18 septembre 53 : naissance de l’empereur romain Trajan.
Trajan — Marcus Ulpius Traianus — naît à Italica, en Bétique, dans une famille italienne implantée en Hispanie. C’est un officier de carrière et le premier empereur né hors d’Italie.

Tribun militaire en Syrie vers 76-77 sous le gouvernorat de son père ; légat de la legio VII Gemina en Hispanie Tarraconaise en 89, où il se porte au secours de Domitien contre la révolte de Saturninus ; gouverneur de Germanie supérieure ; consul ordinaire en 91. Il est à la tête des légions du Rhin quand Nerva l’adopte, à l’été 97, sous la pression de la garde prétorienne. Nerva meurt le 28 janvier 98 : Trajan lui succède, et ne rentre à Rome qu’après avoir réglé la frontière danubienne.
Les deux guerres daces, de mai 101 à 102, puis de 105 à 106, s’achèvent par l’annexion de la Dacie et par l’ouverture de ses mines d’or à l’économie impériale. Elles sont racontées en relief sur la colonne Trajane, qui reste la source iconographique la plus riche dont nous disposions sur l’armée romaine du Haut-Empire.
La campagne parthique commence en 113. L’Arménie est annexée en 114, la Mésopotamie envahie en 115-116, Ctésiphon prise. L’Empire atteint alors son extension maximale ; jamais dépassée.
Trajan meurt à Sélinonte de Cilicie vers le 9 août 117, d’une attaque, en revenant vers Rome. Hadrien évacuera aussitôt l’essentiel des conquêtes orientales, jugées indéfendables.
Le titre d’optimus princeps lui est décerné à partir de 105 et figure sur ses monnaies. La formule par laquelle le Sénat saluera ses successeurs (felicior Augusto, melior Traiano, « plus heureux qu’Auguste, meilleur que Trajan ») fait de lui, pour trois siècles, l’étalon du bon empereur.
18 septembre 1180 : Philippe Auguste devient Roi de France
Philippe n’accède pas au trône le 18 septembre 1180 : il a déjà été sacré à Reims le 1er novembre 1179, du vivant de son père, selon l’usage capétien de l’association au trône. Le 18 septembre 1180 est la date de la mort de Louis VII, et donc celle où Philippe, né en août 1165, devient roi seul, à 15 ans.

Le surnom d’« Auguste » lui est donné par le moine Rigord, après que Philippe II (né au mois d’août – augustus) a ajouté au domaine royal, en juillet 1185 (Traité de Boves), les seigneuries d’Artois, du Valois, d’Amiens et une bonne partie du Vermandois, et également parce qu’il nait au mois d’août. Référence directe aux empereurs romains, ce terme signifie qu’il a accru considérablement le domaine royal.
Le domaine reçu en 1180 se limite pour l’essentiel à l’Île-de-France et à quelques enclaves. Celui légué à Louis VIII couvre environ le tiers de la France actuelle.
L’acquisition décisive est la conquête de la Normandie, de l’Anjou, du Maine et de la Touraine entre 1202 et 1204, obtenue par la combinaison d’un jugement féodal (la confiscation prononcée contre Jean sans Terre) et d’une campagne de sièges méthodique, dont la prise de Château-Gaillard en mars 1204 est l’épisode le plus connu.
Bouvines, le 27 juillet 1214, verrouille l’ensemble. Philippe y bat la coalition d’Otton IV, du comte de Flandre et des alliés de Jean sans Terre, et fait cinq comtes prisonniers. La victoire ruine les espoirs anglais de reconquête continentale et fait de la bataille rangée, pour la monarchie capétienne, un instrument de légitimation autant qu’un fait d’armes.
Chapelain et biographe de Philippe II, Guillaume Le Breton le nomme « Philippe le Magnanime », dans sa chronique La Philippide, rédigée entre 1214 et 1224. Cette chronique est une continuation de celle de Rigord, que Philippe II lui a demandé d’expurger, la jugeant moins laudatrice qu’il le souhaitait.
Philippe Auguste reste l’un des monarques les plus admirés et étudiés de la France médiévale, en raison non seulement de la longueur de son règne, mais aussi de ses importantes victoires militaires et des progrès essentiels accomplis pour affermir le pouvoir royal et contrôler la hiérarchie féodale.
Philippe Auguste est le premier roi ayant fait porter sur ses actes, sporadiquement à partir de 1190, officiellement à partir de 1204, Rex Franciæ, « roi de France », au lieu de Rex Francorum, « roi des Francs ». Il faut cependant relever que les traités et conventions de paix signés entre les vassaux ou alliés et le royaume de France mentionnent sans exception Philippus rex Francorum (« Philippe, roi des Francs »), à la différence, par exemple, de Richardus rex Angliæ (« Richard, roi d’Angleterre »), mais comme Henri, roi des Romains.
27 juillet 1214 : La bataille de Bouvines, par l’historien Ernest Lavisse
18 septembre 1454 : bataille de Konitz entre les chevaliers teutoniques et le royaume de Pologne.
Une armée royale de 16 000 cavaliers est battue par une force de mercenaires deux fois moins nombreuse en cavalerie. C’est la première bataille de la guerre de Treize Ans et c’est une défaite polonaise complète.

Les forces
- Pologne : environ 16 000 cavaliers de la levée nobiliaire, et plus de 3 000 fantassins dont 500 mercenaires de Dantzig et 2 000 fournis par la Confédération prussienne. Le roi Casimir IV Jagellon commande en personne, assisté du chancelier Jan Koniecpolski et de Piotr de Szczekociny.
