7 octobre 1337 : Édouard III revendique la couronne de France, la guerre de Cent Ans commence.
À Westminster, le roi d’Angleterre Édouard III fait sceller des lettres dans lesquelles il ne reconnaît plus Philippe VI comme roi de France. Il le désigne comme « Philippe de Valois, qui se dit roi de France » et donne pouvoir à ses alliés des Pays-Bas d’agir en son nom pour réclamer le royaume. Le défi est porté à Paris par l’évêque de Lincoln, Henry Burghersh, autour de la Toussaint.
La querelle remonte à 1328. Charles IV le Bel, dernier fils de Philippe IV, meurt le 1er février sans héritier mâle, ce qui éteint la lignée directe des Capétiens. Édouard III est le petit-fils de Philippe le Bel par sa mère Isabelle. Les grands du royaume lui préfèrent Philippe de Valois, neveu de Philippe le Bel par les hommes, en écartant la transmission de la couronne par les femmes. Édouard s’incline et prête hommage pour la Guyenne à Amiens, le 6 juin 1329.
Le conflit se rallume à propos de cette Guyenne, que le roi d’Angleterre tient en fief du roi de France, de l’appui français aux Écossais et de l’asile accordé à Londres à Robert d’Artois, banni par Philippe VI. Le 24 mai 1337, Philippe VI prononce la confiscation du duché. La réponse d’Édouard, en octobre, transforme un litige féodal en guerre de succession.
Les premières opérations suivent de peu : raid anglais sur l’île de Cadzand en novembre 1337, destruction de la flotte française à l’Écluse le 24 juin 1340. Édouard III ne prend officiellement le titre de roi de France qu’à Gand, le 26 janvier 1340. La guerre, coupée de longues trêves, s’achève à Castillon le 17 juillet 1453, 116 ans plus tard.
7 octobre 1571 : bataille de Lépante (Golfe de Corinthe – Grèce).
La flotte de la Sainte Ligue détruit la flotte ottomane à l’entrée du golfe de Patras, au large de la place de Lépante (Naupacte). C’est la dernière grande bataille de galères de l’histoire et la plus meurtrière du XVIe siècle en Méditerranée.
La Ligue a été conclue le 25 mai 1571, à l’initiative du pape Pie V, entre l’Espagne de Philippe II, Venise et le Saint-Siège, auxquels se joignent Gênes, la Savoie, la Toscane et l’ordre de Malte. Elle répond à l’invasion ottomane de Chypre, possession vénitienne : Nicosie est tombée le 9 septembre 1570 et quelque 20 000 habitants y ont été massacrés. Famagouste capitule le 1er août 1571 ; son défenseur, Marcantonio Bragadin, est écorché vif. La nouvelle parvient à la flotte chrétienne quelques jours avant la bataille.
Don Juan d’Autriche, fils naturel de Charles Quint et demi-frère de Philippe II, âgé de 24 ans, commande un peu plus de 200 galères et 6 galéasses vénitiennes. En face, Müezzinzade Ali Pacha aligne environ 230 galères et plusieurs dizaines de galiotes. Les galéasses, gros bâtiments chargés d’artillerie placés en avant de la ligne, désorganisent l’approche ottomane. Au centre, la Real de don Juan et la Sultana d’Ali Pacha s’abordent ; l’amiral ottoman est tué dans la mêlée et sa tête est hissée au bout d’une pique, ce qui précipite l’effondrement du centre turc. À gauche, le Vénitien Agostino Barbarigo est mortellement blessé. À droite, Uluç Ali déborde Gian Andrea Doria, puis parvient à s’échapper avec quelques dizaines de bâtiments.
Les Ottomans perdent la plus grande partie de leur flotte, dont plus d’une centaine de galères capturées, et de 25 000 à 30 000 hommes. Environ 12 000 rameurs chrétiens sont libérés. La Ligue compte 7 500 à 8 000 morts et perd une quinzaine de galères. Miguel de Cervantès, soldat de 24 ans embarqué sur la Marquesa, reçoit 2 arquebusades à la poitrine et une 3e qui lui laisse la main gauche inerte.
La victoire brise la réputation d’invincibilité de la marine ottomane et arrête sa poussée vers la Méditerranée centrale. Elle ne rend pas Chypre. Le sultan reconstruit sa flotte dès l’hiver suivant, la Ligue se défait, et Venise signe une paix séparée le 7 mars 1573 en abandonnant l’île. Tunis, prise par don Juan en 1573, est reprise par les Ottomans en 1574.


7 octobre 1777 : seconde bataille de Saratoga, à Bemis Heights (État de New York).
L’armée britannique du général John Burgoyne, descendue du Canada par le lac Champlain pour couper la Nouvelle-Angleterre du reste des colonies insurgées, est arrêtée sur l’Hudson par l’armée américaine du Nord du général Horatio Gates. Un premier combat, le 19 septembre à Freeman’s Farm, a laissé les Britanniques maîtres du terrain mais affaiblis, à court de vivres et sans nouvelles du secours attendu de New York.
Le 7 octobre, Burgoyne lance vers la gauche américaine une reconnaissance en force d’environ 1 500 hommes appuyés par une dizaine de canons. Gates fait attaquer la colonne par les tirailleurs de Daniel Morgan et les brigades Poor et Learned. Le général écossais Simon Fraser, qui tente de rallier la ligne, est mortellement blessé. Benedict Arnold, privé de commandement à la suite d’une querelle avec Gates, se jette dans le combat et mène l’assaut contre les redoutes du camp britannique. Celle que tient le lieutenant-colonel Breymann est enlevée ; Breymann est tué, Arnold grièvement touché à la jambe.
Les Britanniques perdent environ 600 hommes, les Américains 150. Burgoyne se replie sur Saratoga, où il est encerclé par des forces trois fois supérieures. Il capitule le 17 octobre avec près de 5 800 hommes. La nouvelle décide Louis XVI à reconnaître les États-Unis : les traités d’amitié et d’alliance sont signés à Paris le 6 février 1778.
7 octobre 1780 : bataille de Kings Mountain (Caroline du Sud).
Dans les collines qui bordent la frontière des deux Carolines, environ 900 miliciens patriotes encerclent et détruisent en une heure un corps loyaliste de 1 100 hommes. Les deux camps sont composés d’Américains. Le seul Britannique présent est le chef des loyalistes, le major Patrick Ferguson, officier écossais connu pour avoir mis au point un fusil à chargement par la culasse.
Ferguson couvre le flanc gauche de l’armée de Cornwallis, qui remonte vers la Caroline du Nord après sa victoire de Camden. Il a menacé les colons installés au-delà des Appalaches de ravager leurs terres s’ils ne déposaient pas les armes. Ces « Overmountain Men », montés et armés de carabines de chasse, se rassemblent sous les colonels William Campbell, Isaac Shelby, John Sevier et Benjamin Cleveland, et le rattrapent sur une crête boisée où il s’est retranché.
Les assaillants gravissent les pentes à couvert et reculent devant chaque charge à la baïonnette pour revenir aussitôt. Ferguson est abattu en tentant de percer. Les loyalistes laissent, selon les relevés, de 150 à près de 300 morts, plus de 160 blessés et environ 700 prisonniers, contre 28 tués et une soixantaine de blessés chez les patriotes. Neuf prisonniers sont pendus quelques jours plus tard. Cornwallis abandonne Charlotte et se replie sur Winnsboro, en Caroline du Sud ; son offensive vers le nord est retardée de plusieurs mois.
7 octobre 1798 : bataille de Sédiman (Égypte).
Le général Desaix, avec moins de 3 000 fantassins, bat l’armée de Mourad Bey près du couvent copte de Sédiman, sur le canal de Joseph, à l’entrée du Fayoum.

Le général Desaix, avec moins de 3 000 fantassins, bat l’armée de Mourad Bey près du couvent copte de Sédiman, sur le canal de Joseph, à l’entrée du Fayoum.
Débarquée près d’Alexandrie le 1er juillet 1798, l’armée d’Orient a pris la ville le lendemain, puis marché vers le sud. Elle a battu les Mamelouks de Mourad Bey aux Pyramides le 21 juillet et Bonaparte est entré au Caire le 24. Mourad Bey s’est retiré en Haute-Égypte avec ce qui lui reste de cavalerie. Desaix est chargé de le poursuivre. Sa division embarque sur une flottille le 25 août et remonte le Nil. Elle atteint Beni Souef le 31, pousse jusqu’à Behneseh et vers Minieh sans pouvoir accrocher un adversaire qui se dérobe, puis redescend à l’entrée du canal de Joseph, où elle apprend que les Mamelouks sont dans le Fayoum. Elle s’y engage le 24 septembre. Les premiers contacts ont lieu le 3 puis le 5 octobre. Les vivres et les munitions s’épuisent.
Desaix dispose de la 21e demi-brigade légère, des 61e et 88e demi-brigades de ligne et de deux pièces de 5 livres, sans cavalerie. Mourad Bey commande environ 4 000 cavaliers mamelouks, auxquels certaines sources ajoutent 8 000 auxiliaires égyptiens, et quatre canons.
