20 octobre 1587 : bataille de Coutras (près de Périgueux).
Au confluent de l’Isle et de la Dronne, l’armée protestante d’Henri de Navarre écrase l’armée royale du duc de Joyeuse, favori d’Henri III. C’est la première victoire protestante en bataille rangée depuis le début des guerres de Religion, vingt-cinq ans plus tôt.
La mort de François d’Anjou, frère cadet et héritier d’Henri III, le 10 juin 1584, fait du protestant Henri de Navarre l’héritier présomptif de la couronne. La Ligue catholique du duc de Guise, soutenue par l’Espagne depuis le traité de Joinville (décembre 1584), refuse cette perspective et prend les armes. Henri III cède : le traité de Nemours (7 juillet 1585), transformé en édit enregistré le 18 juillet, révoque les édits de pacification, interdit le culte réformé et ordonne la restitution des places de sûreté protestantes. En septembre, le pape Sixte Quint excommunie Navarre et le prince de Condé et les déclare inaptes à succéder. Cette bulle choque les milieux gallicans et rapproche de Navarre une partie des catholiques modérés, les « Politiques ». La « guerre des trois Henri » commence.
En 1587, Henri III confie à Anne de Joyeuse une armée chargée de réduire les protestants du Poitou. Ses troupes se signalent par des exécutions de prisonniers, notamment celle de la garnison huguenote de La Mothe-Saint-Héray, en juin. Navarre, qui veut rejoindre les reîtres allemands levés par les princes protestants, descend vers la Dordogne. Joyeuse le poursuit pour l’empêcher de passer en Guyenne. Le 19 au soir, Navarre atteint Coutras une heure avant son adversaire et fait passer la Dronne à son armée. Le prince de Condé et le comte de Soissons, cousin catholique ralié à sa cause, l’accompagnent.
Le 20 au matin, Joyeuse range son armée, plus nombreuse et plus brillante, dans la plaine au nord du bourg. Navarre adopte un dispositif original : ses escadrons de cavalerie lourde, profonds et serrés, sont flanqués de pelotons d’arquebusiers, qui ont ordre de ne tirer qu’à très courte distance. L’artillerie protestante, peu nombreuse mais bien placée, prend la ligne royale d’écharpe. Les lanciers de Joyeuse chargent au grand galop sur une longue distance et arrivent désunis. Reçus par une salve à une vingtaine de pas, puis chargés à leur tour, ils sont culbutés. La déroute est consommée en deux heures environ.
Joyeuse, qui s’était rendu, est tué d’un coup de pistolet à la tête, peut-être en représailles des massacres de l’été. Son jeune frère Claude, seigneur de Saint-Sauveur, est tué lui aussi. Environ 2 000 catholiques, dont plusieurs centaines de gentilshommes, restent sur le terrain ; les pertes protestantes sont minimes. Navarre fait soigner les blessés, renvoie les prisonniers contre rançon et rend les corps des deux frères à leur famille. Il n’exploite pas sa victoire : les reîtres qu’il devait rejoindre sont battus par Guise à Vimory (26 octobre) et Auneau (24 novembre). La tradition rapporte qu’à Coutras les protestants arborent pour la première fois l’écharpe blanche, souvent confondue plus tard avec le « panache blanc » d’Ivry.
20 octobre 1740 : mort de l’empereur Charles VI (Vienne).
Le dernier Habsbourg de la branche masculine meurt à 55 ans sans héritier mâle. La succession de sa fille Marie-Thérèse, garantie sur le papier par la Pragmatique Sanction, déclenche huit ans de guerre en Europe.
Charles VI, empereur depuis 1711, n’a que des filles. Par la Pragmatique Sanction du 19 avril 1713, il établit l’indivisibilité des possessions héréditaires des Habsbourg et la possibilité de les transmettre par les femmes. Pendant vingt ans, il en négocie la reconnaissance auprès des diètes de ses États et des puissances étrangères, au prix de concessions. Selon Voltaire, il tombe malade après avoir mangé des champignons au cours d’une chasse en Hongrie ; il meurt à Vienne le 20 octobre 1740.
Marie-Thérèse a 23 ans. L’électeur Charles-Albert de Bavière revendique l’héritage et la couronne impériale, l’Espagne lorgne sur les possessions italiennes, et la France soutient la Bavière. Le jeune roi de Prusse Frédéric II, monté sur le trône en mai, envahit la Silésie le 16 décembre 1740 et l’occupe en quelques semaines ; il bat les Autrichiens à Mollwitz le 10 avril 1741. Charles-Albert est élu empereur en janvier 1742 sous le nom de Charles VII.
La guerre de Succession d’Autriche voit les victoires françaises de Fontenoy (1745) et de Lawfeld (1747) dans les Pays-Bas autrichiens. Elle se termine par le traité d’Aix-la-Chapelle, le 18 octobre 1748 : Marie-Thérèse conserve l’essentiel de son héritage, son époux François de Lorraine est empereur depuis 1745, mais la Silésie reste prussienne. Sa reconquête sera l’un des enjeux de la guerre de Sept Ans.
20 octobre 1805 : victoire d’Ulm (Allemagne).
Encerclée dans Ulm après trois semaines de manœuvres, l’armée du général Mack défile devant Napoléon et dépose les armes. Environ 25 000 hommes et 18 généraux sont faits prisonniers ; sur l’ensemble de la campagne, l’Autriche perd près de 60 000 hommes pour des pertes françaises très faibles.
À la fin d’août 1805, Napoléon renonce au débarquement en Angleterre et fait pivoter vers le Rhin l’armée réunie autour de Boulogne, rebaptisée Grande Armée. L’Autriche, entrée dans la troisième coalition, a envoyé l’archiduc Charles en Italie et une armée d’environ 70 000 hommes en Bavière, commandée nominalement par l’archiduc Ferdinand et en fait par le quartier-maître général Karl Mack. Mack s’avance jusqu’à l’Iller et attend les Russes de Koutouzov, encore loin à l’est.
Les sept corps français franchissent le Rhin à partir du 25 septembre. Pendant que la cavalerie de Murat se montre dans les défilés de la Forêt-Noire, comme si l’attaque devait venir de l’ouest, le gros de l’armée marche au nord du Danube, le franchit vers Donauwörth le 7 octobre et se place sur les arrières de Mack. Les combats se succèdent : Wertingen (8 octobre), Günzburg (9), Haslach-Jungingen (11), où la division Dupont tient tête seule à une grande partie de l’armée autrichienne, puis Elchingen (14), où Ney enlève le pont et les hauteurs. Le même jour, Memmingen capitule devant Soult.
