26 août : journée mondiale du chien.
26 août 55 av. J.-C. : première expédition de César en Bretagne.
Au terme de la campagne d’été 55 avant notre ère, Jules César fait franchir la Manche à deux légions pour porter la guerre chez les Bretons. L’opération, présentée comme une expédition punitive, tourne à la reconnaissance en force et s’achève sans conquête.
Proconsul des Gaules depuis 58, César justifie l’entreprise dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules par l’appui que les peuples de l’île apporteraient aux tribus gauloises insoumises. Les historiens modernes y voient surtout une opération de prestige politique doublée d’un intérêt pour les ressources métallurgiques et les circuits commerciaux de l’étain.
La préparation est sommaire. Le tribun Caius Volusenus est envoyé reconnaître la côte à bord d’un navire de guerre, mais il ne débarque pas et rentre avec des informations minces. Commios, roi des Atrébates gaulois, est dépêché auprès des chefs bretons pour les inciter à la soumission ; il est arrêté dès son arrivée.
L’embarquement a lieu depuis le littoral des Morins, probablement Portus Itius, sur environ quatre-vingts navires de charge transportant les légions VII et X. 18 bâtiments affectés à la cavalerie restent bloqués dans un second port par les vents contraires ; une défaillance logistique qui pèsera sur toute l’opération. Le départ intervient vers la 3e veille, soit peu après minuit ; la flotte est en vue de la côte du Kent vers la 04 h 00 du matin.
César trouve les falaises de Dubris (Douvres) garnies de guerriers en armes et juge le mouillage impraticable. Il longe la côte sur environ 7 milles pour aborder sur une plage ouverte, sans doute entre Walmer et Deal. Le débarquement se fait en eau profonde, sous les traits et les charges de chars de guerre bretons ; les légionnaires, alourdis par l’équipement, hésitent à sauter. César fait déborder les galères sur le flanc de l’adversaire et ouvrir le feu à la baliste et à la fronde depuis les ponts, un emploi de l’artillerie de marine en appui d’un assaut amphibie qui suffit à débloquer la situation.
L’expédition n’aura pas de lendemain immédiat. Privé de sa cavalerie, gêné par une tempête qui endommage la flotte à l’ancre et par les grandes marées atlantiques qu’il connaît mal, César ne s’éloigne guère de sa tête de pont, accepte une paix de façade et repasse en Gaule avant l’automne. Le Sénat vote néanmoins vingt jours d’actions de grâces. Une seconde expédition, mieux montée, suivra en 54 ; la conquête effective de l’île n’interviendra qu’en 43 après J.-C., sous Claude.
NOTA TB : La date du 26 août, traditionnellement retenue, est une reconstitution à partir des indications calendaires de César : elle est probable mais non certaine.
26 août 1071 : bataille de Manzikert.
L’armée byzantine de l’empereur Romain IV Diogène y fut mise en déroute par celle du sultan seldjoukide Alp Arslan près de la ville de Manzikert (ou Mantzikert), actuellement Malazgirt, en Turquie, au nord du lac de Van. Cette défaite fragilisa considérablement l’Empire byzantin dans la région.
La bataille est le point culminant des tensions grandissantes entre l’Empire byzantin, qui est parvenu au faîte de sa puissance au milieu du XIe siècle après d’importantes conquêtes en Orient, et les Seldjoukides qui sont devenus la force dominante du monde musulman. Les Byzantins, fragilisés par des querelles internes persistantes après l’extinction de la dynastie macédonienne, comptent sur Romain IV Diogène pour stabiliser la frontière orientale soumise aux raids des Turcs. Le général, devenu empereur en 1068, mobilise un effort militaire important et mène plusieurs campagnes sans grands succès.
Finalement, en 1071, il regroupe une grande armée dans l’espoir de remporter une victoire décisive, capable tant de sanctuariser les provinces orientales que de légitimer son pouvoir encore récent. En face, le sultan Alp Arslan ne souhaite pas véritablement une guerre à grande échelle contre les Byzantins et est ouvert à une trêve mais, quand il apprend l’offensive de Romain IV, il se porte à sa rencontre.
L’affrontement, incertain dans son déroulement exact, se déroule près de l’importante forteresse de Mantzikert, tout juste reconquise par les Byzantins. Romain IV, qui a envoyé une part notable de son armée mener des opérations dans les alentours, décide de combattre l’armée d’Alp Arslan. Néanmoins, lâché par une partie de ses troupes, notamment celles d’Andronic Doukas, et fragilisé par une tactique sûrement trop téméraire, il est vaincu et surtout fait prisonnier par le Sultan.
Si cette bataille a souvent été vue comme un tournant décisif dans l’histoire du Moyen-Orient médiéval, puisqu’elle ouvre sur la conquête de l’Anatolie par les Turcs, elle n’est pas une catastrophe militaire. Les Byzantins souffrent de pertes réduites et Romain IV est rapidement libéré au prix d’un accord relativement clément. Seulement, sa capture a suffi à mettre à bas une légitimité encore fragile et quand il tente de revenir à Constantinople, il se heurte à un coup d’État mené par les Doukas qui l’obligent à céder le trône. Ainsi, c’est bien en ouvrant un nouveau chapitre dans les guerres civiles byzantines du XIe siècle que la bataille de Mantzikert entraîne l’effondrement de l’Orient byzantin, plus que par son résultat militaire direct.
Longtemps, la bataille de Mantzikert a été considérée comme un affrontement décisif lors duquel l’armée byzantine souffre de pertes importantes, ce qui expliquerait l’effondrement rapide de la défense de l’Asie Mineure et sa conquête subséquente par les Seldjoukides. Pourtant, si la capture de l’empereur constitue un grave revers pour les Byzantins, ils semblent avoir souffert de pertes limitées sur le strict plan militaire. En effet, une bonne partie des troupes engagées par Romain IV dans la campagne ne sont pas partie prenante de l’affrontement, en premier lieu le contingent de Joseph Tarchaniotès, apparemment fort de plusieurs milliers d’hommes au moins. En outre, plusieurs corps d’armée présents autour de Romain IV souffrent de pertes limitées, comme l’arrière-garde commandée par Andronic Doukas qui se retire sans combattre ou les troupes de Nicéphore Bryenne, apparemment peu engagées et que l’on retrouve quelques années plus tard dans les Balkans contre les Petchénègues. Enfin, même les forces d’Attalyatès ont probablement pu se replier en ordre puisqu’une partie d’entre elles se regroupent autour de l’empereur quand celui-ci est libéré. Ce sont surtout les troupes directement proches de l’empereur qui souffrent le plus, soit qu’elles aient été tuées, soient qu’elles aient été constituées prisonniers. La faiblesse de ces pertes peut s’expliquer par l’heure avancée de l’affrontement qui favorise une retraite sous couvert de la nuit, tandis que des soldats byzantins ont probablement trouvé refuge dans la forteresse de Mantzikert, tout juste reprise. Enfin, les troupes turques ont sûrement préféré jeter leur dévolu sur le pillage des richesses du camp impérial. En l’occurrence, les pertes matérielles et financières sont effectivement lourdes pour l’Empire.
La suite des événements confirme que l’appareil militaire byzantin est plutôt solide puisque Romain IV s’appuie rapidement sur des troupes substantielles issues des régions les plus orientales de l’Empire et qui tentent de soutenir sa reconquête du trône. Ainsi, John Markham chiffre les pertes à 8 000 hommes, un nombre certes important mais loin de constituer un désastre. Jean-Claude Cheynet est encore plus optimiste car il rappelle qu’une bonne part des prisonniers sont libérés. Il se risque à une approximation de 5 à 10 % de pertes par rapport à l’effectif complètement mobilisé pour la campagne, soit moins de 8 000 hommes. Selon lui, « l’armée de Romain a donc été plus dispersée que détruite ».
En définitive, si la capture de l’empereur est évidemment une perte terrible pour les Byzantins, peu de personnages de haut rang sont mentionnés dans les pertes. On peut citer l’epi ton deeseon Léon et le protoasékrètès Eustratios Choirosphaktès qui sont tués, tandis que Basile Malésès, logothète des eaux, est capturé. Nicéphore Basilakès peut aussi être ajouté à cette courte liste, puisqu’il a été fait prisonnier un peu avant la bataille.

26 août 1278 : bataille de Marchfeld.
La bataille de Marchfeld eut lieu le , entre les villages de Dürnkrut et Jedenspeigen, en Basse-Autriche et fut un événement décisif pour l’histoire de l’Europe centrale pour les siècles à venir. Cet affrontement opposa les forces impériales, dirigées par Rodolphe de Habsbourg et son allié Ladislas IV de Hongrie, à celles du royaume de Bohême, menées par le roi Ottokar II, et se termina par la victoire des premiers.
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La déposition de l’empereur Frédéric II du Saint-Empire par le pape Innocent IV en 1245 a provoqué une grave crise pour le Saint-Empire romain germanique car, durant le Grand Interrègne des décennies suivantes, plusieurs nobles sont élus comme roi des Romains sans qu’aucun d’entre eux ne soit capable de détenir un pouvoir effectif. Durant cet interrègne, Ottokar II, fils du roi Venceslas 1er de Bohême, se rend en 1250 dans les duchés d’Autriche et de Styrie, dont le dernier titulaire Frédéric de Babenberg est mort en 1246 sans descendance mâle, et s’y fait proclamer duc l’année suivante.
En 1253, Ottokar II devient roi de Bohême à la suite de la mort de son père. Sa montée en puissance dans le sud-est de l’Empire est vue d’un mauvais œil par le roi Béla IV de Hongrie, qui entre en campagne contre lui mais est finalement vaincu en 1260 à la bataille de Kressenbrunn. En 1269, Ottokar s’empare du duché de Carinthie, incluant la marche de Carniole et la marche windique, et il chasse également Philippe de Carinthie, le frère du dernier duc, de son patriarcat en Frioul. Arrivé au faîte de son pouvoir, il vise désormais la couronne impériale ; néanmoins, les princes-électeurs se méfient de lui et préfèrent élire comme roi des Romains le comte Rodolphe de Habsbourg, le 1er.
Comme l’élection s’est déroulée en son absence, le roi Ottokar II ignore que le « petit comte » Rodolphe a été élu. Rodolphe, quant à lui, promet de reconquérir les territoires qui devraient être réunis au pouvoir impérial, avec l’assentiment des princes-électeurs. Il proclame que les duchés d’Autriche, de Styrie et de Carinthie doivent être rattachés à l’Empire et convoque Ottokar à la Diète d’Empire de Würzburg en 1275. En n’apparaissant pas à la Diète trois fois, Ottokar est mis au ban de l’Empire et tous ses droits territoriaux sont révoqués, y compris celui sur le patrimoine de la Bohême.
Dans le même temps, Rodolphe rassemble des alliés et se prépare à la bataille. Il conclut deux de ses alliances par des mariages : il marie tout d’abord son fils Albert à Élisabeth de Gorizia-Tyrol et, en retour, le père de celle-ci, Meinhard de Goritz, reçoit la Carinthie en fief. Ensuite, Rodolphe établit une fragile alliance avec le duc Henri XIII de Bavière en offrant en mariage sa fille Catherine au fils de celui-ci, Othon, et en offrant la région correspondant actuellement à la Haute-Autriche comme présent pour sa dot. Rodolphe réussit également à apaiser la dispute entre Henri XIII et son frère le comte palatin Louis le Sévère. Il conclut pour finir une alliance avec le roi Ladislas IV de Hongrie qui a l’intention de régler de vieux comptes avec Ottokar.
En 1276, les forces alliées avancent. Rodolphe, désormais renforcé dans son pouvoir, traverse le duché de Bavière sans entraves, descend le Danube en bateau et met le siège devant la résidence d’Ottokar à Vienne le . Sans perspective, Ottokar est forcé de renoncer à toutes ses acquisitions en présence des princes. Il conserve seulement la Bohême et la Moravie en tant que fiefs impériaux qu’il tient de Rodolphe. La paix humiliante obtenue par la force des armes ne peut tenir longtemps : dans une tentative pour reconquérir les territoires dont il a été privé, Ottokar contracte une alliance avec le margrave Othon IV de Brandebourg, le duc silésien Henri III de Głogów et le duc Henri XIII de Bavière qui s’est révolté contre Rodolphe. En , il envahit de nouveau l’Autriche avec une attaque sur les fortifications de Drosendorf. Rodolphe quitte Vienne pour l’affronter dans une bataille en terrain ouvert où la cavalerie du roi Ladislas pourra aisément le rejoindre.
Les villes de Drosendorf et de Laa ont été prises par les forces d’Ottokar en plusieurs jours, ce qui a donné à Rodolphe le temps pour rassembler ses alliés, notamment les Coumans de Hongrie, dans les vastes plaines de la Morava au nord-est de Vienne. Dès qu’il apprend la nouvelle, Ottokar se met en route. Le , il se porte à la rencontre de l’armée adverse près de Dürnkrut. Quand il arrive, ses ennemis ont déjà eu l’opportunité d’étudier la topographie du futur champ de bataille.
Le matin, les deux armées se ruent l’une sur l’autre. En peu de temps, les troupes bohémiennes sont entraînées dans de durs combats avec la cavalerie hongroise mais, au fur et à mesure que la bataille avance, la cavalerie d’Ottokar semble prendre le dessus, alors même que le cheval de Rodolphe est tué sous lui et que le sexagénaire sauve sa vie de justesse. Après trois heures de combat sans discontinuer, cependant, les chevaliers d’Ottokar en armures lourdes sont exténués et démoralisés, confrontés aux attaques permanentes de la cavalerie archère des Hongrois. À midi, Rodolphe donne l’ordre à un corps de 60 chevaliers, qu’il avait caché derrière des bois et des collines aux abords du champ de bataille, d’attaquer les troupes d’Ottokar par l’arrière.
Même si une embuscade de la sorte est communément regardée comme déshonorante, elle entraîne la déroute de l’armée bohémienne et la victoire décisive de Rodolphe et de ses alliés. Le camp d’Ottokar est pillé et lui-même est trouvé mort sur le champ de bataille.
Rodolphe assure sa mainmise sur les duchés d’Autriche et de Styrie, territoires qui vont dès lors constituer le centre des territoires héréditaires des Habsbourg, dont la dynastie régnera à Vienne jusqu’en 1918. Rodolphe veille au départ des forces hongroises hors du pays le plus rapidement possible. À la Diète d’Augsbourg, le , il élève conjointement au titre de ducs d’Autriche et de Styrie ses fils Albert et Rodolphe II.
En Bohême, Rodolphe agit prudemment et arrive à un accord avec la noblesse et la veuve d’Ottokar, Cunégonde de Slavonie, pour l’accession ultérieure de Venceslas II au trône. Il se réconcilie également avec le margrave du Brandebourg en lui cédant la tutelle de Venceslas, âgé de sept ans. Élevé comme un prince sous contrôle, ce dernier retourne à Prague en 1283. À la mort de son cousin Henri IV le Juste en 1290, le jeune roi de Bohême hérite du duché de Cracovie. Après l’extinction de la dynastie Árpád, son fils Venceslas III est sacré roi de Hongrie.