Le 7 octobre, les Mamelouks sortent de leurs retranchements. Desaix forme un grand carré flanqué de deux petits à ses angles. Les charges sont reçues par des salves tirées à dix ou vingt pas. Le petit carré de droite, formé par la 21e légère, est entamé et manque d’être détruit. Les Mamelouks regroupent ensuite leurs quatre pièces en batterie pour battre le grand carré, manœuvre inhabituelle de leur part ; le capitaine Rapp, aide de camp de Desaix, enlève la batterie à la tête d’une colonne d’attaque. Après plusieurs heures, les Français passent à l’offensive et Mourad Bey se replie vers le sud.
Les Français comptent 36 tués et 90 blessés, que Rapp escorte jusqu’au Caire. Les Mamelouks laissent environ 400 morts et blessés et leur artillerie. La Moyenne-Égypte passe sous contrôle français. Nommé gouverneur de la Haute-Égypte et renforcé par la cavalerie de Davout, Desaix reprend sa marche vers le sud et bat de nouveau Mourad Bey à Samhoud, le 22 janvier 1799. Celui-ci avait entre-temps reçu le renfort de combattants venus du Hedjaz.

7 octobre 1800 : prise du Kent par Surcouf (Océan indien).
Au large des Sand Heads, à l’embouchure de l’Hooghly, le corsaire malouin Robert Surcouf, 26 ans, commandant la Confiance, s’empare du Kent, navire neuf de la Compagnie anglaise des Indes orientales qui achève son premier voyage vers Calcutta.
La Confiance, trois-mâts de 490 tonneaux construit à Bordeaux et armé à l’île de France (Maurice), porte une vingtaine de canons de petit calibre. Le Kent jauge 820 tonneaux. Les sources britanniques lui donnent 26 canons, vingt de 12 livres et six de 6 ; la tradition française lui en prête 38 ou 40. Il est commandé par le capitaine Robert Rivington. À son bord ont pris place, depuis une escale au Brésil, les rescapés du Queen, autre navire de la Compagnie détruit par un incendie.
Après un échange de bordées sans résultat, Surcouf décide d’aborder. Il a remarqué que les défenseurs manquent d’armes blanches et de pistolets, alors que ses hommes en sont tous pourvus. Le combat dure moins de deux heures, l’assaut lui-même quelques minutes. Rivington est tué d’une balle à la tête au moment de l’abordage. Les Britanniques comptent 14 morts et 44 blessés, les Français 5 tués et une dizaine de blessés.
Le rapport des forces varie fortement selon les récits. La tradition française parle de 150 à 190 corsaires contre plus de 400 hommes. L’historien naval britannique William James retient au contraire un équipage d’une centaine d’hommes sur le Kent, passagers en plus, face à un corsaire plus nombreux et mieux armé pour le corps à corps. Les passagers sont relâchés sur un navire marchand arraisonné peu après. Le second de Surcouf, Joachim Drieux, conduit la prise à Port-Louis, où elle est vendue.
Le peintre de marine Ambroise Louis Garneray, qui affirme dans ses souvenirs avoir pris part à l’abordage, en a laissé la représentation la plus connue. La chanson de marins Au 31 du mois d’août a popularisé une date erronée. William James place pour sa part le combat le 9 octobre.

7 octobre 1813 : Wellington franchit la Bidassoa et entre en France.
L’armée anglo-hispano-portugaise de Wellington force le passage de la Bidassoa et prend pied sur le sol français entre Hendaye et la Rhune. C’est la première invasion du territoire par une armée ennemie depuis les guerres de la Révolution.
Battu à Vitoria le 21 juin, repoussé dans les Pyrénées en juillet puis à San Marcial le 31 août, le maréchal Soult tient la frontière de l’océan aux cols de Navarre. Saint-Sébastien est tombée ; Pampelune, bloquée, résiste encore. Soult juge infranchissable l’estuaire, large et soumis à la marée, et garde l’essentiel de ses forces dans la montagne. Sa droite, sur la côte, n’est tenue que par le corps affaibli de Reille.
Wellington a appris de pêcheurs et de contrebandiers l’existence de gués praticables à basse mer en aval du pont détruit de Béhobie. Le 7 octobre, la marée est au plus bas en début de matinée. À 07 h 25, la 5e division britannique traverse depuis Fontarabie, de l’eau jusqu’à la taille ; la 1re division et les Espagnols de Freire passent plus en amont. Les hauteurs de la Croix-des-Bouquets et le camp de Biriatou sont enlevés avant que les réserves françaises aient pu intervenir. Plus à l’est, la division légère et les Espagnols de Girón s’attaquent aux retranchements de la Rhune, tenus par Clauzel, et prennent la redoute de la Bayonnette. Le sommet de la Grande Rhune est évacué par les Français le lendemain.
Soult, qui se trouvait à son aile gauche où une diversion avait été lancée, arrive trop tard. Les pertes sont voisines, de l’ordre de 1 600 hommes de chaque côté. Wellington s’arrête sur les positions conquises en attendant la chute de Pampelune, le 31
7 octobre 1870 : Léon Gambetta, quitte Paris en ballon.
Vers 11 heures, place Saint-Pierre, au pied de la butte Montmartre, le ministre de l’Intérieur Léon Gambetta, 32 ans, prend place dans la nacelle de l’Armand-Barbès avec son collaborateur Eugène Spuller et l’aéronaute Alexandre Trichet. Un second ballon, le George-Sand, emporte deux Américains et un sous-préfet.
Paris est investi par les armées allemandes depuis le 19 septembre. Le gouvernement de la Défense nationale y est resté enfermé, après avoir envoyé à Tours une délégation de trois hommes âgés, Crémieux, Glais-Bizoin et l’amiral Fourichon, qui ne parvient pas à organiser la résistance en province. Gambetta est chargé de la rejoindre avec voix prépondérante.
Le vent pousse les ballons vers le nord. L’Armand-Barbès, qui vole bas, essuie le feu de postes prussiens du côté de Creil ; Gambetta est éraflé à la main. Le ballon s’accroche dans un chêne près d’Épineuse, dans l’Oise, vers 15 h 30. Des habitants conduisent les passagers à Montdidier, d’où Gambetta gagne Amiens, puis Rouen. Il arrive à Tours le 9 octobre et ajoute dès le lendemain le portefeuille de la Guerre à celui de l’Intérieur, avec l’ingénieur Charles de Freycinet pour délégué.
En quatre mois, la délégation lève et arme environ 600 000 hommes, répartis entre les armées de la Loire, du Nord et de l’Est. Celle de la Loire reprend Orléans après sa victoire de Coulmiers, le 9 novembre. Aucune ne parvient à débloquer Paris, qui capitule le 28 janvier 1871.
Le vol de Gambetta est le plus célèbre d’une série organisée par l’administration des Postes avec le concours de Nadar et des frères Godard. Entre le 23 septembre 1870 et le 28 janvier 1871, plus de soixante ballons quittent la capitale avec des passagers, des pigeons voyageurs et plusieurs tonnes de courrier.

7 octobre 1879 : l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie signent la Duplice (Vienne).
Le comte Andrássy, ministre des Affaires étrangères de la double monarchie, et le prince Henri VII Reuss, ambassadeur d’Allemagne, signent à Vienne un traité d’alliance défensive qui restera en vigueur jusqu’en 1918.
Le texte est dirigé contre la Russie. Si l’un des deux empires est attaqué par elle, l’autre lui doit assistance avec toutes ses forces et ne peut conclure de paix séparée. En cas d’attaque par une autre puissance, c’est-à-dire la France dans l’esprit des signataires, l’allié observe une neutralité bienveillante, qui se transforme en alliance si la Russie se joint à l’agresseur. Le traité est conclu pour cinq ans et renouvelable.
Il découle du congrès de Berlin de 1878, qui a privé la Russie d’une partie des gains de sa guerre contre l’Empire ottoman et laissé à Saint-Pétersbourg un vif ressentiment contre Bismarck. Le chancelier veut garantir l’Allemagne contre un rapprochement franco-russe et tenir Vienne dans son orbite. Il doit vaincre la résistance de Guillaume Ier, attaché à l’amitié russe, et met sa démission dans la balance pour obtenir la ratification.
Le traité, tenu secret, n’est rendu public qu’en février 1888. L’Italie s’y associe le 20 mai 1882, formant la Triplice. L’alliance franco-russe de 1892-1894 lui répond. Cette division de l’Europe en deux systèmes d’alliances perdure jusqu’à l’été 1914.
7 octobre 1886 : combat de Cho Chu (Tonkin- actuel Vietnam).
Le capitaine Dallier, parti de Tuyen Quang avec 72 tirailleurs tonkinois et 12 légionnaires, atteint après 3 jours de marche par les pistes de montagne un repaire de bandes chinoises établi à Cho Chu, à plus de 80 km. Il le surprend et inflige de lourdes pertes à ses occupants. Le détachement regagne sa base sans avoir perdu un homme.
L’affaire appartient à la phase dite de pacification. La guerre contre la Chine a pris fin en juin 1885 et le corps expéditionnaire a été ramené, en avril 1886, au format d’une division d’occupation. Le delta est tenu, mais la haute région reste aux mains de bandes de plusieurs centaines d’hommes, composées de réguliers chinois licenciés, d’anciens Pavillons noirs et de Tonkinois. Elles vivent du rançonnement des villages, de la contrebande d’opium et du trafic de captifs vers la Chine. Les Français continuent de les désigner sous le nom de Pavillons noirs, bien que la troupe de Liu Yongfu ait quitté le Tonkin en 1885.