Une partie des forces autrichiennes s’échappe. L’archiduc Ferdinand gagne la Bohême avec une partie de la cavalerie. La colonne du général Werneck, partie vers le nord, est poursuivie par Murat et capitule à Trochtelfingen le 18 octobre avec environ 8 000 hommes. Le 15, les corps de Ney et de Lannes enlèvent le Michelsberg et le Frauenberg, qui dominent la ville. Lors de l’assaut, le colonel Vedel, emporté avec la 17e légère jusqu’aux portes d’Ulm, est fait prisonnier avec quelques centaines d’hommes. Napoléon, qui juge un assaut inutilement coûteux, fait bombarder la place et ouvre des négociations par l’intermédiaire du prince de Liechtenstein.
La convention signée le 17 octobre par Berthier et Mack prévoit la reddition de la garnison le 25 si aucune armée de secours ne se présente. Le 19, au cours d’une entrevue avec l’Empereur, Mack, convaincu qu’aucun secours ne viendra, accepte de livrer la place dès le lendemain. Le 20 octobre, la garnison sort pendant plusieurs heures et dépose ses armes au pied du Michelsberg devant Napoléon et sa garde. Environ 25 000 hommes, 18 généraux, une soixantaine de canons et une quarantaine de drapeaux sont pris. Les officiers sont libérés sur parole, la troupe est envoyée en captivité en France. Les pertes françaises du siège se limitent, selon les estimations courantes, à environ 500 tués et 1 000 blessés.
Le lendemain, la flotte franco-espagnole est détruite à Trafalgar. Sur le continent, la route de Vienne est ouverte : Koutouzov, arrivé à Braunau le 23 octobre avec environ 36 000 hommes, recule. Les Français entrent dans Vienne le 13 novembre, et la campagne s’achève le 2 décembre à Austerlitz, en Moravie, à environ 120 kilomètres au nord de la capitale autrichienne. Mack est jugé en 1807 par un conseil de guerre, qui le condamne à la perte de son grade, de son régiment et de l’ordre de Marie-Thérèse, ainsi qu’à deux ans de détention ; il sera réhabilité plus tard. La manœuvre d’Ulm, victoire obtenue presque sans bataille rangée, reste étudiée dans les écoles militaires comme un modèle d’enveloppement stratégique.

20 octobre 1827 : bataille de Navarin (dans les eaux Grecques).
Entrée dans la baie de Navarin pour contraindre la flotte turco-égyptienne à respecter un armistice, l’escadre franco-anglo-russe est prise à partie et la détruit presque entièrement en quelques heures. C’est la dernière grande bataille livrée uniquement par des navires à voile, et un tournant décisif vers l’indépendance grecque.
Depuis 1821, les Grecs sont insurgés contre l’Empire ottoman. En 1825, le sultan Mahmoud II obtient l’aide du pacha d’Égypte, Méhémet Ali, dont le fils Ibrahim reconquiert une grande partie du Péloponnèse. Par le traité de Londres du 6 juillet 1827, la France, le Royaume-Uni et la Russie se donnent pour objectif d’imposer une médiation et un armistice entre les belligérants. Une escadre commune est réunie sous le commandement du vice-amiral britannique Edward Codrington, avec le contre-amiral Henri de Rigny pour la France et le contre-amiral Lodewijk van Heiden, d’origine néerlandaise, pour la Russie.
La flotte turco-égyptienne, partie d’Alexandrie au début d’août, mouille à Navarin depuis septembre. Ibrahim, qui commande à terre, poursuit la dévastation de la Morée. Les amiraux décident d’entrer dans la baie pour faire pression. Le 20 octobre, en début d’après-midi, leurs vaisseaux viennent mouiller au centre du fer à cheval formé par les navires ottomans et égyptiens, sous les commandements de Tahir Pacha et de Moharrem Bey. Une embarcation britannique envoyée demander l’éloignement d’un brûlot essuie des coups de feu, un officier est tué, et le combat se généralise.
Les alliés alignent 11 vaisseaux de ligne, neuf frégates et quelques bâtiments légers, soit environ 1 200 canons. En face, la flotte ottomane compte 3 vaisseaux, une quinzaine de frégates et plusieurs dizaines de corvettes, bricks et brûlots, plus nombreux mais moins puissants et moins bien servis. Le combat se livre presque entièrement à l’ancre et à courte portée. En 3 à 4 heures, les trois quarts de la flotte ottomane sont coulés, incendiés ou sabordés par leurs équipages ; une soixantaine de bâtiments sont perdus. Les alliés ne perdent aucun navire et comptent environ 180 tués et 480 blessés. Les pertes turco-égyptiennes, mal connues, sont estimées entre 3 000 et 6 000 tués et blessés.
À Londres, le gouvernement de Wellington qualifie la bataille d’« événement fâcheux ». Elle n’en entraîne pas moins une série de conséquences : guerre russo-turque de 1828-1829, débarquement d’un corps expéditionnaire français en Morée sous le général Maison en 1828, évacuation des troupes égyptiennes, puis reconnaissance de l’indépendance grecque par le protocole de Londres du 3 février 1830. Le jeune Eugène Sue, chirurgien de marine, assiste à la bataille ; il en tirera plus tard la matière de ses premiers romans maritimes.

20 octobre 1883 : traité d’Ancón (Pérou).
Signé près de Lima entre le Chili et le Pérou, le traité met fin à la guerre du Pacifique pour le Pérou. La province de Tarapacá, riche en nitrates, devient chilienne ; Tacna et Arica restent occupées par le Chili pour 10 ans.
La guerre éclate en 1879 à propos des gisements de nitrate du désert d’Atacama. Le Chili, qui déclare la guerre au Pérou et à la Bolivie le 5 avril 1879, s’assure la maîtrise de la mer après le combat d’Angamos (octobre 1879), occupe le littoral bolivien et les provinces du sud du Pérou, puis entre dans Lima en janvier 1881 après les batailles de Chorrillos et de Miraflores. La résistance péruvienne se poursuit dans la sierra sous le général Andrés Avelino Cáceres, jusqu’à sa défaite à Huamachuco le 10 juillet 1883.
Le gouvernement de Miguel Iglesias, formé dans le nord du pays, accepte alors de traiter. Le traité, signé à Ancón le 20 octobre 1883, cède au Chili le département de Tarapacá sans condition. Les provinces de Tacna et d’Arica restent sous administration chilienne pour dix ans, au terme desquels un plébiscite doit décider de leur sort. Les troupes chiliennes évacuent Lima quelques jours plus tard.
Cáceres refuse d’abord le traité et ne s’y rallie qu’en 1884, après le retrait chilien. La Bolivie, qui a perdu son accès à la mer, signe une trêve en 1884 puis un traité de paix le 20 octobre 1904. Le plébiscite prévu à Ancón n’a jamais lieu : la question de Tacna et d’Arica empoisonne les relations entre les deux pays jusqu’au traité de Lima de 1929, qui rend Tacna au Pérou et laisse Arica au Chili.
20 octobre 1899 : bataille de Talana Hill (Natal, Afrique du Sud).
Première grande bataille de la guerre des Boers. Les Britanniques délogent à la baïonnette les commandos boers de la colline de Talana, près de Dundee, mais au prix de lourdes pertes, dont leur commandant, le général Penn Symons, mortellement blessé. Deux jours plus tard, ils évacuent Dundee.
