15 juin : Saint Bernard de Menthon, saint-patron des troupes de montagne.

15 juin 1389 : bataille de Kosovo Polje (Kosovo).
En 1365, Mourad Ier déplace sa capitale en Europe (à Adrianople aujourd’hui Edirne). En 1386, les Ottomans occupent la ville serbe de Nis. Trois ans plus tard, le prince serbe Lazar rassemble une partie des princes chrétiens et marche sur Mourad. La rencontre a lieu sur le « champ des merles » (Kosovo Polje) et s’achève par une défaite des chrétiens. Lazar et Mourad meurent tous deux au combat. Cette bataille est restée dans l’histoire des slaves du Sud (ou Yougoslaves) comme un événement majeur. Aujourd’hui, la date et le lieu de la bataille sont d’autant plus célébrés par les Serbes que Kosovo Polje est situé en République du Kosovo. Depuis début 2008, le Kosovo est un Etat (mafieux) indépendant.
A noter : Les Orthodoxes commémorent la bataille le 15 juin (calendrier Julien) alors que le calendrier grégorien (le nôtre) ne le fait que le 28 juin.

15 juin 1809 : combat de Maria (Espagne).
Le général espagnol Blake marche vers Saragosse avec 14 000 fantassins et 500 cavaliers, et s’empare d’un convoi de ravitaillement français. Le général Suchet regroupe les soldats français qu’il peut en Aragon et se lance à leur poursuite avec 12 000 hommes.
Blake arrive à Maria à midi et, à 14 h 00, il attaque les positions françaises, tentant de les déborder sur leur flanc droit. Suchet renforce l’aile avec ses réserves et les Espagnols battent en retraite. Les Français lancent alors un assaut sur le centre et le flanc gauche espagnols, mais sont repoussés par l’artillerie et toutes leurs réserves disponibles.
Après une tempête, Suchet décida de lancer sa cavalerie contre le flanc droit espagnol, affaibli par les renforts de Blake sur l’autre aile. La cavalerie espagnole fut mise en déroute, et les Français s’emparèrent de son artillerie, puis lancèrent un assaut général. Les Espagnols résistèrent sur une colline et se replièrent à la tombée de la nuit.
Les Espagnols déplorèrent 2 000 pertes, entre morts, blessés et prisonniers ; les Français, environ 800. Suchet retourna à Saragosse, tandis que le reste de l’armée de Blake, forte d’environ 16 000 soldats, se replia vers Belchite, harcelée par les Français.
15 juin 1895 : création de l’AOF.
L’Afrique occidentale française (AOF) était un gouvernement général regroupant au sein d’une même fédération huit colonies françaises d’Afrique de l’Ouest entre 1895 et 1958. Constituée en plusieurs étapes, elle réunit à terme la Mauritanie, le Sénégal, le Soudan français (aujourd’hui le Mali), la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Niger, la Haute-Volta (aujourd’hui le Burkina Faso) et le Dahomey (aujourd’hui le Bénin). Sa superficie atteignait 4 689 000 kilomètres carrés, soit environ sept fois celle de la France. Son chef-lieu était Saint-Louis (Sénégal) jusqu’en 1902, puis Dakar (Sénégal).
Une organisation comparable, l’Afrique-Équatoriale française (AEF), est instaurée en Afrique centrale en 1910.

15 juin 1940 : les Allemands à Verdun.
Alors que la Wehrmacht est entrée la veille (14 juin) à Paris, Verdun est déclarée ville ouverte dès le 11 par le général Hering. Les panzers de Guderian entrent dans la ville restée inviolée en 1916.
15 juin 1940 : mort au combat du colonel Léon Cazeilles.
Saint-Cyrien de la promotion « de la Croix du Drapeau » (1913-1914), il est très vite mobilisé dans l’infanterie métropolitaine dès le mois d’août 1914. À 22 ans, lieutenant, il commande une compagnie sous le feu et obtient les galons de capitaine à 23 ans. Trois fois cité pour ses actions héroïques au combat, notamment au sein de l’Armée d’Orient où il s’avère être un chef exceptionnel, il est fait chevalier de la Légion d’honneur à 25 ans.
Le , il conduit un assaut héroïque lors de la bataille de Dobro Polje et fera l’admiration de son chef, le futur maréchal Franchet d’Espèrey. Au Maroc en 1920, le maréchal Lyautey sait aussi reconnaître les mérites militaires du jeune capitaine Cazeilles qui contre-attaque à la tête de deux compagnies dans le combat de Bouknadel.
Il trouve la mort lors de la Campagne de France, en Argonne, près du petit village de Rembercourt, en chargeant à la tête du 21e régiment d’infanterie coloniale, galvanisant ses hommes par ces mots : « Soldats, baïonnettes au canon… Suivez votre colonel ! ». Blessé par balles, il est achevé par les baïonnettes allemandes. Les honneurs seront rendus à sa dépouille par l’ennemi.
Cet officier colonial était également un écrivain de guerre, remarqué notamment pour son ouvrage publié en 1929 sur l’Armée d’Orient : La Rupture du front bulgare. La 17e division coloniale dans la bataille de Dobropolje (15 septembre 1918). Il sera notamment fait officier des palmes académiques. Il donne son nom à la 182e promotion de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (1995-1998).
Son sacrifice exemplaire illustre l’ADN de l’actuel 21e RIMa et de sa devise : Croche et Tient !

15 juin 1943 : premier vol du premier bombardier à réaction au monde (Allemagne).
L’Arado 234 effectue son premier vol test au-dessus de Münster.
Erich Sommer, pilote de reconnaissance chevronné, relate dans ses mémoires ses opérations sur Ar 234, au sein de divers Kommandos de l’OBdL. Il accomplit environ 50 missions opérationnelles de juillet 44 (reco sur la Normandie depuis Juvincourt, sur un Arado « sans train ») à fin avril 45 (reco en Italie du Nord, depuis une base près d’Udine). Il souligne l’efficacité extraordinaire de l’appareil comme engin de reconnaissance. Il n’a jamais été menacé en vol par un appareil ennemi, sa vitesse lui permettant à chaque fois de s’échapper. La protection contre les attaques au décollage et à l’atterrissage se faisait grâce à un système de liaison radio avec la base, qui signalait toute approche d’intrus.
Concernant les réacteurs, il indique que la durée de vie « normale » était de 20 heures avant démontage et révision générale, soit 2 fois plus que sur le Me 262. Les KG 51 et 76 ont fait la même constatation: le régime plus stable des réacteurs sur un bombardier ou un appareil de reco avait un effet positif sur la durée de vie. Sommer a même poussé un réacteur jusqu’à 42 heures de service… mais ce dernier a fini par éjecter sa turbine en vol, et Sommer est rentré sur un seul réacteur. Autre détail intéressant : son avion personnel, le T9+EH, était équipé d’un pod de canons « magirusbombe », récupéré à la suite de l’accident fatal d’un Arado version chasse de nuit le 13/11/44. Sommer a fait modifier son avion par les mécanos (installation de la Magirusbombe dans la soute à bombes, inutilisée, et modification du poste de pilotage). Il s’en est servi jusqu’à sa destruction fin avril 45. Il a eu 2 fois l’occasion d’utiliser cet armement, mais sans remporter de succès.








