reliques attribuées au roi, publié en 2019, a mis en évidence un scorbut avancé et peut-être une bilharziose. Jean-Tristan, le plus jeune fils du roi, mourut le 3 août ; l’héritier, Philippe, survécut.
Le roi s’éteignit le 25 août. Charles d’Anjou débarqua avec ses renforts alors que la mort venait de survenir. Le commandement passa à Philippe III, lui-même malade, assisté de son oncle.
Aucune opération d’envergure ne suivit. Un accord conclu à l’automne accorda aux croisés une indemnité, la libération de captifs chrétiens et des facilités commerciales, ainsi que le rétablissement du tribut dû à la Sicile, en échange du rembarquement. La flotte fut ensuite ravagée par une tempête devant Trapani. Le corps du roi, traité selon la méthode dite mos teutonicus (chairs séparées des ossements par ébullition), fut ramené à Saint-Denis. Louis IX fut canonisé le 11 août 1297 ; sa fête liturgique est fixée au jour de sa mort. Aucun roi de France ne repartira en croisade : Acre tombera en 1291.

25 août 1580 : bataille d’Alcántara (Portugal).
L’armée de Philippe II, commandée par le duc d’Albe, disperse aux portes de Lisbonne les partisans d’Antoine, prieur de Crato. La victoire ouvre soixante ans d’union des deux couronnes ibériques.
La crise de succession portugaise s’était ouverte le 4 août 1578 avec la mort du roi Sébastien Ier à Alcácer-Quibir, au Maroc, sans héritier. Son grand-oncle, le cardinal Henri, régna moins de deux ans et mourut en janvier 1580. Philippe II d’Espagne, petit-fils de Manuel Ier par sa mère, fit valoir ses droits ; Antoine, prieur de Crato, fils illégitime de l’infant Louis, se fit proclamer roi à Santarém le 24 juillet 1580, sans le soutien de la haute noblesse ni du haut clergé.
Philippe II confia le commandement à Ferdinand Alvare de Tolède, troisième duc d’Albe, âgé de 73 ans et jusque-là en disgrâce. L’armée d’invasion, forte d’environ 40 000 hommes dont une proportion importante de mercenaires allemands et italiens, franchit la frontière en juin. Elle était appuyée par une flotte commandée par le marquis de Santa Cruz, qui remonta le Tage.
Le 25 août, l’armée d’Antoine était déployée entre Lisbonne et le ruisseau d’Alcântara, position réputée forte. Albe combina une attaque frontale, un mouvement tournant de cavalerie et l’utilisation de la marée basse pour faire franchir les bas-fonds par un détachement, l’ensemble étant appuyé par l’artillerie des galères. Prises de front et sur les deux flancs, les troupes portugaises (mal encadrées et composées pour partie de volontaires urbains) se disloquèrent en quelques heures et refluèrent vers la ville.
Lisbonne fut occupée et partiellement mise à sac. Antoine s’enfuit vers Coimbra puis Porto, dont la prise par Sancho d’Ávila le 24 octobre acheva la campagne continentale. Philippe II fut reconnu roi de Portugal par les Cortes de Tomar en avril 1581. La résistance se prolongea aux Açores, où une flotte franco-portugaise fut battue en 1582 puis en 1583. L’union des couronnes durera jusqu’à la révolte de 1640, et vaudra au Portugal d’être entraîné dans les guerres maritimes de l’Espagne contre l’Angleterre et les Provinces-Unies.
25 août 1758 : bataille de Zorndorf (guerre de Sept Ans).
Frédéric II attaque à l’est de l’Oder l’armée russe de Fermor, qui assiégeait Küstrin. La journée, l’une des plus meurtrières du siècle, laisse les deux armées épuisées et sans décision.
L’été 1758 est le moment le plus critique de la guerre pour la Prusse, engagée simultanément contre l’Autriche en Silésie et en Bohême, contre la France et les contingents de l’Empire à l’ouest, et désormais contre la Russie à l’est. L’armée du général Villim Fermor, environ 43 000 hommes, avait occupé la Prusse-Orientale, atteint l’Oder et entrepris le bombardement de la forteresse de Küstrin. Frédéric II accourut de Silésie avec quelque 36 000 hommes, franchit le fleuve en amont et manœuvra par le nord afin d’attaquer les Russes à revers et de les couper de leurs communications.