La guerre est déclarée le 11 octobre 1899 ; dès le lendemain, les commandos du Transvaal et de l’État libre d’Orange envahissent le Natal. La garnison de Dundee, environ 4 000 hommes et 18 canons sous le major-général Sir William Penn Symons, se trouve exposée à l’extrémité nord de la colonie. Sir George White, qui commande au Natal, aurait préféré la replier sur Ladysmith.
Dans la nuit du 19 au 20 octobre, deux colonnes boers convergent sur la ville : celle du général Lucas Meyer occupe Talana Hill, à l’est, et y hisse des canons Krupp ; celle du général Erasmus s’installe sur l’Impati, au nord, mais reste inactive dans la brume. À l’aube, les obus boers tombent sur le camp britannique. Symons répond par une attaque classique : duel d’artillerie, assaut d’infanterie, puis manœuvre de cavalerie pour couper la retraite. Les Royal Dublin Fusiliers, le King’s Royal Rifle Corps et les Royal Irish Fusiliers montent à l’assaut et sont cloués au pied de la colline. Symons, venu les pousser en avant, est blessé au ventre ; il meurt le 23.
Sous son successeur, le général Yule, l’infanterie atteint le sommet vers midi, en subissant des pertes sous les tirs de sa propre artillerie. Les Boers décrochent à cheval. La cavalerie chargée de les intercepter, le 18e Hussards du colonel Möller, s’égare et une grande partie se rend. Les pertes britanniques s’élèvent à une cinquantaine de tués, environ 185 blessés et plus de 200 disparus ou prisonniers ; les Boers perdent environ 140 tués et blessés. Menacé d’encerclement, Yule abandonne Dundee dans la nuit du 22 octobre et rejoint Ladysmith après une marche de 4 jours sous la pluie. La ville est investie le 2 novembre ; le siège durera jusqu’au 28 février 1900.
20 octobre 1907 : Naissance de Paul Jourdier, officier de cavalerie, compagnon de la Libération.
Paul Jourdier est né le 20 octobre 1907 à Nevers dans la Nièvre. Son père, officier d’active, a été tué en 1914, tout comme un de ses frères en 1918.
Il entre à Saint-Cyr (promotion « Maroc et Syrie ») en 1925 et en sort en 1927 pour faire carrière dans la cavalerie. Il est nommé sous-lieutenant le 1er octobre 1927. À sa sortie de l’Ecole d’Application de Cavalerie, il est affecté en 1928 au 12e Régiment de Chasseurs.
Le 1er octobre 1929, il est promu lieutenant et se porte volontaire pour le Maroc qu’il rejoint le 18 février 1930. Avec le 27e Escadron d’Automitrailleuses de Cavalerie, et le 1er Régiment Etranger de Cavalerie où il effectue un bref détachement en 1931, il participe jusqu’en août 1932 aux combats de pacification au sud de l’Atlas au cours desquels il est cité à l’Ordre de l’Armée.
À son retour en France, il sert successivement au 9ème Régiment de Cuirassiers à Lyon et au 4e Régiment de Spahis Marocains à Senlis. Il propose alors une méthode de tir des canons anti-chars pour laquelle il reçoit un témoignage de satisfaction ministériel.
En avril 1938, il est affecté à sa demande aux Troupes du Levant et rejoint le 8e Groupe d’Automitrailleuses à Damas. Il est promu capitaine le 25 mars 1939. Le 15 avril 1939, il prend le commandement du 1er Escadron du 1er Régiment de Spahis Marocains (1er RSM) qui stationne à Beyrouth. Lors de l’armistice de juin 1940, son escadron fait partie d’un groupe de reconnaissance en manœuvre dans le sud Liban.
Le 30 juin 1940, refusant l’armistice, et sans avoir connaissance de l’appel du général de Gaulle, il franchit la frontière de Palestine entraînant derrière lui les volontaires de son escadron pour rejoindre les Britanniques. L’escadron de Spahis du capitaine Jourdier, renforcé par des volontaires venus d’Egypte et du Levant, rejoint la 5e Division Indienne au Soudan, à la frontière de l’Erythrée, où il prend position le 9 décembre 1940. Dès le lendemain, l’escadron de Spahis, rattaché à un Bataillon du 4e Marhattes puis du 10e Beloutches, entreprend quotidiennement des patrouilles de reconnaissance à cheval dans les lignes italiennes.
Le 2 janvier 1941, à Umbrega, Paul Jourdier engage le combat avec son escadron contre un parti italien plusieurs fois supérieur en nombre à qui il inflige de lourdes pertes. Lors de ce combat, les Spahis livrent la dernière charge au sabre de la cavalerie française et apportent à la France Libre son premier succès terrestre face à l’ennemi.
Le 18 janvier 1941, à Om Ager, l’escadron Jourdier combat à nouveau avec succès face à un ennemi bien supérieur en nombre en accomplissant une mission de reconnaissance décisive dans la préparation de l’offensive britannique vers Keren déclenchée le lendemain.
Paul Jourdier est promu chef d’escadrons le 25 février 1941. L’escadron de Spahis, augmenté de renforts, devient le 1er Groupe d’Escadrons de Spahis. Le 20 mai 1941 le chef d’escadrons Jourdier rejoint avec le 1er escadron de Spahis, commandé par le capitaine de Villoutreys, la 1re Division Légère Française Libre au camp de Qastina en Palestine. Au début de la campagne de Syrie où le 1er escadron de Spahis subit de lourdes pertes, il commande l’avant garde du groupement Tcherkess du colonel Collet, puis, le 19 juin 1941, prend le commandement de ce groupement jusqu’à l’armistice de Saint Jean d’Acre.
Les Spahis sont alors réorganisés en plusieurs escadrons dans un Groupe de Reconnaissance (GRCA) formé par Paul Jourdier. Au printemps 1942, dotés de moyens disparates, ils participent à la campagne de Libye au sein de la 8ème Armée britannique. Le GRCA est alors scindé en deux Groupes de Reconnaissance (GR) autonomes.
Cette décision, conforme aux pratiques britanniques limitant la reconnaissance à la seule recherche du renseignement, va à l’encontre des conceptions de Paul Jourdier. Pour lui, comme il l’a montré depuis les premiers engagements en Erythrée, les missions de reconnaissance ont pour but la recherche du contact avec l’ennemi et leur efficacité repose sur la capacité à concentrer des moyens puissants sous un même commandement. Aussi, durant tout l’été 1942, dans la situation dramatique créée par l’avancée ennemie jusqu’à 200 kilomètres du Nil, déploie-t-il inlassablement son énergie pour équiper les Spahis en matériels modernes dont il fait renforcer l’armement, les rassembler et les organiser en un régiment de reconnaissance à deux escadrons d’automitrailleuses et un escadron d’autocanons.
