31 octobre 1881 : naissance de William Boeing.
William Edward Boeing naît à Detroit le 1er octobre 1881. Son père, Wilhelm Böing, immigrant allemand, a fait fortune dans le bois et les mines de fer du Minnesota ; sa mère, Marie Ortmann, est originaire de Vienne. Le père meurt en 1890. Le jeune Boeing étudie en Suisse puis à la Sheffield Scientific School de l’université Yale, qu’il quitte en 1903 sans diplôme.
Il s’établit dans l’État de Washington, où il achète des forêts dans la région de Grays Harbor, puis s’installe à Seattle vers 1908. Il assiste en 1910 au meeting aérien de Dominguez Field, près de Los Angeles. Le 4 juillet 1914, à Seattle, il effectue son premier vol comme passager avec l’aviateur itinérant Terah Maroney. En 1915, il apprend à piloter à l’école de Glenn L. Martin, en Californie, et achète un hydravion Martin TA.
Avec George Conrad Westervelt, officier ingénieur de la marine américaine rencontré à l’University Club de Seattle, il conçoit un hydravion biplan, le B&W, dont le premier exemplaire vole le 15 juin 1916. Le 15 juillet 1916, il fonde la Pacific Aero Products Company, qui devient la Boeing Airplane Company en 1917. Westervelt ayant été muté, Boeing engage Wong Tsu, ingénieur formé au MIT. Après l’entrée en guerre des États-Unis, la marine commande une cinquantaine d’hydravions d’entraînement Model C, première commande importante de l’entreprise.
La fin de la guerre entraîne une chute brutale de l’activité ; l’usine fabrique un temps des meubles et des bateaux. Les contrats militaires reprennent à partir de 1921, avec notamment la construction sous licence de chasseurs et le développement de la série de chasseurs Boeing PW-9 et F2B/F4B. En 1927, Boeing crée la compagnie Boeing Air Transport pour exploiter la liaison postale San Francisco-Chicago avec son biplan Model 40. En 1929, il regroupe ses activités dans l’United Aircraft and Transport Corporation, qui associe constructeurs d’avions et de moteurs et compagnies aériennes. Le Boeing 247, bimoteur entièrement métallique à train rentrant, entre en service en 1933 ; réservé d’abord aux compagnies du groupe, il est rapidement dépassé par le Douglas DC-2 puis le DC-3.
En 1934, à la suite du scandale des contrats postaux, l’Air Mail Act interdit aux constructeurs de posséder des compagnies aériennes. L’United Aircraft and Transport Corporation est démantelée. Boeing, qui a été entendu par une commission du Sénat, vend ses actions et quitte la direction de l’entreprise la même année. Il reçoit en 1934 la médaille Daniel Guggenheim. Il se consacre ensuite à ses affaires immobilières au nord de Seattle et à l’élevage de chevaux.
L’entreprise qu’il a fondée devient pendant les années suivantes un des principaux fournisseurs de l’aviation militaire américaine, avec le bombardier quadrimoteur B-17, dont le prototype vole en 1935, puis le B-29.
Marié depuis 1921 à Bertha Potter Paschall, William Boeing meurt d’une crise cardiaque le 28 septembre 1956 à bord de son yacht, le Taconite, sur le Puget Sound, trois jours avant ses 75 ans. Ses cendres sont dispersées au large de la Colombie-Britannique. Le premier Boeing 707 de série vole l’année suivante.

31 octobre 1908 : Louis Blériot réalise le premier vol aller-retour entre deux villes.
Au départ de Toury, dans le Loiret, Louis Blériot se pose à Artenay, puis revient à Toury le même jour. Cette liaison de 26 km, effectuée sur un Blériot VIII ter motorisé par un moteur Antoinette de 50 ch, constitue le premier aller-retour aérien entre deux villes. L’aventure n’est pas sans incident : le moteur surchauffe et impose deux arrêts forcés, à proximité d’Artenay puis à Santilly.
La performance confirme la progression rapide de l’aviation française, un an après les premiers vols de Blériot et quelques mois avant sa traversée de la Manche, le 25 juillet 1909. Elle démontre qu’un aéroplane peut non seulement décoller, mais aussi naviguer d’un point à un autre et revenir à son point de départ.

31 octobre 1917 : la charge de Beer-Sheva.
