Thales va déployer en 6 mois seulement un radar RSM NG aux îles Féroé.

Le ministère danois de la Défense confie à Thales le remplacement du radar de surveillance aérienne de Sornfelli, aux îles Féroé. Le groupe français y installera en 6 mois un radar secondaire temporaire de nouvelle génération, le RSM NG, sans interrompre un seul instant le contrôle du trafic civil et militaire.

Thales vient de remporter un contrat aussi discret que sensible dans l’Atlantique Nord. Le groupe a été retenu par le DALO, l’Organisation danoise d’acquisition et de logistique du ministère de la Défense, pour fournir et déployer un radar de surveillance RSM NG sur le site de Sornfelli, aux îles Féroé.

L’équipement, présenté comme temporaire, prendra le relais d’un radar Thales RSM 970 déjà en service sur le site.  Thales s’engage à achever la livraison et l’installation en 6 mois, un délai que l’industriel range parmi les plus courts jamais tenus pour un projet de cette ampleur.

La contrainte opérationnelle est tout aussi forte : la bascule entre l’ancien et le nouveau capteur doit rester imperceptible pour les contrôleurs. Aucune interruption des services de contrôle du trafic aérien n’est prévue pendant les travaux. Il s’agit de maintenir la surveillance pendant la modernisation des moyens du site, et non de laisser un trou dans la couverture le temps du chantier.

Un radar militaire au service des deux aviations

L’acheteur est militaire, mais l’usage sera dual. Le radar alimentera aussi le contrôle du trafic civil, grâce à son intégration avec le fournisseur danois de services de navigation aérienne Naviair et avec les systèmes AVIANS.

Concrètement, le capteur sera raccordé au centre de contrôle AVIANS. L’intégration système est assurée par Naviair et AVIANS, Thales fournissant et déployant le radar.

Pour l’industriel, ce montage illustre sa double compétence en gestion du trafic aérien civil et militaire. Il répond à une réalité de plus en plus courante : des espaces aériens partagés, où avions de ligne et aéronefs d’État doivent apparaître sur une même image, fiable pour tous.

Le RSM NG est la dernière évolution de la gamme de radars secondaires de Thales, héritière de plusieurs décennies d’expérience opérationnelle dans le contrôle aérien. Il succède ici au RSM 970, l’un des modèles les plus répandus de la génération précédente.

Contrairement à un radar primaire, qui détecte l’écho renvoyé par un aéronef, un radar secondaire interroge les transpondeurs embarqués et exploite leurs réponses.

Le RSM NG réunit dans un même équipement 2 fonctions :

  • l’interrogation Mode S, qui permet d’interroger sélectivement chaque appareil et d’en recevoir identité, altitude et paramètres de vol ;
  • la détection ADS-B, qui capte les positions que les aéronefs diffusent d’eux-mêmes.

Thales met en avant une précision, une fiabilité et une conscience situationnelle améliorées, dans un format compact et facile à déployer. Le système est entièrement conforme aux normes de l’OACI (ICAO) et d’EUROCONTROL, condition indispensable à son emploi par l’aviation civile comme militaire.

L’Atlantique Nord en toile de fond

Territoire autonome du royaume de Danemark, l’archipel des Féroé occupe une position charnière entre l’Islande, la Norvège et l’Écosse. C’est cette géographie que met en avant le client danois pour justifier l’exigence de continuité.

« La position stratégique des îles Féroé dans l’Atlantique Nord rend essentiel le maintien d’une image fiable et stable de l’espace aérien pendant cette modernisation. Grâce à cette solution, nous garantissons la continuité de la surveillance sans perturber le trafic aérien », déclare le colonel Thomas Pedersen, chef de la division Air et Espace du FMI, sigle danois du DALO.

Côté industriel, le contrat est présenté comme une démonstration de réactivité. « Nous sommes fiers d’accompagner le DALO, Naviair et AVIANS dans l’amélioration de la sécurité de l’espace aérien et de la résilience opérationnelle dans la région de l’Atlantique Nord », souligne Lionel de Castellane, vice-président du segment des radars de contrôle aérien chez Thales.

Et d’ajouter : « Cela démontre notre capacité à fournir des solutions de contrôle aérien hautes performances dans des délais exigeants, tout en répondant aux exigences rigoureuses des parties prenantes. »

Stéphane GAUDIN
Stéphane GAUDINhttp://www.theatrum-belli.com/
Créateur et directeur du site THEATRUM BELLI depuis 2006. Officier de réserve citoyenne Terre depuis 2018, rattaché au 35e régiment d'artillerie parachutiste de Tarbes. Officier de réserve citoyenne Marine de 2012 à 2018, rattaché au CESM puis au SIRPA. Membre du conseil d'administration de l'Amicale du 35e RAP. Membre associé de l'AA-IHEDN AR7 (région Centre Val-de-Loire). Chevalier de l'Ordre National du Mérite.
ARTICLES CONNEXES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

Dans le cadre de notre opération de promotion estivale, ce numéro de Marine & Océans est exceptionnellement accessible gratuitement et en intégralité.
 
Marine & Océans remercie chaleureusement ses fidèles abonnés pour leur compréhension et leur confiance renouvelée.
 
À tous ceux qui nous découvrent aujourd’hui et souhaitent mieux comprendre les grands enjeux maritimes :
 
 
Rejoignez la communauté Marine & Océans et accompagnez-nous tout au long de l’année.

Dernières notes

COMMENTAIRES RÉCENTS

ARCHIVES TB