- Ordre Teutonique : environ 9 000 cavaliers et 6 000 fantassins, commandés par Bernhard von Zinnenberg et par le duc Rodolphe de Żagań. (NOTA : Ces cavaliers ne sont pas des « chevaliers » de l’Ordre. La guerre de Treize Ans est menée par l’Ordre Teutonique à coups de mercenaires recrutés en Allemagne, en Bohême et en Silésie ; cause de sa ruine financière et, à terme, de sa défaite).
Le déroulement
La bataille se livre devant Chojnice (Konitz en allemand), place tenue par une garnison de l’Ordre que les Polonais assiégeaient.
La charge de la cavalerie lourde polonaise réussit d’abord : le duc Rodolphe est tué et Bernhard von Zinnenberg capturé. À ce stade, la bataille est gagnée.
Elle est perdue dans l’heure qui suit. La garnison de Chojnice effectue une sortie sur les arrières de l’armée polonaise, qui n’avait pas couvert son dos. La panique se propage, la levée se débande, et la poursuite achève la déroute.
Plus de 3 000 tués polonais et 300 prisonniers, dont des figures de premier plan : Mikołaj Szarlejski, Łukasz Górka, Vojtěch Kostka. Les pertes teutoniques sont d’une centaine d’hommes. Ce rapport de 30 à 1 n’est pas celui d’une bataille mais celui d’une poursuite. Les pertes de la bataille proprement dite sont sans commune mesure avec celles de la débandade qui la suit.
Les conséquences
Konitz est une défaite qui ruine le prestige de la levée nobiliaire polonaise et retarde de douze ans l’issue de la guerre, mais elle ne la décide pas. Casimir IV en tire la leçon et cesse de s’appuyer sur la levée féodale pour recruter, lui aussi, des mercenaires — que la Pologne pourra payer plus longtemps que l’Ordre.
C’est précisément ce basculement qui décide la guerre : 8 ans après Konitz, la victoire de Piotr Dunin à Świecino (17 septembre 1462) renverse le rapport de forces en Poméranie, et la seconde paix de Thorn de 1466 place la Prusse occidentale sous souveraineté polonaise.

18 septembre 1691 : bataille de Leuze entre la France, les Provinces-Unies et l’Angleterre.
Septembre 1691, la campagne des Flandres est réputée terminée. Guillaume III est reparti pour l’Angleterre, et le prince de Waldeck replie son armée vers les quartiers d’hiver. C’est le moment que choisit le maréchal de Luxembourg, informé du mouvement, pour tomber sur l’arrière-garde alliée près de Leuze-en-Hainaut.
Les forces
- France : environ 4 000 cavaliers en 28 escadrons, c’est-à-dire la fleur de la cavalerie du royaume (8 escadrons de gardes du corps, 1 escadron de gendarmes de la garde, 1 de chevau-légers, 8 escadrons de gendarmerie, 3 de carabiniers et 6 de dragons). Luxembourg commande, avec Villars et Marsilly à la tête des escadrons.
- Alliés : environ 12 000 hommes en 72 escadrons de cavalerie et 5 bataillons d’infanterie.
Le combat
Il dure deux heures. Les escadrons français chargent l’épée à la main, sans tirer, contre une cavalerie trois fois supérieure en nombre et la rompent.
Le bilan
- Français : environ 400 tués et blessés, mais concentrés sur les unités de tête. Les gardes du corps perdent le tiers de leur effectif, les chevau-légers le quart.
- Alliés : 1 500 à 2 000 hommes.
Rien sur le plan stratégique : la campagne était finie, et Leuze ne modifie ni les positions ni le rapport de forces. Mais l’engagement a une place durable dans la mémoire militaire française : c’est le dernier grand fait d’armes où la Maison militaire du roi (troupe de prestige, chère, recrutée dans la noblesse) justifie encore son coût par un service opérationnel. Le tiers d’effectif perdu par les gardes du corps est le prix de cette démonstration. Dans les guerres suivantes, ces unités serviront de moins en moins et coûteront de plus en plus ; la question de leur utilité militaire réelle sera posée tout au long du XVIIIe siècle.

18 septembre 1739 : traité de Belgrade.
Une paix perdue par l’Autriche sur le terrain diplomatique plus encore que sur le terrain militaire, et négociée par la France sans qu’elle soit belligérante. C’est un cas d’école de médiation intéressée.
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La guerre
La guerre austro-russo-turque de 1735-1739 avait vu l’Autriche entrer en lice en 1737 aux côtés de la Russie, en escomptant prolonger les gains du traité de Passarowitz de 1718. Les campagnes autrichiennes sont mauvaises : défaites de Banja Luka et de Grocka, commandement contesté, pertes par maladie considérables.
En face, la Russie de Münnich réussit au contraire ses campagnes (prise d’Otchakov, victoire de Stavoutchany, occupation de Iași) mais elle est géographiquement isolée et dépend de la survie de l’alliance autrichienne.
Le traité
Le 18 septembre 1739, l’Autriche signe séparément à Belgrade. Elle conserve le Banat de Temesvár, mais elle rend à l’Empire ottoman Belgrade et la Serbie septentrionale, ainsi que la Petite Valachie ; c’est-à-dire l’essentiel de ce que Passarowitz lui avait donné vingt et un ans plus tôt. Les préliminaires avaient été arrachés dès le 1er septembre au négociateur autrichien, Wilhelm Reinhard von Neipperg.
La Russie, privée de son alliée, doit transiger à son tour : la convention de Nissa, le 3 octobre 1739, lui laisse Azov mais démantelée, sans droit de fortification ni de flotte en mer Noire.
La médiation française
La négociation est conduite par le marquis de Villeneuve, ambassadeur de France à Constantinople, qui obtient du plénipotentiaire autrichien l’acceptation de préliminaires défavorables dès le 1er septembre et cosigne le traité du 18.