Il permet ainsi à la France Libre de disposer de son premier régiment blindé qui prend le nom de 1er Régiment de Marche de Spahis Marocains (1er RMSM). Paul Jourdier quitte le commandement de ses Spahis le 23 septembre 1942, veille de la création de ce régiment, dont deux escadrons prendront part, le mois suivant, à la bataille d’El Alamein.
Il prend alors le commandement du Groupe d’Escadrons Légers Nord Syrie à Alep. De novembre 1943 à juin 1945, il est chef du cabinet militaire du Résident Général de France en Tunisie.
Ensuite, promu lieutenant-colonel le 25 juin 1945, il est attaché militaire près l’ambassade de France aux Pays-Bas jusqu’en 1947, avant de prendre le commandement du 5ème Régiment de Chasseurs d’Afrique à Maison Carrée (Alger) en 1948 et 1949.
Affecté successivement à l’Etat-Major de l’Inspection des Forces Terrestres, Maritimes et Aériennes d’Afrique du Nord, au bureau de garnison d’Alger et, à partir de septembre 1955, à l’État-Major de la subdivision militaire de Paris, il termine sa carrière active en 1961.
Il laisse à ceux qui ont servi sous ses ordres le souvenir d’un chef ferme et décidé, jamais pris de court par les événements, accordant à ses subordonnés le maximum d’initiatives et les couvrant chaque fois qu’ils en faisaient preuve.
Paul Jourdier est décédé le 2 avril 1995 à Neuilly sur Seine. Il a été inhumé au cimetière de Verneuil (Nièvre).
• Officier de la Légion d’Honneur
• Compagnon de la Libération – décret du 1er février 1941
• Croix de Guerre 39-45 avec palme
• Croix de Guerre des TOE avec palme
• Croix du Combattant
• Médaille Coloniale avec agrafes « Maroc », « Sahara », « Erythrée », « Libye »
• Médaille Commémorative des Opérations de Sécurité et Maintien de l’Ordre en AFN
• Mention in a Despatch (GB)
• Commandeur du Ouissam Alaouite (Maroc)
• Officier d’Orange Nassau (Pays-Bas)
• Commandeur du Nicham Iftikhar

20 octobre 1911 : les Italiens s’emparent de Benghazi (Cyrénaïque, Libye).
Après une journée de bombardement naval et de combats sur les plages, la capitale de la Cyrénaïque est occupée par les troupes du général Ameglio. Benghazi est la dernière des villes côtières libyennes prises par l’Italie dans les premières semaines de la guerre italo-turque, et la plus disputée.
L’Italie déclare la guerre à l’Empire ottoman le 29 septembre 1911 pour s’emparer de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque, ses dernières provinces africaines. La flotte italienne occupe Tobrouk dès le 4 octobre, Tripoli le 5, puis Derna et Homs. À Benghazi, ville de moins de 5 000 habitants selon certaines estimations, la garnison ottomane ne compte que quelques centaines de soldats réguliers, renforcés de volontaires arabes.
Le corps expéditionnaire, environ 15 000 hommes de la 2e division, quitte l’Italie à partir du 13 octobre. Le 19 au matin, après le refus des autorités ottomanes de se rendre, l’escadre de l’amiral Aubry bombarde la ville et les positions côtières. Les marins débarquent les premiers près de la pointe de Giuliana, puis le général Giovanni Ameglio prend pied avec l’infanterie et prend le commandement. Les combats dans les dunes durent toute la journée. Un nouveau bombardement fait refluer les défenseurs, mais détruit aussi des bâtiments civils, dont des consulats étrangers. Le 20 octobre au matin, les Italiens occupent la ville sans rencontrer de résistance.
Les troupes ottomanes se retirent sur le plateau, à l’intérieur des terres, où elles sont rejointes par des officiers venus d’Istanbul, dont Enver Bey et Mustafa Kemal, et par les tribus de la confrérie senoussie. Les Italiens restent confinés sur la côte jusqu’à la fin de la guerre. Le traité d’Ouchy, signé le 18 octobre 1912, cède la Libye à l’Italie, mais la résistance senoussie se poursuit pendant 20 ans, jusqu’à l’exécution d’Omar Mukhtar en 1931. La guerre italo-turque est aussi la première à voir l’emploi militaire de l’avion : le premier vol de reconnaissance a lieu le 23 octobre 1911 et le premier bombardement aérien le 1er novembre.
20 octobre 1917 : naissance du réalisateur et scénariste Jean-Pierre Melville.
Né Jean-Pierre Grumbach à Paris, dans une famille juive d’origine alsacienne, il prend dans la Résistance le nom de l’auteur de Moby Dick. Trois de ses films, Le Silence de la mer, Léon Morin, prêtre et L’Armée des ombres, portent sur l’Occupation.

Passionné de cinéma depuis l’enfance, il est mobilisé en 1939. Après la défaite, il rejoint en zone sud les mouvements de résistance ; la région de Castres est souvent citée. En 1942, il franchit les Pyrénées avec son frère Jacques, qui ne survivra pas à la guerre, pour rejoindre la France libre. C’est à Londres qu’il adopte définitivement le pseudonyme de Melville. Engagé dans les Forces françaises libres, il participe à la campagne d’Italie, dont la bataille du Monte Cassino, puis au débarquement de Provence en août 1944. Selon ses propres récits, c’est sous le feu en Italie qu’il se promet de fonder un jour ses propres studios.
Faute d’obtenir une carte professionnelle d’assistant, il fonde sa société de production et tourne en 1946 un court métrage, Vingt-quatre heures de la vie d’un clown. En 1947, il adapte Le Silence de la mer de Vercors sans en avoir acquis les droits, avec de la pellicule achetée au marché noir, et s’engage à détruire le film si un jury de résistants le désapprouve. Vercors donne son accord ; le film sort en 1949. Ses méthodes de tournage, en décors naturels et avec de petits moyens, annoncent celles de la Nouvelle Vague, dont il récusera plus tard la paternité.
Il construit ses studios rue Jenner, à Paris, qui brûlent en 1967. Son œuvre, marquée par la solitude, la loyauté et la mort, compte notamment Bob le flambeur (1956), Le Doulos (1962), Le Deuxième Souffle (1966), Le Samouraï (1967), L’Armée des ombres (1969), adapté de Joseph Kessel, Le Cercle rouge (1970) et Un flic (1972). Il meurt à Paris le 2 août 1973.
20 octobre 1920 : Paul Teste est le premier pilote français à se poser sur un porte-avions.
Parti de l’aérodrome du Palyvestre, près d’Hyères, le lieutenant de vaisseau Paul Teste pose un avion à roues sur une plate-forme de bois installée sur la coque inachevée du Béarn, futur premier porte-avions français. Il n’est pas le premier au monde : l’Américain Eugene Ely (1911) et le Britannique Edwin Dunning (1917) l’avaient précédé.