Faute d’effectifs pour occuper le pays, le commandement s’en remet à des colonnes légères, formées pour l’essentiel de tirailleurs tonkinois encadrés par quelques Européens et capables de marcher plusieurs jours sans convoi. Cho Chu, au nord-ouest de Thai Nguyen, commande un massif calcaire qui servira de refuge aux insurgés jusqu’aux années 1890, puis au Viêt-minh : 61 ans plus tard, jour pour jour, la localité figure parmi les objectifs de l’opération Léa.

7 octobre 1914 : échec britannique devant Yabassi (Cameroun).
Dix jours après la reddition de Douala, une colonne britannique remonte le Wouri pour chasser les Allemands de Yabassi, en amont du fleuve. Elle est repoussée et doit se rembarquer.
Le corps expéditionnaire franco-britannique du général Charles Dobell a obtenu la capitulation de Douala le 27 septembre. Les troupes allemandes du Kamerun, quelques centaines d’Européens et plusieurs milliers d’askaris, se sont retirées vers l’intérieur selon trois axes : la voie ferrée du Nord, le Wouri et la voie ferrée du Centre, vers Édéa. Les pluies ont rendu les pistes impraticables, mais la crue du fleuve permet d’acheminer des troupes par bateau. Dobell veut couvrir Douala contre un retour offensif venu du nord-est.
La colonne, confiée au colonel Edmund Gorges, réunit des tirailleurs ouest-africains et un détachement de marins avec des pièces de campagne. Elle débarque à environ cinq kilomètres des positions allemandes et progresse à travers la forêt. Les retranchements du capitaine Haedicke sont garnis de mitrailleuses, auxquelles les soldats africains de la colonne sont confrontés pour la première fois. L’attaque de front échoue, de même qu’une tentative de débordement, et Gorges ramène ses hommes à Douala. Le rapport de Dobell date l’attaque du 8 ; les archives allemandes et la plupart des récits retiennent le 7.
L’opération est reprise le 14 octobre avec des renforts, deux pièces de marine de 6 pouces et un débarquement sur les deux rives. Yabassi est occupée. Édéa tombe le 26 octobre. La campagne du Cameroun se prolonge jusqu’en février 1916, date de la reddition de la garnison de Mora, dans l’extrême nord.
7 octobre 1918 : la division navale de Syrie entre dans le port de Beyrouth.
Les bâtiments français mouillent devant Beyrouth un jour avant l’arrivée des troupes britanniques par la route côtière. La France prend ainsi pied dans la ville que les accords Sykes-Picot de 1916 placent dans sa zone d’influence.
La rupture du front de Palestine, le 19 septembre, a provoqué l’effondrement des armées ottomanes de Syrie. Damas est occupée le 1er octobre. À Beyrouth, le gouverneur ottoman a quitté la ville en remettant ses pouvoirs à un notable, Omar Daouk. Un envoyé de l’émir Fayçal, Choukri Pacha al-Ayoubi, y fait hisser le drapeau chérifien au nom d’un gouvernement arabe.
La division navale de Syrie, qui assurait depuis 1915 le blocus du littoral, entre dans le port le 7 octobre. Le lendemain arrive la 7e division indienne du 21e corps britannique, accompagnée d’éléments du détachement français de Palestine-Syrie. Le colonel de Piépape, qui commande ce détachement, est nommé gouverneur militaire. Sur ordre du général Allenby, le drapeau chérifien est amené quelques jours plus tard.
Le 23 octobre, Allenby répartit les territoires conquis en 3 zones d’administration militaire. Celle de l’Ouest, qui couvre le littoral du Liban et de la Syrie, est confiée à la France. Le général Gouraud y arrive comme haut-commissaire en novembre 1919 et proclame le Grand Liban le 1er septembre 1920.
7 octobre 1934 : premier vol du bombardier rapide Tupolev ANT-40, futur SB (URSS).
Le pilote d’essai K. K. Popov fait décoller à Moscou le premier prototype d’un bimoteur triplace de bombardement entièrement métallique. L’appareil entrera en service sous le sigle SB, pour skorostnoï bombardirovchtchik, bombardier rapide. Construit à 6 656 exemplaires, il sera l’avion le plus produit du bureau d’études Tupolev avant la guerre.
L’étude a commencé au début de 1934 au sein de l’Institut central d’aérohydrodynamique, sous la direction d’Alexandre Arkhangelski, adjoint d’Andreï Tupolev. Le cahier des charges demande un bombardier capable de distancer les chasseurs biplans de l’époque. La cellule réunit ce que la technique offre de plus récent : aile basse cantilever, revêtement lisse travaillant, train rentrant, postes d’équipage fermés.
Deux prototypes sont commandés avec des moteurs étrangers, faute d’équivalent soviétique. Le premier, l’ANT-40 RTs, reçoit des moteurs en étoile américains Wright Cyclone de 730 ch. Sa construction débute le 25 avril ; il vole moins de 6 mois plus tard. Le 31 octobre, il est endommagé à l’atterrissage et immobilisé pour réparations. Le second, l’ANT-40 IS, doté de moteurs en ligne français Hispano-Suiza 12Y et d’une voilure agrandie, vole le 30 décembre 1934 et dépasse 400 km/h. C’est lui qui sert de base à la série, équipée du Klimov M-100, version sous licence du moteur français.
Les premiers SB sortent d’usine avant la fin de 1935 et rejoignent les unités en 1936. 31 exemplaires arrivent à Carthagène en octobre de la même année, pour l’aviation républicaine espagnole. Leur première mission, le 28 octobre, vise l’aérodrome de Tablada, à Séville. Les chasseurs nationalistes ne peuvent d’abord pas les rattraper. L’avion sert ensuite en Chine contre le Japon, à Khalkhin Gol et contre la Finlande. La Tchécoslovaquie le construit sous licence sous le nom d’Avia B-71.
En juin 1941, le SB forme encore l’ossature du bombardement soviétique. Lent et mal défendu face aux chasseurs allemands, il subit des pertes très lourdes dans les premières semaines de l’invasion et est retiré des missions de jour.

7 octobre 1935 : la Société des Nations désigne l’Italie comme agresseur de l’Éthiopie (Genève).
4 jours après l’entrée des troupes italiennes en Éthiopie, le Conseil de la Société des Nations adopte le rapport de son comité des 6 : le gouvernement italien a recouru à la guerre en violation de l’article 12 du Pacte. C’est la première fois que l’organisation qualifie ainsi une grande puissance européenne qui siège à titre permanent à son Conseil.
L’invasion a commencé le 3 octobre, sans déclaration de guerre, à partir de l’Érythrée et de la Somalie italienne. Adoua est tombée le 6. L’Éthiopie de Haïlé Sélassié, membre de la Société depuis 1923, avait saisi Genève dès l’incident frontalier de Oual-Oual, en décembre 1934.
Le constat ouvre la voie à l’article 16, qui prévoit des sanctions contre l’État agresseur. L’Assemblée s’y rallie les 10 et 11 octobre : 50 États approuvent, l’Autriche, la Hongrie et l’Albanie, liées à Rome, s’y refusent. Un comité de coordination arrête un embargo sur les armes, l’interdiction des prêts, l’arrêt des importations italiennes et la suspension de certaines exportations. Ces mesures entrent en vigueur le 18 novembre.
Elles ne touchent ni le pétrole, ni le charbon, ni l’acier, et le canal de Suez reste ouvert aux convois italiens. Londres et Paris, soucieux de ne pas pousser Mussolini vers Hitler, cherchent un compromis ; le plan Hoare-Laval, qui abandonnait à l’Italie une grande partie du pays, est révélé par la presse en décembre et retiré devant le scandale. Addis-Abeba tombe le 5 mai 1936. Les sanctions sont levées en juillet. L’Italie quitte la Société des Nations en décembre 1937.
7 octobre 1943 : massacre de 98 prisonniers américains sur l’île de Wake (Pacifique).
À la tombée du jour, sur la plage nord de l’atoll, la garnison japonaise exécute à la mitrailleuse les 98 civils américains qu’elle retenait comme main-d’œuvre forcée.
Wake a été prise le 23 décembre 1941, après seize jours de résistance des Marines. Les militaires et la plupart des quelque 1 150 ouvriers de l’entreprise Morrison-Knudsen, qui construisaient la base aéronavale, ont été transférés dans des camps en Chine et au Japon. 98 d’entre eux, conducteurs d’engins et spécialistes pour la plupart, ont été gardés sur place pour travailler aux fortifications.
Les 5 et 6 octobre 1943, un groupe de 6 porte-avions américains bombarde l’atoll. Le contre-amiral Shigematsu Sakaibara, qui commande la garnison, y voit le prélude d’un débarquement. Le 7 au soir, il fait conduire les prisonniers, mains liées et yeux bandés, au bord d’un fossé antichar, où ils sont abattus. Un homme parvient à s’enfuir. Avant d’être repris, il grave sur un bloc de corail l’inscription « 98 US PW 5-10-43 », toujours visible. Sakaibara le décapite de sa main.