Dans le cadre de la troisième bataille de Gaza, le général Edmund Allenby cherche à éviter une nouvelle attaque frontale contre les positions ottomanes de Gaza, déjà deux fois assaillies sans succès. Son plan repose sur un mouvement tournant : tandis que le XXe corps britannique fixe l’attention ennemie devant Gaza, l’effort principal porte à l’est, contre Beer-Sheva et ses puits, dont la possession conditionne la poursuite de l’offensive vers la Palestine.
Dès l’aube du 31 octobre, l’infanterie britannique attaque les défenses occidentales et méridionales de la ville, appuyée par plus d’une centaine de pièces d’artillerie. En début d’après-midi, une partie des positions est emportée, mais les puits restent aux mains des Ottomans. À l’est, la division montée ANZAC s’empare non sans mal du point d’appui de Tel el Saba, qui domine l’approche de Beer-Sheva. Le temps manque : sans eau, les chevaux du Desert Mounted Corps ne peuvent prolonger l’opération.
Le lieutenant-général australien Harry Chauvel, commandant le Desert Mounted Corps, ordonne alors au brigadier-général William Grant de lancer directement la 4th Light Horse Brigade sur les tranchées ottomanes. Vers 16 h 30, les 4e et 12e Light Horse Regiments se déploient derrière une crête, à environ 6 km au sud-est de la ville. Les cavaliers australiens ne disposent ni de sabres ni de lances : ils avancent fusil en bandoulière, baïonnette au canon, qu’ils tiennent en main comme une arme blanche.
La brigade part au trot, puis passe rapidement au galop sur une pente découverte. L’artillerie ottomane ouvre le feu, mais le rythme de la charge est trop rapide. Les mitrailleuses qui prennent les cavaliers de flanc sont réduites au silence par l’artillerie britannique. Une partie des hommes met pied à terre pour attaquer les tranchées à la baïonnette ; d’autres les franchissent et foncent vers la ville. En moins d’une heure, Beer-Sheva est prise et ses puits, pour l’essentiel, préservés.awmlondon.
Les pertes australiennes demeurent limitées au regard de l’enjeu : 31 hommes tués et 36 blessés selon le mémorial australien, qui retient également la capture de plusieurs centaines de prisonniers, entre 700 et 1 000 selon les sources et le périmètre retenu. La prise de Beer-Sheva retourne la ligne Gaza-Beer-Sheva. Gaza est évacuée par les Ottomans début novembre, et Jérusalem tombe à son tour le 9 décembre 1917.
L’action reste dans l’histoire militaire comme l’une des dernières grandes charges montées, menée par des troupes conçues à l’origine comme de l’infanterie montée et non comme de la cavalerie de tradition.
31 octobre 1940 : dernier jour officiel de la bataille d’Angleterre.
La date est retenue a posteriori comme celle de la fin de la bataille d’Angleterre. Ce jour-là, l’activité de la Luftwaffe demeure limitée : des chasseurs et des chasseurs-bombardiers allemands sont encore signalés, mais la météo, marquée par la pluie, empêche tout engagement d’ampleur. Les services historiques britanniques soulignent que les contemporains n’avaient pas conscience de vivre le dernier jour d’une bataille qui allait recevoir ce nom.
Ouverte à l’été 1940, la bataille avait opposé la Royal Air Force aux tentatives de la Luftwaffe pour obtenir la supériorité aérienne en vue d’un débarquement en Grande-Bretagne. L’échec allemand ne met pas fin aux bombardements, qui se poursuivent pendant le Blitz, mais il écarte l’hypothèse d’une invasion immédiate des îles Britanniques.
31 octobre 1941 : le destroyer américain Reuben James est coulé.
En Atlantique nord, à environ 1 100 kilomètres à l’ouest de l’Islande, le destroyer américain USS Reuben James escorte le convoi HX 156, composé de 42 navires. Alors qu’il s’apprête à investiguer un relèvement radiogoniométrique, il est touché à bâbord par une torpille lancée par le sous-marin allemand U-552. L’explosion atteint le magasin avant : la proue est arrachée et coule immédiatement, tandis que la partie arrière reste quelques minutes à flot avant de disparaître.
Sur les 160 membres d’équipage, 115 périssent, dont l’ensemble des officiers. Des charges de profondeur mal arrimées explosent en coulant, aggravant les pertes parmi les survivants présents dans l’eau. Le Reuben James est le premier navire de guerre américain coulé pendant la Seconde Guerre mondiale.