Né à Lorient le 2 octobre 1892 dans une famille de militaires, Paul Teste entre à l’École navale et sert pendant la guerre en Méditerranée et en Adriatique. Attiré par l’aviation, il devient observateur dans les escadrilles d’hydravions de Dunkerque. En 1917, son appareil est contraint d’amerrir par des chasseurs allemands. Prisonnier, interné près de Karlsruhe, il s’évade après plusieurs tentatives et regagne la France en 1918.
Après la guerre, il est chargé d’expérimenter l’emploi d’avions à roues à bord des navires. En 1920, une plate-forme de lancement est installée sur l’aviso Bapaume. Le cuirassé Béarn, dont la construction a été interrompue par la guerre et dont la coque a été lancée le 15 avril 1920 à La Seyne, reçoit sur son pont une rampe de bois d’une quarantaine de mètres et un dispositif d’arrêt improvisé, lesté de sacs de sable. Le 20 octobre 1920, Teste survole la rade, s’aligne sur l’axe du navire, coupe les gaz à une cinquantaine de centimètres et s’arrête en moins de 30 mètres. L’appareil est le plus souvent identifié comme un Hanriot HD.1 ; certaines sources citent un Sopwith 1½ Strutter.
Les essais se poursuivent jusqu’en 1921 et contribuent à la décision d’achever le Béarn comme porte-avions ; il entre en service en 1927. Teste, fait chevalier de la Légion d’honneur, démontre lors des manœuvres de 1921 l’efficacité du bombardement en piqué contre le cuirassé Bretagne. Capitaine de corvette en 1922, il parcourt la France en 1924 à bord d’un hydravion amphibie pour recenser les plans d’eau utilisables en cas de panne. Il se tue le 13 juin 1925 à Villacoublay, lors d’un vol d’essai préparatoire à un raid à longue distance. Le transport d’hydravions Commandant Teste, lancé en 1929, porte son nom.


20 octobre 1941 : assassinat du Feldkommandant Hotz à Nantes.
Le Feldkommandant de Nantes est abattu près de la cathédrale par un commando communiste. Hitler exige des représailles massives : le 22 octobre, 48 otages sont fusillés à Châteaubriant, à Nantes et au Mont-Valérien, dont le jeune Guy Môquet.
Après l’invasion de l’URSS, en juin 1941, le Parti communiste clandestin engage la lutte armée contre l’occupant. Le 21 août, à Paris, Pierre Georges, le futur colonel Fabien, abat un aspirant de la Kriegsmarine au métro Barbès. Les autorités allemandes répondent par l’exécution d’otages. Le 20 octobre 1941, vers 8 heures, trois militants venus de Paris attendent près de la cathédrale de Nantes. Gilbert Brustlein tire sur le lieutenant-colonel Karl Hotz, 64 ans, commandant de la place, qui meurt sur le coup ; l’arme de son camarade Spartaco Guisco s’enraye et l’officier qui accompagnait Hotz est épargné. Les auteurs ignorent l’identité de leur cible, un officier réputé conciliant avec la population.
Hitler ordonne de fusiller 50 otages et menace d’en exécuter 50 autres si les coupables ne sont pas arrêtés. Le ministère de l’Intérieur de Vichy, dirigé par Pierre Pucheu, intervient dans la désignation des otages pour orienter le choix vers des militants communistes. Le 22 octobre, 48 hommes sont fusillés : 27 internés du camp de Choisel, à Châteaubriant, parmi lesquels le député Charles Michels, le syndicaliste Jean-Pierre Timbaud et Guy Môquet, 17 ans ; 16 Nantais, dont des anciens combattants, au champ de tir du Bêle ; 5 au Mont-Valérien. Le même jour, un officier allemand est tué à Bordeaux, ce qui entraîne l’exécution de 50 otages à Souge le 24.
Le 23 octobre, à la BBC, le général de Gaulle demande qu’on cesse de tuer des Allemands isolément, pour éviter de livrer la population aux représailles, tout en appelant à la résistance. Nantes est faite compagnon de la Libération le 11 novembre 1941. Les fusillés de Châteaubriant deviennent l’une des grandes figures de la mémoire de la Résistance.
20 octobre 1944 : la cannonière Commandant Bourdais est mitraillé par les Américains.
Amarrée à Hongay, en baie d’Along, la canonnière fluviale de la Marine en Indochine est bombardée et mitraillée par 4 avions américains. Son commandant, le lieutenant de vaisseau Philippe Boscher, est tué près de la pièce avant ; 3 marins sont blessés.
Le bâtiment est à l’origine le chasseur de sous-marins C 111, mis sur cale en 1918 aux chantiers Dubigeon de Nantes et lancé en 1920. Après un passage en Algérie et en Tunisie, il est renommé Commandant Bourdais, en hommage au capitaine de frégate Edmé Bourdais, né à Saint-Servan et tué en 1861 devant le fort de My-Tho, en Cochinchine. Remorqué de Bizerte à Saïgon avec son sister-ship Avalanche, il y arrive le 18 novembre 1927 et est aménagé en canonnière fluviale. Il patrouille sur le Mékong, le Bassac et le lac Tonlé-Sap, montre le pavillon au Cambodge et transporte à plusieurs reprises le jeune roi Norodom Sihanouk. En octobre 1942, il est affecté à Haïphong pour la défense du littoral et la lutte contre la piraterie.
Le bâtiment mesure environ 41 mètres pour 5,4 mètres de large et déplace de 128 tonnes Washington à 190 tonnes à pleine charge. Deux chaudières alimentent une machine alternative à hélice unique, d’une puissance de 1 300 chevaux, pour une vitesse de 16,5 à 17 nœuds ; il navigue habituellement sur une seule chaudière, entre 10 et 12 nœuds. Il est armé d’un canon de 75 mm, de deux canons de 37 mm et de deux mitrailleuses Hotchkiss de 8 mm. L’équipage compte une trentaine d’hommes, dont trois quarts de marins indochinois.
Depuis 1942, les avions alliés opérant de Chine attaquent les bâtiments en Indochine, territoire sous contrôle japonais. Le 22 novembre 1942 déjà, le Commandant Bourdais avait été mitraillé en baie d’Along par des P-40 aux cocardes chinoises. Le 20 octobre 1944, vers 11 h 00, il est amarré à Hongay lorsque quatre avions américains l’attaquent à la bombe et à la mitrailleuse, provoquant voies d’eau et incendies. Philippe Boscher, 34 ans, né à Paris, officier de réserve et pilote breveté, cité en 1941 pour ses patrouilles aériennes dans le golfe de Siam, est tué sur le coup. Il est inhumé au cimetière de la baie d’Along. En 1951, il reçoit à titre posthume une citation à l’ordre du corps d’armée et la Légion d’honneur.
Le soir du 9 mars 1945, lors du coup de force japonais, la canonnière est en réparation à quai à Haïphong, chaudières démontées. Une section japonaise embusquée près de l’hôpital monte à bord par surprise ; le sabordage préparé ne peut être déclenché et le commandant, le lieutenant de vaisseau Leibig, est blessé. Récupérée par la Marine après la guerre, la canonnière est condamnée le 26 septembre 1946 à Saïgon et vendue en octobre à une entreprise chinoise.