26 août 1346 : bataille de Crécy.
Au terme d’une chevauchée de six semaines à travers la Normandie et la Picardie, l’armée d’Édouard III d’Angleterre, acculée par la poursuite française, accepte le combat sur le plateau de Crécy-en-Ponthieu. En quelques heures, l’ost de Philippe VI de Valois, très supérieur en nombre mais engagé sans ordre ni commandement d’ensemble, se brise sur un dispositif défensif articulé autour de l’arc long. La bataille fixe pour un siècle les rapports de force tactiques.
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Édouard III, petit-fils par sa mère de Philippe IV le Bel, revendique la couronne de France depuis 1337 et en porte les armes depuis 1340. L’enjeu concret reste toutefois la Guyenne, qu’il tient en fief du roi de France et dont il veut la pleine souveraineté. La commise prononcée par Philippe VI sur les terres anglaises du continent a ouvert les hostilités.
Le 12 juillet 1346, Édouard III débarque à Saint-Vaast-la-Hougue, dans le Cotentin, avec une armée dont les effectifs sont aujourd’hui estimés autour de 14 000 hommes. L’exilé normand Geoffroy d’Harcourt lui a fourni le renseignement et les appuis locaux. Caen est prise et pillée fin juillet. Le roi anglais remonte ensuite vers le nord pour rejoindre ses alliés flamands, franchit la Seine à Poissy le 16 août après avoir échoué devant Rouen, puis force le passage de la Somme au gué de Blanquetaque, en aval d’Abbeville, à la marée basse du 24 août.
Bloqué au nord par les marais de l’Authie et talonné par une armée française sortie d’Abbeville, Édouard III ne peut plus se dérober. Le 25 au soir, il installe son camp sur les hauteurs entre Crécy-en-Ponthieu et Wadicourt, fait reconnaître le terrain par ses barons et décide d’y livrer bataille.
Les forces en présence
Les chiffres des chroniqueurs sont inutilisables : Froissart avance plus de 100 000 hommes du côté français. Les évaluations retenues aujourd’hui sont sensiblement plus basses. L’armée anglaise compte de 8 000 à 12 000 combattants, dont une nette majorité d’archers, anglais et gallois, armés de l’arc long. Elle est déployée en trois « batailles » : deux en première ligne, confiées au prince de Galles — le futur Prince Noir — et aux comtes de Northampton et d’Arundel ; la troisième, commandée par le roi, en réserve. Les hommes d’armes combattent à pied, les chevaux à l’arrière. Le front est protégé par des fosses et des pieux, les archers échelonnés en herse sur les ailes.
L’armée française est évaluée à 20 000 ou 25 000 hommes, dont 12 000 à 15 000 hommes d’armes montés et environ 2 000 arbalétriers génois sous les ordres de Carlo Grimaldi et Antonio Doria. Philippe VI a convoqué l’ost et ses alliés extérieurs : Jean l’Aveugle, roi de Bohême, son fils Charles de Luxembourg tout juste élu roi des Romains, Charles II d’Alençon, frère du roi, Louis de Nevers, comte de Flandre.
Le déroulement
L’armée française débouche de la route d’Abbeville en fin d’après-midi, en colonne et sans ordre de bataille arrêté. Un orage éclate, détrempant la pente que les assaillants devront gravir. Philippe VI tente de faire reporter l’affaire au lendemain ; les premiers échelons s’arrêtent, les suivants les poussent, et l’ordre se perd.
Les arbalétriers génois sont engagés les premiers, sans leurs pavois restés dans les charrois. Ils tirent trop court et à cadence lente — une à deux volées par minute contre six à dix flèches pour un archer anglais — et sont écrasés par le tir en cloche des archers. Leur repli est interprété comme une trahison : la première ligne de chevalerie française leur passe dessus.
Suivent une quinzaine de charges successives, lancées sans coordination, brisées par les flèches et par les obstacles du terrain. Les chevaux, mal protégés, sont abattus en masse ; les hommes d’armes désarçonnés sont achevés dans la boue par les hobelars et les couteliers gallois. Une seule attaque, conduite par le duc d’Alençon, atteint la ligne des archers et enfonce le dispositif : elle est enveloppée par les hommes d’armes anglais et détruite. Alençon y trouve la mort.
Blessé au visage, Philippe VI quitte le champ de bataille sur les instances de Jean de Hainaut et se réfugie au château de Labroye. Jean l’Aveugle, roi de Bohême, se fait conduire à la charge, la bride de son cheval liée à celles de sa maison, et est tué. Les combats cessent avec la nuit. Faute de visibilité, les Anglais ne poursuivent pas ; le dimanche 27 au matin, ils achèvent les blessés restés sur place et dispersent les contingents français arrivant encore, ignorants de l’issue.
Bilan et portée
Le dénombrement effectué le lendemain par les hérauts d’Édouard III recense onze princes, environ 1 500 chevaliers et écuyers, et plusieurs milliers de gens de pied. Le total des morts français est généralement estimé autour de 6 000, dont un grand nombre de Génois. Les pertes anglaises sont faibles : de 100 à 300 hommes selon les sources.
L’emploi de bouches à feu par les Anglais reste débattu. Les seules mentions proviennent du Florentin Giovanni Villani, qui n’était pas présent, et de rédactions tardives de Froissart ; aucun chroniqueur anglais n’en parle. La logistique d’une chevauchée rapide rend l’hypothèse peu vraisemblable, même si l’ost français avait employé de telles pièces en Guyenne dès 1324.
Sur le plan militaire, Crécy consacre la supériorité momentanée d’une armée soldée, homogène et exercée, combattant à pied sur une position choisie, face à une cavalerie féodale nombreuse mais indisciplinée. La leçon sera répétée à Poitiers en 1356 et à Azincourt en 1415. Dans l’immédiat, Édouard III a les mains libres pour marcher sur Calais, qu’il assiège dès septembre et qui capitule le 4 août 1347.


26 août 1444 : bataille de Saint-Jacques-sur-la-Birse.
Aux portes de Bâle, environ 1 500 Confédérés suisses, engagés contre les ordres reçus, sont anéantis après une journée entière de combat par l’armée d’Écorcheurs du dauphin Louis, futur Louis XI. La disproportion des pertes conduit le dauphin à renoncer à sa marche sur Zurich.
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La bataille s’inscrit dans l’Ancienne guerre de Zurich, conflit interne à la Confédération né de la succession du comté de Toggenbourg après la mort sans héritier mâle de Frédéric VII en 1436. Exclue de la Confédération en 1440, Zurich s’est alliée aux Habsbourg. Après la défaite zurichoise de Saint-Jacques-sur-la-Sihl, le 22 juillet 1443, et le siège de la ville, l’empereur Frédéric III sollicite l’intervention de Charles VII.
Le roi de France y trouve son intérêt. La trêve de Tours, conclue avec l’Angleterre en mai 1444, laisse sans emploi des milliers de mercenaires (les Écorcheurs, appelés Armagnacs ou Gugler outre-Rhin, du nom de leurs capuchons) dont les déprédations ruinent le royaume. Les envoyer en Alsace et en Suisse revient à exporter le problème. Le corps expéditionnaire confié au dauphin Louis est évalué par les sources contemporaines à 30 000 ou 40 000 hommes, chiffre que l’historiographie récente juge très surestimé mais qui traduit un rapport de forces massivement défavorable aux Suisses.
Les Confédérés détachent vers Bâle une avant-garde d’environ 1 300 hommes issus de la garnison de Farnsburg, renforcée par 200 combattants de Bâle-Campagne, avec ordre formel de ne pas engager le gros adverse avant l’arrivée du corps principal. Grisés par deux succès locaux à Pratteln puis à Muttenz, ils franchissent la Birse et attaquent.
Le combat principal s’engage vers Gundeldingen. La cavalerie des Écorcheurs, sous les ordres de Jean V de Bueil, charge frontalement le carré suisse à portée de vue des remparts, dans l’intention manifeste d’attirer la garnison hors les murs. Une colonne bâloise sort effectivement, aperçoit un second corps français prêt à se porter sur la ville, et reflue en désordre derrière l’enceinte. Isolés, les Confédérés se replient sur l’enclos de la maladrerie de Saint-Jacques, refusent par trois fois les offres de reddition et sont exterminés après une dizaine d’heures de combat.
Les pertes françaises, souvent chiffrées autour de 2 000 hommes, restent invérifiables mais ont manifestement été jugées inacceptables : le dauphin abandonne le projet de dégager Zurich, traite avec Bâle et les Confédérés le 28 octobre 1444 à Ensisheim, et ne retire ses troupes d’Alsace qu’au printemps 1445, après l’avoir dévastée.
L’engagement a durablement établi la réputation de l’infanterie suisse en Europe. Devenu roi, Louis XI recrutera massivement des mercenaires confédérés à partir des années 1470 ; la compagnie permanente des Cent-Suisses de la garde ne sera toutefois créée qu’en 1496, sous Charles VIII. La lecture de Saint-Jacques comme défense héroïque de Bâle et de la Suisse est une construction du XIXe siècle.