La France n’est pas belligérante ; elle intervient en protectrice traditionnelle de la Porte, et elle en tire une rétribution immédiate : le renouvellement, en 1740, des Capitulations (les privilèges commerciaux et juridiques français dans l’Empire ottoman), accordé par la Porte en remerciement de la médiation.
C’est l’un des sommets de la diplomatie française du XVIIIe siècle, et l’un des derniers. Le traité de Belgrade marque en outre le terme de l’expansion autrichienne dans les Balkans : la frontière du Danube et de la Save qu’il rétablit durera jusqu’en 1878.
18 septembre 1811 : création du Bataillon des sapeurs-pompiers de Paris.
La Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), familièrement appelée la Brigade, est une unité du génie de l’Armée de terre française, placée sous l’autorité du préfet de police de Paris. Elle est commandée par le général de division Joseph Dupré La Tour depuis le 1er.
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Le 1er juillet 1810, l’ambassadeur d’Autriche, le prince de Schwarzenberg, donne un bal en l’honneur du mariage de Napoléon et de Marie-Louise. Une salle de bois et de toile a été montée dans le jardin de l’hôtel. Un rideau prend feu à une bougie ; l’ensemble s’embrase en quelques minutes.
Le désastre est considérable, et il l’est devant toute la cour, l’empereur présent. Il révèle publiquement l’inefficacité du service de secours parisien : arrivée tardive, matériel inadapté, personnel non formé, absence de commandement.
La réforme
Le décret impérial du 18 septembre 1811 supprime la garde des pompes, corps civil dépendant de la municipalité, et crée à sa place un bataillon de sapeurs-pompiers de Paris : une unité militaire, organisée en quatre compagnies, casernée, instruite et soumise à la discipline des armées.
Le choix est atypique et il est délibéré. Il place le corps sous l’autorité du préfet de police et non de la mairie, et il règle d’un coup les trois défaillances constatées : la disponibilité, par le casernement ; la compétence, par l’instruction ; l’obéissance, par la discipline militaire.
La première caserne est établie dans l’ancien hôtel de Chavigny, rue de la Culture-Sainte-Catherine ; l’actuelle rue de Sévigné. À partir de 1814, le chef de bataillon Plazanet systématise la réforme : manuel d’instruction, casernement obligatoire, gymnastique.
Le modèle parisien sera copié en province puis à l’étranger. Le bataillon devient régiment le 5 décembre 1866 (transformation qui accompagne le passage de la traction hippomobile à la traction mécanique et le découpage de Paris en 24 secteurs d’incendie) puis brigade le 1er mars 1967, après l’extension de sa zone de compétence à la banlieue.
La brigade compte aujourd’hui de l’ordre de 8 600 sapeurs-pompiers, dont un peu plus de 300 officiers et environ 1 500 sous-officiers, et elle relève toujours du préfet de police. Sa devise, « Sauver ou périr », est la formule la plus brève du contrat qui lie une unité militaire à la population civile qu’elle sert.

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En , un corps de garde du palais de Saint-Cloud, en surchauffant un poêle, met le feu au salon de la résidence de Napoléon 1er, qui est présent cette nuit-là. Bien que le feu soit rapidement éteint, l’Empereur décide de créer une garde de nuit spéciale à toutes les résidences impériales, garde composée de sapeurs du Génie et transformée le en compagnie de sapeurs du génie de la Garde impériale. À la suite de l’incendie de l’ambassade d’Autriche, qui cause la mort d’une centaine de convives le 1er, l’Empereur charge le ministre de l’Intérieur et Étienne-Denis Pasquier, préfet de police, de trouver une nouvelle organisation pour remplacer le corps des gardes pompes.
La proposition d’une formation militaire est retenue et officialisée par décret impérial du , qui crée le Bataillon de sapeurs-pompiers de Paris. Quatre compagnies sont formées. Une est installée dans une caserne aménagée pour l’occasion dans les bâtiments de l’ancien hôtel de Chavigny rue de la Culture-Sainte-Catherine, actuelle rue de Sévigné.
Conséquemment à l’extension de Paris en 1860 aux communes limitrophes au-delà des fortifications, le Bataillon s’agrandit et de nouvelles compagnies sont créées (8e-9e-10e).
Le Bataillon devient Régiment de sapeurs-pompiers de Paris par décret impérial le tandis que sa zone d’action est étendue à tout le département de la Seine.
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En 1868, un homme du Régiment sort de l’anonymat et devient une véritable célébrité : le caporal Thibault.
Il entre au bataillon le 1er mai 1859, en tant que sapeur de deuxième classe. Lors de l’incendie des établissements de produits chimiques Dubosc & Cie, le 27 septembre 1865, il reçoit la médaille militaire pour avoir à trois reprises risqué sa vie en sauvant des objets de valeur. D’autre part, il est victime d’une vilaine morsure à la main gauche en sauvant un chien, apeuré, réfugié sur un toit le . Craignant que l’animal ne soit enragé, il fut cautérisé immédiatement, ce qui lui laissa une large cicatrice apparente. Et c’est avec cette main blessée, enveloppée dans un linge, qu’il va écrire une page de l’histoire du corps des sapeurs-pompiers de Paris.
C’est au n° 124 de la rue Saint-Antoine, en plein cœur de Paris, qu’une boutique portant l’enseigne « La truie qui file » prend feu. Aussitôt, les pompiers les plus proches, de la caserne Sévigné, sont alertés. Les pompes à bras sont mises en place. Certains locataires ont réussi à s’échapper. Cependant, le brasier a pris au piège de nombreux habitants en rendant l’escalier impraticable. De nombreuses victimes se manifestent aux fenêtres.