L’île, contournée par l’offensive américaine, n’est jamais attaquée. Sa garnison affamée se rend le 4 septembre 1945. Les officiers japonais affirment d’abord que les prisonniers ont péri sous les bombes américaines, puis plusieurs d’entre eux avouent. Jugé à Kwajalein, Sakaibara est pendu à Guam en juin 1947. La peine de son adjoint est commuée en détention à perpétuité.
7 octobre 1944 : révolte du Sonderkommando d’Auschwitz-Birkenau (Pologne occupée).
Les détenus juifs affectés aux crématoires de Birkenau se soulèvent contre les SS. C’est la seule révolte armée de l’histoire du camp.
Les membres du Sonderkommando sont contraints d’accompagner les déportés jusqu’aux chambres à gaz, d’en extraire les corps et de les brûler. Témoins directs de l’extermination, ils sont eux-mêmes assassinés à intervalles réguliers et remplacés. À l’automne 1944, la déportation des Juifs de Hongrie est achevée et les convois se raréfient. 200 hommes du commando ont été tués en septembre. Le 7 octobre au matin, la résistance du camp fait savoir que 300 autres doivent être désignés pour un prétendu transfert.
Un soulèvement général était en préparation depuis des mois. De la poudre, dérobée par petites quantités à l’usine d’armement Weichsel-Union-Metallwerke par des détenues juives, avait été transmise aux crématoires par l’intermédiaire de Róża Robota. Les hommes du crématoire IV n’attendent pas le signal. À l’appel de l’après-midi, ils attaquent les SS à coups de haches, de marteaux et de pierres, puis incendient le bâtiment. Au crématoire II, un kapo allemand est jeté vivant dans un four ; les détenus coupent les barbelés et s’enfuient vers le village de Rajsko, où ils sont rattrapés et tués.
Trois SS sont morts et une dizaine blessés. Sur les 663 membres que comptait le Sonderkommando ce jour-là, 451 sont tués pendant les combats ou fusillés dans les heures qui suivent. Le crématoire IV, hors d’usage, n’est pas remis en service.
L’enquête de la Gestapo du camp remonte jusqu’à l’usine. Róża Robota, Ala Gertner, Regina Safirsztajn et Estera Wajcblum sont torturées sans livrer aucun nom et pendues devant les détenues au début de janvier 1945, trois semaines avant l’arrivée de l’Armée rouge. Plusieurs manuscrits enterrés par des membres du Sonderkommando près des crématoires ont été retrouvés après la guerre.
7 octobre 1944 : mort de Helmut Lent, as de la chasse de nuit allemande (Paderborn).
Le lieutenant-colonel Helmut Lent, commandant de la Nachtjagdgeschwader 3, meurt à 26 ans des suites d’un accident survenu l’avant-veille. Avec 110 victoires, dont 102 de nuit, il est alors le premier des chasseurs de nuit de la Luftwaffe.
Le 5 octobre, à 12 h 46, il décolle de Stade aux commandes d’un Junkers 88 G-6 codé D5+AA pour un vol de liaison. Il doit rencontrer à Paderborn son camarade Hans-Joachim Jabs, qui commande la Nachtjagdgeschwader 1. Le temps est clair. En approche du terrain de Nordborchen, le moteur gauche s’arrête. L’appareil heurte une ligne à haute tension et s’écrase vers 13 h 20. Le radio Walter Kubisch, qui volait avec Lent depuis 1939, et le lieutenant Hermann Klöss meurent le jour même. Le correspondant de guerre Werner Kark succombe le lendemain, Lent le surlendemain.
Né le 13 juin 1918 à Pyrehne, dans le Brandebourg oriental, fils de pasteur, Lent entre dans la Luftwaffe en 1936. Il vole sur chasseur lourd Messerschmitt 110 en Pologne, où il remporte sa première victoire le 2 septembre 1939, puis au-dessus de la baie d’Heligoland et en Norvège. Son unité est versée dans la chasse de nuit à l’automne 1940. Il y obtient son premier succès nocturne en mai 1941, depuis Leeuwarden, aux Pays-Bas, sur la route des bombardiers britanniques.
Son palmarès suit la montée en puissance du Bomber Command : 50 victoires de nuit au début de 1943, 100 dans la nuit du 15 au 16 juin 1944, total qu’il est le premier à atteindre. Il reçoit le 31 juillet 1944 les brillants de la croix de chevalier, plus haute distinction militaire allemande, attribuée à 27 hommes pendant la guerre. Un seul autre chasseur de nuit la recevra : Heinz-Wolfgang Schnaufer, qui terminera la guerre avec 121 victoires.
7 octobre 1946 : service militaire recréé.
Une loi fixe à 12 mois la durée du service actif.
La convention d’armistice du 22 juin 1940 n’a laissé à la France, en métropole, qu’une armée de 100 000 hommes recrutée par engagement. L’appel du contingent a cessé. Le régime de Vichy lui a substitué les Chantiers de la jeunesse, stage obligatoire de huit mois sans instruction militaire, créés en juillet 1940 pour encadrer les recrues démobilisées.
À la Libération, l’armée se reconstitue par l’amalgame des forces venues d’Afrique du Nord et des Forces françaises de l’intérieur, puis par la mobilisation de plusieurs classes pour la fin de la guerre contre l’Allemagne. Le recrutement repose toujours, en droit, sur la loi du 31 mars 1928. Le texte de 1946 en rétablit l’application régulière pour le temps de paix, avec un service d’un an.
Cette durée ne tient que quatre ans. La guerre de Corée et le réarmement atlantique la font porter à 18 mois par la loi du 30 novembre 1950. Les appelés ne sont pas envoyés en Indochine, où ne combattent que des militaires de carrière, des engagés et des troupes coloniales. Ils le seront en Algérie, où la durée effective du service atteindra de 27 à 30 mois.
7 octobre 1947 : opération Léa (Indochine).
Le commandement français lance dans la haute région du Tonkin la plus vaste opération entreprise depuis le début de la guerre d’Indochine. Elle doit détruire le « réduit » du Viêt-minh, compris entre Cho Chu, Tuyen Quang, Chiem Hoa et Cho Ra, capturer le gouvernement de Hô Chi Minh et couper le mouvement de ses approvisionnements chinois.
Depuis l’insurrection de Hanoï, le 19 décembre 1946, les Français ont repris la capitale, Haïphong et le delta. Le gouvernement de la République démocratique du Viêt Nam s’est replié dans le massif calcaire du Viêt Bac, entre Thai Nguyen et Bac Kan. Le général Valluy, commandant en chef, veut y porter un coup qui abrège la guerre. Le général Salan, qui commande les troupes du Tonkin, estimait qu’il fallait 50 000 hommes. L’insurrection de Madagascar ayant détourné des renforts, il en engage environ 13 000.
La manœuvre combine 3 groupements :
- Le groupement aéroporté du lieutenant-colonel Sauvagnac, soit 1 200 hommes de la demi-brigade de marche parachutiste, doit s’emparer par surprise du cœur du réduit.
- Le groupement B du colonel Beaufre, 8 000 hommes avec le 3e régiment étranger d’infanterie, le régiment d’infanterie coloniale du Maroc et des tirailleurs marocains, part de Lang Son et remonte la route coloniale 4 jusqu’à Cao Bang avant de rabattre sur Bac Kan par la route coloniale 3.
- Le groupement C du colonel Communal, 4 000 hommes, remonte la rivière Claire et le Song Gam sur les engins des divisions navales d’assaut. L’opération tire son nom d’un col de la route coloniale 3.
Le 7 octobre, 700 hommes du 1er bataillon parachutiste de choc et de l’état-major de la demi-brigade, transportés par 19 avions, sautent sur Bac Kan en deux vagues, à 08 h 15 et 10 h 45. À 14 h 52, 230 hommes du III/1er régiment de chasseurs parachutistes sont largués sur Cho Moi. Les deux localités sont prises dans la journée. Le soir même, la colonne Beaufre quitte Lang Son.
La surprise est réelle. Truong Chinh, secrétaire général du parti, et Hoang Van Thai, chef d’état-major général, se trouvent à Bac Kan et échappent de peu aux parachutistes. Hô Chi Minh et Vo Nguyen Giap sont alors plus à l’ouest, d’après les mémoires de ce dernier. Le ministre Nguyen Van To est tué. Les Français saisissent des archives, le poste émetteur de La Voix du Viêt Nam, une partie du trésor et des ateliers d’armement. Le noyau du pouvoir viêt-minh leur échappe pourtant, dispersé dans la forêt.
La suite ne se déroule pas comme prévu. Une crue du fleuve Rouge retient deux jours la flottille de Communal sous le pont Doumer, à Hanoï. Cao Bang est prise le 9 octobre par un nouveau largage de 369 parachutistes, malgré la perte de l’avion de tête. Beaufre n’y parvient que le 12 et ne fait sa jonction avec les parachutistes de Bac Kan que le 16, au col de Deo Giang. Communal occupe Tuyen Quang le 13 et rejoint les parachutistes à Chiem Hoa le 17. La tenaille se ferme sur des unités qui se sont déjà fractionnées.