26 août 1652 : bataille navale de Plymouth.
La bataille de Plymouth est une bataille navale qui opposa, durant la première guerre anglo-néerlandaise, une flotte anglaise, commandée par George Ayscue, à une des Provinces-Unies, sous les ordres de Michiel de Ruyter, au large de Plymouth. Elle se solda par une victoire néerlandaise.
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Le 29 juillet 1652, Michiel de Ruyter est nommé vice-commodore, un grade propre aux Provinces-Unies situé entre capitaine de vaisseau et contre-amiral, et prend peu après, en l’absence du vice-amiral Witte de With, le commandement de l’escadre assemblée sur la côte de Zélande pour escorter un important convoi. Aux alentours du 10 août, de Ruyter prend la mer sans attendre les navires marchands car il a été informé qu’une flotte anglaise de 40 navires, commandée par George Ayscue, a quitté les Downs. L’escadre néerlandaise comprend à ce moment-là 23 navires de guerre et 6 navires-brûlots, avec un total de 600 canons et 1 700 marins. La plupart des équipages sont peu entraînés, beaucoup de navires sont en mauvais état et la flotte a à peine deux mois de provisions. Mais, en dépit de tout cela, de Ruyter préfère livrer bataille sans avoir le fardeau d’avoir à protéger un convoi.
En atteignant la Manche, de Ruyter découvre qu’Ayscue n’a pas l’intention de livrer bataille mais plutôt de l’éviter dans l’espoir d’intercepter le convoi. Pour l’attirer à lui, il commence donc à croiser au large de la côte du Sussex, provoquant un début de panique chez la population locale, mais Ayscue, bien qu’il dispose d’une flotte supérieure en nombre, ne réagit toujours pas. De plus, de Ruyter perd deux navires, envoyés escorter un navire marchand jusqu’à l’embouchure de la Somme, quand ceux-ci entrent en collision, en coulant un et endommageant sérieusement l’autre.
Finalement, le 21 août, de Ruyter va à son rendez-vous, au large de Gravelines, avec le convoi de 60 navires marchands qu’il doit escorter. Le convoi apporte avec lui 10 navires de guerre, ce qui porte le total de son escadre à 31 navires. Le 23 août, la flotte néerlandaise entre à nouveau dans la Manche avec pour instruction d’escorter le convoi dans l’océan Atlantique; de là, la plupart des marchands prendront la direction de la Méditerranée avec leur escorte initiale de 10 vaisseaux, alors que l’escadre initiale devra attendre un autre convoi en provenance des Caraïbes. Entre-temps, la flotte d’Ayscue est désormais forte de 47 navires : 38 vaisseaux de guerre, 5 navires-brûlots et 4 vaisseaux plus petits.
Le 25 août, les Anglais repèrent la flotte néerlandaise au large de Plymouth et prennent la mer. Le lendemain, au large de la Bretagne, Ayscue, qui vient du nord et a l’avantage du vent, tente une attaque directe contre le convoi en espérant le disperser pour capturer quelques navires, mais de Ruyter a anticipé cette attaque, plaçant ses navires en protection. Les vaisseaux anglais sont en moyenne plus lourdement armés mais sont très désorganisés car les plus rapides ont brisé la formation dans l’espoir de s’emparer des navires marchands à la traîne; ils ne peuvent donc former une ligne de bataille et d’exploiter pleinement leur puissance de feu supérieure. L’escadre néerlandaise, à l’inverse, a adopté une formation en ligne sous le vent très défensive. Vers 16 heures, les deux flottes entrent en contact et se traversent mutuellement, les néerlandais gagnant l’avantage du vent et l’exploitant en faisant demi-tour et en attaquant à leur tour depuis le nord. Voyant leurs meilleurs navires entourés par la masse des vaisseaux néerlandais et supportant le plus gros du combat, le reste de la flotte anglaise, les navires les plus lents et dont les équipages sont mal entraînés, hésite à rentrer dans la bataille.
Le Vogelstruys, le plus grand des navires néerlandais, est alors séparé du reste de la flotte et est attaqué par trois navires anglais à la fois avant d’être abordé. Son équipage est proche de se rendre quand son capitaine, Douwe Aukes, menace de faire sauter le navire. Placé face à cette alternative, l’équipage reprend le dessus, repousse l’abordage des Anglais et livre une telle résistance que les navires anglais, sérieusement endommagés et dont deux sont proches de couler, interrompent leur attaque. Les néerlandais emploient leur tactique favorite qui est de tirer sur les mâts des navires adverses afin de les mettre hors de combat et, en fin de l’après-midi, Ayscue décide de rompre l’engagement et de se replier sur Plymouth pour faire réparer ses navires avant qu’ils soient trop endommagés et ne se fassent capturer.
Aucun des deux camps n’a perdu de navires de guerre mais ils ont tous deux subi des pertes sévères parmi leurs équipages. Les néerlandais comptent environ 60 morts et une cinquantaine de blessés alors que les Anglais ont quant à eux 700 morts et blessés (la plupart provenant de l’attaque avortée contre le Vogelstruys) et ont perdu un navire-brûlot. De Ruyter poursuit la flotte anglaise en espérant capturer quelques traînards, car plusieurs vaisseaux anglais sont en remorque et donc susceptibles d’être abandonnés, mais Ayscue parvient à ramener toute sa flotte à Plymouth. De Ruyter envoie alors deux navires de guerre escorter le convoi marchand et envisage un moment d’attaquer la flotte anglaise à l’ancre avant d’y renoncer. Apprenant que l’amiral Robert Blake fait voile vers l’ouest avec une flotte de 72 navires, de Ruyter choisit d’aller attendre le convoi venant des Caraïbes et l’escorte en sûreté jusqu’à Calais où la flotte arrive le 2 octobre, alors que les provisions commençaient à manquer, Blake ayant de son côté été forcé par une tempête de s’abriter à Torbay.
Les Anglais s’attendaient à triompher facilement des Néerlandais et leur échec est pour eux une surprise déplaisante, Ayscue étant blâmé pour son mauvais commandement et perdant son poste après la bataille, bien que certainement en partie pour des raisons politiques (ayant des sympathies royalistes). Aux Provinces-Unies, Michiel de Ruyter, qui était un quasi-inconnu, devient du jour au lendemain un héros alors qu’il s’agissait de son premier commandement indépendant. Avant de rentrer au pays, il participe à la bataille de Kentish Knock et, en arrivant à Middelburg, il est reçu par les États de Zélande et est récompensé d’une chaîne en or pour son comportement lors des deux batailles, la première pour son courage et la seconde pour sa prudence — ayant convaincu Witte de With qu’il était temps de se replier.

26 août 1740 : naissance de Joseph-Michel de Montgolfier.
Le co-inventeur du ballon à air chaud naît le 26 août 1740 à Vidalon-lès-Annonay, sur l’actuelle commune de Davézieux, en Ardèche.12e des 16 enfants du papetier Pierre Montgolfier, il donnera son nom au premier aéronef à avoir emporté un homme.
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Peu porté aux études réglées mais attiré par la physique et la chimie, Joseph reprend en 1774 la direction technique des ateliers familiaux, dont la réputation est européenne. Avec son frère cadet Jacques-Étienne, il met au point le premier papier vélin français en 1777, puis le papier filtre dit « papier Joseph ».
L’idée de l’aérostat lui vient en 1782 de l’observation de l’ascension de corps légers au-dessus d’un foyer. Les frères construisent une enveloppe de toile doublée de papier gonflée à l’air chaud. Après un premier essai à Annonay, la démonstration publique du 4 juin 1783 est suivie, le 19 septembre à Versailles, d’un vol emportant un mouton, un canard et un coq devant la cour, puis, le 21 novembre 1783, du premier vol humain libre par Pilâtre de Rozier et le marquis d’Arlandes.
La portée militaire de l’invention est perçue immédiatement. Onze ans plus tard, la Compagnie d’aérostiers créée par la Convention emploie le ballon captif L’Entreprenant à l’observation du champ de bataille de Fleurus, le 26 juin 1794 ; première utilisation opérationnelle d’un aéronef en Europe.
Joseph de Montgolfier conçut également un modèle de parachute en forme de parasol et inventa en 1796 le bélier hydraulique. Administrateur du Conservatoire des arts et métiers en 1807, membre de l’Académie des sciences, il meurt le 26 juin 1810 à Balaruc-les-Bains.

26 août 1743 : naissance d’Antoine Laurent de Lavoisier.
Le fondateur de la chimie moderne naît à Paris le 26 août 1743. Moins connue que ses travaux sur la combustion et la conservation de la masse, son action à la tête de l’administration des poudres a rendu à l’artillerie française une supériorité matérielle décisive dans les guerres de la fin du siècle.
Nommé régisseur de la Régie des poudres et salpêtres en 1775 par Turgot, Lavoisier s’installe à l’Arsenal de Paris, où il établit son laboratoire. Il réorganise entièrement une filière jusque-là défaillante : rationalisation de la collecte du salpêtre, contrôle du raffinage, normalisation des dosages, campagnes de mesures balistiques. En moins de 10 ans, la production nationale de poudre est multipliée, sa qualité devient homogène, et la France cesse d’en importer. La portée des pièces d’artillerie augmente sensiblement, à un moment où le système Gribeauval modernise le matériel lui-même.
Cette poudre alimentera les armées de la Révolution et, indirectement, les insurgés américains, une part notable des livraisons françaises leur ayant été destinée pendant la guerre d’Indépendance.
Parallèlement, Lavoisier établit la nature de la combustion, identifie le rôle de l’oxygène, démontre la conservation de la masse dans les réactions chimiques et publie en 1789 le Traité élémentaire de chimie. Il participe aussi à la commission qui définit le système métrique.
Fermier général, il est arrêté sous la Terreur et guillotiné le 8 mai 1794, place de la Révolution. Lagrange résumera la perte : il aura fallu un instant pour faire tomber cette tête, un siècle n’en produira peut-être pas une semblable.

26 août 1813 : bataille de Dresde.
Les 26 et 27 août 1813, Napoléon remporte devant Dresde sa dernière grande victoire sur le sol allemand. Le succès, obtenu à un contre deux, reste sans exploitation et se trouve annulé en quelques jours par les défaites subies par ses lieutenants.
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À la reprise des hostilités, le 17 août, la Sixième Coalition applique le plan de Trachenberg : éviter le combat partout où Napoléon commande en personne, attaquer partout ailleurs. L’Empereur aligne environ 300 000 hommes contre 450 000 coalisés répartis en 3 armées. Le 16 août, il a chargé le maréchal Gouvion-Saint-Cyr de fortifier Dresde, base de dépôts et pivot de ses manœuvres en Saxe.
Le 23 août, deux nouvelles convergent. À Gross-Beeren, l’armée du Nord du prince royal de Suède (l’ancien maréchal Bernadotte) a battu Oudinot devant Berlin. Surtout, l’armée de Bohême du prince de Schwarzenberg, forte d’environ 200 000 Autrichiens, Russes et Prussiens, débouche des monts de Bohême sur Dresde, que Gouvion-Saint-Cyr ne tient qu’avec 20 000 hommes. Napoléon fait volte-face. La Garde impériale couvre 145 km en 3 jours, 2 corps de conscrits 200 km en 4 jours : le 26 au matin, l’Empereur dispose de 120 000 hommes sur place.
Le 26 août, Schwarzenberg attaque les faubourgs sud de la ville en présence de l’empereur d’Autriche, du tsar Alexandre Ier et du roi de Prusse. Les assauts progressent d’abord contre les redoutes, puis butent sur l’arrivée successive des renforts français. À la tombée du jour, le dispositif est rétabli.
Le 27, sous une pluie continue qui rend les armes à feu peu utilisables, Napoléon prend l’initiative. Murat, avec la cavalerie et le corps de Victor, enfonce l’aile gauche alliée, isolée par la vallée de la Weisseritz en crue, et enlève plusieurs milliers de prisonniers autrichiens. Les coalisés décrochent en bon ordre vers la Bohême.
Les pertes alliées sont évaluées à 38 000 hommes, soit près de 18 % des effectifs engagés, contre environ 10 000 côté français. Le général Jean Victor Marie Moreau, ancien vainqueur de Hohenlinden passé au service du tsar comme conseiller, est atteint aux deux jambes par un boulet français le 27 août ; amputé, il meurt le 2 septembre à Louny, en Bohême. Il sera fait feld-maréchal de Russie à titre posthume.
L’exploitation manque. Napoléon, souffrant, regagne Dresde et laisse la poursuite à ses lieutenants. Vandamme, poussant seul et sans appui, est encerclé et fait prisonnier à Kulm les 29 et 30 août. Le même 26 août, Macdonald a été battu sur la Katzbach ; Ney le sera à Dennewitz le 6 septembre. La victoire de Dresde se trouve ainsi effacée en moins de deux semaines.
26 août 1813 : bataille de la Katzbach.
Le même jour que Dresde, à 300 kilomètres de là, l’armée de Silésie de Blücher détruit le dispositif du maréchal Macdonald sur les hauteurs dominant la Katzbach. La bataille, livrée sous un orage qui interdit l’usage des armes à feu, se conclut par une déroute et une retraite meurtrière.
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Après l’expiration de l’armistice de Pläswitz, Blücher, à la tête de l’armée russo-prussienne de Silésie, pousse en avant et refoule les Français au-delà du Bober. Le 21 août, informé que Napoléon marche contre lui avec la Garde, il se dérobe conformément au plan de Trachenberg. Mais l’irruption de Schwarzenberg en Saxe rappelle l’Empereur vers Dresde. Macdonald reçoit alors mission de couvrir le flanc, de franchir la Katzbach et de rejeter l’adversaire au-delà de Jauer. Blücher, apprenant le départ de Napoléon, reprend au même moment l’offensive. Les deux armées, d’effectifs comparables (de l’ordre de 65 000 hommes chacune), marchent l’une vers l’autre sans le savoir.
Le 26 au matin, Macdonald engage ses colonnes vers le plateau de Janowitz. Il pleut depuis la nuit. Les rivières débordent : la Katzbach elle-même, mais surtout son affluent la Neisse « enragée » (Wütende Neisse, aujourd’hui Nysa Szalona), qui coupe le champ de bataille et emporte plusieurs des ponts jetés par le génie. Les colonnes françaises se retrouvent réparties de part et d’autre d’un obstacle devenu infranchissable.
La pluie rend les fusils inutilisables. L’affaire se règle à l’arme blanche et au canon, deux domaines dans lesquels Blücher dispose d’une supériorité marquée, notamment en cavalerie. La gauche et le centre de Macdonald, épuisés par la montée du plateau, sont culbutés par l’infanterie prussienne et la cavalerie russe et refoulés vers les cours d’eau en crue. Sur la droite, Lauriston contient d’abord les assauts et gagne même du terrain, avant de décrocher devant l’arrivée de nouveaux contingents.
La retraite tourne au désastre. Des unités entières se noient en tentant de repasser la Neisse et la Katzbach ; les pièces d’artillerie sont abandonnées sur les rives. Le colonel Marbot, alors à la tête du 23e régiment de chasseurs à cheval, a laissé dans ses mémoires un compte rendu sévère du déploiement ordonné par Macdonald face à une cavalerie adverse notoirement supérieure.
Les pertes françaises sont généralement évaluées à environ 15 000 hommes, dont une majorité de prisonniers, et plus d’une centaine de bouches à feu ; celles de Blücher à 4 000. La poursuite prolonge la saignée pendant plusieurs jours : le général Benoît Prosper Sibuet, promu général de brigade trois jours plus tôt, se noie le 29 août dans le Bober en crue en tentant de sauver l’aigle du 147e régiment d’infanterie de ligne.
Jointe à Gross-Beeren, à Kulm et à Dennewitz, la Katzbach annule le bénéfice stratégique de Dresde, livrée le même jour, et vaut à Blücher le titre de prince de Wahlstatt.