L’événement intervient alors que les États-Unis ne sont pas encore officiellement en guerre. Depuis septembre, leurs destroyers escortent toutefois les convois dans l’Atlantique nord-ouest, dans le cadre d’une coopération croissante avec la Royal Navy. Le naufrage nourrit aux États-Unis le débat sur l’engagement contre l’Allemagne, quelques semaines avant l’entrée en guerre du pays après Pearl Harbor.

31 octobre 1956 : début des opérations franco-britanniques contre l’Égypte.
Après le refus égyptien de l’ultimatum franco-britannique et la fermeture du canal de Suez, la France et le Royaume-Uni déclenchent l’opération Mousquetaire. La première phase, conduite du 31 octobre au 1er novembre, vise les aérodromes égyptiens de la zone du canal et du delta du Nil. Des bombardiers English Electric Canberra et Vickers Valiant frappent 12 terrains d’aviation, dans le but de neutraliser l’aviation égyptienne.
L’intervention s’inscrit dans la crise ouverte par la nationalisation du canal par Nasser, le 26 juillet 1956. Israël a envahi le Sinaï le 29 octobre ; le lendemain, Paris et Londres ont exigé le retrait des belligérants de part et d’autre du canal, un ultimatum qui revenait en pratique à demander à l’Égypte d’abandonner le Sinaï.
L’opération atteint partiellement son objectif militaire immédiat, la destruction ou la neutralisation d’une grande partie de l’armée de l’air égyptienne. Mais le coup de force se heurte rapidement à l’opposition des États-Unis et de l’URSS, ainsi qu’à une pression financière et diplomatique qui contraint Londres et Paris à cesser les hostilités puis à se retirer. La crise marque le déclin des capacités d’action autonome des deux puissances européennes au Moyen-Orient et précipite la remise en cause de leur position dans la région.
31 octobre 1911 : mort de John Joseph Montgomery.
Le pionnier américain de l’aéronautique John Joseph Montgomery meurt à Evergreen, près de San Jose, en Californie, des suites d’un accident survenu lors d’un vol en planeur. Ingénieur et professeur à l’université Santa Clara, Montgomery avait mené dès les années 1880 des expériences de vol plané contrôlé, souvent considérées comme les premières de ce type aux États-Unis.
Ses travaux sur la stabilité et le contrôle des machines plus lourdes que l’air ont précédé les réalisations des frères Wright, même si Montgomery n’a jamais revendiqué de priorité. Il meurt à 53 ans, après une carrière consacrée à la compréhension du vol.

31 octobre 1925 : mort de Mikhaïl Frounze.
Mikhaïl Vassilievitch Frounze, dirigeant bolchevique, commandant de l’Armée rouge et théoricien militaire soviétique, meurt à Moscou à l’âge de 40 ans, des suites d’une opération chirurgicale pour un ulcère. Né le 2 février 1885 à Pichpek, en Asie centrale, il avait adhéré au mouvement révolutionnaire dès ses études à l’Institut polytechnique de Saint-Pétersbourg.
Pendant la guerre civile russe, Frounze s’impose comme l’un des principaux chefs de l’Armée rouge. Il commande sur le front oriental contre l’amiral Koltchak en 1919, puis sur le front méridional, où il contribue à la défaite du général Wrangel en Crimée en 1920. Il participe également à la répression des insurrections de Makhno en Ukraine et de Petlioura.
Nommé en 1924 sous-commissaire du peuple aux Affaires militaires et navales, puis chef d’état-major de l’Armée rouge, il succède à Trotski à la tête du commissariat à la Guerre en janvier 1925. Ses écrits militaires, qui insistent sur la mobilisation de toute la société en cas de conflit, ont durablement influencé la doctrine soviétique.
Frounze meurt le 31 octobre 1925, quelques jours après une intervention chirurgicale pour un ulcère duodénal. Le New York Times rapporte alors une mort par défaillance cardiaque, survenue après une opération qui avait duré 35 minutes et dont les résultats immédiats avaient été présentés comme encourageants.
Les circonstances de sa mort ont nourri une controverse durable. Frounze lui-même se disait réticent à l’opération, et des rumeurs ont rapidement accusé Staline d’avoir provoqué ou profité de son décès pour le remplacer par Kliment Vorochilov, dont la loyauté était assurée. Les historiens n’ont toutefois jamais pu démontrer formellement un assassinat.