Le seul moyen d’accéder aux étages c’est avec un outil propre aux pompiers de Paris : l’échelle à crochets. C’est alors que le caporal Thibault s’élance avec courage sur son échelle et réalise dix sauvetages. Le dernier étant le plus difficile et le plus dangereux, celui de la dame Folias au cinquième étage. Il n’hésite pas une seconde et par une succession d’habiles mouvements de gymnastique, il parvient à la sauver.
L’empereur Napoléon III le décore en personne. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur le . Il devient par la suite extrêmement populaire et suscite l’admiration. Il est depuis un modèle, et ses actes sont enseignés aux jeunes recrues de la brigade.

18 septembre 1860 : bataille de Castelfidardo (Italie).
La bataille de Castelfidardo a lieu le , à Castelfidardo, petite ville de la région italienne des Marches. Les troupes piémontaises menant la guerre d’unification italienne y défont les troupes pontificales, ce qui leur permet dès lors d’annexer Marches et Ombrie et de faire ainsi la jonction avec les troupes de Garibaldi qui viennent de conquérir tout le Sud de la péninsule italienne.
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Garibaldi a conquis la Sicile et Naples. Pour l’empêcher de marcher sur Rome et de provoquer une intervention française, Cavour prend les devants : l’armée piémontaise envahit les États pontificaux en septembre 1860, sous un prétexte ; la dissolution exigée des corps de volontaires étrangers au service du pape.
L’armée pontificale est commandée par un général français, Louis Juchault de Lamoricière, ancien d’Algérie rallié à la cause du Saint-Siège après le coup d’État de 1851. Elle comprend une forte proportion de volontaires catholiques étrangers ; français, belges, irlandais, autrichiens.
La bataille
Lamoricière tente de gagner Ancône, seule place où il puisse tenir. Le corps de Cialdini lui barre la route sur le Musone, près de Castelfidardo.
Le plan pontifical est de forcer le passage avec une colonne d’environ 3 000 hommes commandée par le général Georges de Pimodan, pendant que le gros poursuit sa marche. Pimodan attaque, prend pied sur les positions piémontaises, et est mortellement blessé. Sa colonne, privée de chef, s’arrête.
La seconde colonne pontificale, ne trouvant pas la route libre, se débande sans avoir combattu. Lamoricière, revenu de Numana pour secourir Pimodan, ne peut que constater la déroute. Une charge à la baïonnette piémontaise achève l’affaire.
Le bilan
- Pontificaux : 88 tués, environ 400 blessés, 600 prisonniers.
- Piémontais : 61 tués, 184 blessés.
Moins de 1 500 hommes hors de combat au total, sur plus de 20 000 présents. Castelfidardo n’est pas une grande bataille mais un combat de rencontre bref, décidé par la mort d’un chef et par la dislocation d’une armée hétérogène. Lamoricière se réfugie dans Ancône, qui capitule le 29 septembre 1860. Les Marches et l’Ombrie sont annexées au Piémont après plébiscite ; la jonction est faite avec Garibaldi ; les États pontificaux sont réduits au Latium, qui tombera en 1870.
Les volontaires tombés à Castelfidardo portaient les noms de la vieille noblesse légitimiste française et belge. Le mot du général Cialdini commentant la liste des tués pontificaux « On dirait une liste d’invités à un bal de Louis XVI ! » n’est pas seulement une ironie de vainqueur ; c’est le constat que l’armée pontificale était devenue le dernier rassemblement militaire de l’aristocratie contre-révolutionnaire européenne. Elle mourait à Castelfidardo sous sa propre bannière.

18 septembre 1898 : la flottille de Kitchener devant Fachoda – 130 Français contre 1 500 Anglo-Égyptiens au bord du Nil Blanc.
Depuis 1896, une mission française commandée par le capitaine Jean-Baptiste Marchand (capitaine d’infanterie de marine) traverse l’Afrique d’ouest en est, de Loango sur l’Atlantique jusqu’au Nil. L’objectif est politique : planter le drapeau français sur le Haut-Nil avant les Britanniques, pour contester leur mainmise sur l’Égypte et le Soudan, et réaliser l’axe français Atlantique-mer Rouge.
Il lui faut 2 ans. Il faut démonter le vapeur Faidherbe et le porter en pièces à travers la ligne de partage des eaux. La mission atteint Fachoda, poste égyptien abandonné sur le Nil Blanc, le 10 juillet 1898. Elle compte 12 officiers et sous-officiers européens et 120 tirailleurs sénégalais, soit 132 hommes.
Pendant ce temps, Kitchener remonte le Nil et écrase l’armée mahdiste à Omdurman le 2 septembre 1898. Informé de la présence française, il fait route vers le sud.
Le 18 septembre 1898, 5 canonnières britanniques mouillent devant Fachoda, avec environ 1 500 soldats britanniques, égyptiens et soudanais : 10 contre 1. La rencontre entre les deux chefs a lieu le lendemain, 19 septembre.
Elle est d’une courtoisie étudiée, et c’est ce qui la rend remarquable. Kitchener se présente en uniforme égyptien (manière de ne pas engager formellement la Grande-Bretagne) et fait hisser le pavillon égyptien à distance du pavillon français, sans exiger que celui-ci soit amené. Les deux hommes s’affrontent par notes de protestation écrites, chacun réservant les droits de son gouvernement, et trinquent ensuite. Marchand qualifiera le champagne bu ce jour-là de « l’un des plus grands sacrifices que j’aie jamais faits pour mon pays ». Kitchener, visitant le potager que les Français avaient planté, aurait lâché : « Des fleurs à Fachoda. Ces Français ! »
La crise se joue à Londres et à Paris, pendant 6 semaines.
Les Britanniques exigent le retrait immédiat et sans condition. La Royal Navy rappelle ses réserves et prépare ses ordres de guerre. La France, en pleine affaire Dreyfus, sans alliance utilisable (la Russie n’a aucun intérêt au Haut-Nil) et avec une marine inférieure, n’a pas les moyens de l’épreuve.
