dimanche 14 avril 2024

Parachutisme : « Les oies sauvages vont vers le nord… »

Sur les rives de la Volga au nord de Moscou, une vingtaine de vétérans des troupes aéroportées françaises sont venus conquérir le Brevet de Parachutisme Militaire de 1er Degré Russe. Anciens des guerres d’Indochine et d’Algérie, 60 ans après la chute de Dien Bien Phu, ils ont coiffé leur béret rouge et endossé les antiques parachutes de l’Armée Rouge pour trois sauts mythiques en automatique depuis un biplan Antonov 2 datant de 1947. 

Voyage dans le temps et sensations garanties ! Un reportage photos de Thomas Goisque.

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Paras Russie

L’Histoire de la Préparation Militaire Parachutiste débute en Union soviétique. Les centres de parachutisme sportif regroupent des milliers d’adeptes. Suite au rapprochement franco-soviétique, Pierre Cot, ministre de l’Air, envoie une mission au centre d’instruction parachutiste de Touchino près de Moscou. Des officiers de l’armée de l’Air, Lefort, Durieux et Geille, un officier du Génie, Pechaud du Rieu, effectuent un stage du 15 mai au 15 juin 1935.

Ils assistent à une chute de 700 paras russes suivie du débarquement de 4 bataillons avec leurs véhicules. Durieux et Geille sont brevetés moniteurs parachutistes sous la direction des commandants Mochklovski et Zabeline. Après cette expérience, le premier centre d’instruction parachutiste militaire est créé sous la houlette de l’armée de l’Air à Avignon-Pujaut sous la direction du cdt Geille, secondé par un instructeur soviétique le cdt Kaïtanoff qui se tuera accidentellement en 1936. Chaque officier français reçoit une mission particulière. Celle du chef de bataillon Pechaud du Rieu est d’étudier l’instruction technique du parachutisme russe et la formation des parachutistes de l’armée de Terre.

« L’instruction préliminaire de la jeunesse soviétique est extrêmement développée. Elle est assurée par l’Ossoaviakhim qui couvre la totalité du pays d’un réseau puissant d’organisations fortement hiérarchisées qui vont se ramifiant en cellules jusqu’à l’usine, jusqu’au village, jusqu’au kolkhoze. Cette institution, dirigée par un homme très énergique, profond et patriote, excellent organisateur, le général Eidemann, a réussi à créer, par la propagande, un mouvement passionné de la jeunesse pour les choses de l’Air… Le parachutisme est devenu le moyen d’instruction le plus populaire. C’est le moins coûteux et le plus facile à disséminer. Question de tempérament, peut-être, il est devenu un véritable sport national… » note Durieux. Suite au rapport, la Préparation Militaire Parachutiste est pour la première fois évoquée en France dans une note du général Denain au ministre de la Guerre le 26 novembre 1935.

Thierry d’Athis

Le Livre d’Or PM PARA, Editions LBM, 2009

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12 Commentaires

  1. Petites précisions suite à la démonstration de saut des commandos marine sur le Charles de Gaulle depuis un ATL2.
    http://www.opex360.com/2022/11/27/des-commandos-marine-ont-ete-parachutes-par-un-atlantique-2-sur-le-porte-avions-charles-de-gaulle/

    De janvier 2013 à octobre 2022, les forces spéciales françaises ont réalisé 93 opérations avec phase aéroportée Des largages tous réalisés de nuit. Une extrême majorité type « haute-altitude ». 4 largages avec charges lourdes (jusqu’à 130kg de charge).

    Avec plus de 20 opérations aéroportées pour les FS françaises, rien que pour 2018. Plus de 10 opérations réalisées en 2021 Lors de ces 93 opérations, 1.511 sautants au total (avec des sauts allant de 6 à 60 parachutés par saut) Loin d’être « désuet » comme moyen d’insertion…

    Lors des sauts, il y a eu 2,7% de casse (soit 41 sautants) dans plus d’un tiers des sauts L’extrême majorité lors de la phase d’atterrissage (la plus critique, surtout avec de la charge qui augmente la vitesse d’approche) 1/3 des blessés sont les passagers qui sautent en tandem.

    On parle des operateurs des forces spéciales françaises, pas des troupes aéroportées…

    Car il faut bien dire que faute d’avions de transport en nombre suffisant, les paras ont du mal à faire leurs 6 sauts annuels pour garder leur qualification et leur fameuse prime à l’air…
    https://www.lalettrea.fr/action-publique_executif/2020/11/30/faute-d-avions-l-armee-de-terre-laisse-au-sol-ses-parachutistes,109624233-art

  2. De nos jours, les paras sautent du dernier Noratlas entretenu par une association.
    https://noratlas-de-provence.com/

    Il faut dire que la disponibilité et le nombre des avions de transport modernes ne permettent même pas de faire leurs 6 sauts par an pour s’entrainer et garder leur prime à l’air sans mal:
    https://www.opex360.com/2023/08/06/faute-davions-de-transport-disponibles-la-preparation-operationnelle-des-troupes-aeroportees-reste-insuffisante/

    Qui va être réduite parait-il…

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