À partir du 15 octobre, le Viêt-minh passe aux embuscades sur les axes : sur la route coloniale 2 le 22, à Khoan Bo le 23, à Phu Doan le 24, où un chaland de débarquement est perdu avec 38 tués, puis sur la route coloniale 4, au nord de That Khê, le 30. Léa prend fin le 15 novembre. L’opération Ceinture la prolonge jusqu’au 22 décembre, plus au sud, autour de Thai Nguyen.
Salan chiffre les pertes françaises des deux opérations à 40 tués, 40 disparus et 580 blessés. Les archives de l’armée de terre retiennent, côté viêt-minh, 533 tués et 119 prisonniers pour Léa, 260 tués et 49 prisonniers pour Ceinture. La route coloniale 4 est rouverte jusqu’à Cao Bang, la zone minière de Nguyen Binh réoccupée, une chaîne de postes installée le long de la frontière. L’objectif politique est manqué. Ces mêmes postes, isolés, seront évacués dans le désastre d’octobre 1950.
7 octobre 1949 : fondation de la République démocratique allemande (Berlin-Est).
Dans la zone d’occupation soviétique, le Conseil du peuple allemand se constitue en Chambre du peuple provisoire et met en vigueur la constitution d’un second État allemand. La division de l’Allemagne, amorcée par la réforme monétaire et le blocus de Berlin en 1948, est consommée.
La République fédérale a été fondée à l’ouest le 23 mai 1949 et son premier gouvernement, dirigé par Konrad Adenauer, formé en septembre. Moscou répond en donnant à sa zone la forme d’un État. Wilhelm Pieck est élu président le 11 octobre et Otto Grotewohl forme le gouvernement le lendemain. L’administration militaire soviétique transfère ses attributions aux nouvelles autorités et se transforme en commission de contrôle. Le pouvoir réel appartient au Parti socialiste unifié, le SED, et à son homme fort, Walter Ulbricht.
La RDA n’a pas d’armée à sa naissance. Des unités de police encasernée en tiennent lieu à partir de 1952. L’Armée populaire nationale est créée en 1956, après l’adhésion du pays au pacte de Varsovie. Plusieurs centaines de milliers de soldats soviétiques y stationnent pendant toute la guerre froide.
Le 7 octobre devient fête nationale. Le 40e anniversaire, célébré en 1989 en présence de Mikhaïl Gorbatchev, est le dernier : le Mur tombe le 9 novembre et la RDA disparaît le 3 octobre 1990.
7 octobre 1950 : l’ONU autorise le franchissement du 38e parallèle (guerre de Corée).
L’Assemblée générale des Nations unies adopte, par 47 voix contre 5 et 7 abstentions, la résolution 376 (V). Le texte recommande de prendre toutes les mesures propres à assurer la stabilité dans l’ensemble de la Corée et prévoit des élections sous l’égide de l’organisation en vue d’un État unifié. Il donne une couverture politique à la poursuite de l’offensive au nord de l’ancienne ligne de démarcation.
Le débarquement d’Inchon, le 15 septembre, a renversé le cours de la guerre. Séoul est reprise à la fin du mois et l’armée nord-coréenne se désagrège. La 3e division sud-coréenne a franchi le parallèle dès le 1er octobre sur la côte est. Le jour du vote, les premières patrouilles de la 1re division de cavalerie américaine le passent à leur tour au nord de Kaesong. Le gros suit le 9. Pyongyang tombe le 19 octobre.
Pékin avait prévenu. Dans la nuit du 2 au 3 octobre, Zhou Enlai a déclaré à l’ambassadeur de l’Inde, K. M. Panikkar, que la Chine interviendrait si des troupes américaines entraient en Corée du Nord. Washington n’y voit qu’une manœuvre d’intimidation. Le 8 octobre, Mao Zedong ordonne la formation des « volontaires du peuple chinois », confiés à Peng Dehuai. Ils commencent à traverser le Yalou le 19 et attaquent le 25. À la fin de novembre, leur seconde offensive rejette les forces des Nations unies au sud du parallèle.
Le même jour, l’armée chinoise entre au Tibet.
7 octobre 1950 : les gardes rouges entrent au Tibet (Chine actuelle).
Le gros de la 18e armée chinoise franchit le haut Yangzi, qui sépare le Tibet administré par Lhassa des territoires déjà tenus par Pékin, et marche sur Chamdo. Les premiers éléments ont traversé la veille. Environ 40 000 soldats sont engagés contre 8 000 hommes de l’armée tibétaine, dispersés, médiocrement armés et sans réserves.
Pékin considère le Tibet comme une partie de la Chine et a annoncé sa « libération » dès le 1er janvier 1950. Des pourparlers engagés à New Delhi avec une délégation tibétaine n’ont pas abouti. L’opération est conduite par le commandement militaire du Sud-Ouest, que dirigent Liu Bocheng et Deng Xiaoping.
Les colonnes chinoises convergent sur Chamdo par le nord, l’est et le sud pour couper la retraite de la garnison. Le gouverneur, Ngabo Ngawang Jigme, abandonne la ville, qui est occupée le 19 octobre. Encerclé sur la route de Lhassa, il se rend avec ses troupes. Les prisonniers sont désarmés et renvoyés chez eux.
L’armée chinoise s’arrête alors et Pékin propose de négocier. À Lhassa, le quatorzième dalaï-lama, Tenzin Gyatso, âgé de quinze ans, reçoit les pleins pouvoirs le 17 novembre. L’appel adressé aux Nations unies, relayé par le Salvador, est ajourné. Une délégation conduite par Ngabo signe à Pékin, le 23 mai 1951, l’accord en dix-sept points qui reconnaît la souveraineté chinoise en échange du maintien des institutions tibétaines. Les troupes chinoises entrent à Lhassa à l’automne 1951. Le dalaï-lama y demeure jusqu’au soulèvement de mars 1959, à la suite duquel il se réfugie en Inde.
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Podcast tiré de l’émission « 2000 ans d’Histoire » sur France Inter, animée par Patrice Gélinet.

7 octobre 1958 : naissance du programme Mercury.
6 jours après l’entrée en activité de la NASA, son administrateur, T. Keith Glennan, donne son accord au projet de satellite habité que lui présentent les ingénieurs du centre de Langley. Le programme reçoit le nom de Mercury à la fin de novembre et est annoncé au public le 17 décembre.

La nouvelle agence civile a été créée en réaction au lancement de Spoutnik, un an plus tôt. Elle absorbe les études militaires concurrentes, dont le projet Man in Space Soonest de l’armée de l’air. Trois objectifs sont fixés : placer un homme en orbite autour de la Terre, observer son aptitude à vivre et à travailler en impesanteur, le récupérer sain et sauf avec son vaisseau. L’équipe de Langley, dirigée par Robert Gilruth, retient les solutions les plus simples et des lanceurs existants, tous dérivés de missiles : la fusée Redstone de l’armée de terre pour les vols suborbitaux, le missile intercontinental Atlas pour l’orbite.
La capsule, dessinée par Maxime Faget et construite par McDonnell, est un cône de 3,3 mètres de long et de moins d’une tonne et demie, où un seul homme tient allongé, dos au bouclier thermique. Une tour de sauvetage l’arrache au lanceur en cas de défaillance. Le retour s’achève sous parachute en mer.
Les sept astronautes, tous pilotes d’essai militaires, sont présentés le 9 avril 1959. 20 vols sans équipage, dont plusieurs échecs et 2 vols de chimpanzés, précèdent ou accompagnent 6 vols habités. Alan Shepard effectue le 5 mai 1961 un saut suborbital de 15 minutes, culminant à 187 km, 3 semaines après le vol orbital de Youri Gagarine. Virgil Grissom le suit le 21 juillet ; sa capsule coule après l’amerrissage. John Glenn accomplit trois révolutions le 20 février 1962. Scott Carpenter et Walter Schirra volent la même année. Gordon Cooper clôt le programme les 15 et 16 mai 1963 par un vol de 22 orbites en 34 heures.
Aucun astronaute n’est perdu. Le programme, qui a coûté 277 millions de dollars de l’époque, cède la place à Gemini, vaisseau biplace destiné à mettre au point le rendez-vous orbital, puis à Apollo.

Six vols spatiaux habités (et dix-neuf vols sans astronaute) ont lieu entre 1959 et 1963 : deux vols suborbitaux effectués par un lanceur Mercury-Redstone et quatre vols orbitaux realisés par un lanceur Atlas. La mission Mercury-Redstone 3 (5 mai 1961) avec à son bord l’astronaute Alan Shepard, premier vol spatial habité américain, parcourt une trajectoire balistique culminant à 186 km. Le premier vol orbital a lieu le 20 février 1962 par Mercury-Atlas 6 (astronaute : John Glenn), qui boucle trois révolutions autour de la Terre. La sixième mission habitée est la plus longue : la capsule de Mercury-Atlas 9 (astronaute : Gordon Cooper) parcourt 22 orbites en environ 36 heures. Le programme ne connaît aucun échec, malgré des défaillances parfois graves de la capsule Mercury.