20 octobre 1944 : débarquement américain à Leyte (Philippines).
La 6e armée américaine du général Krueger débarque sur la côte est de Leyte. Dans l’après-midi, le général MacArthur gagne la plage dans l’eau jusqu’aux genoux et annonce à la radio son retour aux Philippines. L’opération déclenche la riposte de la flotte japonaise et la bataille du golfe de Leyte.
En mars 1942, évacué de Corregidor sur ordre de Roosevelt, MacArthur avait promis de revenir. En juillet 1944, la décision est prise de reconquérir les Philippines en commençant par Leyte, au centre de l’archipel, afin d’y établir des bases aériennes. Du 17 au 18 octobre, des Rangers s’emparent des îlots qui commandent l’entrée du golfe. L’île est défendue par la 16e division japonaise, environ 20 000 hommes, au sein de la 14e armée de zone du général Yamashita.
Le 20 octobre, après quatre heures de bombardement naval, les premières vagues touchent terre à 10 heures. Au nord, le Xe corps du général Sibert débarque la 1re division de cavalerie et la 24e division d’infanterie entre l’aérodrome de Tacloban et Palo ; au sud, le XXIVe corps du général Hodge débarque les 7e et 96e divisions près de Dulag. La 24e division rencontre une forte résistance devant la colline 522, qui commande l’entrée de la vallée de Leyte. Le soir, les têtes de pont s’enfoncent de plusieurs kilomètres. MacArthur débarque vers 13 h 30 sur Red Beach avec le président philippin Sergio Osmeña ; la scène, photographiée et filmée, devient l’une des images les plus connues de la guerre du Pacifique.
Tokyo déclenche le plan Sho-1. Du 23 au 26 octobre, la bataille du golfe de Leyte, la plus vaste bataille navale de l’histoire, voit la destruction d’une grande partie de la flotte japonaise et les premières attaques organisées de kamikazes. À terre, les Japonais renforcent l’île par Ormoc et la campagne dure jusqu’à la fin de décembre, au prix de plusieurs milliers de morts américains et de plusieurs dizaines de milliers de morts japonais. Le débarquement sur Luçon suit en janvier 1945.

Les opérations amphibies durant la Seconde Guerre mondiale
20 octobre 1944 : libération de Belgrade (Serbie).
Après six jours de combats de rue, les partisans yougoslaves et l’Armée rouge achèvent de chasser les Allemands de la capitale yougoslave, occupée depuis 1 287 jours. C’est l’une des rares capitales européennes libérées par une armée nationale combattant aux côtés d’une grande puissance.
Après la défection de la Roumanie et de la Bulgarie, en août et septembre 1944, le 3e front ukrainien du maréchal Tolboukhine atteint la frontière yougoslave. Tito, qui s’est rendu à Moscou en septembre, obtient que l’opération soit conduite conjointement avec ses forces. La 57e armée soviétique et le 4e corps mécanisé de la garde du général Jdanov avancent depuis l’est, tandis que le 1er groupe d’armées yougoslave de Peko Dapčević, avec le 1er corps prolétarien, et le 12e corps de Danilo Lekić arrivent par le sud et le sud-ouest.
Le 14 octobre, les blindés soviétiques et les partisans atteignent les faubourgs sud. Les combats se livrent rue par rue, autour des gares, de la forteresse de Kalemegdan et des ponts sur la Save. Une partie importante des forces allemandes, coupée au sud-est de la ville, est détruite en tentant de rejoindre Belgrade. Le 20 octobre, les dernières positions allemandes tombent. Près de 3 000 partisans et environ 1 000 soldats soviétiques sont tués ; les Allemands perdent environ 15 000 tués et 9 000 prisonniers.
Belgrade devient la capitale de la Yougoslavie fédérative proclamée par Tito. La libération est suivie d’une épuration brutale des collaborateurs réels ou supposés et des opposants au nouveau régime.
20 octobre 1952 : état d’urgence au Kenya et opération Jock Scott.
3 semaines après son arrivée, le gouverneur Sir Evelyn Baring signe la proclamation de l’état d’urgence. Dans la nuit, la police et l’armée arrêtent les principaux dirigeants nationalistes, dont Jomo Kenyatta. C’est le début de la répression de l’insurrection Mau Mau, qui durera jusqu’en 1960.
Dans les hautes terres du centre du Kenya, la question des terres accaparées par les colons européens nourrit depuis la fin des années 1940 un mouvement clandestin, principalement kikuyu, lié par des serments, que les Britanniques appellent Mau Mau. Les assassinats de Kikuyu loyalistes se multiplient. Au début d’octobre 1952, le chef suprême Waruhiu, figure de la collaboration avec l’administration, est abattu dans sa voiture près de Nairobi. Baring, arrivé le 30 septembre, obtient de Londres l’autorisation de proclamer l’état d’urgence et l’envoi de renforts.
Le soir du 20 octobre, il signe la proclamation, rendue publique le lendemain matin. Dans la nuit, l’opération Jock Scott conduit à l’arrestation de près de 200 personnes, dont Kenyatta, président de la Kenya African Union, Bildad Kaggia, Fred Kubai, Paul Ngei, Achieng Oneko et Kung’u Karumba. Un bataillon des Lancashire Fusiliers est acheminé par avion depuis la zone du canal de Suez, et le croiseur Kenya fait escale à Mombasa. Jugés à Kapenguria, les six dirigeants sont condamnés en avril 1953, Kenyatta à sept ans de travaux forcés, sur la foi de témoignages dont le principal sera rétracté.
La guerre qui suit oppose les combattants réfugiés dans les forêts de l’Aberdare et du mont Kenya aux forces britanniques et à la Home Guard kikuyu. Des dizaines de milliers de suspects sont internés dans des camps de détention, où les sévices sont nombreux. Dedan Kimathi, le principal chef des maquis, est capturé en octobre 1956 et pendu en 1957. L’état d’urgence est levé le 12 janvier 1960. Le bilan officiel fait état de plus de 11 000 insurgés tués, contre une trentaine de civils européens ; de nombreux historiens l’estiment beaucoup plus élevé. Kenyatta devient Premier ministre du Kenya indépendant en 1963. Le 20 octobre est aujourd’hui jour férié au Kenya, sous le nom de Mashujaa Day, le jour des héros.
20 octobre 1962 : début de la guerre sino-indienne (Himalaya).
À l’aube, l’Armée populaire de libération attaque simultanément les positions indiennes de la Namka Chu, dans l’Agence de la frontière du Nord-Est, et celles du Ladakh. En un mois, l’armée indienne subit une défaite complète, avant que Pékin ne proclame un cessez-le-feu unilatéral.
