Raymond Tournier naît le 12 février 1916 à Bermont, dans le Territoire de Belfort, fils d’un officier de l’armée de l’Air. Son père Louis, sous-lieutenant au 172e régiment d’infanterie pendant la Grande Guerre puis capitaine de réserve au 33e régiment d’aviation, meurt prématurément en 1930 des suites de ses blessures. Orphelin de mère puis de père, Raymond est pupille de la Nation à 12 ans. Enfant de troupe à l’école militaire des Andelys, dans l’Eure, il s’engage dans l’armée de l’Air à 18 ans.
À la déclaration de guerre, il est sergent-chef navigateur dans un groupe de bombardement stationné à Alep, en Syrie, et suit alors les cours du peloton d’élèves officiers de réserve. Le 16 juin 1940, il participe à l’unique mission de guerre de son groupe, au-dessus de l’île de Rhodes, avant que l’armistice ne l’oblige à cesser le combat. Refusant la défaite, il prépare son ralliement à la France libre : sa tentative de rejoindre Londres à bord d’un Glenn Martin lui vaut d’être incarcéré à la forteresse d’Alep, accusé d’atteinte à la sûreté de l’État, puis condamné à mort par la commission d’armistice allemande de Beyrouth et par le tribunal de Riom. Fin novembre 1940, après un mois de détention, il s’évade avec trois camarades grâce à des lames de scie dissimulées dans la couverture d’un livre, gagne Mtouleh à pied et rejoint les Forces françaises libres en Palestine. Sous l’uniforme de la Royal Air Force, il est aussitôt engagé au French Fighter Flight n°2, commandé par le capitaine Jacquier, pour la protection du canal de Suez et du port de Haïfa. Affecté ensuite à la 2e escadrille du 39 Squadron, sous les ordres du lieutenant-colonel de Marmier, il prend part aux opérations de Libye au sein de l’équipage du lieutenant Ezanno.
En septembre 1941, il est incorporé dès sa création au groupe de bombardement « Lorraine », avec lequel il poursuit la campagne libyenne jusqu’à l’automne 1942 ; la précision de ses bombardements sur les colonnes allemandes lui vaut une citation à l’ordre de l’Armée aérienne. Le 20 décembre 1941, lors d’une attaque du port de Benghazi, son équipage abat un Messerschmitt BF 109 F, et en janvier 1942 il participe à la prise d’Halfaya. Reçu second à l’examen d’aspirant passé à Gambut, en Libye, il est nommé aspirant en octobre 1942 et suit le « Lorraine » rapatrié en Grande-Bretagne pour opérer sur le front de l’Ouest. Promu sous-lieutenant en avril 1943, il se distingue dès l’automne comme officier observateur lors de bombardements de jour en vol rasant, dans des conditions particulièrement périlleuses. Il quitte le groupe en janvier 1944 avec 130 missions de guerre à son actif.
Devenu élève-pilote à l’école de Sywell, il effectue son premier vol le 5 juin 1944 et obtient son brevet le 9 avril 1945 ; il s’apprête à rejoindre le « Lorraine » lorsque la capitulation allemande met fin aux opérations. Il termine la guerre lieutenant et est fait Compagnon de la Libération par décret du 28 mai 1945. Muté à la base aérienne de Cognac, où il reçoit ses galons de capitaine, il sert deux ans à Gabès en Tunisie avant de partir pour l’Indochine, où il totalise, fin 1954, 107 missions de guerre et plus de 356 heures de vol. Suivent l’Algérie puis le Maroc. Nommé commandant, il fait valoir ses droits à la retraite et devient, en 1963, agent d’assurances à Cognac. Il meurt le 15 septembre 1998 à Cognac et est inhumé à Jarnac, en Charente.
Commandeur de la Légion d’honneur, il était également titulaire de la médaille militaire, de la croix de guerre 1939-1945 (trois citations), de la croix de guerre des TOE (deux citations), de la croix de la Valeur militaire (deux citations), de la médaille de la Résistance, de la médaille des Évadés et de la médaille coloniale avec agrafes « Libye » et « Indochine ».
• Commandeur de la Légion d’Honneur
• Compagnon de la Libération – décret du 28 mai 1945
• Médaille Militaire
• Croix de Guerre 39/45 (3 citations)
• Croix de Guerre des TOE (2 citations)
• Croix de la Valeur Militaire (2 citations)
• Médaille de la Résistance
• Médaille des Evadés
• Médaille Coloniale avec agrafes « Libye« , « Indochine«