26 août 1850 : mort du « roi des Français » Louis-Philippe 1er.
Louis-Philippe 1er, ou simplement Louis-Philippe, né le à Paris (France) et mort le à Claremont House, Surrey (Royaume-Uni), est le dernier roi à avoir régné en France, entre 1830 et 1848, avec le titre de « roi des Français ». Bien moins traditionaliste que ses prédécesseurs, il incarna un tournant majeur dans la conception et l’image de la royauté en France.
Premier prince du sang sous la Restauration (car descendant de Louis XIII), le prince Louis-Philippe a, au cours de sa vie, porté successivement les titres de duc de Valois (1773-1785), duc de Chartres (1785-1790) et enfin celui de duc d’Orléans (1793-1830) avant d’accéder à la couronne en 1830, son cousin Charles X ayant été renversé par les « Trois Glorieuses », des 27, 28 et .
18 ans à la tête d’un royaume en profondes mutations sociales, économiques et politiques, Louis-Philippe (par la monarchie de Juillet) a tenté de pacifier une Nation profondément divisée avec les armes de son époque : mise en place d’un régime parlementaire, accession de la bourgeoisie aux affaires manufacturières et financières, permettant un essor économique de première importance en France (révolution industrielle).
La branche cadette des Bourbons, la maison d’Orléans, accède alors au pouvoir. Louis-Philippe n’est pas sacré roi de France mais intronisé roi des Français. Son règne, commencé avec les barricades de la révolution de 1830, s’achève en 1848 par d’autres barricades, qui le chassent pour instaurer la Deuxième République. La monarchie de Juillet, qui a été celle d’un seul roi, marque en France la fin de la royauté. Elle fait suite à la monarchie dite « conservatrice » que constitue la Restauration entre 1814 et 1830. La monarchie de Juillet est dite « libérale », et le monarque doit renoncer à la monarchie absolue de droit divin (absolutisme). L’idéal du nouveau régime est défini par Louis-Philippe répondant à la fin de à l’adresse que lui envoie la ville de Gaillac : « Nous chercherons à nous tenir dans un juste milieu, également éloigné des excès du pouvoir populaire et des abus du pouvoir royal ». Cependant, la chute du régime qu’il a fait naître a pour principales causes d’une part la paupérisation des « classes laborieuses » (paysans et ouvriers) et d’autre part le manque de compréhension de la part des élites de la monarchie de Juillet pour les aspirations de l’ensemble de la société française.
Après une agitation, le roi remplace le ministre François Guizot par Adolphe Thiers, qui propose la répression. Reçu avec hostilité par la troupe stationnée au Carrousel, devant le palais des Tuileries, le roi se résout à abdiquer en faveur de son petit-fils, le comte de Paris, comme nouveau roi sous le nom de Louis-Philippe II, en confiant la régence à sa belle-fille, Hélène de Mecklembourg-Schwerin, mais en vain. La Deuxième République est officiellement proclamée dans la foulée.
Louis-Philippe se voulait être un « roi citoyen » à l’écoute du pays réel, appelé au trône et lié au pays par un contrat dont il voulait tirer sa légitimité. Cependant, il n’a pas répondu au désir d’élargissement du corps électoral, pour les plus conservateurs en baissant le cens, pour les plus progressistes en établissant le suffrage universel.

26 août 1862 : Jackson enlève le dépôt de Manassas Junction.
Au terme d’une marche de contournement de plus de 80 kilomètres en 2 jours, l’aile gauche de l’armée confédérée de Virginie du Nord s’empare du principal dépôt logistique de l’armée fédérale de Virginie. L’opération déclenche la seconde bataille de Bull Run.
Le 25 août, Robert E. Lee détache le major-général Thomas J. « Stonewall » Jackson avec près de 24 000 hommes pour tourner par l’ouest la droite du major-général John Pope. Les colonnes marchent sans convois, chaque homme portant trois jours de vivres. Le 26 au soir, la cavalerie de Stuart et l’avant-garde de Jackson coupent la voie ferrée d’Orange et Alexandria à Bristoe Station, puis poussent dans la nuit sur Manassas Junction, à sept kilomètres au nord.
Le dépôt, faiblement gardé, contient des entrepôts entiers de vivres, de fourrage, de munitions et d’équipements destinés à l’armée de Virginie. Les Confédérés s’y ravitaillent pendant vingt-quatre heures avant d’incendier ce qu’ils ne peuvent emporter, le 27 au soir.
Le coup est autant psychologique que matériel : Pope, privé de ses approvisionnements et de ses communications avec Washington, se retourne contre Jackson sans savoir que Longstreet, avec le reste de l’armée de Lee, franchit dans le même temps la Bull Run Mountain. La jonction des deux ailes confédérées les 29 et 30 août aboutira à la déroute fédérale de Second Manassas et ouvrira la voie à la première invasion du Maryland.
26 août 1880 : naissance du poète Guillaume Apollinaire.
Wilhelm Albert Włodzimierz Apolinary Kostrowicki naît le 26 août 1880 à Rome, d’une mère polonaise, Angelica Kostrowicka, et d’un père non déclaré. Naturalisé français en mars 1916 alors qu’il combat déjà sous l’uniforme, il meurt de la grippe deux jours avant l’armistice.
Élevé à Monaco, Nice et Cannes, il gagne Paris en 1899 et s’impose dans les années 1910 comme l’une des voix majeures de la modernité poétique. Alcools paraît en 1913, Les Peintres cubistes la même année.
Étranger, il n’est pas mobilisable en août 1914. Il demande son engagement dès le mois d’août, l’obtient en décembre et rejoint le 38e régiment d’artillerie de campagne à Nîmes comme canonnier. Il passe brigadier, puis maréchal des logis. Insatisfait de l’arrière-front, il demande son passage dans l’infanterie et est affecté en novembre 1915 au 96e régiment d’infanterie comme sous-lieutenant, dans le secteur de Champagne.
Le décret de naturalisation est signé le 9 mars 1916. Huit jours plus tard, le 17 mars, alors qu’il lit dans sa tranchée au bois des Buttes, un éclat d’obus traverse son casque et se loge dans sa tempe droite. Trépané le 9 mai à l’hôpital italien du quai d’Orsay, il ne retrouvera jamais son état antérieur.
Réformé au service auxiliaire, il continue d’écrire : Les Mamelles de Tirésias en 1917, où il emploie pour la première fois le mot « surréaliste », Calligrammes en 1918, recueil directement nourri de l’expérience du front et de l’observation d’artillerie.
Affaibli, il est emporté par la grippe dite espagnole le 9 novembre 1918 à Paris, à 38 ans. Il est inhumé au Père-Lachaise, sous une stèle dessinée par Picasso. Sa mention « Mort pour la France » lui sera reconnue en 1919.

26 août 1904 : naissance de Josef Rysavy, légionnaire d’origine tchèque, Compagnon de la Libération.
Josef Rysavy est né le 26 août 1904 à Cekyne en République tchèque (alors dans l’empire austro-hongrois).
Il s’engage dans l’armée à titre étranger pour cinq ans en juin 1925 à Mulhouse et est affecté au 4e Régiment étranger (4e RE) à Beyrouth.
Après trois années d’interruption de services de juin 1926 à juin 1929, il est affecté au 3e RE au Maroc.
En mars 1932, Josef Rysavy rejoint le 1er RE en Algérie puis au Levant (Beyrouth, Damas) et, à la suite d’un réengagement pour deux ans, se voit affecté de nouveau au 3e RE en 1936 au Maroc.
Nommé caporal en février 1940, il est affecté à la 13e Demi-brigade de marche de la Légion étrangère et rapatrié en métropole.
Il participe brillamment à la campagne de Norvège en mai et juin 1940 et se voit promu au grade de caporal-chef à titre exceptionnel sur le champ de bataille.
De retour en Bretagne à la mi-juin 1940, il est évacué vers l’Angleterre avec l’ensemble du Corps expéditionnaire français de Norvège.
Le 1er juillet 1940, Josef Rysavy s’engage dans les Forces françaises libres à Londres et participe ensuite à l’opération devant Dakar en septembre.
Promu sergent en décembre 1940, il prend part à la campagne d’Erythrée comme sous-officier mitrailleur et reçoit une citation pour son comportement lors de l’attaque de Massaoua en avril 1941.
Josef Rysavy combat ensuite en Syrie en juin 1941 puis, affecté au 2e Bataillon de Légion étrangère, prend part aux opérations de Libye avec la brigade du général Koenig. Chef de poste chargé de la défense de la chicane est de la position de Bir-Hakeim, il réussit, grâce à son sang-froid, à faire de nombreux prisonniers. Il est grièvement blessé à la tête par éclat d’obus dans la nuit du 10 au 11 juin 1942, lors de la sortie de vive force.
Promu sergent-chef le mois suivant, il est cité une nouvelle fois au titre des combats de Bir-Hakeim et reçoit la Croix de la Libération le 10 août 1942 au camp d’El Tag (Egypte) des mains du général de Gaulle.
Après la campagne de Tunisie, rendu inapte au combat en raison de sa blessure, il rejoint l’Algérie en août 1943 et est affecté au Dépôt commun des Régiments étrangers (DCRE) à Sidi Bel Abbès en Algérie.
En janvier 1944, il est affecté à la 9e Cie du 3e Bataillon de la 13e DBLE et, promu adjudant en avril 1945, il est démobilisé en octobre 1945 après avoir obtenu la nationalité française.
Josef Rysavy se retire ensuite, à Oran, comme exploitant d’un débit de boisson.
Il est décédé d’une hémorragie intestinale le 23 avril 1946 à Oran où il est inhumé.
• Compagnon de la Libération – décret du 9 septembre 1942
• Médaille Militaire
• Croix de Guerre 39/45 (3 citations)
• Médaille des Blessés
• Médaille Coloniale avec agrafes « Maroc », « Tunisie », « Erythrée », « Libye », « Bir-Hakeim »
• Médaille Commémorative 39/45 avec barrettes « France », « Norvège », « Afrique », « Libération »
• Médaille Commémorative du Levant
• Médaille Commémorative de Syrie-Cilicie
26 août 1905 : début de production de masse de sous-marins.
Le ministre de la Marine arrête le 26 août 1905 la commande d’une série de vingt et un submersibles. La décision intervient dans une année charnière, marquée par le changement de titulaire du ministère et par l’abandon progressif de la machine à vapeur au profit du moteur Diesel.
Camille Pelletan, ministre de janvier 1903 à janvier 1905, avait fait du sous-marin et de la torpille l’axe d’une politique navale hostile au cuirassé, dans la filiation de la Jeune École. Son successeur, Gaston Thomson, revient à une flotte équilibrée mais maintient l’effort sur l’arme sous-marine, dont la France est alors le premier utilisateur mondial en nombre de coques.
La série arrêtée en août 1905 comprend 18 bâtiments à propulsion de surface à vapeur et trois à moteur Diesel. Ce partage traduit un état de la technique plus qu’un choix doctrinal : la chaudière offre alors la puissance et le rayon d’action nécessaires en surface, au prix d’un temps de plongée long et d’une chaleur difficilement supportable, tandis que le Diesel, déjà retenu pour l’Aigrette mis à l’eau en 1904 (premier submersible au monde à en être doté), souffre encore de problèmes de mise au point. C’est pourtant cette solution qui l’emportera : les classes Brumaire et Pluviose de la décennie suivante consacrent le couple Diesel en surface, électrique en plongée, qui restera la norme jusqu’à la propulsion nucléaire.
Lire : Sous-marins et submersibles français à la veille de la Grande Guerre