Fermor, surpris, dut faire pivoter tout son dispositif vers le nord sur un terrain coupé de ravins, de marais et de bois. Les cosaques avaient incendié le village de Zorndorf et les champs alentour ; la fumée et la poussière, poussées par le vent, brouillèrent la conduite de la bataille dès les premières heures.
Après une préparation d’artillerie, l’aile prussienne de Manteuffel enfonça la droite russe désorganisée par le pivotement. La percée ne fut pas exploitée : l’infanterie russe, formée en masses serrées, refusa de rompre et se battit à l’arme blanche. La bataille dégénéra en une série de mêlées confuses, où les charges de cavalerie de Seydlitz jouèrent un rôle décisif pour rétablir les situations compromises. Le pillage des fourgons d’eau-de-vie par des unités russes ajouta au désordre.
Les pertes sont considérables et diversement estimées : de 16 000 à plus de 20 000 hommes hors de combat côté russe, de 11 000 à 13 000 côté prussien, soit environ un tiers des effectifs engagés de part et d’autre. Fermor se retira dans les jours suivants, mais son armée ne fut pas détruite : Frédéric ne put ni la poursuivre ni l’empêcher de revenir l’année suivante. Rappelé vers la Saxe, il y fut surpris à Hochkirch le 14 octobre. Le problème russe restait entier ; il se posera de nouveau, et bien plus durement, à Kunersdorf le 12 août 1759.
NOTA : les chiffres de pertes de Zorndorf varient fortement selon les sources, prussiennes ou russes, et selon qu’elles incluent ou non les prisonniers et les disparus.

25 août 1793 : les troupes de la Convention entrent dans Marseille.
L’armée du général Carteaux met fin à l’insurrection fédéraliste des Bouches-du-Rhône. Trois jours plus tard, Toulon se livre aux escadres anglo-espagnoles.
L’arrestation des députés girondins, les 31 mai et 2 juin 1793, avait provoqué le soulèvement de plusieurs grandes villes contre la Convention. À Marseille, les sections avaient pris le contrôle de l’administration départementale, créé un tribunal populaire et levé une armée départementale qui occupa Avignon le 7 juillet.
Le général Jean-François Carteaux, ancien peintre devenu commandant d’une division de l’armée des Alpes, reçut mission de descendre la vallée du Rhône. Il enleva Pont-Saint-Esprit le 13 juillet, entra dans Avignon le 25, puis battit les fédéralistes à Cadenet au début du mois d’août. Les colonnes marseillaises, mal armées et minées par les défections, se replièrent sans livrer de bataille.
Le 25 août, la ville ouvrit ses portes sans combat sérieux. Les principaux responsables sectionnaires avaient pris la fuite, une partie vers Toulon. Un tribunal criminel fut installé dès le lendemain ; la répression, conduite ensuite par les représentants en mission Barras et Fréron, fit plusieurs centaines de condamnations. Marseille fut un temps privée de son nom par décret et rebaptisée « Ville-sans-Nom ».
L’événement eut une conséquence militaire immédiate : le 28 août, les sectionnaires toulonnais, redoutant le même sort, livrèrent la rade et l’arsenal à l’amiral Hood. Carteaux, poussant vers l’ouest de la rade, prit la tête de l’armée de siège. C’est là qu’un capitaine d’artillerie nommé Bonaparte, arrivé en septembre à la faveur d’une blessure du commandant du parc, se fit connaître.
25 août 1825 : déclaration d’indépendance de la Bande orientale (actuel Uruguay).
Le congrès réuni à Florida proclame la séparation d’avec le Brésil et l’union aux Provinces-Unies du Río de la Plata. La déclaration ouvre la guerre de Cisplatine.
La Bande orientale, disputée depuis le XVIIIe siècle entre les couronnes espagnole et portugaise, avait été annexée par le Brésil en 1821 sous le nom de province Cisplatine. Le 19 avril 1825, une expédition de 33 hommes conduite par Juan Antonio Lavalleja (les « Trente-Trois Orientaux ») débarqua depuis la rive argentine et souleva la campagne.
Réuni à Florida, le congrès des représentants de la province vota le 25 août trois lois : l’annulation des actes d’incorporation au Brésil, la proclamation de l’indépendance et l’union aux Provinces-Unies du Río de la Plata. Buenos Aires accepta cette union en octobre, ce qui valut au Brésil de lui déclarer la guerre le 10 décembre.