Le différend porte sur deux régions : l’Aksai Chin, à l’ouest, revendiqué par l’Inde et où la Chine a construit une route reliant le Xinjiang au Tibet, et l’actuel Arunachal Pradesh, à l’est, que la Chine conteste au sud de la ligne McMahon tracée en 1914. Depuis 1961, la « politique avancée » de Nehru multiplie les postes indiens au contact des positions chinoises. En septembre 1962, des accrochages se produisent au pied de la crête de Thag La, et l’Inde ordonne de déloger les Chinois.
Le 20 octobre vers 5 heures, l’artillerie chinoise ouvre le feu sur la 7e brigade d’infanterie du brigadier John Dalvi, étirée le long de la rivière Namka Chu, mal ravitaillée et sans artillerie lourde. Des troupes infiltrées pendant la nuit attaquent les compagnies du 2e Rajput et du 1/9e Gurkha Rifles. La brigade cesse d’exister en quarante-huit heures ; Dalvi est capturé le 22. Tawang tombe le 24 ou le 25. Au Ladakh, les postes avancés sont enlevés les uns après les autres.
Après une pause, l’offensive reprend à la mi-novembre. Walong tombe le 16, le col de Se La est abandonné et Bomdila prise le 18 ; le même jour, la compagnie C du 13e Kumaon se fait tuer presque entièrement à Rezang La, au Ladakh. Dans la nuit du 20 au 21 novembre, Pékin proclame un cessez-le-feu et retire ses troupes à l’est, mais conserve l’Aksai Chin. Les pertes indiennes officielles s’élèvent à plus de 1 300 tués, 1 000 blessés, 1 700 disparus et près de 4 000 prisonniers ; la Chine annonce environ 700 tués. Le conflit, éclipsé dans l’opinion occidentale par la crise des missiles de Cuba, conduit l’Inde à réformer et réarmer son armée.
20 octobre 1970 : mort à 72 ans du pilote Joseph Doerflinger.
Il est le fils d’Albert Doerflinger et de Marie Bentz. Il est né Allemand dans une Alsace-Lorraine annexée depuis 1871.
Au début du conflit, il s’engage pour devenir pilote dans l’armée de l’air allemande. Mais, à 16 ans il est trop jeune. Il est affecté à l’armée de terre et combat au Hartmannswillerkopf et dans le secteur de Verdun. À l’Est, il combat en Galicie contre les russes.
En 1917, il demande son affectation dans l’armée de l’air allemande. Il est formé à Hanovre et à Halberstadt et fait son premier vol le . À sa sortie d’école, ses résultats lui valent d’être affecté à l’escadrille du baron Mandfred Von Richthofen le « Baron rouge ». Il est sous-officier, n’étant pas de la noblesse et ne disposant pas de titre universitaire, il ne peut pas devenir officier.
Il est abattu deux fois et compte 14 victoires aériennes.
À la fin de la guerre, il s’engage dans l’armée de l’air française. Il est affecté à l’école d’aviation militaire d’Istres où on lui demande de repasser son brevet de pilote qu’il obtient le . Ses résultats lui valent d’être nommé instructeur.
Il a, entre autres, comme élèves célèbres, Jean Mermoz.
À la fin de son contrat en , il devient pilote commercial aux Lignes Aériennes Latécoère où il assure le service postale entre Toulouse et Casablanca. Il obtient son brevet de pilote d’avions de transport public le .
En 1924, ses qualités de pilotage lui permettent de devenir le recordman mondial de la sécurité en vol avec 150 000 km parcourus sans accident.
Le , il épouse, à Duppigheim, Marie-Anne Hodapp qui est la sœur d’un de ses anciens élèves. Ils auront 8 enfants.
En 1925, il assure les liaisons entre Casablanca et Dakar et à partir de 1927, celles entre Marseille et Perpignan. Il est, aussi, pilote d’essai sur les avions et hydravions Latécoères.
En 1928, il s’expatrie aux États-Unis où il poursuit sa carrière de pilote de ligne pour la compagnie Universal Ail Lines. Puis à partir de 1933, d’instructeur au sol dans une école privée de l’État du Milwauke. En 1943, l’école ferme et il met fin à sa carrière.
En 1936, il obtient la nationalité américaine.
En 1959, il écrit ses mémoires dans un livre : Stepchild Pilot.
Aller au contenu PDFNuit du 20 au 21 octobre 1993 : coup d’État militaire au Burundi.
Peu avant minuit, des blindés et des parachutistes de l’armée, dominée par les Tutsi, quittent leur caserne pour attaquer le palais présidentiel de Bujumbura. Au matin, le président Melchior Ndadaye, premier chef d’État hutu démocratiquement élu, est assassiné. Le putsch échoue, mais déclenche des massacres et une guerre civile de 12 ans.
Élu le 1er juin 1993 lors de la première élection présidentielle pluraliste, Melchior Ndadaye, 40 ans, chef du Front pour la démocratie au Burundi, succède le 10 juillet au major Pierre Buyoya, qui a reconnu sa défaite. Une première tentative de putsch a échoué au début de juillet. Dans la soirée du 20 octobre, des renseignements avertissent la présidence qu’un coup se prépare.
Vers minuit, des véhicules blindés du 11e bataillon blindé et des éléments du 1er bataillon parachutiste quittent le camp Muha et prennent position dans la capitale. Vers 2 heures, le palais est attaqué. La garde ne résiste guère. Ndadaye est conduit au camp Muha, où il est tué dans la matinée, de même que le président et le vice-président de l’Assemblée nationale, Pontien Karibwami et Gilles Bimazubute, le ministre de l’Intérieur, Juvénal Ndayikeza, et le responsable des services de renseignement, Richard Ndikumwami. Un « comité de salut public » se forme, mais la condamnation internationale, la résistance du gouvernement réfugié dans des ambassades et les divisions de l’armée font échouer le coup en quelques jours. La Première ministre Sylvie Kinigi assure l’intérim.
L’annonce de la mort du président provoque, dès le 21, le massacre de Tutsi par des Hutu dans de nombreuses communes, suivi de représailles de l’armée contre les Hutu. Les estimations des morts des semaines suivantes vont de 25 000 à plus de 100 000. Des centaines de milliers de Burundais fuient vers le Rwanda, la Tanzanie et le Zaïre. La guerre civile qui s’ensuit, jusqu’aux accords d’Arusha et à leur mise en œuvre en 2005, fait environ 300 000 morts. Six mois plus tard, le successeur de Ndadaye, Cyprien Ntaryamira, meurt dans l’avion du président rwandais Habyarimana, abattu au-dessus de Kigali le 6 avril 1994.
20 octobre 1996 : mort à 84 ans d’Yves Ezanno, compagnon de la Libération.
Yves Ezanno est né le 14 juillet 1912 à Clamart. Son père était inspecteur des PTT.
Après des études secondaires à Angers, Nantes et Rennes, il passe ses certificats de licence et de doctorat en droit à la Faculté de Rennes et s’inscrit comme avocat stagiaire au barreau de Nantes.