Nuit du 25 au 26 août 1914 : incendie de la bibliothèque universitaire de Louvain.
Dans la nuit du 25 au 26 août 1914, les troupes allemandes incendient les Halles universitaires de Louvain. Quelque 300 000 volumes, un millier de manuscrits et les archives de l’université partent en fumée. L’événement devient en quelques jours un argument central de la propagande alliée.
Louvain est occupée depuis le 19 août. Le 25 au soir, une contre-attaque belge partie d’Anvers provoque le reflux désordonné d’unités allemandes vers la ville. Des coups de feu échangés entre formations allemandes sont attribués à des francs-tireurs civils. La réaction est immédiate et méthodique : prise d’otages, exécutions sommaires (le bilan s’établira à environ 250 civils tués), incendie systématique de quartiers entiers au moyen de pastilles incendiaires et d’essence.
Vers 23 h 30, des soldats forcent l’entrée des Halles universitaires, rue de Namur, qui abritent depuis 1834 la bibliothèque. Le feu est allumé à l’intérieur et personne n’est autorisé à intervenir. En une dizaine d’heures, la collection est détruite, y compris la charte de fondation de 1425 de l’ancienne université, rentrée à Louvain en 1909 après un siècle d’exil. Des fragments calcinés seront retrouvés à plusieurs kilomètres à la ronde.
Au total, du 25 au 30 août, près de 1 100 maisons, le théâtre et la toiture de la collégiale Saint-Pierre sont détruits. L’affaire, largement documentée par les commissions d’enquête belge et britannique, structure durablement le discours allié sur les « atrocités allemandes ». La bibliothèque sera reconstruite après-guerre place Ladeuze, sur financement américain ; puis incendiée de nouveau en mai 1940.

26 août 1914 : début de la bataille de Tannenberg.
Du 26 au 30 août 1914, la 8e armée allemande détruit la 2e armée russe du général Samsonov en Prusse-Orientale. C’est la victoire d’enveloppement la plus complète du front de l’Est, et l’acte fondateur de la légende Hindenburg-Ludendorff.
Deux armées russes ont pénétré en Prusse-Orientale : la 1re, de Rennenkampf, au nord des lacs de Mazurie, et la 2e, de Samsonov, au sud-ouest. Après l’engagement indécis de Gumbinnen, le 20 août, le commandant de la 8e armée allemande, Prittwitz, envisage un repli général derrière la Vistule. Il est aussitôt relevé et remplacé par Paul von Hindenburg, rappelé de la retraite, assisté d’Erich Ludendorff, auréolé de la prise de Liège.
Le plan, préparé par le colonel Max Hoffmann, exploite deux avantages : le réseau ferré dense de la province, qui permet de déplacer un corps d’armée en quelques heures, et l’interception des ordres russes émis en clair par radio, faute de matériel de chiffrement en quantité suffisante. Les Allemands laissent un rideau de cavalerie face à Rennenkampf et transportent l’essentiel de leurs forces vers le sud, contre Samsonov.
L’attaque se déclenche le 26 août sur les deux ailes russes. Le Ier corps de von François enfonce le flanc gauche à Usdau, le XVIIe corps de Mackensen le flanc droit à Bischofsburg. Le centre russe, qui a continué de progresser, s’enfonce dans un sac. Le 29, les tenailles se referment vers Willenberg.
Le bilan est écrasant : environ 92 000 prisonniers russes, 50 000 tués ou blessés, 500 pièces d’artillerie capturées, contre quelque 12 000 pertes allemandes. Samsonov se suicide dans la nuit du 29 au 30 août. Rennenkampf sera battu à son tour aux lacs de Mazurie début septembre.
Le nom de Tannenberg fut choisi par Hindenburg pour effacer symboliquement la défaite de l’ordre Teutonique face aux Polono-Lituaniens en 1410, alors que les combats s’étaient en réalité déroulés autour de Frögenau et d’Allenstein. La victoire n’eut pas d’effet décisif sur l’issue de la guerre (elle avait exigé le transfert de deux corps d’armée depuis l’aile droite allemande en Belgique, prélèvement souvent invoqué parmi les causes de l’échec devant la Marne) mais elle installa durablement le duo Hindenburg-Ludendorff au sommet de l’appareil militaire, puis politique, allemand.

26 août 1914 : capitulation du Togoland allemand.
Vingt jours après le début des opérations, le gouverneur par intérim du Togoland capitule devant les forces franco-britanniques. C’est le premier succès allié de la Première Guerre mondiale et la première colonie allemande perdue.
Le Togoland, protectorat allemand depuis 1884, est enclavé entre la Gold Coast britannique à l’ouest et le Dahomey français à l’est. Sa valeur militaire tient à un seul objectif : la station radiotélégraphique de Kamina, achevée en juin 1914 à une centaine de kilomètres dans l’intérieur, près d’Atakpamé. Avec ses 9 antennes de 80 à 120 m et sa centrale électrique, elle sert de relais entre l’émetteur de Nauen, près de Berlin, et les colonies allemandes, l’escadre d’Extrême-Orient et l’Amérique du Sud. L’Amirauté britannique veut l’empêcher de coordonner la guerre de course dans l’Atlantique.
Les Britanniques débarquent le 6 août et occupent Lomé le 8, quasiment sans résistance ; le premier coup de feu britannique de la guerre y est tiré par le lance-corporal Alhaji Grunshi, du Gold Coast Regiment. Les Français, sous les ordres du lieutenant-colonel Maroix, progressent depuis le Dahomey. Face à eux, la police coloniale allemande (700 à 800 auxiliaires togolais encadrés par une poignée d’officiers) mène des actions retardatrices, notamment à Agbeluvhe puis à Chra, où elle inflige des pertes sensibles aux colonnes alliées.
Le 24 août au soir, le major Hans-Georg von Doering, gouverneur par intérim, fait détruire la station de Kamina. L’objectif principal des Alliés leur échappe donc, mais la reddition intervient le 26 : un millier de prisonniers, 3 mitrailleuses, 300 000 cartouches et 300 000 marks sont saisis.
Dès le lendemain, Français et Britanniques se partagent le territoire selon les zones occupées. La double administration est validée par la déclaration de Londres en 1919 et transformée en mandats de la Société des Nations en 1922. La partie britannique rejoindra le Ghana en 1957 ; la partie française deviendra le Togo indépendant en 1960.
26 août 1914 : bataille du Cateau.
La bataille du Cateau a lieu le , au cours de la retraite menée par les troupes britanniques et françaises, à la suite des batailles de Mons et Charleroi. Elle oppose les troupes du 2e corps d’armée britannique aux troupes de la 1re armée allemande. En grande infériorité numérique et matérielle, les troupes britanniques bloquent pendant douze heures l’avancée de la 1re armée allemande au prix de lourdes pertes.
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En opposition aux ordres de retraite donnés par French, Smith-Dorrien, le commandant du 2e corps d’armée britannique décide de combattre les Allemands. La bataille se déroule dans une plaine ondulée parsemée de villages, traversée par une route rectiligne de Cambrai au Cateau. Cette route coupe le champ de bataille du nord-ouest au sud-est au Cateau. Une seconde route relie le Cateau à Saint-Quentin dans un axe nord-sud.
L’aile droite britannique est formée par la 5e division d’infanterie. La 14e brigade se place au sud du Cateau tandis que la 13e brigade se trouve le long de la route de Saint-Quentin. Le centre du dispositif est tenu par la 3e division d’infanterie, les 7e, 8e et 9e brigades situées respectivement à Caudry, Audencourt et Inchy au sud de la route Cambrai – Le Cateau. La 4e division d’infanterie tient l’aile gauche, les 10e, 11e et 12e brigades sont placées à Haucourt, Longsart et Fontaine-au-Pire. À l’extrême gauche du dispositif britannique est présent la 84e division d’infanterie territoriale française et le corps de cavalerie Sordet qui couvrent la ville d’Arras. L’extrême droite du dispositif britannique est formée par le 1er corps d’armée britannique en retraite.
Le IIIe corps d’armée allemand, formé des Ve et VIe divisions d’infanterie, se trouve face au Cateau. Le IVe corps d’armée composé des VIIe et VIIIe divisions est placé au centre du champ de bataille, le IIe corps de cavalerie formé de trois divisions et une division du IVe corps d’armée de réserve sont face à l’aile gauche britannique.
En choisissant de combattre, Smith-Dorrien souhaite ralentir la progression et la pression de la 1re armée allemande sur le Corps expéditionnaire britannique. De son côté, Von Kluck, voit dans cette bataille la possibilité d’envelopper et de détruire la moitié des troupes britanniques.