Le conflit dura trois ans. Sur terre, la victoire argentino-orientale d’Ituzaingó, le 20 février 1827, ne fut pas exploitée. Sur mer, la marine impériale brésilienne imposa le blocus du Río de la Plata, avec un effet économique lourd sur les deux belligérants, tandis que la guerre de course argentine, menée notamment par Guillermo Brown, contestait les communications brésiliennes.
L’épuisement des deux camps et la médiation britannique aboutirent à la convention préliminaire de paix du 27 août 1828, qui créa un État tampon indépendant entre les deux puissances : la République orientale de l’Uruguay. Le 25 août reste la fête nationale uruguayenne.
25 août 1914 : sac de Louvain (Belgique).
Après une fusillade nocturne où des unités allemandes se sont tiré dessus, l’occupant se livre à des représailles massives contre la population. La bibliothèque universitaire et ses collections brûlent ; l’affaire devient un enjeu de propagande mondial.
Louvain était occupée depuis le 19-20 août, sans incident notable pendant six jours. Le 25, l’armée belge retranchée dans le camp de position d’Anvers effectua une sortie en direction de Malines. Repoussées, des unités allemandes refluèrent en désordre sur Louvain à la tombée du jour, dans une atmosphère déjà tendue par la rumeur d’une offensive alliée.
Des coups de feu éclatèrent en début de soirée dans plusieurs rues. Selon les enquêtes belges menées après-guerre, il s’agissait de tirs entre unités allemandes qui se prenaient mutuellement pour l’ennemi. Le commandement retint la thèse du franc-tireur, obsession héritée de la guerre de 1870-1871, et ordonna des représailles : prise d’otages, exécutions sommaires, incendie systématique de quartiers entiers au moyen de pastilles incendiaires et d’essence.
Les halles universitaires, qui abritaient depuis 1834 la bibliothèque de l’université fondée en 1425, furent incendiées dans la nuit. Les quelque 230 000 à 300 000 volumes, dont un millier d’incunables et huit cents manuscrits, furent détruits. La collégiale Saint-Pierre, le théâtre et de nombreux édifices publics furent également touchés. L’incendie de la ville dura plusieurs jours ; la population fut évacuée, une partie des hommes déportés vers l’Allemagne. Le bilan humain est établi autour de 250 civils tués, celui des destructions à un ou deux milliers de maisons selon les décomptes.
Louvain n’est pas un cas isolé : elle s’inscrit dans la série des exécutions collectives d’août 1914 (Aarschot, Andenne, Tamines, Dinant) qui ont coûté la vie à environ 6 000 civils belges et français. Mais la destruction d’une bibliothèque cinq fois centenaire lui donna un retentissement particulier. Elle devint un argument central de la propagande alliée et pesa sur l’opinion américaine. La bibliothèque, reconstruite avec des fonds largement américains et réinaugurée en 1928, fut de nouveau détruite en mai 1940.
Aller au contenu PDF25 août 1939 : accord d’assistance mutuelle anglo-polonais (Londres).
Deux jours après le pacte germano-soviétique, Londres transforme sa garantie unilatérale à Varsovie en alliance formelle. Informé le soir même, Hitler suspend l’ordre d’attaque prévu pour le lendemain matin.
Après l’entrée de la Wehrmacht à Prague, le gouvernement britannique avait accordé le 31 mars 1939 une garantie unilatérale à la Pologne, complétée en avril par un protocole. Le pacte Ribbentrop-Molotov du 23 août, assorti d’un protocole secret partageant l’Europe orientale, changea la donne : Londres choisit de durcir son engagement plutôt que de reculer.
L’accord fut signé à Londres le 25 août par Lord Halifax et l’ambassadeur Edward Raczyński. Il prévoit l’assistance militaire mutuelle en cas d’agression d’une puissance européenne, un protocole secret précisant que cette puissance est l’Allemagne. Il s’agit d’un engagement automatique, sans clause de consultation préalable.
À Berlin, la même journée fut décisive. Hitler diffusa dans la matinée l’ordre d’exécution de Fall Weiss, l’attaque devant se déclencher le 26 août au petit matin. En fin d’après-midi lui parvinrent coup sur coup la nouvelle de la signature de Londres et une lettre de Mussolini indiquant que l’Italie n’était pas en mesure d’entrer en guerre. Vers 19 h 30, il suspendit l’ordre. Le contre-ordre ne put être répercuté partout : plusieurs éléments avancés étaient déjà engagés, dont un détachement du groupe Herzner au col de Jablunka, en Slovaquie.