La capsule Mercury est un véhicule spatial minimaliste de 1,5 tonne et de forme conique, conçu pour accueillir un seul astronaute et doté de moteurs d’orientation lui permettant des manœuvres limitées une fois placé en orbite ainsi que de rétrofusées pour sa rentrée dans l’atmosphère. À la base du cône est placé un bouclier thermique constitué d’un matériau ablatif qui permet au vaisseau de résister à la température engendrée par sa rentrée atmosphérique à très grande vitesse dans les couches denses de l’atmosphère. Une tour de sauvetage située au sommet du véhicule doit permettre d’écarter la capsule Mercury en cas de défaillance du lanceur durant la phase propulsée. La récupération du véhicule spatial se fait en pleine mer.
Le programme Mercury est suivi du programme Gemini qui utilise un véhicule spatial beaucoup plus sophistiqué pour la mise au point des techniques de vol spatial et des technologies nécessaires au programme Apollo.
7 octobre 1958 : coup d’État au Pakistan, l’armée prend le pouvoir.
Le président Iskander Mirza abroge la constitution, dissout les assemblées, renvoie le gouvernement de Firoz Khan Noon, interdit les partis et proclame la loi martiale. Il en confie l’application au commandant en chef de l’armée, le général Mohammad Ayub Khan.
11 ans après l’indépendance, le pays n’a encore connu aucune élection générale. 7 premiers ministres se sont succédé. La constitution de mars 1956 n’a pas apaisé l’opposition entre les deux ailes du pays, séparées par 1 600 km de territoire indien, et des élections étaient annoncées pour le début de 1959. L’armée, équipée par les États-Unis depuis l’entrée du Pakistan dans l’OTASE en 1954 et dans le pacte de Bagdad en 1955, est la seule institution solide de l’État.
Mirza pensait gouverner avec l’appui des militaires. Il est écarté le 27 octobre par Ayub Khan, qui le contraint à l’exil à Londres et se proclame président. Promu maréchal, Ayub Khan dirige le pays jusqu’en mars 1969 et conduit la guerre de 1965 contre l’Inde. 2 autres généraux prendront le pouvoir par la force après lui : Zia ul-Haq en 1977 et Pervez Musharraf en 1999.
7 octobre 1959 : la sonde soviétique Luna 3 photographie la face cachée de la Lune.
Pour la première fois, des hommes voient l’hémisphère lunaire qui reste en permanence invisible depuis la Terre.
Lancée le 4 octobre 1959 de Tiouratam, au Kazakhstan, 2 ans jour pour jour après Spoutnik, la sonde de 278 kg suit une trajectoire qui la fait passer au sud de la Lune, puis remonter derrière elle. Elle la survole à quelque 6 200 km le 6 octobre. Le 7, à environ 65 000 km, face au disque entièrement éclairé par le Soleil, elle s’oriente et prend 29 clichés en 40 minutes. C’est le premier engin spatial stabilisé sur ses trois axes.
Le film est développé, fixé et séché à bord, puis analysé ligne à ligne par un dispositif de télévision. Les images sont transmises lorsque la sonde se rapproche de la Terre. 17 sont exploitables. Elles couvrent environ 70 % de la face cachée et montrent un relief très différent de la face visible : peu de « mers » sombres, un terrain presque uniformément cratérisé. Les astronomes soviétiques nomment la mer de Moscou et le cratère Tsiolkovski. Un premier atlas paraît en 1960.
Le lanceur est une version à trois étages de la R-7, premier missile intercontinental soviétique. Publiées dans le monde entier à la fin d’octobre, les photographies confirment l’avance prise par l’URSS, un an après la création de la NASA.
7 octobre 1967 : arrestation de Che Guevara en Bolivie. Il est exécuté 2 jours plus tard.
Ernesto Guevara n’est pas arrêté le 7 octobre mais le lendemain. Le 7, il rédige la dernière note de son journal de campagne. Il y relève que la guérilla atteint son onzième mois « sans complications » et qu’une vieille femme menant ses chèvres a surpris le groupe dans le ravin où il se cache. Les guérilleros lui ont remis 50 pesos pour acheter son silence, sans y croire. Ils ne sont plus que 17.

Né à Rosario, en Argentine, le 14 juin 1928, médecin de formation, Guevara a rejoint Fidel Castro au Mexique en 1955 et commandé l’une des colonnes de la guérilla cubaine. Après la victoire de janvier 1959, il préside à la forteresse de La Cabaña les tribunaux révolutionnaires qui font fusiller, selon les estimations, de plusieurs dizaines à plus d’une centaine d’hommes de l’ancien régime, puis dirige la Banque nationale et le ministère de l’Industrie. Partisan d’une industrialisation à marche forcée et de l’alignement sur le bloc soviétique, il s’en éloigne et dénonce à Alger, en février 1965, l’égoïsme des pays socialistes envers le tiers-monde. Il disparaît ensuite de la vie publique.
Sa théorie du « foyer » veut qu’un noyau de guérilleros suffise à créer les conditions d’une révolution. Il la met à l’épreuve en Afrique. D’avril à novembre 1965, il combat avec une centaine de Cubains aux côtés des rebelles congolais de Laurent-Désiré Kabila, sur la rive occidentale du lac Tanganyika. L’expédition se termine par une évacuation. Il entre clandestinement en Bolivie en novembre 1966 et installe une cinquantaine d’hommes dans la région de Ñancahuazú. Le parti communiste bolivien refuse de le suivre, les paysans ne s’engagent pas, et le groupe, coupé en deux dès le printemps, est traqué par une armée que conseillent les États-Unis.
Le 8 octobre, renseignée par un paysan, une compagnie du 2e bataillon de rangers, formé les mois précédents par des instructeurs des forces spéciales américaines, encercle le ravin du Yuro. Blessé à la jambe, sa carabine brisée par une balle, Guevara est capturé par les hommes du capitaine Gary Prado et conduit à l’école du village de La Higuera. L’ordre de l’exécuter arrive de La Paz le lendemain. Un agent de la CIA d’origine cubaine, Félix Rodríguez, est présent ; il a affirmé que Washington souhaitait le garder en vie. Le sergent Mario Terán l’abat vers 13 heures, le 9 octobre.
Le corps est exposé à Vallegrande, puis enterré en secret après qu’on lui a tranché les mains pour identification. Les restes sont retrouvés en 1997 et transférés à Santa Clara, à Cuba.
7 octobre 1973 : décès de l’ingénieur aéronautique Lucien Servanty (Toulouse).
Lucien Servanty meurt subitement à Blagnac, à 64 ans, alors que les essais en vol du supersonique dont il dirigeait la conception pour la partie française se poursuivent.
Né à Paris en 1909, fils d’un instructeur de voltige, il entre en 1931 au bureau d’études de Breguet, puis en 1937 à la Société nationale des constructions aéronautiques du Sud-Ouest, qui vient de reprendre les usines Bloch. Il y travaille sur les chasseurs Bloch 155 et 157. Sous l’Occupation, il étudie clandestinement un avion à réaction. Le SO.6000 Triton vole le 11 novembre 1946 à Orléans-Bricy, propulsé par un réacteur allemand Jumo 004 : c’est le premier avion à réaction français.
Suivent le SO.6020 Espadon, prototype de chasseur à réaction à voilure en flèche, en 1948, et surtout le SO.9000 Trident, intercepteur à propulsion mixte, turboréacteurs et moteur-fusée, qui vole en 1953 et dépasse Mach 1,5. Aucun de ces prototypes n’est commandé en série, mais ils forment la génération d’ingénieurs et de pilotes d’essai qui rend possible la suite.
Entré à Sud-Aviation, à Toulouse, en 1959, Servanty y prend la direction technique du bureau d’études et étudie un transport supersonique moyen-courrier, la Super-Caravelle. Après l’accord franco-britannique du 29 novembre 1962, il devient directeur technique du programme Concorde pour la France, face à son homologue de la British Aircraft Corporation, William Strang. L’entente entre les deux hommes aide le projet à traverser ses crises politiques et budgétaires. Le prototype 001 vole à Toulouse le 2 mars 1969, aux mains d’André Turcat, et atteint Mach 2 en novembre 1970.
Servanty ne voit pas l’entrée en service commercial, le 21 janvier 1976. Il est inhumé à Aulnay-sous-Bois. Une avenue de Blagnac, qui longe le siège d’Airbus, porte son nom.

7 octobre 1976 : mort de Gilbert Sardier, as de la Grande Guerre (Clermont-Ferrand).
Le lieutenant Gilbert Sardier meurt à 79 ans dans sa région natale. Titulaire de 15 victoires homologuées, dont 5 sur des ballons d’observation, il avait pris le commandement d’une escadrille de chasse à 21 ans.
Né à Riom le 5 mai 1897, il s’engage pendant la guerre et passe dans l’aviation. Breveté pilote, il est affecté le 29 septembre 1916 à l’escadrille N 77, qui vient d’être formée à Lyon-Bron sur Nieuport et opère en Lorraine avec la 8e armée. L’unité, passée sur Spad en 1917, compte dans ses rangs plusieurs sportifs connus, dont le capitaine du XV de France Maurice Boyau, autre spécialiste de l’attaque des ballons.