Le ministre des Affaires étrangères Théophile Delcassé résume la situation en une phrase : « Ils ont des soldats. Nous n’avons que des arguments. »
L’ordre d’évacuation est transmis le 3 novembre 1898. Marchand quitte Fachoda, refuse de repartir par le Nil sous escorte britannique, et achève sa traversée du continent par l’est : il atteint Djibouti le 26 avril 1899.
La convention franco-britannique du 21 mars 1899 délimite les zones d’influence : la France renonce au bassin du Nil et obtient une reconnaissance de ses positions dans le Ouaddaï et le Sahara central.
L’humiliation est réelle et durable. Le « syndrome de Fachoda » est resté une catégorie du débat stratégique français. Mais le règlement de 1899 est aussi ce qui rend possible l’Entente cordiale du 8 avril 1904 : en liquidant le contentieux africain, il libère les deux États pour l’alignement contre l’Allemagne.
18 septembre 1918 : Ernst Jünger décoré de la croix Pour le mérite.
Ernst Jünger est né le 29 mars 1895 et mort le 17 février 1998. Il avait donc 102 ans.
Engagé volontaire en 1914, il sert au 73e régiment de fusiliers hanovrien pendant toute la guerre. Il est blessé 14 fois ; le décompte porte sur les blessures, les impacts de balles et d’éclats relevés étant plus nombreux encore.
L’ordre Pour le Mérite, dont le nom français date de Frédéric II, est la plus haute distinction militaire prussienne. Son attribution à un lieutenant d’infanterie est exceptionnelle : elle était en pratique réservée aux officiers supérieurs et aux aviateurs, et Jünger est l’un des très rares subalternes de l’infanterie à la recevoir.
Elle lui est décernée le 18 septembre 1918, pour la conduite de sa compagnie lors de l’offensive du printemps, et notamment pour l’action de Cambrai. Elle récompense donc une pratique tactique précise : celle des groupes d’assaut, ces petites unités autonomes d’infiltration qui ont transformé, en 1917-1918, le combat d’infanterie.
Orages d’acier, publié en 1920 à partir de ses carnets de campagne, est l’un des textes fondateurs de la littérature de guerre du XXe siècle. Il est aussi l’un des plus discutés, et il faut le dire : Jünger y décrit l’expérience du combat sans la condamner ni la glorifier explicitement, ce qui a valu au livre d’être lu dans des sens diamétralement opposés pendant un siècle.
Jünger est désormais publié dans la prestigieuse collection LA PLÉIADE des éditions Gallimard.

18 septembre 1931 : l’incident de Moukden.
Une charge de dynamite qui n’endommage qu’un mètre cinquante de rail déclenche 15 ans de guerre en Asie.
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Le 18 septembre 1931 vers 22 h 20, une charge explose sur la voie du chemin de fer sud-mandchourien, propriété japonaise, près du lac Liutiao, à 800 m de la garnison chinoise de Beidaying, aux abords de Moukden ; l’actuelle Shenyang.
Les dégâts sont dérisoires : 1 mètre 50 de rail endommagé d’un seul côté. Un train passe sans difficulté quelques minutes plus tard.
L’attentat est l’œuvre des Japonais eux-mêmes. Le plan a été conçu par le colonel Seishirō Itagaki et le lieutenant-colonel Kanji Ishiwara, avec le colonel Kenji Doihara et le commandant Takayoshi Tanaka ; la charge a été posée par le lieutenant Suemori Kawamoto. Moukden n’est pas une décision d’État exécutée par l’armée : c’est une décision d’officiers imposée après coup à l’État.
Le prétexte est immédiatement exploité. Dans la nuit et au matin du 19 septembre, l’artillerie japonaise ouvre le feu sur Beidaying et 500 soldats japonais attaquent une garnison chinoise d’environ 7 000 hommes. L’armée du Guandong compte alors environ 11 000 hommes en Mandchourie, face à des forces chinoises considérablement supérieures en nombre.
Elle l’emporte parce que Zhang Xueliang, maître de la Mandchourie, a personnellement ordonné à ses troupes de ne pas résister et de rentrer leurs armes dans l’espoir d’un règlement international, et sur une appréciation de Tchang Kaï-chek qui donnait alors la priorité à la lutte contre les communistes.
La Mandchourie entière est occupée en moins de 5 mois. L’État du Mandchoukouo est proclamé en mars 1932, avec l’ancien empereur Puyi comme chef d’État, puis empereur en 1934.
La Société des Nations envoie une commission d’enquête présidée par lord Lytton. Son rapport, publié le 2 octobre 1932, rejette la thèse japonaise de la légitime défense tout en refusant de qualifier la Chine d’innocente. L’Assemblée l’adopte en février 1933. Le Japon quitte la Société des Nations en mars 1933.
NOTA :
- Moukden est le premier échec majeur de la sécurité collective. La SDN constate l’agression, la nomme, et n’a aucun moyen de la sanctionner. La leçon est retenue à Rome et à Berlin : elle précède l’Éthiopie de 1935 et la Rhénanie de 1936.
- C’est un cas d’école d’attentat sous fausse bannière, et l’un des mieux documentés qui soient, puisque les auteurs en ont été identifiés et que certains l’ont reconnu.
- Et c’est, pour une large part de l’historiographie asiatique, la date d’ouverture de la Seconde Guerre mondiale ; le 18 septembre 1931 et non le 1er septembre 1939. La Chine compte quatorze années de guerre, non six. La date est commémorée chaque année à Shenyang par des sirènes d’alerte.
18 septembre 1944 : le sous-marin britannique HMS Tradewind coule le cargo japonais Jun’yō Maru (plus de 5 600 morts).