Suivirent six jours de manœuvres diplomatiques : missions officieuses de l’homme d’affaires suédois Birger Dahlerus, exigence allemande d’un plénipotentiaire polonais à Berlin pour le 30 août, communication tardive d’un protocole en seize points impossible à examiner dans les délais. L’incident monté de Gleiwitz, le 31 août au soir, fournit le prétexte. L’invasion commença le 1er septembre ; le Royaume-Uni et la France déclarèrent la guerre le 3. L’alliance ne se traduisit pas par l’offensive occidentale qu’attendait Varsovie.
25 août 1940 : premier bombardement de Berlin par le Bomber Command (nuit du 25 au 26).
En représailles au largage accidentel de bombes sur Londres, la RAF envoie plus de 80 bimoteurs sur la capitale allemande.
À la fin d’août 1940, la Luftwaffe concentrait son effort sur les terrains et le système de détection du Fighter Command. Hitler avait explicitement interdit le bombardement de Londres. Dans la nuit du 24 au 25 août, des équipages égarés larguèrent néanmoins leurs bombes sur la City et l’East End. Churchill ordonna une riposte immédiate sur Berlin, décision de nature autant politique que militaire.
L’opération fut montée dans la journée. Quelque 80 à 90 Vickers Wellington, Handley Page Hampden et Armstrong Whitworth Whitley décollèrent d’East Anglia et du Lincolnshire pour un trajet aller-retour d’environ 1 900 km, proche du rayon d’action maximal de ces appareils. Les objectifs désignés étaient l’usine Siemens de Siemensstadt, la centrale électrique de Klingenberg, l’aérodrome de Tempelhof et les gares de triage du sud de la ville.
La couverture nuageuse, la défense antiaérienne et la navigation à l’estime réduisirent l’efficacité de l’attaque. Environ la moitié des équipages atteignirent la région de Berlin ; une trentaine larguèrent sur la ville. Les dégâts matériels furent négligeables et aucun civil ne fut tué. Six appareils furent perdus. Des raids furent renouvelés les nuits suivantes ; celui des 28-29 août fit les premières victimes allemandes à Berlin.
L’effet fut politique. La propagande du Reich avait garanti l’inviolabilité de la capitale. Le 4 septembre, Hitler annonça publiquement des représailles ; le 7 septembre, la Luftwaffe reporta son effort principal sur Londres. Ce changement d’objectif, en soulageant les terrains et les stations radar du 11 Group au moment où leur usure devenait critique, est généralement tenu pour l’un des tournants de la bataille d’Angleterre.
25 août 1941 : opération Countenance, invasion anglo-soviétique de l’Iran.
Britanniques et Soviétiques entrent simultanément dans un pays neutre. L’objectif est de sécuriser le pétrole d’Abadan et d’ouvrir vers l’URSS le « corridor persan ».
Depuis le déclenchement de Barbarossa, le 22 juin 1941, Londres et Moscou cherchaient une voie de ravitaillement praticable vers le front de l’Est, moins exposée que les convois arctiques. L’Iran offrait le Transiranien, achevé en 1938, reliant le golfe Persique à la Caspienne. S’y ajoutait la protection de la raffinerie d’Abadan, la plus importante du monde à l’époque, et la crainte d’une répétition du coup d’État pro-allemand de Rachid Ali en Irak, en mai. Reza Chah, invoquant la neutralité, refusa d’expulser les ressortissants allemands présents dans le pays et de mettre le chemin de fer à disposition.
L’attaque fut déclenchée avant l’aube le 25 août. Au sud, la Iraqforce du lieutenant-général Edward Quinan (rebaptisée peu après Paiforce) franchit la frontière irakienne vers Kermanshah et le Khouzistan. Sur le Chatt-el-Arab, le sloop HMS Shoreham ouvrit le feu devant Abadan et détruisit plusieurs bâtiments de la marine impériale iranienne ; des troupes furent débarquées à Bandar Chapour, où des navires de commerce de l’Axe furent saisis. Au nord, trois armées soviétiques entrèrent depuis l’Arménie, l’Azerbaïdjan et le Turkménistan, appuyées par l’aviation et par la flottille de la Caspienne.
La résistance iranienne, dispersée et dépassée sur le plan matériel, s’effondra en quelques jours. Le gouvernement accepta un cessez-le-feu le 30 août et capitula formellement le 31. Kermanshah fut déclarée ville ouverte le 1er septembre. Les Alliés entrèrent à Téhéran le 17 septembre, au lendemain de l’abdication de Reza Chah en faveur de son fils Mohammad Reza, âgé de 21 ans. Le souverain déchu fut exilé, à l’île Maurice puis en Afrique du Sud, où il mourut en 1944.