Sardier remporte l’essentiel de ses victoires en 1918. Le 15 mai, près du Mesnil-Saint-Firmin, dans l’Oise, il quitte sa patrouille et abat seul deux monoplaces allemands. Le 4 juin, au nord de Château-Thierry, il incendie deux ballons. Ces actions, menées alors que son unité appuie des troupes américaines, lui valent la Distinguished Service Cross, à laquelle s’ajoutent la Légion d’honneur, la médaille militaire, la croix de guerre et la Military Medal britannique.
Le 23 juillet 1918, il reçoit le commandement de l’escadrille SPA 48, celle du coq gaulois, qu’il conduit jusqu’à l’armistice. Le 14 septembre, pendant l’offensive de Saint-Mihiel, il attaque encore deux ballons.
Rendu à la vie civile, il se consacre à l’aviation en Auvergne. Il fonde le 8 mai 1920 l’Aéro-Club d’Auvergne, qu’il préside pendant de longues années et qui anime le terrain d’Aulnat, près de Clermont-Ferrand. Sous l’Occupation, il dirige à Clermont-Ferrand la Légion française des combattants, organisation d’anciens combattants créée par le régime de Vichy en août 1940.
7 octobre 1985 : détournement du paquebot Achille Lauro (au large de l’Égypte).
4 membres du Front de libération de la Palestine, faction dirigée par Aboul Abbas, s’emparent du paquebot italien entre Alexandrie et Port-Saïd. La plupart des passagers ont débarqué le matin pour une excursion aux pyramides ; il en reste une centaine à bord, avec plus de 300 membres d’équipage.
Le commando devait, semble-t-il, attendre l’escale israélienne d’Ashdod pour y mener une attaque. Surpris par un steward alors qu’il manipulait ses armes, il prend le contrôle du navire et exige la libération de cinquante Palestiniens détenus en Israël. Le paquebot fait route vers la Syrie, qui lui refuse l’entrée du port de Tartous. Le 8 octobre, les pirates abattent Leon Klinghoffer, un retraité juif américain de 69 ans, handicapé, et jettent à la mer son corps et son fauteuil roulant.
Revenu devant Port-Saïd, le commando se rend le 9 octobre aux autorités égyptiennes, qui lui ont promis un sauf-conduit par l’entremise d’Aboul Abbas. Le meurtre n’est connu qu’ensuite. Le 10 au soir, le Boeing 737 d’EgyptAir qui emmène les quatre hommes et Aboul Abbas vers Tunis est intercepté au-dessus de la Méditerranée par des F-14 du porte-avions Saratoga et contraint de se poser sur la base de Sigonella, en Sicile.
Sur la piste, les commandos américains qui entourent l’appareil sont à leur tour encerclés par les carabiniers et les aviateurs italiens. Le président du Conseil, Bettino Craxi, refuse de livrer les prisonniers ; Washington renonce dans la nuit. Les quatre pirates sont jugés et condamnés en Italie. Aboul Abbas, que Rome laisse repartir pour la Yougoslavie, est condamné par contumace à la réclusion à perpétuité. Capturé par les forces américaines à Bagdad en avril 2003, il meurt en détention l’année suivante.
7 octobre 1993 : Bill Clinton annonce le retrait américain de Somalie.
Quatre jours après la bataille de Mogadiscio, le président des États-Unis s’adresse au pays depuis la Maison-Blanche. Les forces américaines auront quitté la Somalie au plus tard le 31 mars 1994.
Les 3 et 4 octobre, un raid des rangers et de la Delta Force contre l’entourage du chef de faction Mohamed Farah Aïdid a tourné à l’affrontement urbain après la destruction de 2 hélicoptères Black Hawk. 18 soldats américains ont été tués et plus de 70 blessés. Un pilote, Michael Durant, est prisonnier. Les pertes somaliennes se comptent par centaines. Les images de corps de soldats traînés dans les rues ont fait le tour des télévisions.
Clinton annonce dans un premier temps l’envoi de renforts : 1 700 soldats de l’armée de terre, une centaine de blindés, un porte-avions et 3 600 Marines maintenus au large, pour protéger les troupes et rouvrir les axes. Il renonce en même temps à la capture d’Aïdid, objectif fixé en juin après la mort de 24 casques bleus pakistanais, et charge le diplomate Robert Oakley de renouer avec lui. Durant est libéré le 14 octobre.
Les derniers soldats américains quittent Mogadiscio en mars 1994, l’opération des Nations unies s’achève en mars 1995 sans avoir rétabli d’État. L’épisode pèse durablement sur la politique américaine. Une directive présidentielle de mai 1994 restreint la participation des États-Unis aux opérations de paix, et Washington s’oppose, le même printemps, à tout renforcement de la mission de l’ONU au Rwanda pendant le génocide.
7 octobre 1995 : premier vol du Mitsubishi F-2 (Japon).
Le premier des 4 prototypes du chasseur d’appui japonais, sorti d’usine en janvier à Komaki, près de Nagoya, effectue son vol inaugural. L’avion est un dérivé du F-16C américain, développé par Mitsubishi Heavy Industries avec General Dynamics, puis Lockheed Martin.
Le programme, connu sous le nom de FS-X, est lancé au milieu des années 1980 pour remplacer le Mitsubishi F-1 dans l’attaque antinavire. L’industrie japonaise veut un appareil entièrement national. Washington, en plein contentieux commercial avec Tokyo, s’y oppose. Les gouvernements Reagan et Nakasone annoncent en octobre 1987 un compromis : le futur avion sera construit au Japon sur la base du F-16, et l’industrie américaine recevra environ 40 % de la charge de travail. L’accord soulève en 1989 une vive controverse au Congrès, où l’on craint un transfert de technologie au profit d’un concurrent.
Le F-2 ne garde du F-16 que la silhouette. La voilure, agrandie d’un quart et réalisée en matériaux composites, permet d’emporter 4 missiles antinavires. Le nez, plus long et plus large, abrite le radar J/APG-1 de Mitsubishi Electric, premier radar à antenne active monté sur un avion de combat de série. Plus de 95 % des plans d’origine ont été modifiés.
L’appareil entre en service en 2000. Son coût unitaire, plusieurs fois supérieur à celui d’un F-16 de dernière version, conduit Tokyo à ramener la commande à 98 exemplaires, prototypes compris. Le dernier sort de chaîne en 2011. Le F-2 équipe toujours la Force aérienne d’autodéfense japonaise.

7 octobre 1996 : l’ultimatum aux Banyamulenge, déclencheur de la première guerre du Congo (Zaïre).
À Bukavu, le vice-gouverneur du Sud-Kivu, Lwasi Ngabo Lwabanji, donne une semaine aux Banyamulenge pour quitter la province, faute de quoi ils seront traités en rebelles. Les relevés d’époque des Nations unies datent la déclaration du 8 octobre, d’autres sources du 7.
Les Banyamulenge sont des éleveurs tutsis installés depuis plusieurs générations sur les hauts plateaux qui dominent Uvira. Une loi de 1981 a remis en cause leur nationalité zaïroise. Leur situation s’est dégradée après le génocide de 1994 au Rwanda : plus d’un million de réfugiés hutus se sont établis dans des camps du Kivu, parmi lesquels les anciennes forces armées rwandaises et les milices qui y ont réorganisé leurs unités et lancent des raids de l’autre côté de la frontière. À partir de l’été 1996, de jeunes Banyamulenge formés et armés par le Rwanda s’infiltrent au Sud-Kivu. Le 6 octobre, une attaque contre l’hôpital de Lemera fait plus de trente morts, malades et soldats zaïrois en traitement.
L’ultimatum donne à Kigali le motif d’une intervention préparée de longue date. Le 18 octobre est annoncée la création de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo, dont Laurent-Désiré Kabila devient le porte-parole. Appuyée par l’armée rwandaise, puis par l’Ouganda et l’Angola, la rébellion prend Uvira le 24 octobre, Bukavu le 30 et Goma le 1er novembre. Les camps sont démantelés à coups de mortier. Plusieurs centaines de milliers de réfugiés rentrent au Rwanda ; d’autres, pourchassés vers l’ouest à travers la forêt, sont massacrés par dizaines de milliers, selon l’enquête ultérieure des Nations unies.
L’armée zaïroise, impayée et sans commandement, ne livre presque aucun combat. Kinshasa tombe le 17 mai 1997, sept mois après l’ultimatum. Le maréchal Mobutu, au pouvoir depuis 1965, meurt en exil au Maroc en septembre.
7 octobre 2001 : début de l’opération Enduring Freedom en Afghanistan.
26 jours après les attentats du 11 septembre, les États-Unis et le Royaume-Uni ouvrent les hostilités contre le régime des talibans, qui a refusé de livrer Oussama ben Laden.
Les premières explosions sont entendues à Kaboul peu avant 21 heures, heure locale. La première nuit engage 15 bombardiers B-1, B-2 et B-52, dont des B-2 partis du Missouri, 25 avions d’assaut des porte-avions Carl Vinson et Enterprise, et 50 missiles de croisière Tomahawk tirés par des bâtiments américains et des sous-marins britanniques. Sont visés les radars, les batteries antiaériennes, les aérodromes, les centres de commandement et les camps d’Al-Qaïda autour de Kaboul, Kandahar, Jalalabad, Hérat et Mazar-e-Charif. Des avions-cargos larguent en parallèle des rations alimentaires. Quelques heures plus tard, la chaîne Al-Jazira diffuse un enregistrement vidéo de Ben Laden.
