La filiale américaine du groupe, Advanced Acoustic Concepts, doit fournir deux modules de lutte contre les mines à distance et un soutien technique. Des options pour des équipements supplémentaires pourraient porter la valeur totale du contrat à 196,2 millions de dollars. La solution associe sonar, logiciels de traitement des données et technologies téléopérées pour limiter l’exposition des équipages aux menaces sous-marines.
Thales a annoncé, le 2 novembre 2026, l’attribution à sa filiale américaine Advanced Acoustic Concepts (AAC) d’un contrat de 53,9 millions de dollars par l’US Navy. Spécialisée dans les solutions de guerre sous-marine, AAC assurera la production et la livraison de deux modules intégrés de lutte contre les mines à distance, désignés RMH, ainsi que le soutien technique associé.
Le contrat comprend des options portant sur des modules supplémentaires. Si elles sont exercées, elles pourraient porter son montant total à 196,2 millions de dollars. Ce plafond reste donc conditionnel et ne correspond pas à la valeur de la commande initiale annoncée. Le communiqué ne précise ni le nombre de modules concernés par ces options ni le calendrier de livraison.
Le programme s’inscrit dans la mission de lutte contre les mines de la marine américaine, selon une approche que Thales résume par la formule « Détecter, Localiser et Neutraliser ». La capacité décrite doit permettre aux marins de détecter, de localiser et de classer les mines sous-marines tout en opérant depuis des positions plus sûres. L’objectif annoncé est d’améliorer l’efficacité des missions et de réduire les risques pour les personnels et les plateformes dans des environnements maritimes contestés.
Pour répondre à ce besoin, la solution RMH réunit un sonar avancé, un logiciel de gestion de mission et des technologies de véhicules téléopérés au sein d’une architecture modulaire. Selon Thales, cette organisation doit permettre de faire évoluer l’ensemble en fonction des exigences de l’US Navy. Le communiqué ne désigne toutefois pas les navires ou les véhicules destinés à recevoir les deux modules commandés.
Un sonar à ouverture synthétique et des logiciels de reconnaissance de cibles
La suite comprend un sonar à ouverture synthétique, ou SAS, remorqué et multivues. Thales lui attribue des capacités de détection et d’imagerie à haute résolution des mines, ainsi qu’une réduction du taux de fausses cibles. Le document ne fournit pas de données chiffrées sur ses performances, sa portée ou les conditions dans lesquelles ces résultats sont obtenus. Le traitement des informations repose également sur des algorithmes de reconnaissance automatique de cibles, désignés par le sigle ATR, et renforcés par l’intelligence artificielle. Ces logiciels doivent aider les opérateurs à traiter, classer, cartographier et gérer les données recueillies au cours des opérations de lutte contre les mines.
L’enjeu est de raccourcir le délai entre la détection d’un objet et sa localisation, tout en améliorant la confiance dans sa classification. Thales présente ainsi l’association du sonar et des logiciels comme un moyen d’accélérer la prise de décision des marins. Si le programme est présenté dans le cadre d’une chaîne allant de la détection à la neutralisation, le communiqué distingue les moyens de détection et de classification des « futures capacités de neutralisation à distance » évoquées par Mike Carnovale, président d’Advanced Acoustic Concepts. Il ne permet donc pas d’établir que l’ensemble de ces fonctions de neutralisation figure dans la livraison initiale des deux modules.
Mike Carnovale souligne la combinaison des technologies de lutte contre les mines du portefeuille de Thales et de l’expérience d’AAC dans l’intégration de solutions de guerre sous-marine pour l’US Navy. Selon lui, le regroupement du sonar, des logiciels de classification et, à terme, des moyens de neutralisation à distance doit simplifier les opérations et accélérer le passage de la détection à l’action, pour les navires de surface avec ou sans équipage.
L’exécution du contrat repose sur AAC, fournisseur américain spécialisé dans les solutions de guerre sous-marine. Le groupe met en avant une organisation associant son portefeuille technologique international aux compétences américaines de sa filiale pour répondre aux besoins de la marine des États-Unis. Pour Rob Geckle, président-directeur général de Thales aux États-Unis et en Amérique du Nord, « la capacité à contrer les menaces posées par les mines sous-marines reste fondamentale pour la sécurité maritime et le succès des missions navales ». Il estime que ce programme contribuera à renforcer la préparation de la flotte américaine dans un environnement opérationnel de plus en plus dynamique.