À l’aube du , une attaque allemande sur la gauche du dispositif britannique échoue. Durant la matinée, le centre du champ de bataille reste calme, malgré un bombardement d’artillerie réalisé par la VIIIe division d’infanterie et la IVe division de cavalerie.
Les troupes allemandes concentrent alors leurs attaques sur la droite du dispositif britannique. Deux compagnies des Suffolks chargées de la liaison avec le 1er corps d’armée britannique rencontrent les troupes du IIIe corps d’armée allemand et doivent se replier sur Le Cateau rejoignant la 14e brigade. Les troupes allemandes s’infiltrent le long de la route Le Cateau – Saint-Quentin et commencent un pilonnage meurtrier des King’s Own Yorkshire Light Infantry et les Suffolks de la 5e division d’infanterie britannique. Des renforts d’artillerie de la 15e brigade et d’infanterie de Manchesters et des Argylls sont envoyés sur l’aile droite britannique. Malgré de lourdes pertes les Britanniques tiennent toujours leur position, mais en milieu de journée la Ve division du IIIe corps d’armée allemande commence à produire son action et tente d’envelopper l’aile droite britannique.
En début d’après-midi, le 2e corps d’armée britannique entame un mouvement de retraite par échelon, en commençant par l’aile droite. Malheureusement les King’s Own Yorkshire Light Infantry et les Suffolks ne sont pas prévenus à temps et sont détruits. Les batteries d’artillerie sont retirées canon par canon, ceux ne pouvant être transportés sont alors sabotés.
Sur l’aile gauche, la VIIe division du IVe corps d’armée allemand de réserve tente de déborder les troupes britanniques. Les troupes des 3e et 5e division de cavalerie du corps de cavalerie Sordet interviennent en utilisant l’artillerie et des escadrons à pieds pour ralentir l’enveloppement allemand et permettre aux Britanniques de se replier dans de bonnes conditions. Vers 18 heures, les troupes britanniques ne sont plus en contact avec l’armée allemande. Elle se retirent vers Saint-Quentin.
Cette bataille est très coûteuse en hommes pour l’armée britannique. Des 40 000 Alliés ayant combattu au Cateau, 7 812 sont blessés, tués ou fait prisonniers. Plusieurs régiments britanniques sont anéantis. De plus, 38 pièces d’artillerie sont perdues. La bataille du Cateau permet néanmoins de ralentir la progression de la 1re armée allemande et aux troupes britanniques de reprendre leur retraite. Cette dernière est ponctuée par une autre bataille d’arrêt, la bataille de Guise avant de s’achever le par le début de la bataille de la Marne.
26 août 1914 : Gallieni est nommé Gouverneur de Paris.
Joseph Gallieni, né le à Saint-Béat (Haute-Garonne) et mort le à Versailles, est un militaire et administrateur colonial français. Il prend une part active à l’expansion et à la consolidation de l’empire colonial, notamment en Afrique. Il fonde une méthode qui associe la brutalité, comme par exemple avec le massacre des Menalamba à Madagascar, au développement économique après une conquête progressive des territoires. Pendant la Première Guerre mondiale, gouverneur militaire de Paris, il prend notamment la décision de réquisitionner les taxis parisiens pour apporter du renfort à la bataille de l’Ourcq. Il est élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume, en 1921.
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Il prend sa retraite en , mais il est rappelé en août après le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Le , il est nommé gouverneur militaire de Paris par Adolphe Messimy, ministre de la Guerre, pour assurer la défense de la capitale. Alors que les Allemands approchent et que le gouvernement part pour Bordeaux en catastrophe, Gallieni met la ville en état de défense, rassure les Parisiens par une proclamation et contribue à la victoire de la Marne, en , grâce, notamment, aux troupes, commandées par le général Edgard de Trentinian, qu’il envoie en renfort, après avoir réquisitionné les taxis parisiens, à la 6e armée du général Maunoury qui se trouve sur l’Ourcq : la bataille de l’Ourcq a permis la victoire de la Marne.
Le , il est nommé ministre de la Guerre du 5e gouvernement d’Aristide Briand. Il entre en conflit avec Joffre et évoque publiquement les erreurs commises à Verdun. Briand le désavoue et il est contraint de démissionner le (restant à son poste jusqu’au ).
Ayant des problèmes de santé, notamment un cancer de la prostate, il meurt le des suites de deux interventions chirurgicales dans une clinique de Versailles. Après des funérailles nationales et conformément à ses dernières volontés, il est inhumé auprès de son épouse dans le cimetière de Saint-Raphaël.
Il est élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume le . La promotion de l’École militaire de Saint-Cyr de 1927 et l’avenue traversant l’esplanade des Invalides portent son nom.
26 août 1916 : naissance de Bernard Barberon, Compagnon de la Libération.
Bernard Barberon naît à Paris le d’un père industriel. Il effectue ses études au collège Sainte-Croix d’Orléans puis au lycée Louis-le-Grand avant d’entrer à la faculté de droit de Paris où il obtient une licence.
Engagé dans la réserve de l’armée, il est appelé en 1939 et se porte volontaire pour l’aviation. Après l’armistice, il décide de se joindre à la cause du général de Gaulle et quitte la France pour Gibraltar d’où il part pour Londres. En , il s’engage alors dans les Forces Aériennes Françaises Libres comme observateur aérien. Le mois suivant, il est affecté au groupe Topic commandé par Jean Astier de Villatte. Embarqué à Glasgow en direction de la Gold Coast, il débarque à Takoradi (Ghana) le 1er . Le groupe Topic devient alors une escadrille du nouveau Groupe réservé de bombardement n° 1 qui, fin 1940, soutient les troupes de la colonne Leclerc en Afrique centrale. Bernard Barberon participe aux missions sur Koufra (Libye) puis en Érythrée où il fait clandestinement son apprentissage de pilote. Lors du changement de mission du groupe réservé de bombardement n° 1 en Groupe de bombardement Lorraine, Barberon est affecté en Libye où, de à , il effectue une trentaine de missions. Promu lieutenant, il demande à suivre une formation de pilote et se rend pour cela en Angleterre. En , le groupe de bombardement Lorraine est également de retour en Europe et Barberon y prend le commandement de l’escadrille « Nancy ». En opération sur le front de l’ouest, il participe alors à près d’une centaine de missions au-dessus de la France et de l’Allemagne. Il prend ensuite le commandement du groupe de transport aérien n° 1/15 qui est chargé de missions de rapatriement des blessés et des déportés jusqu’à la fin de la guerre.
Quittant l’armée une fois la guerre terminée, Bernard Barberon passe les brevets de pilote de ligne. Après avoir séjourné en Indochine, il est engagé dans compagnie aérienne Union de transports aériens (UTA) en tant que commandant de bord de 1951 à 1968 sur Douglas DC-6 et DC-8. À partir de 1969, il devient chef de département et quitte la société en 1972. Parallèlement, il est président de la fédération nationale du personnel navigant de l’aviation marchande, vice-président de l’association des Français libres, président de l’amicale des forces aériennes françaises libres, administrateur de la revue Icare et membre du conseil de l’Ordre de la Libération depuis 1949.
Bernard Barberon meurt le dans le 5e arrondissement de Paris. Au cours de la cérémonie du qui se déroule dans la cour des invalides, le général Fourquet déclare « s’il fallait tracer le portrait d’un combattant de la France Libre, c’est à Bernard Barberon que l’on penserait immédiatement… ». Bernard Barberon est inhumé au cimetière de Langon dans le Loir-et-Cher.
• Commandeur de la Légion d’Honneur
• Compagnon de la Libération – décret du 26 juin 1941
• Croix de Guerre 39/45 (5 citations)
• Médaille Coloniale
• Distinguished Flying Cross (GB)
• Distinguished Service Cross (USA)
26 août 1918 : naissance de Marcel Finance, Compagnon de la Libération.
Marcel Finance naît le à Hérimoncourt dans le Doubs d’un père officier de réserve qui, entré dans la résistance, disparaîtra au camp de Buchewald en 1944. Il suit des études au lycée Victor-Hugo de Besançon et, choisissant la carrière des armes, intègre l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1937 dans la promotion « Marne et Verdun » où figure également un futur compagnon d’arme en la personne de Jean Mahé. À sa sortie de Saint-Cyr, il entre à l’école de l’armée de l’air de Versailles.
Lors de la bataille de France, Marcel Finance est replié avec son unité à Royan puis à Montpellier. Après l’annonce par le maréchal Pétain du futur armistice, il décide de rallier la France libre et gagne l’Algérie puis le Maroc d’où il peut atteindre Gibraltar et embarquer jusqu’en Angleterre. Il s’engage le dans les forces françaises libres et suis un stage auprès de la Royal Air Force avant d’être affecté au mois d’août au Groupe mixte de combat n° 1 sous les ordres du lieutenant-colonel de Marmier. À l’automne 1940, il prend part à la campagne du Gabon où il reçoit son baptême du feu, effectuant cinq missions de combat depuis la base de Kribi.
Lors d’une mission de bombardement le à bord d’un Westland Lysander, son avion est touché et Marcel Finance doit se poser en catastrophe. Lui et son mitrailleur sont faits prisonniers par les Français restés fidèles au régime de Vichy mais sont libérés quelques heures plus tard lorsque Libreville se rend à la France libre. Après plusieurs semaines d’hôpital, il est déplacé le à Pointe-Noire au Congo où après avoir été promu lieutenant en , il reçoit en mars le commandement du Détachement permanent des forces aériennes du Gabon-Moyen Congo. Il assure des missions de surveillance côtière et de transport aérien mais demande à être affecté dans une unité combattante. À la fin du mois de , il rejoint le Détachement permanent des forces aériennes du Tchad (DPFAT) où il retrouve son camarade de promotion Jean Mahé. Le DPFAT devient en le Groupe de bombardement Bretagne dont Marcel Finance prend le commandement de l’escadrille « Rennes ».
Il est ensuite engagé avec son groupe dans la guerre du désert au-dessus du Fezzan où il participe au soutien aérien des troupes du général Leclerc. Son avion est pris en chasse le par un pilote italien qui endommage son appareil lors d’une mission de reconnaissance. Contraint d’atterrir en urgence avec son mitrailleur blessé, il constate que le chasseur italien s’éloigne et que son appareil peut encore tenir et parvient à redécoller et à voler en rase-motte jusqu’à sa base. Cantonné au Tchad à Fort-Lamy puis à Moussoro, il assure la couverture de la colonne Leclerc jusqu’à Tripoli. Après avoir été promu capitaine en , Marcel Finance et les hommes du groupe Bretagne bénéficient d’un période de repos durant laquelle ils sont basés à Sebha en Libye. Déplacé à Ben Gardane en Tunisie au mois d’avril, le groupe Bretagne réalise des vols d’entraînement en vue de devenir spécialisé dans le bombardement de nuit.
Dans le cadre de ces vols d’entraînement, Marcel Finance embarque le dans un Bristol Blenheim en compagnie de Raymond Roques mais l’appareil s’abîme en mer pour des raisons inconnues. Le lendemain, le corps du capitaine Finance est rejeté sur le rivage. Inhumé dans un premier temps à Ben Gardane, son corps est rapatrié en France en 1949 pour reposer dans le caveau familial de Hérimoncourt.
• Chevalier de la Légion d’Honneur
• Compagnon de la Libération – décret du 26 septembre 1945
• Croix de Guerre 39/45 (3 citations)
• Médaille de la Résistance avec rosette
• Médaille Coloniale avec agrafes « Koufra », « Fezzan-Tripolitaine »
26 août 1918 : ouverture de la seconde bataille d’Arras.
À 03 h 00 du matin, le Corps canadien attaque de part et d’autre de la Scarpe, à l’est d’Arras. Cette bataille de la Scarpe ouvre une séquence de neuf jours qui aboutira à la rupture de la ligne Drocourt-Quéant, verrou nord de la position Hindenburg.
Après le succès d’Amiens, le 8 août, l’offensive alliée des Cent-Jours se déplace vers le nord. Le Corps canadien du général Currie, ramené discrètement dans le secteur d’Arras, reçoit mission de progresser le long de la route Arras-Cambrai jusqu’au canal du Nord. Face à lui, 3 divisions allemandes tiennent les positions successives : Fresnes-Rouvroy, puis Drocourt-Quéant.
L’heure H, d’abord prévue à l’aube, est avancée à 03 h 00 pour surprendre un adversaire qui attend l’attaque au petit jour. La ruse réussit. L’infanterie canadienne progresse rapidement, sans attendre les chars, et enlève dès la première journée Monchy-le-Preux, position dominante que les Britanniques n’avaient pas réussi à tenir en avril 1917, ainsi que Wancourt et Guémappe. Sur le flanc sud, la 3e armée de Byng attaque en direction de Bapaume, qui tombe le 29.
La résistance se durcit à mesure que les Canadiens abordent les défenses principales : réseaux de barbelés profonds, abris bétonnés, nids de mitrailleuses en enfilade. La ligne Drocourt-Quéant est enlevée le 2 septembre par les 1re et 4e divisions canadiennes et la 52e division britannique, au prix de pertes lourdes ; plus de 6 000 prisonniers valides sont capturés. Dans la nuit du 2 au 3, les Allemands se replient derrière le canal du Nord en détruisant les ponts.
Le mémorial canadien de Dury, sur la route d’Arras à Cambrai, rappelle que le Corps canadien, fort de 100 000 hommes, attaqua le 26 août 1918 et rompit ici, le 2 septembre, la position allemande principale du front occidental.
26 août 1922 : accident du cuirassé France en baie de Quiberon.
Le , les cuirassés Paris et France effectuent des exercices de tir au large de Belle-Île. Ces manœuvres terminées, ils rejoignent l’escadre de Méditerranée qui mouille en baie de Quiberon. Le capitaine de vaisseau Guy, commandant, a le choix entre deux routes, le passage de l’Est, qui fait faire un grand détour, et le passage de la Teignouse, étroit, mais sur la route directe. La nuit est claire, la mer est calme, le commandant Guy, 52 ans, choisit sans hésiter cette dernière route. À l’heure prévue pour le passage, une heure du matin le samedi 26 août, c’est pleine basse mer d’une grande marée de coefficient 106. En prenant un bon pied de pilote, le commandant Guy se fixe comme limite la ligne de sonde des 10 mètres. Avec cette limite, le passage de la Teignouse, pour le France, ne mesure que 750 m de large. Vigilant, à un nautique de ce passage, le commandant demande un nouveau point qui révèle un écart de navigation.
Le France fait route dans l’alignement des feux de la Teignouse et de Port-Navalo, alors que les Instructions nautiques et les ordres du commandant demandaient de laisser le feu rouge de la Teignouse à gauche du feu blanc de Port-Navalo. À 00 h 53, le commandant fait rectifier la route, mais le France n’est plus dans le milieu du chenal, le cuirassé passera au ras de la ligne de sonde des 10 mètres, mais du bon côté. Pourtant, à 00 h 57, le cuirassé touche par trois fois un obstacle sur bâbord. La coque déchirée, l’eau envahit rapidement le navire qui perd sa propulsion et l’électricité.
Un appel de détresse est lancé, le Paris et tous les navires disponibles de l’escadre se portent au secours du cuirassé. L’ordre d’évacuation est lancé à 02 h 00 du matin ; l’évacuation s’effectue dans le plus grand calme. Le commandant Guy, resté à bord jusqu’au dernier moment, est projeté à la mer lors du chavirement du navire. Trois matelots mécaniciens qui, désobéissant aux ordres, étaient descendus chercher leur sac, disparaissent dans le naufrage : Charles Cabassut, Maxime Vadon et l’apprenti Marcel Millet.
L’enquête montre que le récif, profondément immergé, était connu des pêcheurs qui y déchiraient souvent leurs filets, mais pas de la Marine nationale. Les petits bâtiments de faible tirant d’eau passaient par-dessus sans le heurter, ce qui ne fut pas le cas du cuirassé, avec ses 9 mètres de tirant d’eau.
Comme pour toute perte de navire de guerre, le capitaine de vaisseau Guy est traduit devant un conseil de guerre, le à Lorient. Le procès, ouvert à la presse, est largement commenté. Ce fut plus le procès des hydrographes que celui du commandant. La roche inconnue est déclarée seule coupable. Elle est désormais nommée Roche du France. Elle est signalée par la bouée Goué-Vas sud. À l’issue du procès, aucune faute n’est reconnue au capitaine de vaisseau Guy qui est rétabli dans ses fonctions.
Le cuirassé ne pouvant être renfloué, sa coque fut découpée en partie en 1938 et le reste entre 1952 et 1958. À ce jour, il ne reste plus rien de l’épave.