La campagne associe ensuite l’aviation à de petites équipes de forces spéciales et de la CIA, insérées auprès des chefs de l’Alliance du Nord pour guider les frappes. Mazar-e-Charif tombe le 9 novembre, Kaboul le 13, Kandahar le 7 décembre. Ben Laden s’échappe du massif de Tora Bora vers le Pakistan. Un gouvernement intérimaire dirigé par Hamid Karzaï est constitué à la conférence de Bonn et le Conseil de sécurité autorise, le 20 décembre, une force internationale d’assistance à la sécurité.
La France s’engage dès l’automne par des missions de reconnaissance et de ravitaillement en vol, puis par le déploiement du groupe aéronaval du Charles de Gaulle en océan Indien. Elle perd 90 militaires en Afghanistan jusqu’au retrait de ses unités combattantes, en 2012.
La guerre dure près de vingt ans. Les talibans reprennent Kaboul le 15 août 2021 et les derniers soldats américains quittent le pays le 30 août.
7 octobre 2004 : attentats de Taba et de Ras Chitan (Sinaï, Égypte).
Vers 22 h 00, un véhicule piégé explose dans le hall de l’hôtel Hilton de Taba, à quelques centaines de mètres du poste-frontière israélien d’Eilat. Une aile de 10 étages s’effondre. 01 h 30 plus tard, 2 autres voitures piégées explosent dans des campements de bungalows à Ras Chitan, près de Noueiba, une cinquantaine de kilomètres plus au sud.
Le bilan s’établit à 34 morts et plus de 150 blessés. Parmi les tués figurent au moins 12 Israéliens, des employés égyptiens, des touristes italiens et russes. Plusieurs milliers d’Israéliens séjournaient dans le Sinaï pour la fin de la fête de Souccot, malgré les mises en garde de leur gouvernement. Le Caire autorise les équipes de secours de l’armée israélienne à franchir la frontière pour dégager les décombres.
Ce sont les premiers attentats de masse commis en Égypte depuis le massacre de Louxor, en 1997, et les premiers à frapper le Sinaï, rendu par Israël entre 1979 et 1982 et dont Taba fut la dernière parcelle restituée, en 1989, après arbitrage. L’enquête égyptienne désigne une cellule locale, formée de Bédouins et de Palestiniens d’El-Arich. La répression est massive : les organisations de défense des droits de l’homme font état de plusieurs milliers d’arrestations dans le nord de la péninsule.
Le même réseau frappe Charm el-Cheikh le 23 juillet 2005, où 88 personnes sont tuées, puis Dahab le 24 avril 2006. Ces attentats annoncent l’insurrection djihadiste qui s’installe dans le Nord-Sinaï après 2011.
7 octobre 2023 : attaque terroriste massive du Hamas à l’encontre de civils et de militaires israéliens.
À 06 h 29, au matin de la fête de Simhat Torah, plusieurs milliers de roquettes sont tirées de la bande de Gaza. Sous ce barrage, les commandos du Hamas et d’autres groupes armés palestiniens ouvrent des dizaines de brèches dans la barrière de sécurité, à l’explosif et au bulldozer, tandis que d’autres franchissent la frontière en parapente motorisé ou par la mer. Les postes d’observation ont été aveuglés par des drones.
Les assaillants attaquent les bases militaires de la division de Gaza, dont Nahal Oz et Réïm, une vingtaine de localités, parmi lesquelles les kibboutz de Be’eri, Kfar Aza et Nir Oz et la ville de Sdérot, ainsi que le festival de musique Nova, où plus de 360 personnes sont tuées. L’armée met plusieurs heures à engager des renforts et plus de deux jours à reprendre le contrôle de l’ensemble du secteur.
Environ 1 200 personnes sont tuées, en majorité des civils. Un décompte établi à partir des données de la sécurité sociale israélienne dénombre 695 civils israéliens, dont 36 mineurs, 71 étrangers et 373 membres des forces de sécurité. Une mission des Nations unies a conclu qu’il existait des motifs raisonnables de croire que des violences sexuelles avaient été commises en plusieurs lieux. 251 personnes, des nourrissons aux octogénaires, sont emmenées en otages à Gaza. Selon des enquêtes de la presse israélienne, l’armée a appliqué ce jour-là la directive dite Hannibal, qui prescrit d’empêcher un enlèvement même au risque de la vie des captifs.
Il s’agit de la journée la plus meurtrière de l’histoire d’Israël. La surprise est complète : le renseignement avait eu connaissance d’un plan d’attaque et d’indices dans la nuit, sans en tirer d’alerte. Israël déclare la guerre et engage contre Gaza une offensive aérienne puis terrestre.
Un cessez-le-feu entre en vigueur en octobre 2025. Les 20 derniers otages vivants sont libérés le 13 octobre ; la restitution des dépouilles s’étale sur les mois suivants.
7 octobre 2026 : vol inaugural pour le premier Gripen E assemblé au Brésil par Embraer.
Le premier chasseur Gripen E produit au Brésil a effectué son vol inaugural depuis le site d’Embraer à Gavião Peixoto, dans l’État de São Paulo, ont annoncé Embraer et Saab le 7 octobre 2026. L’appareil doit encore achever sa campagne d’essais et de réception avant d’être livré à la Force aérienne brésilienne.
Embraer et Saab ont annoncé, mercredi 7 octobre, la réussite du vol inaugural du premier Gripen E produit au Brésil. L’avion a décollé du complexe industriel d’Embraer à Gavião Peixoto, pour une mission destinée à vérifier le fonctionnement de ses principaux systèmes et à valider ses caractéristiques de vol.
Le vol a été réalisé par un pilote d’essai de Saab. Selon les deux industriels, il a confirmé les performances attendues de l’appareil et permis de recueillir les données nécessaires à la poursuite de la campagne d’essais en vol de production et de réception. Embraer indique avoir joué un rôle central dans la planification et l’exécution de ce vol, en coopération avec la Force aérienne brésilienne et Saab.
L’avion avait été présenté officiellement le 25 mars, à l’issue de son assemblage final par Embraer. Il est le premier des quinze exemplaires dont la production est prévue au Brésil dans le cadre du programme en cours. Le site de Gavião Peixoto abrite la seule ligne de production du Gripen hors de Suède et s’intègre, selon le communiqué, au réseau mondial de fabrication et d’approvisionnement de Saab.
Une fois la campagne d’essais et de réception achevée, l’appareil sera préparé pour sa livraison à la Force aérienne brésilienne. Il sera ensuite transféré sur la base aérienne d’Anápolis, dans l’État de Goiás, où il rejoindra le 1er Groupe de défense aérienne (1º GDA), unité qui met déjà en œuvre le Gripen E.
Le contrat signé en 2014 avec le gouvernement brésilien porte sur le développement et la production de 36 Gripen : 28 monoplaces Gripen E et huit biplaces Gripen F. Les livraisons ont débuté en 2020 et 10 appareils ont été remis à ce jour à la Force aérienne brésilienne.
Le programme comprend un volet de transfert de technologie et de coopération industrielle. Des ingénieurs, techniciens et spécialistes brésiliens travaillent aux côtés des équipes de Saab dans le développement, l’ingénierie, la fabrication, l’intégration et les essais en vol. Les deux entreprises présentent le vol inaugural comme le résultat de ce choix de la Force aérienne brésilienne, qui a structuré le programme autour de la participation de l’industrie locale et de la constitution de compétences nationales sur plus d’une décennie.
Pour Bosco da Costa Junior, président-directeur général d’Embraer Defense & Security, ce premier vol constitue « une étape historique pour l’industrie aérospatiale et de défense du pays ». Il y voit la confirmation d’« une stratégie de long terme » associant la Force aérienne brésilienne, l’expertise technologique de Saab et les capacités d’ingénierie et de production d’Embraer. Selon lui, les compétences acquises au fil des années sont devenues des capacités industrielles « réelles et éprouvées » au Brésil.
Marcus Wandt, responsable de la branche Aéronautique de Saab, estime pour sa part que ce vol montre que la production du Gripen au Brésil « a atteint un nouveau niveau de maturité ». Il juge que la coopération avec Embraer pose une base solide pour le développement futur de l’appareil dans le pays.
Le 21 juillet, Embraer et Saab ont annoncé la signature d’un protocole d’accord (Heads of Agreement) fixant le cadre d’un élargissement de leur coopération et de la poursuite des négociations en vue de nouveaux contrats. Ce document envisage la production potentielle de vingt Gripen supplémentaires, avec une extension ultérieure possible. Ils seraient assemblés à Gavião Peixoto, pour le marché brésilien comme pour l’exportation.
Selon les deux groupes, cette capacité brésilienne viendrait compléter la ligne d’assemblage final de Saab à Linköping, en Suède, afin de répondre à une demande internationale en hausse pour le Gripen. À ce stade, il s’agit d’un cadre de négociation et non d’une commande ferme.