Le pays fut partagé en deux zones d’occupation, soviétique au nord, britannique au sud, Téhéran restant sous statut particulier ; le traité tripartite de janvier 1942 en fixa le cadre. Les Américains prirent en charge la logistique du corridor à partir de 1942 (Persian Gulf Command) : plusieurs millions de tonnes de matériel de prêt-bail y transitèrent. Le maintien de troupes soviétiques en Azerbaïdjan iranien au-delà du délai convenu provoquera en 1946 la crise irano-soviétique, souvent tenue pour la première crise de la guerre froide.
25 août 1942 : débarquement japonais à Milne Bay (Papouasie).
Une force amphibie de la marine impériale prend pied à la pointe orientale de la Nouvelle-Guinée. Treize jours plus tard, ses survivants sont évacués : c’est le premier échec terrestre incontestable subi par le Japon.
Après l’échec de la tentative de prise de Port Moresby par la mer, arrêtée en mai à la bataille de la mer de Corail, le commandement japonais avait choisi la voie terrestre par la piste Kokoda, engagée depuis juillet. Milne Bay, vaste baie abritée à l’extrémité orientale de la Papouasie, constituait la pièce complémentaire : les Alliés y construisaient depuis juin trois terrains d’aviation destinés à couvrir les approches maritimes de Port Moresby.
Le renseignement japonais évaluait la garnison à deux ou trois compagnies. Elle comptait en réalité près de 9 000 hommes, dont les 7e et 18e brigades d’infanterie australiennes (la seconde composée de vétérans du Moyen-Orient), des unités du génie américain, une batterie antiaérienne et deux escadrons de chasse de la Royal Australian Air Force, les n° 75 et 76, équipés de P-40 Kittyhawk. Les Alliés étaient de surcroît avertis par le renseignement Ultra.
Dans la nuit du 25 au 26 août, environ 1 200 hommes de la 5e force navale spéciale de débarquement de Kure furent mis à terre avec deux chars légers Type 95, à une dizaine de kilomètres à l’est du point prévu. Dès le lendemain, les Kittyhawk détruisirent au ras des arbres les barges et les dépôts échoués sur la plage, privant l’assaillant de sa logistique. Les combats se déroulèrent ensuite de nuit, sous une pluie continue, dans les plantations de cocotiers et la boue. Les Japonais atteignirent la lisière de la piste n° 3 le 29 août ; leur assaut principal fut brisé dans la nuit du 30 au 31 par les feux d’infanterie et d’artillerie.
Le repli commença le 1er septembre, l’évacuation par mer les 6 et 7. Les pertes japonaises sont estimées à environ 750 tués ; les Alliés déplorèrent 167 morts australiens et 14 américains. Le succès eut une portée qui dépassa largement son échelle : il démontrait que l’armée japonaise pouvait être battue au sol. Le maréchal Slim, qui commandait alors en Birmanie, le rappellera explicitement à ses propres troupes. Milne Bay devint ensuite l’une des principales bases alliées du Pacifique Sud-Ouest.
25 août 1944 : libération de Paris.
La 2e division blindée et la 4e division d’infanterie américaine entrent dans la capitale au petit matin. Le général von Choltitz signe la reddition en fin d’après-midi ; de Gaulle installe le même jour le Gouvernement provisoire.
L’insurrection avait commencé le 19 août avec l’occupation de la préfecture de police par les policiers résistants, six jours après le déclenchement des grèves et au lendemain de l’appel à la mobilisation générale lancé par le colonel Rol-Tanguy. Des trêves partielles, négociées par le consul général de Suède Raoul Nordling, avaient alterné avec la construction de barricades. Eisenhower, réticent à engager une bataille urbaine coûteuse en munitions et en ravitaillement, se rallia le 22 août à l’entrée de la 2e DB, sous la pression du général de Gaulle et après les rapports parvenus du côté français. Un détachement précurseur, la 9e compagnie du régiment de marche du Tchad conduite par le capitaine Dronne, atteignit l’Hôtel de Ville dans la soirée du 24.