Le Jun’yō Maru était un cargo japonais (un des hell ships japonais). Il a été coulé par le sous-marin britannique HMS Tradewind le , ce qui occasionna la perte de plus de cinq mille cinq cents vies, soit l’une des plus grandes catastrophes maritimes de l’Histoire.
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Le Jun’yō Maru est un cargo de construction britannique, lancé en 1913, repris par le Japon. En septembre 1944, il est employé comme « hell ship » : un transport de main-d’œuvre forcée vers les chantiers de l’Empire, en l’occurrence le chemin de fer de Pakanbaru, à Sumatra ; le pendant, moins connu, de la voie ferrée de Birmanie.
Sur les passagers les sources diffèrent :
- France et Pays-Bas : 1 377 Néerlandais, 64 Britanniques et Australiens, 8 Américains, et environ 4 200 travailleurs forcés javanais ; les rōmusha.
- Références anglo-saxonnes : 2 200 à 2 300 prisonniers de guerre alliés, dont au moins 1 700 Néerlandais, 506 Indonésiens et 14 Américains, et 4 200 à 4 300 rōmusha.
Les deux séries donnent un effectif embarqué de l’ordre de 6 500 personnes, entassées dans des cales sans eau ni ventilation, pour un navire prévu pour quelques centaines.
Le 18 septembre 1944 vers 16 h 00, au large de la côte occidentale de Sumatra, le sous-marin britannique HMS Tradewind attaque ce qu’il identifie comme un transport japonais. Il ignore totalement ce qu’il transporte ; et il ne pouvait pas le savoir : les Japonais ne signalaient pas les navires de prisonniers.
Le navire coule par l’arrière en une quinzaine de minutes.
Le bilan est dnviron 5 600 morts, dont l’immense majorité de rōmusha javanais, et de l’ordre de sept cents survivants recueillis le lendemain — les chiffres précis variant de 680 à 723 selon les relevés.
À cette date, c’est la catastrophe maritime la plus meurtrière jamais survenue. Elle ne sera dépassée que par les naufrages de la Baltique en 1945 avec le Wilhelm Gustloff en janvier, le Cap Arcona en mai.

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Le HMS Tradewind (P329) était un sous-marin du troisième groupe de classe T de la Royal Navy. Construit au chantier naval Chatham Dockyard à Chatham, il est mis en service . Il est nommé d’après Tradewind (« Alizé »), un vent régulier des régions intertropicales.
Il passe la plus grande partie de sa carrière opérant contre les forces japonaises en Extrême-Orient, attaquant les embarcations ennemies et posant des mines. Il coula neuf voiliers japonais, deux petits navires japonais non identifiés, un remorqueur japonais et le navire marchand japonais Takasago Maru. Le navire marchand japonais Kyokko Maru coula après avoir touché une mine posée par le Tradewind.
Le , il attaque et coule le hell ship Junyō Maru pendant son transfert vers Sumatra. Au moment de l’attaque et du naufrage, le Jun’yō Maru embarquait 1 377 Néerlandais, 64 Britanniques et Australiens, et 8 Américains, prisonniers de guerre, accompagnés de 4 200 travailleurs forcés javanais destinés à travailler sur les lignes de chemin de fer posées entre Pekanbaru et Muaro (Sumatra). C’était le plus grand désastre maritime à son époque, avec 5 620 morts. 723 survivants furent secourus pour finalement travailler dans des conditions similaires à ceux des chemins de fer birmans où la mort était une banalité quotidienne.

18 septembre 1944 : De Gaulle à Orléans libérée.
Le 18 septembre 1944, Orléans est libérée depuis un mois. De Gaulle y parle dans un pays où le pouvoir n’est pas encore assuré : les comités départementaux de libération exercent en fait l’autorité dans nombre de départements, les milices patriotiques sont armées, et le Gouvernement provisoire n’est pas reconnu par les Alliés ; il ne le sera que le 23 octobre 1944.
C’est l’objet de la tournée en province que de Gaulle entreprend en septembre et octobre 1944, dont Orléans est une étape. Le discours ne célèbre pas la libération : il installe l’État. Les thèmes en découlent directement : l’ordre républicain, l’union fraternelle contre les règlements de comptes, la reconstruction, l’effort de guerre à poursuivre. La formule finale, « la route de la France nouvelle, la route de l’avenir », est une formule de mobilisation, pas de commémoration.
Le lieu n’est pas choisi au hasard. Parler devant la statue de Jeanne d’Arc, à Orléans, c’est reprendre à Vichy et aux ligues un symbole qu’ils avaient annexé, et le replacer dans une filiation républicaine et nationale.
« Où donc la libération peut-elle prendre une signification aussi grande qu’à Orléans, ici, devant la statue de Jeanne d’Arc. J’ajoute dans Orléans qui, comme toute la France, à aucun moment quoi qu’on ait pu dire parfois, n’avait renoncé à la victoire, n’avait donné la France pour perdue, qui jamais n’avait voulu écarter de son esprit et de son espérance la grande route que nous suivons maintenant tous ensemble, fraternellement, qui est la route de la France plus grande, la route de la France plus belle, la route de la France nouvelle, la route de l’avenir.
Maintenant la route est libre. Nous reprenons notre pays, non point tel que nous l’avions laissé avant l’abominable invasion, nous le reprenons mutilé, coupé de ses communications, meurtri dans ses ports, ravagé dans beaucoup de ses régions, mais nous le retrouvons rassemblé, moralement rassemble pour libérer ses ruines, pour remonter à sa place, la première place, celle d’une grande nation parmi les autres grandes nations et puis nous la reprenons rassemblée pour marcher vers un avenir meilleur, vers un avenir où il faut qu’il y ait plus de justice, où il faut qu’il y ait plus d’effort concentré, où il faut qu’il y ait plus d’union qu’il n’y en a eu jamais parmi nous.