Titulaire de la Préparation militaire supérieure, il est incorporé le 15 octobre 1936 à l’école des officiers de réserve d’Avord.
Breveté observateur et promu sous-lieutenant en avril 1937, il est affecté à la 3e Escadrille de la 21e Escadre.
Promu lieutenant en avril 1939, Yves Ezanno obtient son brevet de pilote puis est affecté à l’Ecole de Pilotage 101 de Saint-Cyr comme officier instructeur de tir.
Pendant la campagne de France l’école se replie sur Royan d’où, refusant l’armistice annoncé à la radio par le maréchal Pétain, Yves Ezanno rejoint l’Angleterre le 17 juin 1940 aux commandes d’un Simoun de liaison avec plusieurs camarades, parmi lesquels Jacques Soufflet.
Engagé aux Forces françaises libres, il fait un stage sur Spitfire en août 1940 avant de faire partie à l’expédition de Dakar. Il débarque au Cameroun en octobre 1940.
Commandant de la 4e Escadrille du Groupe mixte de Combat n° 1 placé sous les ordres du lieutenant-colonel de Marmier, il prend part aux opérations du Gabon sur Lysander en novembre 1940. Il commande ensuite, en remplacement du lieutenant Guigonis, pendant trois mois le détachement Air chargé de la surveillance anti-sous-marine pour le Gabon et le Moyen-Congo.
En mars 1941 il est affecté à la 2e Escadrille française de bombardement et participe aux opérations de Libye avec le Squadron britannique n°39.
Affecté au moment de sa création en septembre 1941 au Groupe de bombardement « Lorraine », il prend une part active, au sein de l’escadrille « Nancy », aux attaques sur Sidi-Rezegh, Benghasi, Agebadia, Halfaya Pass, effectuant 43 sorties et abattant un Messerschmitt 109.
Le « Lorraine » étant placé au repos en février 1942, Yves Ezanno demande à repartir en opérations. Il est affecté le 1er mars au Groupe de Chasse « Alsace », et, promu capitaine, prend le commandement de l’Escadrille « Strasbourg », qu’il mène au combat avec beaucoup de cran et d’allant, tout particulièrement durant la retraite de juin 1942 à El Alamein. Il effectue 52 sorties avec cette unité.
En octobre 1942, « l’Alsace », très éprouvé, embarque à Suez à destination de la Grande-Bretagne.
En mars 1943, après un stage rapide de formation sur Boston, le capitaine Ezzano est affecté de nouveau au « Lorraine » où il prend, pendant trois mois, les commandes de l’Escadrille « Metz ».
Après une période de repos, il est affecté en Operationnal Training Unit pour s’entraîner au pilotage sur Typhoon. Détaché en avril 1944 au Fighter Squadron n°198 de la Royal Air Force, il se voit donner, après seulement deux mois et demi de présence dans cette formation, le commandement du groupe qui est constamment engagé dans des missions offensives sur Typhoon. Le 28 mai 1944, Yves Ezanno s’illustre en attaquant au canon et en détruisant un Etat-major allemand puissamment défendu. Il se distingue encore magnifiquement le 6 juin 1944 au-dessus de la Normandie en attaquant au sol les chars et les véhicules blindés ennemis. Il prend part aux batailles de Lisieux, Cherbourg, Caen, Mortain, Falaise et Dunkerque. Il effectue au total 90 sorties avec son groupe.
Descendu en flammes au-dessus de l’île hollandaise de Walcheren, derrière les lignes ennemies, le 4 novembre 1944, il parvient à rejoindre les lignes alliées sous le feu des avant-postes allemands, mais ses blessures l’empêchent de reprendre les vols et il reste indisponible jusqu’en février 1945.
En juin 1945 il prend le commandement de l’Ecole de Chasse de Meknès et est promu, trois mois plus tard, lieutenant-colonel.
Inspecteur de l’Aviation de chasse (1949-1952), il effectue plusieurs missions en Indochine et en Corée. Le colonel Ezanno prend ensuite le commandement de la base de Saint-Dizier (1re Brigade de chasse).
Premier Chef des opérations de la 4th Allied Tactical Air Force au sein du SHAPE en 1953, il est affecté en 1957, à la tête du Groupe aérien tactique n° 2 à Oran. Promu au grade de général de brigade aérienne en 1958, il prend part aux opérations aériennes en Oranie de février à avril 1959.
Yves Ezanno est, en 1960, sous-chef d’Etat-major Opérations et Entraînement à l’EM des Forces aériennes alliées en Centre-Europe.
Général de division aérienne en avril 1961, il rejoint quelques semaines plus tard son poste d’adjoint au chef de la Délégation française au groupe permanent du Pacte atlantique à Washington.
Promu général de corps aérien en décembre 1962, il occupe à partir de mars 1964 les fonctions de commandant de la Défense aérienne et des Forces « Air » de Défense aérienne à Taverny.
Membre du Conseil supérieur de l’Air à partir de 1964, il atteint la limite d’âge de son grade et quitte son commandement en 1967, avec à son actif 5 230 heures de vol comprenant 747 heures de vol de guerre en 412 missions.
Yves Ezanno exerce ensuite les fonctions de PDG de l’Office Français d’Exportation de Matériel Aéronautique dont il devient Président d’Honneur en 1979.
Membre du Conseil de l’Ordre national de la Légion d’Honneur (1968-1979) et membre du Conseil de l’Ordre de la Libération (depuis mai 1969).
Le général Yves Ezanno est décédé le 20 octobre 1996 à Nice. Il est inhumé à Aix-en-Provence.
• Grand Croix de la Légion d’Honneur
• Compagnon de la Libération – décret du 20 novembre 1944
• Croix de Guerre 39/45 (9 citations)
• Croix de Guerre des TOE (1 citation)
• Croix de la Valeur Militaire (2 citations)
• Croix du Combattant
• Croix du Combattant Volontaire
• Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
• Médaille de l’Aéronautique
• Médaille Coloniale avec agrafe « Libye »
• Médaille des Services Volontaires dans la France Libre
• Médaille Commémorative des Opérations de Sécurité et du Maintien de l’Ordre en AFN avec agrafe « Algérie »
• Distinguished Flying Cross and Bar (GB)
• Africa Star (GB)
• Distinguished Flying Cross (USA)
• Croix de Guerre (Belgique)
• Chevalier de l’Aigle Blanc de Serbie
• Commandeur du Ouissam Alaouite (Maroc)
20 octobre 2011 : mort de Kadhafi (Syrte – Libye).
Le , alors que Mouammar Kadhafi quitte Syrte, dernier bastion tenu par ses partisans, son convoi est obligé de changer de route par un tir des avions de l’OTAN, puis se retrouve piégé dans une embuscade orchestrée par la rébellion. Il est capturé vivant, mais sa mort est finalement annoncée par un haut responsable militaire du CNT un peu plus tard dans la journée.