Le 25 dès l’aube, la division entra par les portes d’Orléans, de Gentilly et de Saint-Cloud, tandis que la 4e division d’infanterie américaine pénétrait par la porte d’Italie. Leclerc, passé porte d’Orléans, installa son poste de commandement à la gare Montparnasse. La journée fut consacrée à la réduction des points d’appui allemands : École militaire, Palais-Bourbon, Sénat, caserne de la place de la République, hôtel Majestic avenue Kléber, hôtel Meurice rue de Rivoli. Les chars du 12e régiment de cuirassiers atteignirent la tour Eiffel en fin de matinée ; le drapeau tricolore y fut hissé vers 13 heures. À 14 heures, le groupement Langlade était à l’Arc de Triomphe.
Le général von Choltitz, gouverneur du Gross Paris depuis le 7 août, fut capturé au Meurice vers 14 h 35. Conduit à la préfecture de police, il signa l’acte de reddition vers 16 heures en présence de Leclerc, le document étant contresigné par Rol-Tanguy au titre des FFI d’Île-de-France. Il fut ensuite mené à la gare Montparnasse pour y signer les ordres de cessez-le-feu destinés aux points d’appui, dont certains ne se rendirent que le lendemain.
De Gaulle arriva à Montparnasse une heure après la reddition. Il gagna d’abord le ministère de la Guerre, rue Saint-Dominique (geste délibéré de continuité de l’État), reçut son délégué général Alexandre Parodi et le nouveau préfet de police Charles Luizet, puis se rendit vers 19 heures à l’Hôtel de Ville où l’attendaient le Conseil national de la Résistance et le Comité parisien de la Libération. Il y prononça le discours resté célèbre. Le lendemain, il descendit les Champs-Élysées à pied ; la nuit suivante, un raid de la Luftwaffe sur Paris fit environ 190 morts.
Les estimations retiennent de l’ordre d’un millier de FFI tués et plusieurs centaines de civils, environ 130 morts à la 2e DB, plusieurs milliers de tués et une dizaine de milliers de prisonniers du côté allemand. Les combats se poursuivirent jusqu’au 30 août vers Le Bourget, Saint-Denis et Montmorency pour dégager la capitale. Paris reçut la croix de la Libération le 2 avril 1945.
25 août 2017 : attaques de l’ARSA dans le nord de l’État d’Arakan (Birmanie).
Une trentaine de postes de la police des frontières et un camp militaire sont attaqués simultanément avant l’aube. La riposte des forces armées birmanes provoque en quelques semaines l’exode de plus de 700 000 Rohingyas vers le Bangladesh.
La minorité musulmane rohingya de l’État d’Arakan est privée de la citoyenneté birmane depuis la loi de 1982. Les violences intercommunautaires de 2012 avaient déjà provoqué des déplacements massifs et le placement de dizaines de milliers de personnes dans des camps. En octobre 2016, un groupe armé jusque-là inconnu, le Harakah al-Yaqin, devenu l’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA), avait attaqué trois postes-frontières, entraînant une première opération de représailles et la fuite d’environ 87 000 personnes.
Le 25 août 2017, avant l’aube, l’ARSA lança des attaques coordonnées contre une trentaine de postes de la police des frontières et une base de l’armée dans les townships de Maungdaw, Buthidaung et Rathedaung. L’armement était rudimentaire — armes blanches, quelques armes à feu, engins explosifs artisanaux. Une douzaine de membres des forces de sécurité furent tués.
La réponse de la Tatmadaw, présentée comme des opérations de « nettoyage », fut engagée dans les heures suivantes avec l’appui de milices locales. L’imagerie satellitaire a documenté la destruction par le feu de plusieurs centaines de villages ; les enquêtes ont établi des exécutions collectives et des violences sexuelles systématiques. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés recensa plus de 700 000 arrivées au Bangladesh en quelques mois, concentrées autour de Kutupalong, devenu le plus grand camp de réfugiés du monde.
La mission internationale indépendante d’établissement des faits mandatée par l’ONU conclut en 2018 à des crimes contre l’humanité et estima que les éléments réunis justifiaient une enquête pour génocide. La Gambie a saisi la Cour internationale de justice en 2019 ; des mesures conservatoires ont été ordonnées en janvier 2020. La Cour pénale internationale a ouvert une enquête portant sur la déportation vers le Bangladesh, État partie au Statut de Rome. Le coup d’État militaire de février 2021, puis la reprise des combats en Arakan entre l’armée et l’Arakan Army, ont différé toute perspective de retour des réfugiés.