Orléans la fera avec toute la France. Nous la ferons dans l’ordre car on ne fait rien et rien de grand que dans l’ordre. Nous la ferons dans l’ordre républicain, dans l’ordre de l’Etat, dont j’ai l’honneur d’être l’interprète de son gouvernement. Nous la ferons dans le travail, le travail joyeux, le travail fier, le travail qui sait ce qu’il veut et où il va, et nous le ferons, comme je le disais tout à l’heure, dans l’union des frères et sœurs que nous sommes, fils et filles d’une même mère qui est la Patrie.
Nous ne voudrons voir, comme l’ont voulu voir nos morts, que le service de la France, et alors, puisque nous voici rassemblés aujourd’hui pour quelques minutes, nous regardant les uns et les autres, nous apercevant à quel point nous sommes près, les uns des autres, nous allons exprimer cela en chantant tous ensemble le même chant, notre hymne national : la Marseillaise. »
Source : Gaullisme
18 septembre 1947 : naissance de l’US Air Force, de la CIA et du Conseil de sécurité nationale.
Le National Security Act entre en vigueur. En un jour, les États-Unis se dotent de l’architecture de sécurité nationale qu’ils ont encore aujourd’hui. C’est la seconde grande omission de la journée.
Signée par Truman le 26 juillet 1947 à bord de son avion présidentiel, la loi entre en vigueur le 18 septembre 1947, jour où W. Stuart Symington prête serment comme premier secrétaire de l’Air Force. James Forrestal avait été confirmé la veille comme premier secrétaire à la Défense.
- Le National Military Establishment, structure de commandement unifiée coiffant les départements militaires, dirigée par un secrétaire à la Défense civil. Les amendements du 10 août 1949 en feront le Department of Defense de rang ministériel, doteront le secrétaire d’une autorité réelle sur les départements et créeront un président des chefs d’état-major interarmées à plein temps.
- Le Department of the Air Force, et avec lui une armée de l’air indépendante. C’est l’aboutissement d’une querelle doctrinale de trente ans, ouverte par Billy Mitchell dans les années vingt et tranchée par l’expérience des campagnes de bombardement stratégique. Carl Spaatz devient le premier chef d’état-major de l’Air Force le 26 septembre 1947. L’US Air Force retient le 18 septembre 1947 comme date anniversaire de sa fondation.
- Le National Security Council, organe de coordination politico-militaire auprès du président.
- La Central Intelligence Agency, qui succède au Central Intelligence Group et hérite, avec des attributions élargies, de l’expérience de l’Office of Strategic Services dissous en 1945.
- Le Joint Chiefs of Staff, institutionnalisé en organe permanent.
18 septembre 1956 : Londres annonce l’indépendance de la Gold Coast.
La première colonie d’Afrique subsaharienne à être émancipée, et la date où la décision est rendue publique. C’est un événement de politique de défense autant que de décolonisation.
La Gold Coast bénéficiait depuis 1951 d’une autonomie interne, avec Kwame Nkrumah comme leader of government business puis Premier ministre. Le gouvernement britannique avait subordonné l’indépendance à deux conditions : une élection générale prouvant le soutien populaire, et un vote de l’Assemblée législative.
Les deux sont remplies en 1956 : le Convention People’s Party de Nkrumah remporte les élections de juillet, et l’Assemblée vote une motion réclamant l’indépendance.
Le 18 septembre 1956, le secrétaire d’État aux Colonies Alan Lennox-Boyd déclare aux Communes que la Gold Coast accédera à l’indépendance au sein du Commonwealth. Le Ghana Independence Act est voté au début de 1957 ; l’indépendance prend effet le 6 mars 1957, sous le nom de Ghana.
NOTA : Cette indépendance crée une armée : La Gold Coast Regiment, unité de la Royal West African Frontier Force qui avait combattu en Afrique orientale et en Birmanie, devient le noyau de la Ghana Armed Forces. La question du commandement (les officiers britanniques resteront en poste jusqu’en 1961) et celle de l’africanisation des cadres seront les premiers problèmes de défense du nouvel État. Cette armée pèsera vite sur la politique intérieure. Nkrumah sera renversé par un coup d’État militaire le 24 février 1966, alors qu’il était en voyage à Pékin.
18 septembre 1958 : la PAFMECA est fondée à Mwanza.
Une conférence de trois jours au bord du lac Victoria fonde l’organisation qui coordonnera les luttes de libération d’Afrique orientale et australe. C’est l’ancêtre direct du comité de libération de l’OUA.
Du 16 au 18 septembre 1958, à Mwanza, au Tanganyika, se réunissent les représentants des partis nationalistes du Kenya, de l’Ouganda, de Zanzibar, du Nyassaland et du Tanganyika. L’initiative revient à Julius Nyerere, chef de la TANU ; Tom Mboya, syndicaliste et panafricaniste kényan, en est l’autre animateur.
Il en sort le Pan-African Freedom Movement of East and Central Africa.
L’organisation a pour objectif de coordonner la campagne pour l’indépendance des territoires d’Afrique orientale et centrale, et bientôt australe, contre la domination coloniale et les régimes de minorité blanche.
NOTA : ce qui se met en place à Mwanza est un mécanisme de solidarité entre mouvements dont plusieurs deviendront des mouvements armés. La PAFMECA est l’enceinte où se nouent les relations, se partagent les sanctuaires et se coordonnent les appuis extérieurs — bien avant que les maquis n’existent.
L’organisation s’élargit à l’Éthiopie, à la Somalie et à l’Afrique australe lors de sa quatrième conférence, à Addis-Abeba en février 1962, et devient la PAFMECSA. Kenneth Kaunda, futur président de la Zambie, en est élu premier président.