26 août 1936 : signature du traité anglo-égyptien.
Signé à Londres le 26 août 1936, le traité d’alliance entre le Royaume-Uni et le royaume d’Égypte retire la garnison britannique du Caire et d’Alexandrie et la concentre dans la zone du canal de Suez. Il fixe pour vingt ans le cadre du dispositif militaire britannique au Proche-Orient.
L’indépendance unilatéralement reconnue à l’Égypte en 1922 était assortie de réserves qui maintenaient de fait la tutelle britannique. La conquête italienne de l’Éthiopie, achevée au printemps 1936, change les termes du problème : le roi Farouk et le gouvernement wafdiste de Nahhas Pacha redoutent désormais une attaque italienne depuis la Libye et l’Afrique orientale, et Londres a besoin d’un statut stable pour sécuriser la route impériale des Indes.
Le traité prévoit l’évacuation des troupes britanniques du territoire égyptien, à l’exception d’un contingent plafonné à 10 000 hommes de troupe et 400 aviateurs, plus le personnel auxiliaire, stationné dans la zone du canal pour en assurer la défense. Le Royaume-Uni s’engage à équiper et instruire l’armée égyptienne et à porter assistance à l’Égypte en cas d’agression ; clause qui jouera pleinement lors de l’offensive italienne de septembre 1940. Le condominium anglo-égyptien sur le Soudan est reconduit en l’état. L’Égypte entre à la Société des Nations l’année suivante.
Ratifié le 22 décembre 1936, le traité est dénoncé unilatéralement par Le Caire le 8 octobre 1951. Londres refuse d’abord de partir et porte ses effectifs à 64 000 hommes dans la zone. Après le coup d’État des Officiers libres, l’accord du 19 octobre 1954 organise l’évacuation, achevée en juin 1956. La nationalisation du canal, un mois plus tard, ouvrira la crise de Suez.
26 août 1939 : attaque de la Pologne annuléé – incident de Jabłonków.
Le 22 août, à l’Obersalzberg, Hitler annonce à ses chefs militaires qu’il donnera vraisemblablement l’ordre d’attaquer la Pologne le 26. Le pacte germano-soviétique est signé le 23 à Moscou. Les préparatifs du Fall Weiss sont achevés depuis le 20 août ; les ordres d’exécution partent le 25 dans la matinée.
Deux nouvelles font revenir Hitler sur sa décision au cours de la journée du 25. D’une part, Londres et Varsovie transforment leurs garanties en traité formel d’assistance mutuelle, signé le jour même. D’autre part, Mussolini fait savoir que l’Italie n’est pas en mesure d’entrer en guerre. Vers 20 heures, l’OKW diffuse l’ordre d’arrêt. Il faudra 5 jours de manœuvres diplomatiques avant que l’attaque ne soit finalement fixée au 1er septembre, à la même heure.
Le contrordre ne parvient pas à toutes les unités. Le plan prévoyait l’infiltration, la nuit précédant l’attaque, de petits groupes en vêtements civils chargés de s’emparer d’objectifs ponctuels avant l’aube. Ces détachements relevaient de l’Abwehr II de l’amiral Canaris ; la formation qui les fournissait deviendra en décembre 1939 le Bau-Lehr-Bataillon zbV 800, matrice des Brandebourgeois et, à ce titre, l’une des premières unités de forces spéciales modernes.
Le groupe du lieutenant Hans-Albrecht Herzner, de l’Abwehrstelle de Breslau, comptait environ 24 hommes, armés d’un pistolet-mitrailleur et d’un pistolet chacun, en civil avec un brassard à croix gammée pour seul signe distinctif. Sa mission : partir de Žilina, en Slovaquie, franchir les Beskides à pied, s’emparer de la gare de Mosty et neutraliser les dispositifs de destruction du tunnel ferroviaire du col de Jablunkov (le plus court itinéraire ferré entre Vienne et Varsovie) avant l’arrivée de la 7e division d’infanterie du général Ott.
Côté polonais, l’importance de l’ouvrage était connue car le tunnel avait été miné dès juin 1939 par le 21e bataillon du génie de Bielsko et était gardé par un poste de gardes-frontières et une section du 4e régiment de chasseurs podhalanais.
Herzner ouvre le feu vers 1 heure du matin le 26 août et enlève la gare. Le tunnel, en revanche, résiste. Le détachement s’empare d’une locomotive pour y pénétrer et est repoussé. À 03 h 55, Herzner transmet son compte rendu à la 8e armée ; considéré comme le premier message opérationnel de la guerre. Pendant ce temps, l’Abwehr, alertée, tente désespérément de le joindre : le risque est que ce coup de main isolé déclenche la guerre que le Führer vient d’ajourner. Ordre est finalement donné au groupe de se replier ; il rejoint la Slovaquie dans la journée, poursuivi par la police polonaise, avec deux blessés.
Berlin présente l’affaire comme une bavure de « civils allemands des Sudètes ». Varsovie, prise entre la volonté de ne pas fournir de prétexte et l’évidence de ce qui se prépare, n’en tire pas argument.
Cinq jours plus tard, l’attaque du poste de radio de Gleiwitz, montée par le SD, fournira le prétexte que Herzner avait failli rendre inutile.
26 août 1940 : ralliement du Tchad à la France libre.
Le gouverneur Félix Éboué proclame à Fort-Lamy, le 26 août 1940, le ralliement du Tchad à la France libre. C’est le premier territoire de l’Empire à rejoindre le général de Gaulle, et la base arrière qui rendra possible les campagnes de Koufra et du Fezzan.
Félix Éboué, né à Cayenne, administrateur colonial de carrière, est en 1940 le premier Noir à avoir accédé au rang de gouverneur. Dès le 29 juin, il câble sa détermination à ne pas appliquer au Tchad les clauses de l’armistice. Le territoire, frontalier de la Libye italienne, se trouverait autrement soumis à une commission de contrôle italienne. Le 3 juillet, il écrit à de Gaulle ; le 16, un télégramme de Londres lui apporte le soutien du chef de la France libre. Les émissaires envoyés (René Pleven, Hettier de Boislambert, le colonel de Larminat, le capitaine Leclerc) arrivent le 24 août.
Le 26, en plein accord avec le colonel Marchand, commandant militaire du territoire, Éboué signe le télégramme de ralliement : dans l’intérêt de la France et de l’Empire, et pour éviter la ruine du territoire, il institue une politique impliquant l’union avec les Forces françaises libres et la collaboration avec les alliés britanniques. Maurice Schumann en donne lecture à la BBC le 27.
L’effet d’entraînement est immédiat : le Cameroun se rallie le 27, le Congo le 28, l’Oubangui-Chari le 29. L’Afrique équatoriale française bascule en quatre jours, offrant à la France libre un territoire, une administration, des ressources et surtout des troupes.
Éboué est relevé de ses fonctions et condamné à mort par contumace par Vichy. De Gaulle le nomme le 13 novembre 1940 gouverneur général de l’AEF et le fait siéger au Conseil de défense de l’Empire. C’est du Tchad que partiront le raid de Leclerc sur Koufra en mars 1941 puis les colonnes du Fezzan. Compagnon de la Libération par décret du 29 janvier 1941, Félix Éboué meurt au Caire le 17 mai 1944 ; ses cendres sont transférées au Panthéon en 1949.

26 août 1944 : descente des Champs-Élysées et Te Deum à Notre-Dame.
Au lendemain de la reddition du général von Choltitz, le général de Gaulle traverse Paris à pied de l’Arc de Triomphe à la Concorde, devant une foule évaluée à plusieurs centaines de milliers de personnes. La journée fonde la légitimité populaire du Gouvernement provisoire.
Le 25 août, la 2e division blindée de Leclerc et la 4e division d’infanterie américaine sont entrées dans Paris ; le commandant du Gross Paris a signé sa reddition à la gare Montparnasse. De Gaulle a prononcé à l’Hôtel de Ville le discours où il déclare Vichy nul et non avenu. Il manque au pouvoir rétabli la sanction de la rue.
Le 26 à 14 heures, de Gaulle dépose une gerbe en forme de croix de Lorraine sur la tombe du Soldat inconnu, ranime la flamme et passe en revue le régiment de marche du Tchad. La descente commence. Derrière lui marchent les membres du gouvernement provisoire, Alexandre Parodi, Georges Bidault et le Conseil national de la Résistance, André Tollet et le Comité parisien de libération, les préfets Luizet et Flouret, et les généraux Juin, Koenig, Leclerc, d’Argenlieu et Valin. Trois groupements de la 2e DB sont déployés à l’Arc de Triomphe, au rond-point et devant Notre-Dame pour assurer la sécurité du cortège.
Le choix de l’avenue n’est pas neutre : les troupes allemandes y avaient défilé quotidiennement pendant 4 ans.
Arrivé à la Concorde, de Gaulle gagne Notre-Dame en voiture découverte pour le Te Deum. Des coups de feu éclatent sur le parvis puis à l’intérieur de la cathédrale, déclenchant des tirs de riposte désordonnés de la troupe et des FFI. L’origine des tirs n’a jamais été établie de manière certaine. De Gaulle poursuit sans marquer d’arrêt. Le reporter de la BBC Robert Reid, dont l’enregistrement est interrompu par les rafales, en a laissé un témoignage sonore devenu célèbre ; le cameraman Gaston Madru en a filmé plusieurs minutes, longtemps restées inédites.
Le cardinal-archevêque Emmanuel Suhard, qui avait accueilli Pétain à Notre-Dame en avril et célébré les obsèques de Philippe Henriot en juin, avait été écarté de la cérémonie.
La nuit suivante, la Luftwaffe bombarde l’est de Paris : environ 200 morts et un millier de blessés, le raid le plus meurtrier subi par la capitale de toute la guerre.
26 août 1957 : Moscou annonce le premier missile balistique intercontinental.
L’agence TASS annonce le 26 août 1957 le succès du tir d’une « fusée balistique intercontinentale à plusieurs étages et de très grande portée ». Il s’agit du R-7, premier missile intercontinental opérationnel de l’histoire.
Le tir lui-même a eu lieu 5 jours plus tôt, le 21 août, depuis le polygone de Tyuratam, futur cosmodrome de Baïkonour. La fusée conçue par le bureau d’études OKB-1 de Sergueï Korolev (34 m, 280 tonnes, un corps central et quatre propulseurs latéraux à oxygène liquide et kérosène) a parcouru environ 6 000 km jusqu’au Kamtchatka. La tête, en revanche, s’est désintégrée à la rentrée : le succès est celui du lanceur, pas encore celui du vecteur d’arme.
L’annonce publique, reprise dans la presse soviétique le 27, est un acte de communication stratégique. Elle signifie aux États-Unis que leur sanctuaire continental n’est plus hors d’atteinte, alors que le programme américain Atlas n’a effectué son premier vol que le 11 juin 1957, interrompu au bout de 24 secondes.
L’Occident réagit peu, faute de moyens de vérification. Il faudra le lancement de Spoutnik 1, le 4 octobre 1957, par une version à peine modifiée du même R-7, pour que la portée du message soit comprise et que s’ouvre la séquence politique et budgétaire qui donnera naissance à la NASA et à la course aux missiles.
Le R-7, désigné SS-6 Sapwood par l’OTAN, se révélera un mauvais missile : temps de préparation excessif, sites fixes vulnérables, propergols cryogéniques impossibles à maintenir en alerte. Retiré du service dès 1968, il aura en revanche une descendance de lanceurs spatiaux (Spoutnik, Vostok, Voskhod, Molnia, Soyouz).
26 août 1959 : Jacqueline Auriol est la première femme au monde à franchir Mach2 aux commandes d’un Mirage III.
Aux commandes d’un Mirage III de Dassault, Jacqueline Auriol franchit le 26 août 1959 la barre de Mach 2. Elle est la première femme au monde à voler à cette vitesse.
Née Jacqueline Douet le 5 novembre 1917 à Challans, en Vendée, fille d’un négociant en bois, elle fait ses études secondaires au lycée Blanche-de-Castille de Nantes puis s’inscrit à l’École du Louvre, attirée par l’histoire de l’art. Elle épouse en février 1938 Paul Auriol, fils du socialiste Vincent Auriol. Sous l’Occupation, tandis que son beau-père (qui a voté contre les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940) passe à la clandestinité, elle change à plusieurs reprises d’adresse et d’identité.
L’élection de Vincent Auriol à la présidence de la République, le 16 janvier 1947, la place dans un rôle de représentation qui l’ennuie. Pierre Pouyade, ancien commandant du groupe Normandie-Niemen, lui suggère d’apprendre à piloter. Elle commence en juin 1947 et obtient ses brevets en 1948 sur biplan Stampe.
Le 11 juillet 1949, l’amphibie SCAN 30 dans lequel elle a pris place s’écrase sur la Seine aux Mureaux. Les blessures au visage sont considérables. Suivront des années de chirurgie reconstructrice, dont une part importante aux États-Unis — où elle en profite pour passer sa qualification hélicoptère, tandis qu’elle obtient en France le brevet de transport public.
La suite tient en une série de records, disputés pendant plus de 10 ans à l’Américaine Jacqueline Cochran, dont elle est à la fois la rivale et l’amie : record de vitesse féminin en 1951, franchissement du mur du son en 1953 (première Européenne), 1 151 km/h sur Mystère IV N le 31 mai 1955, Mach 2 sur Mirage III le 26 août 1959, 1 849 km/h sur les 100 kilomètres en circuit fermé sur Mirage III C le 22 juin 1962, 2 038 km/h sur Mirage III R le 14 juin 1963. Cochran reprendra le record le 1er juin 1964 sur F-104G. Le 10 juin 1965, Jacqueline Auriol établit encore deux records sur l’avion d’affaires Mystère 20.
Entre-temps, elle a été admise au Centre d’essais en vol de Brétigny et brevetée pilote d’essai ; seule femme française de la spécialité. Écartée des prototypes les plus rapides par la limite d’âge, elle revient à ses centres d’intérêt artistiques. Elle meurt le 11 février 2000 à Paris.
- Grand officier de la Légion d’honneur.
- Grand-croix de l’ordre national du Mérite.
- Médaille de l’Aéronautique.
- Commandeur de l’ordre du Mérite sportif.