Elle est dissoute le 25 septembre 1963, la création de l’Organisation de l’unité africaine imposant la disparition des organisations régionales concurrentes. Ses fonctions et une bonne part de son personnel passent au comité de libération de l’OUA, installé à Dar es-Salaam, qui financera et armera pendant trente ans les mouvements du Mozambique, de l’Angola, de la Rhodésie, de la Namibie et d’Afrique du Sud.
18 septembre 2002 : mort à 91 ans du pilote et as Léon Cuffaut (17 victoires dont 13 homologuées), ancien du Normandie-Niemen.
Léon Cuffaut est né le à Charenton (Val-de-Marne). Il est le fils d’Octave Cuffaut, ingénieur, et de son épouse, née Blanche Milleraut. En 1917, alors qu’il se promène en compagnie de ses parents dans le bois de Vincennes, un avion s’écrase à quelques mètres de lui. Ce drame le pousse davantage vers ces curieux engins qui essaient de défier les lois de la pesanteur.
Il passe sa jeunesse en Bourgogne. Il a fait ses études au lycée d’Auxerre. Il peut contempler longuement les prouesses des pilotes de l’aérodrome régional qui lui inspirent sa vocation pour l’aéronautique. Son assiduité sur les terrains d’aviation est récompensée : il reçoit le baptême de l’air par le colonel Jean Moreau, pilote de la Première Guerre mondiale aux trois victoires. C’est la concrétisation de son rêve et le début d’une brillante carrière.
Léon Cuffaut débute en s’engageant à Oran au titre du 2e groupe d’Afrique, le et commence son apprentissage de mitrailleur sur Breguet 14. Il passe avec succès, en 1934, le concours d’entrée à l’école de formation des sous-officiers de carrière du personnel navigant d’Istres.
Il obtient, en 1935, son brevet de pilote militaire. Sorti major de sa promotion, il se porte candidat pour l’école de chasse d’Étampes. De mai à , il découvre une gamme complète d’avions, passant des Nieuport 62 au Dewoitine D.501, s’exerçant au pilotage sans visibilité sur Morane 230.
Il est affecté, en , à la base aérienne 156 de Bizerte où il sert sous les ordres du capitaine Murtin. Il sera sollicité par l’action d’aviation populaire qui s’est installée à côté de la base. Il consacrera ses après-midis à former les jeunes pilotes et décernera plus d’une trentaine de brevets, avec la bienveillance de sa hiérarchie. Le capitaine Tricot l’encourage à se présenter au concours d’entrée à l’École de l’air, ce qu’il fait en . Il est admissible à l’écrit mais il ne peut passer l’oral car il y a un contre-temps.
Il est envoyé convoyer des avions en Espagne avec l’ordre de convoyer des avions aux républicains espagnols. Il y rencontre André Malraux et le capitaine soviétique Gueorgui Zakharov. Une fois sa mission terminée, il repasse avec succès le concours d’entrée à l’École de l’air.
En 1939, Léon Cuffaut, alors sous-lieutenant, est affecté au G.C. I/3 puis au G.C. II/6 sur MS 406. Le , il descend ses deux premiers Me 109 allemands. Pendant la campagne de France de 1940, il est déjà commandant d’escadrille, au Centre d’instruction de la chasse (CIC), situé sur la base aérienne 122 Chartres-Champhol. Replié sur Toulouse, il rencontre Didier Daurat qui lui conseille de gagner l’Afrique française du Nord.
Il embarque clandestinement à bord d’un Lockheed Electra, arrive à Oran, dans la soirée du , sous le feu de la DCA. Il est affecté à Alger puis participe à la campagne de Syrie en 1941 au sein du G.C. II/3 sur D.520. Son attitude complaisante envers les gaullistes lui vaut d’être muté en comme chef du centre de haute-montagne de Tikjda en Grande Kabylie. Il participe à l’organisation d’une filière du réseau de résistance Alliance.
Le , il se porte volontaire pour faire partie des renforts envoyés au régiment de chasse Normandie-Niemen. Il arrive à Toula le et sert au Normandie-Niemen jusqu’à la fin de la guerre sur Yak 9.
Le , il quitte Toula pour Doubrovskaïa (près de Smolensk) avec le régiment en tant que lieutenant de la 1re escadrille « Rouen ». Il participe à la deuxième campagne et obtient plusieurs victoires aériennes. Il est promu capitaine le mais doit quitter le groupe le pour des raisons de santé. Il est dirigé sur le Moyen-Orient.
Le capitaine Cuffaut termine la guerre avec 17 victoires aériennes dont 13 homologuées, ce qui le place parmi les premiers as français de la Seconde Guerre mondiale. Après la capitulation de l’Allemagne, il est tour à tour commandant d’escadrille et commandant de groupe. Il commande le Normandie-Niemen d’ à (Base aérienne 151 Rabat-Salé, au Maroc). Il termine sa carrière militaire avec le grade de général de brigade aérienne en 1962.
Il totalisait 18 700 heures de vol et avait effectué 1 010 missions de guerre en 2 626 heures de vol de guerre, ce qui est exceptionnel pour un pilote de chasse français.
Léon Cuffaut devient directeur général de l’Aéro-Club de France de 1962 à 1977. Il mêle les activités aéronautiques, associatives et d’aides : chef pilote et instructeur de l’Aéro-Club des handicapés aux Mureaux à partir de 1983, il forme, avec l’aide du colonel Guy Eisenbach, un ancien de la Royal Air Force (mort le ) de nombreux élèves dont des anciens pilotes et parachutistes grièvement blessés en service et des polios ou accidentés de la route.
L’épopée du groupe de chasse Normandie-Niémen.