26 août 1966 : attaque d’Ongulumbashe, début de la guerre d’indépendance namibienne.
8 hélicoptères sud-africains déposent au petit matin du 26 août 1966 des éléments de police et de l’armée sur le camp d’entraînement d’Omugulugwombashe, dans le nord du Sud-Ouest africain. L’opération marque le premier affrontement armé entre les forces sud-africaines et la SWAPO.
En 1966, l’Assemblée générale des Nations unies révoque le mandat exercé par l’Afrique du Sud sur le Sud-Ouest africain depuis 1920 et place le territoire sous administration directe de l’ONU. Pretoria refuse d’appliquer la résolution.
La South West Africa People’s Organization avait constitué dès 1962 une branche armée, devenue l’Armée populaire de libération de la Namibie (PLAN). Un premier groupe d’insurgés infiltré depuis l’Angola en septembre 1965 avait mené quelques actions isolées. Le camp d’Omugulugwombashe, établi en juin 1966 par le commandant John Ya Otto Nankudhu, est le seul camp semi-permanent que la SWAPO parviendra à maintenir sur le sol namibien pendant tout le conflit.
L’opération sud-africaine, nom de code Blouwildebees, est montée par la police avec appui de l’armée et des hélicoptères Alouette III de la SAAF. Le camp ne compte que 17 combattants au moment de l’assaut. 2 sont tués, une dizaine capturés ; les prisonniers seront jugés à Pretoria en vertu d’une loi antiterroriste appliquée rétroactivement et condamnés à de longues peines.
Militairement mineure, l’affaire ouvre un conflit qui durera 23 ans, s’étendra à l’Angola et à la Zambie et n’aboutira à l’indépendance de la Namibie que le 21 mars 1990. Le 26 août est aujourd’hui jour férié en Namibie sous le nom de Journée des Héros, et reconnu par les Nations unies comme Journée de la Namibie.
26 août 1974 : mort de Charles Lindbergh.
Le pionnier de la traversée aérienne de l’Atlantique en solitaire meurt le 26 août 1974 à Kipahulu, sur l’île de Maui, d’un lymphome. Il avait 72 ans.
Né le 4 février 1902 à Détroit, Charles Augustus Lindbergh apprend à voler en 1922, sert dans l’Army Air Service Reserve et exerce comme pilote de l’aéropostale sur la ligne Saint-Louis-Chicago. Les 20 et 21 mai 1927, il relie seul Roosevelt Field, à New York, au Bourget, en 33 h 30 et 5 800 km, à bord du monoplan Ryan Spirit of St. Louis ; sans radio, sans parachute et sans visibilité frontale, naviguant à l’estime au compas et au sextant. Il empoche le prix Orteig, reçoit la Medal of Honor, la Distinguished Flying Cross et la Légion d’honneur, et devient colonel de réserve.
Il consacre les années suivantes à la promotion de l’aviation commerciale et au relevé de routes aériennes transatlantiques et arctiques, souvent avec sa femme Anne Morrow comme copilote et navigatrice. L’enlèvement et le meurtre de son fils aîné, en 1932, le conduisent à s’installer plusieurs années en Europe.
Envoyé en Allemagne à la fin des années 1930 pour évaluer la Luftwaffe, il en rapporte des estimations alarmistes qui pèseront sur les appréciations américaines et britanniques. Décoré à ce titre de l’ordre de l’Aigle allemand en 1938, puis porte-parole du mouvement isolationniste America First, il tient en septembre 1941 un discours à Des Moines dont les formulations antisémites lui vaudront une réprobation durable et le contraindront à démissionner de sa commission d’officier.
Écarté du service actif après Pearl Harbor, il obtient de servir dans le Pacifique comme consultant civil auprès des constructeurs. Il y effectue une cinquantaine de missions de combat sur P-38 et Corsair, et surtout met au point les réglages de mélange et de régime qui étendent de plusieurs centaines de kilomètres le rayon d’action opérationnel du P-38 Lightning ; contribution technique dont l’effet fut immédiat sur la conduite de la campagne aérienne.
Réhabilité, promu général de brigade de réserve de l’US Air Force en 1954, il obtient la même année le prix Pulitzer pour The Spirit of St. Louis. Il visita en juin 1945 le camp de Dora et les installations souterraines de production des V1 et V2, expérience qui nourrit ses interrogations ultérieures sur le progrès technique. Il consacra ses dernières années à la protection de la nature et s’opposa notamment au transport supersonique. Ses cendres reposent près de l’église de Palapala Ho’omau, à Kipahulu.

26 août 1978 : mort de l’acteur franco-américain Charles Boyer.
Charles Boyer, né le à Figeac et mort le à Phoenix (Arizona), est un acteur franco-américain. Après avoir commencé sa carrière en France, il devient l’un des acteurs français les plus célèbres à Hollywood durant les années 1930 et 1940. Se montrant aussi à l’aise dans les mélodrames, Le Jardin d’Allah (1936), Casbah (1938) et Elle et lui (1939), que dans les thrillers, Hantise (1944), il est nommé à quatre reprises à l’oscar du meilleur acteur.
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Durant les années 1930 et 1940, il est une grande vedette et les studios se l’arrachent. Figure de la colonie française expatriée de l’époque (Jean Renoir, Jean-Pierre Aumont, Julien Duvivier…), il est dédaigné par Jean Gabin qui ne s’en cache pas et « trouve cette célébrité usurpée ».
Le , il obtient la citoyenneté américaine. Peu disert sur ce sujet, Charles Boyer explique qu’il ne se sentait plus « en Amérique » mais « d’Amérique ». Si certains biographes rappellent que sa femme, Pat Paterson, avait exprimé en 1936, lors d’une interview accordée au magazine Picture Play, sa crainte de voir son mari être mobilisé pour la guerre qui se profilait, d’autres (Chassagnard, Brunelin) excluent l’hypothèse d’une échappatoire au rappel sous les drapeaux. En effet, exempté de service militaire (étant orphelin de père), il revient à Figeac en 1939 pour s’engager dans l’armée. Il devient ainsi artilleur au 32e régiment d’artillerie coloniale mixte à Agen et est affecté à la défense des fortifications de la ligne Maginot. Au bout de onze semaines, il est démobilisé par le président du conseil, Edouard Daladier, qui lui demande de retourner aux États-Unis pour convaincre ses amis américains du show-business du bienfondé de cette guerre. Surpris par l’armistice, il est frappé par l’appel du 18 Juin de Charles de Gaulle, qu’il enregistre en anglais pour des radios américaines, et décide de soutenir la France libre. Peu de temps après, il fonde un centre intellectuel à Los Angeles à partir des six cents volumes de sa bibliothèque, la French Research Foundation, qui en 1945 comptait plus de quinze mille livres. Ce don de sa part avait pour mission en période de guerre d’incarner l’esprit français aux États-Unis. Durant la même période, il participe à la création et au financement du « French War Relief Committee » (Comité français de secours de guerre).
26 août 2013 : mort du Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, grande figure de la Légion étrangère.
Il entre dans la résistance en 1941 à l’âge de 19 ans et est arrêté en franchissant la frontière franco-espagnole en 1943. Déporté dans le camp de concentration de Buchenwald où il manque de mourir (« j’ai trouvé le pire chez les autres mais aussi en moi »), il conserve malgré tout la soif de l’action et fait Saint Cyr. Légionnaire parachutiste, il effectue trois séjours en Indochine qui le marquent profondément : les rencontres (avec l’adjudant Bonnin), les combats (« l’entrée dans ces territoires où rôde la mort, oblige à se hisser à la pointe de soi-même »), le pays (« un monde féérique ») mais aussi l’abandon du village de Talung ensuite massacré par le Vietminh.
Chef de cabinet du général Massu pendant la bataille d’Alger puis commandant au 1er REP, il entre en rébellion lors du putsch des généraux en avril 1961 (« Un homme doit toujours garder en lui la capacité de s’opposer et de résister »). Il se constitue prisonnier, ne rejoint pas l’OAS et est condamné à 10 ans de prison (« L’enfermement peut développer une force intérieure qui peut être plus grande que la violence qui nous est faite »).
Gracié 5 ans plus tard, il est réhabilité dans ses droits civils et militaires.
Ecrivain talentueux, et homme au parcours incroyable, son témoignage humble et courageux est à lire (Les champs de braises) tant il est structurant pour l’éthique du soldat français. Il a d’ailleurs préfacé l’ouvrage du général Benoit Royal portant ce dernier titre. Il est mort à l’âge de 91 ans.

26 août 2021 : attentat d’Abbey Gate, aéroport de Kaboul.
Un kamikaze de la branche khorassanienne de l’État islamique se fait exploser le 26 août 2021 devant l’accès d’Abbey Gate, à l’aéroport international Hamid-Karzaï de Kaboul. L’attaque tue 13 militaires américains et au moins 170 civils afghans. C’est l’épisode le plus meurtrier de l’évacuation occidentale d’Afghanistan.
Kaboul est tombée aux mains des talibans le 15 août. Les postes-frontières terrestres étant sous leur contrôle, l’aéroport constitue la seule voie de sortie. Environ 5 800 militaires américains, appuyés par des contingents britanniques et alliés, y assurent la sécurité d’un pont aérien qui évacuera plus de 120 000 personnes en 2 semaines. Des dizaines de milliers de candidats au départ s’entassent aux abords des accès, dont Abbey Gate, tenu par des Marines et bordé par un canal à ciel ouvert où s’effectuait le tri des évacués.
La menace était identifiée. Des centaines de combattants de l’État islamique au Khorassan s’étaient évadés des prisons de Bagram et de Pul-e-Charkhi. Le 25 août au soir, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie diffusent des mises en garde quasi identiques appelant leurs ressortissants à s’éloigner immédiatement de l’aéroport.
L’explosion survient en fin d’après-midi, dans la foule compressée contre le canal. 11 Marines, un infirmier de la Navy rattaché aux Marines et un soldat de l’Army sont tués ; 45 militaires américains sont blessés. Ce sont les premières pertes militaires américaines en Afghanistan depuis février 2020. Le bilan afghan, longtemps incertain, est établi à au moins 170 morts.
L’enquête du commandement central américain, rendue publique en 2022, conclut à l’action d’un engin unique et écarte l’hypothèse initialement évoquée d’une fusillade consécutive. Les auditions parlementaires ultérieures ont porté sur la chaîne de décision et sur les règles d’engagement : un tireur d’élite des Marines a témoigné avoir identifié un suspect plusieurs heures avant l’attaque sans obtenir d’autorisation d’ouverture du feu.
Le retrait américain s’achève le 30 août. Une frappe de drone menée en représailles le 29 août tue 10 civils, dont 7 enfants, erreur reconnue par le Pentagone deux semaines plus tard.








